‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 108 sur 344 · III. Méningite épidémique ou cérébro-spinale · texte numérisé non relu

III. Méningite épidémique ou cérébro-spinale

— Plusieurs garnisons ont été, à diverses reprises, décimées par une maladie épidémique qui consiste en une inflammation aiguë des enveloppes du cerveau et de la moelle. (Quelques médecins n’y voient qu’une forme de typhus).

Les épidémies n’ont été observées que dans certaines villes de garnison ; elles ont surtout atteint les soldats, mais ont fait cependant d’assez nom-

breuses victimes dans la population civile ; on cite les épidémies de Rochefort, de Strasbourg, de Versailles, etc. Tout le monde reconnaît à cette maladie le caractère épidémique; Boudin pense, en plus, qu’elle est contagieuse.

Les symptômes sont un mélange des caractères propres aux méningites cérébrale et rachidienne ; les malades éprouvent de la fièvre, du délire, des douleurs, dont les unes occupent la tête, les autres suivent le trajet de la colonne vertébrale et présentent des irradiations diverses ; on observe aussi des convulsions et des contractures très remarquables, affectant les formes les plus diverses ; il faut également noter une hyperesthésie générale.

Dans certaines épidémies, les malades ont été emportés en quelques heures; souvent la terminaison fatale ne survient pas avant une ou deux semaines ; enfin, un malade peut lutter pendant une ou deux années et succomber dans le marasme avec des eschares au sacrum.

Dans les cas, assez rares, qui ont guéri, la convalescence a toujours été longue et pénible.

On a conseillé les ventouses le long du rachis, les vésicatoires sur la tête, les sédatifs tels que l’opium, le chloral, et, pendant les accès convulsifs, les inhalations de chloroforme et d’éther.

Dr Léon Moynac.

MÉNOPAUSE. — Bien que sous l’influence de certaines maladies générales, comme la chlorose, l’anémie, quelques affections^ aiguës comme le cours d’une fièvre typhoïde, la pneumonie, la pleurésie, etc., on puisse voir le flux cataménial se suspendre, il est rare, dans le cours de la vie génitale de la femme de voir les règles se supprimer. Quelquefois après un refroidissement, une émotion violente, une période fait défaut, mais presque toujours le mois suivant la menstruation se rétablit. Ce n’est guère que pendant la grossesse et l’allaitement que, sauf quelques exceptions, le flux cataménial est régulièrement suspendu. Mais après l’accouchement, si la femme ne nourrit pas son enfant, cette fonction se rétablit généralement au bout de six ou sept semaines, et quand elle nourrit régulièrement, les règles réapparaissent au moment du sevrage. Du reste, ces questions, qui méritent d’être examinées en détail, seront éludiées séparément.

La femme ne jouit pas pendant toute sa vie de l’activité génésique. Il arrive un âge où elle n’est plus apte à concevoir, et ce moment est précisément indiqué par la suppression complète des règles. D’après les statistiques publiées à ce sujet, ce serait entre 43 et 50 ans que cette suppression aurait lieu chez le plus grand nombre. Nous verrons que la menstruation s’établit plutôt dans les pays chauds, de même la ménopause se montre à une période moins avancée, de 30 à 35 ans environ, de sorte qu'on peut dire que sous tous les climats la puissance génitale est à peu près de même durée pour toutes les femmes.

Mais si d’une manière générale cette proposition est exacte, quand on s’adresse à la totalité des femmes, il n’en est plus de même si on les considère individuellement. Ainsi Raciborski a noté que

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la menstruation, dans nos climats, durait beaucoup plus longtemps chez les femmes réglées de bonne heure- et qui avaient eu beaucoup d’enfants. Au contraire, chez celles qui ont été réglées tardivement, la menstruation peut ne subsister que pendant quelques années. La moyenne de l’activité génitale serait, d’après Courty, de 25 à 30 ans.

Nous avons dit (V. Menstruation) qu’il était rare de voir la menstruation s’établir brusquement sans symptômes prémonitoires. Cette proposition n'est pas aussi exceptionnelle quand il s'agit de la ménopause. Chez un certain nombre de femmes, en effet, les menstrues, jusqu’alors régulières, quand arrive la période de 40 à 45 ans, peuvent cesser tout à coup et ne plus reparaître. Souvent cette suspension à lieu à la suite d’une impression de froid, d’une émotion plus ou moins violente, mais dans certains cas, on ne peut relater aucune cause apparente de celte brusque suppression. Toutefois, dans la grande majorité des cas, la ménopause est le plus souvent précédée de troubles dans la régularité et dans l’émission des menstrues. Cette fonction, au lieu de se produire tout les mois, peut ne survenir qu’à des intervalles plus ou moins éloignés, avant de disparaître complètement, bans un certain nombre de cas, l’écoulement devient chaque fois de moins en moins abondant, de moins en moins coloré. La sérosité l’emporte de beaucoup sur la masse colorante des globules. D’autres fois, au contraire, la quantité de sang rendue est beaucoup plus considérable que d’habitude, la femme éprouve de véritables pertes qui se renouvellent sans régularité, se reproduisant soit plus fréquemment que les règles ordinaires, soit au contraire à des intervalles plus éloignés. Quand ces pertes deviennent de véritables hémorrhagies, il est rare qu’on ne trouve pas par l’examen du ventre et des organes génitaux internes, plus particulièrement du corps et du col de l’utérus, quelque anomalie qui explique ces pertes abondantes. C’est alors qu’on découvre souvent soit un polype muqueux, soit un polype fibreux resté jusqu’alors ignoré ou dont les manifestations auraient été si discrètes que l’attention n’avait pas été appelée sur ce point d’une manière suffisante; soit, ce qui est très fréquent, l'existence d’un myome utérin interstitiel ou sous-péritonéal.

La ménopause amène avec elle des modifications assez intéressantes à signaler. En général, les femmes prennent à partir de cette époque un notable embonpoint; on signale également des tendances aux congestions, surtout chez celles qui avaient des règles abondantes, des étouffements, des palpitations, des crises rhumatismales, la goutte, etc... Chez quelques-unes des accidents nerveux, la céphalalgie, l’hystérie, l’hystéro-épilepsie, ont pris naissance à cette période de la vie féminine. On a noté la disposition à certaines affections cutanées, et en particulier l’eczéma que j’ai observé moi-môme chez plusieurs de mes clientes.

L’établissement prématuré de la ménopause n’est pas une cause plus fréquente d’accidents que lorsque la suppression des menstrues s’effectue à la date normale; il semblerait, au contraire, que chez celles qui voient le flux cataménial s’arrêter

de bonne heure, les divers accidents que nous venons de signaler sont plus rares.

Quand la menstruation s’est suspendue pendant un certain temps, la femme ayant l'âge où la ménopause s’établit d’ordinaire, on peut dire qu’en général elle n’est plus apte à concevoir. Cependant il y a, à cette règle générale, quelques exceptions, ainsi on a cité des femmes devenues enceintes à 46 ans, alors que les règles avaient cessé depuis plusieurs années (Courty, Puech, Lemoine); une femme de 61 ans accoucha alors que les menstrues ne s’étaient pas manifestées depuis 12 ans (Renaudin), etc. 11 semblerait que l’ovulation ne cesse pas en même temps que la menstruation. Mais ces cas sont tout à fait exceptionnels, car si l’on examine les organes génitaux après la ménopause, on constate que, non seulement il est impossible de découvrir sur l’ovaire des cicatrices récentes, ni le moindre corps jaune, mais cet organe perd notablement de son volume, sa vascularité diminue, les follicules de de Graaf se flétrissent et le liquide intra-vésiculaire se résorbe. En même temps le corps de l’utérus diminue, sa cavité se rétrécit, et celle du col se réduit si bien qu’on a pu en observer l’oblitération complète. De leur côté, les organes génitaux externes se flétrissent, les grandes lèvres se rident et perdent leur coloration rosée, les mamelles s’affaissent et la glande mammaire s’atrophie.

Hygiène de la Ménopause. — Nous avons signalé, dans le cours de cet article les modifications qu’on observe dans l’état général des femmes, au moment de la ménopause, ou dans les premiers temps qui suivent cette transformation. Nous avons vu que chez un grand nombre d’entre elles les congestions partielles étaient fréquentes. Il est donc nécessaire que les femmes qui ont des règles abondantes et dont la santé paraît se trouver bien de ces pertes périodiques, prennent, dans les années qui précèdent la ménopause, certaines précautions. C’est ainsi qu’elles feront bien de diminuer l’abondance et la succulence des mets qu’elles ont l’habitude de manger. Aux viandes rouges succéderont les viandes blanches; le vin rouge et les vins généreux seront supprimés, la boisson sera coupée d’eau, le café et les liqueurs devront être proscrits. 11 faudra non seulement lutter contre la constipation mais encore obtenir tous les jours une garde-robe facile.

Plus tard, quand les règles seront supprimées, ce régime, pour les jeunes femmes, devra être encore plus rigoureux; des laxatifs fréquents, les grains de santé du D1 Franck, les pilules de Podophylle Coirre, les eaux minérales laxatives, Hunyadi Janos, Pullna, Rubinat, devront être employés sinon tous les jours, au moins assez souvent pour que les garderobes soient régulières et d’une consistance molle; si la femme a des hémorrhoïdes qui aient de la tendance à fluer, il faudra favoriser cette disposition par des préparations à base d’aloès. Enfin, ces médicaments peuvent ne pas entraîner une dérivation assez rapide et l’on peut être conduit à prescrire des émissions sanguines. 11 serait préférable alors d’employer les sangsues, placées au haut des cuisses, car les saignées générales peuvent avoir pour inconvé-

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nient de remplacer trop parfaitement l’écoulement menstruel, de constituer, en un mot, une véritable dérivation artificielle des règles et obliger en conséquence à recourir trop souvent et en quelque sorte d’une manière périodique à ce procédé. J’ai connu une dame chez laquelle la saignée avait été ainsi pratiquée 45 fois dans l’espace de cinq ans. Pour celles qui pourront, tous les ans, faire une cure minérale, ce sont les eaux décongestionnantes qu’il faudra fréquenter, comme Brides, en Savoie, TJriage, Marienbad, etc.

Nous avons dit également que la ménopause était, pour certaines femmes, le début d’une exagération notable de tissu adipeux. Celles qui ont une constitution lymphatique ou lymphatico-sanguine ont alors une tendance manifeste à l’obésité. On trouvera à ce mot l’exposé d’un traitement rationnel qui, tout en empêchant une trop grande accumulation de graisse dans les tissus, n’exposera pas les femmes qui s’y soumettront à une déperdition de forces , conséquence malheureusement trop fréquente de l'abus de certains médicaments, comme les purgatifs répétés, qui ont été trop fréquemment prônés pour combattre cette tendance à un embonpoint exagéré.

La ménopause prédispose encore à l’invasion de certaines affections cutanées, comme l’eczéma, le prurigo, etc. Ces maladies s’étaient presque toujours manifestées auparavant, mais à la suite de soins spéciaux ou d’une hygiène convenable, elles avaient été presque toujours enrayées. Si au moment de la ménopause on les voit reparaître, il faudra reprendre le traitement qui avait préalablement réussi à les éloigner, et dans tous les cas on trouvera à ces mots l’indication des mesures particulières que réclame chacune d’elles.

Enfin il n’est pas rare d’observer à cette période de la vie des femmes des troubles nerveux de nature très complexe. Il s’agira de rechercher, dans l’ordre général, quelle est Ja cause qui donne lieu à de semblables manifestations. Souvent on se trouvera en face d’une véritable anémie qui réclamera l’usage des médicaments généralement employés contre cette affection (V. anémie ), c’est-à-dire toutes les préparations ferrugineuses auxquelles on ajoutera le vin de quinquina, les gouttes amères de Baumé, le Colombo et le quassia amara, la noix vomique, etc. En même temps il faudra surveiller les digestions, combattre la constipation et chercher dans les grands bains amidonnés un calmant général. Mais suivant la constitution des individus, les changements d’air soit au bord de la mer, soit dans les montagnes, soit au contraire au milieu du calme des bois, produira souvent un meilleur effet que tous les médicaments préalablement mis en usage.

• 1> A. DE SOYRE.

MÉNORRHAGIE. — (V. Mélrorrhagie.)

MENSTRUATION. — La menstruation qu’on désigne encore souvent par les noms de flux ou écoulement menstruel, menstrues, règles , mois, époques, flux ou écoulement cataménial, et qui, dans le vulgaire, porte encore d’autres appellations, est caractérisée par un écoulement sanguin qui se fait pério-

diquement à travers les organes génitaux de la femme.

Mécanisme de la menstruation. — Voici comment les auteurs et plus particulièrement Coste, Rouget, Richet et Robin expliquent le mécanisme de cet écoulement : Au moment de la maturité et de la déhiscence de la vésicule de de Graaf sur l’ovaire, l’hyperémie que nous avons déjà signalée pour l’ovaire et la trompe utérine (V. Ovulation), ne reste pas limitée à ces deux organes, mais elle s’étend à l’utérus, au vagin et aux ligaments larges. Le processus de l’érection par la contraction des faisceaux musculaires, si bien décrits par Rouget, envahit non seulement l’ovaire et la trompe, mais ■ tout le corps de l’utérus, ce qui s’explique facilement par la forme hélicine des artères et la disposition des faisceaux musculaires qui embrassent les sinus utérins. Il en résulte que, sous l’influence de la congestion générale qui est produite par la déhiscence de l’ovisac et qui accompagne ce phénomène, le sang se porte en masse dans les artères ovariques, utérines et utéro-ovariques. Les parois de ces artères sont assez fortes et l’impulsion sanguine assez vigoureuse pour lutter victorieusement contre la contraction des anneaux musculaires qui les enlacent. Aussi tous les organes génitaux prennent sous l’influence de cette congestion une teinte rouge violacée. Mais si les artères permettent au sang d’affluer à ces organes, les veines larges à parois molles se laissant facilement déprimer par les contractions musculaires, ne favorisent pas le retour du sang vers les gros troncs veineux, de là stase sanguine qui, pour l’ovaire, détermine, comme nous l’avons vu, une hypersécrétion de sérosité et, finalement, la rupture de la vésicule ovarienne, tandis que, pour l’utérus, la muqueuse congestionnée se boursoufle, augmente considérablement d’épaisseur, s’hypertrophie et perd une partie de son épithélium. Les petits vaisseaux capillaires qui la parcourent et qui forment autout des orifices glandulaires un réseau assez serré, se déchirent à leur tour et laissent passer par ces éraillures une partie du sang qu’ils contiennent. Ce sang se mélange aux mucosités sécrétées alors en abondance par les glandules utérines, parcourt la cavité de la matrice ctvienl parle museau de tanche faire issue dans le vagin, puis gagne l’extérieur en s’écoulant par la vulve.

Sous l’influence de cette érection, le corps de l’utérus se redresse et augmente de volume. Richer a, par des mensurations nombreuses faites avec l’hystéromètre, parfaitement établi que, pendant les règles, la cavité utérine augmente de 5 à 10 millimètres dans l’étendue de son diamètre vertical. En même temps le tissu même de l’organe est ramolli et présente une teinte rouge foncée. Le col luimême est tuméfié, un peu augmenté de volume, légèrement entr’ouvert, et ramolli à sa périphérie. La muqueuse, toutefois, ne s’est pas boursouflée comme celle du corps de l’organe, parce que la disposition hélicine ne s'observe pas pour les artères au même degré que pour celles du corps, et que les veines non plus ne présentent pas un volume aussi considérable dans leur calibre.

On ne saurait mettre en doute que le sang mens-

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truel provient directement de la cavité utérine. Diverses autopsies faites sur des femmes ayant succombé pendant la période menstruelle, ont même permis de déterminer assez exactement l’état de la muqueuse, d'observer son accroissement considérable de volume, l’injection de son réseau capillaire et les éraillures par lesquelles s’écoule le sang menstruel.

A p rès un nombre variable de jours, suivant les femmes, la congestion utérine diminue graduellement, puis disparait totalement. Le sang qui s’écoule devient d’abord moins abondant, puis change graduellement de couleur, de rouge il devient rosé puis simplement séreux. Ces modifications correspondent à des changements analogues du côté de la muqueuse. Cette membrane diminue en effet graduellement d’épaisseur, son boursouflement s’affaisse peu à peu, le reste de l’épithélium se desquame et les cellules se mélangent au liquide sécrété par les glandes voisines, pour être chassé au dehors. Bientôt un' épithélium de nouvelle formation recouvre la muqueuse, les petites éraillures signalées dans son épaisseur se cicatrisent et tout rentre dans l’ordre jusqu’à la prochaine, époque.

Rapport de la menstruation avec l’ovulation. — Nous avons étudié séparément l’ovulation et la menstruation, et tout en nous servant de l’érétisme ovarien déterminé par la déhiscence de la vésicule de de Graaf pour expliquer la congestion utérine et l’écoulement menstruel, voyons sur quelles données on se base pour admettre une telle corrélation entre ces deux fonctions (V. Ovula/ion).

Il est d’abord reconnu d’une manière générale que la première menstruation indique, pour la jeune fille, l'aptitude à concevoir. Certaines femmes qui n’avaient pas d’ovaire par suite d’un vice de conformation congénital n’ont jamais été réglées. Chez d’autres l’ablation des ovaires contenus dans des hernies, ou à la suite de l’ovariotomie a suspendu totalement l’écoulement cataménial. Enfin, dans l’Asie centrale les jeunes filles soumises de bonne heure à la castration ne voient jamais leurs règles. Si l’on ajoute que chez les animaux où l’on peut considérer le rut, avec ou sans écoulement concomitant, comme l'analogue de l’ovulation chez la femme, le fait de les châtrer, par l’ablation des ovaires supprime à tout jamais la manifestation du rut.

A ces faits quelques auteurs ont opposé des observations aujourd’hui assez nombreuses où l’ovulation semble indépendante de la menstruation; ainsi dans certains cas où l’on a observé une absence congénitale de l’utérus, on a pu constater sur l’ovaire les cicatrices résultant de la ponte spontanée et même des corps jaunes. Des jeunes femmes n’ayant jamais été réglées, ont présenté néanmoins sur les ovaires des traces certaines de plusieurs ovulations. Chez d’autres ou les règles sont suspendues pendant le cours d’une maladie générale, comme la chlorose et l’anémie, la phthisie, on a pu reconnaître sur les ovaires des traces de corps jaunes récents. Quelques femmes après l’accouchement, principalement celles qui allaitent, ont pu devenir enceintes sans avoir revu leurs règles. Enfin il existe dans la science quelques cas rares

de femmes devenues enceintes après la ménopause, et d’autres, qui ont eu des enfants sans avoir jamais été réglées.

Dans les exemples qui précèdent, il semble que l’ovulation peut se faire quelquefois sans être accompagnée de l’écoulement menstruel. Il existe en sens inverse dans la science des cas où le flux cataménial semble s’être produit en dehors de toute ovulation. Tels sont les cas cités par Atle, Spencer, Wells, Backer Brown, Clay, Ivœberlé, Terrier, etc., et en général, tous les ovariotomistes qui ont vu les règles se rétablir chez des femmes qui avaient néanmoins subi l'amputation des deux ovaires. Si on y ajoute les cas de Kôlliker, se rapportant à des femmes mortes pendant l’écoulement menstruel et chez lesquelles l’autopsie n’a pas permis de constater la présence d’aucun corps jaune, nous aurons un faisceau de faits bien propres à ébranler l’opinion encore en cours aujourd’hui et qui admet la corrélation de l’ovulation et de la menstruation.

Dans cette théorie à quel moment de la période menstruelle place-t-on la rupture de la vésicule de de Graaf? Les recherches faites dans ce but n’ont pas donné un résultat identique pour tous les cas, mais on pense, d’après les travaux de Rouget, que la dehiscence a lieu à la fin delà période menstruelle. Ce serait donc le moment le plus propice à la fécondation, comme nous le verrons bientôt.

De la première apparition des règles. — Il est rare que la menstruation s’établisse brusquement, sans avoir été précédée de quelques prodromes, cependant on peut en observer quelques exemples. Mais en général dans les mois qui précèdent, une ou deux lois au moins la jeune fille a éprouvé de la pesanteur dans le ventre avec de la douleur dans les aines, un sentiment de fatigue générale, un gonflement des seins avec une certaine sensibilité et un léger écoulement de mucosités par la vulve. A ces phénomènes physiques s’ajoutent souvent quelques troubles nerveux et plus particulièrement de la tristesse, un agacement inexplicable suivi de pleurs sans motifs.

Après plusieurs tentatives semblables non suivies d’écoulement sanguin, les mêmes symptômes se reproduisent et cette fois sont accompagnés d’un écoulement menstruel bien caractérisé.

Influence du sens génital sur la menstruation. — Différentes conditions influent sur la précocité ou le retard de la première apparition des menstrues. En première ligne nous signalerons l’influence du sms génital ainsi défini par Raciborski : « la vigueur plus ou moins grande que la nature déploie dans le développement des vésicules de de Graaf. » Cet auteur place la puissance génitale dans les ovaires sur lesquels on peut, chez de très jeunes enfants, voir à l’oeil nu, des vésicules déjà très développées, alors que chez d’autres à six ans on n’en trouve à peine. Il est facile de comprendre que la menstruation s’établira plus tôt chez les premiers que chez les autres, si du moins aucune maladie intercurrente ne vient affaiblir la puissance générale de l’individu. A l’appui de son opinion, Raciborski cite des cas où la menstruation s’est établie dans les premières années et même dans

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les premiers mois de la naissance, cas qu’il appelle des monstruosités emméniques , et d’autres au contraire où le flux cataménial ne s’est montré que fort tard à 20, 25 et 30 ans, et même des femmes qui n’ont jamais été réglées, bien qu’elles aient présenté tous les autres phénomènes de l’ovulation et même qu’elles soient devenues enceintes.

Influence de la latitude et de la température sur la menstruation. — La seconde condition qui influe sur cette première apparition des menstrues, est la latitude et la température. Ainsi chez lesjeunes filles de la zone torride, la menstruation est beaucoup plus précoce que chez celles qui habitent les pays froids. Voici les chiffres généralement admis par les auteurs : Dans les pays chauds, la première apparition des règles a lieu de 11 à 15 ans; dans les pays tempérés de 12 à 18 ans, et dans les pays froids de 13 à 21 ans. Il va sans dire que cette règle supporte de nombreuses exceptions et qu’il ne faudrait pas en déduire qu’unejeune fille née de parents anglais, par exemple, habitant les Indes verrait, pour la première fois, ses règles à la même époque que les enfants des Indiens. De même Raciborski fait observer qu’en Pologne, pays froid, les juifs ne se mariant qu’entre eux, ont conservé une certaine pureté de race et que les jeunes filles ont leurs règles beaucoup plus tôt que les autres polonaises.

La race joue donc également un rôle important, quel que soit la latitude du lieu qu’on habite.

Influence de l’état social en général sur la menstruation.— On a remarqué, également, que lesjeunes filles, à la campagne, sont réglées plus tardivement que celles des villes, et dans ces dernières, les filles de la classe ouvrière et surtout celles qui suivent les grands ateliers des fabriques, sont réglées plus tôt que les autres, par suite de la démoralisation qui règne dans ce milieu et de l’excitation générale qui en découle. Une nourriture substantielle, un bien-être physique général favorisent la précocité des menstrues ; tandis que dans les familles pauvres, où les enfants restent chétifs par absence totale d’hygiène et insuffisance d’aliments réparateurs, la menstruation s’établit plus tard.

Déviation des règles. — Un phénomène très remarquable, est celui qui se produit quelquefois, et auquel on a donné le nom de déviation des règles. En pareil cas, ou bien le flux cataménial est simplement diminué d’abondance, et il se produit sur un autre point de l’économie un écoulement sanguin compensateur; ou bien, les menstrues se suppriment totalement et sont remplacées par une hémorrhagie périodique qui se montre ailleurs. En général, ce sont les muqueuses pituitaires, pulmonaires ou intestinales qui sont le siège de ces flux hémorrhagiques. Quelquefois, l’exhalation sanguine a lieu à la surface d’une plaie, d’une tumeur érectile ou de la peau. Une grossesse survenant, supprime ces hémorrhagies qui se reproduisent régulièrement, du reste, après l’accouchement.

Obstacles à l'écoulement menstruel. — Il peut arriver, également, que la menstruation, régulièrement établie à la surface de la cavité utérine, ne détermine aucun écoulement extérieur;

le sang étant retenu, soit par une oblitération du col utérin, soit par une bride transversale du vagin ou par une imperforation de l’hymen. Enfin, j’ai vu deux cas où, à la suite d’un accouchement laborieux et la présence ancienne d’une fistule vésicovaginale spontanément réparée, le sang des règles passait directement dans la vessie et était expulsé avec les urines.

Caractères du sang menstruel. — La quantité de sang rendu par les femmes à chaque menstruation, est très difficile à établir. Quelques-unes tachent à peine leur linge, au point de ne pas être obligée de se garnir; d’autres, au contraire, ont de véritables hémorrhagies. J’en ai vu qui ne perdaient pas 100 grammes de sang; et chez d’autres, l’écoulement sanguin dépassait 500 grammes. C’est entre ces deux données qu'il faut chercher la moyenne. Tout ce qu’il est permis d’affirmer, c’est que chez les femmes qui ne changent rien à leur manière de vivre, l’écoulement menstruel est à peu près de la même quantité à chaque époque. L’habitation dans les montagnes, au bord de la mer, augmente presque toujours la quantité des menstrues; au contraire, il est fréquent de voir chez les femmes de campagne qui viennent habiter Paris, le sang des règles diminuer de quantité, et l’écoulement cataménial cesser même complètement dans quelques cas.

Quant aux caractères physiques de cet écoulement, on peut dire qu’au début il est peu coloré, mélangé de sang et de mucosités; au milieu de la période menstruelle il est d’un rouge pur, plutôt foncé, cette coloration va graduellement en diminuant jusqu’à la fin. Le dernier jour, le flux menstruel ne se compose guère que de muco-pus à peine rosé.

L’odeur en est fade chez le plus grand nombre des sujets. Plus prononcée, cependant, chez les femmes rousses et surtout chez celles qui ne prennent aucun soin de propreté. C’est probablement pour cette raison qu’on lui attribue à la campagne, une action nocive sur une foule de préparations usuelles et en particulier sur la lessive.

L’examen microscopique a démontré la présence de globules sanguins, mélangés à des globules blancs, des cellules épithéliales provenant du vagin et de l’utérus, etjl’un sérum sécrété par les organes génitaux internes.

Durée et périodicité. — La durée des règles varie suivant les sujets: depuis quelques heures, jusqu’à huit et dix jours. Comme nous l’avons dit plus haut, pour la quantité de sang rendu, la durée des règles est presque toujours semblable chez la même femme. Si on prend une moyenne d’après un grand nombre d’observations, on voit que chez la plupart des femmes, les règles durent de trois à huit jours. Ce sont ces deux chiffres qui se répètent le plus souvent dans les recherches entreprises à ce sujet, par P. Dubois; après, viennent quatre, cinq et six jours.

La menstruation, après s’être établie une première fois, revient ensuite chaque mois régulièrement à des époques variables, selon les femmes. Toutefois, dans un assez grand nombre de cas, les règles, avant de prendre un type» net de périodicité, se reproduisent chez la jeune fille assez irréguliè-

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rement pendant les premiers mois et même quelquefois, pendant les premières années. Chez quelques-unes, le mariage seul, ou le premier accouchement, détermine ensuite la régularité des menstrues. Chez un certain nombre de femmes, néanmoins, l'écoulement menstruel reste toujours irrégulier. Mais dans la grande majorité des cas, quand la menstruation a pris un type de périodicité, il est rare qu’il y ait, sans cause particulière, quelques modifications à cette règle. D'après les statistiques, voici les chiffres le plus fréquemment observés : le flux cataménial se renouvelle tous les 28 jours ou tous les 30 jours dans le plus grand nombre des cas. Après, viennent les chiffres 25, 21 et 13 jours.

Troubles de la menstruation. — Nous avons dit quels étaient les troubles qui accompagnent la première menstruation. Le plus souvent, à mesure que les règles se reproduisent, on voit l’acuité de ces symptômes aller graduellement en diminuant, mais il est rare qu'ils disparaissent totalement, au point que la femme soit brusquement envahie par 1 écoulement cataménial, sans en être avertie par quelques prodromes même légers. La fatigue générale, principalement dans le haut des cuisses, un léger embarras du ventre, une tension et une sensibilité notable dans les mamelles, sont les symptômes qui précèdent presque toujours l'arrivée des menstrues. Chez certaines femmes, ces signes apparaissent huit à dix jours avant l’époque présumée des règles et dans les jours qui précèdent immédiatement la menstruation elles éprouvent, au contraire, un sentiment de détente et de bien-être. Dans ces jours, également, les désirs génésiques sont plus fréquents et plus impérieux.

Chez d’autres, les phénomènes qui précèdent et qui accompagnent la menstruation sont beaucoup plus accentués, les douleurs dans le ventre sont de véritables coliques excessivement douloureuses, rappelant les coliques hépatiques, se renouvelant plus ou moins fréquemment, et d’une intensité telle, que celles qui en sont atteintes, se roulent sur leur lit, en poussant des gémissements et des cris aigus.

En même temps une céphalalgie intense, l'impossibilité de s’occuper de quoi que ce soit, et dans certains cas même de véritables crises hystériques. On donne le nom de dysménorrhée aux règles ainsi douloureuses. Ces crises durent, en général, jusqu’à ce que le flux cataménial soit régulièrement établi, c’est-à-dire au moins pendant les deux premiers jours de l’écoulement. Chez quelques-unes de ces lemmes on peut observer dans le liquide expulsé des morceaux membraneux plus ou moins volumineux, et j’en ai vu qui représentaient un sac complet, ayant la forme de la cavité utérine. C’est là ce qu’on appelle la dysménorrhée membraneuse. C’est une cause fréquente de stérilité (V. Dysménorrhée).

But de la menstruation. — La menstruation qui est une fonction en quelque sorte réservée à la femme, puisque les écoulements sanguins, ou plutôt muco-sangninolents, sont rares chez quelques femelles de la grande famille des mammifères, a-t-elle un but que nous puissions mettre Dictionnaire populaire i>e Médecine usuelle-

en lumière. Jusqu’à ce jour, bien des théories ont été émises à ce sujet sans qu’aucune d’elles puisse satisfaire complètement l’esprit. Est-ce un signe de pléthore? Mais bien des femmes anémiques, chloro-anémiques et tout au moins non pléthoriques ont des règles périodiques d'une abondance moyen ne. Est-ce un procédé de la nature qui permet quand vient la grossesse et l’allaitement, que la femme puisse conduire a bien sa gestation et la nourriture de son enfant, sans puiser en quelque sorte sur elle-même, n’usant donc que le trop-plein qui en dehors de ces états est chassé spontanément chaque fois à l’extérieur, etc., etc... Jusqu’ici, nous en sommes réduits à dire avec Aran, que « c’est une fonction qui a sa raison d’être, à une certaine époque de la vie. » Andral et Gavarret admettent que la quantité d’acide carbonique exalée parles poumons augmente chez la femme jusqu’à la puberté, à partir de cette époque elle diminue, tandis que chez l’homme cette même quantité augmente jusqu’à 30 ans. Le flux menstruel aurait donc pour but d’augmenter les phénomènes de combustion (Charpentier).

Hygiène de;la menstruation. — 1° Pendant la puberté. — Il est rare que les parents ne se préoccupent pas quelque temps à l’avance de la façon dont la menstruation s’établira chez leur jeune fille, et, quand arrive l’époque qu’ils ont pensé devoir être celle de l’établissement de cette nouvelle fonction chez leur enfant, ils sont extrêmement troublés et inquiets si, après une très courte attente, ils ne voient rien survenir de nouveau.

Nous avons indiqué plus haut l’âge moyen où, dans nos climats, on observe la première époque des règles ; mais combien de circonstances peuvent influer sur cette première apparition : la race, l’hérédité, la constitution, les maladies survenues pendant l’enfance, etc. Aussi ne devra-t-on pas se tourmenter outre mesure quand, l’âge étant arrivé, l’écoulement menstruel ne se produit pas. Toutefois, il sera bon de surveiller la jeune fille et de chercher quelle peut être la cause de ce retard. Souvent c’est une disposition héréditaire, et en interrogeant la mère, on est de suite mis au courant de cette particularité. D’autres fois, on est en présence d’un état de faiblesse constitutionnelle auquel on tâchera de remédier par une alimentation reconstituante, des soins généraux, bains, douches, exercices physiques, etc., auxquels il conviendra d’associer certains médicaments suivant les cas. Mais il n’y a pas lieu de chercher à obtenir, par l’emploi des excitants locaux et des emménagogues, un écoulement sanguin, avant que la première apparition menstruelle se soit établie spontanément. En un mot: fortifiez la jeune fille par tous les moyens hygiéniques et médicaux en votre pouvoir, et attendez.

Mais si, de l’attention que l’on prête aux habitudes de l’enfant, il résulte la certitude que certains phénomènes jusqu’alors inconnus, se produisent avec une certaine régularité tous les mois ou à peu près, si la jeune fille se plaint de douleurs et de pesanteur dans le ventre, de gonflement des seins, de céphalalgie ; si en même temps on s’aperçoit qu’aux mêmes époques cette jeune fille devient triste, im-

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pressionnable, facile à irriter, se mettant à pleurer sans cause réelle, alors que cependant aucun écoulement sanguin ne se produit par la vulve, l’attention du médecin de la famille devra être appelée sur cet état, et un examen local sera évidemment nécessaire. En effet, ou bien on est en présence d’une ovulation accompagnée d’un flux menstruel retenu dans les organes génitaux par un vice de conformation de la vulve ou du vagin, ou bien, l’ovulation se produit, précédant de quelques mois une menstruation qui ne tardera pas à paraître, les organes ayant une conformation normale, et rien ne s’opposant au cours du sang quand l’exhalation utérine se manifestera. Dans le premier cas, il y a nécessité à recourir à une opération chirurgicale qui détruira l’obstacle opposé au cours du sang menstruel ; dans le second cas, on pourra, par un traitement rationnel, précipiter l’apparition des menstrues, phénomène qui ne peut qu’être très favorable à la jeune fille, en supprimant les divers symptômes de congestion que nous avons signalés. Nous avons déjà parlé à l’article aménorrhée, du traitement qu’il y a lieu d’instituer en pareil cas. Nous ajouterons que le mariage a souvent hâté en pareil cas, l’apparition définitive des menstrues.

Je rappellerai enfin que l’examen local auquel le médecin est appelé à se livrer dans certains cas de retard dans la première apparition des règles, peut faire découvrir certains vices de conformation comme absence de vagin, d’utérus ou d’ovaire, absence totale de l’un ou de plusieurs de ces organes; ou bien, état tellement rudimentaire que le mariage devient totalement impossible pour les jeunes filles atteintes d’une semblable infirmité (V. Ovaire , Utérus, Va// in).

2° Pendant la vie menstruelle. — Quand la menstruation s’est enfin régulièrement établie, la femme devra prendre certaines précautions au moment de l’apparition des règles. Elle fera bien, quelle que soit l’abondance de l’écoulement, de ne pas faire de longues promenades pendant les deux ou trois premiers jours, de ne pas se mettre en voyage et en général de ne pas se fatiguer outre mesure à cette époque, surtout de ne pas se refroidir, de ne pas se mouiller les pieds et les mains dans l’eau froide et de n’employer, pour la toilette intime, que de l’eau tiède, ou suffisamment dégourdie. Chez beaucoup de femmes cette fonction se passe sans amener aucun trouble sérieux, un embarras à peine sensible, et elles continuent à s’occuper de leurs affaires sans prendre aucune précaution. D’autres, au contraire, éprouvent à cette période une dépression tellement considérable qu’elles sont obligées de s’arrêter totalement, de s’étendre sur un canapé, ou même de prendre le lit pendant les premiers jours de l’écoulement.

Entre ces deux extrêmes on observe tous les degrés : chaque femme devra donc prendre des soins en rapport avec le trouble qu’elle éprouve au moment où les règles arrivent, mais toutes devront éviter l’impression du froid d’une manière locale ou générale. Inutile d’ajouter que les rapports sexuels doivent être complètement abolis pendant cette période.

Quand, chez une femme régulièrement menstruée, le flux cataménial se supprime, ou bien cet état est déterminé par l’existence d’une grossesse commençante, ou bien cet accident est produit par l’une des causes que nous avons étudiée à l’article Aménorrhée. Dans le premier cas, la femme devra prendre soin d’éviter la fatigue, les courses en voiture, la trépidation du chemin de fer et en général toutes les causes qui peuvent irriter l’utérus ou ses annexes. Ce sera surtout au moment où devrait se produire l’époque menstruelle suivante qu’il faudra redoubler de soins et de précautions. Les femmes sujettes aux fausses couches devront prendre le lit résolument aussitôt après la suppression d’une époque et y séjourner jusqu’à ce que le moment où l’utérus a pris l’habitude de se débarrasser de son contenu est passé depuis plusieurs semaines (V. Grossesse).

Quand l’écoulement cataménial s’accompagne de violentes douleurs avec ou sans expulsion de portions membraneuses, on est en présence de ce que nous avons décrit sous le nom de dysménorrhée (V . ce mot). Dr A. de Soyre.

MENSTRUES. — (V. Menstruation.)

MENTAGRE. — (V. Sycosis.)

MENTALES (maladies). — (V. Folie.)

MENTHE POIVRÉE. — La menthe poivrée est une plante herbacée de la famille des Labiées, originaire de l’Angleterre où on la cultive en grand.

et très commune dans nos jardins, dont les feuilles et surtout les sommités fleuries ont une odeur aromatique forte, pénétrante, très agréable, une saveur chaude et piquante, bientôt suivie d’un vif sentiment de fraîcheur qui peut s’accompagner d’anesthésie momentanée, et sont douées de propriétés

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stimulantes et antispasmodiques, stomachiques et carminatives, qui les font employer dans les dyspepsies, les gastralgies, les coliques, les flatulences et le météorisme. Ces propriétés sont dues à une huile essentielle, qu’on en retire dans les proportions de 2 à 3 p. 100 et qui, refroidie à la température de 0°, laisse cristalliser un camphre particulier appelé menthol avec lequel on fabrique les crayons antimigraine.

On prépare avec la menthe des infusions, des pastilles, un alcoolat et de l’essence. Quelques gouttes d’alcool dans un verre d’eau constituent un excellent dentifrice. L’essence, mélangée à deux fois son volume d’alcool, versée sur une boulette de coton qu’on introduit dans la cavité d’une dent cariée, calme très manifestement la douleur occasionnée par la carie.

On fait aussi avec la menthe une excellente liqueur de table dont voici la formule :

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