‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 18 sur 344 · Épicondyle · texte numérisé non relu

Épicondyle

10. Petite cavité destinée à loger, pendant la flexion de l’avant-bras, l’apophyse coronoïde du cubitus.

triangulaire en bas. Il présente à la partie moyenne de sa face postérieure une gouttière peu accentuée qui loge le nerf radial et l’artère humérale, et donne insertion par sa face postérieure au muscle triceps brachial. Sa face interne est à peu près lisse et possède le trou nourricier de l’os; enfin sa face externe présente vers sa partie moyenne une surface rugueuse sur laquelle s'insère le deltoïde.

L’extrémité supérieure présente : 1° une tête hémisphérique qui s’emboîte dans la cavité glénoïde de l’omoplate, formant ainsi une articulation à mouvements étendus et divers; 2° une grosse tubérosité ou grand trochanter qui reçoit les insertions des muscles sus-épineux, sous-épineux et petit rond; 3° une petite tubérosité sur laquelle s'insère le muscle sous-scapulaire.

Cette extrémité présente en outre trois gouttières: 1° la coulisse bicipitale, qui sépare les deux tubérosités et donne passage à la longue portion du biceps; 2° le col anatomique qui sépare la tête de l’humérus des deux tubérosités; 3° le col chirurgical qui est la partie du corps de l’humérus qui soutient toute l’extrémité supérieure (V. Épaule).

L’extrémité inférieure, élargie transversalement, présente : 1° deux apophyses, l’une externe appelée épicondyle, sur laquelle s’insèrent la plupart des muscles des régions postérieure et externe de l’avant-bras; l’autre interne, appelée épitrochlée, sur laquelle s’insèrent les muscles de la région antérieure de l’avant-bras (V. Avant-bras ) ; 2° deux surfaces articulaires, le condyle en dehors, qui se place dans la cupule du radius et la trochlée humérale en dedans qui reçoit le cubitus; 5° deux ca-

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vitês, la cavité coronoïde, en avant, et la cavité olêcrânienne en arrière, du nom des parties de l’extrémité supérieure du radius qu’elles reçoivent alternativement dans les mouvements de flexion et d’extension de l’avant-bras. (Y. Coude). D' Paul Labarthe.

Fractures de l’humérus. — On divise les fractures de l’humérus en FRACTURES DU CORPS; FRAC- TURES DE l'extrémité supérieure ; et FRACTURES de l’extrémité inférieure.

1° Fracture du corps. — Elles ont été étudiées au mot bras (V. Bras).

2° Fractures de l’extrémité supérieure. — Ces fractures comprennent celles du col anatomique et celles du col chirurgical. Cette extrémité osseuse peut être fracturée sans que la fracture occupe exactement l’un des deux cols.

La cause la plus fréquente est une chute sur le moignon de l’épaule. Dans quelques cas, un choc direct, une chute sur le coude ou sur la paume de la main, peuvent produire cette fracture.

Dans la fracture du col anatomique, le plus souvent, le déplacement fait défaut. Quelquefois le fragment supérieur occupe, dans l’articulation, les positions les plus bizarres. On l'a vu, par exemple, complètement renversé, la surface articulaire venant au contact de la surface fracturée du fragment inférieur. Il peut être divisé en plusieurs fragments ; on peut observer, enfin, une véritable fracture par pénétration.

Dans la fracture du col chirurgical, le fragment inférieur est porté en dedans, vers le creux axillaire, par les muscles grand pectoral, grand rond et grand dorsal ; le fragment supérieur est maintenu dans l’immobilitc par le muscle deltoïde qui passe sur lui. On dit aussi qu’il peut être porté en dehors par l’action des muscles qui s’insèrent à la grosse tubérosité. Mais cette action des muscles est souvent purement théorique, et le déplacement est, la plupart du temps, déterminé par l’action de la cause fracturante elle-même.

Les symptômes sont communs à toutes les fractures de l'extrémité supérieure de l’humérus, et particuliers à chacune d’elles. Les symptômes communs sont : 1° une douleur locale très vive, exaspérée par la pression et par le moindre mouvement du membre ; 2° une tuméfaction générale au niveau du moignon de l’épaule ; 3° l'impuissance complète du membre ; 4° la crépitation. Pour percevoir celle-ci, on peut opérer de deux manières : on applique la main gauche sur le moignon de l’épaule, et, de la main droite, prenant 1 avant-bras fléchi à angle droit, on fait exécuter à l'humérus des mouvements de rotation sur son axe, ou bien, la main gauche étant encore appuyée sur l’épaule, on soulève le bras du malade de la main droite, et on le laisser retomber. Dans ces deux manœuvres, la main gauche perçoit presque toujours la crépitation.

Quant aux symptômes qui sont particuliers à la fracture du col chirurgical, on constate, en outre des symptômes précédents : 1“ une saillie dans le creux de l’aisselle, formée par l’extrémité supérieure du fragment intérieur; 2° une dépression vers le tiers inférieur du deltoïde correspondant à

la saillie du creux de l’aisselle ; 3° une ecchymose pouvant siéger sur toute la longueur du bras.

Cette ecchymose, qui se rencontre beaucoup plus rarement dans la fracture du col anatomique, ne se montre jamais immédiatement après l’accident, mais au bout de quelques heures, quelquefois vingtquatre heures ; elle siège presque toujours sur la face interne du bras, et descend le long de l’artère et des veines humérales.

Les fractures du col anatomique présentent seulement les symptômes communs énumérés plus haut; la déformation manque complètement.

Ajoutons que lorsqu’il y a chevauchement des fragments, ce qui est d'ailleurs très rare et ne peut guère s’observer que dans les fractures du col chirurgical, le bras est raccourci.

Les fractures du col chirurgical se consolident, comme celles du corps de l’humérus en 35 ou 45 jours. Cette consolidation se fait presque toujours par un cal osseux.

Quant aux fractures du col anatomique, les choses se passent différemment. Il faut remarquer que le fragment supérieur est uniquement formé par la surface articulaire de l’os , et que ce fragment complètement détaché, ne reçoit plus aucun vaisseau nourricier.

La vitalité de ce fragment étant nulle, il en résulte qu’une consolidation osseuse est excessivement rare, et qu’il se forme le plus souvent une pseudarthrose, constituée tantôt par des filaments de tissus fibreux unissant les deux fragments, tantôt par des prolongements osseux qui sont fournis par le fragment inférieur et qui entourent plus ou moins complètement la tète articulaire. On a vu, dans quelques cas, le renversement de la tête articulaire dans l’articulation et une arthrite consécutive. On a même vu une suppuration s’établir jusqu'à élimination complète du fragment détaché.

La crépitation, réunie à la douleur et au gonflement, fera distinguer les fractures de l’extrémité supérieure d'une simple contusion. L’absence des saillies et des dépressions caractéristiques que l’on trouve dans les luxations empêchera de les confondre avec les luxations de l’humérus (V. Luxations de l'humérus). 11 faut dire cependant que certaines contusions de l’épaule ont la plus grande analogie avec une de ces fractures et qu’on peut y constater: douleur, tuméfaction, impuissance du membre, et même une espèce de crépitation. Dans ces cas douteux, on doit attendre avant de se prononcer: car, si c’est une contusion, les symptômes disparaissent au bout de quelques jours.

Quant à distinguer la fracture du col anatomique de celle du col chirurgical, on y parviendra en se rappelant que la déformation et l’ecchymose ne se rencontrent guère que dans la dernière de ces deux fractures.

Le pronostic présente une certaine gravité : car, indépendamment de l’inflammation et de la suppuration possible de l’articulation, on observe presque toujours, à la suite du traitement, une ankylosé qui se prolonge plus ou moins longtemps.

Dans la plupart des cas, il est inutile d’opérer la réduction.

Le meilleur bandage que l’on puisse employer

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pour les fractures du col anatomique est le même que celui de la fracture de la clavicule. (Y. Clavicule.) Dans la fracture du col chirurgical, on emploie le même traitement, le même bandage, et l’on ajoute un coussin dans l’aisselle, pour empêcher le déplacement du fragment inférieur.

3° Fkactures de l’extrémité inférieure. — Ces fractures peuvent succéder à un choc direct ou à une chute sur le coude. On peut observer la fracture isolée de l’épicondyle et de l’épitrochlée. L’extrémité inférieure peut être complètement séparée du corps de l’os, et lorsque cette fracture siège à une hauteur qui dépasse deux centimètres, on a une fracture du corps de l'humérus. On voit quelquefois le fragment inférieur divisé en deux ou plusieurs fragments, et la fracture communiquer avec l’articulation du coude.

Oh rencontre ici les symptômes communs à toutes les fractures : douleur locale, impuissance du membre, mobilité anormale, crépitation. La déformation varie selon le point fracturé; si la fracture siège au-dessus de la surface articulaire, le fragment inférieur est porté en haut et en arrière par le triceps, qui agit sur le cubitus, auquel le fragment inférieur est uni par les ligaments du coude. On constate alors une dépression en arrière du coude, au-dessus de l’olécrâne; en avant du coude et dans le point correspondant, on trou vêla saillie de l’humérus. S’il y a division du fragment inférieur communiquant avec l’articulation, on peut constater un écartement entre l’épicondyle et l’épitrochlée. Si ces apophyses sont seules fracturées, elles sont le plus souvent déviées de leur position normale, et l’on peut percevoir la crépitation. Lorsqu’on cherche à constater la fracture de l’épicondyle et de l’épitrochlée, il ne faut pas oublier qu’à l’état normal et dans l'extension du coude, les trois saillies, épitrochlée, olécrane, épicondyle, sont sur la même ligne transversale.

Les fractures de l’extrémité inférieure de l’humérus guérissent rarement sans déformation, à cause de la difficulté où l’on est d’appliquer un bon bandage. Si la fracture communique avec l’articulation, il peut survenir un épanchement sanguin, une arthrite et une ankylosé consécutive. Si l’épicondyle et l’épitrochlée sont seules fracturées, la consolidation se fait presque toujours sans accident.

Ces fractures sont faciles à reconnaître. On ne peut éprouver de difficulté que dans les cas où il existe une complication du côté de l’articulation : alors, la fracture peut être méconnue. On pourrait aussi, dans quelques cas, les confondre avec une luxation du coude en arrière. Voici à quels caractères on distinguera ces deux lésions : dans la luxation, l’olécrâne a perdu ses rapports normaux avec l’épitrochlée et l’épicondyle ; la mensuration de l’une de ces deux tubérosités aux apophyses styloïdes du radius et du cubitus, montre que l'avantbras est raccourci ; la saillie qui occupe le pli du du coude offre toute la largeur de l’extrémité inférieure de l’humérus; elle est lisse, arrondie. Dans la fracture, les rapports normaux des surfaces articulaires et des apophyses voisines sont conservés; l’avant-bras, mesuré comme nous l’avons dit, n’a

pas diminué de longueur ; la saillie du fragment supérieur est étroite, irrégulière, tranchante. Enfin dans la luxation, la réduction est difficile, mais se maintient aisément; c’est le contraire dans la fracture.

Ces fractures présentent la gravité de toutes les fractures situées au voisinage d’une articulation ; les fragments sont maintenus difficilement en contact, et l’on constate souvent une ankylosé consécutive.

Après avoir réduit la fracture, il faut, avant de procéder à la pose de l’appareil, placer le membre dans la demi-flexion, position qui serait la moins embarrassante, si une ankylosé venait à se produire. Lorsque l’extrémité inférieure de l’os est divisée en plusieurs fragments, ou bien s’il existe quelque complication, il faut différer l'application de l’appareil. Si, au contraire, la fracture paraît simple, on applique un bandage ainsi composé : deux lames de carton mouillé sont placées, l’une du côté de la concavité du membre demi-fléchi, l’autre du côté de la convexité ; autour de ces deux lames on applique une bande roulée, en ayant soin de garnir préalablement de ouate ou de charpie les points de l’appareil en contact avec les saillies osseuses du coude. S’il y a peu de déplacement et que la fracture soit simple, on peut appliquer un bandage inamovible.

Luxation de l’humérus. — On divise les luxations de l’humérus en luxations de l’extrémité supérieure (V. Épaule ), et luxations de l’extrémité inférieure (V. Coude). Dr J. -A. Fort.

HUMEURS. — On donne le nom d’humeurs aux liquides contenus dans le corps humain. Les humeurs sont constituantes , secrémentitielles ou excrémentitielles : le sang, la lymphe et le chyle forment les premières; le liquide céphalo-rachidien, la synovie, le lait, le sperme, la salive, la bile, les larmes, etc., font partie des secondes; dans les troisièmes rentrent la sueur, l'urine, etc. Presque toutes les humeurs ont une réaction alcaline ou neutre, à l’état normal ; le suc gastrique, la sueur et l'urine sont les seules qui soient franchement acides.

HUMEUR AQUEUSE. — (V. Cornée , Cristallin, Œil.)

HUMEURS FROIDES. — (V. Abcès froid, Scrofule.)

HUMEUR VITRÉE. — (V. Corps vitré.)

HUMORISME. — L’humorisme est une doctrine médicale remontant à Hippocrate, mais formulée surtout par Galien, qui fait dériver toutes les maladies de l’altération des quatre humeurs cardinales : le sang, la pituite, l’atrabile et la bile, se rapportant aux quatre éléments : 1 air, la terre, le feu et l’eau, et aux quatre intempéries : le chaud, le froid, le sec et l’humidité. A cette époque reculée, comme on ne connaissait pas le système de la circulation du sang, on croyait que ces fluides parcouraient librement tout le corps et qu’ils pouvaient

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de jeter sur tel ou tel organe et y déterminer des troubles et des désordres plus ou moins graves. Les médecins humoristes faisant concorder les phénomènes observés dans l’état de santé ou de maladie avec la nature supposée des humeurs, le sang et la bile devaient, par leur prédominance dans l'économie, donner naissance aux tempéraments sanguins ou bilieux, caractérisés par la force, l’ardeur, l’activité; leur altération ou leur accumulation dans un organe, déterminer des accidents aigus, fébriles, inflammatoires. Au contraire, la pituite et l’atrabile formaient les tempéraments mous et tristes du pituiteux et du mélancolique ; les maladies qu'elles occasionnaient étaient lentes, chroniques, froides. Cette théorie, séduisante pour l’époque où elle parut, domina la science pendant tout le moyen âge, jusqu’au jour où Harvey, par sa découverte de la circulation du sang, démontra que la bile, l'atrabile et la pituite ne voyageaient pas à travers nos tissus comme à travers une éponge. Dr Paul Labarthe.

HYALITE. — Nom donné par les oculistes à l’inflammation du corps vitré Ses symptômes étant ceux de la chloroïdite suppurative ou phlegmon de de l'œil, nous renvoyons à ce dernier mot. p. l.

HYALOIDE. — Nom donné par les anatomistes à l’enveloppe du corps vitré (V. ce mot). p. l.

HYDARTHROSE. — On donne ce nom à l’accumulation de sérosité ou de synovie plus ou moins modifiée dans les articulations. Cette affection est aiguë ou chronique; elle peut se montrer à la suite des plaies et des contusions des articulations, ou être symptomatique d’une inflammation articulaire ou d’une atfeetion générale, telle que le rhumatisme. On la voit aussi chez les femmes dans l’état puerpéral et chez les individus atfectés de blennorrhagie.

On n'a pas eu souvent l’occasion de faire l’autopsie de sujets morts avec des hydarthroses, mais dans les cas rares où cette occasion s’est présentée, on a trouvé une injection de la synoviale affectant la lorme congestive, avec un très léger épaississement. Le liquide, en quantité plus ou moins considérable, est épais, filant, jaunâtre, quelquefois rougeâtre.

Comme symptomatologie, l’hydarthrose est essentiellement caractérisée par une tumeur fluctuante siégeant au niveau d’une articulation, sans changement de couleur à la peau, mais détermi liant une déformation de cette articulation d’autant plus notable que l’épanchement est plus abondant. Cette déformation s’étend même sur tout le membre lui-même qui éprouve de l’allongement. Le membre, en outre, conserve une position fixe, parfaitement caractéri-ée par Bonnet (de Lyon), et due précisément à l’accumulation du liquide qui distend les ligaments articulaires et maintient plus ou moins éloignées les surfaces articulaires.

L’hydarllirose se termine quelquefois par résolution ; mais le plus souvent on observe la persistance de 1 épanchement, parfois Yankylose et quelquefois même on voit se développer à la suite l’affection si Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

sérieuse et si grave , désignée sous le nom de tumeur blanche. x

Le diagnostic en est très facile, à moins qu’il ne s’agisse d’une articulation profonde, telle que l’articulation coxo-féiiiorale. Quant au point de vue du pronostic, il n’y a de gravité que pour cette crainte que la maladie puisse sè terminer par une tumeur blanche de l’articulation , car il y a une solidarité telle entre les cartilages et la synoviale que les premiers finissent souvent par s’altérer quand celle-ci est malade depuis longtemps.

En parlant du traitement, nous aurons surtout en vue l’hydarthrose du genou qui est la plus fréquente.

Deux indications sont à remplir: faire disparaître les congestions synoviales et faire résorber l’épanchement.

Pour obtenir ces résultats, la première condition est le repos absolu, dans la position horizontale, en y ajoutant la compression élastique au moyen de l’appareil ouaté. Si le gonflement persiste on applique une série de \ésicatoires, en n’interrompant la compression que le jour où le vésicatoire est placé, pour la reprendre aussitôt que l’épiderme est mort. Quelquefois il est bon de surajouter à la bande en toile, une bande de caoutchouc vulcanisé qui assure mieux la compression. Si l’hydarthrose résiste à ce traitement et si l’épanchement persiste, il faut alors avoir recours à la ponction de l’articulation. Naguère on ne se décidait que rarement aux ponctions, dans la crainte, du reste trop justement fondée d’une suppuration consécutive, mais depuis les travaux de Jules Guérin et la découverte de la méthode par aspiration, le danger n’est plus à redouter et on peut, presque impunément, pratiquer une ou même plusieurs ponctions capillaires.

Il y a une quarantaine d’années Velpeau et Bonnet, de Lyon, préconisaient, dans les cas rebelles la ponction pour évacuer le liquide et l’injectiop iodée dans les proportions d’un tiers de teinture d’iode par deux tiers d’eau distillée. Mais ce n’est que lorsqu’il n’y a plus de chances de guérison qu’il faut avoir recours à ce traitement, car souvent l’arthrite que l’on provoque ainsi se termine par ankylosé quand cela n’est pas par la suppuration, l’infection purulente et la mort. Aujourd'hui, grâce à la méthode antiseptique, on peut intervenir pour les hydarthroses volumineuses et rebelles, et pour éviter l’ankylose ou la tumeur blanche, on peut intervenir, dis-je, d’une façon plus radicale, en pratiquant de chaque côté de longues incisions, mettant bien à jour la cavité articulaire et en pratiquant largement dans cette articulation des lavages avec la solution phéniquée. Les statistiques récemment publiées paraissent favorables à cette médication. Dr Albert Bergeron.

HYDATIDE. — (V. Kyste hydatique.)

HYDRAGOüUE. — Synonyme de di astique (V. ce mot).

HYDRAMNIOS. — L’hydramnios ou hydropisie de l’amnios, est une maladie constituée par une exagération du liquide amniotique contenu dans l’œuf (V. A/nnios, Œuf).

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La cause de cette hydropisie nous est à peu près inconnue, bien que, dans quelques cas, il a semblé que riiydramnios se soit développé à la suite d'une impression brusque do froid ou d'une violente émotion morale. La syphilis a été souvent invoquée comme étiologie.

La quantité de liquide ainsi accumulé dans l’œuf est très variable, carde 500 à 1000 grammes, qui est le poids le plus ordinaire du liquide amniotique, ou l’a vu s'élever jusqu’à 7, 8, 12 et 25 litres. En général, cette maladie ne se développe qu’après le cinquième mois de grossesse, bien qu'on puisse cependant l’observer avant. De plus, elle a une marche très rapide, et en peu de temps la matrice acquiert, par exemple, à 5 mois, le volume qu’elle ne devrait avoir qu’à 8 mois de grossesse. De là des troubles profonds dans l’économie, tels que l’œdème, des varices, des phlébites, et surtout la suffocation qui oblige à intervenir, si la nature ne se charge pas d’expulser spontanément le contenu de l’ utérus, ce qui arrive le plus ordinairement.

Il n’y a pas de traitement médical de l’hydropisie de l’amnios. Quant on juge qu'il faut intervenir, c’est à la ponction des membranes qu’il faut recourir. Je repousse absolument tous les procédés de ponction à travers les parois utérines, soit par l’abdomen, soit par le vagin. 11 faut atteindre les membranes par le col utérin, ce qu'il sera toujours possible de faire en dilatant préalablement, si cela est nécessaire, le canal cervical soit avec une tige de laminaria, soit avec une éponge préparée.

Un fait intéressant à noter c’est que les enfants qui se développent dans un œuf atteint d’hydramnios portent souvent eux-mêmes certains vices de conformation, comme le bec-de lièvre, le pied-bot, une ascite abdominale, une hydrocéphalie, etc.

Dr A. DE SOYRE.

HYDRARGYRE. — Synonyme de?nerc«re(V. ce mot).

HYDRARGYRISME. — Nom donné en médecine à l'ensemble des accidents occasionnés par l’abus du mercure (V. ce mot). p. l.

HYDRASTIS CANADENSIS.— Nom donné à une plante herbacée de la famille des renonculacées, qui croît communément dans l’Amérique du Nord, dont la racine, de couleur gris jaunâtre à l’extérieur, et jaune rougeâtre à l’intérieur, douée d’une odeur faible et d’une saveur très amère, fait partie de la pharmacopée américaine et anglaise. Cette racine doit ses propriétés à un alcaloïde, appelé hydrastine, qui se présente sous forme de cristaux blancs prismatiques, ressemblant à la strychnine, insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool, le chloroforme et l’éther. On l’emploie contre les fièvres en général, mais surtout contre les fièvres intermittentes et le typhus. Les Anglais et les Américains utilisent aussi la teinture d’hydrastis contre la dyspepsie atonique, contre la constipation habituelle due à l’inaction du foie. Ils l’ont enfin conseillée en injections contre la blennorrhagie, contre les inflammations chroniques de la muqueuse utéro-vagin’ale, et en lotions contre les crevasses et les gerçures du sein. Dr Paul Labakthe.

HYDRATE. — Nom donné par les chimistes à la combinaison de l’eau avec un oxyde métallique, ou bien avec un acide; dans le premier cas, l’eau joue le rôle d’acide, et dans le second elle.joue au contraire le rôle de base : hydrate de baryte , de chaux, de potasse, de chloral, etc. p. l.

HYDRÉMIE. — Mot employé autrefois comme synonyme d’anémie (V. ce mot). p. l.

HYDROCÈLE. — On donne le nom d'hydrocèle, en chirurgie, à une tumeur constituée par un épanchement de sérosité, soit dans le tissu cellulaire du scrotum, soit dans une enveloppe du cordon spermatique.

Hydrocèle du scrotum. — Toute accumulation de

sérosité dans les enveloppes du testicule conslitue une hydrocèle du scrotum. On distingue l'hydrocèle par infiltration et Y hydrocèle de la tunique vaginale ou par épanchement.

1° Hydrocèle par infiltration. — On lui donne encore le nom d'œdème du scrotum. Tantôt cet état morbide est déterminé par l’anasarque dans une maladie de Bright ou dans une maladie du cœur; tantôt elle est le résultat de la tupture d’une hydrocèle, surtout chez les nouveaux-nés ; tantôt, enfin, elle se montre chez les sujets débilités, dont les bourses sont pendantes, ou à la suite d’une ponction malheureuse d’hydrocèle.

Le scrotum est considérablement tuméfié; c’est un œdème des plus marqués. La peau est blanche, luisante; les plis sont effacés. Souvent, la peau de la verge est envahie ; il semble que cet organe ait, pour ainsi dire, disparu.

On ne peut pas méconnaître cette infiltration. A moins qu’elle ne soit symptomatique d’une hydropisie, on condamne le malade au repos. Si le liquide ne paraît pas diminuer et qu’il détermine une grande gêne, on pourra pratiquer de petites ponctions avec une aiguille à cataracte; les incisions exposent au phlegmon et à la gangrène du scrotum.

2° Hydrocèle de la tunique vaginale ou par épanchement. — L’épanchement de la sérosité dans la tunique vaginale est ordinairement simple; mais il peut se montrer des deux côtés à la fois.

L’hydrocèle survient souvent sans cause appréciable. Elle peut être la conséquence d’irritations diverses du testicule, du scrotum et du cordon.

La tunique vaginale est distendue par le liquide; elle est blanche, souvent un peu épaissie. On n’observe pas de fausses membranes, à moins qu’il n’y ait eu une hématocèle antérieure. Lorsque la cavité de la tunique vaginale communique avec le péritoine, on dit qu’il y a hydrocèle congénitale.

Ordinairement, le testicule se trouve en arrière et en dedans de l'épanchement; il peut occuper d'autres positions, surtout dans les cas d’inversion. Cet organe est souvent comprimé, aplati. Si une orchite a été le point de départ de l’hydrocèle, il conserve des dimensions un peu supérieures à .celles de l’état normal. D’une manière générale, la substance du testicule reste saine, à moins que l’hydrocèle ne soit trop ancienne.

Le liquide est citrin, transparent, comme delà

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sérosité. Quelquefois, il est un peu visqueux et même coloré en brun ; il n’est pas rare de le voir séro-sanguinolent. 11 contient de l'albumine en dissolution et sa quantité peut varier depuis quelques cuillerées jusqu’à un litre et même plus.

Le début de l'hydrocèle est ordinairement lent. Les fonctions génitales no sont pas altérées. Il est rare que la tumeur soit douloureuse ; elle est plutôt gênante par son volume.

La tumeur est ovoïde, à grosse extrémité dirigée en bas ; la peau est normale, quant à sa couleur et à sa température; les tuniques superficielles du scrotum glissent facilement sur la tumeur; sa surface est unie et très régulière ; aucune position ne la fait changer de volume.

On peut constater la transparence de la tumeur en la plaçant entre l’œil et la flamme d'une bougie. 11 faut, pour bien percevoir ce phénomène, percer un trou de 5 à 0 centimètres de diamètre, au milieu d’un écran, d'un carton, par exemple ; on place la tumeur entre l’écran et la lumière; puis on regarde par cette ouverture. Avec un peu d’habitude, on parvient facilement à reconnaître que le testicule occupe la partie postérieure.

Ordinairement, la tumeur est molle et fluctuante. »

11 n’y a jamais de symptômes généraux ; l’affection est toute locale.

L’hydrocèle type, que nous venons de décrire est facile à reconnaître. Il y a une foule de formes insolites qui embarrassent souvent le chirurgien. 1° 11 y a des hydrocèles très petites, qui ne dépassent pas le volume d'un œu:. 2“ Le liquide est tellement abondant, dans certains cas, que la tunique vaginale est énormément distendue, et qu'il n'y a pas de fluctuation, il faut alors soulever la tumeur de la main gauche, et tendre la peau au-dessus d elle, pendant que la main droite frappe un coup sec sur la partie la plus saillante ; ce choc détermine un ébranlement, une ondulation caractéristique de la présence du liquide. 3° La forme de l’hydrocèle est quelquefois altérée. La tumeur peut être divisée en deux parties par une ligne circulaire, sorte de lien constricteur qui lui donne la forme d un bissac. Quelquefois, 1 hydrocèle semble surmontée d’une autre tumeur; celle-ci est souventplacée au-dessus.

Certaines hydrocèles se développent très rapidement, en quelques semaines ; on pourrait les appeler aiguës ; mais, ordinairement, leur marche est lente et chronique. Elles durent pendant des années entières, et restent stationnaires, si l’on n’y porte remède. Dans des cas rares, on a observé la disparition spontanée de l’épanchement. Cette disparition a été remarquée aussi à la suite d’un accident, chute, choc, déchirant la tunique vaginale et forçant le liquide à passer dans les mailles du tissu cellulaire, où il s’infiltre pour être résorbé. Souvent, après un semblable accident la récidive a lieu. Lue violence extérieure peut rompre un vaisseau ; il se produit une hématocèle dont le sang se mélange au liquide séreux de l’hydrocèle.. Enfin, il arrive que la tunique vaginale s’enflamme ; on a alors une hydrocèle avec vaginalite. On conçoit, que dans ces deux derniers cas, la transparence de

la tumeur soit troublée ; s’il y a vaginalite, on constate, de plus, de la douleur.

Le diagnostic est facile lorsque la tumeur se présente avec ses caractères francs. Mais le petit volume, la forme irrégulière, le défaut de transparence et les complications peuvent être causes d’erreur. On a vu l’hydrocèle prise pour un cancer, une hernie inguinale irréductible, une hématocèle, un kyste du testicule, un hydrocèle enkystée du cordon. .

On reconnaîtra le cancer à ses bosselures, aux veines variqueuses du scrotum, aux douleurs lancinantes et au défaut de transparence.

Le malade donnera des renseignements précieux sur la hernie inguinale, sur son mode de développement ; la tumeur sera sonore si c’est une entérocèle, mollasse si c’est une épiplocèle ; on verra manifestement que la tumeur se prolonge dans le canal inguinal par un pédicule, ce que ne fait pas l’hydrocèle. Souvent, elle sera facilement réductible.

L’hématocèle n’est difficile à reconnaître que si elle est récente ; le défaut de transparence et l'ecchymose de l’hématocèle traumatique seront les seuls éléments de diagnostic. Ajoutons que l’hématocèle se développe plus rapidement que l’hydrocèle.

Le kyste du testicule pourrait être pris pour une petite hydrocèle. Il faut savoir que le kyste constitue une tumeur de forme irrégulière, et que le testicule est toujours placé au-dessous. Il arrive quelquefois, néanmoins, qu’une erreur de diagnostic soit commise, et que l’on ne s’en aperçoive que par la ponction. Cela n'a pas, d’ailleurs, une grande importance.

L’hvdrocèle enkystée du cordon sera décrite plus tard.

L’hydrocèle congénitale est réductible ; on peut, par la pression, refouler le liquide dans le péritoine. On la distinguera de la hernie congénitale aux caractères suivants : la hernie est sonore à la percussion, elle rentre avec un bruit de gargouillement ; si, la tumeur une fois réduite, on applique le doigt sur l’anneau et qu’on fasse tousser le malade, la hernie ne se reproduira pas ; le liquide de l’hydrocèle, au contraire, rentrera peu à peu dans la tunique vaginale.

La maladie n’est pas grave. Dans quelques cas, cependant, la peau de la verge est attirée en bas ; cet organe disparaît, pour ainsi dire ; les fonctions sont gênées.

On a guéri un petit nombre d'hydrocèles sans opération, par les dérivatifs, des applications d’une solution de chlorhydrate d’ammoniaque, des vésicatoires, etc.

Certaines opérations ont été suivies de succès : l’incision avec suppuration ; l’excision d’une portion de la tunique vaginale ; la cautérisation de la paroi de la tumeur ; la canule à demeure ; le séton ; l’électricité. Mais toutes ces opérations échouent le plus souvent, ou elles sont fort douloureuses.

Aujourd’hui, la ponction suivie d’injection iodée est devenue une opération vulgaire. On ne se borne plus à la ponction simple, qui est constammen suivie de récidive.

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Il survient après l’injection une inflammation de la tunique vaginale, qui disparait au bout de quelques semaines, etlaguérison est souvent définitive.

La récidive se montre dans quelques cas. Alors on opère de nouveau.

L’inflammation consécutive est parfois très intense ; il peut se former un abcès dans les parois du scrotum; dans ce cas, on donne issue au pus. Il peut arriver que la tunique vaginale suppure ; il sort du pus, souvent mélangé de gaz, par l’ouverture ; alors, il faut ouvrir la tunique vaginale qui suppure ; la maladie guérit par des adhérences cicatricielles. On a observé la péritonite soit par propagation de l’inflammation à travers le cordon, soit par suite de la non oblitération du canal vagino-péritonéal.

Des accidents peuvent résulter de l’opération : piqûre du testicule, blessure d’un vaisseau important du scrotum, blessure d’une veine du cordon, injection du liquide d;ins les parois du scrotum.

La piqûre du testicule n’offre pas de dangers sérieux, et l’on peut faire l’injection iodée ; cependant il vaut mieux s’abstenir. On évite cette piqûre en enfonçant le trocart à la partie inférieure, antérieure et un peu externe de la tumeur. Du reste, il faut bien s’assurer de la position du testicule , par la pression et la transparence de la tumeur, cet organe pouvant occuper un point insolite.

Un vaisseau blessé donnera, après l'opération, une hématocèle pariétale ou delà tunique vaginale. Blandin a vu un malade succomber à la phlébite des veines du cordon.

L’injection du liquide irritant dans le tissu cellulaire du scrotum est suivie de phlegmon diffus et de gangrène. Cet accident est grave. Il peut survenir, soit que le trocart ait piqué la paroi opposée, soit que le liquide reflue entre la canule et les bors de l’ouverture, ce qui indique un mauvais instrument, soit que l’extrémité de la canule soit plongée au milieu des tuniques, et que le liquide y soit injecté directement.

Lorsqu'on soupçonne avoir fait une ponction de la paroi opposée, il faut vider la poche et attendre que l'hydrocèle se soit reproduite pour recommencer l’opération.

On évite le reflux du liquide en employant un bon instrument, qui ne produise pas le décollement des tuniques lorsqu’on l'introduit dans la tumeur.

Enfin, pour empêcher la canule de sortir de la cavité vaginale, il faut, après avoir extrait le poinçon, l’enfoncer un peu plus et se contenter de la diriger, sans prendre la peau avec elle et sans la fixer ; car le crémaster, qui se contracte quelquefois, pourrait abandonner l’extrémité de la canule au milieu des tuniques, dans le dartos.

Tout liquide irritant peut remplacer la teinture d’iode : vin chaud , alcool , solution de nitrate d’argent, etc.

Maisonneuve cautérise directement l’intérieur de la poche avec le crayon de nitrate d’argent. Mais on s’accorde à donner la préférence à la teinture d’iode.

Lorsqu'il existe une hydrocèle congénitale, le

liquide pouvant refluer dans le péritoine, on s’abstient d'injection iodée. Cependant, quelques chirurgiens font l’opération, malgré les accidents qui ont été observés. Dans ces cas, ils exercent une compression, longtemps continuée, sur le canal inguinal, au moyen d’un bandage.

Hydrocèle du cordon. — On donne ce nom à l’infiltration ou à l’épanchement de sérosité entre les divers éléments qui constituent le cordon. On en distingue deux variétés principales : I’hydrocèle INFILTRÉE et l’HYDROCÈLE ENKYSTÉE.

Deux autres variétés ont été indiquées par les auteurs; il suffit de dire leurs noms. L’une, hydrocèle du cordon communiquant avec le péritoine, n’est autre chose qu'un épanchement séreux dans le canal vagi no-péritonéal , oblitéré du côté de la tunique vaginale et resté perméable du côté du péritoine. La pression fait refluer le liquide dans la cavité péritonéale. L’autre variété, hydrocèle du cordon communiquant avec la tunique vaginale est, au contraire, un épanchement dans le même canal, vagino-péritonéal, mais en sens inverse; c’est-à-dire que celui-ci est oblitéré du côté du péritoine, et non du côté de la tunique vaginale. Cette variété coïncide avec une hydrocèle ordinaire; elle constitue quelquefois une véritable hydrocèle en bissac. Bref, ces deux hydrocèles tiennent à une oblitération incomplète du canal vagino-péritonéal du nouveau-né.

1° Hydrocèle infiltrée. — Cette infiltration, connue encore sous le nom d'hydrocèle diffuse, se rencontre chez l’adulte, souvent sans cause connue. Dans quelques cas, elle coïncide avec une anasarque, une ascite, une tumeur abdominale, une hernie.

L’intiltration siège dans les mailles du tissu cellulaire du cordon, au-dessous du crémaster, en avant des vaisseaux spermatiques et du canal déférent. La sérosité claire qui y est contenue peut, en écartant les cloisons du tissu cellulaire, former un véritable épanchement.

11 existe une tumeur diffuse, allongée dans le sens du cordon, renflée vers la partie inférieure, et remontant souveni jusqu'à l'anneau inguinal. La tumeur n'est pas douloureuse; elle est molle et pâteuse; la pression peut changer sa forme et son aspect; elle est quelquefois fluctuante en bas. Elle est stationnaire; mais, dans quelques cas, elle prend des proportions énormes.

On la distinguera de l’épiplocèle en ce que celleci se montre plus lentement et qu'elle occupe toujours le canal inguinal par un gros pédicule. 11 est rare que l’infiltration du cordon se prolonge dans le canal inguinal sous forme de pédicule volumineux.

Si la tumeur ne disparaît pas spontanément, on aime mieux faire une incision qu’appliquer un séton, comme cela a été fait quelquefois.

2° Hydrocèle enkystée. — Elle reconnaît quatre origines: 1" le kyste se développe dan-, une portion non oblitérée du canal vagino-péritonéal; 2° il est la transformation d'une hématocèle du cordon ; 3° il est déterminé par une hydrocèle infiltrée qui a considérablement distendu les mailles du tissu cellulaire; 4° il se forme dans une bourse séreuse,

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produite, chez les] heruieux, |par le frottement du bandage herniaire.

Le kyste est unique ou multiple; il y a souvent trois ou quatre tumeurs échelonnées le long du cordon. Rarement il dépasse le volume d’un œuf.

Il peut occuper toute la longueur du cordon ; mais, chez les enfants, il avoisine l'anneau inguinal, et peut être contenu dans ce canal. La paroi est mince, quelquefois elle est épaisse et dure. La cavitéjdu kyste est unique ; mais iltn’estj pas rarel d’y rencontrer des cloisons complètes ou incomplètes. Le liquide est séreux, transparent, quelquefois il est plus épais, de couleur lie de vin, chocolat, etc.

L'hydrocèle enkystée est une tumeur indolente, ' à surface régulière, allongée, fluctuante ,(■ si elle n’est pas trop tendue par le liquide, auquel cas elle présente la résistance d'une tumeur solide. Elle est quelquefois, mais non toujours, transparente, l'opacité tient à l'épaississement de la paroi et à l'altération du liquide contenu. Si le kyste siège vers la partie inférieure,1 ?on voit, en examinant sa transparence, les éléments du [cordon disséminés autour de la tumeur. Celle-ci est mobile ; on la fait rentrer parfois dans le canal. Si elle occupe le canal, on peut souvent la refouler vers la cavité abdominale.

La fluctuation, la surface lisse et arrondie empêcheront de croire à un lipome. Il n’y a pas de pédicule herniaire, ni cette sensation d'empâtement, ni cet aspect piriforme que l’on constate dans une hernie épiploïque. Un troisième testicule est tellement rare, qu'il n’est pas bien prouvé qu’il puisse exister. Admettons le cas : la pression sur la tumeur développera la douleur caractéristique qui accompagne le froissement de cette glande. Les renseignements fournis par le malade feront distinguer lhydropisie d’un ancien sac herniaire; mais ce diagnostic est difficile.

La lésion n’est pas grave. On ne fait rien, si la tumeur est très petite ; si elle est volumineuse et qu’elle soit trop gênante, on peut faire la ponction, et mieux la ponction suivie d’injection iodée.

Dr J. -A. Fort.

HYDROCÉPHALIE. — On distinguait autrefois 1 hydrocéphalie aiguë et V hydrocéphalie chronique.

I, hydrocéphalie aiguë était l’état déterminé par la fièvre cérébrale (V. Méningite).

I.’ hydrocéphalie chronique, qui doit nous occuper seule ici, est une affection caractérisée par l’accumulation de liquide dans la cavité crânienne. Mous rejetons absolument la division en hydrocéphalie interne et hydrocéphalie externe, cette der- * nière n’étant représentée que par l’infiltration œdémateuse qui se produit, pendant le travail de l’accouchement, sur la partie de la tète du fœtus qui est en rapport avec l’orifice utérin, et à laquelle on a donné le nom de bosse séro- sanguine. Production, sans importance, absolument passagère, et qui disparaît dans les premiers jours qui suivent la naissance.

L hydrocéphalie interne, dont la cause nous est inconnue, est essentiellement constituée par une accumulation plus ou moins considérable de liquide siégeant soit entre les parois du crâne et la dure-

mère, soit dans la cavité arachnoïdienne, soit le plus souvent dans les ventricules du cerveau. La quantité de liquide est très variable; elle peut à peine dépasser le volume normal du liquide arach-

noïdien ou s’élever à plusieurs litres. La figure 605 est un exemple d’une hydrocéphalie considérable.

L’hydrocéphalie est souvent une cause grave de dystocie non seulement pour l’enfant qui succombe presque toujours peu après sa naissance, quand il est né spontanément, mais encore pour la mère. J’ai vu plusieurs femmes, en travail depuis plusieurs jours, s’épuisant en efforts inutiles pour chasser un enfant hydrocéphale, succomber à la rupture de l’utérus aminci à la suite de ces contractions successives et violentes. Aussi est-il bon de faire de bonne heure le diagnostic de la tête hydrocéphale.

Dans les présentations du sommet, ce diagnostic n’est pas difficile à établir. En effet, il y a lieu de s’étonner d’abord de la rétention au-dessus du détroit supérieur de la tête fœtale dans un bassin bien conformé. En outre, on sent sous le doigt la tête représentée par des surfaces osseuses très minces, pliant sous la moindre pression et séparées les unes des autres par de larges espaces membraneux. En effet, dans ce cas, les sutures et les fontanelles sont d’autant plus larges que l’accumulation du liquide est plus considérable dans la cavité crânienne.

Quand l’hydrocéphalie est peu prononcée, l’accouchement peut se faire spontanément ou se terminer après une simple application de forceps; la tête, en effet, assez molle, se moule en quelque sorte sur les ouvertures qu’elle doit traverser. Mais il n’en est plus de même quand l’hydrocéphalie est considérable. Il est bon, dans ce cas, de ne pas laisser la femme s’épuiser en efforts inutiles, et l’on devra ponctionner la lête sitôt que l’orifice utérin sera suffisamment dilaté. La craniotomie se fera à l’aide de ciseaux de Smellie ou de tout autre perce-crâne.

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Dans les présentations du siège avec une tête hydrocéphale, le diagnostic n’est pas toujours aussi facile et ne peut être fait qu’en tenant compte du volume considérable que garde l'utérus après l’expulsion du tronc. Le doigt alors, glissé au-dessus du cou de tous côtés, parvient à rencontrer les surfaces caractéristiques des sutures et des fontanelles. Comme la perforation du crâne, dans ce cas, n’est pas facile, on a conseillé d’ouvrir la colonne vertébrale à 1 extérieur et de glisser dans le canal rachidien une longue sonde en gomme qui, parvenant jusque dans la cavité crânienne, permettrala sortie du liquide. La tète se videra et de simples efforts de traction permettront de terminer l’accouchement sans autres difficultés.

Parmi les enfants qui naissent vivants avec une tête hydrocéphale, la plupart, comme je l’ai déjà dit, meurent dans les quelques jours qui suivent la naissance. Les autres peuvent s'élever, mais leur intelligence sera d’autant plus troublée que la quantité de liquide contenu dans la tête sera plus considérable. J’en connais plusieurs qui sont de véritables idiots, quoique déjà âgés de plus de quinze ans. Tous les traitements qui ont été tentés depuis les diurétiques, les révulsifs, les vésicatoires, jusqu’à la ponction crânienne, n’ont amené aucun résultat.

Dr A. de Soyre.

HYDROCOTYLE. — On donne ce nom à un genre de plantes herbacées, vivaces, de la famille des ombellifères, dont deux variétés ont été essayées en médecine : Yhydrocotyle vulgaire et Yhydrocolyle asiatique.

hydrocotyle vulgaire, petite plante de nos pays,

très commune dans les endroits humides, dans les marais et au bord des étangs, aété employée autrefois comme détersive et révolutive. Elle est aujourd’hui inusitée.

L’ hydrocotyle asiatique, petite herbe rampan te qui croît dans les Indes et dans l’Afrique méridionale, où on l’emploie empiriquement contre la lèpte, la scrofule et la syphilis, a été étudiée par Lépine, qui y a découvert un principe actif appelé

vellarine, poison narcotico-âcre analogue à la ciguë, et a proposé de l’employer dans le traitement de certaines maladies de peau, telles que l’eczéma, le prurigo, le psoriasis, etc., sous forme de sirop et de granules. Maislesexpériences faites parles dermatologistes n’ont pas donné de bons résultats, et aujourd’hui l’hydrocotyle asiatique est un médicament à peu près complètement abandonné.

Dr Paul Labarthe.

Fig. 607.— Hydrocotyle asiatique (inflorescence).

HYDRO-GEMMINE LAGASSE. — L’hydro-gemntine Lagasse est une eau de pin gemmée, concentrée et titrée au vingtième, introduite dans la thérapeutique par M. Lagasse, le savant pharmacien de Bordeaux, dont tout le monde connaît les belles recherches sur le pin maritime. Elle s’obtient par la distillation des copeaux qu’on coupe lorsqu’on fait aux pins les incisions au-dessous desquelles on place les vases destinés à recevoir la résine qui en découle au moment de la montée de la sève. C’est une véritable solution, sans altération, de cette résine vierge, qui renferme tous les principes du pin à l’état naissant.

L’hydro-gemmine possède les mêmes propriétés thérapeutiques que la gemme (V. ce mot), et jouit, comme elle, d’une efficacité incontestable dans le traitement des affections de l’appareil respiratoire (toux, bronchite, phthisie, etc.), de l’appareil urinaire (catarrhe vésical et utérin, uréthrite, etc.), et en général dans les affections des muqueuses. Elle possède, en outre, des propriétés hémostatiques remarquables.

On l’emploie à la dose de 1 à 2 cuillerées à bouche dans un demi-verre d’eau où de lait, deux ou trois fois par jour. On peut aussi l’utiliser sous forme d’inhalation ou de pulvérisation dans les affections de lagoi’ge. Enfin, à la dose de 3 à 4 cuillerées dans un litre d’eau, elle constitue, comme l'eau de goudron, une bonne boisson hygiénique que l’on boit aux repas coupée avec du vin. Drc. sarran.

HYDROGÈNE. — L'hydrogène est un corps simple, gazeux, quatorze fois et demi plus léger que l’air, incolore, inodore et insipide, incapable d’entretenir la respiration, mais sans action délétère cependant, car un animal peut vivre dans l'oxygène mélangé à soixante-quinze pour cent d'hydrogène. Il constitue, avec le carbone, l’oxvgène et l'azote, la matière organisée des animaux et des végétaux, et forme le neuvième du poids de l’eau. Un courant d’hydrogène passant sur de l'oxyde de fer chauffé légèrement, le réduit et donne 1 e fer réduit par l’hydrogène (V. ce mot). Ce gaz est sans emploi en médecine. p. L.

HYDROLAT. — Nom donné à des eaux chargées par la distillation des principes volatils des végétaux (V. Distillation). P. L.

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HYDROMEL. — On donne ce nom à une tisane et à une liqueur fermentéé.

La tisane d'hydromel est un composé d’une partie de miel dissoute dans 16 parties d’eau. Douce et légèrement laxative,' elle convient surtout aux enfants à la mamelle, lorsqu’ils ont de la constipation. On peut aussi l’ordonner comme expectorante, dans les affections catarrhales, à moins qu’il n’y ait dévoiement ou répugnance marquée pour le miel.

La liqueur d’hydromel, qui fut la boisson favorite du héros du paradis d’Odin, ne nous est guère plus connue que de nom. Cependant on en trouve encore dans certaines régions du Nord de la France, principalement du côté de Cambrai, oii on la fabrique de la manière suivante: on prend une partie de miel pour trois parties d’eau ; on ajoute à ce mélange de la levure de bière et un peu d’aromates, tels que cannelle, muscade, clous de girofle, etc., et on laisse fermenter le tout. Lorsque la liqueur est devenue claire et limpide, on la soutire et on la met en bouteille. Cette liqueur, qui se bonifie en vieillissant, est d'une couleur brune foncée ; son odeur spiritueuse rappelle celle du miel, et sa saveur rappelle assez celle des vins de Malaga. Elle se boit comme les vins de liqueur.

Dr Paul Labarthe.

HYDROMÉTRIE. — On appelle ainsi l’accumulation d'un liquide séreux, dans la cavité utérine d'une femme non enceinte, car il ne faut pas confondre l’hvdrométrie avec l 'hydramnios. Le liquide contenu dans la matrice étant sécrété par les parois même de l’organe, pour expliquer sa rétention il faut admettre une oblitération du col produite, soit par une agglutination des bords de l’orifice interne, soit par la présence d’un polype, d’une tumeur fibreuse intersticielle, d’une tumeur kystique ou solide voisine, ou enfin d’une flexion très prononcée.

Il peut arriver que la quantité de liquide ainsi emprisonné donne à la matrice le volume d’une grossesse de six mois. De là des erreurs possibles dans le diagnostic qui fiit ranger 1 hydrométrie parmi les fausses grossesses.

Cette maladie est très rare. Le traitement consistera adonner issue au liquide contenu dans l’utérus, soit à l’aide d’une ponction pratiquée par le vagin dans le voisinage du museau de tanche si l’orifice utérin est oblitéré, ou par l’introduction d’une sonde jusque dans l’utérus si le col est perméable ou peut le devenir à la suite d’une dilatation progressive. J)r a. DE Soyiie.

HYDROPÉRICARDITE. — (V. Péricardite.)

HYDROPHOBIE. — Synonyme de rage (V. Rage.)

HYDROPISIE. — On donne le nom d’hydropisie aune accumulation de sérosité dans le tissu cellulaire ou dans les cavités naturelles du corps.

Lhydropisie du tissu cellulaire a reçu le nom d 'œdème lorsqu’elle est circonscrite à une région (œdeme des membres inférieurs, de la face, de la glotte, etc.), et celui d 'anasarque lorsqu'elle est

généralisée à toute ou presque toute la surface du corps. •

L’hydropîsie des cavités naturelles, souvent- désignée sous le nom A' épanchement séreux, a reçu différents noms suivant son siège : l’hydropisie du péritoine est appelée ascite; celle des ventricules cérébraux, hydrocéphalie ; de la plèvre, hydrothorax; d’une articulation, hydarthrose ; de la tunique vaginale, hydrocèle.

Le liquide des hydropisies est en général alcalin, verdâtre ou d'un jaune citrin (parfois transparent comme de l’eau), il n’est pas simplement formé par la transsudation du sérum du sang, car il en différé sous plusieurs rapports.

Sérum. Liquide des hydropisies.

Eau 88 à 91 Eau 95 a 98

Albumine. . . 5 à 6 Albumine. . . 1/2 a 5

Le liquide renferme encore des matières extractives, graisse, urée, créaline, acides hyppurique et lactique, des sels de soude et des chlorures et surtout de l’albumine.

Les cavités séreuses occupées par un épanchement sont pâles, anémiées, de plus, tous les tissus d’une région œdématiée (peau, muscles, etc.) sont pâles et infiltrés.

Les hydropisies peuvent, au point de vue pathogénique, être divisées en deux groupes principaux :

A. Les hydropisies mécaniques produites par un trouble mécanique de la circulation qui augmente la tension sanguine dans les capillaires veineux.

B. Les hydropisies dyscrasiques produites par une altération du sang, altération qui favorise la transsudation du sérum.

A. Hydropisies mécaniques. — Ainsi que l'illustre Bouillaud l'a démontré en 1823, les hydropisies mécaniques sont produites par un obstacle à la circulation veineuse. Supposons qu’une veine soit obstruée, le sang continuera à arriver dans ses radicules par la voie artérielle, mais, trouvant son issue fermée, il distendra ses radicules, et ses parties les plus fluides transsuderont à travers leurs parois dès que la tension ordinaire dépassera la pression extérieure exercée sur les parois de ces radicules; il y aura ainsi une hydropisie exactement localisée dans la région tributaire de la veine obstruée.

Ainsi l’oblitération de la veine cave inférieure produit l’œdème des membres inférieurs, du scrotum et de la partie inférieure du tronc ; celle d’une veine crurale produit l'œdème du membre inférieur correspondant, celle de la veine porte produit l'ascite, celle de la veine cave supérieure détermine l’œdème de la face, du cou, des membres supérieurs, de la partie supérieure du thorax, etc.

Ces oblitérations veineuses se produisent sous des influences multiples : compression par une tumeur, oblitération par inflammation, maladies des organes qu’elles traversent, sclérose, cancer du foie, etc.

Les lésions du cœur, surtout celles du cœur droit, entravant toute la circulation veineuse, déterminent une anasarque ; mais il n’est point rare de voir les maladies du cœur se borner à produire l’œdème de la moitié inférieure du corps; car le

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sang, venant des parties supérieures, trouve dans l’action de la pesanteur un aide assez puissant pour lui permettre de surmonter l’obstacle cardiaque.

Parfois l’hydropisie résulte, rton plus d’une augmentation de tension intérieure, mais au contraire de la diminution de pression extérieure : ainsi, appliquez une ventouse sur la peau, le tissu cellulaire sous-cutané va s’infiltrer de sérosité.

B. Hydropisies dyscrasiques. — Elles résultent d'une altération du sang qui facilite la transsudation de sa partie séreuse, altération qui consiste en une diminution de l’albumine. Cette diminution de l’albumine ne pourrait à elle seule produire l’hvdropisie; il lui faudrait une cause mécanique adjuvante (Jaccoud, G. Sée). Cette cause mécanique est tantôt la thrombose ou coagulation sanguine spontanée qui survient si fréquemment chez les gens cachectiques ( V. Thrombose et Embolie ), tantôt la simple action de la pesanteur : ainsi, chez les convalescents, la position assise suffit pour déterminer l’œdème des malléoles.

Les hydropisies dyscrasiques s’observent : l°chez les albuminuriques : on sait qu’elles constituent un des symptômes fondamentaux du mal de Bright; 2° chez les gens cachectiques (phthisiques, cancéreux, anémiques, etc.); 3° chez les gens insuffisamment nourris, et, par suite, anémiques; 4° chez les gens affaiblis par des hémorrhagies, par des suppurations prolongées, etc.

Les symptômes des hydropisies sont de deux ordres : physiques et fonctionnels.

Les signes physiques sont très appréciables dans les œdèmes sous-cutanés; la surface de la peau est tendue, lisse, décolorée comme transparente; elle est molle, pâteuse, et le doigt y forme une dépression persistante. Ce signe pathonomonique de l’œdème est dû à ia perte de l’élasticité du derme distendu par la sérosité.

Il est surtout très appréciable dans les points où la peau repose sur un plan osseux, comme la face interne du tibia : sur la face, l’œdème se traduit par de la bouffissure, les paupières surtout sont très épaissies; en tous cas, en les pinçant entre deux doigts on forme un pli qui persiste un instant.

La peau, distendue par un épanchement séreux, éprouve divers troubles nutritifs: tantôt elle devient sèche, écailleuse: tantôt le derme s’éraille et se couvre de vergetures ; tantôt, enfin, la peau prend une teinte rouge, érysipétaleuse ; dans ces circonstances, les piqûres destinées à l’évacuation de la sérosité sont presque fatalement le point de départ d’un érysipèle.

Les épanchements dans les cavités séreuses se traduisent par des symptômes spéciaux.

Les signes fonctionnels sont nombreux, importants et variés lorsque l’épanchement occupe une cavité séreuse : mais leur exposé ne saurait trouver place dans une étude générale; ils se bornent à un sentiment de poids, de plénitude et de tension lorsque l’infiltration s’est effectuée dans le tissu cellulaire.

L’hydropisie est facile à reconnaître, mais il faut remonter à sa cause.

1° Les hydropisies mécaniques sont rigoureusement limitées à la circonscription de la veine ma-

lade: ainsi, l’œdème d’un membre inférieur indique l’oblitération de la veine crurale; l’ascite se rattache à une gêne de la circulation de la veine porte consécutive à une maladie du foie (cirrhose, cancer), à une phlébite, etc. Les lésions cardiaques déterminent des hydropisies plus générales.

2° Les hydropisies dyscrasiques sont mobiles, lentes à se produire ; elles coïncident, soit avec des urines albumineuses (mal de Brigth), soit avec un état anémique très accentué.

Le traitement de l’hydropisie ne se prête à aucune considération générale, car il est étroitement lié à celui de la maladie dont l’hydropisie est un symptôme (V. Albuminurie, Anasarque , Anémie , Ascite , Cirrhose , Hydarthrose, Hy drothorax, Hydrocèle, Œdème, Péricardite, Pleurésie, Phlegmasia alba dolens, etc. Dr Léon Moynac.

HYDROPNEUMOTHORAX. — (V. Pneumothorax.)

HYDRORACHIS. — (V. Spina bifida .)

HYDRORRHÉE.— On donne ce nom à un écoulement de liquide qui se produit pendant la grossesse. En général, cet écoulement a lieu d’une manière intermittente, et ne comprend chaque fois qu’une petite quantité de liquide (la valeur d’une cuillerée ou d’un demi-verre au plus).

L’hydrorrhée s’observe plutôt dans la seconde moitié de la grossesse que dans la première. On pense que le liquide qui s’écoule ainsi est sécrété par la face interne de l’utérus; il s’accumule entre cet organe et la surface de l’œuf décollé en un certain endroit. De là, le liquide accumulé, glissant peu à peu entre l’utérus et l’œuf, gagne le col utérin et se fait jour à l’extérieur. L’œuf adhère ensuite de nouveau à la matrice, mais le même phénomène peut se reproduire plusieurs fois pendant la durée de la gestation. De même, chez certaines femmes, le décollement de l’œuf reste acquis et, la surface interne de l’utérus continuant à sécréter, il en résulte un écoulement aqueux presque constant.

L’intermittence de l’écoulement, sa faible quantité, l’absence de contractions utérines, empêchent de confondre l'hydrorrhée ou fausses eaux avec une rupture prématurée des membranes et l’écoulement intempestif du liquide amniotique.

Le repos au lit ou sur la chaise longue, l’absence de toute espèce d’excitations morales et physiques, la suppression de tout rapport sexuel, sont les moyens à employer pour empêcher l’hydrorrhée de s’exagérer et par conséquent pour éviter que le décollement de l’œuf des parois utérines ne s’exagère.

Dr A. DE Soïre.

HYDROTHÉRAPIE. — On entend par hydrothérapie une méthode de traitement des maladies qui repose sur l’usage de l’eau, employée sous toutes ses formes et à des températures diverses. Les deux termes qui le composent signifient en effet traitement par l'eau.

C’est généralement à l'eau froide qu’on a recours dans ce genre de médication ; employée seule, en effet, l’eau froide convient parfaitement dans un

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grand nombre de maladies ; mais parlois et notamment dans quelques affections du système nerveux ainsi que dans certaines formes de rhumatisme et de la goutte il est nécessaire de faire intervenir l'eau à une température plus élevée pour atténuer l’excitabilité que l'eau froide provoque et pour préparer ou compléter son action curative. Nous indiquerons aussi le rôle qu’il convient d’assigner à la vapeur d’eau, à l’air sec, et à la glace dans la méthode hydriatique. Mais nous allons d’abord faire en quelques lignes l’historique succinct de cette méthode.

Historique. — Il est nécessaire pour cela de remonter aux temps les plus reculés. Dès la plus haute antiquité nous trouvons l’eau froide employée à titre d’agent hygiénique dans le but de fortifier le corps. Moïse ordo » ne de fréquentes ablutions ; les Scythes, les Médes < .msidéraient l’eau comme le préservatif d'un grand nombre de maladies. Presque partout on trouve les traces de l'emploi de l’eau comme agent thérapeutique; mais ce n’est que vers le cinquième siècle avant Jésus-Christ qu’il en est fait mention d’une façon spéciale. Les ouvrages d’IIippocrate à cette époque donnent les premiers renseignements sur les qualités de l’eau et son utilité dans les maladies. A partir de ce moment on peut diviser l’histoire de cette médication en trois périodes.

La première va des temps anciens jusqu’à la fondation du premier établissement hydrothérapique par Priessnit/.. La deuxième traitera de l’hydrothérapie de Priessnitz ou hydrothérapie empirique. Enfin dans la troisième partie nous étudierons l’hydrothérapie rationnelle, méthode française qui a pris droit de cité dans la science, grâce aux travaux de quelques médecins français à la tète desquels il faut placer le docteur Fleury.

Première période. — Dans le remarquable Traité des airs, des eaux et des lieux, Hippocrate recommande au médecin d’examiner d’abord lorsqu’il arrive dans une ville « la nature particulière des eaux dont on fait usage, si elles sont marécageuses, molles ou dures, si elles viennent des lieux élevés et des rochers, si elles sont crues ou saumâtres. » Puis il examine les qualités et les défauts des différentes eaux et prend l'eau à titre d’agent thérapeutique. 11 la recommande surtout lorsqu’il est nécessaire de combattre cette augmentation de chaleur que les fievres de toute espèce provoquent dans le corps humain. Ayant remarqué, en outre, la réaction qui s’opère après une courte application d’eau froide sur la peau, il recommande ce procédé pour produire des effets révulsifs très manifestes. N’y a-t-il pas dans ces écrits le germe de l’hydrothérapie moderne ?

Trois siècles plus tard, l’eau froide était généralement employée dans le traitement de la fievre, et l’on vit sous Néron, un médecin de Marseille, Charmis, accourir à Rome faire le procès à la médecine ancienne. Déjà l’empereur Auguste avait fait élever une statue à Antoine Musa qui, par l’eau froide, l’avait guéri d’une maladie grave.

Celse a laissé de nombreux renseignements sur l’usage médical et hygiénique de l’eau ; mais ce n’est qu’un répertoire de faits et de méthodes bizarres dont on ne peut tirer aucune conclusion.

Arétée, au premier siècle de notre ère, Galien, Cœlius Aurélianus , Alexandre de Tralles, Paul d’Égine, signalent tous l’emploi thérapeutique de l’eau froide et des bains.

Vers la fin du sixième siècle, Mahomet en fondant une religion nouvelle recommande les ablutions répétées d’eau froide dans ie but de maintenir la souplesse de la peau et de fortifier le corps contre les ardeurs du climat. Mais les médecins arabes n’attachèrent que peu d’importance aux vertus curatives de cet agent. Rhazés et Avicenne n’ont fait à ce sujet que reproduire les auteurs anciens.

Le moyen âge reste muet sur cette question et il faut arriver au commencement du dix-septième siècle pour retrouver les tentatives de Mercurialis, panégyriste zélé de l’eau froide. En 1638, L. Septala le premier fait intervenir les douches dans la thérapeutique. Puis un Flamand, Hermann van der Ileyden « applique ce liquide à la cure de toutes les maladies sans exception ».

Après lui, l’Anglais Floyer fait d’incroyables efforts pour réhabiliter l’eau froide ; ses succès J furent considérables, mais il eut le tort de ne fon der aucune doctrine et de considérer l’eau comme le spécifique de toutes les maladies.

En 1712 Frédéric Hoffmann publie une curieuse dissertation : de Aquâ médicina universali , et se trouve bientôt suivi par Sigismond Hahn et son lîls Godefroy qui publient une théorie et des observations sur l’action de l’eau froide. En même temps, Nicolas Cyrillo, professeur à Naples, en systématise l’emploi. Malgré l’erreur de ses opinions humorales, il a le mérite d’avoir vulgarisé l’eau à titre d’agent antiphlogistique.

Après un demi-siècle d’oubli, le Dr Wright vint remettre en honneur la médecine hydrotérapique en se l’appliquant d’abord à lui-même et la propageant ensuite.

Le professeur Grégory, d’Edimbourg, combat le typhus par les affusions froides, et Robert Jackson combat la fièvre jaune par le même moyen (1791).

Au même moment Currie, de Liverpool,se livrait à de nombreuses recherches et allait jeter les vér: tables bases d’une doctrine scientifique et de l’hydrothérapie rationnelle, dont on peut le considérer comme le véritable fondateur. Dans son grand ouvrage, publié en 1798, après de nombreuses observations cliniques il démontre, le thermomètre à la main, que toute fièvre présente une [accumulation de chaleur qu’il est impossible de combattre plus efficacement que par sa méthode. Continuant son étude plus profondément, il pose comme grandes bases de l’hydrotérapie :

La soustraction de la chaleur ;

La sédation du système nerveux ;

La suspension du mouvement phlogistique ; L’accroissement de la vitalité des parties.

En même temps en Italie, Vallisnieri, Cocchi et surtout Giannini, employaient l’eau à toutes les températures dans la plupart des maladies.

En France, le prosélyte le plus enthousiaste de l’eau, au dix-huitième siècle, fut le Dr Pomme, qui employa l’eau avec une hardiesse incroyable et sous toutes les formes ; mais ses idées théoriques, bizarres à l’excès, furent abandonnées rapidement

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quand parurent les travaux de Tissot sur les maladies du système nerveux. Tissot conseillait le traitement par l’eau froide, mais ses sages conseils ne furent que très peu suivis.

Deuxième période. — Malgré tous ces travaux, la méthode hydrothérapique serait peut être oubliée aujourd'hui, sans l’intervention d’un simple paysan fanatique et persévérant, Priessnitz, qui en la mettant en pratique à Grœfenberg (Silésie autrichienne) contribua à sa vulgarisation.

Priessnitz, jeune encore et observateur judicieux, remarqua que l’eau dans bien des cas avait procuré du soulagement aux animaux malades. S’étant brisé deux côtes, il fut déclaré par les chirurgiens du pays estropié pour le reste de ses jours; il se décida alors à qssayer son remède qui lui réussit complètement. Puis il appliqua son traitement aux fractures, aux entorses et aux accidents de toute nature qui survinrent dans son voisinage. Ses succès l’obligèrent à se livrer uniquement à la pratique médicale qui se bornait à cette époque (1825) à de simples ablutions avec de grosse^ éponges ou à l’application de compresses mouillées. Plus tard il y ajouta le grand bain d'abord, puis les douches et enfin les transpirations forcées. Ecoutant les leçons du hasard et de l'expérience, le guérisseur de Grœfenberg ne craignait pas d’innover quand sa pratique lui paraissait insuffisante. Après le bain de vapeur pour obtenir la transpiration forcée, il eut recours à l'enveloppement dans des couvertures de laine.

Bientôt après, il employa l’enveloppement dans les draps mouillé, et les frictions à l’aide de linges trempés dans l'eau froide. Les louanges du Dr OErel et la protection reconnaissante de hauts personnages qu’il avait guéris d'engorgements ou d’affections chroniques, obtinrent du gouvernement autrichien la création d’un établissement hydrothérapique.

Alors, placé dans une situation exceptionnelle, Priessnitz pouvait et devait consacrer sa vaste intelligence au développement scientifique de son œuvre, mais il n’en fit rien et n’a laissé aucun écrit, aucun témoignage personnel de ses idées et de sa doctrine. Ses partisans nous ont laissé des documents relatifs à sa pratique, mais leurs exagérations enthousiastes et leurs folles prétentions ne servirent qu’à compromettre le succès de Priessnitz. C'en était fait de l’hydrothérapie et de son influence salutaire si les médecins n’avaient pas pris sa défense, en lui donnant une base scientifique.

Troisième période. — Pendant que Priessnitz pratiquait ses premiers essais en Allemagne, en France Guersant faisait l’éloge des affusions froides dans sa brochure intitulée : Du Froid et de son application dans les maladies (1821), et Tanchou proclamait les propriétés antiphlogistiques de l’eau froide (1824). Récamier essaya, lui aussi, de vulgariser le traitement par l’eau dans les fièvres graves, les névralgies et certaines névroses. Lisfranc et Dupuytren préconisèrent les affusions et immersions froides dans le traitement de la chorée. Quelques années plus tard (1839), La Corbière publiait son Traité du froid et de son action, qui fut bien accueilli.

Presque partout, dans les hôpitaux, comme dans

la pratique civile, chirurgiens et médecins essayèrent de la méthode réfrigérante. Beau (1847), Tessier (1848), Stackler (1851), érigèrent presque en méthode générale l’application du froid dans les formes dynamiques de la fièvre typhoïde. En 1843 déjà Scoutetten avait publié une histoire complète de l’emploi de l’eau en médecine et en chirurgie, livre écrit avec une véritable méthode et une saine appréciation.

En 1845, Schedel, dans son Examen clinique de l'hydrothérapie, posa les véritables bases de la doctrine défendue plus tard par Fleury.

A cette époque, plusieurs établissements s’étaient déjà fondés en France et on vit paraître rapidement la publication de Baldon, d’Andrieux (de Brioude), de Gillebert d’IIercourt, de Lubanski et de Fleury. C’est ce dernier médecin qui contribua le plus à donner une base scientifique à cette méthode justement appelée méthode française.

Voulant arracher l’hydrothérapie au domaine de l’empirisme, Fleury, à force d’expériences savamment organisées, parvint à créer une doctrine basée sur l’action révulsive de l’eau froide. Grâce à lui, ce mode de traitement est aujourd’hui accepté partout et il n’est plus menacé que par ses adeptes trop fervents ou malhabiles.

Toutes les publications de Fleury sont résumées dans son Traité d'hydrothérapie, que nous considérons comme l’œuvre la plus complète qui ait été écrite en France sur ce sujet. Fleury prit la révulsion pour base de la doctrine scientifique de l’hydrothérapie, de même que Priessnitz avait pris la dépuration, et il fit de l’eau froide l’agent fondamental de la méthode.

11 est étonnant que dans ses recherches sur l’action sédative de l’hydrothérapie, Fleury n’ait pas tenu compte des observations de Currie sur les effets thérapeutiques de l’eau appliquée àdifférentes températures sur la peau. J’ai cru devoir faire autrement et préconiser dans ce but Futilité de l’eau chaude qui, combinée avec l’eau froide, peut rendre d’immenses services aux malades.

Effets physiologiques de l’eau appliquée sur la peau. — G’est en 1862, que, sous les auspices du professeur Brown-Sequard, j’entrepris une série d’expériences pour rechercher les effets physiologiques produits dans toutes les fonctions de l'organisme par les applications de l’eau sur la surface cutanée. J'ai été amené à reconnaître que l’eau appliquée sur la peau détermine, selon le procédé mis en usage et selon sa température, des impressions sensitives agissant directement sur les centres nerveux du cerveau et de la moelle épinière, et se répercutant par une série d 'actions réflexes dans toutes les régions de l’organisme influencées par les nerfs.

Ces expériences qui ont été l’objet d’une communication faite par moi à l’Académie de médecine, dans une des séances de février 1866, ont toujours donné des résultats conformes à mes prévisions. Au surplus, poussant plus avant mes investigations, il m’a été possible de déterminer, dans un grand nombre de cas, sur quelle région de la peau il faut appliquer l'agent hydrothérapique pour donner naissance à des actions réflexes capables

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d’exercer une action physiologique ou thérapeutique sur tel ou tel organe.

C est en m’inspirant de ces données scientifiques que j'ai pu contribuer à la fondation de la nouvelle doctrine hydrothérapique qui me semble plus complète que celle de Priessnitz et plus rationnelle que celle de Fleury.

A peu près il la même époque, je suis arrivé à reconnaître que la méthode de Fleury ne pouvait pas répondre à toutes les indications thérapeutiques des affections nerveuses et j’ai cru indispensable d’y faire intervenir l’eau chaude. Grâce à elle, j’ai' pu rendre l’hydrothérapie applicable aux maladies chroniques de notre époque, dont les plus nombreuses et les plus tenaces sont, je le répète, celles qui siègent dans le système nerveux.

Quoique la médication hydrothérapique agisse d une façon immédiate sur la peau, la peau n'est, dans la plupart des cas, qu’un intermédiaire qui sert à obtenir des elfets fonctionnels plus éloignés. Elle peut être considérée sous trois points de vue :

C'est un organe d’exhalation et de sécrétion qui contribue d une manière importante à la régularisation de Ja chaleur propre de l’organisme. C’est secondement une expansion du système circulatoire pouvant se prêter, au besoin, à des accumulations sanguines au profit des organes internes. Enfin la peau, organe tactile, est un lieu de terminaison des nerfs sur lesquels viennent agir les impressions extérieures.

L’action de l'eau sur la peau produira donc des effets sur la chaleur propre, sur le système capillaire et sur le système nerveux périphérique. Mais quel que soit l'effet cherché, il ne peut être obtenu sans que le système nerveux soit influencé. Ne pouvant entrer ici dans les détails que comporte une telle question, je me contenterai de' signaler le rôle que. jouent les nerfs vaso-moteurs dans les phénomènes de contraction' et de dilatation vasculaire sur lesquels les applications hydrothérapiques ont une action bien manifeste. L'eau, par sa température, exerce une influence incontestable sur la chaleur propre', mais cette action n’est pas la plus importante; elle agit principalement sur les extrémités nerveuses périphériques et provoque ainsi des réactions réflexes, plus ou moins saisissables, se manifestant soit dans les organes excités, soit dans les organes éloignés. D'où il résulte que le système nerveux est 1 intermédiaire forcé entre l’action de l’eau à l'extérieur, et les effets généraux ou particuliers qu’on lui demande.

Après cet examen rapide du mode d’action de la médication par l’eau, il est utile d’étudier les effets de la chaleur et du froid sur l’organisme.

Ces effets diffèrent sensiblement, selon qu’ils proviennent du contact de l'air, de corps solides ou de leau. Et d'abord il est important de se mettre bien d accord sur les expressions chaud et froid, qui n ont qu une valeur relative. Nous proposons de désigner ainsi que nous le faisons dans notre pratique :

Leau de 8° à 12“ sous le nom de très froide, de 12° à 16° — — de froide.

Leau de 16° à 20° sous le nom de fraîche.

— de 20" à 26° —

— de 26° à 30° —

— de 30° à 40° —

Au-dessus de 40° —

— de dégourdie.

— de tempérée ou

tiède.

— de chaude.

— de très chaude.

Il est inutile de pousser plus loin celte échelle, car la plus haute température que l’homme supporte habituellement dans les bains de vapeur ne dépasse pas 50°. Je fais rarement usage d’eau audessus de 8°. Quand un grand froid est nécessaire, soit pour amener un abaissement local ou général de température, soit pour déterminer certaines actions réflexes, j’emploie de préférence la glace concassée, contenue dans des sacs en caoutchouc à fermeture hermétique.

Action de l’eau chaude. — De diverses expériences on peut admettre la température de 36° comme celle de la ligne neutre, c’est-à-dire le point auquel la température propre n'est pas modifiée par le contact de la peau. A cette température, il y a encore, au moment du contact, une sensation de chaleur qui tient en partie à ce que la peau et les membres sont presque loujours à une température inférieure à celle des parties internes.

L’eau paraît chaude quand sa température est au dessus de la partie touchée. Quand on fait inter- . venir graduellement la chaleur, on parvient à faire tolérer par la peau une chaleur excessive, 30° parexemple, sans qu’il y ait impression pénible. Quand la température dé l'eau chaude est à peine au-dessus delà ligne neutre, la sensibilité tactile augmente; une plus haute température l’émousse et fait éprouver à la peau des modifications qui diminuent sa sensibilité à l’action d une température plus basse.

.Une chaleur plus élevée que celle du corps augmente la température propre; c’est un fait indiscutable, mais je n'ai jamais vu la température prise sous la langue s’élever de plus de 1 degré.

Dans un milieu d’air chaud et sec, les mouvements respiratoires sont plus rares que dans l'air froid. .

Une chaleur humide, au contraire, accélère ces mouvements: mais l’accélération de la respiration n’entraîne pas une augmentation des phénomènes chimiques, car la proportion d’acide carbonique exhalé s’abaisse avec l’élévation de la température.

La chaleur, sous quelque forme qu’elle agisse, accélère les battements du cœur; leur fréquence diminue au moment où la transpiration s’établit et lorsqu il y a tendance à la syncope. Sur les capillaires de la peau, l’eau chaude, brusquement appliquée, produit tout d'abord une légère contraction, bientôt suivie d’une stagnation bien apparente du liquide sanguin dans ces vaisseaux.. Enfin l’accélération de la circulation produite par le calorique peut amener des congestions dans les organes internes, et notamment dans les centres nerveux.

En général, une chaleur modérée augmente l'irritabilité musculaire; une chaleur très élevée, au contraire, la diminue, amoindrit la force des muscles et produit de la fatigue.

Le bain de 40 à 4o° amène habituellement au bout

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de cinq à quinze minutes la pesanteur de tête, la somnolence , l’étourdissement et quelquefois des accidents plus sérieux. Lorsque la température est voisine de celle de la chaleur propre , elle diminue l’excitabilité nerveuse. A une température plus élevée, elle exerce également une action sédative pourvu que l’application soit de courte durée.

Action de l’eau froide. — Elle est d’autant plus sensible qu’elle est renouvelée avec rapidité. Le froid vif produit tout d’abord une impression douloureuse qui augmente jusqu’à ce qu’il se produise une insensibilité qui persiste même quelque temps après la cessation de l’application du froid. Quand l’eau est projetée sur le corps, la sensation produite est très vive si le liquide est très divisé et si sa force de projection est peu considérable, elle est moins prononcée si l’eau n’est pas divisée et si elle détermine un choc violent. La tolérance pour le froid qui s’établit progressivement après la première impression, s’explique par la diminution de la conductibilité des impressions, par suite de l’abaissement de la température des nerfs, fait mis en relief par les belles expériences d’IIelmholtz.

Le froid appliqué sur tout l’ensemble du corps, en immersion par exemple , abaisse la chaleur propre. Cet abaissement ne peut dépasser certaines limites. Cuvier cite une expérience dans laquelle un homme sain et robuste, dont la température fut abaissée jusqu’à 29°44 centièmes, et qui fut à ce moment en danger de mort. Ce degré exprime donc la température minima à laquelle l’homme puisse être amené; mais localement cette limite peut être dépassée considérablement. On voit donc que la tolérance de l’organisme pour le froid dépend de la durée de l’application, de la forme sous laquelle elle a lieu et de l’étendue de la région exposée au refroidissement.

Enfin, j’ajouterai que l’eau froide en boisson a aussi une influence sur la température du corps.

Sous l’influence du froid, l’activité des combustions respiratoires augmente, et cela d’autant plus que le froid est plus considérable. Toutefois, il ne faut pas en conclure qu’il y ait accélération des mouvements respiratoires ; ceux-ci sont ralentis en effet dans le bain froid, mais les respirations sont plus amples et plus profondes.

Si la chaleur accélère la circulation , le froid, au contraire, la ralentit et le pouls, dans un bain froid, ralentit toujours de fréquence. Au début de l’application, les battements du cœur sont accélérés; mais bientôt ils diminuent, et cela d’autant plus que la température de l’eau est plus basse.

Ce double effet est dû à une action réflexe et ne se produit généralement que sous l’influence d’une application générale. L’eau froide administrée en boisson a la même action sur le pouls qui peut baisser de 15 pulsations.

La pâleur de la peau qui se produit sous l’influence du froid indique qu’il y a contraction des capillaires.

Si le froid continue d’agir, la pâleur cesse et fait place à de la rougeur qui indique une stagnation du sang dans les vaisseaux.

Le froid diminue la contractilité musculaire et l’anéantit lorsqu’il est exagéré.

Il agit sur le système nerveux de deux façons : par impression sur les nerfs sensitifs de la peau et par la soustraction de calorique qu’il produit dans l’économie. L’impression sur les nerfs sensitifs de la peau provoque dans le reste du corps des actions réflexes dont l’intensité est en rapport avec l’excitabilité individuelle et l’état du système nerveux. Cette production d’action réflexe a été bien démontrée par les expériences d’Edwards, ainsi que par celles de Brovvn-Sequard et de Tholozan. Le système nerveux présidant à tous les actes de l’économie, à ceux de la vie animale comme à ceux de la vie végétative, on comprend facilement qu’un ébranlement nerveux comme celui que produit le froid doit se manifester dans les différents organes en modifiant leur fonctionnement.

En somme, quel que soit le mode d’application du froid, le premier effet qui se manifeste est une sensation de refoulement dés liquides à l’intérieur du corps accompagnée de suffocation et de gêne dans la respiration. La peau se décolore rapidement par suite de la contraction des capillaires. Cette contraction s’étend à tous les muscles et produit successivement la chair de poule, le frisson, le tremblement des membres, le claquement des dents, la constriction des muscles de la mâchoire. Les mamelons se dressent, les testicules remontent vers le haut ; puis l’action s’étendant aux muscles de la vie végétative produit parfois la contraction de la vessie et l’émission 'involontaire de l’urine. Le pouls devient serré, petit, dur. A cette sorte d’excitation générale succède une période de calme. Mais si l’action du froid est prolongée, on voit de nouveau apparaître ^ un frissonnement général appelé second frisson. L’apparition de ce phénomène indique que le froid prend le dessus dans la lutte entre les forces organiques et l’agent physique extérieur, qu’il y a peut être danger à continuer l’action du froid et que, dans tous les cas, le retour de l’organisme à l’état normal sera lent et difficile, effet que d’ailleurs on recherche quelquefois. Si l’on n’a pas poussé jusqu’à ce point on observe la série de phénomènes appelée réaction.

La réaction n’est rien autre îchose que la mise en action involontaire de tous les moyens que l’or- j ganisme a à sa disposition pour neutraliser les effets du froid. Une sensation agréable de chaleur commence à parcourir les membres, une vive rougeur se manifeste à la peau qui est en ce moment presque insensible au toucher. La respiration devient large et facile, la circulation s’accélère, les battements de cœur augmentent d’intensité, les muscles acquièrent de la force, le patient ressent plus de facilité, de souplesse et d’énergie dans tous les organes qu’avant l’application de l’eau froide.

Le thermomètre indique dans un grand nombre de cas une température supérieure qui ne tarde pas à redescendre au degré quelle avait avant l’application. La réaction est favorisée par un exercice modéré et par l’élévation de la température du milieu dans lequel elle se fait. On peut la faciliter par les frictions et le massage.

Mais il est important de se rappeler que la réaction n’est pas, comme l’ont pensé certains praticiens, le but de l’application hydrothérapique, mais

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seulement un moyen. Souvent même il faut éviter la réaction ou tout au moins la modérer ; les réactions trop vives pouvant dans certaines maladies amener des accidents.

L’état de transpiration avant l’application froide ne doit pas être une contre-indication pourvu que cet état de sueur ne soit pas accompagné d’une trop grande fatigue.

Les appareils et procédés opératoires employés par l’hydrothérapie sont nombreux, mais ils seront décrits à leurs noms dans cet ouvrage. Je renvoie donc le lecteur aux mots: Ablution y, Affusions, Bains, Ceinture humide, Compresses, Douches, Étuve, Maillot, Sudations.

Effets thérapeutiques de l'hydrothérapie. —

Je dois mentionner tout d’abord l’action hygiénique. de l’hydrothérapie. Cette médication entretenant la peau dans un état constant de fonctionnement, préserve l’organisme de tous les accidents qui peuvent résulter de la perte ou du trouble des fonctions d’un organe important. Les effets thérapeutiques sont : primitifs ou directs, et consécutifs ou indirects.

Les premiers comprennent des effets antiphlogistiques, des effets sédatifs et des effets excitants. Les deuxièmes comprennent des effets toniques ou reconstituants, des effets spoliateurs dépuratifs et des effets résolutifs altérants.

Effets antiphlogistiques.- — Ce sont les premiers qu'on ait demandé à l’hydrothérapie qui peut arrêter dès le début le développement d'un processus inflammatoire et le faire avorter. Le maillot sec, le maillot humide, l’étuve sèche suivie d’une douche froide et courte, ou d’une application de drap mouillé, peuvent faire avorter une bronchite, une angine ou toute autre inflammation viscérale. Mais quand l’inflammation est avancée il faut se borner à aider la nature à produire la résolution : ainsi dans les cas d’inflammation successive à un traumatisme, les compresses froides souvent renouvelées, les applications de glace pilée ou L’irrigation continue, apaisent ou empêchent les manifestations inflammatoires. Empêcher toute réaction, tel est le principe de la médication antiphlogistique. Les compresses seront donc peu tordues et renouvelées dès quelles commenceront à s’échauffer. Uans le traumatisme, le froid a une action complexe: il diminue la sensibilité et la douleur, il enlève la sensation de la chaleur souvent si pénible à supporter, il produit le spasme des capillaires et, par suite, la rétropulsion du sang dans les parties profondes, c’est-a-dire la suppression de l’hémorrhagie et la déplétion des tissus.

Dans les inflammations de cause interne telles que le rhumatisme, les applications continuées de compresses froides, le maillot humide renouvelé, ont donné des résultats surprenants. La pneunomie, la péritonite et la plupart des inflammations viscérales ont été traitées avec succès par les compresses froides, le maillot humide ou la glace ; mais c’est surtout pendant la période prodromique que ces moyens sont efficaces.

Dans la fièvre typhoïde et dans quelques fièvres éruptives, les applications froides sont employées pour obtenir une soustraction de chaleur et un ra-

lentissement du pouls. Dans les fièvres éruptives, elles diminuent le sentiment de cuisson et dë démangeaison à la peau et peuvent préserver les viscères et le cerveau en particulier de ces actions réflexes morbides que développe l’irritation maladive de la surface cutanée.

On peut enfin par l’application du maillot humide prolongée jusqu’à la sudation ou par celle du maillot sec, faire réapparaître une éruption rentrée.

Effets sédatifs. — Ils sont obtenus par des applications d’eau froide longues et sans percussion. C’est à l’immersion qu’on a généralement recours ; mais les immersions prolongées ne peuvent pas être supportées par tout le monde ; chez certains malades, elles éveillent des douleurs intolérables. Dans ce cas, on aura recours aux immersions avec natation, ou bien aux affusions, aux lotions avec de l’eau tempérée.

Dans certain cas, on n’obtient d’effets sédatifs qu’après avoir combattu l’excilabilité maladive générale du sujet, et la sédation n'est plus que le résultat final d'un traitement hydrothérapique long et bien conduit ; c’est une sédation indirecte.

Si pour obtenir la sédation générale les difficultés sont quelquefois grandes, il est plus facile de produire un effet sédatif sur un organe ou une fonction. La glace, les compresses froides, l’irrigation continue sont les agents les plus puissants de ce cas.

Effets excitants. — Ils ontleuremploiévidemment indiqué dans l’anémie ou dans les maladies nerveuses qui résultent d’une perversion fonctionnelle du système nerveux dépendant de la privation ou de la faiblesse de son stimulus physiologique. Dans ce cas les agents de tonicité constituent la médication névrosthénique.

Les procédés choisis de préférence sont ceux qui provoquent la réaction. C’est surtout aux douches qu’il faut recourir et spécialement à la douche froide en jet mobile. On reproche a la douche mobile,tout en lui reconnaissant de grands avantages, de produire des effets trop excitants ; mais ce reproche s’adresse moins à la douche elle-même qu’à la façon dont elle est appliquée ; c’est à l’opérateur d’en régler l’action. Pour obtenir une excitation forte la douche sera froide, courte et vivement appliquée ; pour l’obtenir légère, la douche sera moins froide, moins percutante et plus prolongée.

C’est aux effets excitants que l’hydrothérapie est redevable de ses plus beaux résultats. Le plus intéressant des effets excitants spéciaux produit par l’hydrothérapie et l’effet excito-moteur dans lequel l’impression ressentie à la peau, provoque dans d’autres parties de l’organisme des actions réflexes se traduisant par un mouvement.

De son point de départ à son point d’arrivée, l’impression parcourt un arc que l’on appelle, à raison des effets produits, arc excito-moteur.

Pour agir sur une fond ion ou un organe déterminé, il faut donc opérer sur la région de la peau la plus disposée par ses sympathies nerveuses à provoquer l’action réflexe recherchée dans cet organe ou cette fonction. C’est une question de pratique difficile et qui ne sera bien résolue que lorsque

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la physiologie aura établi la topographie des actions réflexes.

L’effet excito-moteur a son indication marquée dans plusieurs paralysies du sentiment ou du mouvement, dans certains troubles des nerfs vaso-moteurs et des nerfs qui dépendent du grand sympathique, dans les congestions viscérales qui sont dues à l’atonie vasculaire, etc.

Effets révulsifs. — Us provoquent en une région donnée de la surface cutanée une irritation thérapeutique capable de contrebalancer ou de détruire une véritable irritation morbide située dans une autre région de l’organisme ayant avec la première des relations bien établies.

L’hydrotérapie agit à la fois localement en produisant une action spéciale dans un point donné, et généralement en amenant dans tout l'organisme des modifications physiologiques.

Les douches froides générales ou locales peuvent suffire à produire ces effets, mais le plus souvent il est préférable de faire précéder l’application froide d’une application de calorique et, dans ce cas, je ne saurais trop insister sur les services que peut rendre la douche écossaise.

Effets sudorifiques.— Au moyen du caloriqueon peut produire la transpiration à tous les degrés. En y associant l’eau froide on excite les nerfs, les vaisseaux et les glandes de la peau et par conséquent on facilite le fonctionnement de celle-ci.

Provoquer la sueur me paraît inutile dans les maladies à fond anémique; au contraire dans les' .états dyscrasiques les pertes provoquées par la sueur appellent des réparations et il en résulte un mouvement d’assimilation qui, combiné avec une alimentation et une médication appropriée, agit de la manière la plus favorable.

Effets hygiéniques. — L’hydrothérapie est regardée ajuste titre comme un agent hygiénique de premier ordre ayant pour effet de réguraliser les fonctions de l’économie et de maintenir leur intégrité. Par son intervention opportune, elle protège l’organisme contre les maladies sporadiques ou épidémiques qui peuvent l’atteindre. Elle entretient la souplesse desmuscles etrégularise l’action du système nerveux. Elle exerce par suite une influence des plus salu-' taires sur le moral lui-même. Appliquée durant l’été, l’eau froide tonifie l’organisme et aide à supporter les déperditions causées par la chaleur ; pendant l’hiver, elle active les combustions internes, maintient la calorification en équilibre et met l’organisme en état de résister aux influences extérieures.

En général, avant toute application hydrothérapique, le malade doit être à jeun, cependant il n’y a pas inconvénient à prendre ayant la douche un léger potage. Il doit avoir chaud, mais il ne faut pas que la transpiration ait refroidi les téguments. L’heure la plus favorable est sans contredit l’heure du lever.

Jusqu’à l’âge de 5, 6 ou 7 ans, les lotions ou immersions très froides sont généralement mauvaises, une eau modérément froide, 18, 20 ou 2o°, convient mieux. Plus tard, il est bon de soumettre l’enfant à des applications froides courtes suivies de frictions, d’exercices à pied. On développera ainsi leur sys-

tème musculaire et on s’opposera à l’apparition du lymphatisme. On pourra aussi combattre efficacement ces incontinences d’urine si fréquentes dans le jeune âge et qui sont souvent le prélude de névroses difficiles à déraciner.

Dans la période entre 12 et 18 ans, il serait à souhaiter que l’hydrothérapie comme la gymnastique fut employée pour concourir à l’éducation physique.

Enfin, dans l’âge mur, les pratiques hydrothérapiques doivent être subordonnées à chaque constitution.

En général, les femmes sont douées d’une plus grande impressionnabilité que les hommes. Leur vie sédentaire, la fonction menstruelle, la grossesse et l’allaitement, bouleversent tour à tour leur organisme; chez elle le système nerveux est prépondérant, aussi l’hydrothérapie trouve naturellement son application, pourvu qu’elle soit faite avec discernement.

L’hydrothérapie favorise en général l'apparition des règles, aussi est-elle indiquée chez les jeunes filles à l’époque de la puberté.

En se plaçant au point de vue de l’hygiène, on peut dire que l’eau froide est inutile pendant les règles, sauf pour remédier à certains troubles de la menstruation ; mais il est nécessaire d’ajouter que appliquée avec discernement, elle ne peut occasionner aucun accident. A l’âge de la ménopause, il faudra conseiller à la femme certaines pratiques hydrothérapiques et, en particulier, la douche générale, qui, en donnant à la peau une certaine sensibilité fonctionnelle, sera susceptible de remplacer, dans de certaines limites, la grande fonction qui va disparaître.

Une femme enceinte peut-elle être soumise aux applications froides? Si aucune indication spéciale ne se présente, je crois qu’on doit s’abstenir. Mais je suis loin de penser que l’état de grossesse soit une centre-indication à l'hydrothérapie, si des accidents sérieux en réclament l’emploi. Pendant la période de lactation un seul accident est possible, c’est le retour des règles. On devra donc donner la douche en conséquence en évitant le bassin et les membres inférieurs.

Conditions d’un bon traitement hydrothérapique.

— 11 existe des états pathologiques qui sont justiciables de l’hydrothérapie en général, et contre lesquels certaines pratiques échouent. Contre la cliioroanémie, par exemple, l’hydrothérapie est indiquée, mais si la malade est sujette à des hémorrhagies, certaines pratiques, telles que là douche sur le basventre et le rein, seront contre-indiquées. Cette question de pratique est très utile à signaler et c’est parce qu’elle n’est pas encore suffisamment vulgarisée qu’on hésite encore à recourir à l’hydrothérapie dans des circonstances oii cette méthode pourrait rendre de grands services.

L’hydrothérapie est la médication des maladies chroniques, et elle ne convient qu’exceptionnellement aux maladies aiguës.

Maladies dans lesquelles l’hydrothérapie est inutile ou peut être nuisible. — En principe comme en fait, les maladies caractérisées par le développement de produits hétéromorphes dans les tissus,

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résistant à la médication hydrothérapique, qui peut même devenir dangereuse quand ces produits siègent dans des organes importants, comme le poumon, le cerveau, le cœur.

Le traitement hydrothérapique est aussi inutile dans la plupart des maladies cutanées qui tiennent ii la présence d'un parasite ou à un état dialhésique; mais il est utile contre celles qui dépendent d’un trouble fonctionnel du système nerveux et du réseau capillaire de la peau.

Maladies qui sont justiciables de l’hydrothérapie. — Il est des maladies dont elle modifie certains symptômes sans pourtant avoir d’influence sur la nature de l’affection. Ainsi elle peut arrêter des vomissements chez les personnes atteintes d’un cancer de l'estomac, modifier certains troubles de la sensibilité et du mouvement dans les lésions organiques du cerveau et de la moelle épinière.

Il est des maladies qui, sans être guéries par l’hydrothérapie,' sont très atténuées par elle ; ce sont celles caractérisées par une altération spéciale du sang et des tissus, telle qu’on la rencontre dans la goutte, le rhumatisme, l’herpétisme, la scrofule, l’albuminurie, le diabète, dans quelques intoxications et dans les lésions organiques qui ne modifient pas sensiblement les éléments histologiques.

L'hydrothérapie peut guérir toutes les affections sans lésions organiques qui procèdent de changements non spécifiques des éléments organiques. Telles sont: l’anémie, la chlorose, les maladies chroniques à forme asthénique et les affections caractérisées par un trouble dans le fonctionnement des divers appareils ou des divers systèmes de l’économie. C'est surtout contre les névroses que l’hydrothérapie remporte ses plus beaux et plus légitimes succès.

Comment, où, et quand faudra-t-il appliquer l’hydrothérapie?— Quand on a décidé de soumettre un malade à un traitement, il importe avant tout de choisir un procédé approprié à la nature du mal et à la susceptibilité des malades.

Si l’on veut, par exemple, faire avorter une inflammation traumatique, c’est à la médication antiphlogistique qu'il faudra s’adresser. Mais on peut rencontrer des cas où le malade est dans un paroxysme tel qu’il faille produire immédiatement des effets sédatifs. 11 faut alors avoir recours aux piscines tempérées, aux affusions tièdes. On pourrait, si cela était utile, terminer l’affusion tiède par une application froide, sans percussion et de courte durée.

Si l'on veut obtenir un effet excitant et provoquer une réaction, l’application doit convenir à la maladie et au malade. Il faut se rendre compte des qualités du malade, de sa force de résistance et du degré d excitabilité que le froid peut provoquer dans son organisme. Ce résultat ne peut être atteint qu après avoir interrogé l’économie. On devi’a donc tenter un essai pour savoir avec quelle rapidité là réaction se produit et quelle est sa durée et pour bien apprécier l'influence de l’eau froide sur les appareils organiques et sur le système nerveux. Cet essai doit se faire par une application modérément froide qui n éveille qu’une légère réaction et ne provoque pas de fatigue.

C’est surtout dans les maladies du système nerveux qu’il faut agir, au début, avec prudence et réserve. Que de gens on prive des bienfaits de l’hydrothérapie en commençant par une douche trop froide !

Lorsqu’il faut agir contre des phénomènes douloureux, névralgiques, on aura recours à l’intervention simultanée du calorique et du froid, la douche écossaise, par exemple, ou, si le malade ne peut être porté à la salle de douches, le maillot suivi d’applications froides.

Si on se trouve en présence d’une ménorrhagie, on peut commencer le traitement par les douches froides, sur la partie supérieure du corps, les bains de pied froids; mais s’il n’y a pas urgence, il vaudra mieux attendre la fin de l’hémorrhagie.

La cure hydrothérapique peut être faite à toutes les époques de l’année, si le traitement est fait dans une salle convenablement chauffée et aérée. Mais un temps froid et sec l’emporte sûr une température atmosphérique élevée.

Les malades délicats ou ayant une certaine susceptibilité pulmonaire ne devront pas commencer le traitement en hiver, mais pourront le continuer dans cette saison s’ils y sont accoutumés.

Le traitement par un temps froid convient spécialement aux malades faibles et excitables ; le temps chaud aux personnes qui se réchauffent mal.

Les affections nerveuses présentent des exacerbations en automne et au printemps ; c’est donc à ce moment qu’il faudra essayer de lutter contre leur apparition en commençant quinze ou vingt jours avant l’époque présumée. Si l’on n’arrête pas la crise, on aide du moins le malade à la traverser.

L’hydrothérapie faite à domicile n’a pas la même puissance que celle faite dans un établissement uniquement consacré à ce genre de traitement; mais elle peut néanmoins rendre de réels services à la condition que son application soit dirigée par un médecin expérimenté.

Souvent, pour guérir, le malade doit fuir le milieu dans lequel la maladie s’est développée, il doit même abandonner sa famille et rompre avec ses habitudes s'il veut se placer dans les meilleures conditions de guérison. Toutes les conditions requises pour un traitement qui doit être à la fois physique et moral, il les trouvera dans les établissements hydrothérapiques. D’un côté, l’action des appareils et des méthodes variées ; de l’autre, l’influence du médecin qui voit le malade tous les jours, surtout dans les moments de crise.

La médication hydrothérapique ne peut porter ses fruits qu’a la condition d’une grande régularité et d’une grande persistance. Fdle s’adresse, en effet, plutôt à l’état constitutionnel morbide qu’aux symptômes qui caractérisent le mal. La durée du traitement dépend donc à la fois de la nature de l’affection et de l'énergie du malade.

11 faudra bien se garder de le surprendre si, au début , les troubles fonctionnels augmentent ou sont remplacés par des phénomènes morbides d’un autre ordre. Ces perturbations ne présentent aucune gravité et sont parfois nécessaires.

Les effets de l’hydrothérapie se manifestent souvent dans les cours du traitement, mais quelque-

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fois ne se produisent qu'après sa cessation. Semblable en ce point au traitement par les eaux, il se complète et s'accentue souvent après la cessation de la médication. C’est parce que je suis bien convaincu de ce fait que chez les gens nerveux, par exemple, je fais à un moment donné suspendre tout moyen curatif. Il m'a été permis en agissant ainsi de voir la guérison survenir fréquemment dans un court délai.

Quand les malades ont besoin d’être entraînés, il est bon de faire un traitement non interrompu. C’est par la continuité d’action que le traitement agit en ce cas. Il est cependant des malades qu’une longue crise excite ou fatigue. C’est le médecin seul qui devra juger dans ces cas de l’opportunité d’une interruption dans le traitement. nr Beni-barde.

HYDROTORAX. — (V. Pleurésie .)

HYGIÈNE. — Avec notre grand hygiéniste Bouchardat, nous définirons l’hygiène, cette partie des sciences médicales qui a pour but d’étudier les moyens de conserver et de perfectionner la santé de l’homme. On donne le nom d 'hygiène privée à l’ensemble des connaissances qui s’appliquent à l’individu pris isolément, et celui d'hygiène publique aux règles ou préceptes qui s’appliquent aux agglomérations d’hommes.

Hygiène privée. — L’hygiène privée étudie : l°les cikcijnfusa, c’est-à-dire les choses qui environnent le corps de l’homme : l’air, la terre, la lumière, la chaleur, le froid, les saisons, les climats ; — 2° les applicata, c’est-à-dire les choses qui sont appliquées à l’extérieur du corps de l’homme : les vêtements, tout ce qui concerne le coucher, les bains, les cosmétiques, les parfums et tout ce qui concerne les soins de propreté ; — d” les ingesta, c’està-dire les choses qui sont introduites dans le corps de l’homme pour son alimentation ; — 4° les excréta, c’est-à-dire les différentes matières qui sont éliminées du corps dé l’homme par la peau, les reins, les poumons, le tube digestif, les diverses glandes, etc. ; — 5° les gesta, c’est-à-dire les actions volontaires diverses des muscles et des divers organes : exercice, marche, course, entrainement, gymnastique, veille, sommeil, etc. ; — 6° les pekcepta, c’est-à-dire les sensations, les facultés intellectuelles, le rapport du physique et du moral, etc.

Hygiène publique. — L’hygiène publique, qui

généralise l’hygiène privée, étudie l’ensemble des connaissances nécessaires pour conserver et améliorer la santé et le bien-être des populations, c’est-àdire : la climatologie, la démographie, la statistique médicale, la salubrité, les établissements incommodes, insalubres et dangereux, les professions, les industries, les endémies , les épidémies, les épizooties, les maladies contagieuses, l’assistance publique, la législation sanitaire, etc.

On voit, d’après ce simple exposé, combien est immense le champ de l’hygiène et combien est juste cette phrase du grand ministre Paul Bert, notre illustre Maître : « C’est par l’hygiène surtout que la médecine tient une grande place dans la société. »

Organisation et législation de l’hygiène publique.

- — L’organisation de l’hygiène publique en France comprend : 1° Le Conseil d'hygiène publique ; —

2° le Conseil d'hygiène et de salubrité du département de la Seine ; — 3° le Comité consultatif d'hygiène publique de France.

§ Ier. — Institution des Conseils d’hygiène publique.

— Arrêté du 18 décembre 1848. — Titre 1er. — Des institutions d’hygiène publique et de leur organisation :

Art. 1er. — Dans chaque arrondissement, il y aura un conseil d’hygiène publique et de salubrité.

Le nombre des membres de ce conseil sera de sept au moins et de quinze au plus.

Un tableau dressé par le ministre de l’agriculture et du commerce réglera le nombre des membres et le mode de composition de chaque conseil

Art. 2. — Les membres du conseil d’hygiène d’arrondissement seront nommés pour quatre ans par le préfet, et renouvelés par moitié tous les deux ans.

Art. 3. — Des commissions d’hygiène publique pourront être instituées dans les chefs-lieux de canton par un arrêté spécial du préfet, après avoir consulté le conseil d’arrondissement.

Art. 4. — 11 y aura au chef-lieu delà préfecture un conseil d’hygiène publique et de salubrité du département.

Les membres de ce conseil seront nommés pour quatre ans par le préfet et renouvelés par moitié tous les deux ans.

Un tableau dressé par le ministre de l’agriculture et du commerce réglera le nombre des membres et le mode de composition de chaque conseil.

Ce nombre sera de sept au moins et de quinze au plus.

II réunira les attributions des conseils d’hygiène d’arrondissement aux attributions particulières qui sont énumérées à l’article 12.

Art. 5. — Les conseils d’hygiène et les commissions se réuniront au moins une fois tous les trois mois, et chaque fois qu’ils seront convoqués par l’autorité.

Art. 6. — Les conseils (l’hygiène seront présidés par le préfet ou le sous-préfet, et les commissions de canton par le maire du chef-lieu.

Chaque conseil élira un vice-président et un secrétaire, qui seront renouvelés tous les deux ans.

Art. 7. — - Les membres des commissions d’hygiène de canton pourront être appelés aux séances du conseil d’hygiène d’arrondissement ; ils ont voix consultative.

Art. 8 — Tout membre des conseils ou des commissions de canton qui, sans motifs d’excuses approuvées par le préfet, aura manqué de se rendre à trois convocations consécutives, sera considéré comme démissionnaire.

Titre 11. — Attributions des conseils et des commissions , j d'hygiène publique.

Art. 9. — Les conseils d’hygiène d’arrondissement sont chargés de l’examen des questions relatives il l’hygiène publique de l’arrondissement, qui leur seront envoyées par le j préfet ou le sous-préfet. Ils peuvent être spécialement consultés sur les objets suivants :

1" L’assainissement des localités et des habitations ;

2” Les mesures à prendre pour prévenir et combattre les maladies endémiques, épidémiques et transmissibles ;

3° Les épizooties et les maladies des animaux ;

4° La propagation de la vaccine ;

5° L’organisation et la distribution des secours médicaux aux malades indigents ;

6° Les moyens d’améliorer les conditions sanitaires des populations industrielles et agricoles ;

7° La salubrité des ateliers, écoles, hôpitaux, maisons d’aliénés, établissements de bienfaisance, casernes, arsenaux, prisons, dépôts de mendicité, asiles, etc., etc. ;

8" Les questions relatives aux enfants trouvés ;

9° La qualité des aliments, boissons, condiments et médicaments livrés au commerce ;

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10° L'amélioration des établissements d'eaux minérales appartenant a l'État, aux départements, aux communes et aux particuliers, et les moyens d’en rendre l’usage accessible aux malades pauvres ;

11» Les demandes en autorisation, translation ou révocation des établissements dangereux, insalubres ou incommodes ;

12" Les grands travaux d’utilité publique, constructions d’édifices, écoles, prisons, casernes, ports, canaux, réservoirs, fontaines, halles, établissement des marchés, abattoirs, égouts, cimetières, la voirie, etc., etc.,. sous le rapportée l’hygiène

publique.

Art. 10. — Les conseils d’hygiène publique d’arrondissement réuniront et coordonneront les documents relatifs h la mortalité et il ses causes, à la topographie et à la statistique de l’arrondissement, en ce qui touche la salubrité publique.

Ils adresseront régulièrement ces pièces au préfet qui en transmettra une copie au ministre de l’agriculture et du commerce.

Art. II. — Les travaux des conseils d’arrondissement seront envoyés au préfet.

Art. 12. — Le conseil d’hygiène publique et de salubrité du département aura pour mission de donner son avis :

1° Sur toutes les questions d’hygiène publique qui lui seront •envoyées par le préfet ;

2° Sur les questions communes à plusieurs arrondissements ou relatives au département tout entier.

11 sera chargé de centraliser et de coordonner, sur le renvoi du préfet, les travaux des conseils d’arrondissement.

Il fera chaque année au préfet un rapport général sur les travaux des conseils d’arrondissement.

Ce rapport sera immédiatement transmis par le préfet, avec les pièces à l’appui, au ministère de l’agriculture et du commerce.

Art. 1 i. — Paris sera l’objet de dispositions spéciales.

| IL Institution du conseil d’hygiène et de salubrité du département de la Seine. — Décret du 15 décemisre. 1851. — Art 1er. — Le Conseil de salubrité établi près la préfecture de police conserve son organisation actuelle, il prendra le titre de Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine.

La nomination des membres du Conseil d’hvgiène publique et de salubrité continuera detre faite par le préfet de police, et d’être soumise à l’approbation du ministre de l’agriculture

et du commerce.

Art. 2. — Il sera chargé en cette qualité, et dans tout le ressort de la préfecture de police, des attributions déterminées par les articles 9, 10 et 12 de l’arrêté du 18 décembre

Art. 3. - Il sera établi dans chacun des arrondissements de la ville de Paris, et dans chacun des arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis une commission d’hygiène et de salubrité composée de neuf membres, et présidée à Paris par le maire de l’arrondissement, et dans chacun des arrondissements ruraux par le sous-préfet.

Les membres de ces commissions seront nommés par le préfet de police sur une liste de trois candidats présentés pour chaque place par le maire de l’arrondissement, à Paris ; par les sous-préfets de Sceaux et de Saint-Denis, dans les arrondissements ruraux.

Les candidats seront choisis parmi les habitants notables de l’arrondissement Dans chaque commission, il y aura toujours deux médecins au moins, un pharmacien, un vétérinaire reçu dans les écoles spéciales, un architecte, un ingénieur. S’il n’y a pas de candidats dans ces trois dernières professions, les choix devront porter de préférence sur les mécaniciens, directeurs d’usines ou de manufactures.

Les membres des commissions d’hygiène publique du département de la Seine sont nommés pour six ans et renouvelés par tiers tous les deux ans. Les membres sortants peuvent être réélus.

Il sera établi pour les trois communes de Saint-Cloud Sèvres et Meudon, annexées au ressort de la préfecture de police par l’arrêté du 3 brumaire an IX, une commission centrale d hygiène et de salubrité, qui sera présidée par le plus âgé des maires de ces communes, et dont le siège sera au lieu de la résidence du président. Toutes les dispositions qui précéderont seront, du reste, applicables à cette commission.

Art. 4. — La commission dont il est question au dernier paragraphe de l’article précédent et chacune des commissions d’hygiène d’arroudissement éliront un vice-président et un secrétaire qui seront renouvelés tous les deux ans.

Le préfet de police pourra, lorsqu’il le jugera utile, déléguer un des membres du Conseil d’hygiène publique du département auprès de chacune desdites commissions, pour prendre part à ses délibérations avec voix consultative.

Art. 5. — Les commissions d’hvgiène publique et de salubrité se réuniront au moins une fois par mois à la mairie ou au chef-lieu de la sous-préfecture, ou pour ce qui concerne la commission centrale des communes de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon, à la mairie de la résilience de son président, et elle seront convoquées extraordinairement toutes les fois que l’exigeront les besoins du service.

Art. 6. — Les commissions d’hygiène recueilleront toutei les informations qui peuvent intéresser la santé publique daiu l’étendue de leur circonscription.

Elles appellent l’attention du préfet de police sur les causes d’insalubrité qui peuvent exister dans leurs arrondissements respectifs, et elles donnent leur avis sur les moyens de les faire disparaître.

Elles peuvent être consultées, d’après l’avis du Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département, sur les mesures et dans les cas déterminés par l'article 9 de l’arrêté du gouvernement du 18 décembre 1848.

Elles concourent h l'exécution de la loi du 13 avril 1850, relative à l’assainissement des logements insalubres, soit en provoquant, lorsqu’il y a lieu, dans les arrondissements ruraux, la nomination des commissions spéciales qui peuvent être créées par les conseils municipaux en vertu de l’article 1"' de ladite loi, soit en signalant aux commisMOus déjà instituées les logements dont elles auraient reconnu l’insalubrité.

En cas de maladies épidémiques, elles seront appelées à prendre part à l’exécution des mesures extraordinaires qui peuvent être ordonnées pour combattre les maladies ou pour procurer de prompts secours aux personnes qui en seraient atteintes.

Art. 7. — Les commissions d’hygiène publique et de salubrité réuniront les documents relatifs k la mortalité et k ses causes, à la topographie et a la statistique de l’arrondissement, en ce qui concerne la salubrité.

Ces documents seront transmis au préfet de police et communiqués au Conseil d’hygiène publique, qui est chargé de les coordonner, de les faire compléter, s’il y a lieu, et de les résumer dans des rapports dont la forme et le mode de publication seront ultérieurement déterminés.

Art. 8 — Le Conseil d’hygiène et de salubrité du département de la Seine lera, chaque mois, sur l’ensemble de ses travaux et sur l’ensemble des travaux des commissions d’arrondissement, un rapport général qui sera transmis par le préfet de police au ministre de l’agriculture et du commerce.

§ III. — Institution du comité consultatif d’hygiène publique de France. — 1° Décret du 10 août 1848. — Art 1er. — 11 est établi près du ministère de l’agriculture et du commerce un comité consultatif d'hygiène publique. Ce comité est chargé de l’étude et de l’examen de toutes les questions qui lui sont renvoyées par le ministre en ce qui concerne :

Les quarantaines et les services qui s’y rattachent;

Les mesures k prendre pour prévenir et combattre les épidémies, et pour améliorer les conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles;

La propagation de la va mine;

L’amélioration des établissements thermaux, et les moyens

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d’eu rondre l'usage de plus eu plus accessible aux malades pauvres ou peu aisés ;

Les titres des candidats aux places de médecins inspecteurs des eaux minérales ;

L’institution et l’organisation des conseils et des commissions de salubrité ;

La police médicale et pharmaceutique ;

La salubrité des ateliers.

Le Comité d’hygiène publique indique au ministre de l’agriculture et du commerce les questions a soumettre a l’Académie nationale de médecine.

Art. 2. — Le Comité consultatif d’hygiène publique est composé de sept membres, dont quatre docteurs en médecine, et d’un secrétaire ayant voix consultative. Ils sont nommés par le ministre de l’agriculture et du commerce.

En cas de vacance, la nomination sera faite sur une liste de trois candidats, présentée par le comité.

Art. 3. — Les membres du comité se réuniront une fois au moins par semaine, sous la présidence de l’un d’entre eux désigné par le ministre. Ils auront droit a des jetons de présence d’une valeur de 15 francs.

Pourront assister, avec voix délibérative, aux séances du comité, pour l’examen des questions relatives aux mesures à prendre contre les maladies pestilentielles:

1° Le chef de la direction commerciale au département des affaires étrangères ;

2° Un des membres du Conseil de santé de la guerre ;

3° L’inspecteur général du Service de santé de la marine ;

4° Un des membres du Conseil d’administration des douanes’;

5° Le chef de service de l’administration des postes, chargés de la direction des paquebots.

Art. 4. — Dans tous les cas, le chef de la division du commerce intérieur, et le chef de bureau de la police sanitaire et industrielle, sont autorisés à assister aux délibérations du comité.

Art. 5. — Le Conseil supérieur de santé, institué par l’article 55 de l’ordonnance du 7 août 1832 est supprimé.

2° Décret du 1" février 1851. — Art. 1er. — Le comité consultatif d’hygiène publique sera composé à l’avenir de neuf membres, dont quatre docteurs en médecine, un ingénieur civil et un architecte Us sont nommés par le ministre de l'agriculture et du commerce.

Un secrétaire ayant voix consultative sera attaché audit conseil.

En cas de vacance, .la nomination des nouveaux membres sera faite sur une liste de trois candidats présentés par le comité.

Le président et le secrétaire sont nommés directement par le ministre.

Pourront assister avec voix délibérative aux séances du comité :

1° Le chef de la direction commerciale au gouvernement des affaires étrangères ;

2° Un des membres du Conseil de santé des armées ;

3” L’inspecteur général du Service de santé de la marine ; .

4° Un des membres du Conseil d’administration des douanes ;

5° Le chef de service de l’administration des postes chargé de la direction des paquebots ;

6° Le directeur général de l’administration de l’assistance publique

L’article 2 et le deuxième paragraphe de l’article 3 de l’arrêté du 10 août 1848 sont rapportés.

3° Décret du 23 octobre 1856. — Article 1er. — Le comité consultatif d’hygiène publique, institué près du ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, est chargé de l’étude et de l’examen de toutes les questions qui lui sont renvoyées par le ministre, spécialement en ce qui concerne : les quarantaines et les services qui s’y rattachent ; les mesures à prendre pour prévenir et combattre les épidémies et pour améliorer les conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles ; la propagation de la vac-

cine ; l’amélioration des établissements thermaux et les moyens d’en rendre l’usage de plus en plus accessible aux malades pauvres ou peu aisés ; les titres des candidats aux places de médecin inspecteur des eaux minérales ; l’institution et l’organisation des conseils et des commissions de salubrité; la police médicale et pharmaceutique ; la salubrité des ateliers. Le Comité d’hygiène publique indique au ministère les questions à soumettre a l’Académie impériale de médecine.

Art. 2. — Le Comité consultatif d'hygiène publique est composé de dix membres, dont quatre docteurs en médecine, un ingénieur dés ponts et chaussées ou des mines, un architecte ou un chimiste. Un secrétaire ayant voix consultative est attaché au comité. Un auditeur a notre conseil d’État peut être attaché au secrétariat du comité.

Art. 3. — Les membres du comité sont nommés par le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics. En cas de vacance, la nomination est faite sur une liste de trois candidats présentés par le comité. Le président et le secrétaire sont nommés directement par le ministre.

Art. 4. — Le comité se réunit une fois au moins par semaine. L’ordre et le mode de ses délibérations sont réglés par des arrêtés du ministre ; les membres présents ont droit, pour chaque séance, a des jetons dont la valeur est fixée par arrêté du ministre.

Art. 5. — Les membres du comité ne pourront faire partie, à l’avenir, d’aucun autre conseil ou commission de salubrité ou d’hygiène publique, soit de département, soit d’arrondissement.

Art. 6. — Peuvent assister, avec voix délibérative, aux séances du comité :

I0 Le chef de la direction commerciale au département des affaires étrangères;

2“ L’inspecteur du service de santé militaire ;

3° L’inspecteur général du service de santé’ de la marine ;

4° Un des membres du conseil d’administration des douanes ; 5° Le chef de service de l’administration des postes chargé de la direction des paquebots ;

6° Le directeur de l'administration générale de l’assistance publique;

7° Le secrétaire perpétuel de l’Académie impériale de médecine.

Art. 7. — Le secrétaire général du ministère de l’agriculture, du commerce et des travaux publics et le chef de la division du commerce intérieur assistent également avec voix délibérative aux séances du comité. Le chef du bureau de la police sanitaire et industrielle y assiste avec voix consultative. Le ministre peut en outre autoriser h assister, avec voix délibérative ou consultative d’une manière permanente ou temporaire aux séances du comité, les fonctionnaires dépendant de son administration dont les attributions sont en rapport avec les questions de la compétence du comité.

Art. 8. — Les fonctionnaires autorisés en vertu de l’article 6 ci-dessus à assister avec voix délibérative aux séances du comité, participent comme les membres titulaires il la rédaction ries listes de candidats à dresser, en cas de vacances, conformément au second paragraphe de l’article 3.

4° Décret du 5 octobre 1879. — Art. 1er. — Le comité consultatif d'hygiène publique, institué près du ministère de l’agriculture et du commerce, est chargé de l’étude et de l’examen de toutes les questions qui lui sont renvoyées par le ministre, spécialement en ce qui concerne :

Les quarantaines et les services qui s’y rattachent ;

Les mesures à prendre pour prévenir et combattre les épidémies et pour améliorer les conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles ;

La propagation de la vaccine ;

L’amélioration des établissements thermaux et le moyen d’en rendre l’usage de plus en plus accessible aux malades pauvres ou peu aisés ;

Les titres des candidats aux places de médecins inspecteurs des eaux minérales ;

L’institution de l’organisation des conseils et des commissions de salubrité ;

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La police médicale et pharmaceutique ;

La salubrité des ateliers.

Le comité indique au ministre les questions h soumettre à l'Académie de médecine.

Art. 2. — Le comité consultatif d’hygiène publique est composé de vingt membres. Sont de droit membres du comité :

1° Le directeur des consulats et affaires commerciales au ministère des affaires étrangères ;

2° Le président du Conseil de santé militaire ;

3“ L'inspecteur général, président du Conseil supérieur de santé de la marine ;

4° Le directeur général des douanes ;

5° Le directeur de l'administration générale de l’assistance publique ;

6U Le directeur du commerce intérieur au ministère de l'agriculture ft du commerce ;

7° L’inspecteur général des services militaires ;

8° L’inspecteur général des écoles vétérinaires ;

9° L’architecte inspecteur des services extérieurs du ministère de l'agriculture et du commerce.

Le ministre nomme directement les autres membres, dont huit au moins sont pris parmi les docteurs en médecine.

Art. 3. — Le président, choisi parmi les membres du comité, est nommé pour un an par le ministre.

Art. 4. — Un secrétaire, ayant voix consultative, est attaché au comité. Il est nommé par le ministre.

Art. 5. — Le ministre peut autoriser à assister, avec voix délibérative ou consultative, d’une manière permanente ou temporaire, aux séançcs du comité, les fonctionnaires dépendant ou non de son administration et dont les fonctions sont en rapport avec les questions de la compétence du comité.

Art. 6. — Le ministre peut nommer membres honoraires «lu comité les personnes qui en out fait partie pendant dix ans au moins.

Les membres honoraires participent aux délibérations du comité, lorsqu'ils y sont spécialement convoqués par le ministre.

Art. 7. — Le comité se réunit en séance ordinaire une

fois par semaine.

Art. 8. — Les membres du comité présents aux séances ordinaires ont droit, pour chaque séance, à des jetons dont la valeur est fixée par arrêté du ministre.

Le secrétaire du comité ne reçoit pas de jetons de préscuce : il touche une indemnité annuelle qui est fix r par arrêté du ministre.

Art. 9. — Les membres du conseil ne pourront fni.c partie d’aucun autre conseil ou commission de salubrité ou d'hygiène publique, soit de département, soit d’arrondissement.

Art. 10. — Les décrets susvisés, des 23 octobre 1856, et 5

novembre 1866, sont rapportés.

Enseignement de l’hygiène. — L’hygiène est enseignée, cela va sans dire, dans toutes les Facultés et Ecoles de médecine; à l’École d’application de médecine et de pharmacie militaire, au Val-de- Gràce; dans les Ecoles de médecine navale, et dans les Écoles de médecine vétérinaire.

Un arrêté du 6 mai 1872, signé Jules Simon, a introduit l’enseignement élémentaire de l’hygiène dans les lycées. Cet enseignement, fait autant que possible par le médecin du lycée, est obligatoire pour les élèves de philosophie et de mathématiques spéciales.

Les nouveaux programmes d’études pour les Écoles normales primaires , comportent un enseignement spécial de l’hygiène.

La loi du 21 .décembre 1880 sur l’enseignement secondaire -des jeunes filles prescrit lenseignement de l’hygiène.

Enfin, des ■conférences d’hygiène sont faites dans un grand nombre de villes par des professeurs li-

bres des associations Philotechnique, Polytechnique, de l'Union française de la jeunesse, etc.

Rappelons en terminant que Paris possède à lui seul deux sociétés d’hygiène : 1° la Société française d'hygiène, la première en date, fondée le 7 mai 1877, dont les travaux sont publiés dans le Journal d'hygiène, que dirige notre savant collaborateur le Dr Prosper de Pietra-Santa, secrétaire général de la société ; 2" la Société de médecine publique et d'hygiène projessionnelle , fondée le 27 juin 1877, dont les travaux sont publiés dans la Revue d’hygiène sanitaire, que dirige le Dr Vallin, et dans un volume spécial annuel. Toutes deux sont très prospères et contribuent puissament par leurs travaux aux progrès de l’hygiène. Plusieurs sociétés analogues se sont fondées depuis dans un certain nombre de villes de province. Dr padl Labarthe.

HYGROMA. — On désigne sous le nom dhygroma l’épanchement séreux ou l’hydropisie des bourses séreuses. L’hygromapeut, succéder à tous les degrés de l’inflammation, celle-ci étant ordinairement modérée. Quelquefois aussi on lui voit suivre une marche chronique et ne manifester tardivement son existence que par les effets de l’accumulation trop abondante du liquide.

Dans d’autres cas, l’hygroma se développe sans cause connue, et c'est alors que plusieurs auteurs font intervenir un simjde défaut d’équilibre entre l’exalation et l’absorption qui s’accomplissent sur les parois des bourses séreuses.

L'hÿgroma a deux sièges de prédilection : la bourse séreuse de l’olécrâne et la bourse pré-rotulienne. Le liquide qu’il renferme est jaune, filant, quelquefois rougeâtre, quelquefois aussi limpide comme la sérosité normale. 11 renferme une quantité notable d’albumine.

Les parois sont épaissies par la congestion et aussi par la formation de fausses membranes. Parfois cette épaisseur atteint 8, 10 et même 12 millimètres, et les parois revêtent, dans ce cas, tous les caractères des tissus fibreux ou fibro-cartilagineux.

L’hygroma aigu est caractérisé par une tumeur arrondie, fluctuante, bien circonscrite, dépassant rarement le volume d’une noix. Tout autour, les parties voisines participent à l’inflammation ; la peau est dure, rouge et douloureuse; la tuméfaction du tissu cellulaire efface en partie le relief de la tumeur et on a alors toutes les apparences d’un phlegmon diffus. Mais ce qui permettra de ne pas le confondre avec cette dernière affection, c’est la persistance de la fluctuation sur le point le plus saillant de la tuméfaction, là même où elle a été constatée dès le début.

Dans l’hÿgroma chronique la tumeur est beaucoup plus apparente, et n’est le siège d’aucune douleur. Si les parois en sont minces, on perçoit nettement les fluctuations et aussi une demi-transparence caractéristique. Ces deux signes font nécessairement défaut quand la tumeur est de date ancienne et que les parois sont considérablement épaissies.

Le traitement , en dehors des antiphlogistiques, de la compression, des vésicatoires, de la teinture d’iode, est essentiellement chirurgical et consiste dans une solution de continuité pratiquée sur les

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parois de la poche pour donner issue au liquide et modifier la matière et les parois. Divers procédés ont été mis en pratique.

1“ L’écrasement à l’aide des doigts, de manière à rompre les parois et à forcer le liquide à s’extravaser dans le tissu cellulaire où il est facilement résorbé. Ce traitement ne peut s’employer qu’au début, quand les parois sont encore minces et est, du reste, assez infidèle, pour qu'il soit presque abandonné.

2° La ponction est aujourd’hui presque universellement employée, qu’elle soit simple ou suivie d’injection iodée, depuis la découverte de la méthode aspiratrice, car elle ne détermine plus aucun accident redoutable et permet pour ainsi dire d’être assuré de la guérison. . Quand la ponction est simple, il est indispensable d’appliquer après, la compression, pour accoler les parois de la tumeur et empêcher ainsi la formation d’une nouvelle quantité de liquide.

3° Nous ne citerons donc que pour mémoire, l’incision simple, l’excision et l’extirpation qui ne conviennent que pour les hygromas dont les parois sont devenues fibro-carlilagineuses et qui exposent aux accidents les plus redoutables.

D' Albert Bergeron.

HYMEN. — Nom donné par les anatomistes à une cloison membraneuse très mince et fragile qui se trouve placée à l’entrée de l’orifice du vagin

Fig. 608. — Vulve chez la femme vierge.

9. Membrane hymen. — i. Mont de Vénus. — ‘i, 2. Face interne des grandes lèvres. — 3. Clitoris. — 4. Face interne des petites lèvres — 5. Vestibule. — 6. Méat urinaire. — 7. Orifice de la glande vulvo-vaginale. — 8. Orifice du vagin rétréci par Lia membrane hymen, (9). — 10. Fourchette. — 11. Anus.

qu’elle ferme en partie. L’hymen est un repli formé en arrière par la muqueuse vaginale, en avant par la muqueuse vulvaire. 11 renferme dans son épaisseur des vaisseaux et des nerfs qui se rompent au

moment de la défloration et provoquent de la douleur et une légère hémorrhagie : Prima Venus debet esse cruenla, le premier rapport sexuel doit être sanglant, dit un ancien adage.

Dans certains cas, cependant, cet écoulement sanguin a été assez abondant pour entraîner la mort. Ainsi une jeune femme de vingt ans, parente du docteur Wachsmuth, a succombé la nuit de ses noces, à l’hémorrhagie produite parla rupturede l’hymen. Il est vrai que cette personne était hémophile.

Si l’hymen est rudimentaire ou très relâché , la consommation de l’acte vénérien peut avoir lieu chez une vierge sans déchirure et , par

suite, sans perte de sanj; fréquentes, sont connues

Fig. 609.

Vulve chez la petite fille.

E. Hymen en forme de croissant. — A. Clitoris. — B Face interne des grandes lèvres. — C. Face interne des petites lèvres. — D. Méat urinaire — F Orifice du vagin rétréci par la membrane hymen, (E).

— G. Commissure postérieure de la vulve. — H. Fourchette.

. Ces exceptions, assez depuis longtemps, car

Fig. 610.

Vulve chez ia petite fille.

E. Hymen annulaire avec ouverture centrale. — A. Clitoris. — B. Grandes lèvres.

— C. Petites lèvres. — D. Méat urinaire. — F. Orifice du vagin rétréci par l’hymen, (E). — G. Commissure postérieure de la vulve.

— H. Fourchette.

lorsque la coutume juive voulait que les parents de la mariée montrassent aux anciens de la ville, la chemise de leur fille, où étaient imprimées les marques de sa virginité, les jeunes mariées prenaient la précaution de maculer de sang leur chemise avant d’entrer dans la couche nuptiale.

La douleur produite par la défloration est généralement vive ; aussi, dans l’antiquité, pour étouffer les plaintes de la nouvelle mariée, faisait-on remuer des noix aux enfants dans la chambre des époux, pendant la première nuit de noces. « Esclave, donne, donne des noix aux gamins, » dit Catulle, dans le chant nuptial de Julie et de Manlius. C’est que, fait remarquer à ce propos le Dr Garnier, les Romains, très superstitieux et pour lesquels tout était allégorie, voyaient dans la noix l’énigme du mariage : il faut en briser la coque pour savoir ce qu’elle contient et si elle est saine on gâtée.

Dès que l’hymen a été rompu, les lambeaux de cette membrane se rétractent et forment au pour-

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tour de l’anneau vaginal, trois ou quatre petites , saillies muqueuses ou excroissances charnues, que les anatomistes ont nommé caroncules myrtif ormes, parce qu’ils ont vu une certaine ressem- 1 blance avec la fleur du myrte.

L'hymen offre différentes formes; les plus fré- | quentes sont celles d’un croissant (fig. 609) et d’un anneau (fig. 610). Quelquefois cette membrane est imperforée et s’oppose à l'écoulement du sang des règles. L’intervention du chirurgien est alors nécessaire pour réparer l’oubli de la nature et pratiquer, avec le bistouri, une ouverture artificielle. Cette conformation vicieuse a donné lieu à des erreurs de diagnostic dont l une des plus curieuses a été rapportée par M. Tillaux dans son Anatomie topographique. « L'imperforation de l’hymen, dit cet auteur, peut déterminer des accidents très graves.

' Le sang des règles s’accumule dans le vagin, dans

I la cavité utérine, qui se distendent peu à peu, et à la fin surviennent de violentes douleurs qui engagent les parents à demander un examen. Dans un cas de ce genre, un confrère appelé trouva une fille de dix-huit ans en proie à des coliques intenses survenues brusquement; le ventre avait le volume de celui d'une femme enceinte de cinq à six mois, et à la vulve se présentait une tumeur violacée du volume d’une orange, faisant saillie entre les grandes lèvres. La malade ne pouvait uriner et et éprouvait de très grandes difficultés à aller à la selle. Notre confrère pensa de prime-abord à un accouchement prématuré et le déclara, ce qui ne surprit pas médiocrement la patiente. Mais l’erreur ne fut pas de longue durée. La malade me fut envoyée de suite à Lariboisière. L’ne incision cruciale de l’hymen donna issue à un litre et demi de sang noirâtre. La membrane était fort épaisse, comme charnue ».

On croit généralement que la résistance et la dureté de 1 hymen augmentent avec lage; c’est même une grande préoccupation des personnes qui se marient sur le tard; mais il n’en est rien, et les membranes cartilagineuses observées par Ambroise Paré, chez les femmes âgées, ne sont que des cas très exceptionnels.

Ajoutons en terminant que dans le monde on croit généralement que la persistance de l’hymen est une preuve absolue de virginité. C’est là une erreur qu il est facile du reste de comprendre, d'après ce que nous avons dit plus haut sur l’état quelquefois rudimentaire ou très relâché de cette membrane (V. Viol, Virginité). Dr q. witkowski.

HYO-GLOSSE. — Nom donné par les anatomistes a un mu>cle large, mince et quadrilatère situé sur les parties latérales inférieures de la langue, qui s insère en bas à l os hyoïde, en haut aux parties latérales et inférieures de la langue, entre le muscle st\ lo-glosse et le lingual supérieur. 11 déprime les bords delà langue, ce qui rétrécit son diamètre transversal, et la ramène aussi en ^arrière (Y. Langue).

HYOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à un petit os situé à la région antérieure et supérieure du cou, au-dessous de la base de la langue et au-

dessus des cartilages du larynx. L’os hyoïde est un os impair, dont la forme générale est celle d’un fer à cheval à convexité antérieure. Sa partie moyenne est appelée corps et chaque partie latérale est divisée en deux branches divergentes, l’une supérieure, courte, appelée petite corne; l’autre inférieure, plus longue, appelée grande corne. Il ne s’articule avec aucun os du squelette, et est suspendu dans les parties molles du cou. Il donne attache à quelquesuns des muscles qui se rendent à la langue, p. l.

HYOSCYAMINE. — L’hyoscyamine est un alcaloïde qui s’extrait des semences de la jusquiame (V. ce mot). A l’état de pureté, ce corps se présente sous la forme de petits cristaux blancs, sans odeur, solubles dans l’eau, mais surtout dans l’alcool et l’éther.

C'est un narcotique puissant qu’on emploie dans le traitement des maladies des yeux. L’hyoscyamine agit pour dilater la pupile, comme l’atropine, mais avec une plus grande intensité, seulement son action est plus lente à s’établir. On s’en sert également dans certaines affections mentales comme la manie, et pour combattre les névralgies.

HYPÉRÉMIE. — L’hypérémie est une augmentation de la quantité de sang dans un organe ou un tissu quelconque. Toute congestion et inflammation débute par de l’hypérémie. p. l.

HYPERESTHÉSIE. — L’hyperesthésie est une exagération de la sensibilité de la peau et des muqueuses, qui diffère de la douleur en ce que, au lieu de se manifester spontanément comme celle-ci , elle ne se révèle que sous l’influence des excitants naturels de la sensibilité. L’hyperesthésie est souvent liée à l’existence de certaines maladies de la peau, telles que eczéma, érythème, herpès, etc. Elle s’observe fréquemment dans l'hystérie, le vaginisme, et dans les névroses en général. Elle constitue un symptôme fréquent des encéphalites, des méningites cérébrales et spinales. Enfin l’hyperesthésie se rencontre dans l’anémie et la chlorose, dans les empoisonnements chroniques parle plomb, le tabac, l’opium, etc. p. L.

HYPERMÉTROPIE. — (V. Hyperopsie.)

HYPEROPSIE. — L’hyperopsie qu’on appelle aussi hypermétropie, est cet état d’un œil dans lequel le foyer des rayons lumineux parallèles se fait en arrière de la rétine.

Rappelons que dans un reil normal, ou emmétrope, les objets placés a la distance de 30 centimètres environ forment leur image sur la couche des bâtonnets de la rétine. Il est des yeux organisés de façon à ce que l’image de ces objets, placés à la même distance, se forme en arriére de la rétine. La vision est alors confuse ou même impossible à cette distance. Si on éloigne l’objet de l’œil, l’image se forme plus en avant, c’est-à-dire sur la rétine, et la vision est nette. Telles sont les conditions dans lesquelles se trouvent les yeux hyperopes.

La dénomination d'hypermétropie ne nous sem-

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ble pas heureuse. Elle signifie, en effet, œil qui est au delà de la mesure/Or, l’œil dit hypermétrope est dans des conditions entièrement opposées; il n’a pas assez de longueur pour réunir les rayons parallèles sur la rétine. Il est donc, en réalité, au-dessous de la mesure, et il conviendrait de lui donner le nom d ’hypométrope, réservant la dénomination A' hypermétrope à l’œil myope. Le terme de presbytie (œil vieux), e§t tout à fait impropre, attendu que ce qu’on désigne sous le nom de presbytie est un état tout diffèrent de l 'hyperopsie . Le nom à'hyperopsie indique le symptôme le plus important, la faculté de ne distinguer les objets qu’autant qu’ils sont plus loin que la distance ordinaire de la vision distincte.

L'hyperopsie est produite, ou bien par un raccourcissement de l’axe antéro-postérieur de l’œil, ou par une diminution dans l’indice de réfraction des milieux transparents de l’organe. Il est possible aussi que la cornée soit moins convexe que dans l’œil emmétrope, que ce changement de courbure dépende d’une modification survenue dans la nutrition de cette membrane, ou qu’il résulte de ce que la cornée est moins pressée d’arrière en avant, par suite d’une diminution dans la quantité d’humeur aqueuse et d’humeur vitrée. Les muscles de l’œil paraissent exercer une certaine influence sur la production de l'hyperopsie. En effet, la contraction de ces muscles contient l’œil dans un état d’allongement déterminé qui favorise l’exercice de la vision des objets placés à une distance ordinaire; leur paralysie entraîne l’hyperopsie. 11 y a donc lieu à se demander si l’hyperopsie, affection bien commune à une période moyenne et avancée de la vie, n’est pas la conséquence d’un affaiblissement dans la tonicité de ces muscles, affaiblissement qui a pour effet de raccourcir le diamètre antéro-postérieur. On ne saurait expliquer autrement l’hyperopsie qui survient brusquement chez des sujets encore jeunes et même chez des enfants, à la suite d’étals morbides graves de l’organisme.

Les sujets atteints d’hyperopsie ne peuvent distinguer nettement les petits objets, des caractères d’imprimerie ordinaires, par exemple, lorsqu'ils les placenta la distance delà vision distincte ordinaire. Ils sont obligés, pour les voir neltement, d’éloigner le livre. S'ils persistent à lire à la distance ordinaire, ils voient des contours moins nets, parce qu’il se forme sur la rétine des cercles de diffusion, la vue se fatigue promptement, il se développe parfois des douleurs névralgiques sur le trajet de la branche ophthalmique de Willis. Les objets sont, au contraire, vus distinctement; les sujets lisent facilement une inscription éloignée; ils précisent l'heure à une horloge située à une assez grande distance.

L hyperopsie augmente graduellement à mesure que l’individu avance en âge, probablement parce que les conditions anatomiques inhérentes à l’œil qui produisent cette perturbation de la vision s’exagèrent elles-mêmes. 11 y a cependant des exceptions. Ainsi, on rencontre des vieillards qui, après s’être servis de verres convexes très forts, recouvrent, à l’âge de quatre-vingts à quatre-vingt-dix ans, la faculté de lire sans lunettes. Nous pensons que ce

phénomène est le résultat d’un changement de nutrition du cristallin ; celui-ci devenant plus dense, son indice de réfraction augmente, d’où une convergence plus rapide des rayons lumineux qui arrivent au fond de l’œil.

L’hyperopsie est souvent confondue avec une simple diminution dans l’acuité de la vision, qui survient si souvent par les progrès de l’âge, et que nous appelons amblyopie sénile ou presbytie. Cette erreur résulte de ce que, dans l’un et l'autre cas, les sujets se servent de verres convexes pour améliorer la vision. Pour distinguer ces deux états l'un de l’autre, on commence par s’assurer du degré d’acuité de la vision.

Il arrive fréquemment que l’hyperopsie coïncide avec une diminution de sensibilité de la rétine ; dans ce cas, on reconnaît que même avec des verres convexes appropriés au degré de l’hyperopsie, si on ■présente au sujet des caractères imprimés qu’il lit distinctement à un jour convenable ; en diminuant la quantité de lumière qui arrive sur la page imprimée, il y a un moment où la lecture devient difficile et même impossible, alors qu’un œil doué d’une acuité de vision plus grande fait encore cette lecture.

L'hyperopsie simple n’est pas grave, à la condition qu’elle soit reconnue, et qu’on y obvie de bonne heure par l’emploi de verres convexes appropriés aux troubles de la réfraction. Si on ne prend pas ces précautions, la vision se fatigue, le sujet fait des efforts incessants d’accommodation pour réunir les rayons sur la rétine, et tout travail des yeux devient bientôt impossible.

Puisque, dans un œil hyperope, les rayons lumineux convergent en arrière de la rétine, et que la vision n’est confuse que parce qu’il se forme des cercles de diffusion, et non des points focaux, dans l’épaisseur de la rétine, on rend la vision nette, en faisant porter des verres convexes d’une force appropriée au degré de l’hyperopsie.

Lorsque les yeux ne sont pas affectés d’hyperopsie au même degré, on choisit des verres convexes d’un numéro différent, approprié au degré de réfringence de chacun des yeux. Dr Fano.

HYPERTROPHIE. — L'hypertrophie est une augmentation de nutrition et de développement d un tissu ou d’un organe, entraînant l’accroissement, du poids et du volume, avec ou sans modification de structure. p- L-

HYPNOTISME. — On désigne aujourd’hui sous le nom d’hypnotisme tous les effets reconnus autrefois au magnétisme animal, depuis Mesmer et de Puységur (1778 et 1784).

C’est James Braid, médecin anglais, élève du Dr Lafontaine, de Paris, qui donna, en 1843, à l’ensemble des phénomènes déterminés dans le sommeil nerveux, le nom d’hypnotisme, qui signifie étymologiquement, état de somnolence.

Quoique le magnétisme n’ait pas été officiellement reconnu par les Académies et par les Facultés, de grands noms scientifiques ont constaté depuis longtemps sa puissance et proclamé la réalité de ses effets.

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Laplace, dans sa Théorie du calcul des probabilités, disait: « Nous sommes si éloignés de connaître tous les agents de la nature et leurs divers modes d’action, qu’il serait peu philosophique de nier l’existence de phénomènes uniquement parce qu'ils seraient inexplicables dans l’état actuel de nos connaissances. »

Cuvier, dans ses Leçons d'anatomie comparée, affirmait que dans les expériences de magnétisme il existait « des effets réels et indépendants de toute partiéipation de l’imagination, et que ces effets étaient dus à une communication qui s’éta-. blit entre le système nerveux de l’expérimentateur et celui du sujet. »

Arago , dans son discours sur Sylvain Bailly, a bien dit aussi que « le somnambulisme ne doit pas être rejeté surtout par ceux qui se sont tenus au courant des derniers progrès de la science ». ,

Malgré les déclarations de ces savants, l’Académie de médecine vota en 1832, contre les conclusions du rapport qui lui fut présenté par une commission composée de plusieurs de ses membres les plus célèbres : Bourdais de Lamothe, Guéneau de Mussy, Fouquier, Guersant, llusson, Itard, Leroux, Marc et Thillaye. Les conclusions de cette commission étaient formulées ainsi :

■ La Commission communique des faits assez importants dans son rapport, pour qu’elle pense que l’Académie devrait encourager les recherches sur le magnétisme, comme une branche très curieuse de psychologie et d’histoire naturelle.

« Nous ne réclamons pas près de vous une croyance aveugle à tout ce que nous avons rapporté : nous comprenons qu’une grande partie de ces faits sont si extraordinaires que vous ne pouvez nous l'accorder. Peut être, nous-mêmes, oserionsnous vous refuser la nôtre, si changeant de rôle, vous verriez les annoncer à cette tribune, à nous qui, comme vous aujourd’hui, n’aurions rien vu, rien observé, rien étudié, rien suivi.

Nous étions animés, dans nos observations, par l’amour de la science et par le besoin de justifier les espérances que l’Académie avait conçues de notre zèle et de notre dévouement ».

Cependant, en 1839, Velpeau fit à l’Académie des sciences une communication sur l’anesthésie par l’hypnotisme au nom de Broca. Les académiciens, qui ne voulaient pas croire aux effets du magnétisme, du somnambulisme et de la catalepsie artificielle, acceptèrent alors sans difficulté l’hypnotisme de James Braid et l’anesthésie de Broca qui sont identiquement la même chose sous des noms i empruntés au grec.

Depuis cette époque, on a étudié les différents états nerveux du magnétisme animal, mais sous le nom d’hypnotisme.

États nerveux déterminés par l’hypnotisme. —

Quand un sujet est en état d’hypnotisme, on peut à volonté le faire passer par différents états nerveux dont les principaux sont :

L'état cataleptique, qu’on détermine de plusieurs manières: soit par un bruit intense, soit par une lumière vive portée brusquement devant la figure de l’hypnotique, soit en soulevant vivement les

paupières, et laissant ainsi arriver les rayons lumineux sur la rétine.

Dans cet état, on observe la fixité du regard, l’immobilité absolue du corps, la rigidité des membres dans toutes les attitudes qu’il plaît à l’expérimentateur de leur donner. Les mouvements respiratoires sont considérablement diminués, . les réflexes tendineux abolis. Pour faire cesser l'état cataleptique, il suffit d’abaisser la paupière.

L'état léthargique, qu’on détermine d’emblée, soit, le sujet étant endormi, les paupières closes, en frottant légèrement les globes oculaires, soit pan la fixation du regard, ou par l’occlusion des yeux, dans un milieu obscur, quand le sujet est déjà en catalepsie.

Dans cet état, toutes les parties du corps sont dans la dépression, mais les mouvements respiratoires sont augmentés en nombre et en puissance. Les réflexes tendineux sont exaltés, et tous les muscles prédisposés à une contracture immédiate par une excitation mécanique sur le muscle, sur le tendon ou sur le nerf qui l’anime.

L'état, somnambulique, qu’on détermine d’emblée, soit par la fixation du regard, soit par une excitation sensorielle faible répétée et monotone, ou en touchant légèrement le vertex, quand le sujet est en catalepsie ou en léthargie.

Dans l’état somnambulique, les yeux sont clos ou demi-clos. L’attouchement de la peau détermine de faibles contractures musculaires, mais à un degré bien moindre que dans la catalepsie, qu’on fait cesser par un souffle sur le membre ou par quelques passes rapides faites parallèlement aux membres intéressés.

Dans le somnambulisme provoqué ou artificiel, il est facile de déterminer, par un simple attouchement ou par la volonté, des hallucinations de tous les sens.

Dans les expériences faites avec mon ami, le Dr Puel, nous avons réussi à provoquer chez quelques hystériques, en état de somnambulisme, des hallucinations extraordinairement actives de la vue et du goût. Par un simple geste ou un mouvement de la face, nous leur faisions voir des oiseaux, des serpents, des fleurs, des étoiles; nous leur faisions boire et manger tout ce que nous voulions. Le sens du toucher était également, à notre volonté, amoindri ou perverti.

C’est dans cet état nerveux de l’hypnotisme que les faits de suggestion se produisent. On peut contraindre les hypnotisés somnambules à se mouvoir ou à rester inertes, à rire ou à pleurer, à parler ou à se taire, à manifester la joie ou la tristesse, la peur ou l’audace, en un mot les sentiments et les sensations les plus diverses et les plus opposées. Ces sujets, entre les mains d'un expérimentateur, ne sont plus que des automates agissant par sa volonté, exprimée par la voix, par le geste, ou simplement parla pensée. Ils sont inconscients de leurs actes, de leurs paroles, et je me permets d’ajouter : des crimes et délits qu’ils peuvent commettre sous l’empire de l’injonction exprimée. Et ce n’est pas seulement pendant la durée de l’état d’hypnotisme somnambulique qu’ils exécutent ce qui leur est ordonné, c’est encore après leur reveil

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et quelquefois en dehors de l'état d'hypnotisme. La suggestion n’a pas de limite; on peut, comme je l’ai fait plusieurs fois, faire écrire des testaments ou des déclarations de faits criminels imaginaires; on peut suggérer, et cela devant témoins, ou une passion violente, ou une répulsion invincible... On pourrait armer la main de ces malades et leur faire commettre des actes criminels : assassinat, incendie, vol, etc. Leurs forces musculaires s’y prêteraient d’autant mieux qu’elles sont considérablement augmentées.

Les idées que j’émets ici ne reposent pas sur des conceptions théoriques ou des expériences faites à plaisir Elles ne sont que l’expression de faits rigoureusement observés. J’ai suggéré à une jeune fille dans un état de somnambulisme provoqué d’aller, après la cessation de cet état nerveux , offrir un bouquet à une personne, de porter un objet quelconque à une autre, de se mettre à genoux devant une troisième, de chanter, de danser, de se souvenir de ce qu’elle avait dit ou d’oublier tout ce qu’elle avait fait, etc.

M. le Dl Burq a pu donner de sa chambre, à une malade de l’hôpital Cochin, l’ordre de lui communiquer ses pensées.

Il y a quelques années, MM. Mesnet et Mottet ont suggéré à un jeune homme hypnotisé, condamné à tort pour outrage public à la pudeur, de simuler, devant la Chambre des appels correctionnels, la scène qui avait donné lieu au procè -verbal des agents des mœurs. Et après cette expérience le tribunal cassa le jugement qui le condamnait à plusieurs mois de prison.

J’ai été témoin d’un phénomène plus extraordinaire encore : En homme de 55 ans, M. D... était en train de sonner la cloche sur la scène d’un théâtre de Paris; il s’arrête subitement et se met à courir à quatre pattes, comme un animal, sous l’influence de la suggestion mentale qui lui était imposée par un geste de M. le D' Puel, qui se trouvait avec moi et plusieurs personnes dans le foyer des artistes. Ce phénomène avait été proposé, comme un défi, par un artiste dramatique; il fut répété cinq ou six fois, avec les modifications demandées par les témoins, tous extrêmement sceptiques.

C’est ainsi que le même D... reçut de l’expérimentateur l’ordre d’exécuter ce qui avait été écrit secrètement sur un morceau de papier par le chef d’orchestre, et sans que M. le D' Puel en ail pris connaissance. Quelques instants après, D... revenait avec un violon qu’il était allé chercher dans la loge de cet artiste; c’était précisément ce qui avait été écrit sur le morceau de papier. On peut juger par là de la puissance de la suggestion, puisque l’expérimentateur ignorait la nature de l’ordre qu’il donnait au sujet.

Lorsqu’on exerce une légère pression sur les globes oculaires d’un individu en état de somnambulisme provoqué, l’état léthargique remplace l’état somnambulique. Le sujet perd ses forces et tombe anéanti, les membres en état de résolution. Si l'on applique seulement le doigt sur le verlex, l’état somnambulique disparaît et le sujet revient à son état normal.

Les phénomènes de suggestion peuvent être obtenus également à l’état de veille. C’est souvent ■ sous cette influence que s’accomplissent un grand nombre d’actions bonnes et mauvaises, légales ou délictueuses, sensées ou stupides.

Maury,dans son ouvrage Le sommeil et les rêves, a écrit avec raison les lignes suivantes: « Que d’actes, que d’idées dans la vie de tous les jours nous sont suggérés par autrui, et que nous prenons pour nôtres. Que de choses auxquelles une personne adroite nous fait penser en apparence spontanément.

« Illusion qui n’est pas seulement celle des nuits, mais encore celle de tous les jours. L'homme croit s’appartenir, et il ne marche qu’environné de forces et d’influences auxquelles il se conforme sans s’en apercevoir. Il se rappelle quand il croit imaginer ; il se soumet quand il croit commander; il sent quand il croit penser. Tristes jouets du conflit des choses, nous sommes le produit complexe de l’infinie variété de ce qui nous entoure, et, tandis que nous réfléchissons notre propre personnalité sur nos jugements, nos jugements sont euxmêmes, comme nos actions, le reflet du monde où nous vivons. »

En résumé, nous sommes tous plus ou moins sous l’influence des forces qui nous entourent, qui nous dirigent, qui nous enserrent, sans même que nous nous en doutions.

En général, tous les états nerveux produits dans l’hypnotisme disparaissent par la même cause qui les provoque. Le qui fait défait , suivant l’expression de M. Dumontpallicr.

Dans toutes ces expériences, il est possible de faire passer les malades de l’un de ces états dans l’autre, et de celui-ci dans le troisième, en faisant usage des procédés indiqués, en commençant à volonté par tel ou tel état. Mais lorsqu’on voudra redescendre l’échelle, il faudra le faire dans l’ordre inverse de celui qu’on a employé pour le monter, à l’aide des mêmes procédés, et en se conformant aux mêmes règles.

11 faut faire attention de suivre exactement ces règles et l’ordre indiqué, sous peine de voir se produire des états mixtes qui pourraient devenir dangereux. Enfin, dernière recommandation : aucune personne spectatrice ne doit toucher le sujet, à moins d’avoir été mise en communication avec lui par l’expérimentateur. Sans cette précaution, on s’expose à voir éclater, chez les hystériques, une série d’accès convulsifs, ou un état mixte de catalepsie et de léthargie de longue durée. J'ai observé ! un fait de cette nature chez moi avec une hystérique en état d’hypnotisme, surexcitée déjà par J l’absorption de quelques verres de champagne.

Les rapports étroits qui lient l’hystérie à l’hypno- ■ tisme ont trouvé un argument nouveau dans les ; expériences faites à l’aide de l’aimant chez les sujets en état d’ hémiléthargie et tVhémicatalepsie provoquées. L’application d’un aimant a permis d’observer dans ce cas un phénomène de tiansfert semblable à celui qu’on a constaté dans l’hémianesthésie et l’hémiparalysic hystériques 11 en est même dans. l 'hémisomvambulisme , qu’on obtient en touchant un coté de la tête au lieu du vertex. Cet état offre

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tous les caractères du somnambulisme total, mais si l’on donne une suggestion hallucinatoire, l’hallucination n’existe au réveil que du côté somnambulisé. Le sujet est capable de répondre quand l’hémisomnambulisme est combiné à l’hémiléthargie ; il ne fait que bredouiller quand il s'agit de l’hémieatalespsie.

L’hypnotisme au point de vue médico-légal. — En raison de l’état d'automatisme dans lequel se trouvent les hypnotisées vis-à-vis des expérimentateurs, de nombreuses questions de médecine légale auraient déjà été soulevées, si ces phénomènes étaient sortis du milieu scientifique dans lequel ils se sont produits jusqu’à présent. Cependant, en 1882, une plainte s’éleva contre un dentiste suisse qu’on accusait de viol sur une jeune fille, pendant la période de léthargie hypnotique. Le D1 Ladame (de Neuchâtel) fut chargé de faire un rapport, à titre d’expert, et il répondit affirmativement aux questions suivantes :

1° Le coït peut-il avoir lieu dans les conditions indiquées par la jeune fille et sans qu’elle ait pu se rendre compte des manipulations exercées sur elle;

2° La volonté était-elle entièrement paralysée et n’avait-elle pu opposer aucune résistance à celui qui la violait.

M. le Dr Ladame a eu raison de répondre affirmativement, quoiqu’il n’ait pas soumis la jeune fille à une nouvelle hypnotisation dans laquelle elle aurait pu dire ce qui s’était passé pendant celle du viol dont elle avait été victime.

Déjà, en 1838, MM. les docteurs Coste et Broquier, de Marseille , appelés comme médecins légistes, dans une affaire analogue, concluaient ainsi:

« Nous pensons qu’il est possible qu’une jeune fille soit déflorée et rendue mère contrairement à sa volonté, celle-ci pouvant être annihilée parle sommeil magnétique, — attendu que si une jeune fille, sous l’influence de cet état nerveux, est insensible à toutes les tortures, il semble qu’il est rationnel d’admettre qu’elle pourra subir l’acte du coït sans qu’il y ait participation de sa volonté, sans qu’elle en ait conscience et que, par conséquent, elle ne saurait repousser par la force l’acte qui est consommé sur elle. »

D'après les faits que nous venons d’exposer on peut donc conclure que, dans certains moments, le somnambule peut être assimilé à l’aliéné, comme le disait l'ancienne jurisprudence. Dormiens furioso œquiparntur. Et c’est bien à tort qu'on invoquerait aujourd’hui l’opinion du célèbre juriste Casper : üu’une vierge ne peut être déflorée dans le sommeil magnétique, sans être réveillée, opinion formulée dans son aphorisme: Non omnes dormiunt quæ closos et cotinivenies habent oculos.

Relativement à la possibilité d’une grossesse à la suite d’un viol commis dans le sommeil magnétique, tous les médecins légistes ont répondu affirmativement.

En effet, depuis longtemps il est reconnu que la fécondation peut avoir lieu sans que la femme éprouve la moindre sensation voluptueuse, puisqu’il suffit pour quelle se produise qu’il y ait éjaculation dans les parties sexuelles de la femme et contact d'un seul spermatozoïde avec un ovule. Dans au-

cun autre cas, par conséquent, on ne pourra conclure d’une grossesse consécutive qu’une femme violée, dans l’état d'hypnotisme, ait donné son consentement, parce qu'il y aurait eu chez elle une émotion voluptueuse, une exaltation du sens génital et tout l’ensemble de l’orgasme vénérien. Le viol, dans ce cas, tel qu’il est défini par la loi, n’en existe pas moins.

Notre raisonnement est applicable dans tous les cas où un sujet hypnotisable aurait signé, en état de sommeil, un acte ou un contrat quelconque.

L’hypnotisme appliqué au traitement des maladies. — Dans son traité de l’hypnotisme, James Braid a rapporté un assez grand nombre d’observations de guérisons de maladies diverses, par les pratiques hypnotiques : opérations chirurgicales sans douleur, paralysie de la sensation et du mouvement, rhumatisme, céphalalgie, irritation spinale, épilepsie, tétanos, névralgie, palpitations, affections de la peau, etc.

Je ne puis me prononcer sur la valeur des assertions du célèbre médecin anglais, mais je puis affirmer la guérison d’une danse de Saint-Guy observée par M. le Dr Duel, et rappeler à ce propos les faits rapportés au Congrès de Blois, en 1881, par MM. Voisin et Bernheim.

Voici celui de M. Voisin : une jeune fille atteinte de manie hystérique est envoyée à la Salpêtrière. Elle avait été condamnée par le tribunal correctionnel, quelques années auparavant, pour vol et abus de confiance. Elle s’est livrée à la prostitution; en un mot, c’est ce qu’un appelle une fille perdue. M. Voisin l’a endormie tous les jours, la laissant dans le sommeil hypnotique pendant dix ou douze heures, pendant lesquels on lui suggérait des idées d’honnêteté, de travail, d’obéissance, etc. Après deux mois de ce traitement moral, on est arrivé à modifier radicalement l’état de cette femme, à obtenir l’arrêt de ses agitations mentales et sensorielles.

Les autres faits, ceux de M. Bernheim, se rapportent: 1° à une chorée rhumatismale dont était atteint un jeune homme de seize ans. Son écriture était totalement illisible. M. Bernheim l’endormit, et, pendant son sommeil, lui affirma qu’il était guéri et qu’il pouvait écrire lisiblement. Le sujet obéit; dès la première séance, son écriture fut régulière et se maintint telle après le réveil. Les séances des deux jours suivants obtinrent le même résultat, et depuis lors la guérison s’est maintenue ; 2° aune hémichorée chez une jeune fille soignée parle docteur Beauvais, qui obtint le même succès; 3° à une anesthésie du membre supérieur, symptomatique d'une névrite cubitale, chez un homme soigné par M. Bernheim, et qui disparut en une seule séance, toujours par suggestion.

Ces faits sont corroborés par celui de M. Charcot : une jeune fille était atteinte de paralysie, depuis plus de six mois. A sa première visite, et sur un ordre donné par lui, elle a pu sortir de son lit, se tenir sur ses jambes, marcher, puis courir et danser.

Je pourrais multiplier les observations de cette nature qui, aux yeux du public et de beaucoup de médecins, paraissent toucher au merveilleux, mais je me contenterai de dire qu’avant longtemps, grâce

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aux progrès qui se réalisent en ce moment, nous serons témoins de phénomènes plus merveilleux encore. La psychologie expérimentale va prochainement faire son entrée officielle dans nos académies et nous apporter des données scientifiques positives qui ne seront d’ailleurs que le corollaire de celles de l’hypnotisme et du magnétisme animal.

Dr Edmond Dupouy,

HYP0CHL0R1TE DE CHAUX. — (V. Chaux [chlorure de}.)

HYPOCHLORITE DE POTASSE. — (V. Potasse [chlorure de].)

HYPOCHONDRE. — Nom donné par les anatomistes aux parties latérales supérieures de Yabdo-

Fig. 611. — Abdomen et ses subdivisions.

D,D' Hypochondres droit et gauche. — A. Épigastre. — B. Région ombilicale. — C. Flypogastre. — E,E' Flancs droit et gauche. — F, F'. Fosses iliaques,

men, à droite et à gauche de Y épigastre, au-dessous des cartilages des dernières côtes. L’hypochondre droit correspond au foie et à l’angle droit du côlon ; l’hypochondre gauche correspond au grand cul-de-sac de l’estomac, à la rate et à l’angle gauche du côlon. p. l.

HYPOCHONDRIAQUE. — Nom donné aux individus atteint d ’hypochondrie (V. ce mot). p. l.

HYPOCHONDRIE. — On comprend, sous le nom d’hypochondrie, deux affections bien distinctes : Yhypochondrie simple et Y hypochondrie vésanique.

Hypochondrie simple. — C’est une névrose caractérisée par une dépression physique et morale, un état d’inquiétude pénible, une exagération de toutes les sensations de l’organisme, principalement de celles qui sont perçues dans les viscères de l’abdomen.

Cette affection s’observe presque toujours chez les hommes célibataires, vers l’àge de 40 ans, après une période de travail excessif et de passions violentes.

L’organisme surmené par les excès a, pour ainsi dire, conscience de ses fautes ; il a peur. Il analyse toutes ses sensations, les regarde au microscope et les considère comme les symptômes alarmants d’une maladie incurable.

L’hvpochondriaque est toujours, en effet, dans une anxiété profonde au sujet de sa santé ; il lit avec avidité les livres de médecine, reconnaît son cas dans toutes les descriptions des maladies, va consulter les médecins dont il entend parler, discute avec eux et n’accorde sa confiance, — toujours très limitée d’ailleurs, — qu’à ceux qui disent comme lui et font semblant de le traiter pour une affection incurable. Ses occupations professionnelles sont seules capables d’interrompre quelques instants le cours de ses obsessions viscérales.

Les plaintes des hypochondriaques ne varient guère; ils accusent tous les mêmes symptômes morbides : dyspepsie, gastralgie, entéralgie, troubles intestinaux, palpitations, spasmes, vertiges, éblouissements, etc. Us enregistrent avec la plus scrupuleuse exactitude le nombre de gaz qu’ils rendent par en haut ou par en bas et les effets bons ou mauvais qu’ils en ont ressentis. Ils attachent surtout la plus grande importance à toutes leurs excrétions.

Ainsi, il y a quelques années, les journaux de médecine publiaient une observation très remarquable dans laquelle ce fait pouvait servir de symptôme pathognomonique de l’hypochondrie. Un prêtre de Paris, d’un vie correcte, intelligent, très instruit, mourrait à un âge avancé, malgré l’affection hypochondriaque dont il était atteint, depuis de longues années. Ses héritiers, en faisant l’inventaire de sa cave, trouvèrent dans cet endroit plusieurs rangées de petits paquets ficelés et cachetés dont ils s’empressèrent d’examiner le contenu. Chaque paquet représentait, avec la date de son évacuation, une des garde-robe du vieillard. Et la collection remontait à plus de dix ans !

Les sensations de ces malades sont-elles absolument imaginaires? N’y a-t-il pas dans ces souffrances si nettement accusées, dans ces tristesses désespérantes, une cause organique plus ou moins importante, un trouble des fonctions plus ou moins réel? Les opinions diffèrent: les uns affirment que l’hypochondrie n’est qu’une névrose, d’autres pensent qu’elle doit correspondre à une lésion quelconque. Je suis de l’avis de ces derniers, et voici mes arguments à l’appui.

Les hypochondriaques certainement digèrent mal, ils ont des rapports acides, de la diarrhée, des vomissements de matières glaireuses et de liquides acidiques ; ils ont des barborygmes, des éructations fréquentes , des productions gazeuses distendent

l’estomac et l'intestin. Ils éprouvent des douleurs épigastriques qui s’irradient dans le dos et qui se manifestent généralement entre les repas.

Ils sont sujets à une constipation opiniâtre et au\ hémorrhoïdes. On constate enfin chez eux des troubles passagers de la circulation et de toute les grandes fonctions physiologiques. Les mains et les pieds sont presque toujours glacés; les forces organiques prostrées; ils sont dans un état continuel île lassitude et d’apathie. Leurs nuits sont mauvaises, sans sommeil ou dans une somnolence agitée par des cauchemars. Ils sont bilieux.

Sous l’influence de ces souffrances physiques et morales, les hypochondriaqucs s’anémient promptement, et si un traitement énergique ne vient enrayer leur maladie, ils tombent dans le marasme et la cachexie.

La médication à employer contre l'hypochondrie doit répondre aux indications symptomatiques, mais d'une manière générale il faut avoir recours à l’hydrothérapie, aux eaux minérales de Vichy, de Pougues et de Contrexéville, aux bains de mer, aux préparations toniques et à tous les agents thérapeutiques pouvant régulariser les fonctions de l’appareil digestif.

Hypochondrie vésanique. — On désigne également cette affection sous le nom de folie hypochondriaque. C’est la même maladie que l’hypochondrie simple mais avec un équivalent de plus, équivalent considérable, puisque indépendamment de l’exagération plus grande des fausses sensations de l’hypochondrie simple, la raison a fait naufrage. Certains malades refusent de manger, parce qu’ils n’ont plus d’estomac, et on est obligé de les nourrir avec la sonde œsophagienne. D'autres disent avoir l’intestin bouché, avoir des lézards, des serpents ou dans l’estomac ou les intestins.

J’ai donné mes soins, il y a quelques années, à un monsieur occupant à Paris *une belle position commerciale. C’était un homme de 35 ans environ, célibataire, maigre, d’un tempérament bilioso-nerveux. 11 vint me consulter pour des troubles multiples des fonctions digestives qu’il attribuait à la présence d’un tænia. Je lui prescrivis la première fois du kousso sans résultat, la seconde fois, de la racine de grenadier, la troisième fois de l’extrait de fougère mâle, toujours sans le moindre succès.

— Êtes-vous bien sûr, lui dis-je alors, d’avoir le ver solitaire? Quant à moi, j’en doute et je crois que vous êtes le jouet de fausses sensations...

— Je n’en doute pas, moi, me répondit-il aussitôt ; il me parle l

C’était un bypochondriaque, un halluciné, un malade éminemment dangereux. Je lui fis comprendre qu’il devrait consulter « un spécialiste pour les vers solitaires », et je l’adressai, avec un mot, au professeur Lasègue, alors médecin de l’infirmerie des aliénés au dépôt de la préfecture. Je ne le revis plus.

Dans l'hypochondrie vésanique, il y a toujours de la dépression et de l’affaiblissement des facultés intellectuelles, quelquefois des hallucinations et de la stupeur, de l’insomnie et de violentes migraines.

La circulation sanguine est affaiblie, la température centrale abaissée de 1 à 2 degrés, et l’absorp-

tion stomacale considérablement ralentie. La motilité et la sensibilité peuvent être diminuées au point de voir ces malades rester toute une journée d’hiver dans une cour d’asile, dans une inertie absolue, sans se plaindre du froid.

La cause physique de la folie hypochondriaque est souvent indépendante d’affections de l’appareil digestif. J’ai connu un notaire hypochondriaque qui se croyait atteint de la syphilis et qui était convaincu de l’avoir communiquée à sa femme. Il n’v avait rien de vrai dans ses allégations. Les pertes séminales involontaires, en raison de leur influence débilitante et de l’impuissance qu’elles déterminent, peuvent être aussi la cause de la folie hypochondriaque. Dans certains cas, celle-ci n’est qu’une forme de la paralysie générale.

La base du traitement de l’hypochondrie vésanique est l'hydrothérapie et la régularité des fonctions abdominales. Les distractions, l’exercice et le traitement moral jouent aussi un grand rôle dans les cas susceptibles de guérison.

Dr Edmond Dupouy.

HYPODERMIQUE (méthode). — (V. Injection.)

HYPOGASTRE. — Nom donné par les anatomistes à la partie médiane inférieure de l’abdomen audessous de l’ombilic (V. fiq. 611). L’hypogastre, qu’on appelle vulgairement le bas-ventre , correspond à la vessie et à des anses intestinales, p. l.

HYPOGASTRIQUE. — Nom donné par les anatomistes: 1° à la région de Yhypogastre ; 2° à une division de l 'artère iliaque interne (V. Iliaque) ; 3“ au plexus nerveux qui est situé sur les parties latérales de la vessie et du rectum et est surtout formé par des rameaux venant de la 3e et de la 4e paire des nerfs sacrés. p. l.

HYPOGASTRIQUES (ceintures).— On appelle ceintures hypogastriques des appareils destinés à immobiliser l’utérus malade ou à rectifier la direction de cet organe quand il est dévié (V.

Utérus).

Dans le premier cas, la ceinture hypogastrique se rapproche beaucoup des Ceintures abdominales (V.

ce mot), sauf qu’elles sont moins larges et ne recouvrent qu’une partie de larégion sousombilicale. La figure 612 en est un exemple suffisant.

Quand il s’agit de remédier à une antéversion, déviation dans laquelle cette sorte de ceinture trouve sa plus fréquente application , le devant de la ceinture est muni, à sa partie inférieure, d’une plaque métallique bien rembourrée en arrière qui , par le moyen d’un mécanisme ingénieux, permet d’exer-

Fig. 612.

Ceinture hypogastrique.

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cor sur la région sus-pubienne une pression plus ou moins énergique dont le but, en repoussant le fond de la matrice, est de rétablir cet organe dans sa position normale. Si la ceinture hypogastrique doit corriger unelatéro-version,la plaque métallique est placée sur le côté. p. l.

HYPOGLOSSE (grand). — Les anatomistes donnent le nom de grand hypoglosse ou nerf de la douzième paire, à un nerf moteur qui préside aux mouvements associés et unilatéraux de la langue, et par suite à la déglutition et à l’articulation des sons. 11 prend naissance sur la face antérieure du bulbe, sort du crâne par le trou condylien antérieur, se dirige, en bas et en avant, vers l’os hyoïde, remonte ensuite vers la partie inférieure de la base de la langue et va jusqu’à la pointe de cet organe dans les muscles duquel il se ramifie. Vers l’angle du maxillaire inférieur, il fournit deux branches collatérales dont l’une, supérieure, va se jeter dans le plexus cervical, et l’autre, descendante, plus volumineuse, se distribue aux muscles de la langue et du pharynx. Le nerf grand hypoglosse se voit très bien dans les figures 311 et 313 intercallées dans l’article cou (V. ce mot). p. l.

HYPOHÉMA. — Nom donné par les oculistes à un épanchement de sang dans la chambre antérieure de l’œil, qui peut se produire soit après une blessure volontaire ou accidentelle de l’œil, soit dans le cours d’une iritis, d’une choroïdite, soit encore pendant les opérations de pupille artificielle, surtout par l’iridectomie. Ces épanchements forment une masse rouge limitée en haut par une ligne horizontale, en bas par le segment de cercle répondant à la circonférence de la cornée Dans certains cas, ils peuvent être assez abondants pour masquer la pupille en partie ou en totalité. Le plus souvent ils se résorbent par le repos et un simple bandage compressif de l’œil. 11 est des cas où il faut avoir recours aux antiphlogistiques, aux applications locales de topiques résolutifs, et à l'administration de quelques purgatifs. p. L.

HYPOPHOSPHITE DE CHAUX. — V. [Chaux [hypophosphite de].)

HYPOPION. — Nom donné par les oculistes à un épanchement de pus qui se fait dans la chambre antérieure de l’œil. L’hypopion peut s’observer pendant le cours de certaines kératites, des iritis et des choroïdites, à la suite de l’opération de la cataracte, etc. Il forme une tache semi-lunaire d’un blanc jaunâtre ou jaune foncé, situé derrière la portion inférieure de la cornée, et s’accompagne de la contraction de la pupille et d’une inflammation plus ou moins vive de la cornée et de la conjonctive. Son traitement consiste tout d’abord à soigner la maladie qui lui a donné naissance, puis à favoriser autant que possible la résorption du pus par les résolutifs tels que les applications sur l’œil de compresses chaudes. Si la résorption n’a pas lieu et si le pus augmente, il faut l’évacuer par la ponction de la cornée pratiquée à la partie inférieure. Adelmann fait suivre la ponction de l’aspi-

ration du pus. Cette pratique n’est pas en usage en France. p. l.

HYPOSPADIAS. — On donne ce nom à un vice de conformation congénital de l’urèthre, dans lequel l’ouverture du canal, au lieu d’être à l’extrémité du méat urinaire, se trouve sur la face inférieure de la verge. L’ouverture peut exister aune distance plus ou moins rapprochée du gland, ou au contraire plus ou moins rapprochée du scrotum, et son orifice peut être plus ou moins étendu. La partie du canal située entre l’hypospadias et le méat peut être entièrement oblitérée. Chez beaucoup d’hypospades, le membre viril n’est pas très développé, il est au contraire petit, recourbé sur lui-même; les corps caverneux sont plus ou moins atrophiés.

L’hypospadias constitue une infirmité très désagréable. Il est de plus un obstacle sérieux à la fécondation, lorsque l'ouverture de l’urèthre se trouve trop près de la racine de la verge, vers le scrotum, car alors, comme dans l’épispodias, le sperme ne peut être lancé dans le vagin, à plus forte raison vers le col de l’utérus, pendant le coït, et s’épanche presque toujours au dehors.

On traite l’hypospadias par la restauration du canal, à l’aide de différents procédés autoplastiques, parmi lesquels nous citerons ceux de Th. Anger et de Duplay.

Dans le procédé de Th. Anger (fig. 613), on dissè-

Fig. 613.

Opération de l’hypospadias (Procédé de Th. Anger).

que à gauche de la ligne médiane de la face inférieure de la verge, un lambeau cutané B, qu’on renverse sur la sonde de façon que sa face cutanée s’applique sur la muqueuse de l’urèthre et forme la paroi inférieure du nouveau canal. Puis, on dissèque un second lambeau A à gauche, dont on applique la face saignante sur la face saignante du premier.

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