‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 163 sur 344 · ORA · texte numérisé non relu

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combattre la tumeur cérébrale au moyen de l’iodure et du bromure de potassium. On a employé les antiphlogistiques, les révulsifs, mais souvent sans succès. Wecker a été jusqu’à sectionner la gaîne du nerf optique de façon à évacuer le liquide sousarachnoïdien.

2° Inflammation par l’extension au nerf optique d’une phlegmasie cérébrale. — Cette seconde variété ressemble, par ses caractères ophthalmoscopiques et par les désordres visuels qu’elle entraîne, à la première variété que nous venons de décrire; elle en diffère par les causes, car elle est consécutive à une phlegmasie de l’encéphale: méningite, méningo-encéphalite, et même à certaines affections de l’orbite.

Atrophie du nerf optique. — Ses causes, très nombreuses, sont : 1° les inflammations de ce nerf et la plupart des rétinites ; l’embolie de l’artère centrale de la rétine; certaines lésions du trijumeau; ainsi, on a signalé l’atrophie du nerf optique à la suite de blessures de la région frontale, d’altérations dentaires, etc.

2° Tous les modes de compression de ce nerf : tumeurs de l’orbite, du crâne, hémorrhagies, méningites, etc.

3° L’ataxie locomotrice s’accompagne presque constamment d’atrophie du nerf optique; parfois même l’atrophie précède d'assez loin les troubles ataxiques (Charcot).

4° Certaines atrophies ne peuvent être rapportées à aucune de ces causes (atrophie simple progressive); on a cherché à les expliquer par l'abus du tabac et de l’alcool.

A l’examen ophthalmoscopique, on voit que la papille a perdu sa couleur rosée ; elle est devenue blanche.

Dans les altérations consécutives aux rétinites, les bords de la papille sont peu distincts des parties voisines; dans les autres formes d’atrophie, la papille est au contraire très nettement excavée; ces différences permettraient jusqu’à un certain point de reconnaître la cause de l’atrophie.

Les troubles fonctionnels consistent dans des altérations de la vue. Elles varient depuis un simple affaiblissement jusqu’à la cécité complète. Souvent le champ visuel se rétrécit d’une manière progressive. L’impossibilité de distinguer les couleurs (i daltonisme ) est un symptôme fréquent et précoce.

Dans l’atrophie ataxique, l’affaiblissement n’est pas régulier; il consiste en lacunes plus ou moins étendues dans le champ visuel; on sait, en effet, que la dégénérescence grise est disposée par plaques.

Les troubles visuels peuvent s’aggraver rapidement; le plus souvent ils sont lentement progressifs, et mettent plusieurs années à produire la cécité. Dans des cas heureux, mais trop rares, les scotomes et la diminution du champ visuel restent stationnaires.

Le traitement doit s’adresser à la maladie génératrice (tumeurs cérébrales, ataxie, etc.). On est unanime à proscrire l’emploi des débilitants; un régime tonique paraît être plus utile. On a proposé contre l’atrophie elle-même l'emploi d’injections de

sulfate de strychnine à la dose de 2 à o milligrammes. Dr LÉoq Moynac.

OPTOMÉTRE. — Nom donné par les oculistes à divers instruments d’optique, composés d’une série de verres convexes et concaves, dont ils se servent pour mesurer exactement l’état de la réfraction et de l’accommodation des yeux. p. l.

OR. — L’or, métal d’une belle couleur jaune, d’un éclat métallique très vif, le plus ductible et le plus malléable de tous les métaux, est moins fusible que l’argent et le cuivre; insoluble dans les acides mais entièrement soluble dans l’eau régale (Y. ce mot). Il a été introduit dans la thérapeutique en 1811, par Chrestien, de Montpellier.

Pris à l’intérieur, à hautes doses, l’or et ses composés, oxyde d’or , chlorure d'or , déterminent du malaise, de la sécheresse de la gorge, de l’agitation, l’insomnie et des symptômes de gastro-entérite graves. Administré à faibles doses, l’or exagère toutes les sécrétions, favorise l’appétit, augmente le flux menstruel et la diurèse, rend la salivation plus abondante et les sueurs plus faciles. Aussi l’a-t-on utilisé avec quelques avantages contre la syphilis, la scrofule et l’aménorrhée. Malheureuse- j ment ses effets sont infidèles, son administration longtemps prolongée dangereuse; de là ressort l’explication de son usage de plus en plus restreint.

On peut administrer l’or sous forme de poudre; sous forme d 'oxyde d’or, à la dose de 5 milligrammes à 5 centigrammes ou, sous forme de chlorure d'or, à la dose de 2 à S et 10 milligrammes par jour, en pilules. D' Paul Labarthe.

ORANGER. — L’oranger est un arbre de la famille des Aurantiacées dont on emploie en médecine les feuilles, les fleurs et les fruits des deux espèces suivantes : l 'oranger vrai ou à fruits doux etl’oranger à fruits amers ou bigaradier. Le premier, recherché pour ses fruits doux et rafraîchissants, ses feuilles et ses fleurs; le second, pour l’écorce amère de ses fruits.

Ces deux arbres de médiocre grandeur ne diffèrent entr’eux, quant à leur aspect extérieur, que par les feuilles et les fruits. Les feuilles de l’oranger vrai 4 sont ovales, entières, luisantes des deux côtés, parsemées d’un grand nombre de vésicules remplies d’huiles essentielles; celles du bigaradier sont elliptiques, crénelées. Les fruits de l’un ont une écorce mince et douce; les fruits de l’autre ont une écorce mince, rude et amère.

Les fleurs sont grandes, blanches et d’une odeur suave par les deux espèces sus-mentionnées. Elles doivent leur odeur exquise à une huile volatile obtenue par distillation et connue sous le nom de néroli , dont le parfum délicieux sert à masquer, à la dose de quelques gouttes, le goût par trop désagréable de certaines potions. Ces mêmes fleurs servent encore à préparer une infusion, une eau distillée et un sirop. L’infusion est d’un usage constant contre les maux d’estomac, les maux de tête et les malaises nerveux. L’eau distillée fait la base de la plupart des potions antispasmodiques. Elle se prépare avec les fleurs de l’oranger doux et

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de l’orange amer. Ces dernières sont préférables parce qu’elles ont une odeur beaucoup plus aromatique. C'est l’espèce que l’on emploie à Paris, et c’est une des raisons pour lesquelles l’eau de fleurs d’oranger qui y est préparée est supérieure à celle qui vient du midi. On prend l’une et l'autre par cuillerées à café dans un peu d’eau sucrée ou à la dose de 10 à 40 grammes dans un julep. Le sirop de fleurs d’oranger se donne aussi en potions à la dose de 15 à 60 grammes, parfois seul, souvent en potion ou dans une tisane appropriée.

Habituellement les feuilles d’oranger se prescrivent en infusion, associées ou non au tilleul et à la camomille. Elles ont une composition analogue à celle des fleurs et fournissent une essence moins estimée et une eau distillée inférieure qui sêrt à falsifier l’eau véritable.

Le fruit de l’oranger vrai, ou orange douce, passe ajuste titre pour un des plus sains. Le jus qui le remplit est légèrement acide, rafraîchissant et stomachique. Délayé dans de l’eau sucrée, il constitue sous le nom d 'orangeade une tisane très bonne pour étancher la soif des malades atteints de fièvre, d’inflammations, de maladies graves. Les oranges les plus estimées sont celles de Malte, des Açores, celles de Valence, les premières mûres, et par-dessus toutes, les mandarines, originaires de Chine et qui se cultivent en Sicile et à Malte.

Avec l’écorce de l’oranger vrai, on prépare un alcoolat et un sirop justement estimés comme eupeptique et édulcorant.

L’écorce de l’orange amère, douée d’une saveur forte, poivrée, amère, renferme, ainsi que l’a le premier demont-é Laroze, en 1843, une matière extractive amère, une matière oléo-résineuse, et une matière aromatique diffusible, qui jouissent de propriétés toniques, stomachiques et en même temps antinerveuses, très remarquables. Tout le monde connaît le sirop Laroze d'écorce d'oranges amères, préparé par ce pharmacien, qui s’administre à la dose de 4 cuillerées à bouche par • jour pour les adultes et de quatre cuillerées à dessert pour les enfants, une demi-heure avant les repas. Tout le monde sait aussi que le sirop Laroze sert à incorporer l’iodure de potassium et le bromure de potassium (V. ces mots), dont il masque admirablement la saveur amère et désagréable, atténuant, en outre, fortement l’action irritante du premier sur la muqueuse stomacale, et prévenant la diarrhée qu’occasionne le second, pris à haute dose. Dr Marc Camdoulives.

ORBICULAIRE. — Nom donné par les anatomistes à un muscle des lèvres et à un muscle des paupières.

Orbiculaire des lèvres. — Le muscle orbiculaire des lèvres, appelé aussi muscle labial, a été décrit à l’article labial (V. ce mot).

Orbiculaire des paupières. — Le muscle orbiculaire des paupières est un muscle très étendu, véritable sphincter. palpébral, qui entoure circulairement l’orifice palpébral. 11 comprend : 1° une portion orbitaire, correspondant au cercle osseux de l’orbite qui plisse la peau, surtout vers la partie externe de l'orbjte; 2° une portion palpébrale, cor-

respondant aux paupières, qui ferme les paupières et exerce une légère pression sur le globe de l’œil; 3° une portion ciliaire, occupant le bord libre des paupières. Cette portion, appelée aussi lacrymale,

Fig. 980. — Muscles de la face.

15. Muscle orbiculaire des lèvres. — 6. Muscle orbiculaire des paupières.—1. Muscle peaucier. — 2. Muscle frontal. — 3. Muscle pyramidal.- 4. Muscle auriculaire antérieur — ’j. Muscle auriculaire supérieur.— 7. Muscle triangulaire du nez.— 8. Muscle élévateur commun de l’aile du nez et de la lèvre supérieure. — 9 Muscle élévateur propre de la lèvre supérieure. — 10. Muscle grand zygomatique. — 11. Muscle petit zygomatique. — 12. Muscle triangulaire des lèvres. — 13. Muscle carré du menton. — 14. Muscle de la houppe du menton. — 16. Muscle buccinateur. — 17. Muscle masséter. — 18. Muscle sterno-cléido-mastoïdien.

attirerait en avant, d’après le professeur Richet, la paroi antérieure du sac lacrymal et aspirerait les larmes dans sa cavité. Plusieurs auteurs contestent l’existence de cette troisième portion. Dans ces trois portions, le muscle orbiculaire est situé sous la peau.

Il produit l’expression du recueillement, de la méditation, de la réflexion. Dr Paul Lababthe.

ORBITAIRE. — Nom donné par les anatomistes à ce qui a rapport à l'orbite.

Cavité orbitaire. — (V. Orbile.)

Arcade orbitaire. — On désigne ainsi la saillie de l’os frontal qui forme le bord supérieur de l’orbite (V. Frontal, Orbite).

Trous orbitaires. — On désigne ainsi plusieurs trous de la région orbitaire : 1” Les trous orbitaires internes, antérieur et postérieur, qui sont situés à la base du crâne, à la jonction des os frontal et elhmoïde ; le trou sus-orbitaire, qui est situé à la partie supérieure de l'arcade orbitaire, par où passe le nerf frontal; 3° le trou orbitaire, qui est

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