‹ Dictionnaire philosophiqueChapitre 20 sur 84 · DAM. 4 HT · texte numérisé non relu

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ruyer de la Société de Jésus ^ c'est ie plu» grand innocent que j'ai» jamais connu. On a brûlé sonjiyre ' comme celui d'un iomme qui vbulait' tourner la Bible en ridicule r mais je puis assurer qu'il n'y entahdftif pas finesse. ( Tiré d'une lettre du chevalier de iB***. )

SECTIOir III.

I. Nous ne vivons plus dans un siècle où Fon<«xamîne sérieusement si Adam a eu la science mfi|se ou «on^ Ceux- qui ont si longv temps agité cette question n'avaient ])L science ni.infuse ni acqaise.

U çs$ aussi difftsiJLe de savoir en quel temps fut éftitle livre de la Genèse où jj^est pan(é d'Adam, que de savoir la date du Feidanty du Hanscrit, et des autres anciens liVres asiatiques. Il est important de remarqua qij^il n'était pas permis a^x Juifs de lire le prepaier cbapixre de 1$ Qenèse JàrWkX l'âge die vingt-4cinq ans. Beaucoup de rabbins otX regardé. la formation d'Adant^t d'Eve, et leur avevrture, comme une allégorie. Toutes les anciennes nations célèbres tgn ontimaginé

* USistoirê du peuple de Dieu. 1728, 7 vol. in-4% ou 12 nA. m- 12. €«tte première é^tion contient beaucoup de chotes qai ont été retranchées à la léimpret^n. P.

àe paroiHes^'et^ par un*eoncaurfi sing^lidr qm marque la faililesse de notre nature ^ toutes ont voulu expliquer Toriguie du mal moral et du mal physique par des idées à pe« pvè& semblaibles. Les Ghaldéens^ léf^ Indiens, les Perses y les Egyptiens^ ont également rendu compte de ce mélan^pd de bien et de mal qui semble être Tapanage de notre globe. Les JuiS»- sortis d'Egypt^y avaient enn tendu parler^ tout grossiers qu'ils étaient ^ de la pl^ilosophie allégorique dea.£gjfptiens. Qs mêlèrent depuis à cçi^ feibles connaissitfices <:ejles qu'ils puisèrent chez les Phéniciens et les Babyloniens dans un^très long esclavage; mais, comme il est naturel et trèsc ordiuaii^ qu'un peuple grossier imite' grossièrement les imaginations d'un peuple poli, il vfest pas surprenant que les Juifs aient isaaginé une femme formée de la cote d'itin homme ; l'esprit de vie soufflé de la bouc^ de Dieu au visage «d'Adam 3 le Tigre, l'Eu* phrate, je m\ et l'Oxus ayant la même souro# dans un jardin-; «t la défense de manger d'up fruit, défense qui a produit la mort «i»«si bien que le mal physique et mor^. Pleins de l'iJée répandue chez les anciens, que le serpent est un animal très subtil , ils n'ont pas fait difficultéile lui accorder l'intelligenceetla parole.

Ce peuple^ qui n'était alors répandu que dans un petit coin de la terre ^ et qui la croyait longue^ étroite et plate ^ n'eut pas de peine à croire que tous les hommes venaient d'Adam^ et ne pouvait pas savoir que les Nègres y dont la conformation est différente de la nôtre y habitaient de vastes contrées. Il était bien loin de deviner FAménque ' .

Au reste, il est assez étrange qu'il fût permis au peuple juif de lire Y Exode , où il y a tant de miracles qui épouvantent la raison , et qu'il ne fût pas permis délire avant vingts cinq ans le premier chapitre de la Genèse, où tout doit être nécessairement miracle , puisqu'il s'agit de la création. C'est peut-être à cause de la manière singulière dont l'auteur s'exprime dès le premier verset ; « Au commencement les dieux firent le ciel et la terre ; » on put craindre que les jeunes Juifs n'en prissent occasion d'adorer plusieurs dieux. C'est peut-être parcequeDieu^ ayant créé l'homme et la femme au premier chapitre, les re&it encore au deuxième, et qu'on ne voulut pas mettre cette apparence de contradiction sous les yeux de la jeu nesse. C'est peut-être parcequ'il est dit que- « les dieux firent l'honune à leur image , » et

* Voyez AMÉRIQUE. K.

Voltaire. Dict. philos, t.i. 6

que ces expressions présentaient aux Juifs un Dieu trop corporel. C'est peut-être parcequ'il est dit que Dieu 6ta une côte à Adam pour en former la femme y et que les jeunes gens inconsidérés qui se seraient tité les côtes y voyant qu'il ne leur en manquait point ^ auraient pu soupçonner l'auteur de quelque infidélité. C'est peut-être parceque Dieu y qui se promenait toujours à midi dans le jardin d'Éden^ se moque d'Adam après sa chute ^ et que ce ton railleur aurait trop inspiré à la jeunesse le goût de la plaisante^ rie. Enfin chaque ligne de ce chapitre four* nit des raisons très plausibles d'en interdire la lecture; mais^ sur ce pied-là^ on ne voit pas trop comment les autres chapitres étaient permis. Cest encore une chose surprenante^ que les Juifs ne dussent lire ce chapitre qu'à vingt-cinq ans. Il semble qu'il devait être proposé d'abord à l'enfance , qui reçoit tout sans examen y plutôt qu'à la jeunesse^ qui se pique déjà de juger et de rire. Il se peut faire aussi que les Juifs de vingt-cinq ans y étant déjà préparés et affermis ^ en recevaient mieux ce chapitre, dont la lecture aurait pu révrolter des âmes toutes neuves.

On ne parlera pas ici de la seconde femme d'Adam, nommée Lillith, que les anciens

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rabbina lui ont donnée ; il faut convenir qu'on sait très peu d'anecdotes de sa famille.

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