‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 106 sur 344 · EAU DE MÉLISSE DES CARMES · texte numérisé non relu

EAU DE MÉLISSE DES CARMES

{Alcool et de mélisse composé).

Mélisse fraîche en fleurs 900 grammes.

Zestes frais de citron 150

Cannelle de Ceylan 80 —

Girofles 80

Muscades 80

Coriandre 40 —

Racine d’angélique 40 —

Alcool h 80" 5,000 —

On divise la mélisse et les zestes de citron, on concasse les autres substances ; on fait macérer le

tout dans l’alcool pendant 4 jours, et on distille au bain-marie pour obtenir 4 kil. 250 d’alcool de mélisse. — On obtient l 'eau de mélisse jaune en ajoutant 5 grammes de teinture de safran par 1000 gr. d’alcoolat.

La mélisse entre aussi dans la composition de la liqueur de la Grande-Chartreuse (V. Liqueurs).

Dr Paul Ladarthe.

MELLITES. — Nom donné par les pharmaciens aux sirops dans lesquels ont a remplacé le sucre de canne par le miel. Parmi les plus usités nous citerons : le mellite simple ou sirop de miel, le mellite de scille ou miel scillitique, le mellite de mercuriale ou miel de mercuriale, le mellite de rose ou miel rosat, le mellite de safran et de tamarin, ou sirop de Delabarre (V. ce mot), etc. p. L.

MÉLOMÈLE. — Nom donné par les tératologistes à une variété de monstre polym'elien (V. ce mot).

MELON. — Le melon est un fruit de la famille des Cucurbitacées, originaire des pays tempérés de l’Asie, d’où il fut rapporté en Occident lors de la première expédition des Romains en Perse, dont les nombreuses variétés semblent provenir de trois espèces principales qui sont: le melon brodé, galeux ou maraîcher, le melon cantaloup, verruqueux, et le melon à peau lisse ou de Malte, à chair tantôt blanche et tantôt rouge.

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Le melon, lorsqu’il est bien mûr et de bonne qualité, constitue un aliment très savoureux et très recherché pour la délicatesse de, sa chair sucrée, la finesse de son parfum et ses propriétés rafraîchissantes, mais il est très froid, indigeste à cause de la grande quantité d’eau de végétation qu'il contient, et provoque souvent de la diarrhée et des indigestions. Aussi faut-il le manger, non pas au dessert et saupoudré de sucre, comme on le fait dans certains pays, mais de préférence au commencement du repas, relevé avec un peu de sel et de poivre, et avoir soin de boire, immédiatement après, quelques gorgées de bon vin pur et généreux. Les convalescents, les individus dont les digestions sont laborieuses, les gastralgiques et ceux qui sont atteints de dyspepsie flatulente feront bien de s’en abstenir, ainsi que les femmes pendant la période menstruelle.

Dans le public, on dit que le melon est fiévreux ; on croit qu’il peut disposer à la fièvre ou la ramener. Rien ne justifie cette croyance. On a aussi attribué à ce fruit une action très manifeste contre la gravelle. Ségalas a soutenu cette opinion, mais sans apporter d’observations précises à l’appui. Enfin les semences du melon, mêlées à celles de calebasse, de concombre et de pastèque, réduites en pâte et mélangées avec de l’eau, servaient à préparer une émulsion tempérante et sédative, dont la médecine a depuis longtemps abandonné l’usage. Dr Paul Labarthe.

MELON D’EAU. — (V. Pastèque.)

MEMBRANE. — Nom donné d’une manière générale, en anatomie, aux divers organes ou parties d’organes, qui se présentent sous une forme large, aplatie, mince, souple et dilatable , de couleur blanche, grise ou rougeâtre, variables dans leur structure, qui sont destinés à sécréter certains fluides ou à envelopper d’autres organes. On distingue trois espèces de membranes : les muqueuses, les séreuses et les fibreuses (V. ces mots).

En médecine, on donne le nom de fausses membranes à celles qui se développent accidentellement, sous une influence morbide, comme dans le croup (V. ce mot).

Enfin les accoucheurs appellent membranes les enveloppes de l'œuf (V. ce mot). p. l.

MEMBRE. — On donne ce nom en anatomie aux quatre appendices du tronc, qui sont : les deux membres supérieurs ou thoraciques formés chacun par le bras, l’avant-bras et la main, et les deux membres inférieurs ou abdominaux formés chacun par la cuisse, la jambe et le pied. Les quatre membres sont rattachés au tronc par des articulations.

On donne souvent le nom de membre viril à la verge ou pénis chez l’homme. p. l.

MÉMOIRE. — La mémoire est une fonction double du cerveau qui consiste d’abord à conserver puis à reproduire les faits, les idées, les pensées de toute sorte dont nous avons eu conscience, et les impressions et les images des objets dont nos sens Dictionnaire populaire de médecine usuelle

nous ont donné la notion. Sous l’influence de cer* taines maladies, la mémoire peut être abolie ou considérablement affaiblie (V. Amnésie.) p. l.

MENDICITÉ (dépôts de). — Assistance publique. —

Les dépôts de mendicité paraissent avoir été créés pour la première fois en 1662, organisés par une déclaration du régent du 23 mars 1720, complétés par un arrêt du conseil du 21 septembre 1767. Leur suppression fut prononcée par la loi du 24 vendémiaire an 11. Us ont été rétablis par le décret du 5 juillet 1808.

Ce décret indiqua les mesures à prendre pour la création, dans chaque département, d’un dépôt de mendicité destiné à la réclusion des individus valides ou invalides que l’on arrête pour cause de mendicité. Malgré ces prescriptions s’étendant à tous les départements, on ne compte actuellemen que 36 dépôts de mendicité, la plupart communs à plusieurs départements.

Les dépôts de mendicité sont des maisons de travail dépendant du service de l’assistance publique et non des établissements pénitentiaires. Leur double but est d’assurer un asile au mendiant et de le contraindre au travail. L’envoi à ces dépôts n’est point une peine, mais une simple mesure de police.

Il est ordinairement pourvu aux dépenses d’entretien des dépôts de mendicité, qui constituent des établissements départementaux, au moyen : 1° de la portion du produit des travaux des individus qui y sont reclus; 2° des fonds que les conseils généraux allouent sur leurs centimes facultatifs; 3° des subventions que les communes sont autorisées à fournir; 4° du produit des souscriptions particulières.

Ces établissements sont placés sous la surveillance du préfet. Leur organisation administrative diffère peu de celle des établissements publics d’aliénés. Un directeur salarié dirige toutes les parties du service; une commission gratuite surveille son administration; un receveur effectue les recettes et les dépenses.

Les mendiants sont répartis dans les dortoirs, de manière que les valides soient séparés des infirmes et des septuagénaires. Les femmes et les enfants au dessous de 16 ans sont placés dans des locaux distincts et séparés.

11 y a dans chaque dépôt trois espèces de régimes alimentaires :

1° Le régime des mendiants qui, étant en état de validité, refusent de travailler, ou qui se rendent coupables d’inconduite et d’insubordination ;

2° Le régime des mendiants travailleurs, des mendiants septuagénaires et des infirmes hors d’état de travailler;

3° Le régime des malades à l’infirmerie.

Le service de santé est confié à un médecin et à un chirurgien; il y a de plus un pharmacien pour la tenue de la pharmacie, la préparation et la distribution des remèdes.

La santé, la propreté et la salubrité sont placées sous la responsabilité du directeur.

Les dépôts de mendicité sont, comme nous l’avons dit, des maisons de travail. 11 existe, dans l’établissement, des ateliers de différents genres de

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travaux convenables au sexe, à l’âge et à la force des mendiants. Trigant de Beaumont.

MÉNINGES. — Nom collectif donné par les anatomistes à l’ensemble de trois membranes ( duremère arachnoïde, pie-mère (V. ces mots), qui enveloppent le cerveau , le cervelet et la moelle épinière, les protègent, les soutiennent et les séparent de la boîte osseuse. p. l.

MÉNINGITE. — On donne le nom de méningites aux inflammations des enveloppes des centres nerveux, encéphale et moelle épinière. 11 convient d’admettre plusieurs variétés de méningites : méningite cérébrale, méningite rachidienne , méningite cérébro-spinale.

I. Méningite cérébrale. — Elle comprend deux espèces distinctes : A. la méningite simple, c’est-àdire l’inflammation de Y arachnoïde et de la piemère ; B. la méningite tuberculeuse, dans laquelle l’inflammation est occasionnée par la présence de granulations tuberculeuses.

A. Méningite simple. — Elle peut être aiguë ou chronique.

1° Méningite simple aiguë. — La méningite simple aiguë est l’inflammation aiguë de l’arachnoïde, du tissu cellulaire sous-archnoïdien et de la pie-mère. Elle se présente dans deux conditions différentes.

1° Elle est primitive, indépendante de tout état morbide antérieur ; c’est dans ce groupe que nous rangeons les cas assez rares de méningites survenues sous l’influence de l’insolation, de veilles prolongées, d’excès alcooliques.

2° Elle est secondaire, c’est-à-dire qu’elle survient à la suite de traumatismes, de nécrose des os du crâne, d’otites, d’érysipèle du cuir chevelu; dans ce cas elle coïncide fréquemment avec une inflammation du tissu cérébral qu’elle recouvre(méningoencéphalite). Elle peut encore se manifester dans le cours de certaines maladies dont les principales sont le rhumatisme et l’albuminurie.

Les lésions anatomiques consistent en une altération des tissus enflammés et en une sécrétion de produits morbides.

L’arachnoïde est épaissie, inégale et tomenteuse, la pie-mère est hyperémiée, il en êst souvent de même de la substance cérébrale qu’elle recouvre et à laquelle elle devient plus adhérente, les veines qui rampent à la surface du cerveau sont gonflées et turgescentes.

Les troubles de sécrétion les plus remarquables consistent dans la production d’un épanchement séro-purulent ou même purulent qui se mêle au liquide arachnoïdien et distend la cavité des ventricules, et dans l’accumulation de dépôts fibrineux qui, sous forme de flocons ou fausses membranes, s’accumulent sur la pie-mère, autour de l’origine des nerfs crâniens, etc.

La méningite simple a un début très net, très franc ; par exception seulement elle peut être précédée durant quelques heures d’agitation, de vertiges et de mal de tête. Son évolution comprend deux phases: 1° une phase d’excitation; 2° une phase de dépression.

1° Phase d’exitalion. — Les symptômes que pré-

sentent, au début, les malades atteints de méningite franche expriment l’état de surexcitation dans lequel se trouve l'encéphale au contact des membranes enflammées; ce sont : de la fièvre, delà céphalalgie et des vomissements, du délire, des convulsions et des contractures.

La fièvre s’annonce moins par la fréquence du pouls, qui peut cependant dans cette phase dépasser cent pulsations, que par l’élévation de la température qui atteint 40° et ne présente qu’une rémission insignifiante, le matin ; elle peut encore avoir un petit frisson initial: le regard a un aspect brillant et animé: de toutes les inflammations intracrâniennes , la méningite franche est celle qui détermine la fièvre la plus forte.

La céphalalgie est opiniâtre, extrêmement violente, elle occupe souvent le front ou la tempe, rarement toute la tête ; tout l’exaspère, le bruit, la lumière, les mouvements, etc. Elle s’accompagne presque aussitôt de vomissements bilieux ou alimentaires, ces vomissements qui sont constants surviennent par action réflexe.

Délire. — Le délire peut être calme, mais dans la méningite franche il est d'habitude très violent; le malade devenu furieux ne peut être maintenu que par des liens ou par la camisole de force.

Convulsions. — Contractures. — Les convulsions cloniques ou toniques (contractures) peuvent occuper un point quelconque du corps et leur diffusion constitue par elle-même un symptôme important; les convulsions des muscles du visage se traduisent par du strabisme, un clignotememt des paupières et les grimaces les plus variées qui donnent à la physionomie un aspect bizarre et sardonique, etc. Les mâchoires sont fortement fermées (trismus), la tête est inclinée sur l’une ou l’autre épaule, quelquefois renversée en arrière. Les membres sont convulsés et contracturés de façons diverses. Dans le domaine des muscles organiques, ont peut observer de la dysphagie, une certaine gêne dans la respiration, de la constipation et de la rétention d’urine.

2° Phase de dépression. — L’excitation générale dont nous venons de parler fait graduellement place à une dépression profonde, les convulsions et les contractures se transforment en résolution et en paralysie, le malade, qui était en proie à un délire violent et qu’on maintenait difficilement, tombe dans la somnolence et le coma. Cette transformation dans les symptômes est graduelle; lorsqu’elle est complètement effectuée, le malade est plongé dans la stupeur, tous ses membres sont dans le relâchement, la pupille dilatée, les sphincters paralysés, la respiration lente et stertoreuse, le pouls très lent, mais la fièvre continue, ainsi que le démontre l’élévation permanente de la température, qui se maintient à 40 degrés.

La méningite est presque constamment mortelle; la mort, presque foudroyante, peut arriver en deux ou trois jours, avant la venue des phénomènes de dépression ; dans d’autres cas, la phase d’excitation est si courte, si peu accentuée, qu’elle passe inaperçue. La durée pourrait en moyenne, être évaluée à une semaine; la guérison n’est pas impossible, elle a été plusieurs fois obtenue.

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