‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 151 sur 344 · JE IL · texte numérisé non relu

JE IL

(JËtL

mités des deux diamètres. transverse et oblique du globe oculaire.

, Nerfs de l'œil. — Les nerfs de l’œil sont : le nerf moteur oculaire commua, lë nerf moteur oculaire externe, le nerf ■pathétique et le nerf optique (V. Moteur, Pathétique , Optique). nr J. -A. Fout.

Anomalies de la totalité du globe de l'œil. — Ces

anomalies se rapportent au volume des yeux, au nombre de ces organes, à leur situation, etc. On appelle mégalophtalmos ou buphtalmos un accroissement notable de volume du globe. Le microphtalmos consiste dans une diminution plus ou moins considérable du volume du globe. Lorsque l’œil est trop enfoncé dans l’orbite, il y a enopht Laos; l’organe présente-t-il, au contraire, une saillie exagérée, il y a exophtalmos. Lorsque les yeux n’occupent pas leur place habituelle, on les dit atteints d 'eclopie. Si le nombre de ces organes dépasse deux, il y a polyopie. On appelle cyclopie la réunion plus ou moins complète des deux yeux en un seul Le monophtalmos se distingue de la cyclopie, en ce que dans le premier cas, l’œil occupe la place normale, tandis que, dans le second, il est sur la ligne médiane. L 'anophtalmos est l’absence congénitale des yeux.

Blessures du globe de l’œil. — Elles ont été étudiées avec les maladies de la cornee , du cristallin, du corps vitré, de la choroïde (V. ces mots). 11 reste, pour en compléter l'histoire, à décrire quelques lésions non mentionnées dans les articles précédents.

Commotion de l'œil. — 11 faut entendre par cette' dénomination les effets produits sur l'œil par une violence extérieure qui agit tantôt directement sur l’organe, tantôt indirectement, c’est-à-dire sur un point du corps plus ou moins éloigné de la place occupée par l’œil. Ces effets varient d’après la nature du corps contondant, son volume, le lieu dosa rencontre avec l’œil ou les parties avoisinantes. Ce sont communément des déchirures des portions les plus vasculaires de l’organe, des extravasations sanguines plus ou moins étendues.

Dans d’autres cas, un violent ébranlement de l’œil détermine des trouilles fonctionnels graves, notamment la perte absolue de la vision, sans que l'oplitalmoscope révèle aucune altération m térielle. Ce sont ces cas qui méritent de conserver le nom de commotion, en y ajoutant sine materia pour rendre compte de la nature du mal. Quelles sont alors les modifications moléculaires subies par la substance nerveuse rétinienne? L’examen de la rétine au microscope résoudrait probablement ce problème.

Dans des cas pareils, il y a peu à espérer de la thérapeutique. Une médication locale excitante donnerait peut-être quelques bons résultats : embrocations sur les paupières avec un limmenl stimulant, ou avec une pommade à la strychnine; administration à l’intérieur de la noix vomique, du phosphore, etc. , électrisation de l’œil par les courants continus.

Blessures par armes à feu. — Elles sont occasionnées par la poudre à canon, des grains de plomb, des éclats de capsules fulminantes, des balles, de gros projectiles.

1° Blessures par la poudre à canon. — La déflagration de la poudre à canon donne lieu parfois à une brûlure de la partie antérieure du globe, lorsque la flamme atteint ce dernier, ce qui arrive lorsque le blessé est très près de l’endroit de l'explosion. S’il est placé à une plus grande distance, les grains de poudre qui ne se sont pas enflammés sont projetés avec violence, par la déflagration, sur l’œil. Tantôt ils frappent la cornée, et cette action traumatique donne lieu à une inflammation plus ou moins intense. D’autres fois, ils s’implantent dans le tissu de la cornée ; là ils peuvent se recouvrir d’une couche de cicatrice et demeurer, pendant toute la vie, sous forme de points noirâtres incrustés dans la membrane, sans provoquer d’inflammation. Dans d’autres cas, les. grains de poudre, animés d’une quantité de mouvement plus considérable, traversent la cornée, s’implantent dans le tissu de l’iris, perforent même cette membrane pour arriver jusqu’au cristallin; d’où résultent des inflammation profondes, une cataracte traumatique, la perte de la vision.

2° BlesSur> s par grains de plomb. — Tantôt les grains de plomb frappent l’œil sans pénétrer dans l’organe, tantôt ils traversent les tuniques du globe et arrivent dans la cavité de celui-ci. De là deux genres de blessures : celles qui sont non pénétrantes, et celles qui sont, pénétrantes.

Lorsque la blessure n’est pas pénétrante, les effets produits varient suivant la quantité de mouvement, dont le grain de plomb est animé et suivant la direction du projectile, au moment, où il arrive sur l’œil. Si le grain frappe l’œil obliquement, il trace parfois un sillon sur la conjonctive; il peut enlever une petite portion des lamelles superficielles de la cornée. Quelquefois le grain se loge dans l’épaisseur de la sclérotique. En même temps, sous I influence de l’impulsion plus ou moins forte dont le grain de plomb est animé, ce dernier communique au globe un ébranlement plus ou moins violent, d’où résultent des lésions profondes, et par suite des troubles plus ou moins graves de la vision.

En cas de blessure pénétrante, si plusieurs grains de plomb arrivent dans l’intérieur de l’œil, il se développe des- accidents inflammatoires graves. Le plus souvent, la vision est perdue su ns retour. Parfois il se développe des accidents cérébraux dus à ce (j ue la phlegmasie de l’œil se propage aux méninges. S’il n’y a qu’un seul grain de plomb qui pénètre dans le globe oculaire, les effets varient suivant que le corps étranger se loge dans la chambre antérieure, l’iris, la chambre postérieure, le cristallin, l’humeur vitrée. 11 est très rare qu’un grain de plomb, après avoir perforé l’un des points ue la coque fibreuse de l’œil, sorte par un point opposé, après avoir traversé la cavité oculaire de part en

part.

11 n’est pas toujours facile de préciser si un grain de plomb a pénétré dans l’œil et occupe une place déterminée dans la cavité de cet organe, surtout quand le siège du corps étranger est profond.

Le pronostic d il être très réservé, dans tous les cas de blessure de l’œil par des grains de plomb. Dans les blessures les plus superficielles, il peut y

ŒIL

ŒIL

avoir des désordres profonds, graves. C'est surtout quand les grains de plomb ont pénétré dans l’intérieur du globe, qu il faut s’attendre à 1 explosion d’accidents inflammatoires graves.

Lorsqu’un grain de plomb a pénétré dans l’œil, et que le petit projectile occupe la chambre antérieure, l'épaisseur de l'iris, la chambre postérieure, le cristallin, le corps vitré, il. faut se comporter comme cela a été dit précédemment pour les autres corps étrangers de. ces mêmes parties de l’œil. Règle générale : lorsqu’un grain de plomb est perdu dans l'œil, c’est-à-dire qu’on n’en découvre pas le siège, il est formellement, prescrit de s’abstenir de toute tentative d’extraction. 11 faut recommander au blessé le repos absolu de l’œil pendant longtemps, pour éviter qu'une secousse ne déplace le corps étranger, et pour favoriser Yenkyslement du petit projectile. Les phlegmasies consécutives à la blessure sont combattues par un traitement antiphlogistique approprié. Dans certains cas, la persistance de l’inflammation et des douleurs forcent à pratiquer l’extirpation de l’œil.

5° Blessures -par capsules fulminantes . — {\.~Iris, Cristallin, Corps vitré.)

4° Blessures par balles de fusil. — Le plus souvent. l’œil atteint par une balle est désorganisé; parfois il échappe à l’action du projectile qui se loge entre lui et l’orbite. Les lésions concomitantes des os de l'orbite et même du cerveau rendent ces blessures très graves, souvent mortelles.

Arrachement de l'œil. — Dans ce genre de bles- . sure, le globe est complètement séparé de toutes ses attaches. En général, il est alors projeté au loin, ou bien il n'est retenu que par quelques liens celluleux incapables de ramener la vitalité de l’organe.

Pour qu’un pareil accident se produise, il faut qu’un corps étranger soit introduit profondément dans l’orbite, et coupe tous les organes en connexion avec le globe. Les balles de fusil produisent quelquefois cet effet. Dans un cas cette lésion a été produite par un instrument contondant ordinaire, tel qu’un anneau de clef fixée à une serrure. On a observé cette mutilation, chez deux enfants nouveau-nés, dans deux accouchements i successifs, chez la même femme, atteinte d’une j etroitesse du bassin. Chez ces nouveaux nés, la bosse frontale avait été soumise à une violente | dépression contre une partie saillante du bassin de ! lanière; la paroi de l'orbite était fracturée. Les muscles de l’œil, les vaisseaux et les nerfs étaient hachés : le globe, arraché de toutes ses attaches,

I avait été lancé hors de 1 orbite.

Dans les cas de ce genre, le rôle du chirurgien ! se borne à arrêter l'hémorrhagie, à séparer le I globe, si ce dernier tient encore par quelques liens I celluleux, et à prévenir ou combattre l'inflammation consécutive.

Entozoaires de l’œil et des annexes de cet organe. — Les espèces d’entozoaire rencontrées dans L le globe oculaire sont : le cyslieerque ladrique, i Yéchinocoque et la filaire de l’œil humain. Dans les annexes de l’œil, on a trouvé : le trichina , spirnlis, la filaire de Médine, un ver némalaïde indéterminé, le cysticerque ladrique, des hydatides.

Les cysticerques ont été observés sous la conjonctive, dans la chambre antérieure, le corps vitré, la rétine, l’épaisseur de la paupière supérieure. Les échinocoques sont rares; on cite un cas d’échinocoque sous-rétinien. La filaire a été rencontrée dans le cristallin, le corps vitré, et sous la conjonctive, le trichina spirnlis dans les muscles de l’œil.

Inflammation de la totalité du globe. — On désigne sous ce nom l’inflammation de toutes les parties internes et externes de l’œil, à laquelle participent le plus souvent les parties molles intraorbitaires. On l’appelle aussi phlegmon de l'œil, ophthalmite.

Celte affection se développe communément après des blessures volontaires ou involontaires de l’œil, aussi après les opérations de cataracte, d’iridectomie; quelquefois à la suite de blessures légères; ou bien encore chez des sujets atteints depuis des années de kératite chronique, de staphylôme. Dans d’autres cas, le phlegmon de l’œil se produit en l’absence de tout traumatisme et par suite d’un état général grave de l’économie : variole, fièvre puerpérale, choléra.

Le phlegmon de l’œil débute tantôt d’une façon lente et insidieuse, tantôt brusquement et avec intensité. Les malades accusent des douleurs dans le globe et au pourtour de l’orbite. La paupière supérieure se tuméfie légèrement, la cornée s’encadre d'un chémosis séreux. Puis l’œil devient plus tendu et plus volumineux, le chémosis augmente, l’iris prend une teinte terne. Il y a de la fièvre, de l'anorexie, de l’insomnie. Les paupières se tuméfient davantage; la conjonctive oculo-palpébrale s’injecte, forme un chémosis dur autour de la cornée. Le globe est projeté en avant, dans un état de fixité, c’est-à-dire dans l’impossibilité de se porler en divers sens. La paupière inférieure est renversée en dehors, la supérieure fortement tendue. Les douleurs augmentent d’intensité; parfois elles sont intolérables, occupant la région sus-orbilaire, le sinciput et parfois même l’occiput, empêchant le sommeil, provoquant dans quelques cas du délire. Ces douleurs sont dues à la distension du globe parles liquides pathologiques sécrétés en grande abondance sous l’influence de l’inflammation; la sclérotique fornqant une membrane inextensible, les nerfs qui rampent entre elle et la choroïde (nerfs ciliaires), sont comprimés, peut-être aussi enflammés.

L’œil arrive à un degré aussi élevé que possible de tension; le chémosis augmente pendant plusieurs jours; les douleurs persistent avec opiniâtreté, jusqu’à ce que les produits pathologiques sécrétés dans l’intérieur du globe aient trouvé une issue au dehors. Celte évacuation se fait le plus communément à travers une ouverture de la cornée, moins souvenl à travers une ouverture de la sclérotique.

L’exophthalmos, c’est-à-dire la saillie en avant de l’œil, est dù non seulement à une augmentation réelle dans le volume de l'organe, par suitede l'hypersécrétion des liquides intra-oculaires, mais encore à la tuméfaction du tissu cellulaire de l’orbite, tissu cellulaire qui participe à l’inflammation de l’œil.

Le phlegmon de l’œil se termine presque toujours

Page 1