‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 178 sur 344 · P AI · texte numérisé non relu

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que nous avons énumérées plus haut, car leur consommation est très grande dans les villes.

Le pain de luxe se fabrique avec la line fleur de la farine de froment blutée à 60 p. 100, et la pâte est levée avec de la levûre de bière; lorsqu’on le met au four on le saupoudre avec de la farine de maïs destinée à donner une croûte d’une belle couleur dorée. Le pain de luxe est très agréable au goût lorsqu’il est frais, mais il se durcit très vite et devient alors insipide. Il est moins nourrissant que le pain blanc et le pain bis.

Le pain de gruau est fabriqué avec la farine spéciale dite de gruau blanc(V. ce mot), additionnée de 15 à 25 p. 100 de gluten provenant des amidonneries. Sa croûte est de teinte pâle, sa mie très blanche, criblée de cavités irrégulières. 11 est plus nourrissant que le pain blanc et le pain bis.

Le pain viennois se fabrique comme le précédent avec la plus belle farine de froment et avec du lait étendu de trois fois son volume d’eau, au lieu d'eau pure. II a un arôme agréable et une saveur particulière due au lait, mais il se digère moins facilement que le pain ordinaire.

Le pain de gluten, fabriqué avec du gluten presque pur, c’est-à-dire débarrassé autant que possible, par une série de lavages, de l’amidon et des parties solubles de la farine, est spongieux, jaune clair et très léger : on le prépare exclusivement pour les personnes atteintes de diabète sucré, dont le régime doit exclure toute substance alimentaire amylacée ou sucrée, qui augmenterait la production du sucre.

Le pain de dextrine est fabriqué avec de la farine blanche de froment de premier choix et de l’eau additionnées de 5 ou 6 p. 100 de dextrine sucrée, sorte de sirop de glucose, ou simplement de 2 ou 3 p. 100 de s^icre ordinaire. Il a une odeur et une saveur très agréables, surtout, comme le dit Payen, lorsqu'on le mange avec certains mets ou certains fruits sucrés.

Altérations du pain. — Le pain est sujet à un certain nombre d'altérations provenant les unes de sa fabrication défectueuse, les autres de l’emploi de farines altérées elles-mêmes.

Le pain mal pétri, qui contient trop d’eau, qu’on a fait fermenter avec des levains acides, et qui est mal cuit, comme cela arrive souvent en ville, mais presque constamment dans les campagnes, se moisit facilement, surtout lorsqu’on le conserve dans un endroit humide, sombre et à une température un peu tiède. «Le pain moisi que le paysan mange dit Munaret, et qu’il croit manger impunément’ peut lui causer des coliques violentes, des irritations intestinales, et quelquefois l’empoisonner; j'en connais des exemples». «Le pain moisi, dit de son côté Ebrard, est aussi malsain que la viande corrompue. »

Ces moisissures sont le résultat d une altération profonde du pain par des végétaux cryptogamiques ou des champignons. Elles sont tantôt blanchâtres ( mucor mucedo), le plus souvent vertes ( aspergillus glaucus), quelquefois orangées ( oïdium auranliacum), ou noires (rhizopus erigricans). Celte dernière, ainsi que l’a démontré notre éminent collaborateur Félix Rochard, en d 873, est plus dangereuse

que les autres. Le pain ainsi altéré, exhale une odeur désagréable et a une saveur amère.

Le pain fabriqué avec des farines altérées par la carie et le charbon, la rouille, présente une couleur brune, une saveur amère, une odeur désagréable; il est impropre à l’alimentation et doit être rejeté.

Celui qui est fabriqué avec des farines altérées par le seigle ergoté, présente des taches ou des points de couleur violette, une odeur nauséabonde, une saveur très désagréable de pourri, qui laisse dans la gorge une âpreté persistante. Il peut déterminer les accidents toxiques de l’ergot et doit donc être rejeté absolument de l’alimentation.

Falsifications du pain.— On peut falsifier le pain par des mélanges de farines ou par l'addition de substances nuisibles et même toxiques destinées, soit à accélérer la fermentation de la pâte, soit à lui donner plus de blancheur.

Les boulangers ajoutent souvent à leur pain de froment, des farines de féveroles, de vesces, quelquefois, mais rarement, de la farine de pois, de haricots ou de lentilles. Le pain qui contient de la farine de féveroles ou de vesces a une teinte rosée. On peut reconnaître la présence de ces farines dans le pain par le procédé de Donny, qui consiste à exposer successivement à l’action des vapeurs de l’acide nitrique, puis à celles de l’ammoniaque. S’il contient l’une ou l’autre de ces farines, il prend une coloration pourpre ou présente des traînées colorées en rose, qui n’apparaissent souvent qu’au bout d’un quart d’heure ou vingt minutes.

Lorsque la fécule de pommes de terre était à bon marché, bon nombre de boulangers l’employaient à falsifier le pain. Cetle falsification est aujourd'hui plus rare. On peut la reconnaître par un procédé dû aussi à Donny. On met sur le porteobjet d’un miscroscope un petit fragment de mie du pain soupçonné, et on y verse 2 ou 3 gouttes de solution de potasse contenant 2 p. 100 d’alcali; au bout de deux ou trois minutes, on voit ses grains se gonfler et augmenter de volume. On ajoute alors 2 ou 3 gouttes de teinture d’iode, et on voit les grains de fécule se colorer en bleu. On constate de plus que ces grains sont dix ou vingt fois plus larges que ceux de l’amidon du blé.

Les boulangers ajoutent à la pâte, tantôt de l’alun, qui lui fait absorber une plus grande quantité d’eau, et qui leur permet de masquer les défauts des farines détériorées, grâce à l’avantage qu’il a de rendre le pain blanc et léger, comme celui qui est fabriqué avec des farines de choix ; tantôt du carbonate de magnésie dans le même but, sans se douter et souvent sans se soucier que ces substances exercent sur l’économie humaine une action nuisible.

Pour conserver le pain à l’état frais, certains boulangers ajoutent à la pâte du sulfate de zinc ; qu’ils appellent couperose blanche; d’autres, pour économiser la levûre et faire avec des farines altérées du pain ayant l’aspect du pain fabriqué avec de bonnes farines, n’hésitent pas à verser dans la pâte soit du sulfate de cuivre, qu’ils appellent couperose bleue, soit du carbonate d’ammoniaque.

Toutes ces substances peuvent être découvertes

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dans le pain, à J’aide de différents procédés chimiques; mais comme iis nécessitent tous des manipulations assez compliquées, et ne peuvent être mis en pratique que par des hommes exercés, nous ne les exposerons pas ici.

Nous ne déterminerons pas cependant cet article, déjà trop long, sans rappeler que le pain peut se trouver mêlé de plomb, soit que le pain soit fabriqué avec de la farine faite avec des meules dont les éveillures ont été bouchées en y coulant du plond fondu, soit qu’on chauffe le four avec des bois de démolitions, peints à la céruse. En 1880, le Dr Calmels a observé dans une commune du département du Tarn une épidémie d intoxication saturnine qui se déclara dans la clientèle d’un boulanger, et atteignit 50 habitants sur 150, dont un mourut. La farine et le pain de ce boulanger analysés par le professeur Filhol, de Toulouse, y révéla la présence du plomb, et celui-ci provenait des meules qui avaient servi a moudre la farine et dont les eveillures avaient été bouchées avec du plomb fondu.

Trois ans auparavant, en 1877, le Dr Duchamp avait observé à Paris une épidémie d’intoxication saturnine dans la clientèle d'un boulanger qui chauffait son four avec du vieux bois de démolitions peint à la céruse. A la suite de la relation de cette épidémie à la Société de médecine publique d’abord, puis au Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine, Voisin, alors préfet de police, « Considérant que les bois provenant de démolitions, ou ayant servi à des usages industriels (traverses de chemin de fer, poteaux télégraphiques, etc.) ont été, pour la plupart, enduits de peintures à base de plomb, de cuivre, de zinc ; ou injectés, dans un but de conservation, de solutions salines minérales; que ces bois ne sauraient, sans danger pour la santé publique, être utilisés par les boulangers et les pâtissiers pour le chauffage de leurs fours, attendu qu’ils laissent après leur combustion des cendres conlenant des substances toxiques qui peuvent s'attacher aux parois du four et adhérer au pain et aux pièces de pâtisserie, pendant et après leur cuisson », le préfet de police, dis-je, rendit, le 15 septembre 1877, une ordonnance interdisant formellement de faire usage, pour le chauffage des fours de boulangerie et de pâtisserie, de bois ayant été enduits de peinture ou ayant subi des préparations chimiques quelconques.

D‘ Paul Labarthe.

PAIN AZYME. — (V. Azyme.)

PAIN D’ÉPICE. — Le pain d’épice, connu aussi sous le nom déparés, nonnetles, pompiers, etc., et qui se débite en quantités considérables dans toutes les foires, est une sorte de pâtisserie fabriquée avec de la farine île seigle, du miel, de la mélasse et divers aromates, tels que badiane, anis, écorces d’oranger et de citron, etc. A côté de ce pain d’épice vrai, on fabrique dans des usines interlopes un pain d épice dont voici, d’après Marcel Devie, qui en garantit la parfaite exactitude, le procédé de fabrication. « Prenez, dit-il, un sac de farine de seigle (environ 15 kilogrammes), 48 litres de mélasse,

30 litres de fécule de pommes de terre, 500 grammes d’alun pilé, 400 grammes de sel d’étain (produit toxique); ajoutez à cela 12 litres de vieux pain d’épice moisi, refondu dans l’eau; jetez le tout ensemble dans le pétrin avec 1 bon kilogramme de savon de Marseille et pétrissez vigoureusement. On remue d’abord avec une grande pelle en bois; mais bientôt la pâte est si compacte, que le pétrissage doit s’achever avec les pieds. Le mitron, jambes nues, entre bravement dans le pétrin, travaille dru, et en sort du moins avec les pieds propres, la pâte et le

savon de Marseille nettoyant parfaitement »

Mais je ne pousse pas plus loin la citation. Avis maintenant aux amateurs de pain d’épice. p. l.

PALAIS.— Anatomie. — Nom donné par les anatomistes à la voùie qui forme la paroi supérieure de la cavité buccale et sépare celle-ci des fosses nasales dont elle constitue le plancher. Le palais se compose de deux parties distinctes : l’une antérieure, osseuse, c’est la i ■ où' e palatine, l’autre postérieure, membraneuse, c’est le voile du palais.

1° Voûte palatine. — La voûte palatine ou portion dure du voile du palais est formée : 1° d’un squelette composé, dans ses deux tiers antérieurs, d es apophyses palatines des deux os maxillaires supérieurs, et, dans son tiers postérieur, de la portion horizontale des deux os palatins. Ces os sont réunis par suture sur la ligne médiane. Ils sont recouverts par une membrane muqueuse dense, très adhérente, appelée muqueuse buccale, qui est limitée, en avant et sur les côtés, par l’arcade dentaire supérieure et se continue, en arrière, avec le voile du palais. Cette muqueuse présente sur sa ligne médiane un raphé ou relief correspondant à la suture des deux moitiés du squelette. Cette muqueuse, très mince sur la ligne médiane, s’épaissit sur les côtés, et cette épaisseur est due aux nombreuses glandes qui se trouvent logées dans son épaisseur.

Les artères qui alimentent le voile du palais sont les artères palatines antérieures et postérieures qui y pénètrent par les trous palatins; les veines suivent le même trajet que les artères. Quant aux nerfs, ils proviennent des nerfs maxillaires supérieurs et sont sensitifs.

2° Voile du palais. — Le voile du palais, ou portion molle du palais, est une cloison musculomembraneuse, mobile, de forme à peu près quadrilatère, située en arrière de la voûte palatine, entre la bouche et l’arrière-cavité des fosses nasales. Il a environ 3 ou 4 centimètres de long et à peu près la même largeur; très mince sur les côtés et en arrière, il présente, en avant et sur toute la ligne médiane, une épaisseur de 6 à 7 millimètres.

On lui distingue deux faces et quatre bords.

Les deux faces sont : l'une antéro-inférieure ou buccale, concave, rosée, et présentant des trous nombreux qui sont les orifices des glandes sousmuqueuses; l’autre postéro-supérieure ou nasale, plus colorée que la face inférieure présentant une foule de granulations glandulaires. La première, concave à l’etat de repos, devient presque horizontale au moment de la déglutition. La seconde est

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convexe d'avant en arrière etTconcave transversalement. Les quatre bords sont : le bord antérieur, qui s’insère sur tout le bord postérieur de la voûte palatine; les deux bords latéraux, qui sont adhérents se confondent avec les tissus voisins; le bord postérieur, libre et mobile, qui présente sur la ligne médiane un prolongement appelé la luette (V. ee mot), et de chaque côté de la luette deux replis muqueux qui décrivent une arcade en se portant en bas et en dehors et qu’on appelle piliers du voile du palais. Les piliers sont donc au nombre de quatre. Les deux du même côté s’écartent in-

qui concourt avec le pharyngo-staphylin à fermer la partie supérieure du pharynx pendant la déglutition.

Les artères du voile du palais sont au nombre de deux de chaque côté : la palatine supérieure et la palatine inférieure. Les nerfs moteurs viennent du facial, du spinal et du trijumeau ; les nerfs sensi-

Fig. 1012.

Bouche (intérieur de sa cavité), — A. Luette. — B. Base de la langue. — C, C'. Piliers antérieurs du voile du palais. — I). £>'. Amygdales. — E, E'. Piliers postérieurs limitant l’isthme du gosier.

sensiblement en s’éloignant du voile du palais et limitent une cavité appelée fosse amygdalienne, qui renferme l'amygdale. Le pilier antérieur descend au-devant de l’amygdale et se porte à la base de la langue en limitant l’isthme du gosier. Il contient dans son épaisseur le muscle glosso-staphylin. Le pilier postérieur descend en arrière de l’amygdale et se porte sur les parois latérales du pharynx. Il contient dans son épaisseur le muscle pharyngostaphylin.

Le voile du palais comprend six muscles, de chaque côté de la ligne médiane, qui président à ses mouvements : le glosso-staphylin , logé dans l'épaisseur du pilier antérieur du voile du palais qui est constricteur de l’isthme du gosier; le pharyngo-staphylin, qui occupe l’épaisseur du pilier postérieur du voile du palais ; le péristaphylin interne, élévateur du voile du palais ; le péristaphylin externe, tenseur du voile du palais; lé palato-staphylin, élévateur de la luette; Y occipito-staphy lin,

Fig. 1013.

Portion transversale de la langue, de l’arrière-gorge.

. Section de l’apo; hvse basilaire de l’os occipital. —2. Orifice postérieur de la cavité des fosses nasales. — 3. Trompe d'Eustache. — 4. Muscle péristaphylin externe. — 6. Luette. — 7. Muscle constricteur supérieur du pharynx. — 8. Pilier antérieur du voile du palais. — 9. Amygdale. — 10. Muscle pharyngo-glosse. — 11 Muscle amygdalo-glosse. — 12 Section du muscle lingual superficiel. — 13 Section du muscle lingual profond. — 14. Section du muscle stylo-glosse. — 15.xMuscle hyo-glosse. — 16. Muscle génio-glosse. — 17. Septum lingual.

tifs sont fournis par le trijumeau, le glosso-pharyngien et le pneumogastrique.

La muqueuse qui recouvre le voile du palais se continue de la face supérieure à la face inférieure en passant sur le bord libre. Elle présente ceci de particulier qu’elle diffère totalement sur ces deux faces. Celle qui recouvre la face supérieure a une couleur foncée, et présente des caractères identiques à ceux de la muqueuse pituitaire. La muqueuse de la face inférieure a les caractères de la muqueuse buccale qui recouvre la voûte palatine. Toutes deux renferment un grand nombre de glandes .

Le voile du palais joue un rôle important dans l’acte de la déglutition; il prévient le passage des aliments dans l’arrière-cavité des fosses nasales. De plus, il s’oppose encore au passage de l’air par les fosses nasales pendant la phonation, et exerce une grande influence sur le timbre de la voix.

Maladies du palais. — Nous étudierons séparément les maladies de la voûte palatine et celle du voile du palais.

1° Maladies de la voûte palatine. — Les maladies de la voûte palatine sont rares.

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Les lésions traumatiques , plaies ou fractures ne présentent rien qui mérite d’être noté.

Les lésions injlammaloires, consistent en inflammation simple de la muqueuse, abcès, carie et nécrose. L'inflammation fait partie de la stomatite (Y. ce mot). Les abcès lui succèdent quelquefois; mais, ordinairement, ils sont consécutifs à la carie ou à la nécrose, celles-ci étant souvent de nature syphilitique ou occasionnées par la carie dentaire- Ces abcès présentent une dureté particulière, due à leur position au-dessous d’une membrane fibronniqueuse épaisse; il n’est pas rare qu’ils soient pris pour des tumeurs solides.

Les lésions de nutrition sont rares également. En parcourant les auteurs, on trouve un cas d 'enchondrome , un cas d'anévrysme, un cas de kyste, quelques-uns d 'exostoses et de tumeurs érectiles. Les perforations y sont plus fréquentes. Nous en dirons quelques mots.

Les tumeurs malignes peuvent prendre naissance à la voûte palatine et se présenter tantôt sous forme de cancroïde, s’ulcérant plus ou moins rapidement, tantôt sous forme de véritable tumeur cancéreuse, débutant dans les parties profondes de la muqueuse.

On y observe aussi des tumeurs adénoïdes, qui se présentent ordinairement avec des caractères de bénignité. Est-il utile de dire que ces tumeurs se portent vers la langue, et qu'elles gênent les fonctions de cet organe? Les tumeurs de la voûte palatine se comportent comme celle des autres régions. Leur évolution est modifiée uniquement par la disposition de la région.

On peut rencontrer à la voûte palatine des tumeurs gommeuses et des ulcérations syphilitiques. Les premières ne peuvent être reconnues que par les symptômes concomitants de syphilis constitutionnelle ou par l’ulcération qui succède au ramollissement et à la perforation de la tumeur. Les ulcérations syphilitiques ne débutent pas sur une tumeur; elles présentent la coloration spéciale, les bords à pic, l’induration périphérique et l'engorgement indolent des ganglions, comme nous l’avons vu pour les ulcères syphilitiques des lèvres. Cependant, s’il n’existe pas de symptômes locaux certains ou d’autres symptômes de syphilis, il est difficile de distinguer cette ulcération de celle du cancroïde, et alors le traitement anti-syphilitique est la pierre de louche qui lève les doutes.

Les vices de conformation consistent en divisions de la voûte palatine et en perforations (Voyez perforations du voile du palais).

2° Maladies du voile du palais. — Ces maladies ne sont pas plus fréquentes que celles de la voûte palatine.

Les lésions inflammatoires sont : la palatite, compliquant fréquemment l’angine ou se montrant isolément; les abcès du voile du palais succédant à l’inflammation ; Yin/lummation avec allongement de la luette ; les abcès de la luette.

Il suffit de signaler ces lésions. Elles présentent trois symptômes particuliers: 1° une douleur et une gêne excessives ; 2° une tuméfaction énorme, avec rougeur et chaleur ; 3° la gêne des fonctions du voisinage.

Les lésions de nutrition peuvent être des tumeurs adénoïdes et cancéreuses, des ulcérations syphilitiques, qui présentent les mêmes caractères qu’au niveau de la voûte palatine. 11 n’e^t pas rare d’observer la paralysie des muscles du voile du palais, et par conséquent le nasonnement de la voix, le rejet des aliments et des boissons par les narines, l’abaissement de ce voile membraneux. Les perforations ne sont pas rares (Voyez plus loin).

Les vices de conformation consistent en l’absence, l’atrophie, l’hypertrophie de la luette, et la bifidité du voile du palais.

Perforations de la voûte palatine et du voile du palais. — Les perforations de la voûte palatine et du voile du palais sont congénitales ou accidentelles. Ces dernières résultent soit d’une opération incomplète pour réunir au palais bifide, soit d’une nécrose syphilitique ou scrofuleuse, soit d’une ulcération syphilitique, soit d’une plaie avec perte de substance.

Deux symptômes indiquent une perforation : la voix est nasonnée; les aliments liquides et demiliquides passent dans les fosses nasales, de même que le mucus nasal arrive à la bouche.

Ces symptômes sont d’autant plus marqués que que la perforation est plus large. Ils peuvent manquer si l’ouverture est très petite.

On fait le diagnostic de la cause de la perforation en interrogeant les antécédents du malade et l'état général.

Comme traitement, on peut appliquer des obturateurs, que les fabricants et quelquefois les malades confectionnent. C’est là un traitement palliatif, applicable seulement aux perforations de la voûte palatine.

Le traitement curatif consiste à faire une opération qui amène une guérison définitive. Toutes les opérations se rattachent à l’autoplastie, et, de plus, elles appartiennent toutes à la méthode française, qui répare les solutions de continuité par glissement des lambeaux.

Les nombreux procédés qui ont été imaginés, depuis celui de Roux, pour réparer les pertes de substance de la voûte palatine ont entre eux la plus grande analogie. Ils consistent à aviver la muqueuse au niveau delà perforation, à disséquer un ou deux lambeaux, qu’on fait glisser jusqu’à ce que la perte de substance soit comblée, enfin à réunir par des points de suture.

11 faut, dans tous les cas, chercher à décoller le périoste, qui fera partie du lambeau; on peut ainsi espérer une réparation osseuse plus ou moins complète.

Pour les perforations du voile du palais, on avive les bords de la solution de continuité, qu’on réunit par des points de suture. Pour de plus de détails, voir le mol Staphytoraphie. Dr J. -A. Fort.

PALATIN. — Nom donné par les anatomistes à un os, à des artères, à des nerfs et à la voûte du palais.

Os palatin. — L’os palatin est un petit os pair, très mince, très irrégulier, situé à la partie postérieure des fosses nasales, formé de deux parties ou lames soudées à angle droit. L’une, la plus grande, verticale, appliquée contre la face interne du

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maxillaire supérieur, et concourant à former la cloison externe des fosses nasales; l’autre, plus petite, horizontale, qui forme la partie postérieure de la voûte palatine. 11 s’articule avec cinq os: le maxillaire supérieur, le sphémoïde, l’ethmoïde, le cornet inférieur des fosses nasales et l’os palatin du côté opposé.

Artères palatines. — Les artères palatines se distinguent en supérieure et inférieure. La palatine supérieure est une branche collatérale de l’artère maxillaire interne; elle pénètre dans le canal palatin postérieur, et parvenue au niveau de la voûte palatine, elle s’infléchit en avant et longe la partie inférieure et latérale de cette voûte, d’arrière en avant, puis gagne le conduit palatin antérieur, où elle s’anastomose avec la terminaison de l’artère sphéno-palatine.

La palatine inférieure ou ascendante est une branche collatérale de l'artère faciale. Elle s’élève entre les muscles stylo-pharyngien et stvlo-glosse, gagne le pharynx auquel elle fournit de nombreux rameaux ainsi qu’à l’amygdale, la langue et au voile du palais, et vase terminer en s’anastomosant avec les artères palatine supérieure et pharyngienne inférieure.

Nerfs palatins. — Les nerfs palatins sont au nombre de trois : le grand palatin ou palatin antérieur, le moyen et le petit palatin ou palatin postérieur. Ils naissent tous du nerf maxillaire supérieur et se distribuent à la membrane palatine, aux muscles du voile du palais et à la muqueuse des fosses nasales.

Voûte palatine. — (V. Palais).

Dr Paul Labarthe.

PALATO - PHARYNGIEN. — (V. Pliaryngo-slaphylin.)

PALATO STAPHYLIN. — Nom donné par les anatomistes à deux petits muscles vermiformes situés de chaque côté de la ligne médiane sous la muqueuse de la face supérieure du voile du palais qui va s’étendant de l'épine nasale postérieure jusqu’à la pointe de la luette dont ils sont éleveurs, p. l.

PALES-CODLEDRS. — (V. Chlorose.)

PALETTE. — Nom donné à un vase d'étain, en forme de grande soucoupe, de la capacité de 125 grammes, qui sert à recueillir le sang tiré d’un malade par la saignée. P. l.

PALLIATIF. — Qualificatif employé pour désigner une méthode de traitement et les remèdes qui ne guérissent une maladie qu’en apparence et n'ont d’autre action que de la rendre stationnaire ou de la modérer. Les palliatifs sont surtout employés contre les maladies incurables ou contre celles qui, pour guérir, nécessiteraient l'emploi de moyens énergiques que les malades ne sont pas en état de supporter. p. l.

PALMA-CHRISTI (huile de). — (V. Ricin.)

PALMAIRE. — Nom donné par les anatomistes à la région interne ou paume de la main, à des ar-

DlCTIONNAIRE POLUI.AinE DE MÉDECINE USUELLE.

cades artérielles, à une apponévrose et à des muscles de la paume de la main (V. Main). p. l.

PALPATION. — La palpation est moyen de diagnostic des maladies qui consiste à explorer les régions et les organes en les palpant avec les mains. On a recours à la palpation pour diagnostiquer les hernies, les tumeurs abdominales, les tumeurs du testicule, les abcès, les fractures, la grossesse, etc. p. l.

PALPÉBRAL. — Nom donné parles anatomistes à la portion de la conjonctive qui tapisse la face interne des paupières (V. ce mot) à la portion interne du muscle orbiculaire des yeux (V. orbiculaire) et à deux branches de l’artère ophthalmique (V. ce mot). p. l.

PALPITATION. — On donne ce nom à des troubles qui consistent dans des contractions fortes, tumultueuses et irrégulières du cœur, dont le malade a parfaitement conscience, tandis que les contractions ordinaires de cet organe passent inaperçues.

La paroi thoracique est vivement ébranlée par les chocs réitérés du cœur. Les bruits de cet organe s’entendent très distinctement, parfois même à distance : ils sont clairs, éclatants, métalliques; il se peut même que les muscles papillaires convulsés gênent les fonctions de la valvule mitrale, au point de produire un souffle à la pointe, mais ce souffle disparait avec l'accès.

Le pouls offre des altérations correspondant à celles du cœur; il est dur, fort, résistant; parfois cependant il est mou, dépressible, l’impulsion du cœur est faible, ce qui cadre bien avec la diminution de la tension sanguine (Jaccoud).

Les malades éprouvent un sentiment de malaise et d’anxiété, de l’oppression, de l’étouffement ; si les palpitations sont fortes, la circulation est bientôt très gênée, le visage pâle, terrifié, les extrémités se refroidissent; il peut même survenir des lipothymies et des syncopes.

Après quelques instants d’une vive anxiété, l’orage se calme, les palpitations s’apaisent et le cœur reprend son jeu régulier. La durée des accès est souvent fort courte, mais leurs retours fréquents sont amenés, soit par ur. excès, soit par une émotion quelconque. Enfin, ils peuvent survenir, en dehors de toute cause appréciable, à tout instant du jour et de la nuit, assez souvent même pendant le sommeil.

La durée des palpitations est subordonnée à leurcauses; elles assombrissent le caractère et le prédisposent à l’hypochondrie.

11 est probable que les palpitations de cœur se produisent de deux façons : 1° par le fait d’un abaissement dans la tension artérielle; 2° par le fait d’un désordre dans l’innervation du coeur; mais aucune certitude ne règne encore sur ce sujet. Mais si le mécanisme qui préside aux palpitations est encore très obscur, il n’en est heureusement pas de même des circonstances dans lesquelles on les observe.

Les palpitations peuvent se diviser en deux rgoupes : A. Les unes se produisent dans des con-

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ditions physiologiques; B. les autres sont pathologiques et peuvent elles-mêmes se diviser en deux classes, suivant qu’elles se rattachent à une lésion organique du cœur ou qu’elles en sont indépendantes.

A. Palpitations physiologiques. — Certaines palpitations se produisent dans des conditions physiologiques, telles que courses forcées, ascension rapide, séjour dans une région élevée (montagnes, ascension en ballon, etc.); elles ne donnent lieu à aucune considération.

B. Palpitations pathologiques. — Celles-ci sont très fréquentes et très importantes; nous avons vu qu'on peut les diviser en deux groupes.

1° Palpitations liées à une lésion organique du cœur. — La plupart des lésions organiques du cœur peuvent, à un moment donné, occasionner des palpitations; ainsi on les observe, soit dans les lésions organiques de cet organe, telles que lésions des orifices, endocardites, hypertrophie, myocardite, polypes du cœur, adhérence au péricarde; soit dans les maladies de l’aorte, anévrysmes, rétrécissements congénitaux ou acquis; soit dans les compressions on déplacements du cœur (épanchements pleurétiques, surtout ceux du côté gauche, tumeurs abdominales, etc.).

2° Palpitations inorganiques ou nerveuses. — Les palpitations sont bien plus souvent liées à une altération du sang ou à un simple trouble nerveux qu’à une lésion organique du cœur.

Les altérations du sang sont très fréquemment le point de départ des palpitations; ainsi on les observe dans la chlorose, l’anémie, à la suite de l’abus de tabac, d'alcool, de boissons fermentées, de mets épicés, de café, de thé, etc.

Les palpitations nerveuses se produisent par action réflexe dans un grand nombre de dyspepsies, chez les gens atteints de vers intestinaux, dans tous les cas d’épuisement nerveux par des excès vénériens, masturbation, excès de veille, de travaux intellectuels, de préoccupations, de passions, d’émotions, etc.

On les observe dans les névroses, telles que l’hystérie et l’hvpochondrie.

Enfin, elles constituent un des trois symptômes de la maladie de Basedow ou goitre exophthalmique (saillie oculaire, goitre et palpitations); elles peuvent même présenter dans cette étrange maladie une violence extraordinaire.

En présence de palpitations, il faut se demander si elles se rattachent ou non à une altération du cœur, c’est-à-dire si elles sont organiques ou inorganiques. Le diagnostic se basera sur un ensemble de considérations.

Ainsi : 1° Si on observe les palpitations chez un jeune homme qui se livre à des excès de travail, de tabac, d’alcool, à des excès vénériens, ou chez une jeune femme pâle, lymphatique, chlorotique, ayant eu des manifestations hystériques, il y a tout lieu de croire que ces palpitations sont inorganiques.

2° Si, au contraire, l’individu que l’on observe a eu des rhumatismes, souffre du cœur depuis longtemps, si les jambes sont œdématiées, on a tout lieu de croire que ces palpitations sont de nature organique.

L’examen de la région précordiale peut aussi éclairer le diagnostic : si elle présente une voussure et surtout si le choc de la pointe se fait plus bas et plus en dehors que de coutume, les palpitations se rattachent probablement à une lésion organique du cœur.

Mais l’auscultation fournit des renseignements plus précieux. Révèle-t-elle un bruit de souffle au premier temps et à la base, les palpitations sont anémiques; si le souffle a lieu au second temps et à la base, il existe une insuffisance aortique ; si c’est à la pointe, il existe une lésion mitrale ; cependant, avant d’admettre l’existence d’une lésion organique, il faudra ausculter le cœur en dehors d’un accès de palpitation. A-t-on par la percussion constaté une hypertrophie cardiaque, on a par cela même déterminé la nature organique des palpitations.

On a encore remarqué que la digitale calme mieux les palpitations organiques que les palpitations inorganiques.

On ne peut formuler un traitement rationnel contre les palpitations qu’après avoir reconnu leurs causes.

Sont-elles inorganiques? — Il faut d’abord prescrire un traitement hygiénique : ainsi le malade | devra s'abstenir de toute fatigue, éviter surtout les excès vénériens, les abus de tabac, de café, de liqueurs, etc. — Un régime tonique combattra efficacement les palpitations anémiques. On diminuera la force et la fréquence des accès par l’emploi des antispasmodiques, tels que le musc, le castoréum, le valérianate de Pierlot, le bromure de potassium (sirop de Laroze), l’éther, l’eau de laurier-cerise, l’application sur la région précordiales de linges trempés dans de l’eau froide.

Souvent les hypochondriaques s’exagèrent la signification des palpitations qu’ils éprouvent; il faut chercher à dissiper leurs craintes.

Sont-elles de nature organique? — Le traitement sera celui de la lésion cardiaque (voyez Traitement des maladies du cœur). C’est ici que la digitale rend les plus grands services, sous forme de digitaline d'Homolle et Quévenne.

Les palpitations se rattachent-elles à la compression ou au déplacement du cœur par un épanchement pleurétique ou péricardique, l’indication d’évacuer le liquide avec un appareil respirateur devient pressante. Dr Léon Moynac.

PALUDÉENNE (infection). — On désigne sous les noms d 'infection paludéenne, de fièvres palustres , d ’irnpaludisme ou encore de malaria, tout un ensemble de phénomènes morbides qui surviennent chez des individus habitant des pays marécageux.

Cette affection, rare dans les pays froids, atteint son maximum de fréquence et de gravité dans les régions de l’équateur. Aujourd'hui, grâce au progrès de l’hygiène, elle tend à diminuer de plus en plus en Europe. Elle était autrefois très commune en Hollande et dans les Pays-Bas; on ne la rencontre plus maintenant que sur la côte, à l’embouchure de l’Escaut En France, elle règne à l’état endémique dans la Bresse, la Sologne et les Landes. On l’observe aussi en Italie (murais Pantins), à l’embouchure du Danube, en Algérie, dans la Basse-

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Egypte, dans l'Inde,? dans la Cochinchine, etc. La race negre jouit d’une glande immunité à l'égard des fièvres paludéennes.

On range l’impaludisme parmi les maladies infectieuses d'origine tellurique. Pendant longtemps on a discuté sur la nature de l’agent infectieux. Pour Salisburg, l’impaludisme serait dû à une algue microscopique. Plus récemment Laveran et Richard ont décrit dans le sang des malades, atteints d’infection paludéenne des parasites spéciaux (hématozoaires).

Les terrains marécageux, les climats humides et chauds, les grands terrassements, les défrichements, favorisent le développement des lièvres palustres. C’est ainsi qu’on a observé de nombreux cas a Paris, en 1811, lorsque le canal Saint-Martin fut creusé et, en 1850, pendant la construction des fortifications. Le curage des fosses à fumier dans les cours des fermes . provoque quelquefois le retour des fièvres intermittentes. Les marais sont surtout dangereux quand une partie de la surface, habituellement immergée, se trouve au contact de l’air. C’est ainsi que les pluies peuvent provoquer l’explosion des lièvres palustres, lorsqu'elles viennent détremper un terrain marécageux desséché depuis peu. J'ai eu, au commencement de 1886, l’occasion d’observer, en Sologne, une petite épidémie due à une cause de ce genre. Une violente pluie d’orage avait brusquement rempli un étang desséche par la chaleur de l’été. Quelques jours apres, lorsque l’eau, en se retirant, découvrit de nouveau le sol du marais, un cas de fièvre palustre éclata dans une ferme proche de l’étang. Ce cas fut bientôt suivi de plusieurs autres, et il se produisit une véritable épidémie qui frappa presque tous les habitants des fermes avoisinantes et dura pendant tout l'automne.

Cependant toutes les conditions que nous venons d’énumérer ne sont pas indispensables au développement de l’élément contagieux, car l’impaiudisme règne en Algérie, dans les régions « les plus sèches et les plus stériles. »

L’infection paludéenne se traduit par des manifestations différentes : les unes fébriles, les autres non fébriles. .Nous distinguerons les formes suivantes : 1° les fièvres intermittentes ; 2° les fièvres rémittentes ; 3° les accidents pernicieux ; 4° la cachexie palustre.

1° Fièvres intermittentes. — Elles revêtent des types differents dont les principaux sont : 1° le type quotidien, dans lequel les accès reviennent tous les jours, sensiblement à la même heure; 2° le type tierce , dans lequel les accès se produisent tous les deux jours; 3° le type quarte, dans lequel chaque accès est séparé par deux jours d’intervalle. Il suffit de traverser un pays où régnent les fièvres intermittentes pour les contracter. L’incubation, qui est généralement d une huitaine de jours, peut durer plusieurs mois. Tantôt, la fièvre éclate d’emblée, tantôt les malades éprouvent, pendant l’incubation, du malaise, de la céphalalgie, de l’embarras gastrique. Chaque accès régulier présente trois stades : frisson , chaleur , sueurs. Le début est marqué par un frisson violent qui secoue tout le corps du malade et ébranle parfois jusqu’au lit sur lequel

il repose. La peau est pâle, sèche, présente l'aspect de la chair de poule ; les lèvres sont bleuâtres, les extrémités refroidies , le pouls fréquent et petit. Cependant la température périphérique n’est, pas en rapport avec la sensation de froid accusée par le malade, et, si l’on applique un thermomètre dans le creux de l’aisselle, on est surpris de le voir monter jusqu’à 40, 41 et même 42°. Au bout d’un temps variable, le malade accuse des bouffées de chaleur, la peau devient brûlante. Le pouls et la respiration s’accélèrent, la soif est intense. Le malade rejette les couvertures, change de position pour trouver un peu de fraîcheur dans son lit. Parfois on observe du déliré. Enfin l’apparition de sueurs abondantes annonce le début du troisième stade et la fin de l’accès. La défervescence se produit, une sensation de bien-être s’empare du malade qui ne tarde pas à s’endormir d’un sommeil calme et réparateur.

La durée de chaque accès est, en moyenne, de 10 à 12 heures. Loin d’entraîner l’immunité, un premier accès est suivi, presque toujours, d’un autre, survenant plus ou moins 'longtemps après, à l’occasion d’un refroidissement, d’une maladie aiguë ou même d’un traumatisme tVerneuil). Si les accès sont trop rapprochés, le malade, anémié, accuse dans leur intervalle, des maux de tète, des troubles digestifs, la rate et le foie sont volumineux: la cachexie est imminente.

2° Fièvres rémittentes. — Les fièvres rémittentes palustres affectent le type des fièvres continues, avec des rémissions plus ou moins marquées. Elles revêtent deux types différents, souvent combinés : la fièvre gastrique et la fièvre bilieuse. Dans la première, le frisson du début manque le plus souvent ( fièvre chaude). La seconde est caractérisée par un frisson violent {fièvre froide). Dans la lièvre rémittente, d’intensité moyenne, on observe de l’embarras gastrique, des vomissements, de la céphalalgie, un teint ictérique, des urines colorées. Le malade est anxieux, quelquefois délirant. Elle peut se transformer en tievre intermittente. Dans les formes graves, la fièvre rémittente s'accompagne tantôt d’un état typhoïde grave, avec des hémorrhagies multiples, tantôt de symptômes cholériformes avec des abcès du foie, de la gangrène des exlrémités. Elle entraîne souvent la mort.

3° Accidents pernicieux. — ils peuvent venir compliquer les deux formes de fievres palustres que nous venons d’exposer. Ces accidents sont très rares à Paris ; on ne les observe guère que dans les régions tropicales, aux Indes, au Sénégal. Ils revêtent des formes différentes. Dans la forme algide, la peau devient livide, glaciale, les extrémités sont froides, le pouls est petit et lent: la mort est souvent le résultat de ce refroidissement. Dans la forme comateuse, les malades tombent dans la somnolence, puis dans un coma profond, pouvant durer 24 ou 48 heures. Dans la forme diaphor étique, le stade de sueurs ne provoque pas de soulagement au malade qui tombe rapidement dans le callapsus. On observe encore des formes convulsives , délirantes, syncopales, hémorrhagiques. Les fièvres pernicieuses s’accompagnent parfois de complications pulmonaires graves (pneumonie, pleurésie.)

4° Cachexie palustre. — La cachexie palustre est,

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pour ainsi dire, l’aboutissant des divers accidents de l’infection paludéenne. Les malades maigrissent rapidement, l’anémie est le symptôme dominant. La peau est sèche, pâle, terreuse. On observe des hémorrhagies multiples, de l’œdème des extrémités, de l’anasarque, de l’albuminurie. La rate et le foie sont hypertrophiés. Les malades sont tristes, plongés dans un profond marasme et indifférents à tout ce qui les entoure. Ils succombent souvent aux progrès incessants de la cachexie.

Les fièvres intermittentes entraînent rarement la mort; mais les accidents pernicieux, les fièvres rémittentes graves, surtout la cachexie palustre, dans les pays chauds, enlèvent un grand nombre de malades.

Les travaux d’assainissement constituent un des moyens les plus puissants de diminuer la fréquence des fièvres palustres. De nombreux pays, autrefois ravagés par l’impaludfsme , sont aujourd'hui complètement assainis par le dessèchement des marais et la culture du sol. Une nouvelle ère de prospérité s’est ouverte : la santé et la richesse ont succédé à de longues périodes de déchéance et de misère humaines. Cependant, on ne doit pas exécuter ces travaux pendant l’époque des épidémies, c’est-à-dire en automne. C’est en effet, à cette époque, que l’intoxication palustre présente son maximum de fréquence et de gravité. Cette explosion automnale est généralement précédée par des fièvres moins graves.

Il faut fuir les plaines, pendant les épidémies, et gagner les lieux élevés. Pendant la saison des fièvres, les habitants de l’Inde anglaise gagnent les sanatoria de l’Ilimalaya et les Arabes vont chercher un refuge dans la montagne. L’élément contagieux est, en effet, pesant. Il s’élève peu au-dessus du sol. On rapporte l’histoire d’une famille dont les membres qui habitaient le rez-de-chaussée furent atteints de fièvres intermittentes, tandis que ceux qui occupaient les étages supérieurs furent épargnés. Il est aussi peu diffusible : un bois, un rideau d’arbres suffisent parfois à l’arrêter. Aussi a-t-on préconisé les plantations d’arbres. M. Frémy, dans un rapport (1869), signale l’heureuse influence des plantations d’eucalyptus, en Algérie. Il ne faut pas voir là une influence spécifique, occulte. L’eucalyptus produit ces heureux résultats en modifiant promptement le sol, grâce à la rapidité de sa croissance. Lorsqu’on habite un pays marécageux, il est bon de prendre chaque jour, 0,20 ou 0,30 centigrammes de sulfate de quinine ou de vin de quinquina. On évitera la rosée du matin et le soir après le coucher du soleil. Il sera utile de faire bouillir l’eau destinée à l’alimentation.

Le quinquina et les sels de quinine constituent les médicaments spécifiques de l’infection palustre. Dans les fièvres intermittentes simples, on prendra pendant 5 ou 6 jours, 0,60 ou 0,80 centigrammes de sulfate de quinine, en cachets ou mieux sous forme de capsules Pelletier , à deux heures d’intervalle et au moment le plus éloigné de l’accès à venir. Dans les fièvres rémittentes, on prendra 0,60 à 0,80 centigrammes de sulfate de quinine, matin et soir, et on aura soin de continuer pendant quelques jours après la cessation de la fièvre. Dans les accidents pernicieux, il faut agir rapidement et donner,

en plein accès, 1er, 60, 2 et même 3 grammes de sulfate de quinine. Lorsque le sulfate de quinine est mal supporté, on peut lui substituer le lactate ou le bromhydrate de quinine. On peut aussi donner la quinine en lavements (1 gr. ou 1 gr. 50 pour un demi-lavement). La quinine peut se donner en injections hypodermiques. Gubler prescrit la solution suivante:

Eau distillée 10 grammes.

Alcool 4 —

Bromhydrate de quinine .... 2 —

Le contenu d’une seringue de Pravaz représente 0, 20 centigrammes de sel. Ce procédé est précieux dans les accidents pernicieux où il faut agir rapidement. On doit avoir soin, pour pratiquer une injection, d’enfoncer l'aiguille de la seringue profondément dans le tissu cellulaire, pour éviter la formation d’abcès.

Dans l’impaludisme chronique, l’anémie et la cachexie palustre, le quinquina doit être préféré au sulfate de quinine. On pourra lui adjoindre le fer. Pour le choix des préparations, nous prions le lecteur de se reporter au mot anémie. On se soumettra, en même temps, à un régime tonique. Enfin, si malgré tous ces soins, la cachexie persiste, il ne faut pas hésiter à changer de résidence, c’est un parti héroïque, mais il assure la guérison, si on a su le prendre assez tôt. Dr Louis Thomas.

PANARIS. — On appelle panaris l’inflammation des parties molles des doigts. Selon les parties affectées, on divise le panaris en plusieurs espèces : le panaris superficiel, le panaris sous-cutané et le panaris profond.

1° Panaris superficiel. — Désigné encore sous le nom de tourniole ou de panaris sous-épidermique, le panaris superficiel consiste en une inflammation de la surface du derme, avec production de pus. Le liquide purulent soulève l’épiderme quelquefois dans une étendue considérable, et tend à faire le tour du doigt. Il envahit parfois la matrice de l'ongle et détermine la chute de celui-ci, s’il séjourné en ce point pendant un certain temps. Lorsque l’épiderme est déchiré pour laisser écouler le pus, on constate souvent la présence d’une plaie bourgeonnante. Cette forme de panaris est de courte durée, et ne présente aucune gravité.

2" Panaris sous-cutané. — Le panaris anthracoïde est une variété du panaris sous-cutané. Il siège sur la face dorsale et, de préférence, au niveau de la première phalange : c’est un véritable furoncle.

Le vrai panaris sous-cutané siège à la face palmaire du doigt, dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Les causes sont des contusions, des écorchures, des piqûres; il succède quelquefois au panaris superficiel.

Les symptômes sont les suivants : douleurs très vives, lancinantes, d’autant plus intenses que l’inflammation est plus profonde et plus étendue ; gonflement inflammatoire du doigt; rougeur et chaleur des téguments; parfois symptômes généraux fébriles.

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La terminaison, si l’on n’intervient pas activement, est la suppuration. Le pus se porte dans le tissu cellulaire sous-cutané, perfore la peau et soulève l’épiderme, pour 'être versé ensuite à l’extérieur. «

Les complications sont graves. Le plus ordinairement, s’il s’agit de la troisième phalange, l’inflammation gagne le périoste et l’os; il en résulte une nécrose de la phalangette, qui entretient une suppuration interminable jusqu'à ce que l’os soit éliminé. A la suite de cette élimination, le doigt est plus court.

Si le panaris siège à la première ou à la deuxième phalange, l’inflammation se propage à la gaine tendineuse et aux articulations; il peut en résulter une roideur articulaire, un phlegmon diffus, par propagation de l’inflammation le long de la gaine du muscle, et consécutivement, si le malade guérit, une rétraction permanente des doigts. Le ten- • don peut s’exfolier : le doigt sera alors en extension permanente; il deviendra très gênant, et souvent on sera forcé de recourir à l’amputation.

Une complication redoutable consiste dans la gangrène. Celle-ci se montre dès le début ; il se forme de larges eschares, et les gaines tendineuses mises à nu subissent des altérations consécutives graves.

Le traitement du début réclame l’emploi de moyens qui tendent à la résolution. Le plus souvent, ils échouent; il faut le plus tôt possible inciser le point enflammé. On doit diviser profondément, en ayant soin toutefois de ne pas ouvrir les gaines tendineuses. Si la phalangette est déjà nécrosée lorsqu’on voit le malade, il faut l’extraire au plus vile par l’ouverture fistuleuse, si elle est mobile. Lorsqu’elle est encore adhérente, il faut attendre quelque temps. Quelquefois, en effet, l’extrémité seule de la phalangette se nécrose et est éliminée.

3° Panaris profond. — 11 siège dans les gaines tendineuses des doigts; il succède au panaris souscutané, ou bien il se développe primitivement en ce point. On conçoit qu’une piqûre, une plaie, une brûlure, puissent atteindre les gaines tendineuses.

Les phénomènes qui se produisent varient selon le doigt malade. Si l’indicateur, le médius ou l’annulaire sont affectés, l’inflammation éprouve un temps d’arrêt au niveau de la racine des doigts, et la maladie peut se borner là; il arrive que l’inflammation se propage au tissu cellulaire de la main, %pour former un phlegmon. Lorsque le pouce ou l’auriculaire se trouve affecté, l’inflammation se propage rapidement au tissu cellulaire de l’éminence thénar ou hypothénar, le phlegmon se développe, en sorte qu’on peut dire que le panaris du petit doigt et du pouce est plus grave que celui des autres doigts. Cette différence est due à la disposition des gaines tendineuses. On sait, en effet, que les gaines des tendons du pouce et du petit doigt se prolongent vers les éminences thénar et hypothénar, tandis que celles des autres doigts ne dépassent pas la première phalange.

Du reste, les suites sont les mêmes que celles du panaris sous-cutané compliqué d’inflammation des

gaines. Dans presque tous les cas, le doigt reste difforme.

Le traitement est le même que celui du panaris sous-cutané. Lorsque les os sont profondément atteints, les tendons complètement exfoliés, les parties molles épaissies, indurées, laissent incessamment échapper le pus par des orifices fistuleux, il faut souvent avoir recours à l’amputation , car le doigt est non seulement inutile, mais encore gênant pour le malade, qui ne peut reprendre ses travaux et qui se trouve, en outre, toujours exposé aux accidents qu’entraîne une longue suppuration.

Dr J. -A. Fort.

PANCRÉAS. — Anatomie. — Le pancréas est une glande en grappe composée, destinée à la sécrétion du suc pancréatique, et placée transversalement au-devant de la colonne vertébrale, sur les limites des régions épigastrique et ombilicale.

D’une consistance un peu ferme, cette glande est aplatie d’avant en arrière et allongée dans le sens transversal.

Elle est d’une couleur blanc grisâtre et peu mobile. Sa fixité est due au duodénum, qui entoure complètement sa tète, et au péritoine, qui applique le corps et la tète du pancréas contre la paroi postérieure de l’abdomen. La partie gauche est cependant un peu mobile.

La forme allongée du pancréas et le renflement

Fig. 1014.

Pancréas et duodénum vus par leur face antérieure.

1. Pylore (point de jonction de l’estomac avec le duodénum). — 2. Seconde portion du duodénum. — 3. Troisième portion du duodénum. — 4. Jéjuno-iléon. — 5. Pancréas. On voit que sa tête est enchâssée par les trois portions du duodénum, on a enlevé la partie antérieure de la partie gauche du pancréas afin de montrer son canal excréteur. — 0. Queue du pancréas. — 7,7. Aorte. - 8,8. Artère splénique. - 9,10. Artère pancréaticoduodénale.— 11. Lignes ponctuées marquant le trajet des canaux pancréatique et cholédoque et leur point de jonction. — 12. Canal pancréatique ou de Wirsung. — 13. Artère mésentérique supérieure passant entre le bord du pancréas et la troisième portion du pancréas dont elle marque la limite.

de son extrémité droite ont fait diviser cet organe en partie moyenne ou corps, extrémité droite ou tête, extrémité gauche ou queue. La tête est séparée du corps par une échancrure située sur le bord inférieur de l’organe, échancrure dans laquelle passent les vaisseaux mésentériques supérieurs.

Son poids moyen est de 63 grammes. Sa Ion-

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gueur est de 13 à 16 centimètres, sa hauteur de 4 centimètres, et son épaisseur de 1 1/2 à 2 centimètres.

On lui considère généralement une face antérieure, une face postérieure, un bord supérieur, un bord inférieur, une extrémité droite et une extrémité gauche,

La face antérieure recouverte par le péritoine est en rapport avec la première portion du duodénum et l'estomac dont elle est séparée par l’arrièrecavité des épiploons.

La face postérieure, au niveau de la tête est en rapport avec le tronc de la veine porte et la veine cave inférieure. Au niveau du corps, elle est en rapport avec l’aorte, l’origine de l’artère mésentérique supérieure, la veine splénique et l’origine de la veine porte qui forment, en se réunissant, la splénique et les deux mésaraïques, avec les piliers du diaphragme et la deuxième vertèbre lombaire. Ces rapports, au niveau de la tête et du corps, se font sans intermédiaire du péritoine.

Le bord supérieur est creusé dans sa moitié gauche, d’une gouttière qui loge l’artère splénique, tandis que la veine est en arrière de l’artère et. un peu sur la face postérieure de l’organe. 11 est encore en rapport avec le tronc cœliaque, le lobule de Spiegel, le plexus solaire et une chaîne de ganglions lymphatiques.

Le bord inférieur correspond au bord postérieur du mésocôlon transverse; il est en rapport, de droite à gauche, avec la troisième portion du duodénum, avec les vaisseaux mésentériques supérieurs qui y déterminent une échancrure, et avec l’intestin grêle dont le sépare le mésocôlon transverse.

L’extrémité droite, appelée aussi tête ou extrémité duodénale, est embrassée par le duodénum, qui décrit autour d’elle une courbure en fer à cheval. Ce rapport est intime, car la tête du pancréas est creusée dans le sens vertical d’une gouttière qui reçoit le duodénum, et l’on trouve même quelques grains glanduleux de cet organe s’insinuant entre les éléments qui constituent cette portion d’intestin.

L’extrémité gauche ou queue, est ordinairement effilée, quelquefois arrondie. Elle est en rapport avec la face interne de la rate, à laquelle elle est unie par un petit repli séreux, épiploon pancréaticosplénique, dans lequel on trouve quelques ganglions lymphatiques. Elle est encore en rapport avec l’artère gastro-épiploïque gauche, qui passe au-devant d’elle.

Structure du pancréas. — Le pancréas se compose d'un tissu propre, d’où naît un canal excréteur, de vaisseaux et de nerfs.

Le tissu propre du pancréas, analogue à celui des glandes salivaires, est entouré d’une enveloppe cellulo-fibreuse qui envoie des prolongements entre les lobules. Ce tissu est formé de petites masses ou lobules d'où partent de petits conduits qui vont se rattacher au canal excréteur commun, comme les grains de raisin se rattachent à la grappe. De même que toutes les glandes en grappe, le pancréas présente des acini ou grains glanduleux, d’où partent des conduits sécréteurs. Ces acini sont remar-

quables par leur volume; les culs-de-sac qui les constituent sont beaucoup plus gros que ceux des glandes salivaires.

Les conduits sécréteurs se jettent dans de plus gros conduits dont la structure change, et qui ont pour fonction de charrier le produit de la sécrétion. Ces conduits excréteurs se jettent dans un canal commun, situé au centre même de la glande, qui parcourt celte glande de la queue vers la tête, plus près de la face antérieure, et qu’on appelle canal pancréatique ou de Wirsung. Ce conduit augmente de volume à mesure qu’il se rapproche du duodénum ; il reçoit, chemin faisant, les petits conduits qui viennent des lobules du pancréas et se jette, en s’inclinant en bas, dans la deuxième portion du duodénum, au niveau de l’ampoule de Vater. Au moment où il atteint le duodénum, il s’accole au canal cholédoque et soulève avec lui la tunique muqueuse de cet intestin. Ils s’ouvrent isolément dans la cavilé de l’ampoule de Vater, le cholédoque en avant de l’autre; là, un éperon sépare l’embouchure du canal de Wirsung de celle du canal cholédoque, qui est plus large.

Indépendamment du canal de Wirsung, on trouve souvent un canal pancréatique accessoire. C’est un petit conduit qui a le tiers du calibre du conduit principal, et qui est situé dans la tète du pancréas, au-dessus de l’autre. Ce conduit s’ouvre par son extrémité gauche dans le conduit principal, et par son extrémité droite dans le duodénum, à 2 centimètres au-dessus de l’ampoule de Vater.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères du pancréas viennent de plusieurs sources. Quelques-unes, peu volumineuses, sont fournies par l'artère splénique, et se jettent dans le bord supérieur du pancréas; une plus considérable vient de la pancrèatico-duodénale, branche de la gastro-épiploïque droite, et se distribue à la tête du pancréas; enfin la mésentérique supérieure fournit deux branches, l’une qui se rend à la tète et l’autre au corps de la glande.

Les veines suivent le trajet des artères et vont se jeter dans des troncs qui concourent à la formation de la veine porte.

Les lymphatiques se jettent dans les nombreux ganglions que l’on trouve sur les deux bords et aux extrémités du pancréas.

Les nerfs viennent tous du plexus solaire, ils arrivent au pancréas par la voie des artères qui leur servent de soutien. Dr j.-a. Fort.

PANCRÉATINE. — La pancréatine, dont le nom

est inséparable de celui de Defresne, le savant pharmacien à qui revient l’honneur de l’avoir, le premier, isolée du suc pancréatique, à l’aide de procédés spéciaux fort ingénieux, se présente sous la forme d’une poudre jaune pâle, visqueuse, d’une odeur forte, d’une saveur franche, très soluble dans l’eau. Elle possède le même pouvoir digestif que le suc pancréatique dont elle en est le principe actif, et en plus elle à la propriété de se conserver indéfiniment sans altération, tandis que le suc pancréatique se corrompt en été dans l’espace de cinq à six heures. En outre, contrairement à ce qu’on avait prétendu, la pancréatine, administrée à l’intérieur,

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ne se trouve pas altérée par l’acidité du suc gastrique : elle n'a rien à redouter de son séjour dans le chyme qui ne contient que des acides organiques, et lorsque la, neutralisation du chyme s’est opérée, elle retrouve toute son activité dans le duodénum pour concourir à la digestion intestinale. Tout cela résulte des expériences aussi nombreuses que variées entreprises par Defresne depuis 1871 et consignées dans plusieurs mémoires remarquables communiqués à l’Académie des sciences en 1871, 1879, 1880 et 1886.

Grâce aux admirables travaux de Cl. Bernard, Bouchardat, Sandras, Corvisart, Brinton et autres savants physiologistes, l’action du suc pancréatique sur les substances alimentaires est parfaitement connue. Ce produit de sécrétion ne se borne pas à rendre absorbables les corps gras qu'il émulsionne en les dédoublant en acides gras et en glycérine, c'est-à-dire qu’il façonne en aliments thermogènes de premier ordre destinés à répandre la chaleur et l'énergie vitale dans tous les replis de notre organisme, mais encore il agit sur les matières féculentes et albuminoïdes qu’il achève de transformer les unes en glucose (diastase salivaire), les autres en peptone (suc gastrique), ou en d’autres termes en substances d'une absorption facile, essentielle à la nutrition de tous les tissus organiques. En un mot, la pancréatine révise tout le bol alimentaire, dissout tous les aliments quels qu’ils soient; aucune autre sécrétion de l’économie ne possède celte merveilleuse propriété; sous son influence, la graisse, les farineux, le pain, la viande, tous les aliments, dis-je, sont digérés et rendus assimilables. La pancréatine possède donc dos avantages immenses sur laiplupart des autres produits que la science thérapeutique peut mettre en usage. Veillant en souveraine sur tous les actes de la digestion, elle régularise toutes les fonctions de cet appareil et en rétablit le mécanisme lorsque des causes diverses l’ont dérangé.

Ces conditions exceptionnelles ont attiré l’attention des médecins. Des expériences ont été entreprises dans plusieurs hôpitaux de Paris par les professeurs Potain et Gubler, par Guéneau de Mussy, Moissenet, Gallard, Isambert, Dujardin-Beaumetz, Iluchard, etc., et partout les résultats cliniques ont été satisfaisants. Sous l’influence de la pancréatine Defresne, les dyspepsies anciennes ou récentes, de n'importe quelle nature, acides ou flatulentes, se sont rapidement améliorées, les forces sont revenues, une santé parfaite a pris la place de dérangements habituels. C'est surtout dans les dyspepsies chloro-anémiques, les dyspepsies hystériques, les maladies de langueur, les vomissements incoercibles, les constipations, que la pancréatine a donné les plus beaux succès, aidée ou non du fer, du quinquina et des principaux toniques. Elle peut en outre, dit le professeur Gubler dans ses commentaires du Codex, «rendre des services dans toutes les affections chroniques où la nutrition est languissante, et spécialement dans la phthisie pulmonaire, où elle permet l’administration et l’absorption de quantités considérables d’huile de foie de morue qui, sans cela, ne seraient pas tolérées. » Ce qui a suggéré à Defresne de préparer

de l’huile de foie de morue pancréatique {y. Morue).

En définitive, la pancréatine est un inéd'cament très précieux pour la thérapeutique, à laquelle il rend chaque jour les services les plus signalés, grâce à sa remarquable puissance digestive, et son usage est répandu partout.

La pancréatine s’administre sous des formes variées et Defresne, pour répondre à toutes les indications, prépare une poudre, des pilules, un élixir et un sirop de pancréatine (V. Dpfresne). Mais la poudre et les pilules de pancréatine Defresne sont les deux formes les plus usitées. D’après le professeur Engesser, de Stuttgard, lorsqu’on désirera remonter les sécrétions salivaires, pancréatiques et peut-être pepsiques, il faudra donner la pancréatine en poudre à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme au commencement du repas; lorsque l’on voudra agir sur la digestion en cours, il sera bon d’administrer 4 ou 5 pilules de pancréatine après le repas.

Dr Marc. Camboulives.

PANCRÉATIQUE (suc). — On donne le nom de suc pancréatique au produit de la sécrétion du pancréas (V. ce mot), qui, au moment de la digestion, est versé par l’intermédiaire du canal de Wirsung, dans le duodénum. C’est un liquide transparent, incolore, inodore, légèrement salé, à réaction alcaline, filant et gluant, qui se coagule par la chaleur. Il jouit de la propriété d’émulsionner les corps gras et joue un rôle très essentiel dans la digestion de ces corps gras et des féculents. Cette propriété et le rôle du pancréas, découverts par Claude Bernard, sont dus à un ferment appelé 'pancréatine (V. ce mot). p. l.

PANDICULATION. — On désigne sous ce nom, un mouvement automatique des bras qui s’élèvent et se tendent, tandis que les membres inférieurs se raidissent et que la tête et le tronc se renversent en arrière, et que le dos se cambre. La pandiculation est souvent accompagnée de bâillements. Elle est chez l’individu bien portant, un signe de besoin de sommeil. p. l.

PANÉE (eau). — L’eau panée n’est autre chose qu’une décoction de pain, qui constitue une tisane féculente légèrement nutritive et dune digestion facile, surtout si on la prépare avec du pain rôli. Elle se boit seule ou additionnée de lait. Le professeur Fonssagrives s’en servait souvent comme véhicule du lait de poule (V. ce mot), afin de le rendre plus nourrissant. p. L.

PANNICULE. — Nom donné par les anatomistes à la couche cellulo-graisseuse qui se trouve à la face profonde de la peau, dans toutes les régions du corps, les paupières, le pénis et le scrotum exceptés. P. L.

PANNES. — Nom donné par les ophthalmologistes à la kératite vasculaire (V. Kératite), p. l.

PANSEMENTS. — Les pansements sont des moyens thérapeutiques destinés à protéger les plaies et à favoriser leur guérison.

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On peut diviser les nombreux modes de pansements en un certain nombre de groupes principaux : 1° Pansements indifférents ; 2° pansements protecteurs ; 3° pansements à l'alcool; 4* pansements par occlusion pneumatique ; 5° pansement ouaté; 6° pansements antiseptiques.

\° Pansements indifférents. — On désigne sous ce nom les pansements destinés seulement à mettre la plaie à l’abri des agents extérieurs. Ils sont applicables à toutes les plaies superficielles qui ont une tendance naturelle à se cicatriser rapidement. Avant d'appliquer le pansement, il faut avoir soin de débarrasser la plaie, à l’aide de lavages ou succions, des corps étrangers qui peuvent s’y trouver.

Pansement simple. — Ce pansement a pour but de soustraire les plaies au contact de l’air. On a employé les huiles, les graisses, le beurre, etc. Mais ces substances ont été remplacées par le cérat (V. Ce mot). Pour faire ce pansement, on prend un linge criblé de trous, linge fenëtré, sur lequel on applique une couche de cérat, à l’aide d’une spatule. On place sur la plaie le côté enduit de cérat, et on dépose au-dessus de la charpie ou des compresses. Mais ce pansement a l’inconvénient de favoriser la suppuration. De plus, le cérat s’altère facilement et joue le rôle d’une substance irritante. On lui a préféré la glycérine ou les glycérolés et la vaseline.

Pansements à Veau. — Depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, l’eau a été employée dans le pansement des plaies. Hippocrate, Galien, Ambroise Paré, Malgaigne se servirent de l’eau sous forme de lotions, d’injections, d’applications locales à l’aide de compresses, de douches, de bains locaux, et .surtout sous forme d'irrigation continue. Cette dernière méthode consiste à faire couler, d’une façon uniforme et continue, de l’eau sur les plaies. Il suffit de placer, au-dessus de la région malade, un sceau contenant de l’eau et muni d'un siphon pour l’écoulement du liquide. L’eau est reçue dans un récipient quelconque, placé au-dessous de la partie malade. L’eau abaisse la température, calme l’inflammation et modère la douleur.

Pansement au diachylon. — Ce pansement rend de grands services dans les cas de plaies contuses des doigts. Voici comment on l'applique. On taille cinq ou six bandelettes de diachylon ayant deux fois la longueur du doigt; on les dispose longitudinalement de façon à recouvrir entièrement l’extrémité digitale, puis on applique par dessus, des bandelettes qu’on roule autour du doigt, en commençant par l’extrémité. Ce pansement ne se renouvelle que tous les cinq ou six jours, à moins que le blessé n’accuse une douleur trop vive.

2° Pansement à l’alcool. — L’usage de l'alcool se trouve déjà indiqué dans les livres hippocratiques. Les anciens avaient remarqué qu il diminuait la suppuration. Les plaies pansées avec de l’alcool cicatrisent lentement, mais on n’observe pas de lymphangites ni de fusées purulentes. Appliqué à la surface des plaies, l’alcool exerce une double action : une action générale, tonique et stimulante, une action locale, bien étudiée par Gosselin, action

coagulante et antiputride. Il détermine une couche de sang coagulé qui protège la surface de la plaie et permet aux bourgeons charnus de se développer. Le pansement à l’alcool a l’inconvénient d’être douloureux. On emploie de l’alcool à 90 degrés. Avant d’appliquer le pansement, il faut laver soigneusement la plaie avec de l’alcool pur, puis on applique alors des compresses de tarlatane pliées en quatre ou en huit et imbibées d’alcool. On place pardessus un morceau de taffetas gommé, destiné à empêcher l’évaporation si rapide de l’alcool; on maintient le pansement en place à l’aide d’une bande. Les compresses seront renouvelées toutes les vingt-quatre heures.

3° Pansement par occlusion pneumatique. — Jules

Guérin est l’auteur de celte mélhode destinée à obtenir une occlusion rigoureuse des plaies et à supprimer ainsi la suppuration. L’appareil qu’il a imaginé se compose d’un manchon en caoutchouc, dont l’une des extrémités ouverte s’applique sur la région malade, tandis que l’autre est munie d’un tube qui se relie à un vaste récipient métallique. On fait le vide dans le récipient à l aide d’une pompe aspirante, puis on le met en communication avec le manchon qui, grâce à la pression atmosphérique, vient s’appliquer exactement sur la plaie.

4° Pansement ouaté. — Ce mode de pansement, inventé par un chirurgien français , Alphonse Guérin, a donné les résultats les plus favorables. Pasteur avait démontré que la fermentation et la putréfaclion se produisent sous l’influence de corpuscules microscopiques répandus dans l’atmosphère. A. Guérin, admettant que l’infection purulente est due au dépôt, sur les plaies, de ces germes contenus dans l’air, eût l’heureuse idée de filtrer l’atmosphère à travers une épaisse couche d’ouate. Il faut que cette ouate n’ait jamais servi, qu’elle soit vierge. Selon A. Guérin, le volume des parties recouvertes par ce pansement doit être triple de leur volume normal et la ouate doit former une couche uniforme dépassant les limites de la plaie. Ce pansement est maintenu par des bandes de toile qu’on applique avec force, de façon à déterminer une compression énergique. 11 doit rester en place, si le malade ne souffre pas, pendant trois semaines environ Lorsqu’on l’enlève, on ne retrouve qu’une petite quantité de pus. Les opérés conservent un bon appétit, la fièvre traumatique manque le plus souvent et la douleur est généralement nulle. Si l’on s’aperçoit que les bandes se tachent de pus, il faudra appliquer par-dessus une nouvelle couche de ouate et des bandes.

5° Pansements antiseptiques. — La méthode antiseptique a pour but la destruction des microbes atmosphériques. Du jour où l’on comprit que les plaies étaient des voies d’absorption dangereuses, et où la doctrine de l’absorption fut nettement établie, de nouvelles indications dans le pansement des plaies surgirent d’elles-mêmes. L’idée de s’opposer à l'infection purulente à l’aide de l’acide phénique ou d’autres antiseptiques n’appartient pas, comme on se plaît à le répéter trop souvent, au chirurgien anglais Lister. La méthode antiseptique est basée sur des découvertes françaises, c’est aux chirurgiens français qu’appartient l’honneur d’avoir em-

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ployé, les premiers, l’acide phénique comme agent destructeur des microbes, et Lister n'a fait qu’apporter quelques modifications dans l’application de la théorie antiseptique. Ce sont ces modifications que l’on décrit habituellement sous le nom de pansement de Lister.

Pour que l’antisepsie soit rigoureuse, il convient d’observer certaines précautions avant d’appliquer le pansement dit de Lister. S’il s’agit d’une plaie opératoire, on commencera par laver avec une solution phéniquée à 5 p. 100 la région du corps où l’on doit opérer. Les mains de l’opérateur, celles de ses aides, les instruments et les pièces de pansement seront trempées dans une solution phéniquée. Pour éviter que, pendant l’opération, de nouveaux germes atmosphériques ne se déposent sur la plaie, Lister recommande de projeter à l’aide d’un vaporisateur, un nuage de cette solution. La ligature des artères se fera avec du catgut phénique. Le catgut est fait avec de l’intestin grêle de mouton; il présente l’avantage de se résorber dans la plaie. Le pansement se compose des pièces suivantes : on applique d’abord sur la plaie un morceau de proteclive[ soie verte huilée), préalablement trempée dans une solution d’acide phénique à 2,50 p. 100. Poison place une pièce composée de huit feuilles de gaze superposées. Celte gaze antiseptique est fabriquée avec de la tarlatane phéniquée; enfin , on place entre la septième et la huitième couche de gaze, le mackintosch, sorte d’imperméable destiné à empêcher l’écoulement du liquide au dehors; on a soin de tourner du côté de la plaie la face du mackintosch unie et glacée. On fixe le pansement à l’aide d’une bande de toile ou de tarlatane qu’on trempe dans une solution phéniquée avant de l’appliquer. S’il s’agit d’une plaie consécutive à un traumatisme quelconque, avant d’appliquer le pansement, on retirera les corps étrangers qui pourraient s’y trouver (débris de vêtements, de linge, etc.), et on aura soin de désinfecter la plaie en la lavant avec j une solution antiseptique.

Le pansement que nous venons de décrire, a subi certaines modifications entre les mains des chirurgiens. C’est ainsi que d’autres préparations antiseptiques ont été substituées à l'acide phénique, à cause des inconvénients que présente ce dernier. En effet, il faut éviter d’appliquer sur les plaies étendues des solutions phéniquées trop concentrées. Ces solutions peuvent produire, par absorption, des accidents graves. L’accélération du pouls, son affaiblissement, du refroidissement, tels sont les symptômes de l’intoxication phéniquée.

Les principales substances employées à la place de l’acide phénique sont : le Phénol-Bobæuf, le coaltar sapuniné de Le Beuf,V essence de gaultheria, l 'acide borique, l 'acide thymique, le vinaigre de Pennés, le sublimé, le permanganate de potasse, le chloral, Xiodojorme.

Pansement au Phénol-Bobæuf. — Le Phénol-Bobœuf constitue un topique désinfectant très remarquable pour le pansement des plaies, qu’il n’irrite pas. On l’emploie en dissolution dans la proportion de 1/4 à 1/20. Son odeur, fortement pénétrante, se substitue presque immédiatement à celle des plaies.

Dictionnaire populaire ue Médecine usuelle.

Il peut très avantageusement remplacer l’acide phénique.

Pansement au coaltar saponiné Le Beuf. — Le coaltar saponiné de Le lîeuf, mélangé à une plus ou moins grande quantité d’eau, est aussi un produit très employé pour le pansement des plaies. Il jouit de propriétés antiseptiques remarquables; il maintient les plaies très propres, exerce une action légèrement stimulante sur les tissus, sans que jamais cette excitation aille jusqu’à l’irritation; il n’occasionne pas de douleur la plupart du temps, et il n’est pas toxique.

Pansement à l’essence de gaultheria. — Ce pansement présente l’avantage de n’être ni toxique, ni caustique et de répandre une odeur agréable. Il existe deux solutions : la première ou solution forte, contient 5 grammes de gaultheria pour 150 grammes d’alcool à 60 degrés; la seconde, solution faible, renferme 2 gr. 50 d’essence de gaultheria pour 150 grammes d’alcool à 45 degrés. Le prolesseur Gosselin et A. Bergeron ont obtenu d’heureux résultats avec ce mode de pansement. Voici comment on l’emploie. On lave soigneusement la plaie avec la solution forte, on applique des compresses de tarlatane imbibées de celte solution, puis on dispose par-dessus une couche de tarlatane trempée dans la solution faible. On recouvre le tout d un morceau de taffetas gommé et on fait tenir le pansement avec des bandes de tarlatane.

Pansement à l’acide borique. — L’acide borique jouit de propriétés antiseptiques remarquables. On l'emploie pour le lavage des plaies ou en injections dans les trajets fistuleux, lorsqu’on craint 1 intoxication phéniquée. On prépare des solutions aqueuses à la dose de 2 ou 3 grammes d’acide borique pour 100 grammes d’eau. On l’emploie aussi sur les plaies en voie de cicatrisation ou sur les brûlures, associé à de la vaseline, à la dose de 4 grammes d’acide borique pour 30 grammes de vaseline.

Pansement à L'acide thymique. — Cet acide s’emploie en solution au millième. Il possédé une odeur agréable et peut rendre des services dans les cas de plaie sans gravité.

Pansement au vinaigre de Pennés. — Le vinaigre de Pennés est un excellent désinfectant des plaies odorantes ou putrides, en l’employant mélangé d’eau dans les proportions des trois quarts et des quatre cinquièmes ( eau 4, vinaigre 1). Il constitue aussi un très bon pansement des plaies accidendentelles ou d’amputation. Il a sur beaucoup d’autres liquides antiseptiques l’avantage qui n’est pas à dédaigner, de dégager une odeur agréable.

Pansement au sublimé. — Le sublimé (bichlorure de mercure), a été récemment introduit dans la pratique chirurgicale. C’est un des antiseptiques les plus puissants. On l'emploie en solution selon la formule suivante :

Eau 900 grammes.

Alcool 100 —

Sublimé 1 —

On s’en sert pour laver les plaies et pour les panser en y appliquant des compresses de tarlatane imbibées dans cette solution et recouvertes d'un morceau de taffetas gommé. Mais de même que

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