‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 105 sur 344 · ME · texte numérisé non relu

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sur les 'muscles, d’autres sur les glandes, d’autres enfin sur le sang, ont formé des classes en rapport avec cette action, et les ont divisées chacune en sections comprenant des substances d’une même valeur relative. Cette doctrine, déjà préconisée par Alibert, Giacomini, est soutenue aujourd’hui avec beaucoup de talent par Germain Sée, Martin- Damourette, Rabuteau, Gublcr. C’est la plus rationnelle, la plus scientifique, la plus correcte de toutes les classifications : malheureusement, les données expérimentales sur lesquelles elle repose sont en- ; core trop imparfaites pour pouvoir acquérir dès maintenant l’approbation de la majorité des praticiens.

La classification clinique est la classification i classique par excellence : elle divise les médicaments, suivant leur action curative, en purgatifs, vomitifs, emménagogues, etc. Un médicament étant donné et connaissant la classe à laquelle il appartient, on peut juger tout de suite de son action clii nique. Cette division serait parfaite si les médicaments avaient une action invariable, toujours la même. Mais on sait qu’un grand nombre d’entre eux produisent des effets différents, suivant qu’ils sont donnés à des doses faibles ou à des doses élevées ; alors le praticien se trouve en peine et ne sait plus à quelle classe les rattacher. Pour obvier en partie à ces inconvénients sérieux, on a placé le même médicament dans plusieurs classes. Ainsi, par exemple, le calomel ayant des propriétés puri gatives, altérantes, vermifuges, on les décrit dans les traités à chacune de ces médications avec les doses qui conviennent à chacun de ces divers effets.

La classification clinique a été adoptée par Barbier, Milne-Edwards, Galtier, Pidoux, Bouchardat, etc. C’est aussi celle que j’ai adoptée, et voici les quinze classes dans lesquelles je fais rentrer tous les médicaments : i° antispasmodiques ; 2° stimulants; 3° vomitifs; 4° purgatifs; 5° diurétiques; 6° sudorifiques ; 7° toniques ; 8° emménagogues ; 9° narcotiques; 10° tétaniques; 11° astringents; 12° altérants; 13° révulsifs; 14° antiphlogistiques ; iîpparasiticides.

Dr Marc. Camboulives.

MÉDIGASTRE. — Qualificatif employé pour désigner un médecin charlatan ou ignorant. p. l.

MEDICATION. — On désigne sous ce nom l’ensemble des moyens et des remèdes employés en ( thérapeutique dans le but de répondre à une indication déterminée pour obtenir une modification favorable dans l’état et le fonctionnement des tissus et des organes.

Les médications dit Bouchut, sont morales, hygiéniques , physiologiques , spécifiques ou chirurgicales.— La médication morale consiste à entourer les malades de tout ce qui peut agir sur leur imagination, pour leur donner confiance dans la médecine et dans les remèdes employés. Elle rend de véritables services dans bon nombre de cas, principalement dans les maladies chroniques et dans les névroses. — La médication hygiénique comprend les applications de l’hygiène, c’est-à-dire du régime, des habitudes, de l’air, de l’eau et des lieux, à la thérapeutique. — Dans les médications physiologiques

se trouvent les médications antiphlogistique évacuante, purgative ou vomitive, astringente, tonique, stimulante, sudorifique, diurétique, irritante, révulsive, stupéfiante ou calmante, antispasmodique et anesthésique. — Parmi les médications spécifiques rentrent la médication anthelmintique, ou vermicide, les médications antisyphilitique, antiscrofuleuse, antirhumatismale, antigoutteuse, antiseptique.— Enfin la médication chirurgicale consiste dans l’emploi de toutes les choses de la main pour la guérison des maladies , depuis l’application des ventouses, des sangsues, des frictions, du massage, jusqu’à celui de la saignée et des opérations les plus difficiles qui exigent une connaissance approfondie de la conformation des organes et de la chirurgie opératoire.

On désigne aussi sous le nom de médication l’effet produit par l’action des remèdes après leur administration ou leur application. p. l.

MÊDICINIER. — Le médicinier cathartique, appelé aussi jatropa curcas, noix des un arbrisseau qu’on rencontre dans l’Amérique tropicale sur la côte de Coromandel, sur la côte occidentale d’Afrique, dont le fruit ovoïde, noirâtre ou rougeâtre, de la grosseur d’une petite noix, coriace, contient dans chacune de ses deux valves une graine lisse et noirâtre, d’une structure analogue à celles du ricin, qui fournit une huile âcre et drastique, qui purge à la dose de 10 à 12 gouttes. p. l.

MÉDIUM. — On donne ce nom aux individus qui ont la prétention de se mettre en relation avec les morts, avec les esprits. p. l.

MÉDIUS. — Nom donné au troisième doigt de la main ou doigt du milieu (V. Doigt). p. l.

MÉDULLAIRE. — Nom donné par les anatomistes à ce qui a rapport à la moelle (V. ce mot), p. l.

MÉGALOCÉPHALE. — Synonyme de hydrocéphale (V. ce mot). p. L.

MÉGISSIERS. — Hygiène professionnelle. —

(V. Tanneurs ).

MÉGLIN (pildles de). — On donne ce nom à des pilules contenant chacune :

Extrait de jusquiame .... 0.05 centigrammes

Extrait de valériane 0,05 —

Oxyde de zinc 0,05 —

que l’on administre, à la dose de une à quatre par jour, contre la chorée et les névralgies. p. l.

MÉLÆNA. — On donne ce nom à un accident caractérisé par l’évacuation par l’anus d’une plus ou moins grande quantité de sang provenant d’une hémorrhagie produite sur un point quelconque des intestins, qui donne aux selles une

barbades , est

Médicinier (graine).

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coloration noirâtre. Il faut toutefois en excepter les hémorrhagies du rectum qui ont reçu le nom d ’hémorrhoides (Y. ce mot). Ces hémorrhagies peuvent être produites par la dysenterie, la fièvre typhoïde, le cancer, les tubercules et les corps étrangers de l’intestin ; par certaines altérations du sang: scorbut, purpura hémorrhagique, fièvre jaune, hémophilie, etc. Leur abondance et leur gravité varient suivant les maladies qui les produisent et dont elles ne sont, après tout, qu’un symptôme. Après avoir constaté que le sang vient de l’intestin, ce qui est facile, puisqu’il est rendu par les garde-robes, l’essentiel est de bien établir quelle est la cause de l’hémorrhagie et à quelle maladie il faut la rattacher; il faut observer attentivement les symptômes que présente l’individu qui en est atteint (V. Dysenterie, Fièvre typhoïde,' Intestin ( cancer , tubercule s , corps étrangers) , Scorbut, Purpura, Fièvre jaune, Hémophilie). Dans tous les cas, et qu’elle qu’en soit la cause, l’hémorrhagie intestinale doit être combattue par un traitement qui n’est autre que celui des hémorrhagies en général (V. Hémorrhagies).

Dr Paul Labarthe.

MÉLALEUQÜE CAJEPÜT. — (V. Cajeput).

MÉLANCOLIE. — Ce terme médical auquel Esquirol a voulu, bien mal à propos, substituer celui de lypémanie, donne une idée assez exacte de la maladie qu’il désigne. La mélancolie est, en effet, une affection de la substance corticale du cerveau, caractérisée anatomiquement par l’anémie ou l’ischémie de cette substance, et physiologiquement par la dépression plus ou moins généralisée des fonctions psychiques, avec prédominance d’un indicible sentiment de tristesse, d’angoisse et de douleur. C’est, en quelque façon, l’antithèse de la manie (V. ce mot). « Hippocrate paraît, avec raison, avoir ramené sous deux chefs tous les symptômes propres aux mélancoliques, dit Galien : la crainte et la tristesse. C’est par suite de cette tristesse que les mélancoliques haïssent tous ceux qu’ils voient et paraissent continuellement chagrins et pleins d’effroi, comme des enfants et des ignorants qui tremblent dans une profonde obscurité. De même, en effet, que les ténèbres extérieures inspirent la peur à presque tous les hommes, si ce n’est aux individus instruits ou naturellement audacieux, de même, la couleur de la bile noire, en obscurcissant comme le font les ténèbres, le siège de l’intelligence, engendre la crainte. » (Galien, De toc. affect., 111, 10.)

Nous ne croyons plus à l’existence et au rôle spécial d’une humeur particulière appelée bile noire (air a bilis, u-sXaiva mélancholie ); mais nous

savons parfaitement que le siège de l’intelligence est en effet obscurci, lésé par le fait d’un trouble de nutrition coïncidant avec l’irritabilité exagérée du système vaso-moteur, avec la galvanisation du grand sympathique : d’où l’anémie locale et, avec la dépression psychique, le sentiment de douleur et d’angoisse. L’illustre médecin de Pergame avait donc très bien distingué le siège véritable de la maladie et, comme d’autre part, ainsi que le remarque Maudsley, l’affaissement moral et intellec-

tuel du début ressemble beaucoup à ce genre de spleen occasionné par les obstructions du foie, ou ne voit pas du tout la nécessité d’abandonner le nom si expressif de « mélancolie ». J’ajoute que ce terme, qui a pour lui la consécration du temps, a encore l’avantage d’être généralisé par son emploi constant dans les principales langues de l’Europe (ail. mélancholie, angl. melancholia, ital. et espagn. melancolia ).

« Le mélancolique, dit Esquirol, ale corps maigre et grêle, les cheveux noirs, le teint pâle et jaunâtre. La physionomie est fixe et immobile; mais les muscles de la face sont dans un état de tension convulsive et expriment la tristesse, la crainte ou la terreur; les yeux sont fixes, baissés vers la terre ou tendus au loin, le regard est oblique, inquiet et soupçonneux... L’unité d'affection et de pensée rend les actions du mélancolique uniformes et lentes; il se refuse à tout mouvement, passe ses jours dans la solitude et l’oisiveté; il est habituellement assis, les mains croisées, ou bien debout, inactif, les bras pendant le long du corps; il en est qui se déchirent les mains, se détruisent les ongles. Tourmenté par le chagrin et la crainte, l’œil et l’oreille incessamment au guet, pour le lypémaniaque (ou mélancolique), le jour est sans repos, la nuit sans sommeil. » (Esquirol, Maladies mentales, tome I, p. 201, sq.)

De fait, le malade se sent envahi par un invincible sentiment de tristesse et de découragement. Il a vaguement conscience, au début, d’un trouble de la vie affective, dont l’origine est pour lui une énigme impénétrable. Sa volonté, son énergie sont paralysées ; la vie lui apparaît sans but comme sans résultat. Les objets de ses plus chères préoccupations, sa famille, son art, sa profession, lui deviennent odieux et il est, sous ce rapport, dans la situation d’esprit du déplorable Ilippolyte s’écriant :

Mon arc, mes javelots, mon char, tout m’importune;

Je ne me souviens plus des leçons de Neptune !

Mes seuls gémissements font retentir les bois,

Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix.

Bientôt surviennent des hallucinations, presque toujours de nature effroyable. Ils voient des fantômes, des démons, se croient au milieu de la mitraille, s’imaginent qu’on veut leur faire manger de la chair humaine, etc., etc. La tendance au suicide est fréquente et s’explique aisément ; car il n’y a pas de situation morale et intellectuelle plus déchirante que celle de ces misérables. Autant le maniaque gai est relativement peu à plaindre, autant l’état du mélancolique est atroce et pitoyable à tous égards. Je me rappelle une malheureuse fille qui, dans un asile, s’accrochait à mes vêtements en criant d’une voix étranglée par l’épouvante : « Sauvez-moi, monsieur ! cachez-moi, je vous en prie, emmenez-moi! Ils viennent! ils viennent! » Le visage de cette infortunée exprimait la frayeur la plus atroce, une de ces frayeurs comme on n’en ressent qu’en rêve, et dans ce rêve elle vivait perpétuellement ! Peu importe la réalité objective; la douleur est essentiellement un phénomène subjectif, et pour le sujet ainsi affecté, elle est aussi réelle

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que pas une au monde. C'est pour cela que quelques auteurs ont récemment considéré la mélancolie comme une névralgie psychique (Schule); c’est une « névralgie de la substance grise, » dit Mendel. Quoi qu'il en soit, on comprend très bien que ces malheureux cherchent à se donner la mort pour mettre fin à leurs tourments. On a dit que le fait se réalisait rarement, à cause de la paralysie de la volonté. Un certain nombre d’entre eux sont, en effet, dans la situation du « mélancolique» Ilarnlet, et chez eux «les déterminations les plus importantes se détournent de leur cours et perdent le nom d’action. » Mais le cas ne saurait être généralisé, loin de là! Il n’y a qu’à voir l’obstination avec laquelle les mélancoliques refusent toute espèce d’aliments, si bien qu’ils se laisseraient mourir de faim si l’on n’avait recours à l’alimentation forcée. Il ne faut jamais, au contraire, se fier à eux, et l’on doit, par la surveillance la plus rigoureuse, les préserver du suicide (V. ce mot).

En dehors des troubles psychiques, on note chez ces malades de l’insomnie, de la tendance aux migraines et aussi à l’affaissement de la tonicité musculaire. Par contre, l’excitabilité du système vasomoteur est augmentée, d’où la petitesse du pouls, le refroidissement des extrémités, la diminution de l’urine, de la sueur; de là aussi, peut-être, cette anxiété précordiale si intense chez certains d’entre eux, que Kraff’t-Ebing en a fait une variété à part dont il attribue la cause à une névrose du plexus cardiaque. Le pouls, ralenti, conserve la tricrotie à peu près normale; le tracé sphygmographique est celui du pulsus celer Iricrotus, à l'inverse de ce qui s’observe dans la manie où le pouls, ordinairement dicrote, décèle le relâchement du frein sympathique. La température oscille entre 36,6 et 37,6, la respiration est ralentie et il y a des troubles constants du côté des voies digestives, avec prédominance de la constipation.

La marche de la mélancolie est presque toujours progressive et comprend trois stades : de début, d’état, de décroissance. La durée ordinaire est de huit à dix mois; exceptionnellement, la maladie peut se borner à deux semaines ou se prolonger pendant des années. La terminaison la plus fréquente est la guérison qui survient dans les deux tiers des cas; viennent ensuite la démence et la mort, celle-ci par suicide ou par maladies intercurrentes surtout.

On a signalé un trop grand nombre de variétés, suivant que la mélancolie est accompagnée ou non de délire, d'idées de persécution ou qu’elle se systématise sous forme de démonomanie ou d ’hypochondrie. Il faut bien se garder, d’ailleurs, de confondre ces dernières formes avec les délires partiels analogues observés chez les atypiques ou dégénérés (V. Monomanie).

Mais une mention spéciale doit être accordée à la mélancolie avec stupeur (Melancolia attonita), caractérisée par l’exagération de tous les symptômes, et dans laquelle les malades, plus immobiles que la statue du Commandeur, semblent plongés dans le plus invincible abrutissement. Schule a trouvé dans toutes les autopsies, non seulement de l’anémie,

mais l’œdème constant du cerveau. (V. son remarquable volume sur les maladies mentales dans le Handbuch üer spec. Pathol., etc., de Ziemssen. Leipzig, 1878.) Il rapproche cette forme de la démence aiguë primitive et aussi de l’affection décrite en 1874, par Kahlbaum, sous le nom de catatonie (de xaTàTovoç, tiré en bas). 11 s’agit d’une forme de folie ou, d’une façon plus précise, de mélancolie alternant avec des phénomènes d’excitation mentale passagère et s’accompagnant d’états convulsifs du genre cataleptique, de tétanie, d’extase, etc.

Au point de vue du diagnostic, on reconnaîtra la mélancolie par le caractère dépressif du délire et par sa généralisation ; car pour moi les mélancolies partielles, si tant est que l’on veuille leur conserver ce titre, appartiennent à la classe des monomanies. Dans certains cas d'agitation réflexe, de cris, etc. (: melancol . agitons), on la distinguera encore de la manie par la nature du délire, par les antécédents. Dans le délire ou la monomanie des persécutions, le malade rapporte tout à ses ennemis imaginaires, objective complètement le phénomène; le mélancolique, quand il est ainsi poursuivi en imagination, ne s’en prend qu’à lui-même et trouve, dans ce qu’il appelle sa mauvaise conduite, la justification de ces poursuites et de ces reproches. Ajoutons qu’on a pu confondre encore la mélancolie avec la fièvre tgphoïde, avec la catalepsie, avec la démence. Quant aux causes, ce sont celles de la folie en général, l’hérédité, etc.

Le traitement consiste avant tout dans le repos, le calme et l’isolement. Aucune mélancolie profonde ne guérira, dit Schule, si l’on n'arrache pas le malade au cercle de ses occupations et de sa vie habituelles. Puis, pour relever les fonctions, on emploiera les toniques, les fortifiants; pour calmer l’irritabilité psychique, les opiacés. Le refus d’aliments, lorsqu’on ne peut le vaincre par la persuasion, doit être combattu par Y alimentation forcée. On se sert de la sonde œsophagienne introduite par les fosses nasales, en se conformant au manuel opératoire que je n’ai pas à décrire ici; l’opération, très simple en elle-même, ne doit être pratiquée que par un médecin, la mort par suffocation pouvant être le résultat d’une fausse manœuvre. On place dans un irrigateur le repas à faire ingurgiter : bouillon, lait, chocolat , viandes hachées et délayées, etc. Si la plupart des malades ne peuvent supporter au delà de quelques mois un pareil régime, on en a vu survivre des années sans autre mode d’alimentation. Dans tous les cas, c’est une condition sine quâ non chez certains aliénés, et un moyen qui, en permettant de gagner du temps, assure la guérison d’un grand nombre de malheureux voués, sans cela, à la mort par inanition (V. Folie, Monomanie, Suicide). a. Regnard.

MÉLANÉMIE. — On donne ce nom à une altération du sang et des tissus, caractérisée par la présence dans ce liquide d’un plus ou moins grand nombre de petites granulations pigmentaires arrondies, noires, brunes, d’un jaune d’ocre, quelquefois rougeâtres, que l’on observe surtout dans les fièvres paludéennes et plus fréquemment dans les fièvres pernicieuses. Ces granulations, d’après Fre-

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rich, sont formées par une altération des globules rouges du sang; non seulement elles circulent avec ce liquide, mais encore elles imprègnent les tissus, s infiltrent dans les parois vasculaires et peuvent même oblitérer les vaisseaux capillaires ‘du foie, des reins, du cerveau et déterminer des hémorrhagies, des ramollissements, parfois la mort subite. La mélanémie est donc une affection grave qu’il faut combattre par les toniques et les ferrugineux pour arrêter la destruction des globules rouges du sang, tout en traitant les accès de fièvre paludéenne ou pernicieuse. P. p.

MELANIQUE. — Nom donné par les chirurgiens à une variété de cancer (V. ce mot). p. l.

MÉLASSE. — On donne ce nom à un liquide sirupeux, brunâtre, épais, sucré, non cristallisable, qui lorme le résidu delà cristallisation du sucre de canne ou de betterave, obtenu dans l’opération du raffinage (V. Sacre). P. L.

MÉLÉSE. — • Le mélèse est un grand arbre de la famille des conifères, très commun en Suisse et dans les Alpes et cultivé beaucoup dans nos jardins, qui fournit la térébenthine Suisse (V. ce mot), et sur les vieux troncs duquel poussent des champignons connus en pharmacie sous le nom d'agaric blanc (V. ce mot). p. l.

MÉLILOT. — On donne ce nom à une plante de la famille des Légumineuses, très commune dans les prés, les bois et les haies, dont les fleurs jaunes, rarement blanches, petites, disposées en groupes, unilatérales, axillaires, peu odorantes à l’état frais, acquièrent lorsqu’elles sont desséchées, une odeur forte et agréable de fève tonka, jouissent de propriétés sédatives, antispasmodiques, résolutives et carminatives. On en prépare des infusions qu’on administre en lavement contre la dyspepsie flatulente, ou qu’on emploie en lotion contre la conjonctivite. On en fait aussi des cataplasmes qu’on utilise contre les tumeurs inflammatoires et l’érythème de la peau.

Le mélilot communique aux fourrages auxquels il est mêlé un goût savoureux qui le fait rechercher des bœufs et des chevaux. Dans certains pays, les dames le mêlent aux fourrures pendant l’été pour les préserver des insectes. p. l.

MÉLISSE. — La mélisse [vulgairement appelée citronnelle, à cause de son odeur qui rappelle vaguement celle du citron, est une plante de la famille des Labiées, originaire de l’Europe méridionale, très commune dans les terrains incultes du Midi de la France, et que l’on cultive aussi dans les jardins, dont la feuille est à peu près la seule partie usitée en médecine. Douée d’une odeur agréable, d’une saveur chaude et un peu amère, elle jouit de quelques propriétés stimulantes, digestives, carminatives et antispamodiques, qui les font employer en infusion ou sous forme d’alcoolat. Elle constitue la base de la trop fameuse Eau de mélisse des Carmes dont voici la formule que chacun peut exécuter facilement.

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