‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 180 sur 344 · E, O, EU, U, OU · texte numérisé non relu

E, O, EU, U, OU

Le premier groupe correspond à un mouvement de retrait des lèvres en arrière, qui a pour conséquence de diminuer la caisse de résonnance et de produire des sons relativement aigus. Le second groupe contient les voyelles qui nécessitent un mouvement des lèvres en avant, ce qui augmente

la longueur du tuyau vocal, accroît la capacité buccale, formant la caisse de résonnance : de là des sons plus graves que les premiers.

Les consonnes sont le résultat de manœuvres spéciales de la langue ou des lèvres ayant pour but de modifier la sortie naturelle de l’air expiré. Il résulte de cette définition que les consonnes peuvent être partagées en deux grandes catégories : les labiales et les linguales. Mais selon que ces organes touchent les dents ou le palais, le caractère du son est modifié, ce qui permet encore une sous-division en dentales et palatales. Enfin le caractère phonétique présenté pendant la prononciation de chaque consonne est important à noter.

Nous pouvons donc résumer la classification des consonnes dans le tableau synoptique ci-dissous.

d’après lês organes

qui

concourent

leur formation

d’après le caractère phonétique présenté

pendant leur prononciation

Sonores

Muettes

Soufflées

Explosives

Demi-explosives

Soufflées ^

Demi-explosives y

(Dentales

Linguales]

( Palatale

J. 6n LL

R. L, Cm

CH

(Simples Labiales ]

(Dentales

Il résulte de ce tableau, que nous avons simplifié autant que possible, que les consonnes sonores, c’est-à-dire celles qui sont accompagnées d’une vibration laryngienne ne contiennent aucune explosive mais seulement des demi-explosives.

On sait également que les lèvres jouent, dans le mécanisme de la parole, un rôle bien moins important que la langue. Dr a. Ciiervin.

PAROTIDE. — Nom donné par les anatomistes à la plus volumineuse des glandes salivaires, d’une forme légèrement pyramidale, du poids de 25 à 30 grammes, située en partie au-dessous de l’oreille moyenne, en arrière de la branche montante de l’os maxillaire inférieur, en avant du conduit auditif externe, dans une cavité appelée loge parotidienne.

La glande parotide est une glande en grappe, formée de lobules de chacun desquels partent de petits conduits excréteurs qui se réunissent entre eux et forment un canal commun, appelé canal de Sténon , qui part de la partie antérieure de la glande et va s’ouvrir dans la bouche, sur la face interne de la joue, au niveau du collet de la deuxième grosse molaire de la mâchoire supérieure. Elle est alimentée par les artères qui viennent de la carotide externe, de l’auriculaire postérieure et de la temporale superficielle. Ses veines se jettent

PAT

PAROXYSME. — Mot employé dans le langage médical pour désigner le moment précis de la période d’un accès où les symptômes atteignent une plus grande intensité, p. l.

PART. — Mot employé pour désigner soit l’accouchement seul, soit son produit, tel que le fœtus et ses enveloppes , indistinctement. p. l.

dans la veine jugulaire externe pendant que celleci traverse la glande. Quant à ses nerfs, ils viennent du plexus cervical et du trijumeau.

Le traitement de la parotidite consiste à frictionner dès le début la région parotidienne avec des liniments calmants chloroformés, puis à la recouvrir de cataplasmes émollients. Aussitôt qu’on aura constaté la formation du pus, il faudra pratiquer une large incision destinée à lui donner issue, en ayant soin de la faire parallèlement à la branche ascendante du maxillaire inférieur. On appliquera ensuite un pansement antiseptique. Dr Paul Labarthe.

Fig. 1019.

Glande parotide et canal de Sténon.

PARTURITION. — Mot employé comme

synonyme d 'accouchement (Y. ce mot). p. l.

i. Glande parotide telle qu’elle se montre lorsqu’on enlève la peau et le tissu cellulaire qui la recouvre. On voit qu’elle se prolonge notablement sur la face externe du masseter; ce prolongement a reçu le nom de parotide accessoire. — 2. Canal de Sténon qui croise la face externe du masséter et s’ouvre sur la muqueuse buccale au niveau de la deuxième molaire supérieure. — 3. Muqueuse buccale sectionnée et relevée pour montrer l’orifice du canal de Sténon. — 4. Orifice du canal de Sténon. — 5. Section du maxillaire inférieur. — G. Muscle masséter. — 7. Muscle sterno-mastoïdien. — 8. Arcade alvéolaire supérieure.

La glande parotide a pour fonction de former et d’excréter la salive (Y. ce mot). D' Paul Labarthe.

PAROTIDITE. — Nom donné par les médecins à l’inflammation de la glande parotide. Elle ne survient que très exceptionnellement d’une façon spontanée. Presque toujours elle est secondaire et s’observe principalement dans le cours ou sur le déclin des fièvres graves, fièvre typhoïde, fièvres éruptives (surtout scarlatine), infection purulente, diphthérie, pneumonie, etc.

PASSY (eaux minérales de). — Passy, ancienne commune aujourd’hui annexée à Paris, possède une source d’eaux minérales sulfatées calciques ferrugineuses, employées en boisson contre la dyspepsie, l’anémie, la chlorose, etc. p. l.

PASTÈQUE. — La pastèque, connue aussi sous le nom de melon d’eau, est le fruit d’une plante de la famille des Cucurbitacées, très commune en Algérie, en Espagne, en Italie et dans le midi de la France. D'une forme ovoïde, de volume égal à celui d’un fort melon, à écorce de couleur vert foncé, même en pleine maturité, à pulpe variant du vert clair au rose tendre, ou du blanc au rouge, la pastèque a une saveur fraîche, succulente et sucrée, mais ne possède aucune valeur nutritive. Elle est très appréciée dans les pays chauds pour étancher la soif; mais dans nos contrées, on ne la mange pas toujours impunément et il n’est pas rare de la voir provoquer des coliques. p. l.

La parotidite s’annonce généralement par un sentiment de gène et de souffrance dans les deux régions parotidiennes ou dans une seule; la parotide se gonfle très rapidement, atteint parfois un volume considérable ; la peau est chaude, tendue; elle prend une teinte d’un rouge violacé; le malade a de la fièvre, éprouve des difficultés pour la mastication et la déglutition; bientôt la fluctuation se montre, indice évident de la formation d’un abcès, qui, une fois ouvert, laisse écouler un pus séreux et fétide.

La parotidite peut entraîner des lésions des organes qui traversent la glande et déterminer soit une fistule salivaire par la destruction du canal de Sténon, soit des hémorrhagies graves par suite de lésions de l’artère carotide ou de ses branches, etc. Si on ne donne pas vite issue au pus à l’extérieur, cclui-ci peut fuser, soit dans le conduit auditif externe, soit le long de la gaîne du muscle sternomastoïdien jusqu au creux sus-claviculaire ou bien vers la région pharyngienne.

PASTILLES. — Les pastilles sont des préparations pharmaceutiques solides, de forme aplatie, semi-sphérique ou ovale faites avec du sucre uni à des poudres ou à des essences médicamenteuses, auxquels on donne la consistance de pâte avec un mélange de gomme adragaute. On étend la pâte sur une table en pierre ou en marbre, saupoudrée d’amidon jusqu’à ce qu’elle forme partout une couche d’égale épaisseur, puis on découpe la masse avec un moule emporte-pièce. Parmi les p]us connues, nous citerons les pastilles de Bethan, les pastilles d’ipéca, les pastilles de Kermès, les pastilles de Menthe, les pastilles de Palangié , les pastilles de Paterson, les pastilles de Vichy, les pastilles de Vigier, etc. (V. ces mots). p. L.

PATERSON (poudre et pastilles de). — La poudre et les pastilles de Paterson, aujourd'hui aussi répandues en France et en Eurqpe qu’en Amérique, sont deux produits à base de sous-nitrate de bis-

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nAT

muth et de magnésie. C’est au docteur Paterson, chimiste distingué de New-York, que la thérapeutique est redevable de cette heureuse combinaison de deux médicaments remarquables parleurs effets dans les affections gastro-intestinales.

Nous savons d'une part que le sous-nitrate de bismuth (V. ce mot) procure de l’appétit, facilite la digestion, fait cesser les renvois, les nausées, les vomissements, les pesanteurs d'estomac et les douleurs gastriques, apporte un grand soulagement aux sensations insupportables de brûlure, de pincement, de déchirure, de constriction excessive de la région épigastique ; d’autre part, que la magnésie (V. ce mot) exerce sur l’estomac et l’intestin une action absorbante anti-acide, agit comme tonique, digestif, stomachique et laxatif, et s’emploie avec avantage dans les aigreurs, les éructations, les dyspepsies acides et flatulentes, les gastralgies, les crampes d’estomac, en un mot dans tous les dérangements de la fonction gastro-intestinale.

Mais pour obtenir ces effets, il faut avoir soin de n’employer que des produits parfaitement purs. Or, comme l’écrit avec raison le Dr Monchaud, dans la Revue de thérapeutique, dont il est regretable que le savant directeur de ce dictionnaire ait abandonné la rédaction en chef, « le bismuth et la magnésie exigent tous les deux un soin particulier pour conserver leur état de pureté. Le bismuth, à l’état ordinaire, contient presque toujours des traces d'arsenic, et il importe, avant de le classer au rang des médicaments, de vérifier toujours s’il est suffisamment purifié. C’est à ce manque de soins, que l’on doit attribuer à cet ami de l’estomac des méfaits qui ne lui appartiennent pas. La magnésie, outre qu’elle doit être soigneusement décarbonatée, est d’une conservation difficile; elle s’altère facilement au contact de l’air, absorbe l’acide carbonique et perd les vertus dont elle jouit à l’état ordinaire.

o Au point de vue chimique, ajoute le Dr Monchaud, le l)r Paterson nous paraît avoir parfaitement compris la nécessité de faire un composé qui mît le bismuth à l’abri de toutes les impuretés arsenicales et autres qui l’accompagnent très souvent, et de l’associer à la magnésie décarbonatée par des procédés particuliers qui assurent à la combinaison des propriétés alcalino-mélalliques que l’on ne retrouve pas dans nos formulaires; conséquemment les préparations bismutho-magnésiennes du Dr Paterson peuvent être prescrites avec toute la confiance qu’inspire un médicament dont on connaît la composition, les garanties de pureté, les effets thérapeutiques et la complète inaltérabilité. »

Au point de vue des effets sur le tube digestif, le bismuth employé seul finit par produire la constipation. On ne peut donc encore que louer l’heureuse idée du Dr Paterson d’associer la magnésie au bismuth, ce qui permet d’en ordonner l’usage pendant des mois entiers sans avoir à craindre cet inconvénient sérieux.

11 est donc permis de dire qu’à tous les points de vue, il n’y a pas de meilleure manière d’administrer le bismuth et la magnésie que sous la forme de poudre et de pastilles de Paterson.

La poudre est divisée en prises contenant cha-

cune 50 centigrammes de bismuth et de magnésie, quant aux pastilles, elles contiennent chacune 5 centigrammes de bismuth et de magnésie et sont aromatisées à la menthe, au citron, au tolu, à l’anis ou à la vanille. On en fabrique aussi sans aucun arôme. Poudre et pastilles sont inaltérables et peuvent se conserver plusieurs années sans perdre aucune de leurs propriétés.

Ces deux préparations produisent des effets vraiment remarquables, constatés par des milliers de médecins des deux mondes, dans les nombreuses affections gastro intestinales que nous avons énumérées plus haut. La poudre se prend à la dose quotidienne de 2 à 4 paquets pour les adultes et d’un demi-paquet pour les enfants, moitié en se levant, moitié en se couchant, dans un quart de verre d’eau. Quant aux pastilles, les adultes peuvent en prendre 15 à 20 et les enfants 5 à 10 par jour. On peut aussi employer simultanément les deux préparations, la poudre en se levant et en se couchant et les pastilles avant et après les deux principaux repas. Dr l. Saint-Antonin.

PATES. — Les pâtes sont des préparations pharmaceutiques de consistance ferme, composées de sucre et de gomme dissous dans l’eau pure ou chargés de principes médicamenteux et traités par évaporation jusqu’à ce que les trois matières réunies aient pris, par le moyen de la chaleur, la cohésion nécessaire. L’eau doit être filtrée, le sucre très blanc, et la gomme, soit arabique, soit du Sénégal, débarrassée par le lavage à l’eau froide, des impuretés qui adhèrent à sa surface. On met généralement une partie de sucre pour une partie ou une partie et demie de gomme, le tout mêlé à une petite quantité d’eau pour avoir une masse suffisamment consistante; l’arome s’ajoute à la fin.

Ces notions préliminaires étant connues, la préparation des pâtes devient une chose facile à faire comprendre. On prend de la gomme arabique pure ; on la fait dissoudre ainsi que le sucre, tantôt à chaud, tantôt à froid, dans le soluté ou l’infusé du corps médicamenteux; on évapore ensuite à un feu doux, en remuant continuellement qu’à consistance telle, qu’un peu de pâte retirée avec une spatule et appliquée sur la paume de la main n’y laisse aucune trace d’adhérence; on ajoute l’eau aromatique et on coule sur une table de marbre huilé ou dans des boîtes saupoudrées d’amidon.

Parmi les pâtes les plus connues et les plus usitées, nous citerons la pâte de guimauve , la pâte de lichen, la pâte de jujube, la pâte de réglisse , la pâte de Berthé à la codéine, la pâte de Gigon à la narcérine , etc. (V. ces mots), employées comme calmantes, adoucissantes ou expectorantes.

On donne aussi le nom de pâtes à des préparations pharmaceutiques caustiques ayant pour base le cuivre [pâte caustique de sulfate de cuivre), l’arsenic, ( pâte de Rousselot), le chlorure d’antimoine et le chlorure de zinc (pâte de Canquom),e tc.(V. ces mots), employées pour détruire les tumeurs, les plaies cancéreuses, etc. Dr Marc. Camboulives.

PATES ALIMENTAIRES. — On donne ce nom a des pâtes sèches ou molles faites avec de la farine,

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auxquelles on donne différentes formes et dont on fait des potages ou des ragoûts. Les plus usitées sont le vermicelle, les petites pâtes, le macaroni et les nouilles.

Le vermicelle se fait avec la plus belle farine de froment, riche en gluten, pétrie fort dure, salée légèrement, et parfois colorée avec un peu de safran ou de curcuma, que l’on fait passer par des cylindres d’un diamètre plus ou moins gros, au moyen d’une presse criblée d’une infinité de trous. Le vermicelle est ensuite séché pour le conserver. Le meilleur est sec, cassant, un peu corné, à parois minces. 11 se mange bouilli dans l’eau, le lait ou le bouillon gras.

Les petites pâtes, préparées comme le vermicelle, mais découpées en forme d’étoiles, de lettres, de chiffres, etc., se mangent de la même manière. Mais, comme le dit avec raison le D* De La Porte, elles sont inférieures au vermicelle pour la confection des potages, parce qu’elles sont généralement moins bien séchées.

Le macaroni se prépare aussi comme le vermicelle, mais en cylindres beaucoup plus gros. Certaines personnes le mangent en potage, mais généralement on le prépare cuit à l’eau ou dans du bouillon gras, puis gratiné avec du fromage de gruyère râpé et du parmesan. On le prépare aussi à l’italienne.

Quant aux nouilles, elles se font également avec la plus belle farine de froment à laquelle on ajoute une plus ou moins grande quantité de beurre, selon qu’on veut rendre la pâte plus savoureuse. Celle-ci est étalée en plaques minces que l’on replie sur elles-mêmes et qu'on coupe ensuite en lanières de 3 ou 4 lignes de largeur. On les mange cuites à l’eau ou au bouillon et additionnées de beurre et de gruyère, comme le macaroni.

Ces diverses pâtes sont très riches en gluten; elles renferment beaucoup plus de matières azotées qu’un poids égal de pain. Elles sont donc très nutritives, et conviennent aux diabétiques : seulement le macaroni et surtout les nouilles sont parfois d’une digestion difficile et ne conviennent pas aux estomacs délicats et paresseux; elles sont aussi contraires aux personnes qui ont une tendance à 1 obésité. Dr Paul Labarthe.

PÂTÉS. — On donne ce nom dans l’art culinaire, à un composé de viandes, de gibiers ou de poissons dressés dans une pâte de farine de froment pétrieavec du beurre, de la graisse ou de l’huile, ou dans des terrines de faïence et cuits au four, que l’on mange chauds ou froids. D’une manière générale, les pâtés sont plus lourds chauds que froid. La croûte est en général épaisse, lourde, saturée de jus de viande, de lard, de graisse, d’épices, et par suite d’une digestion difficile pour les estomacs délicats ou fatigués; elle ne convient pas non plus aux estomacs des personnes qui ont une vie oisive, sédentaire, en un mot qui sont privées d’exercices corporels. Quant à la valeur du contenu, porc, bœuf, veau, lièvre, perdreau, foie gras, etc., nos lecteurs n’ont qu’à se reporter à ce qui a été dit aux articles consacrés à ces divers produits dans le cours du dictionnaire. p. i.

PATHÉTIQUE. — Nom donné par les anatomistes à un nerf crânien de la quatrième paire, long et très grêle, qui naît dans le cerveau, au niveau de la valvule de Vieussens, un peu en arrière des tubercules quadrijumeaux, contourne la protubérance et la partie inférieure des pédoncules cérébraux et, après avoir traversé la paroi externe du sinus caverneux, pénètre dans l’orbite où il chemine entre le périoste et le muscle élévateur de la paupière supérieure et, atteint le muscle grand oblique de l’œil, dans lequel il vient se distribuer. Ce nerf a été appelé pathétique parce que le muscle qu’il anime a pour action de diriger la pupille en bas et en dehors, ce qui donne à l’œil une expression de mépris. p. l.

PATHOGNOMONIQUE. — Nom donné en méde-

cine aux signes et aux symptômes caractéristiques d’une maladie. p. l.

PATHOLOGIE. — Nom donné à cette partie de la médecine qui traite de la connaissance des maladies. p. l.

PATIENCE. — La patience officinale est une plante herbacée de la famille des Polygonées, ayant le port d’une grande oseille, très commune en France, où on la rencontre dans les jardins, dans les pâturages, les haies et les fossés, dont la racine pivotante, fusiforme, de la grosseur du pouce, noire en dehors, jaunâtre en dedans, inodore, d’un goût d’abord fade, puis amer et styptique, est employée en médecine, sous forme de tisane, comme tonique dans l’atonie des voies digestives, les fièvres intermittentes, et comme dépurative dans un cerlain nombre d’affections de la peau telles que l'eczéma, la teigne, etc. P. L.

PATISSERIES. — « S'il y a une industrie qui se signale plus particulièrement à la réprobation des médecins, c’est celle des pâtissiers dans l’officine desquels la gastralgie et l’indigestion vont se recruter tout à leur aise. L’art culinaire accusé, non sans quelque raison, d’une grande partie des maux qui pèsent sur la santé humaine, est un art salutaire auprès de celui-ci. Par malheur les aliments qu’il élabore arrivent trop sûrement à trahir l’estomac par les séductions des yeux et du palais, et le péril est d’autant plus à craindre qu’un attrait plus vif les dissimule. Certainement toutes les pâtisseries ne sont pas indigestes au même degré, mais qu’attendre pour les estomacs délicats de ces mets constitués par les pâtes lourdes et non fermentées, où les aromates, le sucre, les corps gras, s’associent dans des combinaisons heurtées et se mélangent habituellement d’un coloriage suspect? Des pesanteurs d’estomac, l’amoindrissement de cet appétit légitime, qui recherche instinctivement les aliments salés, sont les conséquences ordinaires de l’abus des gâteaux. Il est surtout porté très loin chez les enfants que l’on est disposé, par une tendresse mal entendue, à surcharger de ces produits indigestes. » (Fonssagrives, Hygiène alimentaire, Paris 1867).

Qu’ajouter à ces lignes du savant professeur de

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Montpellier, qui résument admirablement l’opinion de tout le corps médical? Rien, sinon que, comme toutes les autres substances alimentaires, les gâteaux sont l’objet de sophistications et de falsifications qui ajoutent encore à leurs effets désastreux sur l’estomac.

Et d’abord bon nombre de pâtissiers ont eu l’idée de remplacer la graisse ou le beurre par la margarine (Y. ce mot). D’autres, pour empêcher les gâteaux de se rancir n’hésitent pas à employer la vaseline (V. ce mot). Le laboratoire municipal de Paris, ayant eu l’occasion d’examiner des gâteaux déposés par le public et ayant trouvé à l’analyse, qu’ils contenaient 18 à 20 p. 100 de vaseline, son directeur saisit le conseil d’hygiène de la question de savoir si l'introduction de la vaseline et des dérivés analogues du pétrole pouvait être toléré dans les matières alimentaires. Une commission fut nommée, composée de Brouardel, V. Trélat, Riche, Jungfleisch et Rourgoin, et voici les conclusions qu’elle proposa, par l’organe de son rapporteur, Riche, dans sa séance du 9 janvier 1883 :

« Cette propriété de vaseline (de ne pas rancir) est très avantageuse pour le fabricant et pour le marchand, mais elle est aussi fâcheuse pour le consommateur qu’utile au fabricant et au marchand; car le consommateur n’est pas averti, par l’odeur, de l’ancienneté du gâteau ; il peut acheter une pâtisserie où la farine et les œufs ont déjà subi un commencement de détérioration, et il ne s’en apercevra qu’au moment où le gâteau sera en contact avec l’organe du goût.

« D’autre part, le beurre et la graisse sont de véritables aliments, tandis que le pétrole ne possède aucune propriété nutritive. Par suite, les gâteaux où l’on a réalisé la substitution de la vaseline au beurre et à la graisse n’ont pas le même pouvoir alimentaire que les gâteaux ordinaires.

« Enfin, l’étude de l’action des produits du pétrole dans l’économie, sur le système digestif spécialement, n’est pas encore commencée, et personne ne peut affirmer que l'ingestion de ces matières soit sans inconvénient pour la santé.

« En conséquence, il y a lieu d’interdire l’emploi de la vaseline, de la pétréoline et de tout autre produit similaire dans la fabrication des gâteaux et en général des matières alimentaires. «

Pour remplacer la coloration naturelle du jaune d’œuf, on emploie souvent le chromate de plomb, que l’on retrouve dans certains gâteaux ; pour mieux faire lever la pâte des gâteaux feuillelés et pour donner aux méringues une saveur plus agréable, on a recours aux amandes amères qui renferment de l’acide prussique; pour donner plus de volume à la pâte, on y introduit du carbonate d’ammoniaque, inoflfensif par lui-même, je le veux bien, mais nuisible par les carbonates de plomb et de cuivre qu’il renferme souvent, etc.

Divers gâteaux, surtout les pièces montées, sont ornementés de sucreries de couleurs diverses. Très souvent ces couleurs sont nuisibles, ainsi que le lecteur peut s’en assurer en se reportant à l’article Bonbons (V. ce mot). Ajoutons en terminant que les farines qui servent à la confection des gâteaux subissent les mêmes altérations et les mêmes falsifications que celles qu’on emploie pour la fabrication du pain (V. Farine , Bain).

Dr Paul Labarthe.

PAU (STATION hivernale DE).— Pau, chef-lieu du dé- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

partement des Basses- Pyrénées, est une station hivernale remarquable. Située par 43°, 17 de latitude et 2°, 42 de longitude ouest, à une altitude de 205 mètres, sur un sol argileux et calcaire, complètement abritée de grands courants d’air du Nord et des vents énervants du Sud, cette ville jouit d’une température moyenne de 6°, 9 en hiver, de 14°8 au printemps, de 22°, 5 en été, de 13°, 9 en automne, et d’une température moyenne annuelle de 14°, 7. Les oscillations journalières moyennes de la température ne sont que de 8°, 3.

Au point de vue climatologique, Pau peut être appelée la Venise de la France. Les qualités de son atmosphère ont été très bien résumées par le Dr de Carrière en trois lignes : « l’air est paisible et doux; il jouit d’une action douce, calmante, sans être énervante, qui s’exerce sur la sensibilité comme sur les autres fonctions. » Celte station hivernale convient donc plus particulièrement aux personnes nerveuses; elle est aussi très salutaire aux malades atteints d’affections chroniques de l’appareil respiratoire (bronchite chronique, phthisie pulmonaire). Dr Paul Labarthe.

PAULLINIA. — La paullinia sorbilis, est un arbuste grimpant de la famille des Sapindacées, cultivé au Brésil et dans la province de l’Amazone, dont les fruits, cueillis à moitié mûrs, torréfiés à feu lent, mis en poudre dans un mortier et additionnés d’une quantité d’eau suffisante pour faire une pâte homogène, puis séchée, appelée guarana, sont employés en médecine.

Le guarana, analysé par Berthelot, contient de la caféine en plus grande proportion que le café, de la gomme, de l’amidon, une matière grasse verdâtre. Il jouit de propriétés astringentes et antinévralgiques, qui l’on fait employer avec succès contre la diarrhée et surtout contre la migraine et les névralgies, à la dose de 1 à 2 grammes en poudre, avant l’accès. Son action, quoique réelle, est de peu de durée. p. l.

PAUME DE LA MAIN. — (V. Main.)

PAUPIÈRES. — Anatomie. — Les paupières sont deux voiles musculo-membraneux placés au-devant du globe oculaire qu’ils protègent contre l’action de l’air et des corps étrangers, et sur la surface duquel ils étalent les larmes. Il y a deux paupières pour chaque œil : l’une supérieure, l’autre inférieure, séparées par la feule palpébrale qui se termine aux commissures externe et interne. La première se continue, en haut, avec la région sourcilière recouverte de poils nombreux; la seconde se continue avec la peaux de la joue.

Les paupières sont formées de plusieurs couches superposées qui sont d’avant en arrière : l°la peau, remarquable par sa finesse et par sa délicatesse, d’une teinte azurée qui s’accuse plus ou moins suivant les indix idus et suivant certaines circonstances; 2° une couche de tissu cellulaire sous-cutané; 3° une couche musculaire formée par les deux muscles orbiculaire superficiel et profond; 4° les cartilages tarses, lamelles de près d’un millimètre d’épaisseur, qui représentent le squelette des pau-

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pières et qui occupent presque toute la longueur de la portion ciliaire du bord libre des paupières. Celui de la paupière supérieure est le plus considérable, il a un centimètre de hauteur, et est disposé en forme de demi-lune convexe à son bord supérieur où il donne insertion au tendon du muscle releveur; celui de la paupière inférieure ressemble à une bandelette rectangulaire et n’a guère qu’un demi -centimètre de hauteur. Dans l’épaisseur des cartilages tarses sont logées les glandes de Meibomius, au nombre d’une trentaine pour chaque cartilage. Ces glandes versent sur le bord libre des paupières, leur produit qui est une matière grasse destinée à protéger le bord libre des paupières contre l’action des larmes et à s’opposer à leur écoulement sur la joue; 5° une couche muqueuse, lisse et

Fig. 1020.

Face profonde des paupières avec la glande lacrymale (d’après Sappey).

1. Glande lacrymale proprement dite. — 2. Glande lacrymale accessoire. — 3. Conduit excréteur de la glande lacrymale s’ouvrant par de petits orifices dans le cul-de-sac que forme la conjonctive palpébrale en s'unissant à la conjonctive oculaire. — 4. Orifice des conduits excréteurs de la glande lacrymale. — 5,5'. Conjonctive divisée dans le point où elle se porte sur le globe oculaire. — 6,6'. Cartilages tarses renfermant dans leur épaisseur les glandes de Meibomius. — 7,7'. Glandes de Meibomius. — 8. Orifice de ces glandes placés sur le bord libre des paupières. — 9. Points lacrymaux. — 10. Muscle de Horner.

unie, formée par la conjonctive palpébrale qui, après un certain trajet, abandonne la face interne des paupières et se porte vers la partie antérieure du globe de l’œil.

Sur le bord libre de chaque paupière qui présente une épaisseur moyenne de 2 millimètres près de l’angle interne de l’œil, on trouve un petit tubercule appelé tubercule lacrymal, percé à son centre d’un trou auquel on donne le nom de point lacrymal.

Les artères qui alimentent les paupières sont les artères palpébrales, branches qui viennent de l’ophthalmique. Les veines se jettent dans la veine ophthalmique. Quant aux nerfs, les uns sont sensitifs, les autres moteurs. Les premiers sont des branches du nerf trijumeau ; les seconds sont fournis par le facial qui envoie un rameau au muscle orbiculaire et par le nerf moteur oculaire commun qui envoie un rameau au muscle releveur de la paupière.

Les paupières sont douées de mouvements instinctifs et volontaires. Le muscle orbiculaire ferme

l’œil et le muscle releveur l’ouvre. Le clignement des paupières n’a d’autre but que de lubrifier la cornée, en étalant les larmes à sa surface.

Vices de conformation des paupières. — On observe plusieurs vices de conformation de ces organes.

1° L’absence des paupières, ou ablépharon, qui peut être congénitale ou acquise; dans ce dernier cas, elle est consécutive à une plaie, à une brûlure, à la gangrène, etc., et a pour conséquence la perte de l’œil, si on n’a pas recours à la blépharoplastie (V. ce mot).

2° La SOLUTION DE CONTINUITÉ DES PAUPIÈRES, OU coloboma, qui peut également être congénitale ou acquise. Dans ce dernier cas, elle est consécutive à une plaie avec une perte de substance. On y remédie par une opération qui consiste à suturer les bords de la solution de continuité si la plaie , est récente, ou à aviver les bords de la plaie si celle-ci est ancienne, et à appliquer des points de suture.

3° L’adhérence des paupières par leurs bords libres, ou ankyloblépharon. Ce vice de conformation peut, comme les précédents, être congénital ou acquis. Je dois dire cependant qu’il est rarement congénital. Lorsqu’il est acquis, il est consécutif à des brûlures, à des ulcères, à des conjonctivites, à des kératites, à des blépharites, etc. Une simple section suffit pour détruire l’adhérence.

4° L’adhérence des paupières au globe oculaire, ou symblèpharon. Tantôt les adhérences ont lieu avec la conjonctive seule, tantôt elles se prolongent jusqu’à la cornée ; elles sont presque toujours acquises et sont le résultat de plaies, de brûlures, d’ulcérations de la conjonctive, etc. Tantôt elles occupent une seule paupière, tantôt les deux, et une surface plus ou moins grande. Ce vice de conformation entraîne des troubles fonctionnels plus ou moins graves, selon l’étendue des adhérences : ainsi, lorsque celles-ci occupent la cornée, il y a perte de la vision ; lorsqu’elles occupent la conjonctive, il y a perte partielle ou totale des mouvements de l’œil. De plus, ces adhérences entraînant la déviation ou l’oblitération des points et des conduits lacrymaux, il en résulte des troubles dans l’excrétion des larmes. Le traitement des adhérénces au globe oculaire consiste à diviser délicatement les brides qui fixent la paupière au globe de l’œil, et à interposer un corps étranger entre les deux surfaces saignantes qui résultent de l’opération, pour obtenir leur cicatrisation. Il faut, dans bon nombre de cas, renouveler plusieurs fois cette opération, par suite des récidives qui se produisent dans les adhérences. Dans les cas d’adhérences compliquées on a recours à d’autres opérations qu’il serait trop long d’exposer ici.

5° La brièveté des paupières ou lagophthalmie, qui rend l’occlusion de l’œil incomplète. Exceptionnellement congénital, ce vice de conformation est presque toujours acquis, et peut être la conséquence de diverses maladies telles que ectropion, tumeurs diverses, cicatrices vicieuses, paralysie, etc. Il entraîne par le fait de l’impossibilité de fermer complètement les yeux, des conjonctivites et des

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kératites. 11 faut donc lui opposer un traitement qui variera nécessairement avec la cause qui l’aura produit.

6° Le RÉTRÉCISSEMENT DE L’OUVERTURE DES PAU- PIÈRES par rapprochement des angles palpébraux, ou blépharo-phimosis (Y. ce mot).

7° L'épicanthus (Y. ce mot).

8° Le renversement des paupières en dedans ou entropion (V. ce mot).

9° Le RENVERSEMENT DES PAUPIÈRES EN DEHORS OU ectropion (V. ce mot).

Troubles fonctionnels. — (V. Clignotement, blépharoptose, blépharospasme).

Inflammation. — (V. Blépharite).

Contusions, plaies, brûlures. — Les contusions des paupières s’observent surtout, en Angleterre, à la suite des luttes au pugilat et à la boxe. Elles déterminent rapidement une ecchymose qui devient successivement brune, violette ou bleue, puis vert jaunâtre, et, au bout de quelques jours, la peau reprend sa teinte normale; le blessé éprouve une douleur locale assez vive, suivie de céphalalgie, il y a gonflement des paupières et difficulté ou impossibilité d’ouvrir l’œil. Des compresses résolutives permanentes, suffisent généralement pour guérir les contusions.

Les plaies des paupières peuvent avoir été produites par des instruments piquants, tranchants ou contondants, être limitées à la peau, ou intéresser les muscles et les cartilages tarses, ainsi que les canaux et les points lacrymaux. Les plaies superficielles guérissent facilement; les plaies profondes, lorsqu’elles divisent la paupière dans toute son épaisseur, nécessitent l’intervention du chirur-

!gien qui rapproche les deux bords de la solution de continuité au moyen de bandes agglutinatives, de serres-fines ou de points de suture.

1 Quant aux brûlures, elles sont dangereuses par leurs conséquences, car elles peuvent produire des vices de conformation (V. plus haut).

Œdème des paupières. — L’œdème des paupières

!est une infiltration de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire sous-cutané. Les paupières sont épaissies, tendues, luisantes, sans rougeur ni douleur. Cette affection s’observe chez les anémiques, les individus atteints d’une maladie de cœur, d’albuminurie, etc.; elle survient aussi à la suite d’un refroidissement, d’une piqûre d’insecte, etc. Son traitement est, avant tout, celui de la maladie dont elle est un symptôme.

Tumeurs des paupières. — L’on rencontre sur les paupières un grand nombre de tumeurs, lipomes, fibromes, chalazions, verrues, orgelets, kystes,

: cancroides, cancers, etc. (V. ces mots).

Dr Paul Labarthe.

PAUTAUBERGE. — La solution Pautauberge,

Idont la vogue a été très rapide auprès du corps médical et des malades depuis la publication des succès obtenus par le professeur Bail, à l’hôpital I Laennec, par Huchard, à l’hôpital Bichat, par Lan- : drieux, à l’hôpital St Antoine, etc., est une préparation spéciale dans laquelle M. Pautauberge, pharmacien lauréat de l’Ecole de pharmacie de Paris, a eu, le premier, la très heureuse idée d’asso-

cier deux des médicaments les plus puissants et les plus efficaces contre les affections chroniques de l’appareil respiratoire : le chlorhydro-phosphate de chaux et la créosote.

Le chlorhydro-phosphate de chaux qui est, parmi les préparations de phosphate de chaux, la plus rationnelle puisqu’il est à l’état naturel, tel qu’il est dissous par le suc gastrique et qu’il se trouve dans le sang, et qui joint aux effets digestifs de l’acide chlorhydrique, les effets reconstituants du phosphate de chaux.

La créosote pure du hêtre qui, ainsi que cela résulte des recherches déjà ancienne de Reichenbach (1833), Mignet et Martin-Solon, et de celles plus récentes (1877) du professeur Bouchard et de Gimbert, réveille l’appétit, relève les forces, diminue l’expectoration, calme la toux, apaise la fièvre, supprime parfois les sueurs nocturnes si fatigantes, et de plus, d’après les expériences du professeur Koze, de Nancy, publiées par le Bulletin de thérapeutique (15 mars 1884), jouirait de propriétés antiseptiques réelles qui se manifesteraient sur le bascille de la tuberculose pulmonaire.

M. Pautauberge a choisi pour sa préparation la forme de solution hydro-alcoolique, pour se conformer aux prescriptions du professeur Bouchard, qui dit expressément que l’alcool est le meilleur dissolvant de la créosote et l’eau l’agent de dilution le plus convenable pour avoir une solution complète et fort étendue qui permette d’administrer ce précieux médicament à doses assez élevées et pendant longtemps (un usage prolongé est nécessaire pour être réellement efficace), sans provoquer d’accidents. Dans la solution Pautauberge, la créosote est en solution très étendue, car chaque cuillerée à potage représente, avec 50 centigrammes de chlorohydro-phosphate de chaux, 10 centigrammes de créosote, ce qui fait que celle-ci ne saurait être une cause d’irritation pour les muqueuses du pharynx et de l’estomac, comme dans les cas cités par Bouchard et qui ont été rapportés à l’article créosote (V. ce mol). De plus, la saveur de la créosote est assez atténuée pour rendre la solution acceptable par les malades les plus difficiles.

Dans les affections catarrhales des bronches et des poumons, dans la bronchite chronique, dans la tuberculose pulmonaire, la solution Pautauberge présente trois modes d’action. Elle agit sur les voies digestives en excitant l’appétit, en rendant les digestions plus faciles, et en arrêtant les diarrhées. En second lieu, elle modifie les lésions locales, et cette modification peut être constatée non seulement par l’auscultation et la diminution de la toux, mais encore par la nature des sécrétions bronchiques et pulmonaires qui deviennent moins abondantes et muqueuses, de purulentes qu elles étaient auparavant. Elle amène enfin dans l’état général des malades une amélioration marquée qui est sans doute la résultante des deux premières actions que nous venons d’indiquer. Les forces reviennent, l’alimentation se fait mieux, les sueurs diminuent ou cessent complètement, le poids du corps augmente.

En dehors des affections des organes respiratoires,

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la solution Pautauberge peut être administrée avec avantage dans le rachitisme et la scrofule, et donne des résultats plus rapides et plus durables que les sels de chaux pris isolément. Ici les propriétés de la créosote méritent d’être utilisées.

La solution Pautauberge s’administre à la dose quotidienne de 3 ou 4 cuillerées à soupe pour les adultes, une avant chacun des deux principaux repas, le reste dans la journée, chacune dans un demi-verre d’eau sucrée. Pour les enfants, la dose varie suivant Page. Dr C. Sarran.

PAVOT. — Le pavot somnifère est une plante annuelle de la famille des Papavéracées, originaire de l’Orient, cultivée dans la plupart des jardins d'Europe, qui présente deux variétés : le pavot

Fig. 1021. — Pavot somnifère (fleur).

spongieux; c’est dans ses vacuoles que le fruit vert renferme une grande quantité d’un suc laiteux que l’on extrait par des incisions et qui, en se concrétant, constituent l’opium en larmes. L’intérieur de la capsule est séparé par un certain nombre de demi -cloisons longitudinales, dirigées de bas en haut et réunies aux deux extrémités; à leurs parois sont attachées des petites graines très petites, en nombre considérable, plus de 32,000 par capsule, d’après Linnée. Ces graines, qui n’ont point d’usage en médecine, donnent par expression une huile comestible, connue sous le nom d'hui/e d'œillette, qui n'est nullement narcotique, ainsi que quelques auteurs l’ont prétendu.

Nous avons dit plus haut que l’on retirait 1 opium du fruit du pavot (V. Opium). Ce fruit desséché sert aussi à préparer une tisane par infusion ou décoction, en ayant soin de débarrasser préalablement la capsule des innombrables graines qu’elle renferme. Une demi-tête de pavot (une tète privée de semences pèse en moyenne 8 grammes) divisée en plusieurs fragments pour un litre ou un demi-litre d’eau bouillante, à prendre en 24 heures, suffit le plus souvent pour donner à l’eau une vertu soporifique bien marquée. Il ne faut pas, en général, dépasser cette dose de crainte qu’il ne survienne des accidents et même, chez les enfants, on peut facilement se laisser induire en erreur à cause de leur susceptibilité extrême pour les narcotiques. Aussi faut-il user de la tisane et des lavements de pavot avec une extrême réserve, parce qu’on ne sait pas la quantité d’opium que ces sortes de préparations peuvent contenir ; mieux vaut se servir du sirop d’opium titré, afin d’éviter des mécomptes.

blanc à graines noires et le pavot blanc il graines blanches, usités en médecine. La partie employée est le fruit, appelé encore capsule ou tête de pavot, qui fournit l’opium. Ovoïde, très gros, d’abord

PEARSON (LiaoEDR DE). — La liqueur de Pearson est une solution arsenicale préparée d’après la formule suivante :

Arséniate de soude. ... 5 centigrammes.

Eau distillée 30 grammes.

que l’on administre à la dose de tOà 20 gouttes par jour dans un demi-verre d’eau sucrée, dans les affections contre lesquelles l’arsenic est indiqué (V. Arsenic). p. L.

PEAU. — La peau est, comme la définit Cruveilhier, une membrane sensible et résistante qui en veloppe complètement notre corps et le sépare ainsi du monde extérieur.

La peau nous présente à étudier : sa configuration extérieure, sa structure, ses fonctions, ses maladies.

Configuration extérieure de la peau. — L’étude de la configuration extérieure de la peau comprend : son étendue, — ses limites, — son épaisseur, — son élasticité, — sa couleur, — la configuration de sa surface libre et celle de sa surface adhérente.

Étendue. — La peau recouvrant tout, le corps, présente une étendue en rapport avec sa surface; de plus, certains points, comme la vulve, le gland, le pavillon de l’oreille, elle se prolonge au delà des limites des orifices qu’elle recouvre et s’adosse à elle-même pour former des replis plus ou moins

Fig. 1024. — Pavot somnifère (coupe du fruit).

vert, puis d’un blanc jaunâtre quand il est muret desséché, ce fruit est pourvu à sa base d'un bourrelet surmonté d’un étranglement; son sommet est couronné par un petit disque sessile, divisé en plusieurs rayons, à bords crénelés, munis chacun d une petite côte médiane. Le tissu de la capsule est

Dr Marc Camboulives.

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étendus. Sappey a constaté que chez un homme de stature et de corpulence moyennes, la surface de la peau s’élève à 15,000 centimètres carrés, et qu’étalée, elle recouvrait un plan de 1 mètre de large et de 1 mètre et demi de long.

La peau se continue au niveau des orifices naturels (bouche, anus, urèthre, nez, oreilles, paupières) avec les muqueuses.

L’ei>aisseiju de la peau, très variable suivant les régions, est, en général, d’autant plus grande, que la région est soumise à des pressions plus fortes; c’est sur les paupières qu'elle est la plus mince et sur la plante des pieds qu’elle est la plus épaisse; entre ces deux extrêmes on trouve tous les intermédiaires : en moyenne son épaisseur peut être évaluée à 1 ou deux millimètres.

Il est à remarquer que la peau est plus épaisse du côté de l’extension du tronc et des membres que du côté de leur flexion ; qu’elle est également plus épaisse dans le point où elle donne insertion à des muscles, comme cela a lieu dans la peau de la face.

Résistance et élasticité. — Ces deux propriétés, intimement unies l’une à l’autre, sont extrêmement développées ; il suffit, pour les apprécier, de considérer la grande distension à laquelle peut être portée, sans rupture, la peau qui recouvre certaines régions, comme le ventre. Lorsque cette distension est très forte, ainsi que cela a lieu dans la grossesse, elle entraîne çà et là la rupture de quelques fibres du derme, et il en résulte de petites dépressions blanchâtres et allongées nomméee vergetures.

Si l’on voulait en avoir une démonstration complète, il faudrait, à l’exemple de Sappey, tailler des bandelettes de peau auxquelles on suspendrait divers poids, on verrait ces bandelettes s’allonger notablement, puis, leur élasticité étant épuisée, résister à la manière d'un tendon, et enfin ne se rompre que sous l'influence d’un effort considérable.

C'est grâce à cette élasticité que la peau peut résister à l’action des corps contondants qui détruisent les parties sous-jacentes.

La rétractilité de la peau est en rapport avec son élasticité; aussi, lorsqu’on pratique une incision, voit-on les deux lèvres de la plaie s’écarter l'une de l’autre dans une étendue variable suivant l’adhérence de la peau aux parties profondes.

Couleur. — La couleur de la peau présente de grandes différences que l’on a réunies en quatre groupes : la couleur blanche, la couleur noire, la couleur jaune et la couleur cuivrée, donnant lieu, chacune d’elles, à des nuances infinies. Dans chaque race, les individus présentent une couleur plus ou moins foncée. Dans chaque région du corps, la peau présente une teinte spéciale; ainsi, le scrotum est remarquable par sa couleur foncée; la peau est également plus brune dans les points où elle est exposée aux rayons du soleil, et celte teinte varie suivant la durée de l’exposition.

Surface externe de la peau. — La surface de la peau présente : f° des plis eu sillons; 2° des saillies ou papilles; 3” des poils ; 4° des orifices.

1° Plis ou sillons. — On les a divisés en deux variétés : plis musculaires et plis articulaires ; les premiers se rattachent à l’action des muscles, tels sont les plis des paupières, du front, du scro-

tum, etc., ils sont perpendiculaires à la direction du muscle qui les produit.

Les plis articulaires sont très importants en médecine opératoire, car, disposés d’une manière fixe au voisinage des jointures, ils servent de points de repère au chirurgien qui cherche à pénétrer dans l’interligne articulaire : tels sont les plis que l’on observe sur les doigts, etc.

2° Saillies. — La peau est hérissée de petits reliefs dont les uns servent d’insertion aux poils et dont les autres, nommés papilles, sont préposés au tact.

Les premiers, sous l’influence du froid ou d’une impression pénible, se hérissent et deviennent très volumineux(chair de poule), ils sont plus prononcés sur les peaux brunes que sur les peaux blanches.

Les papilles sont beaucoup plus nombreuses, surtout dans les régions dont la sensibilité est développée, elles ne sont visibles qu’au microscope.

3° Les orifices sont disposés en quantité innombrable à la surface de la peau, ils correspondent à l’embouchure des glandes sébacées et sudoripares logées dans son épais- pjg. 1023.

seur- Coupe verticale de la peau.

4° Poils (V. ce mot). Derme. — C. Papille du derme. Surface PROFONDE DF. — E. Glande sudoripare. — la peau. — Cette face F; F'- , F"; C00/11!1 excréteur

, . . . , d une glande sudoripare chemi-

est en général séparée nant à. travers l’épaisseur du des couches musculai- derme. — A. Épiderme. — B. Corps res et aponévroliques muqueux de Maipighi. par une lamelle de tissu

cellulo-graisseux plus ou moins abondant suivant les régions, l’état de maigreur, etc. C’est grâce à elle que la peau glisse sur des parties profondes ; dans les régions où cette couche n’existe pas, comme la face et surtout les lèvres (dont les muscles s’insèrent directement sur la peau), la peau ne peut glisser sur les parties profondes.

Dans certains points, la peau est presque directement appliquée sur le squelette (olécrane , malléoles, clavicules, tubérosités du tibia et de l’humérus, etc.); dans d’autres, elle reçoit l’insertion de faisceaux fibreux.

Structure de la peau. — La peau se compose de deux couches superposées : l’une forme sa charpente, c’est le derme ou chorion et comprend deux

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annexes : les papilles ou corpuscules du lad, les glandes sudoripares et sébacées (Y. Derme, Tact, Sudoripare, Sébacé)-, l’autre représente un vernis protecteur étalé à sa surface, c’est l'épiderme qui

Fig. 102t.

Coupe verticale de la peau de la main.

A. Couche cornée de l’épiderme. — B. Couche de Malpighi. — C. Derme. — D. Vaisseaux du derme. — E. Corpuscule du tact. — F. Tissu adipeux. — G. Orifices des glandes sudoripares.

comprend, comme annexes, les poils, les follicules pileux et les ongles (V. Épiderme, Poils, Pileux, Ongles).

Vaisseaux et neufs de la peau. — La peau est très richement irriguée par le sang, mais elle l’est d’une façon inégale dans ses diverses parties. Certaines régions, comme la face, les lèvres, le prépuce, les plantes des pieds, la paume des mains, le sont bien davantage que les parois latérales du tronc par exemple.

Les artères forment dans les aréoles du derme de riches réseaux qui enveloppent les glandes sudoripares et donnent des rameaux ascendants qui se terminent dans les papilles ou corpuscules du tact en formant des anses.

Les veines proviennent des papilles, reçoivent, chemin faisant, les veinules qui se détachent du réseau des glandes sudoripares et vont se jeter dans les veines sous-cutanées, dont le volume contraste avec les petites dimensions des artères correspondantes.

Les vaisseaux lymphatiques sont très irrégulièrement répartis dans les divers points de la peau ; leur nombre paraît être en rapport avec la sensibilité de la région; aussi leurs réseaux sont extrêmement riches sur la pulpe des doigts, le gland, l'aréole du sein, les lèvres, etc.

Les nerfs se terminent dans le derme, quelquesuns se terminent dans les corpuscules du tact.

Fonctions et usages de la peau. — La peau est destinée à nous faire apprécier les qualités tactiles

des corps extérieurs, elle est aussi un organe de sécrétion, de respiration et d’absorption.

La peau est un organe de sécrétion par ses glandes annexes : 1° les glandes sébacées qui sécrètent une matière grasse, liquide, excrémentitielle, destinée à lubrifier les poils, à leur donner un aspect luisant, et à protéger probablement la peau contre l’air extérieur qui pourrait l’irriter, la dessécher, principalement sur la face; 2° les glandes sudoripares qui sécrètent la sueur (V. ce mot).

Elle est un organe de respiration, en ce sens qu’elle exhale du gaz acide carbonique provenant du sang, et absorbe, en échange, du gaz oxygène de l’air, tout comme les poumons. Ce fait se démontre expérimentalement en maintenant par exemple un bras dans un manchon de verre rempli d’oxygène pur, bien fermé : au bout d’un certain temps, on constate une diminution dans le volume d’oxygène et la présence d’acide carbonique.

Enfin la peau est un organe d’absorption. Nous venons de voir déjà qu’elle absorbe de Loxygène. Elle absorbe aussi les liquides. Il suffit en effet pour s’en assurer de plonger, après l’avoir pesé, un homme dans un bain dont l’eau n’ait pas une température plus élevée que celle du corps; si on le pèse en sortant du bain, on voit qu’il a augmenté de poids. Quant aux substances médicamenteuses, elles ne les absorbe d’une manière sensiblement appréciables que lorsque la couche superficielle de son épiderme a été préalablement altérée.

Maladies de la peau. — Les maladies de la peau ne se prêtent pas à une classification rigoureuse; en effet, que l’on prenne pour base, soit la forme anatomo-pathologique primitive de la maladie, soit ses productions morbides secondaires, soit l’état général de l’organisme ou diathèse qui l’engendre, le cadre ne saurait embrasser toutes les variétés; il est toujours nécessaire de faire des exceptions nombreuses au point de rendre la classification inutile.

Quoi qu’il en soit, nous diviserons les maladies de la peau en sept classes établies surtout d’après leurs formes anatomiques élémentaires des différentes lésions. Nous ferons une huitième classe des maladies parasitaires.

1“ Les exanthèmes, qui comprennent : Y érythème, X érysipèle, la roséole, et 1 ’uritaire (V. ces mots);

2° Les vésicules, qui comprennent : X eczéma et X herpès (V. ces mots);

3- Les bulles, qui comprennent : le pemphigus et le rupia (V. ces mots);

4“ Les pustules, qui comprennent : l 'impétigo, Xedhyma et l’a crié (Y. ces mots);

5° Les papules, qui comprennent : le prurigo et le lichen (V. ces mots);

6° Les squames, qui comprennent : le pityriasis, le psoriasis, Xicthryose et la lèpre (V. ces mots);

7° Les tubercules, qui comprennent : le lupus et X éléphantiasis (V. ces mots);

8° Les maladies parasitaires, qui comprennent : la gale, les teignes et la mentagre ou sycosis (V. ces mots). Dr Leon Moynac.

PEAUCIER. — Nom donné par les anatomistes à un muscle large, très mince, situé à la partie anté-

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