‹ Dictionnaire philosophiqueChapitre 55 sur 84 · PETITE ANECDOTE · texte numérisé non relu

PETITE ANECDOTE

Il importe fort peu que le Pierre Broussel^ pour lequel on fit les barricades ^ ait été conseiller-clerc. Le fait est qu'il avait acheté une charge de conseiller-clerc, parcequ'U n'était pas riche , et que ces offices coûtaient moins que les autres. Il avait des enfants, et n'était clerc en aucun sens. Je ne sais rien de si inutile que de savoir ces minuties.

AirtCDOTI .S1Z1V I«^ TBSTAMUIT ATtA^BC^ AV GAJLDIXAI.

DE j^^HEIiIEU.

I^ père Griffet veut à toute force- que le

par madame Fou^et à J. Ikspineii, ayocat, passée devant Lanteri, notaire royal à Pignerol, au dation dé la eùaw dette de Pignerol, le 27 janvier 1680. La présence de madame ïou^et \ Pigaerol, et au donjon » ne poayitH ÇQère avoir d'antre came que la pvéïfibca de acm max\. V-

cardinal de Richelieu ait fait un mauvais livre : à la bonne heure j tant d'hommes d'état enr dht'^it! Mais c'est une hM% passion d^ <;ombatfre:^i longtemps poiu* tâcher de ^o\xy&t'4(aB^,s^ïk le cardinal de Ricbelieu^ Jès 3spïi§jwls 'nos alliés ^çouxernés si heureusement, p^r un Bourbon ^ « açnt tribu- « t^ires, dç.4' enfer, et rendent les Indes trî- « butâmes 'de i'enfer. » — Jj^ Testament du cardinal deRiciuslieuTi^éiàxt paB dkin homme

^tc Que la France av-ait plus cLé bons ports « sur la Méditen*anéç que tputç la monara chie espag;nole. » -«—Ce testament était exagérateur.

« Que pour avoir cinquante mille âoldats « il en faut lever cent mille, par ménage. )> — Ce testament jetjte l'argent par les fénétr«6.

• « Que lorsqu'on établit un nouvel impôt, a on aug^oQte. lar paie «Le$ agidati^. » — Ce qui n'est jamais arrivé 4iâ en France, ni*ailleurs.

<( Qu'il faut faire payer la taille aux parle- , et ments et auxuutres cours sv^neures. » — Moyen infaillible pour gagner leu^s coeurs , ^t d^ rendre la.m^$trature respectable.

«Qu'il faut forcjer la noblesse de^»ervir,

ÀNX, ÀNiBeDOTSS. 75

« et TOTréler dans la cavalerie. » — Pour mieux conserver tous ses privilèges.

* Que de trente millions à supprimer, il y « en a près de sept dont le remboursement « ne devant être fait quau denier cinq , la « suppression se fera en sept années et demie «t de jouiMance. » — De façon que, suivant ce calcul, cinq pour cent en sept ans et demi feraient cent francs, au lieu qu'ils ne font que trente-sept et demi : et si on entend par le denier cinq la cinquième partie du capital, les -cent francs seront remboursés en cinq années juste. Le compte n'y est pas, le testateur calcule assez mal.

a Que Gènes était la plus riche ville d'Ita- « lie* » — Ce que je lui souhaite.

a Qu'il faut être bien chaste. » — Le testateur l'essemblait à certains prédicateurs. Faites ce qu'ils disent, et non ce quMls font.

« Qu'il faut donner une abbaye à la Sainte- «.Chapelle de Paris. t> — Chose importante dans la crise où l'Europe était alors, et dont il ne parle pas.

« Que le pape Benoît XI embarrassa beaua coup les cordeliers, piqués sur le sujet de « la pauvreté, savoir des revenus de saint « François , qui s'animèrent à tel point , «jqo'ils lui firent la guerre par livres. » —

Voltaire. Dict. philos, t. ii. 4

74 AU A, MKJECVOrES.

Chose plus importante encore ^ et pkis savante^ surtout quand on pi«nd Jean XXIT pour Benoît XI ^ et quand dans un testament politique on ne parle ni de la manière dont il faut conduire la guerre contre TËùipire et l'Espagne ^ ni des moyens de. faire la paix ^ ni des dangers présents, ni des roisources, ni des alliances, ni des généraux, ni^esiministres qu'il faut employer, ni même du dauphin , dont réducation importait tant à Pétât; enfin d'aucun objet du ministère.

Je consens de tout mon cœur qu'o»

charge, puisqu'on lèvent, la mémoire du cardinal de Richelieu de ce malheuceux ouvrage rempli d'anachrouismes, d'ignorances, de calculs ridicules, de faua&etés reconnues dont tout commis un peu intelli* gent aurait été incapable ; qu'on s'efforce de persuader que le plus grand ministre a été le plus ignorant et le plus ennuyeux, comme le plus extravagant de tous les écrivains. Cela peut faire quelque plaisir à tx)us ceux qui détestent sa tyrannie.

Il est bon même, pour l'histoire dei'esprit humain , qu'on sache que ce détestable ouvrage fut loué pendant plus de trente ans y tandis qu'on le croyait d'un grand ministre.

Mais il ne &ut pas trahir la vérité , pour

A» A y AITECDOTES. 75

faire croire que le livre est du cardinal de Richelieu. Il ne faut pas dire a qu'en a a trouvé une suite du premier chapitre du « Testament politique^ corrigée en plusieurs a endroits de la main du cardinal de Richece lieU; » parceque cela n'est pas vrai. On a trouvé au bout de cent ans un manuscrit intitulé Narration succincte; cçtte narrationsuccincte ju'a aucun rapport au Testament politique. Cependant on a eu l'artifice de la faire imprimer comme un premier chapitre du Testament avec des notes.

A l'égard des notes y on sait de quelles . mains elles sont.

Ce qui est vrai c'est que le testament prétendu ne fit du bruit dans le monde que trente-huit ans après la mortdu cardinal; qu'il ne fut imprimé que quarante-deux ans après cette mort ; qu'on n'en a jamais vu l'original signé de lui ^ que krlivre est très mauvais^ et qu'il ne mérite guère qu'on en parle. .

AUTRES AITKCDOTES.

Charles 1®^, cet infortuné roi d'Angleterre, est-il l'auteur du femeux livre EZxeiv /iMùixii ? ce roi aurait-il mis un titre grec à son livre ?

Le comte de Moret, fils de Henri IV;

7ê AlfA, AI^ECDOTES.

blessé à la petite escarmouche de Castelnaudari^ vécut-il jusqu'en 1698 soùs le nom de Termite fière J^an- Baptiste? Quelle preuve a-t-on que cet ermite était fils de Henri IV ? Aucune.

Jeanne d'Albret de Navarre, mère de Henri IV, épousa-t-elle après la mort d'Antoine un g;entilhomme nommé Goyon, tué à la Saint-Barthélemi ? £n eut-elle un fils prédicant k Bordeaux? Ce fait se trouve très détaillé dans les .remarques sur la Réponse de Bayle aux quesiiions d\un provincial, ïn-

folio, pag^e 689-

Marguerite de Valois, épousede Henri IV, accoucha-t-elle de deux enfants secrètement pendant son mariage ? On remplirait des volumes de ces singularités.

C'est bien la peine de faire tant de recherches pour découvrir des choses si inutiles au genre humain ! Cherchons comment nous pourrons guérir les écrouelles, la goutte, la pierre, la gravelle, et mille maladies chroniques ou aiguës. Cherchons des remède& contre Ijes maladies de l'ajne, non moins funestes et non moins mortelles 5 travailr Ions à perfectionner les arts, à diminuer les malheurs de l'espèce humaine; et laissons là les Ana, les Anecdotes, les Histoires .eu-

. AKX, ÀirascDOtrss. 77

rieuses de notre temps ; le Noi]lveau choix de vers si mal choisis , cité à tout moment danS'le Dictionnaire de Trévoux; et les Recueils des prétendus bons mots^ etc.^ et les Lettres d'un ami à un ami } et les Lettres anonymes f et les Jbéflexions sur la tragédie nouvelle , etc. ^ etc. ^ etc.

Je lis dans un livre nouveau que Louis XIV exempta de tailles ^ pendant cinq ans y tous les nouveaux mariés. Je n'ai trouvé ce fait dans aucun recueil d'édits ^ dans aucun Mémoire du temps.

Je lis dans le même livre que le roi de Prusse fait donner cinquante écus à toutes les filles grosses. On ne pourrait ^ à la vérité^ mieu3L placer son argent^ et mieux encourager la propagation; mais je ne crois pas que cette profusion royale soit vraie; du moins je ne l'ai pas vue.

AITECDOTS RIDICULE SUR THiODORIC.

Voici une anecdote plus ancienne qui me tombe sous la main^ et qui me semble fort étrange. Il est dit dans une histoire chronologique d'Italie^ que le grand Théodoric

* Abrégé chronologique de l'histoire ^Italie, depuis Vart ^')^ 'jusqu'au traité d^ Aùx^a-Chapelle, en 1748 , par M. de JSaiml>*Marc$ 1761 et suÎTantesyè vol. petit in-S". P.

arien ^ cel .bomn^ ^^'^^ i^ous peist êï sagè'^ a a^ait pai^i 96S minifttries sm icathoEque «qu'il aimî^it beaucoup^ el qu'il- trouvait « digne de toute sa oonitafice. Ce mtni8tï>e « croit s'assurer de plus en plus la faveur u de son maître en^eiriibassànt rarâanistne; a et Théodoric lui fait aussitôt couper la téte^ « en disarlt : Si cet homme n'a pas été fidèle a à Dieu ^ comment le sera-t-il envers moi « qui ne suis .«^'un homme? »

Le compilateur ne manque pas de dire tt que ce trait fait beaucoup d'honneur à la « manière de penser de Théodoric à l'égard a de la religion. »

Je me pique de penser , à l'égard de- la religion, mieux que Fostrogoth Théodoric, assassin d^ Symmaque et de Boèce, puisque je suis bon cathodique , et que Théodoric était arien. Mais je déclarerais^ce roi digne d'être lié comme enragé, s'il avait eu la bêtise atroce dont on le loue. Quoi, il aurait fait coupor la tête sur-le-champ à son minière favori, parceque ce ministre aurait été à la fin de son avis ! Comment un adorateur de Dieu ^ qui passe de l^opinion d'Aithanase à l'opinion d'Arius et d'Eusèhe , est-il infidèle à Dieu? H était tout au plus infidèle à Athanase, et à ceux de son parti,

àîSk, ÀKCCDOTSS. 79

dans ah temps où le monde était partagé cotre les athaDasiens et lee eus^ieos. Mais Théodoric ne devait pas le regarder comme un homme infidèle k Dieu ^ pour avoir réjeté le terme de consubstantiel après l'avoir admis. Faire couper la tête à son favori sur une pareille raison c'est certainement Faction du plus mécbant fou^ et du plus bar^ bare sot qui ait jamais existé.

Que diriez-vous de Louis XIV s'il eût fkit couper 8ur4e-cliamp la tête au due de La Force y parceque le duc de La Force avait quitté le calvinisme pour la religion de Louis XIV?

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