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Inflammation diffuse. — Elle est aiguë ou chronique. La première s’observe à l’époque de la denfition, à la suite de refroidissements, d'injections d’eau froide, d’abus de cure-oreilles ou d’introduction de liquides irritants pour enlever les névralgies dentaires, ou encore à la suite d’un eczéma ou d’une plaque muqueuse du conduit, comme nous l’avons décrit.
Cette maladie est caractérisée par des démangeaisons, de la douleur, de la fièvre, de l’insomnie, des bourdonnements et de la diminution de l’ouïe. A l'examen du conduit, on voit que la peau est rouge, gonflée et recouverte d’un liquide séreux ou purulent. Le tympan est souvent épaissi et sa couche externe est macérée.
L'affection ne dure guère qu’une à deux semaines. Elle peut passer à l’état chronique.
On emploie au début les sangsues au nombre de trois environ; on les applique au-devant du tragus; puis on fait quelques instillations d’eau de pavots ou une solution de chlohydrate de cocaïne au t/20. Lorsque le malade se plaint de tension dans le conduit, on fait quelques incisions multiples de la peau de ce canal. Quand il existe du pus, on doit faire des injections avec une solution d’acide borique à 3 p. 100, suivies d’instillations avec un liquide astringent, par exemple :
Sulfate de zinc 0sr10
Eau distillée 20
Puis on ferme le conduit avec un peu d’ouale phéniquée ou boriquée.
L 'inflammation chronique diffuse se manifeste par de la démangeaison et un écoulement de liquide clair et séreux qui répand une odeur fétide. Les parois du conduit sont tuméfiées et recouvertes de matières épithéliales qu’on enlèvera avec une injection et on apercevra alors la peau rouge et ulcérée. Le tympan prend toujours part à l’inflammation. Le traitement ne diffère pas de celui I de l’otite purulente chronique.
Otites moyennes. — On les divise en : otites aigues et chroniques.
Otite moyenne aigue simple. — Fréquente chez I les enfants, elle résulte d’une inflammation de la cavité naso-pharyngienne, d’une lésion traumatique, d’une injection d’eau froide; elle peut être due encore à un refroidissement général. On la voit survenir dans le cours d’une pneumonie, de la fièvre typhoïde ou de la fièvre puerpérale, comme nous en avons vu récemment un cas qui fit penser à de I l’éclampsie. Elle apparaît aussi dans le cours de la I syphilis, de la diphthérie, de la scrofule ou de la tuberculose. La caisse est remplie d’un exsudât séreux, transparent ou d'un exsudât muqueux, épais et visqueux.
Le malade se plaint de tension, de plénitude dans l’oreille avec diminution de l'ouïe et bruissements. Parfois une douleur assez vive, surtout chez l’en- I tant, s'irradie dans la partie correspondante de la I tète. • •
La membrane du tympan est légèrement rosée et le manche du marteau injecté. S’il se forme un | exsudât, la surface devient gris sale, jaunâtre. Le I manche du marteau est invisible, la membrane se
bombe en dehors et on peut voir des phlyctènes à sa surface. La trompe d’Euslache est plus ou moins obstruée.
La douleur ne dure guère plus de trois ou quatre jours; la sécrétion se résorbe et le tympan reprend son aspect normal. Il n’est pas rare d’observer une diminution de l’ouïe à la suite de cette affection, lorsqu’on a négligé de la traiter.
Au début, on a recours aux antiphlogistiques et aux sangsues, si la douleur est vive; il suffit quelquefois de provoquer une forte diaphorèse par infusion de jaborandi (4 grammes pour un verre d’eau), ou par une injection sous-cutanée de pilocarpine de 1 centigramme, pour faire avorter l’otite.
Si la douleur persiste, on emploiera avec succès les instillations de cocaïne et le chloral en potion.
Il faut, en outre, pratiquer quelques insufflations légères de vapeurs balsamiques par la trompe d’Eustache, au moyen d’une sonde introduite dans le nez jusqu’à l’orifice pharyngien du canal d’Eustache.
Otite moyenne aigue purulente. — Dans cette forme, les phénomènes généraux sont plus accentués: le tympan est i n fi 1 1 ré et ramolli ; il ne tarde pas à se perforer pour donner passage à un liquide purulent. Les douleurs vives jusqu'à ce moment, se calment et tous les phénomènes s'amendent. Le siège ordinaire des perforations est en avant du manche du marteau. La perforation parait se faire au sommet d’une saillie bombée qui se détache nettement de la membrane.
Au début, la perforation est à peine visible, recouverte quelle est, par un peu de pus mélangé à des bulles d’air animées de pulsations très visibles. Lorsque le malade se mouche, on voit les bulles d’air éclater à la surface de la membrane, et l’on entend un bruit caractéristique de la perforation.
L’otite aiguë purulente peut guérir sans laisser de traces graves chez les individus sains, mais lorsque ceux-ci sont atteints d’une diathèse, au lieu de se cicatriser en même temps que les bourdonnements disparaissent et que l’acuité auditive revient à son étal normal, la perforation s’agrandit et s’étend au point de disséquer le manche du marteau ; la maladie passe ainsi à l’état chronique et peut déterminer une série d’accidents que nous étudierons plus loin.
L’examen de l’organe fait reconnaître facilement l’affection qui peut-être confondue avec une méningite, ce qui n’est pas rare, si l’on n’a pas l’attention attirée vers l’oreille. Nous pensons même que les guérisons si nombreuses de méningites ne sont autres qu’une affection ignorée de l’oreille, du moins dans la plupart des cas.
Le pronostic est assez grave, car il peut déterminer des complications sérieuses : paralysie faciale, méningite, etc.
Au début, le traitement sera d’un grand secours, si l’on a soin de combattre les phénomènes généraux par des antiphlogistiques. La douleur sera calmée par des instillations de cocaïne dans le conduit. Dès que l’on apercevra le pus derrière la membrane, on devra inciser celle-ci; puis on y fera des
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injections d'eau tiède qu’on rendra antiseptique par l’addition d’acide borique ou de résorcine à 4 p. 100. On séchera ensuite l’oreille avec un peu de coton en ayant soin de faire une insufflation d'air par la trompe pour la débarrasser, ainsi que la caisse, des sécrétions qui y sont accumulées. Puis on versera dans le conduit quelques gouttes tièdes de la
solution :
Acide borique 0,20
Chlorhydrate de cocaïne . . . 0,10
Eau distillée 10 grammes
Alcool à 90° 2 à 4 —
Si la suppuration n’est pas tarie au bout d’une dizaine de jours, il faudra faire des instillations de nitrate d’argent au 1/15. La muqueuse sera modifiée avantageusement par ce procédé.
Dans le cas de large perforation, on aura recours à l’emploi de la poudre d’acide borique.
Otite moyenne chronique simple. — Elle peut survenir d’emblée ou succéder à une otite catarrhale aiguë, ou résulter de la propagation à l’oreille moyenne d’un catarrhe naso-pharyngien.
La muqueuse est hyperémiée, tuméfiée, ou aune couleur gris blanchâtre. La sécrétion est muqueuse ou séreuse. Le mucus adhère aux parois de lacaisse et aux osselets; il repousse la membrane en dehors. Il n'est pas rare d’observer dans la caisse des brides assez résistantes s’étendant de la paroi labyrinthique à la paroi tympanique ou reliant les osselets entre eux ou avec les parois voisines. En se rétractant, ces membranes entraînent le tympan qui alors présente des points immobilisés par leur adhérence avec la branche de l’enclume, l’étrier, la paroi labyrinthique, etc.
Le malade accuse de la surdité variable avec les mouvements de déglutition, les bâillements, l’action de se moucher, qui l’améliorent, avec le froid ou l’humidité qui la diminuent.
Divers bruits comparés à un sifflet de vapeur, à un roulement de chemin de fer, au bruit d’un coquillage, à une chute d’eau, sont ressentis par les sujets, principalement après les repas ou dans les endroits silencieux.
Le tympan a perdu sa transparence; sa concavité est augmentée, son apophyse externe est saillante, son pli postérieur est nettement accusé, le manche du marteau est plus oblique et le triangle lumineux est allongé et rétréci.
On peut apercevoir l’épanchement par transparence. On voit une ligne noire horizontale ou à concavité supérieure qui peut se déplacer par les mouvements de la tête du malade ou par les insufflations faites par la trompe. Si l’épanchement est abondant, la partie postérieure du tympan forme une saillie convexe. L’auscultation faite pendant le cathétérisme permet de s’assurer que la caisse est remplie de liquide ; on entend en effet des râles crépitants humides.
La variabilité des symptômes sous les diverses influences que nous avons énumérées, l’aspectdu tympan, la présence d’une ligne indiquant le niveau du liquide, l'auscultation, permettront de reconnaître facilement cette affection pour laquelle le traitement général uni au traitement local serait d’une grande importance.
Le traitement local consiste principalement en insufflations d’air afin de vider la caisse. On conseillera au malade de pencher la tête en avant et sur l’épaule opposée à l’oreille que l’on sonde afin de permettre au liquide de s’écouler; puis on fera quelques insufflations de vapeurs balsamiques. On devra pratiquer la perforation du tympan quand le liquide ne sera pas complètement enlevé en quelques séances.
Si la trompe est obstruée, on la dilatera au moyen de bougies ou en pratiquant la galvanocaustique chimique, comme nous l’avons publié.
Otite moyenne sèche. — La muqueuse est épaissie et dure; elle a perdu son élasticité et ses vaisseaux. Le tympan est blanchâtre, infiltré de dépôts graisseux, fibreux ou calcaires. Les fenêtres ronde et ovale sont épaissies, l’étrier est immobilisé et les articulations des osselets sont ankylosées.
Cette maladie débute par une seule oreille : l’acuité auditive diminue peu à peu, puis l’autre oreille se prend et le malade ne s’aperçoit de sa surdité que quand les deux oreilles ont perdu la plus •grande partie de leur activité fonctionnelle.
Le bruit de la montre est encore entendu quand les sujets sont incapables de suivre la conversation. Les malades entendent mieux au milieu du bruit : ainsi, en chemin de fer, en voiture. La perception crânienne disparaît peu à peu. Les bourdonnements deviennent assez intenses après les repas, une émotion morale vive, etc.
Le tympan épaissi, principalement à sa périphérie, est jaune grisâtre ou blanchâtre, avec taches circonscrites dues à une incrustation calcaire. Le triangle lumineux disparaît, le manche du marteau est rétracté et la base postérieure apparaît nettement. Quand les osselets sont ankylosés le tympan n’est plus mobile.
Le pronostic est grave au point de vue de l’audition, car la maladie progresse assez rapidement pour aboutir à une surdité complète.
Les douches d’air sont de toute nécessité dans le traitement de cette forme. On doit les combiner avec l’insufflation de vapeurs d’éther iodhydrique ou d’iode, et les injections 4 iodure de potassium au 1/30, de bicarbonate de' soude au 1/20, ou de chlorhydrate d’ammoniaque au 1/30. Cette opération doit être répétée durant un mois ou six semaines, trois ou quatre fois par semaine. On doit de plus faire la raréfaction du conduit au moyen du spéculum pneumatique pour permettre de rétablir la mobilité du tympan. Nous avons obtenu d’excellents résultats en pratiquant de légères pressions sur l’enveloppe externe, ce qui permet d’agir plus directement sur les osselets.
Nous n’hésitons pas à conseiller l’emploi de l’iodure de potassium et de fer à l’intérieur, et surtout les injections sous-cutanées de :
Bichlorure de mercure 0,50 cent.
Chlorhydrate de cocaïne 0,10 —
Chlorure de sodium 0,10 —
Eau distillée 50 gr.
Ces injections doivent être répétées tous les deux jours pendant trois mois.
Dans les cas d’épaississement du tympan on a retiré de bons effets de la perforation de la mem-