‹ Dictionnaire philosophiqueChapitre 21 sur 84 · ADORER · texte numérisé non relu

ADORER

Culte de latrie. Chanson attribuée à Jésus-Clirist.

Danse sacrée. Cérémoni/es.

N'est-ce pas un grand défaut dans quelques langues modernes^ qu'on se serve du même mot envers l'Être suprême et une fille ? On sort quelquefois d'un sermon où le prédicar teur n'a parlé que d'adorer Dieu en esprit et en vérité* De là on court à l'Opéra, où il n'est question que « du charmant objet « que j^ adore , et des aimables traits dont « ce héros adore les attraits. »

Du moins les Grecs et les Romains ne tombèrent point dans cette profanation extravagante. Horace ne dit point qu'il adore Lalagé. Tibulle n'adore point Délie. Ce terme même d'adoration n'est pas dans Pétrone.

Si quelque chose peut €[xcuser notre indëh cence, c'est que dans nos opéra et dans nos chansons il est souvent parlé des dieux de la fable. Lea poètes ont dit que leurs Phyllis étaient plus adorables que ces fausses divinités , et personne ne pouvait les en blâmer. Peu-à-peu on s'est accoutumé à cette expression , au point qu'on a traité de même

Page 1