‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 145 sur 344 · NOM · texte numérisé non relu

NOM

NŒUD VITAL. — Nom donné par le physiologiste Flourens à la partie du bulbe située au niveau du point d’origine des nerfs pneumogastiques et un peu au-dessous, parce que la lésion de ce point détermine la mort instantanée par arrêt de la respiration. p. l.

NOIR ANIMAL. — (V. Charbon animal.)

NOISETTE. — La noisette ou aveline, fruit du noisetier ou coudrier, arbrisseau très commun dans m>s forêts d’Europe, est une amande, recouverte d'une coque dure, très agréable au goût et d’une digestion facile lorsqu’on la mange fraîche, mais qui perd de sa saveur et fatigue les estomacs délicats, lorsqu’elle est sèche. Les confiseurs utilisent les noisettes sèches pour en faire des dragées en les enrobant de sucre. Réduites eu poudre, elles servent à préparer un produit connu en parfumerie sous le nom de pâle d’amande. Enfin, on en retire par pression une huile agréable, d’une saveur douce, qu’on utilise pour la cuisine dans certaines contrées, et que les parfumeurs prétendent jouir de la propriété de faire pousser les cheveux, ce qui explique sa présence dans le cosmétique connu sous le nom d’Aidlr de M casar. Malheureusement l’huile de noisette rancit très vite. p. l.

NOIX. — La noix est le fruit du noyer commun (y. Noyer). P. L.

NOIX D'ACAJOU. — (V. Acajou.)

NOIX DE COCO. — (V. Coco.)

NOIX DE GALLE. — On désigne sous ce nom une excroissance verdâtre ou jaunâtre, de forme

Fig. ‘J37.

Branche de chêne, avec son fruit, le gland, et ses galles ou noix de galle.

ovale ou arrondie, de la grosseur d'une petite noix, d une saveur amère et fortement astringente, qui se développe sur les feuilles du chêne du Levant et du chêne de France, à la suite d’une piqûre faite par un insecte appelé cynips.

La noix de galle renferme une grande quantité de tannin et d’acide gallique, et jouit par suite de propriétés astringentes très énergiques. On l’utilise comme tonique, astringente et hémostatique contre les hémorrhagies intestinales, les leucorrhées, le relâchement du vagin, les plaies et les ulcères atoniques à suppuration abondante, etc., soit en poudre soit en infusion, soit en teinture, soit en pilules. Dr Paul Labarthe.

NOIX MUSCADE. — (V. Muscade.)

NOIX VOMIQUE. — I .a noix vomique est le fruit du vi m </u er officinal, arbre exotique de la famille des Logauiacées, qui croît dans les Indes Orientales et particulièrement dans l'île de Oeylan. Ces fruits, du volume d’une grosse orange, sont revêtus d’une enveloppe cruslacée, lisse, rougeâtre; ils contiennent, au milieu d’une pulpe aqueuse, une quinzaine de graines auxquelles on a donné le nom de no/xvomiqu .y. Ces graines orbiculaires, aplalies comme des boutons, d’un velouté gris brunâtre, de consistance cornée, d’une saveur très âcre et très amère, ont élé l’objet de plusieurs analyses par Chevreul, par Pellelier et Caventou, par Desnoix qui y ont découvert trois alcaloïdes: la strychnine, la brqcine, l'i/asurine (V ces mots) et de plus de la cire, de l'huile concrète, de la matière colorante, de la gomme, de l’amidon, etc.

Cette semence est un violent poison pour les plantes et pour les animaux. On en prépare avec la poudre ou avec l’extrait mêlé à une certaine quantité de farine de maïs ou de froment, une sorte de bouillie de consistance assez épaisse, pouvant être façonnée en grosses boulettes que l’on donne en pâture aux rats, aux chats, aux chiens, sous le nom vulgaire de vomica, pour les empoisonner. L’homme lui-même, est extrêmement sensible à son action, d’ailleurs identique avec celle de son principal alcaloïde, la strychine.

La noix vomique est rarement employée -aujourd'hui par suite des quantités diverses de strychnine que ses différentes préparations peuvent contenir. Autrefois elle était réputée anthelmintique et fébrifuge, probablement à cause de son amertume excessive. Maintenant, ses principaux usages consistent à combattre les paralysies et à modérer les désordres moteurs: tremblements, chorée, incontinence et rétention d'urine dépendant d'une paralysie de la vessie, impuissance, spermatorrhée, gastralgie, dyspepsie, hypochondrie. L’administration en est des plus simples et consiste à ne pas dépasser les doses moyennes de 10 à 50 centigrammes en poudre, extrait ou teinture, si l’on veut éviter les accidents. Dr Marc. Cambocuves.

NOLI ME TANGERE. — Mots latins qui signifient ne me touche pas et dont on se servait jadis pour désigner le cancroïde (V. ce mot). p. i.

NOMA. — Nom donné autrefois par les médecins à la stomatite ulcéreuse (V. ce mot). p. L.

NOMBRIL. — Nom donné par le vulgaire â l 'ombilic -V ce motl. p. L.

NOU

NOSENCÉPHALE. — Nom donné par les tératologistes à des monstres chez lesquels l'encéphale est remplacé par une tumeur vasculaire, et dont le crâne est largement ouvert au-dessus, ckns la région pariétale et frontale, et le trou occipital distinct. p. L.

NOSOCOMIAL. — Qualificatif employé pour désigner tout ce qui a rapport aux hôpitaux et aux maladies qui s’y montrent spécialement. C’est

ainsi qu’on dit lièvre nosocomiale, typhus nosocomial, pour désigner les fièvres et les typhus qui éclatent dans les hôpitaux par suite de l’encombrement. p. L.

NOSOLOGIE. — Nom donné à cette partie des sciences médicales qui a pour objet la description des maladies et leur classification. p. l.

NOSTALGIE. — On donne le nom de nostalgie ou plus communément mal du pays, à cet état morbide déterminé par le désir violent de revoir la patrie. Ce n'est pas une maladie, à proprement parler, car on ne saurait localiser la nostalgie dans aucun point du système nerveux, c’est une sorte de névrose de l’intelligence, névrose envahissante et qui peut conduire à la mort par l’affaiblissement général de l’organisme qu’elle détermine.

Ces sujets particulièrement exposés à la nostalgie sont, en général, nés dans des villages très isolés, leur système nerveux est faible, et s’il n’a jamais présenté de lésions, c’est qu’il n’a jamais été sérieusement exposé à des causes déprimantes. D’ailleurs très souvent on retrouve chez eux l’hérédité névropathique.

Il faut distinguer trois phases dans l’évolution de la nostalgie. Au premier degré de son atfection morale, le malade est triste, inquiet, taciturne et sombre. Il éprouve des faiblesses et des lassitudes spontanées, répète à chaque instant le nom de ses parents et de ses amis. La pensée de la terre natale seule le sort de ses rêveries. Tout ce qui est étranger à son clocher le laisse indifférent et froid. Plus d'appétit, des vomissements fréquents, des palpitations, une grande faiblesse. Tels sont les signes principaux de cet état poétisé dans la légende de Mignon regrettant sa patrie, et que l’on constate en effet plus souvent chez les enfants des pays ensoleillés et d’aspects riants.

Au deuxième d gré, le malade a les yeux rouges et gonflés. Il soupire et pleure à tous moments. Son teint devient livide, sa peau se sèche, les aliments, difficilement pris, sont plus difficilement digérés; la céphalalgie apparaît, et avec elle un sommeil tourmenté par des rêves dans lesquels le malade cherche sans pouvoir les retrouver les joies du toit paternel. La respiration est courte, le pouls faible et lent. Amaigrissement très rapide, fievre le soir. Enfin, souvent idées de suicide, surtout quand il est démontré au malade qu’il ne pourra de longtemps revoir les objets vers lesquels il aspire.

Nous arrivons à la troisième période, pendant laquelle tous les symptômes s'aggravent jusqu’à la mort. A l’inappétence succèdent des vomissements et une diarrhée incoercibles. Aux rêves nocturnes,

une complète insomnie. Le délire, la prostration indiquent que les méninges se prennent. Les pupilles sont dilatées, la moindre impression sensorielle cause une douleur des plus cuisantes. Enfin le malade succombe, et l’autopsie permet de constater un état congestif très prononcé du cerveau.

Peut-on guérir les malades atteints de nostalgie? Assurément oui, et l’on a constaté de véritables résurrections sous la seule influence du retour au sol natal. Mais trop souvent on a vu tous les autres moyens échouer pour qu’il soit permis de conserver le moindre doute sur leur efficacité. Une grande joie, un événement heureux peuvent, dans la première période, changer le cours des idées des malades; mais il n’y a rien à attendre en dehors du rapatriement à partir de la seconde période. L’expérience a été faite et très concluante chez nos soldats d’Afrique, principalement dans les premiers temps de la conquête de l’Algérie. La nostalgie nous enleva un grand nombre de militaires, et l’inflexibilité des règlements de l’armée dut elle-même fléchir alors devant le fléau. Dr F. jouin.

NOTENGÉPHALE. — (V. Exencéphale.)

NOTOMÈLE. — (V. Polymélien.)

NOUILLES. — (V. Pûtes alimentaires.)

NOURRICE. — Si l'on s’en tenait au vrai sens du mot, la nourrice devrait être toute femme qui allaite son enfant. Dans le langage vulgaire on réserve le nom de nourrice à toute femme qui allaite l’enfant d’une autre. Toutefois, on donne encore le nom de nourrice sèche à la femme mercenaire qui allaite l’enfant d’une autre au biberon.

On distingue deux sortes de nourrices : 1° la nourrice sur heu, c’est-à-dire celle qui habite dans la famille de son nourrisson; 2° la nourrice à distance, c’est-à-dire celle qui emporte son nourrisson chez elle et l’y allaite loin de ses parents.

A laquelle donner la préférence? poser la question c’est la résoudre. Il est évident que la nourrice sur place est infiniment préférable à faulre. Pour moi, d’accord en cela avec un grand nombre de médecins, je place au dernier rang parmi les différents modes d’allaitement l’allaitement par une nourrice à distance (V. Allaitement). En effet, une nourrice à distance ne peut être surveillée ; obligée la plupart du temps d’aller travailler aux champs, elle ne peut donner à téter à l’enfant toutes les deux ou trois heures, comme il le faudrait, mais seulement trois ou quatre fois par jour. Très souvent même, avant de partir, elle bourre le nourrisson de bouillies et de panades lourdes et indigestes, ou bien lui donne le biberon dont nous avons dit tous les inconvénients (Y. Biberon). La plupart du temps, malgré la promesse faite de sevrer son propre enfant, son instinct maternel l’emportant, elle ne le sèvre pas, et lui réserve son lait au lieu de le donner à son nourrisson. Je ne parle pas des soins hygiéniques les plus élémentaires (lavages, bains, changement de linge, etc.), qui font presque toujours défaut, dans l’immense majorité des cas. Aussi la mortalité des entants

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