ANTI-LUCRÈCE
On pedt rendre ainsi ce morceau en français, en lui prêtant; si je l'ose dire, un peu de. force :
Ah ! si par toi le vice eût été combattu. Si ton cœur pur et droit eût chéri la verto , Pourquoi donc rejeter, au sein de l'innocence. Un Dieu qui nous la donne, et qui la récompense ? Tu le craignais ce Dieu ; son règne redouté Mettait un frein trop dur à ton impiéléf Précepteur des qicchants , et professeur dti crime , Ta main de Tinjustice ouvrit le vaste abîme^ T fit tomber la terre, et le couvrit de fleurs.
Mais Epicure pouvait réponAre au cardinal : Si j'avai« eu le bonheur de connaître comme vous le vrai Dieu y d'être né comme vous dans une religion pure et sainte , je n'aurais pas certainement rejeté ce Dieu rér vêlé dont les dogmes étaient nécessairement inconnus à mon esprit , mais dont la morale était dans mon cœur. Je n'ai pu admettre des dieux tels qu'ils m'étaient annoncés dans le paganisme. J'étais trop raisonnable pour adorer des divinités qu'on fesait naître d'un père et d'une mère comme les mortes ^ et qui comme eux se fesaient la guerre. J'étais ti*op ami de la vertu pour ne pas haïr une religion qui tantôt invitait au crime par l'exemple de ces dieux mêmes ^ et tantôt