‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 147 sur 344 · NO U · texte numérisé non relu

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devra être chauffé et maintenu chaud à l'aide de boules pleines d’eau chaude maintenues à une certaine distance du corps de l’enfant. Le berceau devra également être muni de rideaux qui permettront à la température de rester plus fixe dans une aussi petite masse d’air, et qui éviteront les courants d'air et la trop vive lumière du jour.

On aura eu soin, pendant le nettoyage de l’enfant, de s’assurer de l’intégrité de tous ses organes, de l’existence d’un anus, du nombre de ses doigts aux pieds et aux mains, de la bonne conformation des pieds, de la bouche, etc., et l’on aura soin, si l’on aperçoit quelque point défectueux, comme le spinabifida, des bulles de pemphigus, un céphalæmabune, un bec-de-lièvre, etc., de prévenir aussitôt l’accoucheur, le mari ou tout autre personne de la famille, mais de n’en rien dire à la mère; j’ai vu une annonce semblable amener chez une femme impressionnable une attaque d’éclampsie.

Hygiène du nouveau-né — Di cordon ombilical. — Nous avons déjà décrit dans une autre partie de ce Dictionnaire, lus précautions à prendre pour lier le cordon ombilical (V. Accouchement). Nous avons dit qu’on avait l’habitude de laisser au ventre de l’enfant un bout de cordon d une longueur d'environ 4 à 5 centimètres. Quand le premier bain a été donné, avant l’emmaillotement , on panse celte partie. On prend un linge carré de 10 centimètres environ; on pratique au centre un trou suffisant pour faire passer le bout du cordon, ou l'on fait sur l’un des côtés de ce linge une fente qui se prolonge jusqu’au centre de ce carré, on met un peu d’huile, de cérat ou de beurre sur le linge, principalement autour du centre, et le bout du cordon ayant été p'acé dans l’ouverture ainsi pratiquée, le linge est replié plusieurs fois sur ce cordon qui se trouve en quelque sorte emmailloté. Apres quoi on assujettit ce pansement à l’aide d’une bande de toile fine ou de flanelle de 8 a 9 centimètri s de large environ, et qui ne doit pas faire plus de deux fois le tour du corps de l’enfant.

Le pansement du nombril doit se faire tous les jours le malin aussitôt après le bain. A ce propos quelques personnes hésitent à donner des bains au nouveau-né tant que le cordon n’est pas tombé. Je suis d’un avis contraire. D’abord le bain est dans les premiers temps un excellent moyen de propreté; il n’est pas assez prolohgé pour affaiblir l’enfant et l’on est sûr, par ce moyen, que toutes les traces des déjections sont enlevées, surtout si l’on prend soin de passer l’éponge rapidement dans tous les plis de la peau. C’est, pendant le bain qu'on doit retirer le linge carré qui enveloppe le nombril, quand ce linge a été bien pénétré par l’eau du bain. 11 se détache alors facilement et l'on n’est pas exposé à provoquer par des tiraillements intempestifs une rupture prématurée des vaisseaux ombilicaux, ce qui exposerait à une hémorrhagie plus ou moins abondante.

Le bout du cordon ombilical laissé au ventre de l’enfant se détache et tombe, avec le linge qui l’environne, du quatrième au sixième jour : quelquefois il séjourne un ou deux jours de plus, mais c’est rare. Aussitôt apres sa chute, la cicatrice ombilicale présente un bourrelet plus ou moins sail-

lant avec un bourgeon rouge au centre. On place dessus une petite compresse pliée en quatre dont on a eu soin de graisser la face qui répond à la cicatrice.

Si le bourrelet est trop saillant, il sera bon d’exercer une légère compression par l’interposition d’une boulette de charpie placée entre la compresse et la bande de corps qui la recouvre et maintient le tout en place. Quelquefois on trouve autour du bourgeon central une zone ulcérée plus ou moin- étendue. De petits cataplasmes de fécule font rapidement disparaître l’inflammation, et le premier pansement que nous venons d’indiquer plus haut succède au cataplasme sitôt que les choses sont rentrées dans l’ordre. Il arrive fréquemment que le bourgeon central donne lieu, pendant un certain temps, à un suintement séreux, séro-sanguinolent ou même purulent. Je me suis trouvé bien du pansement avec la poudre de quinquina, ou bien avec une boulette de charpie trempée dans du vin ou du vinaigre aromatique étendu d’eau. On peut être conduit à cautériser une ou plusieurs fois avec le crayon de nitrate d’argent ce bourgeon central.

Des bains. — On dit que les bains ne sauraient affaiblir l’enfant. En effet, ces bains ne doivent pas avoir une durée de plus de 5 à 10 minutes, juste le temps de bien nettoyer la surface cutanée à l’aide d’une éponge réservée à cet usage. Toutefois, dans les cas où le siège du nouveau-né se recouvre d'érythème, ce qui est fréquent, surtout si l’alimentation n'est pas bonne, le bain sera un peu plus prolongé. En outre, il faudra couvrir les parties malades de poudre d’amidon, éviter le contact prolongé de l’urine et des matières fécales, et maintenir le maillot très lâche, pour que les surfaces cutanées ne soient pas comprimées, ou serrées l’une contre l’autre (V. Erythème). J’ai l’habitude de faire continuer les bains quotidiens pendant les six premiers mois; après on n’en donne plus que tous les deux jours et enfin deux fois par semaine, dans les mois qui précèdent le sevrage.

Du coucher. — J’ai déjà dit que je proscrivais absolument la bercelonnelte et que je n’admettais que le petit lit carré, monté sur quatre pieds. Le fond de ce lit doit se composer d’une ou deux paillasses en varech ou en feuilles de fougère, sur lesquelles on place une toile imperméable .ou un feutre absorbant qui éviteront la souillure des paillasses. Par-dessus se trouve un drap et un oreiller de varech ou de crin. L’enfant tout emmailloté, est placé dans ce lit, et recouvert d’un autre drap et de couvertures en quantité suffisante, suivant la saison. J’ai dit qu’on devait, dans le lit du nouveau-né, placer des boules d’eau chaude pour maintenir une température assez élevée. Ce lit sera entouré de rideaux, et la chambre devra être chauffée.

Du sommeil. — En général, quand l'enfant a pris son bain le matin, on lui donne à téter, puis il s’endort. Le sommeil le gagne même au sein, aussi faut-il avoir soin de l’emmailloter complètement au sortir du bain avant de lui donner le sein. Toutefois il sera bon de laisser les langes de laine flottants, car il arrive souvent que, pendant ce premier repas.

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des matières sont expulsées par en bas : On pourra ainsi retirer la couche maculée sans grand effort et sans crainte de réveiller le bébé, qui est alors porté tout endormi dans son lit.

Le sommeil dure en général, dans les premiers temps de la vie, d’une tétée à l’autre, c’est-à-dire deux heures ou deux heures et demie, quelquefois trois heures. Il faut respecter ce sommeil, sauf chez quelques enfants faibles et mal nourris qui ne prendraient pas, si l’on ne les forçait, une nourriture suffisante. Plus tard les enfants s’habituent à dormir toute la nuit, ne se réveillant qu’une ou deux fois pour téter et se rendormant aussitôt. Dans le jour ils font également un somme dans le milieu de la journée.

Des cris. — Quand l’enfant dort mal, qu’il s’agite, qu’il pousse des cris, il faut en rechercher la cause qu’on trouvera presque toujours en le démaillotant. Quelquefois l’enfant a froid, et une nouvelle boule d’eau chaude suffit pour le calmer; d’autres fois il a trop chaud et, en le découvrant un peu, on rétablit l’équilibre. Mais il ne faut jamais que la mere ou la nourrice prenne avec elle l’enfant dans son lit pour le calmer. C’est non seulement une très mauvaise habitude à donner à un enfant, mais c’est encore s’exposer à un très grand danger, celui de l’étouffer en dormant.

Les cris de l’enfant méritent d’attirer l'attention de la mère. Le plus souvent il proviennent d’un état de malpropreté. Il suffira de changer les langes pour voir les cris cesser. Ils peuvent indiquer la faim, qu’on apaise vite en donnant le sein, mais s’ils le rejettent trop souvent on fera bien de s’assurer de la quantité ou de la qualité de lait qui pourrait bien être insuffisant comme valeur nutritive. Enfin un maillot mal mis, trop serré, une épinglr qui ressort et entre dans les chairs, peuvent provoquer ces cris.

Certains enfants crient pour être tenus sur les bras, promenés, amusés, bercés. 11 faut bien se garder de satisfaire à leur caprice, qui se renouvellerait infailliblement plusieurs fois par jour.

Ces cris peuvent être le résultat d’un état maladif, d'une mauvaise digestion, ou de l’évolution dentaire, mais dans le premier cas l’enfant émet moins des cris que des plaintes, et dans le second les cris se renouvellent plutôt par crises plus ou moins espacées.

Des promenades. — A quel âge l’enfant doit-il faire sa première sortie? En général je ne conseille pas de sortir l’enfant nouveau-né avant sa mère, c’est-à-dire avant la fin du premier mois. Peut-être pourra-t on déroger à cette règle dans les beaux jours de l’été, mais il ne devra rester dehors qu’une heure ou deux et, sans le promener à l’abri d une ombre épaisse, il faudra le préserver des ardeurs du soleil ou du vent. Souvent pour sortir les enfants, même par un temps chaud, on les couvre de plusieurs vêtements supplémentaires qu’on se hâte de retirer sitôt rentré dans l’appartement. Il faut prendre garde à la température ambiante et ne pas oublier que l’été il fait souvent plus chaud dehors que dedans.

L’eniant devra être porté sur les bras : de cette maniéré, il est mieux soigné, mieux garanti; il est Dictionnaire polilairI^de Médecine usuelle.

changé sitôt qu’il est mouillé, et réchauffé s’il a froid. Dans les petites voitures d’enfant il est abandonné à lui-même, mal surveillé, et laissé en contact avec ses déjections tant qu’on ne pense pas à s’assurer de son état. De plus, il est arrivé de nombreux accidents, de nourrices et même de mères qui, terrifiées par l’arrivée d’une voiture lancée au grand trot, ont pris soin de se mettre à l’abri, oubliant sur la voie publique l’enfant dans sa voiture. Je repousse donc absolument ce véhicule qui ne peut rendre quelque service que dans les jardins publics quand c’est la mère qui surveille elle-même son enfant.

Nourriture. — Je n’ai pas à parler de la nourriture de l’enfant qui a été si magistralement et si complètement exposée parle doyen de nos collaborateurs, le savant D‘ A.-L. Labarthe père, au mot Allaitement (V. ce mot).

Vaccination. — Terminons en rappelant qu’il est bon de vacciner l’enfant dans les trois premiers mois de sa vie, à moins que l’existence d’une épidémie variolique n’oblige à pratiquer plus tôt cette petite opération (V. Vaccination).

Dr A. de Soyre.

NOYAU. — Nom donné par les histologistes à des corps, en général sphériques, dont le diamètre ne dépasse pas quelques millièmes de millimètre, qu’on rencontre dans presque toutes les cellules arrivées à leur complet développement, lorsqu’on les examine au microscope (V. Cellule ). p. l.

NOYÉ (sauvetage d un). — Dans les accidents isolés (qui sont les plus fréquents), le danger est toujours pressant, et le sauveteur n’a que son adresse et son énergie pour apporter au noyé une assistance urgente.

Toute personne en danger de se noyer, perd la tête; ses mouvements sont désordonnés et presque tous tendent à la submerger plus complètement. De plus, elle s’accroche instinctivement et désespérément à tous les objets qu’elle trouve à portée, avec une force convulsive assez considérable pour qu’il soit fort difficile de l’en détacher.

Le sauveteur doit réaliser l’indication capitale de saisir le noyé par derrière, par les épaules, la nuque ou les cheveux, en évitant ainsi le renversement des rôles, qui l’exposerait à faire deux victimes au lieu d’une; il faut autant de prudence que de courage, pour agir avec célérité et sécurité.

Nous ne pouvons conseiller de songer à ramener le naufragé apres l’avoir étourdi d'un coup de poing ou d’un coup de talon sur la tête; de même, il n’est pas humain d’attendre qu’il ait perdu connaissance, pour se porter à son secours, à moins qu’il ne s’agisse d’un homme d’une force corporelle reconnue dangereuse et que l’on n’ose pas aborder sur le premier moment. Nous voulons l’action sans retard, et voici pour nous, la formule de la technique du sauvetage : Aborder le noyé par derrière, et le saisir rapidement de la main gauche par les cheveux, la barbe ou le collet de son habit, la main droite fixée à son épaule droite pour l’empêcher de se retourner, les bras étendusénergiquement devant soi pour le tenir à distance. Pendant ce temps, le

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sauveteur nage debout, la tête et les jambes mises ainsi à l’abri de toute atteinte; l’action est complète s’il a pu saisir son homme au-dessous du poignet droit qu’il faut alors ramener énergiquement derrière la tête, à hauteur de la main gauche, première place. A ce moment précis, il imprime quelques secousses au sujet, pour le faire flotter sur le dos, et se jette lui-même à la renverse, par la seule impulsion des jambes. 11 regagne alors le rivage en nageant sur le dos, tout en maintenant fixée sur sa poitrine la tête du repêché, auquel il fera bien de parler pour le rassurer et lui recommander l’immobilité.

L’application précise et rationnelle de ces préceptes, est absolument infaillible aux mains d’un nageur vigoureux et résolu; elle comporte peu de nuances et n’admet pas la moindre hésitation dans la pratique.

Si la personne en danger est en vue, qu’elle surnage ou qu’elle flotte entre deux eaux, le nageur devra prendre un rapide instant pour se débarrasser de ses vêtements flottants ; il devra même quitter ses chaussures, dénouer les cordons de son caleçon, retourner ses poches, etc., etc.; avant de se mettre à l'eau pour nager résolument, en prenant le haut du courant, vers le sujet qu’il n’a pas perdu de vue, afin de l’aborder par derrière et au moment opportun, comme il est indiqué ci-dessus.

Si le noyé vient de disparaître dans une eau calme, les bulles d’air qui arrivent à la surface sont une indication sûre pour le plongeur.

Nous ne saurions trop proscrire toute espèce de lutte avec la personne qui se noie, surtout quand le nageur n’est pas de première force ou bien quand il a sujet de se défier de sa propre vigueur musculaire.

Dans le cas d’une fatigue excessive, ou bien si le naufragé venait à se retourner pour appréhender le sauveteur, celui-ci doit, d’un seul coup de jarret, reprendre du champ avant de revenir à la charge, mais sans perdre de vue la personne en danger, car il n’est pas rare de ne plus retrouver un noyé qui a semblé disparaître momentanément.

Le nageur saisi par un homme qui se noie, ne court de sérieux dangers que quand il est pris par la tête. Du moment qu’il se sent prêt à couler, il doit prendre haleine à fond, ne pas perdre son sang froid, engager vivement les’ doigts de ses deux mains sous l’extrémité de ceux qui l’étreignent, les ouvrir d’un effort violent et brusque et s’échapper rapidement par une secousse qui lui permettra d’aller à l’écart attendre le moment favorable pour ressaisir convenablement son noyé.

Nous affirmons que la fidèle observance des règles et des préceptes qu’on vient de lire, peut faire de tout nageur ordinaire, un homme apte à en sauver un autre, et l’expérimentation que chacun en peut faire dans les écoles de natation ou les baignades, démontrera à tous que la vraie devise des sauveteurs doit être le plus souvent, pour ne pas dire toujours : Sauver sans périls.

Quant aux soins à donner au noyé après qu’il a été retiré de l’eau, il seront exposés au mot Submersion (V. ce mot). D1 E. Lux,

Médecin-major de lre classe.

NOYER. — Le noyer et un bel arbre originaire de la Perse, maintenant cultivé dans tous les pays tempérés de l’Europe, qui fournit à la médecine trois parties imporlantes : les feuilles, le péricarpe et les semences. Les feuilles sont très employées en tisanes, injections, bains, contre la scrofule, les gommes, le rachitisme, seules ou aidées par quelques altérants en renom, tels que l’huile’de foie de morue, le sirop antiscorbutique, la solution d’iodore de potassium. Le péricarpe ou brou de noix charnu, vert aqueux, d’une amertume excessive, mis en macération dans de l’eau-de-vie avec du sucre avant sa maturité, forme une liqueur très stomachique, appelée eau de noix, souverainement utile contre les pesanteurs de l’estomac, les indigestions, les défaillances, les syncopes. Les semences très inégalement bosselées, quadrilobées au sommet et à la base sont recouvertes à leur surface par un tégument propre, d’abord blanchâtre, puis d’un jaune plus ou moins foncé, toujours d’une astringence remarquable. La chair, privée de son enveloppe et soumise au pressoir, donne une huile justement estimée, presque aussi douce que l'huile d’olive, pouvant agir comme elle en friclions adoucissantes ou en lavements laxatifs; elle n’a que l’inconvénient de rancir très vite avec les chaleurs de l’été.

Ces trois productions d’un même arbre (feuilles, semences, péricarpes) renferment dans leur composition du tannin, de la matière âcre et amère, de l’amidon, de la chlorophyle, des acides et des sels; ce qui les rend à la fois astringentes, toniques et antiscrofuleuses.

L'action physiologique du noyer a été fort peu étudiée jusqu’ici et n’est malheureusement pas assez connue. Il serait à désirer que de nouveaux travaux fussent dirigés dans ce sens pour nous apprendre qu’elle est sa véri labié valeur thérapeutique. Hippocrate et Dioscoride nous disent bien que les noix, mangées en grande quantité, expulsent les vers; il est même certains pays où les mères de famille font prendre comme vermifuge à leurs enfants des cuillerées à café d'huile de noix dans cette intention. Peyrilhe, Svvediaur, Polljni ont prétendu aussi que le brou de la noix est un antisyphilitique précieux. Pomayrol et Raphaël rapportent avoir obtenu avec la feuille et l’écorce fraîche du noyer employées en applications topiques, des succès remarquables contre la pustule maligne et le charbcz..

Mais les expériences ultérieures n’ont pas confirmé cette maniéré de voir; il faut donc en arriver aux mémoires intéressants de Négrier, d’Angers (1841-1844), pour être initié aux véritables propriétés de l’arbre en question. Cet infatigable observateur a expérimenté les feuilles de noyer sous toutes les formes et, par des faits irrécusables, il a mis hors de contestation l’efficacité du remède contre les manifestations scrofuleuses de quelque nature qu’elles puissent être. On a été même un moment jusqu’à croire à la spécificité du noyer contre la scrofule. Il y avait là de l’exagération sans doute, mais on ne peut nier que ce médicament ne rende tous les jours des services réels dans le traitement des engorgements strumeux, des angines, des ca-

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{arrhes, des états de langueur de même nature, des plaies ulcéreuses, des caries osseuses, des trajets fistuleux, des arthrites chroniques, des tumeurs blanches. Les enfants lymphatiques avec les lèvres pâles, la face bouffie, les ganglions engorgés, la poitrine grasse, le corps rempli d'humeurs, comme on dit vulgairement, en retirent les meilleurs effets. Dr Marc Camboulives.

NUBILE. — NUBILITÉ. — On dit qu’un individu, homme ou femme, est nubile ou a atteint sa nubilité, lorsqu'il est devenu apte au mariage, c'est-àdire apte à procréer ou à concevoir. L’homme n’est, généralement nubile que vers l’âge de 24 à 25 ans et la femme que vers celui de 18 à 21 ans. p. l.

NUCLÉOLE. — Nom donné par les histologistes à de petits corps arrondis, brillants, qu'on rencontre dans le noyau, des cellules, lorsqu’on examine celles-ci au microscope (V. Cellule, Noyau).

NUQUE. — Nom donné par les anatomistes à la partie supérieure de la face postérieure du cou, audessous de la région occipitale. p. l.

NUTRIMENT. — On désigne sous ce nom toute substance qui, introduite dans le sang, est retenue et assimilée par les éléments de nos tissus et n’est pas rejetee par les urines. Le nutriment diffère de l’aliment en ce qu’il nourrit l’individu, alors même que celui-ci ne digère pas. Les aliments pour passer à l’état de nutriment et être assimilés ont besoin d’avoir subi préalablement l'action des différents sucs digestifs, et d’être peptonisés. Ainsi, l’albumine injectée dans le sang directement, ne reste pas dans les tissus et est éliminée par les urines : elle n'est donc pas alors un nutriment, quoiqu’elle soit un aliment. Par contre, l'albumine, modifiée soit dans l'organisme par les sucs digestifs, soit hors de l’organisme par une digestion artificielle, qui l’ont transformée en peptone (V. ce mot) et injectée dans le sang, reste celle fois dans nos tissus et n’est pas éliminée par les urines : dans ce second cas, elle est devenue un nutriment. C’est la connaissance de ces phénomènes qui a donné l'idée de nourrir les malades qui ne peuvent pas digérer, en introduisant dans leur estomac des substances ayant subi une digestion artificielle, c’est à-dire peptonisées et transformées en nutriments, qui n’ont par conséquent plus besoin des sucs digestifs et sont directement absorbables. or Paul labahthe.

NUTRITION. — La nutrition est la propriété vitale la plus simple de la substance organisée. Elle se compose principale nent de V assimilation et de la désassimilation, c’est-à-dire de la combinaison et de la décomposition des principes immédiats qui composent la substance organisée.

Les fonctions qui concourent aux phénomènes d’assimilation sont connues sous le nom de / notions de nul' tl on. V absorption, la digestion, la respiration, sont des fonctions de nutrition qui ont pour but l’ass milation. La circulation est une fonction 1 de nutrition dont le but est de répartir uniformé-

ment dans les tissus vivants le sang chargé des matériaux assimilables. La sécrétion est une fonction de nutrition en rapport avec la désassimilation.

La nutrition se compose d’une série d’actes qui méritent d’être étudiés isolément, à cause de leur importance. Une définition du mot est difficile, mais il me suffira, pour être compris, de dire que le sang est l’agent principal de la nutrition, et que les phénomènes nutritifs se passent au niveau des vaisseaux capillaires.

Le sang, liquide nourricier, auquel Cl. Bernard ji a justement donné le nom de milieu intérieur, apporte sans cesse aux tissus des matériaux nouveaux qui lui sont fournis par la digestion et l’absorption intestinale, par la respiration et par l’absorption en général. Il en résulte que la digestion, la respiration et l’absorption sont des actes de la nutrition.

Ces derniers seront décrits séparément,, mais seulement pour la facilité de l’exposition du sujet. Il en sera de même de la circulation. Le sang reçoit à son tour des tissus des matériaux dont il se débarrasse ou qu’il utilise de nouveau. On peut donc dire que la nutrition est un échange incessant entre le sang et les tissus vivants.

Cette manière d’envisager la nutrition est un peu trop restreinte, et il convient d’y ajouter les échanges qui se font entre le sang, les gaz et les liquides de l’extérieur.

En résumé, je définirai la nutrition : une série d’actes consistant en un échange permanent entre le sang et les tissus vivants d’une part, entre le sang et l’extérieur d’autre part.

L’étude de ces actes ne me paraît pas suffisante, 1 et je parlerai de phénomènes liés immédiatement à la nutrition, qu’ils se rattachent directement au sang nutritif, qu’ils soient une conséquence des échanges qui se produisent au sein des tissus, ou bien qu’ils aient une influence prochaine ou éloignée sur les phénomènes intimes de la nutrùion.

Je passerai donc en revue : 1° le liquide nourricier et les métamorphoses dans le sang des sub-stances absorbées; 2° les échanges entre le sang et les tissus vivants; 3° les échanges entre le sang et l’extérieur; 4° les conséquences de ces échanges.

I. — Le liquide nourricier et les métamorphoses dans le sang des substances absorbées. — Le sang, sans cesse en mouvement, est le liquide nourricier des tissus. Il renferme, mélangés en différentes i ; proportions, les agents et les produits de la nutrition. Il se répand jusque dans les plus petits capillaires, où il apporte les éléments de nutrition qui passent dans la substance des tissus à travers la paroi des capillaires.

La plupart des matériaux nutritifs qui pénètrent dans le sang pour servir à la nutrition subissent dans ce liquide des métamorphoses sur lesquelles j’insisterai bientôt.

§ 1. — Du liquide nourricier. — Ce liquide n’est pas seulement la partie liquide du sang, c’està-dire le plasma, quoique celui-ci renferme la plupart des éléments de la nutrition, c’est le sang complet, avec les globules rouges, car ceux-ci sont le véhicule de l’oxygène.

Sources du liquide nourricier. --Ce liquide re-

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nouvelle sans cesse les éléments de nutrition qu'il charrie. Ces derniers, dont une partie peut venir du dedans, par résorption, pénètrent dans le sang : 1° à la surface de la muqueuse intestinale; 2° à la base du cou ; 3° à la surface pulmonaire; 4° à la surface cutanée; 5° dans l’épaisseur des tissus.

1° A la surface intestinale. — A chaque digestion, les capillaires de la veine grande mésaraïque prennent sur la muqueuse intestinale et charrient vers le foie de nombreux matériaux de nutrition. C’est là que pénètrent, par absorption, dans les capillaires, le sucre ingéré en nature et le sucre résultant de la transformation des substances amylacées; la pept«ne, résultant de la transformation des substances albuminoï tes; un peu d'albumine; des sels minéraux provenant des aliments et des boissons. L’eau du sang est absorbée aussi à la surface de la muqueuse intestinale; elle vient des boissons et des aliments qui en contiennent en plus ou moins grande proportion.

2° A la base du cou. — Les mêmes substances sont versées dans le sang veineux, à la base du cou, du côté gauche, par le canal thoracique, qui s’ouvre au point de fusion des veines jugulaire interne et sous-clavière gauche. C’est là que les matières grasses et la lymphe sont versées en nature dans le sang. Les matières grasses sont absorbées à la surface de la muqueuse intestinale par les chylifères, d’où elles pénètrent dans le canal thoracique. La lymphe vient de l’intimité des tissus, elle renferme des matériaux régressifs qu’elle verse en partie|dans le canal thoracique et en partie dans la veine sousclavière du côté droit, par la grande veine lymphatique.

3° A la surface pulmonaire. — L’ oxygène pénètre en quantité considérable dans les capillaires du poumon (744 gr. et plus en 24 heures pour un homme adulte), et il se fixe sur l’hémoglobine des globules.

4° A la surface cutanée. — Le sang prend aussi de l'oxygène à la surface de la peau, ainsi que le prouve la respiration cutanée, et dans quelques circonstances particulières il y prend un peu d'eau.

5° Dans les tissus. — Le sucre contenu dans le sang provient en partie des intestins, mais une grande partie est versée dans le sang par le foie, ce que l’on démontre en analysant le sang venu du foie sur un animal qu’on a privé d’aliments féculents.

Tous ces éléments dé assimilation pris à différentes sources circulent dans le sang où ils sont mélangés aux produits de nésassimilati n qui >e rendent aux différentes glandes chargées de leur élimination. L'acide carbonique exhalé en grande partie par les tissus, pénètre dans le sang, se mélange à celui qui se produit dans le sang par suite de l’oxydation des aliments non azotés, puis il est porté aux poumons chargés de son excrétion. Une partie se porte également aux glandes sudoripares contenues dans la peau. L’urée provenant de la transformation d'une partie des matières albuminoïdes des aliments, des tissus vivants eux-mêmes et du foie, est dissoute dans le plasma du sang qui la cède petit à petit au rein, chargé de X éliminer, etc.

Constitution du liquide nourricier. — Ces nom-

breuses substances, ainsi que les globules, étant en suspension ou en dissolution dans le sérum du sang, constituent un liquide visqueux qui offre celte propriété particulière de se prendre, de se coaguler, aussitôt qu’il cesse de circuler dans les vaisseaux.

La diversité des sources des agents de la nutrition fait pressentir que le liquide nourricier n’est pas partout le même, et cela pour plusieurs raisons.

D’abord il est certain qu’on trouvera certains élé- ‘ ments en plus grande abandance dans le voisinage des points où ils sont versés dans le sang; aussi le sang du cœur gauche renferme-t il plus d'oxygène, celui du cœur droit plus d’acide carbonique ; parla même raison, il y aura plus de sucre dans le sang qui a traversé le foie, plus d'urée dans l’artère rénale que dans la veine rénale, etc., etc.

D’un autre côté, il faut savoir que certaines substances se modifient dans le sang ou disparaissent avec une extrême rapidité. Cl. Bernard a montré, par exemple, que le sucre se comporte de la manière suivante dans le sang extrait des veines d’un cheval, à une température de 13 "{Leçons sur le diabète) : au moment où le sang vient d’être extrait, il renferme lsr,07 de sucre par 1,000 grammes de sang; après dix minutes, lsr,0t ; après trente minutes, 0sr,88 ; après cinq heures, 0sr,44; après vingtquatre heures, Os‘,00. Il en est de même de l’hypoxanthine, substance qui se rapproche beaucoup de l’acide urique. Salomon {Revue des sciences médicales, t. XII, p. 67) a montré que le sang frais en renferme toujours des quantités notables, tandis que le sang du cadavre n’en contient jamais.

On voit, en somme, que le liquide nourricier, partout le même en apparence, est en réalité fort variable dans les différentes parties du corps.

Rapidité de la régénération du liquide nourricier. — Fournissant à tous les tissus les matériaux de leur nutrition, on conçoit que la constitution du sang change rapidement et que sa régénération doive être rapide. En effet, cette régénération est très active, et elle se fait principalement aux dépens de la respiration, de l’absorption intestinale et des matériaux régressifs que la lymphe verse dans le sang. Ce liquide nourricier renaît donc à mesure qu’il se détruit, il est dans un état permanent de transformation.

Tous les éléments de nutrition sont, dissous dans le liquide nourricier. — Les substances absorbées", gazeuses ou liquides, pénètrent dans le sang par endosmose, elles se dissolvent dans le liquide nourricier qui les porte aux tissus. Elles passent dans les tissus par exosmose à travers la paroi membraneuse des vaisseaux capillaires.

Le système circulatoire étant clos de toutes parts, il est impossible de concevoir autrement l’entrée et la sortie des matériaux de nutrition. C’est à travers la paroi des capillaires lymphatiques et sanguins que se fait la pénétration ; c’est au travers des capillaires sanguins qu'a lieu le passage des substances dissoutes.

En dehors du phénomène non démontré de la diapédèse, on n’admet pas que les globules puissent sortir des vaisseaux sanguins, et lorsqu’on voit les éléments anatomiques baignés par un liquide rou-

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geàtre, il est admis que la matière colorante des "lobules s’est dissoute dans le plasma avant de transsuder.

Rô'e des globules rouges du sang dans la nutrition. — J'ai dit que les globules rouges doivent être considérés comme faisant partie du liquide nourricier, parce qu'ils sont le véhicule de l’oxygène, l’un des principaux matériaux de la nutrition. Mais il n’est pas prouvé que leur action se borne là, et ils accomplissent certainement, dans l’intérieur du liquide nourricier, un rôle que je qualifierai de mystérieux, pour accuser l’ignorance dans laquelle nous sommes à cet égard.

Quelle est l’action des globules sur les substances contenues dans le plasma, les éléments anatomiques des tissus? C'est ce qu’on ignore.

On sait qu’on ne trouve ces globules que dans le sang, on sait qu’ils se forment sans cesse aux dépens des matières organiques du sang, de l’albumine, et qu’ils se détruisent sans cesse. Selon flollander, leur durée n’est que de quelques jours, de sorte que les globules seraient dans un état de rénovation incessante.

La fermentation et la destruction des globules rouges sont prouvées par ce fait que leur nombre diminue lorsque l’absorplion digestive est diminuée ou supprimée. Lorsqu’un individu subit une perte de sang, les globules diminuent et la nutrition est languissante jusqu’à ce que les globules soient régénérés.

Rôle des globules blancs du sang dans la nutrition.— Les globules blancs, versés dans le sang veineux par le système lymphatique, etc., circulent dans le sang avec les globules rouges, mais nous ne savons pas ce qu’ils deviennent. On a admis, sans preuves suffisantes, qu'ils se transforment en globules rouges.

g 2. Métamorphoses dans le sang des substances absorbées. — Nous avons vu, en étudiant la digestion, à quel état pénètrent dans le sang les substances alimentaires. Ces substances circulent dans le sang, et le plasma n'est qu'une dissolution dans l’eau des substances absorbées, des globules détruits et des produits de désassimilation qui doivent être expulsés par les glandes. Que deviennent les substances absorbées? Vont-elles se fixer directement sur les tissus sans avoir subi de métamorphoses? Se dirigent-elles vers les glandes? Sontelles modifiées dans l’épaisseur du sang? Questions difficiles à résoudre et sur lesquelles la science n’est pas définitivement fixée. Voici cependant les données que nous possédons.

Aliments azotés. — Les aliments azotés, substances albuminoïdes, substances quaternaires, sont absorbés par la muqueuse intestinale à l'état de peptone ou A'albuminose.

D'après les recherches assez récentes, faites par Itrucke et quelques autres physiologistes, une partie de l’albumine de l’alimentation est absorbée à l’état d'albumine sans être transformée en peptone. D'après h'irk. cette portion d albumine et les peptones auraient une destination différente, ainsi que nous le verrons plus loin.

Les globules rouges du sang se forment aux dépens de l’albumine.

La fibrine provient, de l’albumine, c’est un oxyde d’albumine (Scherer). Il est possible que l’oxygène de la respiration, en se fixant sur les globules, forme une combinaison dont le résultat final serait la fibrine; autrement, dit, les globules, en se détruisant, formeraient la fibrine du sang.

L’action de l’oxygène sur l'albumine se manifeste d’une manière évidente dans l’œuf des ovipares. Celui-ci, qui ne renferme que de l’albumine au début, contient un peu de fibrine dès que la respiration s’établit à travers les porosités de la coquille. On sait aussi qu’un courant d'oxygène fait naître de la fibrine dans le sang défibriné (Smée).

On croit assez généralement que la fibrine est exhalée par les vaisseaux au fur et à mesure de sa production, et que les 3 millièmes de fibrine qu’on trouve dans le sang correspondent à la quantité de fibrine qui se serait formée pendant le temps que demande la coagulation du caillot. Autrement dit, le sang extrait de la veine ne contiendrait pas de fibrine, et celle-ci se produirait en quelques instants par la destruction d’une certaine quantité de globules.

L’oxydation des peptones se continue dans le sang sous le nom de matières extractives. Le maximum, les degrés les plus avancés, les derniers fermes de cette oxydation sont l 'acide urique et l’urée. Nous reviendrons sur ce sujet dans le paragraphe suivant.

Aliments non azotés. — Ces sub'tances, formées d’oxygène, d’hydrogène et de carbone (substances ternaires), sont constituées par les matières féculentes, les matières grasses et le sucre. Les premières se transforment en sucre avant d’être absorbées, et les matières grasses pénètrent en nature dans le sang. L’oxygène de la respiration, fixé sur l'hémoglobine des globules, agit sur ces matières et les oxyde. Cette oxydation, dans laquelle l’oxygène libre se combine au carbone de la substance alimentaire, produit de l’acide carbonique et de l’eau par suite de la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène restant. L’acide cabonique de la respiration prend donc sa source, non seulement dans les tissus, mais aussi dans le sang.

Tous ces phénomènes d’oxydation, qui s’accomplissent dans le sang, produisent une certaine quantité de calorique et sont une des sources principales de la chaleur animale.

IL — Les échanges entre le sang et les tissus vivants. — Les substances alimentaires et l’oxygène absorbés arrivent dans les vaisseaux capillaires des tissus. C’est là que se produisent les phénomènes les plus intimes de la nutrition.

Les éléments anatomiques des tissus sont séparés des substances nutritives contenues dans le sang par la paroi des vaisseaux capillaires. Le phénomène de l'osmose va jouer un grand rôle dans la production des actes connus sous le nom de trunssudalion interstitielle et de résorption interstitielle , A’ assimilât' on. et de désassimilation.

§ 1er. — Transsudation et résorption interstitielles. — Transsudiition. — La transsudation interstitielle consiste dans le passage des substances nutritives et de l’oxygène à travers les parois des capillaires.

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L’oxygène, pris par le sang dans le poumon, passe à travers la paroi des capillaires (exhalation gazeuse interstitielle) et détermine l’oxydation des éléments anatomiques. C'est ainsi que se fait la respiration des tissus; c’est là une des principales sources de la chaleur animale.

Le plasma du sang transsude également et vient baigner les éléments anatomiques d’une solution d’albumine, de fibrine, de substances salines et de sucre dans l’eau. Ce liquide, qui prend le nom de lymphe hors des vaisseaux sanguins, sert à réparer les pertes des éléments anatomiques; puis il est repris par les capillaires lymphatiques qui le transportent dans les ganglions lymphatiques, où il se régénère, puis dans le canal thoracique, qui le verse à son tour dans le sang veineux.

Dans l’état actuel de la science, il est difficile d’expliquer par quelle action vitale l’oxygène est enlevé à l’hémoglobine. Le sang sorti des vaisseaux perd bien lentement son oxygène. Mis en contactavec des substances très oxydables, il cède difficilement son oxygène, et cependant ce gaz se sépare rapidement des globules si l’on injecte le sang dans le réseau capillaire d’un animal qu’on vient de tuer.

La quantité de matériaux nutritifs et d’oxygène consommés en un temps donné varie naturellement dans les tissus et dans diverses circonstances mal déterminées. On peut, par exemple, supposer que les tissus en activité consomment plus de matériaux qu’à l’étal de repos, et cette supposition vient tout naturellement à l’esprit lorsqu’on envisage la différence qui existe entre la quantité d’oxygène consommé par un muscle à l’état de contraction et par le même muscle au repos.

Résorption. — Au fur et à mesure que les matériaux de nutri lion et l'oxygène passent du sang vers les tissus, ceux-ci rejett nt des matériaux de a échet et de l'acide carbonique qui sont résorbés par les mêmes capillaires.

Les matériaux de déchet forment les matières extractives du sang, qui seront éliminées par les glandes (créati ne, créatinine, acide urique, urée, etc.). L’acide carbonique se fixera sur le plasma, qui s’eu débarrassera à son passage à travers le poumon.

Il est probable que la formation de l’acide carbonique commence dans les éléments anatomiques eux-mêmes, au contact de l’oxygène, et qu’elle s» continue dans les capillaires. Absorption de l’oxygène par les éléments anatomiques, et exhalation de l'acide carbonique, voilà ce qui constitue la respiration des tissus. Les tissus respirent dans le sang, comme le sang respire dans l’air au niveau des poumons.

§ 2. — Assimilation et désassimilation. — La transsudation interstitielle précède incessamment l’assimilation, la résorption suit la désassimilation. Voici en quoi consistent ces deux phénomènes :

A'S milutnm. — L’assimilation est une action en vertu de laquelle le corps transforme en sa propre substance les matières dont il se nourrit. Elle est donc destinée à réparer les pertes des tissus, à les accroître et. à les régénérer.

L’assimilation porte sur les aliments azotés et sur les aliments non azotés. Nous avons vu plus haut que le liquide qui transsude aux travers des vais-

seaux capillaires est une dissolution de matériaux albuminoïdes, de sels, de sucre et probablement de matières grasses.

Les substances albuminoïdes sont prises par les éléments anatomiques, qui se les approprient Elles se transforment peu à peu en la substance de l’élément anatomique ; elles concourent à sa constitution, et sont pour cela désignées sous le nom de principes constituants.

Les aliments non azotés, sucre et peut-être matières grasses, qui imbibent les éléments anatomiques, après la transsudation, n’entrent pas dans la constitution même des éléments anatomiques, fibres et cellules. L'action de l’oxygène continue à s’exercer sur eux, et cette oxydation produit une chaleur qui, probablement, favorise le fonctionnement de l’élément anatomique.

Liebig avait divisé les aliments en plastiques et respiratoires. Les premiers formés par les albuminoïdes devaient être assimilés pour former les éléments anatomiques, les autres formés par les substances ternaires, non azotées, étaient destinés à produire de la chaleur parleur décomposition en acide carbonique et en eau.

Cette théorie, très séduisante, ne paraît pas soutenable aujourd’hui. D'après Liebig, les aliments azotés étaient assimilés, servaient à la constitution des tissus, principalement du tissu musculaire, et produisaient le travail du muscle. Mais comme ce travail s’accompagne de chaleur, on doit rapporter travail et chaleur à la même cause, à l’emploi des mêmes substances assimilées.

11 est admis aujourd’hui que les albuminoïdes du sang, c’est-à-dire les peptones se transforment en principes gras et en principes azotés. Les principes azotés sont éliminés au fur et à mesure de leur production, urée, etc., les principes gras se portent vers les tissus et jouent probablement le rôle de matériaux d’oxydation.

Injectez des peptones dans les veines d’un animal, tout l'azote de ces peptones passe dans l'urine.

Faites la même expérience sur un animal auquel vous aurez extirpé les reins, l’urée s’accumule dans le sang et dans le foie en plus grande quantité qu’apres l'extirpation simple des reins (Goldstein).

La grande augmentation d’urée après un repas de viande ne s’explique qu’en attribuant la production d’urée à une tran>formalion directe des peptones absorbées (Fick).

Mais nous avons vu plus haut qu’une partie de l’albumine est absorbée en nature sans passer par l’élal de peptone (Brücke). D’après Fick, cette albumine servirait uniquement à la réparation des tissus, mais nous ne savons pas par quel mécanisme se fait la solidification de cette substance.

Dès issiinilafion. — La désassimilation porte sur les éléments anatomiques formés aux dépens des substances azotées et sur les substances non azotées

Il y a décombinaison de la substance azotée même des éléments anatomiques La désassimilation a l’oxygène pour intermédiaire obligé; c’est une oxydation. L’oxygène libre se combine aux principes constituants des tissus et donne nais-

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