ABBAYE
il y eut plus de cinquante mine ttoiiies ^ diton, dans rÉçyple.
Saint Basile, d'abord moine, puis ëvéquc de Gésarée en Cappadoce, fit un code pour tous les moines au quatrième siècle. Cette règle de saint Basile fut reçue en Orient et en Occident. On ne connut plus que les moines de saint Basile^ ils furent partout riches; ils se mêlèrent de toutes les affaires; ils contribuèrent aux révolutions de l'empire.
On ne connaissait guère que cet ordre, lorsqu'au sixième siècle saint Benoît établit une puissance nouvelle au Mont-Cassin.
Saint Grégoire-le-Grand assure dans ses dialogues * que Dieu lui accorda un privilège spécial, pair lequel tous les béaëdictins qui mourraient au Mont-Cassio seraient sauvés. En conséquence le pape Urbain II , par une! bulle de 1092, déclara Tabbé du Mont-Cassin chef de tous les monastères du monde. Pascal II lui donna^le titre à' aN?ë des abbés. Il s^ intitule patriarche de ia sainte religion, chancelier collatéral du royaume de Sicile , comte et gouverneur delà CampaniCy prince de la paix , etc., etc., etc.
Tous ces titres seraient peu de chose , s'ils
* lÂT. II, ch. VIII. Volt.
Voltaire. Dict. Philos, t. i. 5
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n'étaient soutenus par des richesses immenses.
Je reçus ^ il n'y a pas long-temps , une lettre d'un de mes correspondants d'Allemagne^ la lettre conunence par ces mots : Les a abhés princes de Kempten^ Elwangen, Ei;a dertl^ Murbach^ Berglesgaden^ Weissem- <t bourg, Prum, Stablo, Corvey, et les au- « très abbés qui ne sont pas princes, jouis- « sent ensemble d'environ neuf cent mille « florins de revenu, qui font deux millions « cinquante mille livres de votre France « au cours de ce jour. De là je conclus « que Jésus-Christ n'était pas si à son aise (( qu'ei^x. »
Je lui répondis : « Monsieur, vous m'a- « vouerez que les Français sont plus pieux « que les Allemands dans la proportion de «i quatre et seize quarante-unièmes à l'unité; « car nos seuls bénéfices consistoriaux de a moines, c'est-à-dire ceux qui paient des an- <c nates au pape , se montent à neuf millions « de rente, à quarante-neji^^ livres dix sous « le marc avec le remède } et neuf millions « sont à deux millions cinquante miMe livres, a comme un est à quatre et seixe quarante- « unièmes. De là je conclus qu'ils ne sont « pas assez riches, et qu'il &udrait qu'ils en