‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 107 sur 344 · M EN · texte numérisé non relu

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Au début, le diagnostic peut être difficile; cependant, sauf l’encéphalite aiguë, qui présente à peu près les mêmes caractères et qui d’ailleurs coexiste très fréquemment avec elle, les autres affections s’en distinguent aisément ; ainsi l’alcoolisme aigu, l’épi— ! lepsie, l’urémie, ne présentent pas l’élévation de température que l’on constate dans la méningite. Les fièvres, telles que fièvre typhoïde, fièvre palu- ! déenne, etc., s’en distinguent par leurs caractères I spéciaux. Nous verrons plus loin comment on peut i distinguer la méningite simple de la méningite I tuberculeuse.

Le traitement doit être très énergique et institué | immédiatement. Suivant la vigueur du sujet on prescrira une saignée au bras ou l’on se bornera à appliquer des sangsues derrière les oreilles; on administre des purgatifs, on établit d’une façon | permanente de la glace sur la tète, on peut même la raser et y appliquer un large vésicatoire. On recommande l’emploi du calomel à dose fractionnée, de façon à produire rapidement la salivation et même les onctions mercurielles sur la face interne des cuisses dans le but de hâter le résultat.

2° Méningites cérébrales chroniques. — Les méningites cérébrales chroniques sont du domaine de l'aliénation mentale ; en effet, chez la plupart des déments on constate des épaississements partiels de la pie-mère et de l’arachnoïde, ces membranes adhèrent entre elles et avec la substance cérébrale. La lésion anatomique caractéristique de la maladie désignée sous le nom de paralysie générale consiste dans un épaississement des méninges qui adhèrent à la surface du cerveau, surface qui présente ellemême les altérations spéciales d'une paralysie chronique.

On a vu, en dehors de la démence et de la paralysie générale, des méningites chroniques localisées dans certains points de l’encéphale et au niveau du bulbe; ces méningites se développent sous l’influence de la syphilis ou de l'alcoolisme ; leurs symptômes principaux consistent en céphalalgie, vertiges et surtout en désordres fonctionnels dans la sphère d’action des nerfs bulbaires.

Enfin, sur le pourtour d’une carie, d'une nécrose ou d'une altération quelconque des os du crâne, les méninges peuvent être chroniquement enflammées ; ces lésions souvent latentes peuvent se traduire par de la céphalalgie et des vertiges.

Dans ces différents cas, l’iodure de potassium et les sels de mercure sont les agents auxquels il conviendra de recourir.

B. Méningite tuberculeuse. — C’est une inflammation de> méninges ayant pour point de départ une infiltration tuberculeuse de la pie-mère.

Très rarement primitive, la méningite tuberculeuse ne survient guère que chez des individus atteints de tubercules dans d’autres organes. Elle frappe surtout les enfants chétifs de deux à sept ans, les adultes de vingt à trente. Ses causes occasionnelles semblent èlre^ le sevrage prématuré, la dentition difficile, les lièvres éruptives, la coqueluche, l'insolation.

Le cours de la maladie peut être divisé en trois ► périodes : prodromes, — phase d’excitation, — phase de dépression.

Prodromes. — Les plus importants consistent en : changement dans le caractère de l’enfant, il est triste, pleure sans motifs, maigrit, perd ses couleurs et son entrain ; les prodromes peuvent durer plusieurs semaines.

Phase P excitation. — Le début de la maladie est caractérisé par trois symptômes principaux : la céphalalgie, les vomissements et la constipation.

Céphalalgie. — Elle est vive, frontale, continue avec redoublement, l’enfant pousse des cris aigus, il redoute la lumière, repousse les caresses, souvent il grince des dents, renverse la tête en arrière, est agité de mouvements convulsifs, de contractures, parmi lesquelles le strabisme est surtout fréquent.

Les vomissements et la constipation paraissent être, comme la céphalalgie, sous la dépendance de l’irritation du cerveau et du bulbe. Les vomissements ont lieu sans nausées, à jeun, ils se reproduisent plusieurs fois par jour. La constipation est opiniâtre.

La fièvre est constante, elle offre le soir une exacerbation très marquée qui lui donne un type légèrement rémittent, la température ne dépasse guère 39°. Le pouls est irrégulier, un peu fréquent, il ne présente pas encore la lenteur si remarquable de la deuxième période. Cette période d’excitation, dont la durée varie de quelques heures à une ou deux semaines, est souvent suivie d’une rémission passagère qui donne aux parents un moment d’espoir constamment déçu.

Phase de dépression. — Elle s’annonce par le ralentissement du pouls et l’élévation de la température, par le délire qui est généralement plus calme que celui de la méningite franche, par les convulsions, les raideurs, les contractures. Le malade tombe bientôt dans un état comateux, les vomissements cessent, le ventre s’aplatit, se rétracte en bateau, la sensibilité se perd, il survient une dyspnée de fâcheux augure.

Ces phénomènes font des progrès continus, la peau se couvre de sueurs visqueuses, les poumons se congestionnent et le malade succombe lentement ou au milieu d’un accès d’éclampsie.

La durée de la maladie est variable, mais ne dépasse guère vingt et un jours. La terminaison esta peu près constamment fatale.

La méningite tuberculeuse peut être confondue :

1° Avec la méningite simple; celle-ci survient d’ordinaire chez les gens vigoureux ; la méningite tuberculeuse frappe plus communément des personnes déjà tuberculeuses ou ayant une tendance héréditaire à la genèse tuberculeuse.

La méningite simple débute avec éclat ; au contraire les prodromes sont plus habituels et plus marqués dans la méningite tuberculeuse.

Les convulsions, le délire et les contractures sont plus accentués dans la méningite simple. Enfin, dans la méningite simple, la succession des deux périodes d’excitation et de dépression est plus franche et plus rapide.

2° Avec l’hydrocéphalie (V. cette maladie).

3° Avec la fièvre typhoïde. Les prodromes de la fièvre typhoïde sont plus longs, il y a des épistaxis, beaucoup plus rares dans la méningite, des râles

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sibilants, le gonflement de la rate, la sensibilité dans la fosse iliaque droite, une élévation régulière de la température, des taches rosées, tous phénomènes étrangers à la méningite qui présente, en outre du strabisme, des convulsions et survient souvent chez les phthisiques.

Le traitement est à peu près impuissant: on a conseillé l’iodure de potassium à la dose de 1 à 2 grammes par jour. Les révulsifs sur la tête, larges vésicatoires volants après avoir rasé préalablement le cuir chevelu, glace appliquée d’une façon continue sur la tète.

IL Méningite spinale. — C’est une maladie rare et toujours assez obscure en raison de sa coïncidence habituelle avec une méningite cérébrale dont les symptômes éclatants dominent la scène et appellent toute l’attention ; de plus, la méningite spinale détermine, soit par compression, soit par extension de l’inflammation des troubles médullaires au milieu desquels il est difficile de faire la part de la méningite.

Elle est produite :

1° Par l'extension d'une méningite cérébrale ;

2° Par l'action du froid, du rhumatisme, etc. ;

3° Par irritation de voisinage, à la suite de traumatismes de la colonne vertébrale, de mal de Pott, élimination d’eschares, etc.

Les symptômes doivent être divisés en deux groupes: 1° les uns sont l'expression directe de 1 inflammation des méninges, ce sont la fièvre et les douleurs rachidiennes ; 2° les autres reflètent 1 état d irritation de la moelle, ce sont les contractures portant sur les muscles de la région spinale ; ces contractures déterminent le renversement du tronc en arrière (opisthotonos), des douleurs en ceinture et d autres qui s’irradient vers les membres inférieurs ; de la rétention d’urine et de la constipation. S'il survient une paraplégie, ce qui est fréquent, il faut 1 attribuer à la compression de la moelle par le liquide qu’ont secrété les méninges enflammées.

Si la méningite est généralisée ou si elle occupe les parties supérieures, le désordre des muscles respirateurs se traduit par une dyspnée rapidement mortelle.

Cette maladie, habituellement mortelle, tue en quelques jours, de 5 à 13 en moyenne.

Quant à la méningite chronique, maladie presque constamment liée à une myélite ou à des altérations vertébrales, elle produit des douleurs sourdes, quelques contractures et une paraplégie qui a pour caractère d’offrir de nombreuses fluctuations en rapport avec la quantité plus ou moins grande du liquide épanché.

Le traitement est le même que celui de la méningite cérébrale.

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