OBL
aussi pour les physiologistes; c’est que les races ovines, dont la laine fournit peu de suint et de potasse, sont très aptes à l’engraissement, tandis que les mérinos, dont la laine contient à poids égal une quantité beaucoup plus forte de potasse et suint, ne peuvent pas être engraissée.
C’est en s’appuyant sur ces idées expérimentales que Gubler conseillait dans le traitement de l’obésité, les eaux minérales alcalines potassiques : eau de Vichy (source Lardy) ou eau de Desaigues dont on a laissé s’exhaler le gaz carbonique, la potasse, le carbonate de potasse, les citrate, malate, tartrate de potasse, les fruits acidulés, les vins dépouillés.
A côté de celte médication éliminatrice doit être placée la médication spoliatrice, de déperdition ou déplétive, par les purgatifs drastiques (pluies de B i sredon, etc.), les purgatifs salins ( eaux de Rubinat, Châtelguyon, Brides , etc.).
Pour Martin-Damourette elle serait surtout recommandable au début de la cure de réduction, afin de lui imprimer une certaine rapidité qui rendra le malade plus apte aux exercices corporels et aux autres pratiques qu’il doit s’imposer.
Enfin, une troisième médication, la médication fondante, résolutive, a été également recommandée par des auteurs considérables. Gubler recommandaitle fucus vesiculosus, 1 iode, l’iodure de potassium {sirop de Laroze), l’ammoniaque et ses composés. L’iodure de sodium aurait également donné d’excellents résultats.
Quant aux acides quelquefois employés par les jeune filles sous forme de vinaigres pour se faire diminuer la taille, ils ne peuvent agir qu'à haute dose en altérant les fonctions digestives. Ils doivent donc être absolument rejetés.
L'hydrothérapie sous forme de douches froides (les bains chauds produiraient un effet tout différent), les bains de vapeur si le cœur est très sain, le massage, l’équitation, la marche, la gymnastique, l’escrime, constituent encore d’excellents moyens.
A propos de l’équitation, qu’il nous soit permis avec le Dr de Saint-Germain de faire justice d’une erreur généralement accréditée et qui consiste à croire que l’exercice du cheval fait grossir. Rien n’est plus faux, et il arrive parfois que des officiers de cavalerie ont un embonpoint considérable, soyez persuadés que ce sont surtout ceux qui sont les plus avancés en grades et qui montent le moins à cheval. L’obésité ne s'observe jamais chez les soldats, chez les écuyers, chez les postillons, en un mot chez les gens qui montent à cheval jusqu’à la fatigue (Saint-Germain, L'Obésité et son traitement).
On voit donc que le médecin est loin d’être désarmé quand il doit traiter des sujets obèses.
Il faut ajouter, avec le professeur Bouchard, que le travail de dénutrition doit toujours être surveillé, car si on l’exagère, on peut, en guérissant le malade de l’obésité, le mener à la consomption.
Deux moyens permettent de constater que la dénutrition n’est pas exagérée.
Si le thermomètre appliqué dans le rectum n’accuse pas plus de 37°, le malade est en bonnes conditions.
Si le chiffre de l’urée excrétée dans les vingtquatre heures est inférieur à 23 grammes, on peut également continuer sans crainte le traitement institué, si énergique que soit ce traitement.
Dr F. Jouin.
OBJECTIF. — (V. Microscope .)
OBLIQUE. — Nom donné par les anatomistes à un certain nombre de muscles de régions différentes, en raison de leur position relativement à l’axe du corps ou de certains organes : les muscles obliques de la tête, les muscles obliques de l'œil et les muscles obliques de l'abdomen.
Muscles obliques de la tète.— Ils sont au nombre de deux : le grand et le petd oblique.
Le grand oblique ou oblique inférieur, est un muscle fusiforme qui s’insère, d’une part à l’apophyse épineuse de l’axis, et d’autre part a l’apophyse transverse de l’atlas; il est rotateur de la tète et porte la face de son côté.
Le petit oblique ou oblique supérieur s’insère en bas à l’apophyse transverse de l’atlas et en haut à la ligne courbe inférieure de l’occipital ; il est extenseur de la tête.
Muscles obliques de l’œil. — Ils sont au nombre de deux ; le grand et le petit oblique; ils sont décrits tous deux à l’article (EU (V. ce mot .
Muscles obliques de l’abdomen. — Comme à la tête et à l’œil, les muscles obliques de l'abdomen sont au nombre de deux : le grand et le petit oblique.
Le grand oblique est un large muscle, quadrilatère, situé directement sous la peau, sur les parties latérale et antérieure de l'abdomen, qui s'insère d’une part à la face externe et au bord inférieur des huit dernières côtes, par des fibres qui ^entrecroisent avec les digitations des muscles grand dentelé et grand dorsal. De là ses fibres se dirigent en bas et s’insèrent à toute l’étendue de la ligne blanche de l’abdomen, où elles s’entre-croisent avec celles des muscles du côté opposé; au bord de l’arcade crurale et enfin au tiers antérieur de la crête de l’os iliaque.
Le petit oblique, situé au-dessous du précédent, qui le recouvre dans toute son étendue, s'insère d’une part aux apophyses épineuses des deux dernières vertèbres lombaires, aux trois quarts antérieurs de la crête de l’os iliaque et au tiers externe de l’arcade crurale. De là, ses fibres se dirigent en avant et en haut, en sens inverse de celles du grand oblique, et s’insèrent au bord inférieur des trois ou quatre dernières côtes, et à la ligne blanche dans toute son étendue.
Ces deux muscles concourent à former les parois de l’abdomen sur le côté et en avant; ils servent à maintenir et à comprimer les viscères abdominaux, et enfin sont abaisseurs des côtes et fléchisseurs du tronc et contribuent par conséquent au second acte de la respiration, c’est-à-dire à l’expiration.
Dr Paul Labakthe.
OBLITÉRATION. — Mot employé en médecine pour désigner la fermeture plus ou moins complète d’un conduit, d’un vaisseau ou d’une cavité, soit
occ
ODE
qu’il ait été rempli par une substance quelconque, soit que ses parois aient contracté des adhérences.
OBSERVATION. — Nom donné en médecine au récit, à l'histoire exacte et circonstanciée d’un fait ou d’une maladie. P. L.
OBSESSION. — (V. Monomanie.)
OBSTÉTRIQUE. — Nom donné à cette partie des sciences médicales qui traite des accouchements.
OBSTRUCTION. — Mot employé en médecine pour désigner un obstacle à la circulation dans un des conduits du corps humain, de parties liquides ou solides qui y sont contenues. p. l.
OBTURATEUR. — Nom donné par les anatomistes à un trou situé dans un des os du bassin, à une membrane, à des muscles, à un artère et à un nerf.
Trou obturateur. — Ce n’est autre que le trou sous-pubien, appelé aussi trou ovale de l’os iliaque (V. Iliaque).
Membrane obturatrice. — C’est une membrane mince qui ferme le trou obturateur sur tout le pourtour duquel elle s’insère, excepté à sa partie postérieure où elle laisse une ouverture par où passent l’artère obturatrice et le nerf obturateur.
Muscles obturateurs. — Ces muscles, au nombre de deux, l 'obturateur interne et l’ obturateur externe , sont des muscles de la région postérieure du bassin et supérieure de la cuisse, qui s’étendent de tout le pourtour du trou obturateur de l'os iliaque au bord supérieur de la partie du fémur, appelée grand trochanter (V. Fémur), et qui sont rotateurs de la cuisse en dehors.
Artère obturatrice. — C’est une branche de l’artère iliaque interne ou hypogastrique, qui passe dans le trou obturateur qu’elle parcourt d’arrière en avant et dans lequel elle se divise en deux branches, l’une interne et l’autre externe, qui se distribuent aux muscles obturateurs et aux muscles voisins.
Nerf obturateur. — Ce nerf est une branche du plexus lombaire qui, après avoir pénétré dans le muscle psoas, descend dans le bassin, s’engage dans le trou obturateur et, une fois sorti du bassin, se distribue aux muscles obturateurs et aux muscles internes de la cuisse.
Dr Paul Labarthe.
OBTURATION. — Nom donné à une opération qui a pour but de boucher la cavité d’une dent creusée par la carie dentaire (V. Dents). p. l.
OCCIPITAL. — Nom donné par les anatomistes à un os du crâne, à un artère et à des nerfs de cette région.
Os occipital. — L’os occipital forme la partie postérieure et inférieure du crâne, qu’il relie à la colonne vertébrale. C’est un os impair et symétrique, plat, de forme losangique, percé à sa partie inférieure d’un grand trou appelé trou occipital,
dont le plus grand diamètre, qui est cntéro-postérieur, mesure 3 centimètres, qui fait communiquer la cavité crânien e avec le canal rachidien et livre passage au bulbe rachidien et à son enveloppe. De chaque côté de ce trou se trouve une saillie ou condyte, qui s’articule avec la cavité de la première vertèbre ou atlas; en arrière de ces condyles, on rencontre un petit conduit appelé trou condylien postérieur, qui livre passage à une veine et, à leur base, le canal condylien dans lequel passe le nerf grand hypoglosse. L’os occipital s’articule avec six os: les deux pariétaux, les deux temporaux, le sphénoïde et l’atlas.
Artère occipitale. — L’artère occipitale est une branche collatérale de l’artère carotide externe qui se distribue à la partie postérieure de la tète.
Nerfs occipitaux. — Les nerfs occipitaux sont constitués par les branches postérieures des deux premières paires des nerfs rachidiens. Ils sont au nombre de deux : le petit occipital qui sort entre l’occipital et l'atlas et se porte en arrière où il se distribue aux muscles postérieurs de la tète; le grand occipital , qui sort entre l'arc postérieur des deux premières vertèbres, l’atlas et l’axis, et va se distribuer dans quelques muscles de la région postérieure de la tête et surtout dans la peau de la nuque et du cuir chevelu, jusque vers la partie supérieure de la tète. Lr Paul Labarthe
OCCIPITO-ATLOIDIENNE. — Nom donné par les anatomistes à l'articulation de l’os occipital avec Yatlas (V. ces mots). p. L.
OCCIPUT. — Nom donné par les anatomistes à la partie postérieure et inférieure de la tête, formée par l’os occipital. p. l.
OCCLUSION. — Mot 'souvent employé comme synonyme d'oblitération (V. ce mot). p. L.
OCULAIRE. — (V. Microscope .)
0CULAR1STE. — On donne ce nom aux ouvriers qui fabriquent les yeux artificiels et autres pièces de prothèse oculaire. p. L.
OCULISTE. — On donne ce nom aux médecins qui s’occupent spécialement des maladies des yeux.
OCULISTIQUE. — Nom donné à cette partie de la médecine qui traite des maladies des yeux. p. l.
ODEUR. — L’odeur est la sensation particulière que produisent certains corps sur l’organe de l’odorat (V. Olfaction). On donne aussi le nom d’odeur aux substances mêmes qui produisent cette sensation.
Pour ne parler ici que du corps humain, sait-on qu’il dégage suivant les organes et les maladies qui les affectent, des odeurs différentes, et que ces odeurs constituent souvent des éléments de diagnostic importants.
Quelques exemples, pris au hasard, vont montrer la vérité de ce que je dis.
ODE
ODE
Peau. — L’odeur des enfants nourris au biberon rappelle celle du beurre fort , tandis que celle des enfants élevés au sein e-t beaucoup plus douce.
A la puberté, odeur du bouc, symptôme de la « fièvre séminale », de Bordeu.
Dans l'ictère, odeur musquée; dans la scrofule, odeur de bière aigre; dans le diabète, odeur d'acétone; dans la peste, odeur mielleuse; dans la dyssenterie, odeur fécale ; dans le typhus, odeur de souris; dans la fièvre puerpérale, odeur vinaigrée; dans la fievre de famine, odeur de putréfaction ; dans le rhumatisme aigu, odeur aigrelette pénétrante; dans la suette, odeur de paille pourrie; dans la variole, odeur de moisi; dans la teigne faveuse, odeur d’urine de chat.
Uiune. — L’odeur ammoniacale se change parfois en odeur de macération anatomique, annonçant souvent la gangrène de la vessie, et la mort. Dans l'albuminurie, odeur de pain bouilli ou de bouillon de veau. Dans le diabète, odeur particuculière de foin coupé, ou de petit-lait aigri.
L’odeur de l’urine décèle, selon ses variétés, l'ingestion du phosphore, de l’asperge, du copahu, du cubèbe, térébenthine, safran, musc, benjoin, genièvre, valériane, castoréum, cumin, eucalyptus, assa fœtida, etc. Ces diverses odeurs passent dans le produit de la miction plus ou moins modifiées, mais faciles à reconnaître aux nez instruits.
Haleine nasale. — Elle permet de distinguer non seulement l’ozène, mais ses diverses variétés.
Crachats. — Leur odeur distingue la gangrène, le cancer, l’hémorragie des poumons; les diverses bronchites, etc.., etc.
Haleine buccale et air expiré. — Son odeur est fort utile dans le diagnostic des fièvres, des empoisonnements, du diabète, des maladies du foie, de l’appareil uro-génital et de l’estomac; de la phthisie, gangrène pulmonaire, bronchorrée, maladies de la bouche et des dents, etc.
Je n’e i finirais pas si je voulais seulement montrer l’importance de l’ollaction en chirurgie (pus, gangrène), et en médecine (odeurs des éructations, vomissements, défécation, odeurs génitales des deux sexes, etc.).
Pus. — L’odeur du pus, dans le pansement de Guérin, diffère beaucoup de celle du pus exposé à l’air libre. Elle rappelle la senteur fade des pièces anatomiques macérées, tandis que dans le pus exposé à l’air libre, l’odeur est plus piquante.
Dans les ulcères calleux, la suppuiation répand une odeur très fétide, parce que les callosités subissent un travail de sphacèle véritable; il en est de même pour certaines ulcérations particulières, celles dues au farcin et à la morve, par exemple. Dans les brûlures, la suppuration est infecte pour une raison analogue : la putréfaction s’empare de nombreux détritus frappés de mort, que la suppuration entraîne avec elle.
Le pus des abcès froids s’altère très vite après l’ouverture de ces cavités; cela tient à son acidité, due à l’acide lactique, et à son origine, souvent osseuse. Dupuytren attachait à l’odeur du pus osseux une grande importance diagnostique. Le pus des abcès, dans la nécro-e phosphorée, possède une senteur particulière, alliacée, qui annoncerait,
d’après Bibra et Geist, la première période de cette maladie.
Le pus emprunte aux divers organes qu’il occupe ou avoisine leur odeur spécifique. Dans les abcès chroniques du foie, il répand, en général, une senteur ammoniacale de bile p u tri fiée. Cette odeur bilieuse se retrouverait aussi dans le pus de la fin des anthrax, d’après Cheseldcn ; c’est peut-être aussi à des principes biliaires qu’il faudrait attribuer l’odeur spéciale que Girard a prêtée à la supuration bleue.
L’écoulement de la balano-posthite simple possède une odeur sui generis que Melchior Robert compare à celle du poisson gâté. Toute différente et plus désagréable encore est l’odeur du séro-pus exhalé par les plaques muqueuses balano-préputiales. Les végétations du pénis, les ulcérations du gland, dues à des chancres ou à l’herpès, fournissent une suppuration caractéristique dont l'odeur, très repoussante, est analogue à celle du vieux fromage de Roquefort. Quant aux productions végétantes de nature cancéreuse, elles se distinguent des végétations simples par l’odeur infecte et caractéristique de l’ichor cancéreux.
Dans les otites externes, la suppuration, d’abord fade et nauséeuse, devient pénétrante et fétide à mesure que les lésions s’accentuent (ulcérations syphilitiques secondaires ou tertiaires du comluitauditif). Dans les otites moyennes, la fétidité de l’écoulement indiquerait souvent, nous dit Duplay, des lésions osseuses des parois de la caisse.
Le pus confinant des organes du tube digestif contient souvent des gaz dont l'odeur rappelle si exactement celle des organes voisins, que l’on peut, dit Velpeau, avec un odorat exercé, distinguer presque infailliblement le pus de la bouche, du gosier, des voies aériennes, et des différentes portions du tube intestinal.
Dans les abcès de l’amygdale, l’odeur sanieuse du (ms, dont l’expulsion dégoûte tant le malade, et qui parfois est le seul symptôme de l’ouverture de ces abcès, intrigue beaucoup Niemoyer, si prompt, d’habitude, à tout interpréter. « On ne s’explique pas, dit-il, la cause de l’odeur extraordinairement fétide d’un pus enfermé de tous côtés et à l'abri du contact de l’air. » Cette odeur tient évidemment à la prolifération active des tonsiles et à la macération incessante dans le pus de leurs déiritus épithéliaux abondants et de leur sécrétion caséiforme normale.
Le pus de la pourriture d’hôpital, riche en vibrions, possède une odeur putrilagineuse âcre et fétide, sui generis, une de ces odeurs où rien, comme le dit Vidal (de Cassisq ne peut remplacer l’expérience, et qp’on ne peut ni définir ni comparer. On peut rapprocher de cette odeur « pourrie et puante, de féteur cadavéreuse» (A. Paré), les ulcères dus au scorbut., qui exhalent une odeur si repoussante et si méphitique, qu’elle occasionne parfois chez le médecin, des nausées et des vomissements (Blanchard, Vinson), etc., etc.
Pour plus de détails, je ne peux que renvoyer à mon livre : (L^s odeurs du corps humain dans l'état de santé et dans l'état de maladie, Paris, 1886).
Dr E. Monin.
ŒIL
ŒIL
ODONTALGIE. — Mot synonyme de névralgie dentaire (V . Dents). P. L.
ODONTOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à la saillie on à l’apophyse qui surmonte le corps delViz/f, et qui sert de pivot pour les mouvements de la tête (V. Axis). P. L.
ODONTOLOGIE. — Nom donné à cette partie
des sciences médicales qui traite des maladies du système dentaire. P. L.
ODORAT. — L'odorat est le sens destiné a perce-
voir l’impression des odeurs (V. Olfaction).
ŒDÈME. — (V. Hydropisie.)
ŒIL. — Anatomie — L’œil, ou globe oculaire, est l’organe essentie l par lequel s’exerce le sens de la vue (V. Vision). Il a la forme d’une sphère presque régulière, présentant une légère saillie à sa partie antérieure. Son diamètre antéro-postérieur est de 24““, 6, son diamètre transverse de -23mm,9, et son diamètre vertical de 23m“,5. Chose remarquable, les dimensions de l’œil de l’enfant ne diffèrent que de 2 à 4 millimètres de celui de l’adulte. L'œil de la femme est généralement un peu plus petit que celui de l’homme. Mais il existe peu de différences réelles dans le volume de l’œil entre les divers individus; les différences apparentes, qui sont si accusées, se rattachent principalement à la saillie plus ou moins grande du globe de l’œil et au degré d’ouverture des paupières.
On appelle axe de l'œil une ligne passant patson centre et le centre de la cornée. Les deux extrémités de cet axe sont les pôles de l’œil. On nomme équateur de l'œil un plan vertical et transversal perpendiculaire à son axe, qui divise le globe de l’œil en deux hémisphères. Enfin, on nomme méridien de l’œil, des plans conduits par son axe.
Le poids du globe de l’œil est en moyenne de 7 grammes et demi.
Cet organe est placé dans la partie antérieure tle Vorbde, à 20 millimètres au-devant du sommet de cette cavité, un peu plus près de la paroi inférieure que de la paroi supérieure et de la paroi interne que de l'externe, derrière les paupières qui le protègent.
L’œil est composé de membranes superposées et de parties centrales. On a coutume de dire les membranes et le milieu dè l’œil.
Membranes de l'œil. — Elles sont au nombre de trois, et sont ainsi disposées de dehors en dedans :
1° v embrane fibreuse ou sclérotique et cornée (V. ces mots) ;
2° Membrane vasculaire ou musculaire, ou choroïde et iris (V. ces mots);
3° Membrane nerveuse ou rétine (V. ce mot).
Milieux de l’œil. — Ils sont liquides ou solides; si l'on traverse le globe avec une aiguille d’avant en arriéré, on trouve derrière la cornée :
1° La chambre intérieure , remplie par l’ humeur aqueuse;
2" La pupille (V. ce mot), et la prétendue chambre postérieure-,
3° Le. cristallin (V. ce mot);
4" Le corps vitré, derrière lequel on voit la rétine (V. ces mots).
Fig. 938. — Coupe anléro-postérieure de l'oeil.
1 Nerf optique. — 2. Gaine du nerf optique. — 3. Cornée. — 4,4. Sclérotique. — 5,5. Canal de Fontana — 0.6. Choroïde.
— 7. Poriion antérieure de la membrane de l'humeur aqueuse.
— 8. Portion postérieure de la membrane de l’humeur aqueuse. t- 9,9. Corps ciliaire - 10. Procès cil aire. — 11. Iris. — 12. Pupille. — 13,13. Rétine. — 14. 14 Membrane hyaloïde. — 15.15. Portion ciliaire de la membrane hyaloïde. — 10.16. Zone de Zinn. — 17. Adhérences de la zone de Zinn avec la capsule cristalline — 18. Canal de Petit. — 19. Cristallin. - 20 Capsule cristalline. — 21. Corps vitré. — 22. Chambre antérieure.
— 23. Chambre postérieure.
Muscles de l’œil. — Les muscles de l’œil sont au nombre de sept. Six sont destinés au globe oculaire ; le septième, à la paupière supérieure. Parmi les six premiers, quatre sont, appelés musclas droits, et deux muscles obliques, d'après leur direction.
ReUveur de la / aupière supérieure. — Ce muscle s’insère par son point fixe à la face inférieure de la petite aile du sphénoïde, près du sommet de l’orbite. De là, il se porte en avant en suivant la paroi supérieure de l’orbite, et vient s’épanouir par un large tendon. Ce large tendon constitue son insertion mobile; il se fixe au bord supérieur du cartilage tarse, et par ses deux extrémités à la partie externe et à la partie interne de la base de l’orbite.
Muscles droits de l'œil. — Au nombre de quatre, ces muscles, d’après leur situation, portent les noms de droit supérieur, droit inférieur, droit interne et droit externe.
Ils s’insèrent tous en arrière, autour du trou optique et sur la gaine fibreuse du nerf optique, au niveau de ce trou Les droits supérieur, inférieur et externe paraissent naître d’un petit anneau fibreux, anneau de Zinn, que quelques auteurs considèrent comme une bifurcation du tendon du muscle droit externe. De là, les muscles droits se portent en avant et se divisent au niveau du globe oculaire, en deux tendons, l’un oculaire et l’autre orbitaire.
Le tendon oculaire traverse le feuillet oculaire de l’aponévrose de l’orbite et se porte, en se coudant légèrement, sur la face externe de la scléro-
ŒIL
ŒIL
tique avec laquelle il confond ses fibres. A ce niveau, la sclérotique est amincie et séparée de ces tendons par un tissu cellulaire très lâche, transformé quelquefois en bourse séreuse. Le tendon du droit supérieur s’insère à la sclérotique, à 8 millimètres en arrière de la cornée, le droit externe à 7, le droit inférieur à 6, et le droit interne à 5.
Le tendon orbitaire se confond avec l’aponévrose orbitaire et va s’insérer avec ses ailerons ligamenteux à la base de l'orbite. Parmi ces tendons, ceux des muscles droit interne et droit externe sont très résistants; ils s’insèrent aux extrémités du diamètre transversal de la base de l’orbite; celui du droit supérieur s’insère à la partie supérieure de cette base par un tendon mince et large; enfin celui du droit inférieur se porte dans l’épaisseur de la paupière inférieure.
D’après ces détails, il est facile de comprendre que chaque muscle entraîne la pupille de son côté, en faisant tourner le globe oculaire dans la coque fibreuse que lui forme l’aponévrose orbito-oculaire.
Muscle grand oblique. — Le muscle grand obli-
Fig. 039. — Muscles de l’œil.
1. Globe oculaire. — 2. Muscle releveur de la paupière supérieure attiré en avant. — 3. Muscle droit interne. — 4. Muscle droit supérieur. — 5 Muscle droit externe. — 6. Muscle petit oblique. — 7. Muscle grand oblique — 7. Tendon du muscle grand oblique. — 8. Section de l’orbite — 9. Chiasma des nerfs optiques. — 10. Artère carotide interne. — 11. Nerf trijumeau.^— 12. Nerf moteur oculaire commun.
que, ou oblique supérieur, s’insère par son point fixe en dedans et au-dessus du trou optique, et sur la gaine du nerf optique.
11 seporte en avant vers la partie interne de l’ar-
cade orbitaire, où il devient tendineux. Arrivé là, il glisse dans la poulie cartilagineuse située à ce niveau, au moyen d’une synoviale, et se réfléchit pour se porter, en s’élargissant, à la partie postérieure et externe du globe oculaire, sur lequel il s’insère.
Il porte son point d’insertion mobile vers la poulie de réflexion, et par conséquent, la pupille en bas et en dehors.
Muscle petit oblique. — Le petit oblique, ou oblique inférieur, est large et court. 11 s’insère par son point fixe sur le plancher de l’orbite, près de sa base et du sac lacrymal, et prend même quelques insertions sur la paroi du sac lacrymal. De là, ses fibres se portent en arrière et en dehors, pour s’insérer à la face externe de la sclérotique, au-dessous du tendon du grand oblique.
Ce muscle porte le point mobile vers le point fixe; par conséquent, il porte la pupille en haut et en dehors.
Les deux obliques réunis forment une ceinture musculaire entourant obliquement la partie posté-
Muscles de l’œil et aponévrose orbito-palpébro oculaire.
I. Pourtour osseux de l'orbite. — 2,2. Portion pulpébro-oculaire de l’aponévrose, vue par sa face antérieure. — 3. Muscle grand oblique. — 4. Muscle droit supérieur. —5 Muscle droit inférieur. — 6. Muscle droit interne. — 7. Muscle droit externe. — 8. Globe oculaire.
rieure et externe du globe oculaire. Cette ceinture est fixée par sa partie moyenne à la sclérotique; par ses extrémités, elle correspond à la partie interne du rebord orbitaire supérieure! du rebord orbitaire inférieur. Ces deux muscles ont pour mission de faire mouvoir le globe oculaire en sens inverse de la tête, quand celle-ci s’incline. Ces mouvements ont pour but de conserver un rapport constant entre l’objet que l’on regarde et l’image que cet objet forme sur la rétine : car si les globes oculaires suivaient les mouvements de la tête, il y aurait de la diplopie pendant les mouvements d’inclinaison.
D’après ces détails, on comprend facilement que, dans l’inclinaison de la tête, à droite, il est indispensable que le grand oblique droit et le petit oblique gauche se contractent pour que les yeux ne suivent pas le mouvement de la tête; de même que le grand oblique gauche et le petit oblique
ŒIL
ŒIL
droit se contracteront lorsque la tète s'inclinera à gauche.
Vaisseaux de l’œil. — Le sang arrive au globe oculaire par les artères, comme dans tous les organes de l'économie. Les artères donnent naissance à des capillaires, d’où partent les veines.
Toutes les artères de l’œil viennent de l'artère ophthalmique ou de ses branches; toutes les veines se rendent dans la veine ophthalmique ou dans quelques-uns de ses branches. Ces vaisseaux appartiennent presque tous à l’appareil d’adaptation, c’est-à-dire à la choroïde et à l'iris.
Artères. — Les artères du globe oculaire sont : 1° la centrale de la rétine ; 2° les ciliaires courtes postérieures ; 3° les ciliaires longues postérieures ; 4° et les ciliaires courtes anterieures. Les trois premières sont fournies par le tronc de l’ophthalmique; les dernières viennent des musculaires, branches de l'ophthalmique.
1° Artère centrale de la rétine. — (V. Rétine.)
2° Artères ciliaires courtes postérieures. — Ces artères, au nombre de quinze à vingt, sont fournies par le tronc de l'ophthalmique. Elles traversent la sclérotique autour du nerf optique, et pénètrent ensuite la choroïde pour se distribuer à cette membrane. Ces artères affectent une direction postéroantérieure; elles se terminent dans la choroïde et jusqu'aux procès ciliaires; « lies fournissent peu de branches à l’iris (V. Choroïde).
3° Artères ciliaires longues postérieures . — Ces artères sont au nombre de deux. Elles traversent
Fig. 941. — Artères de l’œil,
I. Artères ciliaires courtes postérieures. — 2,3. Artères ciliaires longues postérieures. — 4. Altères ciliaires antérieures. — 5. Iris et vaisseaux de l’iris. —6. Pupille. (Fort.)
la sclérotique de chaque côté du nerf optique, en dehors du point où cette membrane laisse passer les ciliaires courtes. Elles se placent ensuite à la face externe de la choroïde, entre cette membrane et la sclérotique, et se dirigent en avant, en. suivant exactement le diamètre transversal du globe oculaire. Elles se bifurquent en arrière du muscle ci- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
liaire, et leurs deux branches de bifurcation se portent en haut et en bas, vers celles du côté opposé, pour concourir à la formation du grand cercle artériel de l’iris, qui est complété par les ciliaires courtes antérieures.
4° Artères ciliaires antérieures. — Parties des artères musculaires, les artères ciliaires antérieures pénètrent la sclérotique à la partie supérieure et à la partie inférieure, au niveau des tendons des muscles droits supérieur et inférieur. Elles sont au nombre de trois ou quatre de chaque côté. Après avoir traversé la sclérotique, ces artères s’anastomosent au niveau du muscle ciliaire, à la grande circonférence de l'iris, .avec les branches de bifurcation des artères ciliaires longues postérieures et forment avec elles le. grand cercle artériel de l’iris. Du grand cercle artériel naissent une grande quantité de rameaux se portant vers la pupille, où ils forment par leurs anastomoses le petit cercle artériel de l’iris.
Veines. — Les veines qui rapportent à la veine ophthalmique le sang du globe oculaire viennent
Fig. 942. — Veines iriennes et choroïdiennes.
1. Sclérotique. —2,2. Vasa vorticosa. — 3,3. Fibres du muscle ciliaire. — 4. Iris. — 5. Pupille. — 6. Veines du procès ciliaire allant se jeter dans le vasa vorticosa. (Fort.)
de la rétine et de l'appareil d’adaptation de l’oeil, choroïde et iris. Celles qui naissent de l’iris (veines iriennes) vont se jeter toutes, sans exception, dans les veines de la choroïde, pour former les origines des vasa vorticosa.
Les veines choroïdiennes sont formées a leur origine par les veines qui viennent de 1 iris et par de petits plexus veineux venus des procès ciliaires. Elles se divisent en une foule de petits groupes qui forment comme des étoiles. De ces étoiles partent des troncs, qui se réunissent en tourbillonnant pour donner naissance à quatre veines connues sous le nom de vasa vorticosa. Toutes ces veines forment le plan externe de la couche vasculaire. Les vasa vorticosa, au nombre de quatre, traversent la sclérotique sur l’équateur de l'œil, aux extré-
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