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l’acide phénique, le sublimé doit être employé avec une certaine prudence, car il peut donner lieu à des accidents toxiques.
Pansement au permanganate de potasse. — Ce produit s'emploie à la dose de 20 grammes pour 1,000 grammes d’eau. 11 est dépourvu d'odeur, mais c’est un puissant désinfectant. Si on arrose avec cette solution une plaie dont la suppuration présente une odeur fétide (cancers du col de l’utérus, cancers ulcérés des seins), on constate que cette odeur disparaît. Mais cette action désinfectante s'épuise vite, aussi doit-on renouveler fréquemment ce pansement.
Pansement ou ehtorul. — On se sert du chloral surtout, à la dose de 1 gramme pour 100, en applications sur les plaies des muqueuses. Il agit comme antiseptique et calme la douleur locale. 11 est sur tout précieux comme gargarisme contre la fétidité qui se développe à la suite des opérations pratiquées dans la bouche.
Pansement à l'iodoforme. — On emploie l’iodoforme sous forme de poudre répandue à la surface des plaies et on applique par-dessus des compresses de tarlatane imbibées d’une des solutions que nous venons d’indiquer. 11 donne d’excellents résultats dans le traitement des ulcères syphilitiques et dans les cas de cancers ulcérés du col de l'utérus. L’iodoforme s’emploie aussi incorporé à de la glycérine. Des crayons d’iodoforme introduits dans des trajets fistuleux produisent fréquemment la cicatrisation. On l’a encore employé sous forme de gaze iodoformée et dissous dans l’éther.
11 résulte des expériences faites pendant la dernière guerre serbo-bulgare, que l'iodoforme est un antiseptique aussi efficace que l’acide phénique ou le sublimé et qu’il possède une action hémostatique incontestable. On doit éviter de répandre 1 îodoforme en trop grande quantité à la surface des plaies présentant une certaine étendue, car son absorption produit des phénomènes de dépression.
Nous sommes loin d avoir épuisé la liste des antiseptiques, nous pourrions en citer bon nombre d autres, mais leur action est encore trop peu connue. Dr PAlIL labarthe.
PAPAÏNE. — Nom donné par Trouette-Perret à un principe analogue à la pepsine animale, contenue dans le suc du curicu-papaïa (V. ce "mot).
PAPIER ÉPISPASTIQUE D’ALBESPEYRES -
(V. ALbespeyres.)
PAPIER FAYARD ET BLAYN. — (Y. Fayard et Blayn.)
PAPIER WLINZY. — (V. XVlinzy.)
PAPILLE. — Nom donné par les anatomistes : 1“ A de petites éminences simples4ou composées de la peau qui contiennent les corpuscules du tact; 2° à 1 épanouissement du nerf optique dans le globe de l'œil (V. Peau, Optique, Œil). P. L.
PAPILLOMES. — Les papillomes sont des tu-
meurs formées par l’hypertrophie des papilles normales reposant sur un tissu normal. Les plus fréquents sont les cors, les verrues, les poireaux et les végétations des organes génitaux , souvent désignées sous les noms décrètes de coq ou choux-fleurs.
Fig. lois.
Papillorae de la vulve et du périnée.
Ils se développent, soit sur la peau, soit sur les muqueuses, sous l'influence de pressions répétées, ou par le contact d'un liquide irritant, ou encore sous une influence inconnue. Ces tumeurs ne sont pas dangereuses, mais elles sont souvent très douloureuses. Leur traitement est très variable, mais le meilleur consiste à les détruire au moyen de l'instrument ou des caustiques. p. l.
PAPULE. — On donne ce nom à de petites élevures cutanées, dures, sèches, d’une grosseur variant entre celle d’un grain de millet et celle d'une lentille, ne contenant aucun liquide, ni pus, ni sérosité, et se terminant par résolution ou par une légère desquamation furfuracée. Les papules forment un groupe de maladies delà peau qui comprend le lichen et le prurigo (V. ce mot), p. L.
PARAGENTHÈSE. — Nom donné à une opération chirurgicale qui consiste à pratiquer, à l’aide d’un
Position du trocart pour la paracenthèse.
trocart tenu comme l’indique la figure 1016, une ponction dans la cavité abdominale des individus atteints d’hydropisie ascite, pour la débarrasser par l’évacuation du liquide séreux qu’elle contient. La ponction se pratique d’ordinaire sur le milieu d'une ligne qui irait de l’ombilic à l'épine iliaque antérieure et supérieure. Il faut toujours évacuer le
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liquide très lentement afin d’éviter que le malade ne tombe en syncope. p. l.
PARALDÉHYDE. — La paraldéhyde est un corps solide, cristallisé, qui fond à une température supérieure à 12 degrés, soluble dans l’eau et l'alcool, introduit dans la thérapeutique depuis 1883 par Cervello. C’est un médicament hypnotique dont les effets se rapprochent de ceux de l'opium et du chloral. On l’a employé avec succès à la dose de 2 à 3 gr. contre les insomnies nerveuses et surtout contre celles provoquées par les abus alcooliques ; contre certaines formes d’insomnie avec agitations, qui se rencontrent dans le cours des affections cérébrales. On a aussi constaté ses bons effets dans les crises épileptiques et les manifestations multiples de l’hystérie. p. l.
PARALYSIE. — La paralysie est la diminution ou l'abolition du mouvement. La paralysie véritable présente trois variétés :
1° Elle frappe la moitié droite ou gauche du corps (hémiplégie) (V. ce mot) ;
2° Elle frappe la moitié inférieure du corps (paraplégie) (Y. ce mot) ;
3° Elle est localisée dans une parlie limitée du corps, à une moitié de la face, à une paupière, à un bras, à une jambe, à certaines parties symétriques, à certains muscles, à un organe ( paralysies parti lies).
Quels sont les caractères des paralysies ? — Le
mouvement peut être complètement aboli ou simplement diminué; de là vient la distinction des mots paralysie (perte absolue) et parésie (simple affaiblissement).
La paralysie frappe les muscles de la vie de relation (muscles volontaires), et ceux de la vie orga nique (muscles involontaires) ; son invasion est brusque ou graduelle, sa duree indéfinie ou temporaire; liée en un mot à des causes très diverses, elle suit les destinées de la maladie dont elle est symptomatique.
La paralysie est en général facile à reconnaître : frappe-t-elle les membres, ils ne peuvent exécuter aucun mouvement; vient-on à les soulever, ils retombent comme une masse inerte; existe t-i 1 une simple parésie, il est facile, en faisant marcher le malade, de reconnaître qu’il tire une jambe, qu’il marche en fauchant; ou bien en le priant de vous serrer la main, vous sentez que l’étreinte produite avec la main gauche ou la droite est très inégale.
Les paralysies partielles limitées à la moitié ' de la face, de la langue, du voile du palais, à l’orbiculaire ou au releveur des paupières, etc., sont un peu plus difficiles à diagnostiquer; souvent peu appréciables dans l’état de repos, elles deviennent très manifestes dans l’accomplissement des actes auxquels président d’ordinaire les parties paralysées ; ainsi la paralysie de la moitié de la face devient très manifeste lorsque le malade rit, parle, souffle, etc.; la paralysie de la langue se traduit par la déviation de sa pointe, etc.
Deux choses doivent être encore recherchées dans l’étude des parties paralysées: 1° l’état de contrac-
tilité électrique; 2° l'état des mouvements réflexes.
1° Contractilité électrique. — Duchenne a démontré que les muscles paralysés conservent ou perdent la propriété de se contracter sous l’influence de l’électricité, et que dans certains cas, beaucoup plus rares, les muscles perdent leur contractilité électrique tout en conservant leur contractilité ordinaire.
2° Mouvements réflexes. — On donne ce nom à des mouvements qui succèdent à des impressions sans que ces impressions aient été perçues ou senties ; les mouvements réflexes s’observent surtout dans les paraplégies, lorsque la destruction ou la compression d'une partie de la moelle soustrait son segment inférieur à l’influence cérébrale.
Jaccoud a formulé, à cet égard, la loi suivante :
« Les mouvements réflexes sont normaux ou accrus dans les membres paralysés tant que l’influence cérébrale manque seule à ces membres; ils sont affaiblis ou nuis lorsque l’influence spinale leur fait également défaut. » Cette formule est enlièrement applicable aux mouvements provoqués par l’électricité.
Troubles de la sensibilité. — Il est très ordinaire d’observer simultanément la paralysie du mouvement et du sentiment; ainsi vous pouvez irriter, piquer les parties paralysées du mouvement, souvent le malade n’en a aucune conscience, car la sensibilité de ces parties est également éteinte.
Et cependant le malade accuse parfois des douleurs spontanées dans les membres où une exploration attentive a fait constater une anesthésie complète: cet état est désigné sous le nom d’anesthésie douloureuse; il est la manifestation excentrique d’un travail morbide central.
Température. Troubles nutritifs. — La température des membres paralysés a été l’objet de recherches importantes de la part de Charcot, Vulpian, Follet, Lépine, etc.; il résulte de leurs recherches que lorsque la paralysie se rattache à une hémorrhagie cérébrale, surtout lorsque cette hémorrhagie a son siège dans les couches optiques ou les corps striés, il y a élévation relative de la température dans les parties paralysées. Aux mains et aux genoux, cette élévation peut aller jusqu’à 3 ou 4 degrés; dans l’aisselle, elle ne dépasse guère 1°,5 ; mais jamais la température des parties paralysées n’atteint celle des parties centrales. Mais quand la paralysie est ancienne et que ie membre commence à s’atrophier, sa température s’abaisse et devient même inférieure à celle du côté sain.
La nutrition des parties paralysées devient languissante, la circulation s’affaiblit, il survient souvent de l’œdème, la peau est rugueuse; comme dernier terme, on observe l'atrophie.
Le tissu musculaire possède la contractilité ; mais cette contractilité ne peut être mise en jeu que par le système nerveux; de telle sorte que si le système nerveux est altéré ou si ses relations avec les muscles sont interrompues, ces muscles sont atteints de paralysie. Quand, chez un animal, vous coupez un nerf, vous constatez que le mouvement volontaire est aboli dans les muscles innervés par ce nerf; mais ces muscles conservent la propriété
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de se contracter sous l’influence de l’excitation galvanique.
Les nombreuses causes capables de porter atteinte au fonctionnement régulier du système nerveux seront donc des causes de paralysies. Or, pour que le système nerveux fonctionne régulièrement, il faut: 1° qu’il possède son intégrité organique; 2° qu'il reçoive une quantité de sang suffisante; 3° que ce sang ne soit pas altéré; 4° enfin, le système nerveux peut éprouver des troubles fonctionnels qui ne se rattachent ni à une altération organique, ni à un défaut dans la quantité ou la qualité du sang qui le nourrit; c’est ce que l’on observe dans les névroses, etc.
11 suit de là qu’au point de vue pathogénique les paralysies peuvent être divisées en quatre groupes :
1° Paralysies organiques, liées à une altération organique des centres nerveux ou des nerfs;
2° Paralysies ischémiques, liées à l’anémie des centres nerveux;
3° Paralysies dyscrasiques, liées à l’altération du sang qui aborde les centres nerveux;
3° Paralysies . fonctionnelles, c’est-à-dire indépendantes des trois ordres de cause précédents et liées à des névroses, etc.
1° Paralysies organiques. — Elles peuvent se diviser elles-mêmes en deux groupes: dans un cas, l’altération du système nerveux n’est pas primitive, elle succède à l’altération d'un tissu ou d’un organe voisin qui vient agir sur lui par compression; dans le second cas, l’altération frappe de prime abord les centres nerveux.
1" groupe: Altérations consécutives. — La compression des centres nerveux ou des nerfs peut tenir à des causes très diverses, mais qui ont en général pour point de départ une lésion de leurs enveloppes (os et méninges); ce sont : les fractures du crâne, les fractures et les luxations de la colonne vertébrale, etc., les tumeurs de toute nature dont ces os peuvent être le siège (sarcomes, carcinomes, gommes, exostoses syphilitiques, etc.). Les fractures, luxations ou tumeurs des os des membres peuvent également comprimer les nerfs voisins et déterminer des paralysies exactement localisées à la distribution du nerf comprimé.
Ce sont encore diverses altérations des méninges: méningites avec dépôts purulents et fausses membranes, hémorrhagies méningées crâniennes et rachidiennes, tumeurs des méninges, etc.
Enfin, des tumeurs de toute nature, de toute provenance, peuvent comprimer, soit les centres nerveux, soit certains nerfs; de la des paralysies étendues à une grande partie du corps (hémiplégie ou paraplégies), ou circunscrites dans un membre, un organe, etc.
2e groupe : Altérations primitives. — Les lésions organiques primitives des centres nerveux sont les causes les plus ordinaires des paralysies; citons d’abord les hémorrhagies et les ramollissements dn cerveau, les lésions inflammatoires et congestixes (encéphalites, etc.), et les tumeurs de diverses espèces (sarcomes, carcinomes, gommes, tubercules, etc.).
2” Paralysies ischémiques. — Dans ce genre de
paralysies, les centres nerveux ne fonctionnent plus, parce qu’ils ne reçoivent plus de sang : les exemples les plus remarquables de paralysies de ce genre sont les hémiplégies survenant brusquement au moment de la ligature d’une artère carotide primitive ou interne (ainsi qu’on en possède plusieurs exemples), ou au moment où une embolie détachée du cœur vient obstruer, soit une de ces artères, soit plus ordinairement l'artère sylvienne ou cérébrale moyenne. On aurait encore observé des paralysies partielles par oblitération ou compression de l’artère principale d’un membre ou à la suite d’hémorrhagies abondantes; des paralysies par oblitération de l’aorte (Barth et Grisolle).
3° Paralysies discrasiques. — Dans ce genre de paralysies, les centres nerveux ne fonctionnent plus parce qu’il reçoivent un sang altéré. Or, l’altération du sang est tantôt celle qui constitue la chloro-anémie; il est fort rare que cette altération produise des paralysies véritables; tantôt elle tient à la présence d’un élément toxique (plomb, mercure, arsenic, tabac, ergot de seigle); on sait combien sont fréquentes les paralysies saturnines.
4° Paralysies fonctionnelles. — En dehors de toute altération organique, de toute diminution ou intoxication appréciable du sang, on observe certaines paralysies qui se rattachent, les unes à des névroses : telles sont les paralysies hystériques; d’autres à des maladies infectieuses : telles sont les paralysies diph théritiques (si fréquentes après l’angine diplithérilique ou couenneuses) ; d’autres à l’action du froid : paralysie à frigore ou rhumatismales.
Enfin, il est des paralysies liées à certaines maladies cachectiques, paralysies d’ailleurs fort rares (fièvres paludéennes, pellagre, etc.) La paralysie se produit parfois à l’occasion de vers intestinaux.
On a encore observé des paralysies plus ou moins étendues à la suite des fièvres éruptives, de la fièvre typhoïde, du typhus, du choléra, etc. ; Gubler, qui a appelé l’attention sur ces paralysies, ordinairement circonscrites et passagères, les attribue à la débilité de l’économie et il les a désignées sous le nom de paralysies amyotrophiques.
Quel est le pronostic des paralysies? — Nous venons d’exposer les nombreuses causes de paralysies; liées à la destinée des maladies dont elles sont symptomatiques, les paralysies ont donc un pronostic très variable. Quelle différence , par exemple, entre une paralysie faciale à frigore, une paralysie hystérique etc., et une hémiplégie liée à une hémorrhagie cérébrale, etc.!
Comment diagnostiquer une paralysie ? — Un diagnostic complet comprend la solution de trois problèmes :
A. 11 faut reconnaître la paralysie : on y arrive à l’aide de caractères que nous avons indiqués déjà.
B. En reconnaître la cause : (voir les articles consacrés à 1 hémiplégie, à la paraplégie et aux paralysies partielles).
C. Présiser le siège des lésions anatomiques : ce troisième point se confond avec le diagnostic de la cause, il est cependant utile d’en dire quelques mots. Plusieurs cas peuvent se présenter :
1° 11 existe une paraplégie, c’est à-dire une para-
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lysie de la moitié inférieure du corps; on peut, sans hésitation , en placer le point de départ dans la moelle, et la limite supérieure de la paralysie indique à quelle hauteur de la moelle est située l'altération. Il reste, bien entendu, à déterminer sa cause, organique, ischémique, dyscrasique ou fonctionnelle.
2° Il existe une hémiplégie, c’est-à-dire une paralysie de la moitié droite ou gauche du corps; son point de départ siège dans l'hémisphère cérébral opposé au côté paralysé; car, en raison de l’enlre-croisement des pyramides au niveau du bulbe, les nerfs de la moitié gauche du corps se rattachent à l'hémisphère cérébral du côté droit, et réciproquement; mais il est beaucoup plus difficile d’arriver à plus de précision et de localiser la lésion dans les couches optiques, les corps striés, les circonvolulions, etc.
Ces difficultés tiennent d’abord à ce que les attributs physiologiques d’un grand nombre de régions sont encore indéterminées; de plus, il n’existe pas de lignes de démarcation bien nettes entre l’appareil cérébral proprement dit et l’appareil spinal supérieur ; enfin, les maladies de l’encéphale déterminent un grand nombre de symptômes dont la plupart se rapportent à la perturbation générale éprouvée par l’encéphale en entier, et au milieu d’eux on ne peut distinguer les symptômes de foyer sur lesquels repose le diagnostic topographique; ces symptômes de foyer ne se manifestent qu’après la disparition des symptômes apoplectiques.
Cependant on est arrivé à formuler quelques lois en général vraies : a. — Si un hémiplégique a conservé sont intelligence, on peut dire que la lésion occupe les couches optiques ou les corps striés; mais la proposition inverse n’est pas vraie.
b. — La paralysie du mouvement est particulièrement en rapport avec les lésions des corps striés et des pédoncules cérébraux ; de telle sorte que si le malade conserve la sensibilité dans les parties paralysées, on peut diagnostiquer une lésion de ces régions.
La paralysie de la sensibilité est particulièrement en rapport avec une lésion des nerfs optiques et de leurs connexions hémisphériques (Ttirk, Jaccoud).
c. — Une altération exactement limitée aux hémisphères cérébelleux ne détermine pas d’hémiplégie, elle produit un défaut d’équilibre (ataxie ou titubation cérébelleuse) (Hillairet).
d. — Lorsque la paralysie frappe simultanément une paire de nerfs crâniens, surtout les deux faciaux, les deux trijumeaux, les deux hypoglosses, il est bien probable que la lésion frappe les points où les racines de ces nerfs s’entre-croisent, c’est-àdire le bulbe ou la protubérance; or, comme les lésions du bulbe sont rapidement mortelles, on peut localiser la lésion dans la protubérance.
e. — La faculté du langage articulé se rattache à la troisième circonvolution frontale du côté gauche (circonvolution de Broca), de telle sorte que l'impossibilité d’articuler les mots ou aphasie, lorsqu elle existe isolément, indique une lésion de cette circonvolution.
3“ Le diagnostic topographique des paralysies partielles est plus facile. En effet, une paralysie exactement limitée à la distribution d’un nerf indique une lésion de ce nerf, soit dans sa portion périphérique ou spinale, soit dans sa portion centrale ou cérébrale.
Ainsi une hémiplégie faciale exactement limitée à la distribution du nerf facial indique une altération du nerf facial, soit dans sa portion périphérique (et alors la paralysie se trouve placée du côté de la lésion), soit dans sa portion cérébrale (et alors la paralysie se trouve placée du côté opposé à la lésion, etc.).
Les paralysies produites par certaines influences spéciales, telles que les intoxications, frappent de préférence des régions indéterminées; ex. : paralysie des muscles extenseurs de l’avant-bras et du bras dans l’empoisonnement saturnin.
La paralysie isolée d’un membre est souvent en rapport avec la lésion (traumatisme, compression) des filets nerveux qui s’y rendent. Les névroses (hystérie) déterminent fréquemment des paralysies partielles, à invasion et à disparition brusque, paralysies qui peuvent, il est vrai, revêtir la forme hémiplégique ou paraplégique, etc.
Quel est le traitement des paralysies? — Il présente deux indications :
1° Combattre la cause de la paralysie. — Les moyens à employer seront aussi divers que le sont les causes elles-mêmes; il faudra combattre tantôt une hémorrhagie cérébrale, tantôt une compression par fracture, luxation, tumeur, etc.; dans d'autres cas la syphilis, l'hystérie, l’empoisonnement saturnin, etc.
2° Rappeler la contractilité des muscles et prévenir leur atrophie. — Les frictions excitantes et surtout les courants électriques sont les agents les mieux appropriés à ce but; mais leur usage doit être fait avec discernement. ur léon Moynac.
PARALYSIE GÉNÉRALE DES ALIÉNÉS. — On
désigne sous ce nom, ou sous le titre un peu moins impropre de démence paralytique , une inflammation chronique de l'écorce cérébrale, ayant sou siège primitif et essentiel dans les cellules nerveuses et se propageant de là aux tissus environnants .
C’est Bayle qui, le premier, en 1822, a distingué nettement cette maladie des autres ; Calmeil a établi sa nature et proclamé que la lésion principale et primitive n'est pas l’inflammation des méninges, mais bien celle de la couche corticale elle-même. 11 faut citer ensuite les noms de Parchappe et de Baillarger ; puis, dans des temps plus récents, les travaux de Meschede , de Tigges, de Voisin, de Luys, de Magnan, de Clouston, de Crichton -Brown, etc.
Quels sont les symptômes de la paralysie générale? Dans fa première période, que j'appellerai ascendante, prédominent les phénomènes d excitation ; dans la période descendante, au contraire, phase de métamorphose régressive des éléments, la démence et la paralysie.
Pi entière période ou période ascendante. — C’est lentement et par degrés insensibles que la démence paralytique prend possession du malheureux, voué,
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dès lors, à une mort certaine et lamentable. D'abord apparaît l’altération du caractère : le sujet, devenu plus irritable, s’emporte pour la cause la plus futile. C'est, au moins, le cas le plus général ; plus rarement, on voit prédominer l’apathie et, pour employer une expression vulgaire, « l’abrutissement. » Mais, ce qu’il y a de caractéristique, c’est que le malade ne s'aperçoit pas de cette irritabilité ou de celte apathie, et, par conséquent, — bien différent en cela du mélancolique, par exemple, — ne s’en inquiète en aucune façon. Parmi ces troubles du caractère et de l’activité, il faut signaler, dès le début aussi, le besoin de mouvement éprouvé par ces malades. Ils sont infatigables, ne peuvent rester en place : Marcé a vu un propriétaire frotter avec ardeur, faute de pouvoir se livrer à un autre exercice, les meubles et l’escalier de la maison qu’il habitait.
De même, du côté de V intelligence et particulièrement de la mémoire, on observe des altérations en apparence insignifiantes et n’éveillant guère l’attention de l’entourage. Tel malade ne sait plus s’il s’est mis à table pour déjeuner ou pour dîner; tel autre entre dans une chambre qui n’est pas la sienne, s’y installe comme chez lui et ne manifeste pas le moindre étonnement quand on lui signale son erreur. Le même individu s’entretient avec vous de politique, de littérature, d’art, et semble, pourtant, n’avoir rien perdu de ses moyens.
Cependant, on a vu apparaître les premiers Doubles du mouvement. C’est d’abord le tremblement fibrillaire de la langue et des lèvres; puis, bientôt l’embarras de la parole; ces phénomènes, de nature purement psychique, anamnesique au début, prennent bientôt le caractère de troubles psycho-moteurs, avec défaut de coordination dans l’articulation des syllabes. Le malade hésite en parlant, s’arrête à certaines consonnes; puis il en vient à bégayer et finit par bredouiller, à une période plus avancée, d’une façon à peu près inintelligible. Bientôt les membres se prennent; il y a de l'hésitation, de l’indécision dans leurs mouvements; la marche devient irrégulière et, en ce qui regarde les membres supérieurs, le sujet éprouve la plus grande difficulté pour s’habiller. En même temps, l’écriture devient irrégulière et tremblée. On constate aussi, dans plus de la moitié des cas, l’inéga- I lité des pupilles.
L’intelligence et le caractère se détériorent de 1 plus en plus. Le malade, en proie à l’insomnie et à une perpétuelle agitation, gaspille sa fortune, se lance dans les spéculations les plus absurdes : il arrive souvent que tel individu représenté comme étant devenu fou à la suite de « mauvaises affaires », . a fait de mauvaises affaires, au contraire, parce ! qu’il était déjà fou.
« Très souvent alors, presque constamment, dit Schule, s’offre à l’observation du médecin un symptôme qui demeure le fait clinique prédominant et qui met à nu, dans toute sa profondeur, 1* maladie cérébrale existante : je veux parler du | délire des grandeurs des paralytiques... Quant à la question de savoir si ce délire est pathognomo- ■ nique, je répondrai : oui et non. Non, parce que dans plusieurs formes de folie avec exaltation (sur-
tout chez les hystériques), on rencontre un délire des plus exubérants; oui, en tant que ce délire est ici caractéristique.» Au milieu de la divergence d’opinion — divergence non motivée d’ailleurs — qui se produit en ce moment, j’ai tenu à citer ce fragment emprunté à la remarquable description de Schule. Non, il n’est pas vrai que la paralysie générale se caractérise au point de vue des troubles intellectuels, tantôt par le délire des grandeurs, tantôt par l’hypochondrie, tantôt par la démence sim pie, etc. On reconnaît là le procédé de l’École de Paris d’il y a trente ans, de cette école qui se disait baconienne et n’était qu’empirique au plus mauvais sens du mot, se contentant d’étiqueter et d’accumuler les faits, sans raison comme sans mesure. La vérité est que la paralysie générale à forme type, telle qu’on l’observe dans l’immense majorité des cas, s'accompagne de ce délire des grandeurs caractéristique. Et ce qui constitue l’élément propre de ce délire, c’est non seulement son étendue, mais encore sa réalité, oserai-je dire : il n’y a plus de place ici pour le doute ou l’incertitude ; les idées du paralytique sont aussi généralisées, aussi colorées, aussi vivantes que si elles avaient pris naissance dans le monde objectif.
« Le malade, dit Meschede, se voit envahi par une sensation de bien-être inconnu, par une joie incomparable... Les foyers de la vie, les organes de la pensée, à la vitalité desquels est liée l’intelligence et dont le concours organique est indispensable au développement des idées, sont dans un étal continuel d’excitation et de suractivité. Le mouvement, la forme des idées gagnent ainsi en élévation et en puissance; l’idée du moi, de la personnalité, suit la même progression. Et l’on peut dire que le malade, vivant d’une vie exubérante, ressent toutes les joies possibles de l’existence 11 sent en lui une puissance et une faculté d’agir illimitées. Intervertissant le rapport réel entre lui et le monde extérieur, le « moi » grandit, s’élargit, et ne connaît plus de limites... Les idées qui dormaient dans la mémoire à l’état de simples souhaits, de vagues rêveries, de fantaisies de l’imagination, reparaissent et prennent rapidement une apparence de vie et de réalité. Et quelles que soient, du reste, les pensées qui surgissent, elles résonnent toujours à l'unisson du ton dominant, à l’unisson des idées de richesse et de grandeur. » Phénomène bien remarquable et si caractéristique, que ce rapport entre les idées de gloire et de bien-être, et l’irritation des éléments delà pensée, des cellules nerveuses abreuvées d’un sangrutilantetabondammentrenouvelé; phénomène d’ailleurs tout simple et si facile à comprendre, étant donné la réalité des doctrines scientifiques ou matérialistes relatives aux fonctions du cerveau.
De fait, suivant l'expression de Neumann, le paralytique réalise immédiatement tout ce qu’il pense, tout ce qu’il veut, tout ce qu’il souhaite. Il est grand poète, grand musicien, grand général, roi, empereur, Dieu et quelque chose de plus : le « roi des dieux et des hommes » ferait auprès de lui triste figure, llannnond cite dans son ouvage la curieuse et très caractéristique proclamation suivante, rédigée par un paralytique quelque temps avant son entrée dans l’asile :
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« A tous les habitants des États-Unis et des autres pays, salut :
« Moi, John Michler, roi des Tuskaroras et de toutes les îles de la mer, des montagnes, vallées et déserts; empereur des cavernes de diamant, et général en chef des armées des dites cavernes, premier archiduc des belles îles de la mer d’émeraude, grand-prôtre du grand lama, etc., etc., etc., publie cette proclamation. Approchez et écoutez, car le souverain pasteur va parler... Écoulez et obéissez! Mon souffle renverse les montagnes; mes bras robustes broient les forêts éternelles; je suis le propriétaire de toutes les plantations d’ébène, de tous les bois d’acajou; je suis le propriétaire de tout le granit; je suis le propriétaire de tout le marbre; je suis le propriétaire de tous les propriétaires de toute chose. Moi, John Michler, je me mets en face du soleil et de tous les lords soleils et de toutes les planètes de l'univers, et je dis : Écoutez-moi et obéissez!... John Michler, premier consul et dictateur du monde, empereur, pape, roi et lord grand amiral, grand Liconthropon for ever 1 » { Traité de la folie , New-York, 1883, p. 603.)
Deuxième période ou de déclin. — Le délire des grandeurs va toujours crescendo, et une fois l’extrême limite atteinte, la paralysie générale ne reste que bien rarement, dans tous les cas, bien peu de temps stationnaire. Quand elle ne se termine pas au moment de son apogée par une attaque épileptiforme, elle entre toujours, avec plus ou moins de rapidité, dans la phase de régression et de déclin, dont la mort constitue la terminaison inexorable.
« Les orgies du délire des grandeurs, dit Meschede, n'ont point eu lieu impunément... un peu plus tôt, un peu plus tard, vient le moment du bilan définitif, le temps où le déficit s'accuse, où la puissance intellectuelle se trouve tout entière gaspillée, le stock de l’esprit complètement liquidé, et où la banqueroute apparaît inévitable. » Cette banqueroute définitive coïncide avec la destruction moléculaire des cellules qui ne laisse plus de place que pour la démence la plus absolue. Les malades, à l'occasion, causent encore de leurs millions et de leurs diamants; devenus gâteux et assis sur la chai>e percée qui est pour eux le seul siège possible, ils vous parlent parfois de leur « barbe d’or » ou du magnifique carrosse qui les attend à la porte. Mais ce sont les dernieres étincelles apparaissant dans un foyer éteint, les dernières vibrations des cellules non complètement détruites et résonnant de plus en plus faiblement à l'unisson des idées de splendeur et de magnificence des premiers temps.
Bien tôt on voit disparaître les dernières lueurs d'intelligence; les malades ne reconnaissent plus personne, deviennent incapables de manger, mettent en pièces leurs vêtements, leurs draps. Ils finissent par ne plus pouvoir garder ni leurs selles, ni leurs urines, phénomènes qui succèdent d’ailleurs à la constipation et à la rétention. La paralysie gagne en intensité et en étendue. La parole devient de plus en plus inintelligible; dans plusieurs cas, on observe un grincement de dents aussi monotone qu opiniâtre. La sensibilité est diminuée ; il y a des troubles optiques, de l’œdème péripapillaire, parfois
des dégénérescences du nerf olfactif. Les troubles trophiques et vaso-moteurs, dit Schule, ne font jamais défaut ; on note des fluxions vers la tête avec rétrécissement d’une pupille, des rougeurs d'un côté de la face et de l’oreille correspondante, le phénomène de la peau bronzée. On trouve encore, dans un certain nombre de cas, des tumeurs sanguines ou hématomes de l'oreille, etc. Puis apparaissent les eschares au sacrum, et le sujet finit par tomber dans le marasme, avant-coureur de la mort qui vient, un peu plus tôt, un peu plus tard, mettre fin à cette existence purement végétative.
Quelles sont les causes de la paralysie générale? — « Malgré les documents accumulés, disent Christian et Ritli [Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales ), l’étiologie de la paralysie générale est encore le point le plus obscur de son histoire, » ce qui prouve une fois de plus que les faits peuvent s’entasser par monceaux sans rien nous apprendre, lorsque le raisonnement, lorsque l’esprit critique' manque pour les classer et les interpréter. Ajoutons que, dans le cas présent, on s’est, égaré sur la voie de Morel qui, ayant insisté avec tant de raison d’ailleurs, sur le rôle de l'hérédité chez ceux qu’il appelle des dégénérés — monomanes, fous moraux, etc., — a cru devoir appuyer d’autant plus, pour mieux marquer la différence, sur le caractère non héréditaire de quelques autres folies et particulièrement, de Ja paralysie générale.
Cependant l’auteur du remarquable article consacré à cette affection dans le N<<uveau dictionnairede médecine et de chirurgie, A. Foville, n’hésite pas à déclarer qu’une pareille opinion est en contradiction avec les faits. Christian et Ritli affirment qu’à défaut d’aliénés véritables, on rencontre souvent, chez les ascendants des paralytiques, des défectuosités psychiques, des états de débilité mentale, un manque d’équilibre des facultés. Mendel a trouvé pour moyenne, relativement à l’hérédité, 34 p. 100 pour les paralytiques et 56 p. 100 dans les autres folies; Ulriche, 36 p. 100 dans ces dernières et 27 p. 100 dans la paralysie. Le Dr Eickholt, auteur d’un travail récent auquel j’emprunte ces derniers chiffres, a rencontré l'hérédité dans la proportion de 31 p. 100 chez les mélancoliques, de 28 p. 100 chez les maniaques et de 24 p. 100 chez les paralytiques. ( Allg . Zeitschrift fur Psychiatrie, 1885, p. 33.)
11 est donc bien certain que l'hérédité, comme on pouvait le prévoir, joue un rôle important dans la production de cette maladie mentale qui, je le répète, ne saurait, à aucun point de vue, être séparée des autres. Comment, d’ailleurs, pourrait-il en être autrement? Certes, les difficultés de la lutte pour l’existence, les préoccupations intellectuelles de toute sorte constituent la grande cause déterminante de cette affection. Mais, dans la grande majorité des cas, celle cause n'agit — comme toute cause déterminante — que sur des individus prédisposés. Sans doute ce ne sont pas des dégénérés, au même titre que les criminels héréditaires et les monomaniaques, ou, plus exactement, ce ne sont pas des atypiques : mais ce sont des gens mal équilibrés, pour employer une expression aussi juste que vulgaire, et ce mauvais équilibre des
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éléments de la couche corticale est presque toujours en germe, en puissance chez l’individu dès sa naissance même. Il peut sembler acquis, à la suite d’excès d’alcool ou de travail, par le fait de la syphilis, etc. Mais vu le nombre immense des vérolés, des alcooliques et des affairés, je ne crois pas qu'il soit possible de nier l’existence même dans ces cas, d’une prédisposition héréditaire, en dehors de laquelle l’éclosion de la maladie serait inexplicable. En vain objecterait-on encore la rareté incontestable de la paralysie chez les femmes. Je pourrais me borner à répondre que chez elles, la cause déterminante faisant beaucoup plus souvent défaut, la prédisposition reste à l’état latent. Mais il est facile de comprendre aussi, qu’en raison de leur rôle dans la société, cette prédisposition doit exister beaucoup plus rarement chez elles que chez l’homme.
Dans un grand nombre de cas, la disposition à la paralysie générale se marque dans le caractère des sujets bien avant l’éclosion de la maladie. J'ai connu trois infortunés, morts victimes de la démence paralytique. L’un d’eux était un médecin, ancien étudiant de dixième année et grand chasseur; personne ne tuait plus de gibier, n’avait de plus belles maîtresses et ne savait mieux vider un verre. C’est lui qui le répétait sans cesse — et qui le prouvait, dans une certaine mesure — et cela plus de dix ans avant l’apparition des prodromes de la maladie. En autre, travailleur obstiné, mais toujours fruit sec sur les bancs du collège, était parvenu par des efforts prodigieux à se créer, à Paris, une situation assez brillante; connu par tous les hommes en vue du parti républicain, justement estimé de ses maîtres, il avait même publié un ouvrage d’enseignement remarquable par sa clarté. Et j’avais vu ce malheureux garçon passer des nuits, pendant des mois, pour préparer le premier examen de droit, et arriver à le passer d’une façon médiocre! 11 était possédé de la noble ambition de la gloire, de cette gloire qui s’acquiert par le travail et 1 intelligence mis au service de la bonne cause. Malheureusement, et pour paraphraser le mot du poète, si la volonté était grande, la force était trop petite. Mais ce qui nous intéresse ici particulièrement, c’est que plus de quinze ans avant l’apparition de la maladie, ce garçon se considérait, avec la plus grande bonhomie, d’ailleurs, comme un futur grand homme; toutes ses actions, toutes ses paroles portaient l’empreinte de cette idée fixe; un de ses frères s’était suicidé pour la cause la plus futile. Quant au troisième et malheureux ami dont il me reste à parler, le sentiment exagéré de la personnalité si marqué chez lui dès ses débuts dans la vie, a mtoins de valeur au point de vue qui nous occupe, car il était poète, et on sait que chez ces inspirés l’élément subjectif prend toujours un développement disproportionné ; c’est môme une des conditions essentielles du génie lyrique. Entraîné dans le cercle des événements terribles qui marquèrent l'enfantement de la troisième République, abreuvé de toutes les déceptions et de toutes les amertumes de l’exil, ce garçon si bien doué, mais prédisposé, mourut paralytique dans un asile, — tandis que les jeunes Parnassiens
ses émules, qu’il aurait certainement dépassés, entraient à l’Académie française. Loin de moi la pensée de me baser sur ces trois faits pour généraliser outre mesure; mais leur importance ne saurait être niée, étant donné surtout que le médecin est presque toujours très mal renseigné touchant ces matières délicates, sur les antécédents des sujets qu’on lui amène d’ordinaire à une période avancée de la maladie.
11 ne saurait entrer dans le plan de cet article de décrire les variétés, formes et complications de la paralysie générale. D’une part, la substance corticale presque tout entière étant lésée, on conçoit que les trois sphères intellectuelle, affective et psycho-motrice puissent être affectées, et de fait, toutes les lésions mentales, tous les délires de la pensée et des actes sont susceptibles de se développer : hallucinations, délire des persécutions, vols, incendies, homicides, délire hypochondriaque, etc. D’autre part, les éléments nerveux peuvent être compromis rapidement dès le début et d’une façon telle qu’il ne reste plus de place que pour la démence complète et pour la paralysie. D’ailleurs, je le répète, la question est encore à l’étude; mais quoi qu’il en soit de toutes ces variantes et de tous ces épisodes, la paralysie générale avec délire ambitieux et caractéristique, demeure la forme commune de la maladie, invariablement liée à l’évolution lente et progressive du processus d’irritation et de régression dans l’écorce du cerveau.
La durée moyenne est de trois ans environ, la terminaison toujours fatale et le traitement inefficace. Cependant la médecine, en dehors de la guérison des malades, peut encore rendre des services. 11 importe de reconnaître l’affection dès le début, ce qui est ordinairement facile — à part les cas exceptionnels et délicats dont il ne peut être question ici. — En faisant séquestrer et interdire les malades le plus tôt possible, non seulement on leur évitera les actes délictueux qu’ils commettent trop souvent, mais encore on contribuera à sauver l’honneur et la fortune des familles, rapidement compromises par le chef de la maison qui, sous l'influence du délire, se lance à corps perdu dans les plus désastreuses spéculations (V. Folie, Hérédité). A. Regnard.
PARALYSIE INFANTILE. — Cette affection s’observe surtout chez les enfants, entre neuf mois et deux ans. On peut cependant la rencontrer chez les adultes. Les causes déterminantes sont mal connues; la dentition, les fièvres essentielles ont été incriminées, mais il faut reconnaître qu’il est presque toujours impossible d’établir une condition étiologique évidente. La maladie frappe indistinctement les enfants vigoureux et les enfants rachitiques ou scrofuleux. Dans un cas rapporté par Duchenne, le froid semble avoir été la cause. Il s’agit d’un jeune Russe qui fut atteint de paralysie, après s’être couche, nu, dans la neige.
Pendant longtemps, la paralysie infantile fut regardée comme une névrose, et décrite sous le nom de puralysie essentielle. Aujourd’hui, les travaux de Charcot, de Cornil et de Vulpian ont établi qu’il
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s’agissait d'une myélite, caractérisée par une lésion des cornes antérieures de la moelle(V. Moelle).
On peut distinguer dans la marche de cette affection deux périodes : 1° la période paralytique ; 2° la période atrophique.
1° Le début est brusque. Un enfant, au milieu des apparences de la santé la plus parfaite, est pris subitement, sans cause, d’un accès de fièvre. Au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures, au plus, la fièvre cesse, et l’on s’aperçoit qu’il est privé de l’usage d’un ou de plusieurs de ses membres. Cette fièvre initiale fait rarement défaut. La paralysie atteint du premier coup son maximum d’étendue et d'intensité. La forme paraplégique est la plus fréquente. On a observé plus rarement la forme hémiplégique. Dans des cas exceptionnels, on a vu la paralysie frapper d’emblée les quatre membres et les muscles du tronc et du cou. Ces membres paralysés sont plus froids et présentent une coloration bleuâtre. La sensibilité n’est pas abolie. On n’observe jamais de troubles du côté de la vessie ni du rectum. La contractilité galvanique finit par disparaître. L’intelligence reste intacte.
2° Au bout d’un temps variable (3 à 15 jours), la paralysie se retire progressivement pour se localiser dans un membre ou même dans un petit nombre de muscles. Ainsi, tandis que la plupart des muscles, primitivement atteints, recouvrent la motilité, quelques-uns demeurent paralysés et restent voués à une impotence souvent définitive. L’atrophie s’empare rapidement de ces muscles. Dans les cas graves, la peau, les vaisseaux, les os mêmes sont frappés d’atrophie : le membre devient grêle et présente un raccourcissement atteignant quelquefois 5 ou 6 centimètres. Cette atrophie entraîne de graves déformations, surtout aux membres inférieurs : c’est ainsi que se produisent, le plus souvent, les pieds-bols (V. ce mot).
L’ensemble des symptômes que nous venons d’exposer permettra d’établir facilement le diagnostic.
La paralysie infantile ne menace pas la vie des malades, mais le pronostic est des plus fâcheux, quant à la guérison de l’atrophie musculaire.
C’est seulement au début de la maladie que le traitement peut réussir. Dès les premiers jours, on aura recours aux antiphlogistiques et aux révulsifs. On appliquera le long de la colonne vertébrale des ventouses sèches ou scarifiées, ou des vésicatoires. Bouchut préconise l’application de pointes de feu. En même temps, on donnera à l’extérieur,
! à titre de dérivatifs, le calomel ou la scammonée.
On a recommandé l’emploi de l'crgotine, à la dose • de 1 à 2 centigrammes, en injections hypoder- I iniques.
Dès que la période aiguë sera terminée, l’électri- J cité constituera la seule méthode utile. Elle seule peut produire une guérison complète. La moelle I sera soumise à des courants continus, faibles (10 à , 20 éléments). On placera le pôle positif sur la colonne vertébrale, le pôle négatif sur le membre j paralysé. Chaque séance sera d’environ vingt mi- I nutes. Plus tard, on cherchera à combattre les pro- I grès de l’atrophie, en excitant la contractilité mus- Dictionnajre populaire de Médecine usuelle.
culaire àl’aide des courants interrompus. Ils devront être appliqués par une main expérimentée.
Dès le second ou le troisième mois, on associera au traitement localisé l’usage du sulfate de strychnine à l’intérieur, à la dose d’un milligr. par jour. Les bains sulfureux, les bains de mer constitituent d’utiles adjuvants. On devra faire marcher les enfants le plus tôt possible, en s'efforçant de corriger, lorsqu’il y a lieu, les déviations du pied, â l’aide de l’orthopédie. Mais les appareils orthopédiques seront surveillés avec le plus grand soin, sous peine de voir augmenter les déformations paralytiques. Dr Louis Thomas.
PARAPHIMOSIS. — On donne ce nom à une maladie de la verge dans laquelle le prépuce porté en arrière du gland, par une cause quelconque, et ne pouvant plus être ramené en avant de cet organe, occasionne l’étranglement de l’extrémité antérieure du pénis ou gland (Lagneau). Le paraphimosis est toujours une affection accidentelle, il n’est jamais congénital.
Quelles sont les causes du paraphimosis? — Il
peut être produit par un grand nombre de causes, dont les unes tendent à rétrécir l'orifice du prépuce, et les autres à porter cet orifice rétréci en arrière du gland.
Parmi les principales, il faut ranger le phimosis congénital très prononcé, la longueur et l’étroitesse relatives de l’anneau préputial, et aussi le phimosis acquis. Puis viennent les végétations, les ulcérations chancreuses simples au syphilitiques, les solutions de continuité, les cicatrices consécutives â des plaies, a des brûlures, à des agents mécaniques ou chimiques, les irritations, les inflammations qui accompagnent les balanites, les balano-posthites, les adénies du prépuce et du gland qui surviennent dans les blennorrhagies aiguës, enfin les contusions et les froissements de ces parties.
Chez les enfants dont le prépuce est trop long et trop resserré, il arrive assez souvent que cette membrane, portée en arrière par la curiosité ou la masturbation, produit un paraphimosis. Chez les adultes, l’absence du lavage du prépuce et du gland et l’irritation produite par l’accumulation de la matière sébacée sur ces parties, les pansements mal faits de balano-posthites ou de chancres, l’herpès préputial chronique, sont aussi des causes de paraphimosis. Celui-ci peut encore être produit pendant l’érection et les efforts du coït, surtout si la femme est vierge ou si elle a un vagin trop étroit. C’est ce qui arrive plus fréquemment qu’on ne pense aux nouveaux mariés pendant la première nuit de noces, et ce qui en a porté certains, par trop ignorants, à accuser injustement leur femme de leur avoir donné une maladie vénérienne.
Les violences extérieures peuvent aussi déterminer la production du paraphimosis. Albinus rapporte le cas d’un « manant qui, se trouvant en belle humeur, voulut saillir la servante d’un cabaret, mais celle-ci, qui ne l’avait pas pour agréable, lui saisit la verge et la tordit violemment », ce qui engendra un paraphimosis.
Comme dernière cause pouvant amener un pa-
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raphimosis, il faut signaler les corps étrangers. Travers rapporte une observation de cet accident produit par l’irritation occasionnée par un cheveu fixé derrière la couronne du gland. Larrey rapporte le cas curieux d’un paraphimosis produit chez un soldat qui avait engagé son pénis dans la douille de sa baïonnette, et Dupuytren en a observé un chez un homme qui avait introduit sa verge dans la bobèche d’un chandelier. Guibout a communiqué, en 1868, à la Société médicale des hôpitaux, l’observation d'un homme de plus de 60 ans qui fut atteint de paraphimosis après s’être introduit le pénis jusqu’à la racine dans sept anneaux de cuivre très étroits et très forts « dans le but, disait-il, de se procurer quelques moments de plaisir ». De son côté, le professeur Nathalis-Guillot a rapporté l’histoire d’un boulanger qui, dans les premiers mois de son mariage, s’était laissé passer autour de la verge par sa femme, l’alliance qu’elle portait au doigt, et qui eut un paraphimosis, qui ne guérit qu’après avoir fait dissoudre l’anneau dans un bain de mercure. Enfin, tout le monde connaît l’observation de paraphimosis produit chez un baigneur qui avait introduit sa verge dans le robinet de sa baignoire.
Quels sont les symptômes et la marche du paraphimosis?— Le paraphimosis débute par le gonflement du prépuce qui ne peut être ramené au-devant du gland, et forme à sa base un bourrelet circulaire très saillant et très douloureux; dans certains cas au lieu de ce bourrelet circulaire, il se forme sur les côtés du frein, à la base du gland, de grosses tumeurs luisantes, tendues, transparentes qui, par leur disposition, font paraître la verge comme tournée en spirale. Le gland est découvert, rouge, violacé, quelquefois brunâtre et livide, et acquiert un volume double et quelquefois triple de l’état normal. La verge est presque toujours dans un état de demi-érection très douloureuse.
Si à ce moment l’intervention chirurgicale n’a pas lieu, le gonflement et l’œdème augmentent ainsi que l’étranglement formé par l’anneau préputial. Cet anneau et les parties situées au-devant de lui, très distendues et ne recevant plus de sang pour suffire à leur nutrition, s’amincissent et cèdent autant que le permet leur élasticité naturelle. 11 se produit des phlyctènes sur la face muqueuse, le limbe se fendille, présente des déchirures perpendiculaires à sa direction et il se forme bientôt une vaste plaie. Dans certains cas graves, la peau, l’anneau fibreux, le gland lui-même, sont atteints de gangrène. Enfin, on a vu maintes fois se produire des indurations et des adhérences consécutives. De ce qui précède, il résulte que le paraphimosis doit être traité dès le début.
Quel est le traitement du paraphimosis ? — Les divers traitements qui ont été proposés peuvent se rattacher à deux méthodes principales : 1° la réduction ; 2° le dèbridement.
1° Réduction. — La réduction peut se faire de deux manières différentes : soit à l’aide des mains et de divers topiques (corps gras, eau froide, pommades, etc.); soit à l’aide de bandages compressifs et autres appareils spéciaux.
Dans la majorité des cas, les mains seules suffi-
sent, sans qu’ils soit nécessaire de recourir à des instruments ou à des appareils spéciaux. Avec beaucoup de patience et de persévérance dans les manœuvres, ainsi que l’a dit avec raison Chassaignac, on arrive à réduire des paraphimosis qui, au premier abord, semblaient irréductibles.
Voici comment on peut procéder : on saisit la
Fig. 1017.
Réduction du paraphimosis par le procédé ordinaire.
A. Main gauche du chirurgien. — B. Main droite.
verge en arrière de l’étranglement, entre le pouce et l’indicateur de la main gauche disposés en anneau [fig. 1017); avec les doigts de la main droite, on presse le gland dans tous les sens et on le malaxe doucement, mais d’une manière continue et progressive, afin de le diminuer de volume
Réduction du paraphimosis par le procédé d’Alphonse Guérin.
et de le repousser en arrière sur les parties étranglées maintenues par la main gauche qui cherche à refouler le prépuce en avant. A un moment donné le prépuce recouvre le gland et la réduction est opérée.
Alphonse Guérin, au lieu d’agir sur le prépuce, exécute les tractions sur la peau qui est située en arrière de l’étranglement. Saisissant d’une main toute la verge {fig. 1018) jusqu’auprès de sa racine,
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sans exercer de pression, il s’efforce de ramener la peau qui fait suite au prépuce sur le gland; les tractions qu’il opère repoussant d’arrière en avant le gland maintenu avec les trois doigts de l’autre main, la peau malade qui se fût déchirée, si au lieu de la pousser on l’avait attirée, la réduction s’opère, et cela beaucoup plus facilement que par le procédé précédent.
Quelques chirurgiens emploient les onctions avec les corps gras (cérat, huile, etc.) pour faciliter le glissement des parties.
Parmi les appareils spéciaux qui ont été proposés pour la réduction du paraphimosis, nous citerons : le bandage compressif, dont Boyer entourait le gland, le prépuce et la verge, pour diminuer le volume des parties et la bande de caoutchouc à laquelle Maisonneuve dont la préférence.
Voici un procédé ingénieux proposé par Bardinet, de Limoges, en 1873, qui consiste à ne pas agir sur l’anneau par sa face externe seulement, mais à l’attaquer par sa face profonde. Il emploie pour cela deux de ces grosses épingles dont les femmes se servent pour attacher leurs cheveux. Il choisit pour point d’attaque la face dorsale de la verge, il fléchit le gland sur la surface antérieure et attire doucement le fourreau en arrière. Le gland mis ainsi à découvert, il fait glisser la première épingle mousse entre l’anneau préputial et le corps du pénis et il la pousse à une assez grande profondeur. Il place ensuite la seconde épingle de la même manière. Ces deux leviers, solidement fixés, il leur imprime un mouvement de bascule, ayant le triple avantage d’abaisser la saillie formée par la couronne du gland, de soulever l’anneau préputial et d’établir devant lui un plan incliné, sorte de rail en miniature, sur lequel on le fait glisser doucement. Il suffit alors de reprendre les manœuvres classiques et, au bout de quelques instants, on obtient la réduction complète. Ajoutons qu’au lieu d’épingles à cheveux, on peut employer soit une spatule, soit le manche d’une cuiller à café, soit toute lame métallique à bords mousses.
Quel que soit le procédé employé, aussitôt que le paraphimosis est réduit, il faut appliquer sur la verge des compresses d’eau fraîche souvent renouvelée, faire prendre un bain au malade, et lorsqu’après la guérison complète, par suite de la conformation du prépuce, la récidive est à craindre, il est bon de partiquer l’opération du phimosis (V. ce mot).
2° Débridement. — Dans les cas où le paraphimosis date de plusieurs jours, qu’il s’est formé des adhérences entre les téguments, et que tous les efforts pour obtenir la réduction ont été infructueux, il faut recourir au débridement. Pour cela, on saisit le gland entre le pouce et le médius de la main gauche, on place l'indicateur sous la verge et on introduit à plat, sous la bride, la pointe d’un bistouri étroit, qu’on relève ensuite pour faire la section du limbe du prépuce et on opère ensuite la réduction. On peut aussi, comme le conseillait Vidal de Cassis, faire des incisions multiples.
Lorsque le paraphimosis est compliqué de chancres simples, il ne faut pas pratiquer le débride-
ment pour éviter la repullulation des chancres par auto-inoculation des bords de l’incision ; il vaut mieux abandonner le paraphimosis à sa marche naturelle et pousser avec vigueur le traitement des chancres, malgré le gonflement inflammatoire.
Dr Paul Ladarthe.
PARAPLÉGIE. — La paraplégie est une paralysie complète ou incomplète des mouvements volontaires des deux membres inférieurs ou plutôt de la partie inférieure du corps. Elle se rattache, dans l’immense majorité des cas, à une altération organique ou fonctionnelle de la moelle épinière.
Les altérations organiques sont consécutives : soit à un traumatisme ou à une maladie de la colonne vertébrale (fractures, luxations, exostoses, gommes syphilitiques, nécrose, ostéite, mal de Pott, cancer); soit à une maladie des enveloppes de la moelle (tumeurs de natures diverses, inflammations avec collections purulentes, hémorrhagies méningées, irruption dans le canal rachidien d’une collection liquide); soit à une maladie de la moelle elle-même (congestion, myélite, tumeurs de la moelle, etc,.).
Les altérations fonctionnelles son consécutives à certaines maladies (fièvres éruptives, intermittentes, typhoïdes, dyphthérie), à l’impression du froid.
La paraplégie peut aussi être consécutive à des empoisonnement par le plomb, le mercure, le phosphore, l’oxyde de carbone, etc.
Dans certains cas, la paraplégie peut se manifester tout à coup : c’est ce qui a lieu dans les compressions brusques de la moelle à la suite d’une fracture, une luxation de la colonne vertébrale, une hémorrhagie rachidienne ou encore l’hystérie; dans d’autres cas, elle se développe graduellement comme la tumeur ou l’inflammation qui l’engendre.
Chez un individu atteint de paraplégie, les mouvements volontaires sont impossibles ou très faibles dans les deux membres inférieurs; il existe de la rétention d’urine et souvent le malade urine par regorgement (paralysie de la vessie); la paralysie de l'intestin, paralysie plus ou moins étendue suivant la hauteur du siège de la lésion de la moelle, se traduit par de la constipation et du météorisme.
Les membres paralysés présentent des troubles divers de la sensibilité ; tantôt elle est perdue, tantôt elle est exaltée, parfois il existe de l’anesthésie douloureuse, c’est-à-dire des douleurs spontanées dans les points où une exploration attentive a fait constater une anesthésie complète; outre ces irradiations douloureuses dans les membres inférieurs, il existe parfois des douleurs en ceinture correspondant, par leur siège, à la limite supérieure de la paralysie.
La marche des paraplégies est excessivement vaviable : certaines s’effacent rapidement, tout à coup et d’une façon complète (paraplégies hystériques); dans d’autres cas, la guérison est lente et incomplète; souvent la paraplégie persiste indéfiniment.
Dans ce cas, on observe fréquemment des contractures en rapport avec la dégénérescence scléreuse de la moelle; la disparition graduelle des mouvements réflexes et de la contractilité électrique indiquant la désorganisation du segment infé-
rieur de la moelle sous-jacent à la lésion primitive; les membres inférieurs s’atrophient, s’œdématient, leur température s’abaisse, la peau devient sèche, squameuse, et le malade succombe, souvent emporté par les désordres de la miction, le catarrhe vésical, par les eschares au sacrum, etc., ou bien par une myélite, etc.
La paraplégie étant le symptôme de lésions de la moelle engendrées par des causes très diverses, les indications thérapeutiques sont fournies par la nature de la cause et non par la paralysie elle-même. Cependant la paralysie réclame des soins hygiéniques spéciaux : il faut empêcher la stagnation de l’urine dans la vessie, prévenir la formation des eschares au sacrum ; on y arrive en sondant le malade avec des sondes en caoutchouc, en le plaçant sur un matelas à air ou à eau, en changeant souvent sa position, etc. Dr Léon Moynac.
PARASITAIRES (maladies). — On donne ce nom aux maladies qui sont dues à la présence dans notre organisme d e parasites (Y. ce mot). p. l.
PARASITAIRES (monstres). — Nom donné par les tératologistes à des monstres doubles, composés de deux individus très inégaux, dont le plus petit, qui est en même temps le plus incomplet, se nourrit aux dépens du plus grand. p. l.
PARASITES. — On donne ce nom en médecine aux organismes animaux ou végétaux, jouissant d’une existence et d’une organisation propres, venus du dehors, qui se développent dans notre corps, s’y nourrissent et s’y développent à nos dépens, et y occasionnent des désordres plus ou moins graves. Parmi les parasites animaux, nous citerons les acarus, les poux, qui siègent sur la peau, les entozoaires, les vers intestinaux, les ascarides, les lombrics, les oxyures , le tænia, les tricocéphales, les cysticerques, l’ échinocoque, les trichines (V. ces mots). Parmi les parasites végétaux, nous signalerons les champignons dans lesquels rentrent les microbes (V. ce mot) dont le nombre connu s’accroît de jour en jour, depuis que les doctrines de Pasteur président aux investigations des chercheurs. p l
PARASITICIDE. — Nom donné aux médicaments qui jouissent de la propriété de détruire les parasites.
Parmi les principaux nous citerons le mercure, l’arsenic, le soufre, l’acétate de plomb, le borax, etc., employés en lotions et en pommades, contre les parasites de la peau; le kousso, l'écorce de racine de grenadier, la racine de fougère mâle, les grains de courge, etc., administrés à l’intérieur contre les parasites intestinaux. p. l
PARENCHYME. — Nom donné par les anatomistes à un tissu propre aux organes glandulaires, composé de grains agglomérés unis par du tissu lamineux, et se déchirant avec plus ou moins de facilité (Robin). P L
PARIÉTAIRE. — La pariétaire, vulgairement ap-
pelée perce-muraille, est une plante herbacée de la famille des Urticées, excessivement commune en France, où on la rencontre dans les forêts et au pieds des vieux murs, sur les décombres, qui jouit de propriétés diurétiques dues au nitrate de potasse qu’elle renferme et qu’elle emprunte aux vieux murs. On l’administre sous forme de tisane dans les diverses affections qui réclament l’emploi des diurétiques, telles que l’hydropisie, l’ascite, la néphrite, la gravelle, la cystite, etc. p. l.
PARIÉTAL. — Nom donné par les anatomistes à un os pair, plat et quadrilatère, situé à la partie latérale et supérieure du crâne, dont la face interne est en contact avec la concavité du cerveau, tandis que la face externe est recouverte par le cuir chevelu, et qui s’articule par sa partie antérieure avec l’os coronal, par sa partie postérieure avec l’os occipital, par son bord externe ou inférieur avec les os temporal et sphénoïde, et par son bord interne ou supérieur, avec le bord correspondant de l’os pariétal du côté opposé. p. l.
PAROLE. — La parole est l’apanage exclusif de l’homme. Un grand nombre d’animaux sont capables de produire des sons, l’homme seul parle.
Pour parler il faut exécuter une série d’actes qu’on peut ranger sous trois chefs principaux :
1° Élaboration de la pensée;
2" Volonté de l’exprimer;
3° Emission des sons représentatifs de cette
pensée.
Les deux premiers actes supposent des conditions cérébrales particulières dans lesquelles nous ne pouvons pas entrer ici. Nous dirons seulement que pour parler il faut de toute nécessité avoir des idées. L’idiot ne parle pas parce que son cerveau n’est pas capable de conserver des idées et de les coordonner.
La volonté d’exprimer ses idées est très souvent indépendante de la faculté même de penser. Les troubles de la volonté de parler varient considérablement d’intensité et de manière d’être depuis l’im possibilité absolue jusqu’aux hésitations plus ou moins grandes, plus ou moins fréquentes.
L’émission des sons répercutatifs de la pensée est réglée par des considérations de physique biologique et do physiologie dont nous donnons l’explication aux articles Voix et Phonation. Nous ne traiterons ici que du mécanisme de l’articulation de ces sons.
La parole humaine est composée de sons articulés qui se ramènent à deux éléments : voyelles et consonnes :
A chaque voyelle correspond une forme spéciale de la cavité buccale. Cette cavité buccale est accusée pour un ton de l’échelle musicale. 11 en résulte par conséquent que toutes les fois qu’on émet une voyelle, au son rendu par le larynx vient s’ajouter un son buccal qui est un son de résonnance, invariable pour chaque voyelle et qui donne au son complet un caractère particulier.
Sur quelque ton qu’on émette une voyelle, la bouche joue le rôle de caisse de résonnance ; il en résulte que nous arrivons ainsi à une définition de
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la voyelle : la voyelle est un timbre ; c’est le résultat de la superposition d'un certain nombre d'harmoniques au son fondamental. La voyelle est donc un son laryngien modifié par la résonnance buccale.
Dans les instruments à vent, le timbre reste toujours le même, ce sont toujours les mômes harmoniques du son fondamental qui sont renforcés.
Pour le larynx, c’est différent, le timbre change avec chaque voyelle.
Au moyen de l’appareil de Kœnig on peut étudier et même enregistrer d’après les oscillations de la flamme manométrique, le timbre de chaque voyelle.
Pour déterminer le son propre de la bouche on se sert du diapason, mais il faut observer que l’accent change le timbre de la voyelle, c’est ce qui explique les différences que nous constatons chez deux expérimentateurs également recommandables.
Helmoltz et Kœnig ont trouvé que les voyelles suivantes correspondaient aux sons ci-dessous :
Helmoltz
Kœnig
ou. . .
. . . SiW
. . . . Sfa
. . . sta
. . . Si^*
. • . Sib5
. . . Sib6
Eu. . .
. . . . UtSs — Fa,
. . . . Sol, Fa.,
C’est comme nous venons de le dire, à l’aide du diapason que ces déterminations ont été faites. Néanmoins pour O et I Helmoltz s’est servi d’une méthode différente. Kœnig n'a pas cherché les notes correspondantes à Eu et U; il s’est contenté des cinq voyelles principales qui se trouvent dans toutes les langues. Les résultats obtenus par ce dernier nous semblent plus exacts ; ils nous montrent que les cinq voyelles constituent une gamme régulière et qu’elles sont séparées entre elles par un intervalle d’une octave.
On peut classer les voyelles en prenant pour point de départ la forme de la bouche nécessaire à leur prononciation.
Cette forme buccale et le son propre de la cavité qui constituent les voyelles sont les mêmes pour l’homme, la femme et l’enfant, parce que l’ouverture plus ou moins grande de la cavité buccale permet de régler le ton du son.
Tous les expérimentateurs ont considéré la voyelle A comme un centre en avant et en arrière duquel se forment les autres voyelles; de là deux groupes :