‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 181 sur 344 · PEG · texte numérisé non relu

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rieure et latérale du cou, immédiatement sous la peau, qui s’insère, en bas à l’aponévrose qui recouvre le grand pectoral, le deltoïde et les parties latérales du trapèze, et en haut, au bord de la mâchoire inférieure et à la face profonde de la peau des régions massétérine et parotidienne. Il a pour action de tendre la peau du cou et de la soulever.

On donne encore le nom de muscles peauciers aux vingt muscles qui occupent la face et la voûte du crâne. p. l.

PEAUSSIERS (Ouvriers.) — Hygiène professionnelle. — (V. Tanneurs.)

PÊCHER. — Le pécher est un arbre originaire de la Perse, très cultivé en France, dont les fruits à chair délicate, savoureuse et sucrée, se digèrent facilement, à conditions d’être mangés bien murs et en petit nombre, et dont les feuilles et surtout les fleurs jouissent de propriétés vermifuges et purgatives, en infusion. On fait aussi avec les fleurs, le sirop de fleur de pêcher, qui constitue un purgatif très doux qu’on utilise chez les petits enfants. p. l.

PECTINE. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la partie interne et supérieure de la cuisse, de forme aplatie et quadrilatère, qui s’insère, en haut à l’épine de l’os pubis, à la crête pectinéale et en bas sur la ligne de bifurcation supérieure et interne de la ligne âpre du fémur. Ce muscle est adducteur de la cuisse qu’il fléchit et fait tourner en dehors. 11 est très développé chez les cavaliers. p. l.

PECTORAL. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles situés à la partie supérieure et antérieure du thorax et antérieure de l’épaule : le grand pectoral et le petit pectoral.

Le grand pectoral, très volumineux, occupe la partie antérieure du thorax et de Faisselle; il est situé sous la peau et s’insère, d’une part aux deux tiers internes du bord intérieur de la clavicule à la face antérieure du sternum et aux cartilage des six premières côtes, d'autre part à la coulisse bicipitale de l’os humérus. 11 porte le bras en avant, en dedans, et lui imprime un mouvement de rotation en dedans, lorsqu’il prend son point fixe sur le thorax, comme dans l’action de porter un fardeau ; lorsqu’il prend son point il appui sur le bras fixe, il élève le tronc, comme dans l’action de grimper.

Le petit pectoral, situé au-dessous du précé- ; dent, plus petit que lui, mince et triangulaire, s’insère, d’une part sur la face antérieure des troisième, quatrième et cinquième côtes, d’autre part,

I au bord antérieur de l'apophyse coracoïde de l’omoplate. 11 élève les côtes lorsqu’il prend son point fixe sur l’omoplate, et il abaisse le moignon de I l'épaule lorsqu’il prend son point fixe sur les côtes. P- l.

PECTORAL. — Qualificatif donné par les pharj maciens à des médicaments qui ont une action favorable sur les maladies de poitrine, rhumes,

bronchites, etc., tels que capillaire, mauve, guimauve, coquelicot, jujube, lichen, etc. p. l.

PECTORILOQUIE. — Nom donné par Laennec au timbre de voix spécial, à la résonnance particulière de la toux, des râles, que l’on perçoit par l’auscultation chez les personnes phthisiques, à la hauteur des cavernes pulmonaires. p. l.

PÉDÉRASTIE. — La pédérastie consiste dans les rapports contre nature entre hommes, l’un introduisant sa verge dans le rectum de l’autre qui fait l’office de vagin. Le premier fait de la pédérastie active, le second de la pédérastie passive. La pédérastie se pratique aussi par l’homme sur la femme.

Médecine légale. — La plupart des auteurs français et étrangers ne consacrent que quelques lignes à l’étude de la pédérastie, qui n’est pas spécialement atteinte par les lois pénales actuelles et rentre dans le cadre des attentats à la pudeur. Parmi les médecins légistes, Tardieu est le premier qui ait eu le courage d’aborder franchement ce sujet et de lui donner les développements que comporte son importance médico-légale.

Casper n’attache qu’une importance secondaire à la constatation médico-légale des signes physiques de la pédérastie, signes dont il va même jusqu’à nier l’existence. Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire d’insister sur la valeur scientifique des signes qui révèlent les habitudes contre nature; les développements que nous donnerons plus loin suffiront pour les faire apprécier.

Nous aurions compris les allégations de Casper si les pratiques contre nature étaient toujours restées dans le domaine de la vie privée; mais il est avéré que les circonstances au milieu desquelles s’exerce la pédérastie la rattachent le plus souvent, d’une manière directe, aux attentats aux mœurs et à d’autres tentatives criminelles.

En effet, dans un grand nombre de cas, les pédérastes assouvissent leur passion odieuse sur les enfants, soit en employant la violence, soit en les amenant à se prêter à leurs manœuvres par la persuasion et les promesses. Dans d’autres circonstances, des maris débauchés exercent sur leurs femmes des attentats contre nature, quelquefois violemment, mais le plus souvent en leur déguisant le côté repoussant et infâme des actes qu’ils accomplissent.

Dans la capitale, on trouve la pédérastie associée à l’escroquerie la plus habile; elle est même venue compliquer plusieurs causes célèbres dont les tristes débats ont montré que les hommes adonnés à ce \ice infâme ne reculent pas devant le vol et meme l’assassinat.

L’exercice de la pédérastie dans les grandes villes se fait sur une vaste échelle et constitue, comme le dit Tardieu, le complément de la prostitution féminine. « A Paris, dit cet auteur, la prostitution pédéraste a pris dans l’ombre un accroissement presque incroyable et a reçu une organisation clandestine destinée à favoriser l’industrie coupable désignée sous le nom de chantage... Les gens qui se livrent à ce genre d’escroquerie ne sont le plus ordinairement que des voleurs d’une espèce par-

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ticulière, qui, sans être adonnés eux-mêmes à la pédérastie, spéculent sur les habitudes vicieuses de certains individus pour les attirer par l’appât de leurs passions secrètes dans des pièges où ils rançonnent sans peine leur honteuse faiblesse. Mais à côté de ces hommes enrichis par le vol et mis avec une certaine recherche, on trouve de jeunes garçons corrompus et perdus par eux, qui sont à leurs gages, qu’ils enrôlent, qu’ils dominent et qu’ils désignent, dans leur effrayant cynisme, comme des outils dont ils se senent pour attirer leurs victimes. Ces misérables enfants, détournés quelquefois du travail honnête de l’atelier, plus souvent ramassés dans la boue des carrefours ou dans l'oisiveté des mauvais lieux, sont lancés chaque soir dans des endroits déserts et bien connus, où ils savent lever leur triste proie. Lorsqu’ils ont réussi à se faire accoster, les individus avec qui ils marchent se présentent tout à coup, et usurpant la qualité et le langage d’agents de police chargés de faire respecter la morale outragée, finissent par faire payer leur indulgence et ne rendent les dupes à la liberté que moyennant la rançon d’une somme assez considérable. » (Tardieu , Attentats aux mœurs.)

Quels sont les signes de la pédérastie? — Les

individus qui s’adonnent habituellement, à la pédérastie portent le plus souvent sur eux les stigmates de leur honteuse passion. Quelquefois même leur démarche et leurs allures suffisent pour les faire reconnaître par un œil exercé. Cependant, il faut se garder de tomber dans l’exagération que signale Casper; car, s’il est des signes généraux qui peuvent révéler chez certains individus des habitudes contre nature, ces signes n’ont rien d’absolument caractéristique. Néanmoins, on reconnaîtra facilement que les excès contre nature et les débauches auxquelles se livrent les pédérastes puissent avoir une pernicieuse influence sur leur santé.

Les allures extérieures seront donc notées avec soin; car, si elles ne donnent pas la certitude, elles fournissent au moins des indices d’une certaine valeur, surtout chez ceux qui font de cette hideuse prostitution leur moyen d’existence. « Les cheveux frisés, le teint fardé, le col découvert, la taille serrée de manière à faire saillir les formes, les doigts, les oreilles, la poitrine chargés de bijoux, toute la personne exhalant l’odeur des parfums les plus pénétrants et dans la main un mouchoir, des fleurs ou quelque travail d’aiguille, telle est la physionomie étrange, repoussante et à bon droit suspecte qui trahit les pédérastes. » (Tardieu, ibid.)

Nous n’ajouterons rien à ce tableau si frappant tracé par Tardieu; nous dirons seulement que l’expert doit toujours être en garde contre lui-même et n’accorder d’importance à ces signes généraux que s’ils sont confirmés par l’examen local.

Les signes locaux sont donc les seuls qui puissent acquérir en médecine légale une véritable importance et révéler d’une manière à peu près certaine des habitudes actives ou passives de pédérastie, ou faire connaître la nature des attentats criminels commis sur des enfants ou d’autres personnes. Les signes d’habitudes passives sont si communs que Tardieu les a constatés 217 fois sur 273 cas de ce genre.

Si l’attentat est récent et commis sur une personne non adonnée à ces honteuses pratiques, on trouve des signes variables suivant que la violence qui a accompagné l’acte coupable a été plus ou moins considérable. On observe de la rougeur inflammatoire, un sentiment de chaleur à l’anus, quelques excoriations et fissures, de la difficulté dans la marche et enfin une inflammation plus ou moins intense de la muqueuse. Comme nous l’avons déjà dit, ces signes peuvent manquer en partie et ils disparaissent en général au bout de quelques jours.

Mais si les habitudes contre nature remontent à une époque ancienne, on remarque des signes de la plus haute importance. Chez la plupart des gens adonnés depuis longtemps à des habitudes passives de pédérastie, on trouve une déformation caractéristique de l’anus, signalée pour la première fois par Cullerier, qui a eu souvent l’occasion de l’observer à l’hôpital des vénériens. Cette disposition infundibuliforme, analogue à celle que l’on rencontre à la vulve des petites filles, est produite par le refoulement de l’anus pendant l’acte contre nature et par la résistance qu’oppose le sphincter à l’intromission du membre viril. Un embonpoint trop considérable, de même qu’une grande maigreur, peuvent faire disparaître cet infundibulum et en rendre la constatation difficile, sinon impossible.

Tillaux n’attache pas beaucoup d’importance à ce signe de la pédérastie passive : le plus ou moins de résistance du sphincter est pour lui un meilleur indice. Casper le récuse complètement, mais Tardieu, qui s’est attaché à décrire ce caractère important, s’exprime ainsi : « La disposition infundibuliforme de l’anus est un signe très réel et très fréquent de la pédérastie, tellement fréquent, que je l’ai constaté 174 foissur les 197 fois où j’ai trouvé des traces d’habitudes passives. » Nous avons eu nous-même l’occasion d’observer cet infundibulum chez des marins dont les habitudes actives et passives remontaient à plusieurs années, mais nous n’avons trouvé aucune disposition spéciale du pénis.

Le relâchement du sphincter et l’effacement des plis radiés, qu’on trouve dans un bon nombre de cas, sont également des signes d’une grande valeur. On a signalé aussi la présence d’excroissances et de végétations au pourtour de l’anus ainsi qu’un boursouflement de la muqueuse. Enfin la prostitution pédéraste poussée à l’excès et pratiquée pendant un temps très long peut déterminer la production de plusieurs affeclions graves. Sans parler de la maladie vénérienne, nous signalerons l’incontinence des matières fécales, les fissures, les hémorrhoïdeset les fistules à l’anus.

Les caractères que nous venons de décrire sont propres à la pédérastie passive ; mais il en est d'autres, plus rares et beaucoup moins importants, qu’on rencontre parfois chez les hommes adonnés aux habitudes actives. Ces signes, qui ont été également signalés par Tardieu, sont contestés par beaucoup de médecins légistes et notamment par l’éminent professeur actuel de notre Faculté, M. Brouardel. Ils consistent en une gracilité du membre viril, en un amincissement progressif qui donne au pénis des pédérastes une forme pointue et effilée more canum. Tardieu avait dit également que, chez certains pédé-

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rastes, on remarquait un allongement démesuré du gland et un changement de direction du méat, de telle sorte que la verge avait subi une véritable torsion. Brouardel, qui a observé avec le plus grand soin un grand nombre de pédérastes, n’a pu confirmer les opinions de Tardieu sur ce point. Il a rencontré une certaine gracilité de la verge chez un assez grand nombre de pédérastes actif ou passifs, mais il attribue cette particularité à l’état de féminisme dans lequel se trouvent la plupart des jeunes gens qui pratiquent la pédérastie dans nos grandes villes.

En ce qui concerne la déformation infundibuliforme, Brouardel est également arrivé à des conclusions d’une grande valeur pratique. 11 a d’abord signalé ce fait capital que l’infundibulum peut être observé après un seul acte de pédérastie. Lorsqu’un attentat unique et récent a été commis sur un jeune garçon, par exemple, l’anus est tiré en haut et les fesses forment un cornet à sommet anal. Il n’y a pas, dans ce cas, déformation par refoulement habituel, et Brouardel explique l’existence de l’infundibulum par la contraction du muscle releveur de l’anus. C’est ce muscle qui tient relevé l’anus, qui l’entraîne vers le petit bassin et qui détermine la formation de l’entonnoir. L’explication fournie par l’éminent professeur est d’autant plus admissible qu’on remarque le même phénomène, non seulement après les contusions qui résultent d’un acte violent de pédérastie, mais lorsqu'il y a soit une fissure simple, soit des hémorrhoïdes enflammées et douloureuses. La crainte de l’examen, vivement ressentie chez quelques individus nerveux, augmente encore le caractère infundibuliforme de l’anus.

Dans quels cas le médecin est-il appelé à constater des traces de pédérastie. — Nous avons dit, au commencement de cet article, que la loi pénale n’atteignait pas la pédérastie. L’expertise médicolégale ne sera donc réclamée que dans les cas où l’acte contre nature aura été accompli publiquement ou compliqué de violences, de vol ou d’assassinat. Ces cas ne sont malheureusement pas rares, surtout à Paris; c’est pourquoi nous avons cru devoir donner un peu d’extension à cet article.

Quoiqu'il y ait quelques exceptions, on peut dire que presque tous les accusés appartiennent à la lie de la société. Plusieurs d’entre eux, familiarisés avec toutes les ruses, cherchent à en imposer à la justice et à induire en erreur le médecin chargé de les examiner. Ils allégueront, par exemple, l’existence antérieure de maladies, telles que fissures ou fistules à l’anus, hémorrhoïdes, etc.; ils feront valoir leur grand âge, leur liaison avec des femmes, l’existence de maladies vénériennes.

Un pédéraste écrivait à Tardieu : « Monsieur le docteur, voilà comme je suis. D’abord j’ai pris souvent des lavements pour maladies de plusieurs espèces et j’en ai pris également pour rafraîchissement d’une chaude-pisse qu’il y a environ cinq ans que j’ai attrappée, et je ne suis pas été bien guéri et je m’en sentirai tant que je vivrai, et depuis ce temps il m’est impossible d’aller au sexe. Et il s’est forme une grosseur à l’anus du côté gauche qui me vient grosse comme un œuf à chaque fois que je fais ribotte, et même à presque toutes les lunes, et Dictionnaire populaire de JIeoecine usuelle.

après cela me démange que je suis obligé d’y passer mon doigt pour me gratter; mais pour toute autre chose jamais je n'ai fait profession de rien; je suis certain de ma personne pour cela. Monsieur, vous pouvez examiner les circonstances et me sonder. »

Un autre qui prétendait que sa santé lui interdisait les plaisirs sexuels, écrivait : « Le délabrement de mon estomac et de mes organes est tel que la moindre velléité de tentation de ce genre offrirait pour moi un danger de mort. »

Un de leurs grands moyens consiste à contracter fortement les fesses pendant qu’on les examine. L’expert, qui est sur ses gardes, triomphera facilement de toutes ces manœuvres, soit par une patiente investigation, soit en prolongeant l’examen de manière à lasser l’accusé et à l’amener à se prêter volontairement à l’expertise dont il est l’objet.

Néanmoins, il ne faudra pas oublier que, dans un assez grand nombre de cas, la constatation des habitudes de pédérastie est très difficile, pour ne pas dire impossible. La circonspection et la prudence sont donc absolument nécessaires en pareil cas. Les signes que nous avons décrits plus haut n’acquièrent une importance capitale et n’autorisent la certitude qu’à la condition d’être réunis chez le même sujet. Tardieu a dit lui-même « que les signes appréciables du vice dont il s’agit, manquent souvent chez ceux qui y sont le plus adonnés. »

Casper ne partage pas l’opinion des auteurs français relativement à la pédérastie. On en jugera par les conclusions suivantes extraites du livre du légiste allemand :

1° Les signes locaux et généraux donnés par quelques auteurs comme caractéristiques de la pédérastie, ne sauraient être pris en considération, puisqu’ils ne reposent pas sur des observations authentiques, et qu’ils peuvent manquer et manquent souvent.

2° La disposition en infundibulum mérite d’être prise en considération.

3° L’effacement des plis irradiés est le plus certain parmi les signes incertains de la pédérastie.

Dr A. Lutaud.

PÉDICULE. — Nom donné en chirurgie à la partie rétrécie qui supporte la base de certaines tumeurs. p. l.

PÉDICURE. — Nom donné aux individus qui se livrent, sans aucun diplôme, à l’extirpation des corps aux pieds, œils-de-perdrix, etc., et que la justice devrait condamner pour exercice illégal de la médecine, si elle appliquait rigoureusement la loi. p. L.

PÉDIEUX. — N om donné par les anatomistes à un muscle et à une artère delà région du pied.

Le muscle pédieux, appelé aussi court extenseur des orteils, est situé sur la face dorsale du pied, et s’insère, en arrière, à la partie antérieure et externe du calcanéum, et en avant, par quatre faisceaux terminés par autant de petits tendons, aux phalanges des quatre premiers orteils. Il est extenseur des quatre premiers orteils.

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L’artère pédieuse occupe également la face dorsale du pied. C’est une branche terminale de l’artère tibiale antérieure qui part de la partie moyenne du cou-de-pied et va se distribuer à la plante du pied. p. l.

PÉDILUVE. — (V. Bains.)

PÉDONCULE. — Nom donné parles anatomistes à des cordons blancs, de volume variable, qui relient entre elles les diverses masses encéphaliques (V. Cerveau, Cervelet). p. l.

PEINTRES EN BATIMENTS ET DÉCORS. — Hygiène professionnelle. — (V. Plomb.)

PÉLADE. — (V. Teigne .)

PELLAGRE. — On donne ce nom à une affection générale caractérisée par une éruption érythémateuse qui apparaît exclusivement sur les parties du corps habituellement à découvert.

Cette maladie, inconnue en Europe avant 1020, pénétra d’abord en Espagne, puis en Italie, et de là se répandit en France vers 1820. Elle apparut d’abord dans le bassin d’Arcachon, puis dans celui de l’Adour. Peu de temps après, la pellagre fut signalée dans la Gironde et dans les Landes. Vers 1842, Th. Roussel en observa plusieurs cas à Paris. Enfin, Landouzy a signalé l’existence de la pellagre à l’état endémique, en Champagne. Depuis, des cas isolés ont été observés sur un grand nombre de points.

La pellagre a été l’objet de recherches nombreuses. On a voulu l’attribuer à un champignon, le ver/let, qui se développe sur le maïs altéré et qui produirait une véritable intoxication chez les personnes qui font usage comme aliment de la farine de maïs. Mais, des cas ayant été constatés chez des personnes qui n’avaient jamais mangé de maïs, il a fallu renoncer à cette théorie. Aujourd'hui la pellagre est regardée comme une affection générale due à des causes complexes et l’alimen talion par le maïs ne peut être incriminée qu’à titre de nourriture insuffisante et trop pauvre en principes azotés. La misère en est la cause principale. C’est, en effet, sur les populations les plus pauvres que s’observe la pellagre.

Cette maladie apparaît le plus souvent au printemps. Elle débute par des érythèmes localisés sur la face, le cou, les mains et, en général, sur toutes les parties du corps exposées aux rayons du soleil. Ces plaques érythémateuses sont le siège d’une sensation de prurit et de cuisson. Parfois, on n’observe pas de symptômes généraux, parfois, au contraire, les malades accusent une faiblesse générale, des douleurs musculaires, des vertiges et des troubles gastro-intestinaux.

Vers le mois de juillet, tous ces symptômes disparaissent. On pourrait croire à la guérison, si l’on ne savait pas qu’au printemps suivant, les mêmes accidents se manifesteront avec plus de gravité. Après plusieurs atteintes, les altérations de la peau persistent : la peau est dure, fendillée, recouverte de croûtes, et l’état des malades va en s’agravant.

Des accidents gastro-intestinaux, vomissements, diarrhées opiniâtres, affaiblissent de plus en plus le malade. On voit alors apparaître les symptômes nerveux. La démarche est chancelante, l’intelligence abolie, les sens émoussés ; les paralysies, la folie même, sous toutes ses formes, viennent clore la série, et le malade ne tarde pas à succomber aux progrès incessants de la cachexie.

La durée de la pellagre est assez longue. La « mort survient rarement avant la troisième année ».

Une bonne hygiène, une alimentation substantielle et réparatrice, telles sont les bases du traitement de la pellagre. On recommandera aux malades, déjà atteints une fois, d’éviter, au printemps, les rayons du soleil. Les bains tièdes modifient l’état de la peau et procurent un grand soulagement. Le régime lacté a donné de bons résultats. Enfin, les préparations ferrugineuses, le quinquina seront employés contre les progrès de la cachexie.

Dr Louis Thomas.

PELLETIER (capsules). — Les capsules Pelletier

sont des petites capsules gélatineuses contenant du sulfate de quinine (V. ce mot) de Pelletier, dit des trois cachets, le seul d’une pureté absolue, puisqu’il n’est autre que celui de son premier inventeur, l’illustre chimiste Pelletier, membre de l’Institut, dont la fabrique est aujourd’hui sous la savante direction de MM. Armet de Lisle. Ces capsules renferment le sulfate de quinine en nature, tel qu’il est obtenu, légèrement comprimé et conservant son aspect soyeux et cristallin, sans gomme, sucre, amidon ou poudres inertes, que l’on trouve toujours dans l’intérieui des pilules et des dragées. Elles contiennent chacune 10 centigrammes de sulfate de quinine et se délivrent en flacons de 10 à 20 capsules, soit 1 ou 2 grammes de sulfate de quinine par flacon. MM. Armet de Lisle préparent aussi des capsules de bromhydrate, de valérianate et de bisulfate de quinine, dosées également à 10 centigrammes.

Dorénavant, surtout en présence des quinines altérées et falsifiées par le mélange éhonté de 40 et bO p. 100 de quinidine, de cinchonine, etc., qu’on importe en France et qu’en 1883 on a même introduites dans la pharmacie centrale des hôpitaux, tout médecin consciencieux qui veut être sûr de la pureté de la quinine qu’il emploie, doit exclusivement se servir de la quinine Pelletier ou des trois cachets, sous forme de capsules Pelletier. En dehors de la pureté, on peut dire légendaire, du produit, ces capsules ont l’avantage précieux de masquer complètement l’amertume si désagréable et si caractéristique de la quinine, et comme elles se dissolvent rapidement dans l’estomac, le médecin n’aura plus à craindre de les voir, comme cela arrive avec les pilules et les dragées faites d’avance, durcir rapidement et traverser l’estomac et les intestins sans agir. Elles sont aussi préférables aux cachets médicamenteux qui s’avalent difficilement. Enfin, elles se conservent indéfiniment, se dissolvent plus vite, et ne sont pas attaquées par les insectes, surtout dans les pays chauds.

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Rappelons, en terminant, que chaque capsule de quinine porte, imprimé en noir, le nom de Pelletier, ce qui est encore un surcroît de garantie d’authenticité. Dr L. Saint-Antonin.

PELLETIÉRINE. — Nom donné par Tanret à un alcaloïde qu’il a découvert en 1876, dans l’écorce de grenadier et auquel est due la propriété tænifuge de cette écorce (V. Grenadier). p. l.

PELLICULE. — Nom donné à de petites lamelles épidermiques simples, qui se soulèvent et se détachent de la surface cutanée dans certaines maladies de la peau. p. l.

PELVIEN. — Non donné à la cavité du bassin, cavité pelvienne , et aux membres abdominaux qui se rattachent au bassin. p. l.

PELVIMÈTRE. — Nom donné à un instrument analogue à un compas d’épaisseur, dont les accoucheurs se servent pour mesurer les divers diamètres du bassin. p. p.

PELVI-PERITONITE. — Nom donné par Ber-

nulz et Goupil à 1 inflammation de la partie du péritoine qui tapisse les organes renfermés dans le bassin.

Les causes des pelvi-péritonites sont nombreuses : 1° l'état puerpéral (accouchement, avortement) en est la cause la plus active; 2° le traumatisme, c’està-dire les excès de coït, les fatigues insolites, les injections irritantes, les cautérisations et surtout le cathétérisme de l’utérus; 3° la blennorrhagie; 4° la tuberculose : sur 45 cas de tuberculisation des organes génitaux, Rrouardel a constaté que 22 fois le péritoine était tuberculeux.

La pelvi-péritonite s'annonce par des douleurs très vives, limitées à la partie inférieure du ventre; ces douleurs s’exaspèrent parla pression et le mouvement, et elles s'accompagnent parfois de nausées et de vomissements; il survient de la fièvre avec ou sans frisson préalable.

Le caractère principal de la pelvi-péritonite, c’est l’existence d’une tumeur située dans le cul-de-sac utéro-rectal, soit en arrière, soit sur les côtés : celte tumeur qui peut atteindre le volume du poing est très fluctuante, ainsi qu’on peut s’en assurer par le toucher vaginal combiné au palper hypogastrique; elle est formée par une accumulation de sérosité ou de pus dans le cul-de-sac du péritoine et elle se trouve enkystée par les adhérences des anses intestinales (qui, on le sait, sont tapissées par le péritoine). L’utérus est refoulé du côté opposé à la tumeur.

La pelvi-péritonite peut se terminer : 1° par résolution, terminaison assez rare; 2° par induration et passage à l’état chronique, terminaison fréquente dans laquelle les douleurs et la gène ne sont qu’assoupies, prêles à se réveiller sous l'influence du coït, de la menstruation, d’une fatigue quelconque, etc.; 3° par suppuration : le pus, après être resté longtemps enkysté, s’ouvre une voie dans le vagin, dans le rectum, etc.; l’ouverture devient fréquemment tistuleusc et la malade succombe épui-

sée par l’infection putride, la phthisie, etc. Les pelvi-péritonites de nature puerpérale suppurent presque fatalement.

La pelvi-péritonite pourrait être confondue avec une hcmatocèle rétro-utérine, soit avec un phlegmon du ligament large (V. ces mots).

Son traitement est le même que celui du phlegmon du ligament large (V. ce mot). Dr Léon Moynac.

PEL VIS. — Mot latin employé souvent par les anatomistes et les accoucheurs comme synonyme de Bassin (V. ce mot). p.

PEMPHIGUS. — Le pemphigus est une maladie de peau caractérisée par une éruption d’un ou plusieurs bulles qui se rompent facilement, laissant échapper le liquide qu’elles renferment, et sont remplacées par des ulcérations superficielles et des croûtes minces laissant après elles des taches dont la durée est plus ou moins longue.

Les causes du pemphigus sont peu connues.

Le pemphigus aigu peut être précédé pendant quelques jours de malaise et de fièvre, puis on voit apparaître sur un point quelconque de la surface du corps un certain nombre de taches plus ou moins volumineuses, du centre desquelles s’élève une bulle parfaitement semblable aux larges phlyctènes produites par un vésicatoire ou par une brûlure au deuxième degré.

L’épiderme qui la forme se déchire facilement et laisse couler le liquide citrin qui le soulevait : en ce moment la chaleur et la démangeaison diminuent notablement, il reste une tache lie de vin qui s’efface peu à peu.

Le nombre des bulles de pemphigus est plus ou moins considérable, elles peuvent se montrer sur toutes les parties du corps.

Le pemphigus aigu dure en moyenne huit à dix jours. Mais parfois la maladie passe à l’état chronique, il se fait pendant des mois et des années des éruptions successives de petites bulles laissant après elles des croûtes jaunes, grises, qui sont le siège de vives démangeaisons. Si le pemphigus est limité à une partie du corps, le malade peut vaquer à ses occupations, mais si l’éruption est générale, le travail est à peu près impossible. Quelques-uns de ces malades maigrissent, puis leurs membres s’infiltrent et ils peuvent succomber dans le marasme.

Pemphigus des nouveaux-nés. — Le pemphigus n’est pas très rare chez les nouveaux-nés; il occupe exclusivement la paume des mains ou la plante des pieds ; quelques auteurs considèrenl cette éruption comme un symptôme de syphilis; cette proposition est vraie, mais non d'une manière absolue. Quoi qu’il en soit, le pemphigus des nouveaux-nés annonce habituellement une constitution débile.

Comme traitement du pemphigus, au début, on emploiera des applications émollientes, des bains, des purgatifs légers; dès que les bulles seront formées, il faut éviter de les rompre trop vite; si les croùles qui leur succèdent tendent à se détacher, on en provoquera la chute par l’application d'un cataplasme émollient.

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Le pemphigus chronique exige, en outre, un traitement général, car il se lie fréquemment à un mauvais état de la constitution.

Le pemphîgus des nouveaux-nés devra faire recherche* les antécédents syphilitiques chez les parents. Dr Léon Moynac.

PENDAISON. — La pendaison est un acte de violence dans lequel le corps, pris par le cou dans un lien attaché à un point fixe et abandonné à son propre poids, exerce sur le lien suspenseur une traction assez forte pour amener brusquement la perte du sentiment, l’arrêt des fonctions respiratoires et la mort (Tardieu).

On croit généralement que, dans la mort par pendaison, le corps doit nécessairement être suspendu, dans une position verticale, à une certaine hauteur au-dessus du sol et loin de tout point capable d’offrir un appui aux pieds. Cette manière de voir est absolument fausse. On sait aujourd’hui que la mort par pendaison volontaire survient soit debout contre un mur et les pieds reposant à plat sur le sol, soit à genoux, soit ployé en deux, assis, accroupi ou presque couché. Les exemples de ce genre sont excessivement nombreux. Sur 174 pendus observés par Brierre de Boismont, 124 avaient à leur portée le sol ou un support quelconque, 6 s’étaient pendus dans leur lit, les genoux pliés, les pieds reposant en plein sur les matelas ; 23 étaient accroupis, à genoux, ployés en deux ; 4, après s’être accrochés aux colonnettes de leur lit, s’étaient laissé glisser à terre, et leur corps était ainsi presque parallèle au sol; 11 étaient assis ; l’un d’eux était dans un fiacre, la tête contre l’une des glaces et passée simplement dans une des ganses qui servent de poignée : il n’y avait pas d’autre lien. Marc '■apporte 1 histoire d’un individu qui s’était pendu avec son mouchoir à la fenêtre très basse de son cachot et qui avait eu le soin de se lier fortement les mains avec un autre mouchoir à l’aide de ses dents. Ce cas était certainement de nature à faire naître des présomptions d’homicide si le suicide n avait été prouvé par d’autres circonstances.

On peut donc dire qu’il n'existe pas une seule position du corps dans laquelle la mort volontaire par pendaison ne soit possible et que l’homicide par pendaison est extrêmement rare.

On croit également à tort que tous les pendus ont la face bouffie et livide, les yeux saillants et hors des orbites, la langue noirâtre, tuméfiée et sortie de la bouche, les traits contractés, le pénis turgescent, les doigts crispés, etc. Ce tableau peut être présenté par des criminels livrés au supplice ou par des individus pendus ou étranglés par des mains homicides ; mais celui qui s’est froidement suicidé présente rarement une figure bouleversée ou horrible.

La pendaison peut déterminer deux ordres de phénomènes très différents; ceux de l’apoplexie ou ceux de 1 asphyxie, et souvent même les uns et les autres existent simultanément. Ces différences résultent surtout de la manière dont la corde a été placée. Si le cou n’est pas comprimé circulairement et si la corde est placée sur le cartilage thyroïde, 1 asphyxie se produira lentement et déter-

minera lentement l’apoplexie. Si le lien est appliqué au-dessus de l’os hyoïde, entre le menton et le larynx (ce qui arrive dans la grande majorité des cas), les parties molles refoulées en arrière ferment l’ouverture du larynx et l’individu périt rapidement asphyxié.

La turgescence du pénis est presque constante chez les pendus; mais on observe rarement une véritable érection suivie d’éjaculation, et ces phénomènes ne sont pas propres à la pendaison.

Les autres lésions qu’on trouve exceptionnellement sont les fractures de l’os hyoïde, du larynx, la luxation des vertèbres cervicales. Ces désordres étaient surtout observés à la suite des exécutions capitales parce qu’on tournait la corde.

D’après Blanchard, le meilleur signe que la suspension aurait été opérée pendant la vie serait la présence dans le tissu cellulaire profond, au niveau du sillon laissé par le lien constricteur, entre le muscle et les vaisseaux, de sang extravasé, coagulé, fortement adhérent, que la macération et le lavage n’enlèvent pas. Ce signe a de la valeur; mais il peut également se produire après la mort.

Signes de la pendaison. — A. Signes externes.— Il est généralement admis aujourd’hui comme un fait incontestable que dans le plus grand nombre des cas de pendaison il n’y a pas d’ecchymoses; qu’il n’y a, en général, ecchymose que lorsque, à la suspension, se joignent quelques violences, ou bien lorsque l’individu s’est pendu avec un lien très long et s’est précipité d’un lieu élevé (Devergie, Tardieu, Briand et Cliaudé). Les auteurs qui ont admis l’ecchymose ont considéré comme telle la couleur brunâtre que présente la peau dans le sillon produit par la constriction.

C’est au cou qu’existe la lésion principale; elle varie suivant le nombre de tours, suivant la grosseur et la nature du lien. Les sillons sont d’autant plus étroits et plus profonds que le lien est moins volumineux.

Il y a à considérer dans le sillon, la situation, la forme, la direction et l’aspect.

Il est situé au-dessus du larynx dans les quatre cinquièmes des cas; sur le larynx dans l’autre cinquième. On a trouvé deux fois le lien au-dessous du larynx. -Ai-n

La forme du sillon est très importante. Elle est parabolique; c’est un fer à cheval dont la trace est très marquée en avant, moins sur les côtés; elle cesse au-dessous des oreilles et elle est nulle en arrière. Pour que le sillon soit circulaire, il laut que le pendu ait serré la corde avant de se pendre ou qu’il ait fait plusieurs tours.

La direction du sillon se rapproche presque de l’axe du corps.

Nous venons de voir que l’aspect du sillon n’est pas une ecchymose comme dans l’étranglement. Si l’on examine la peau du cou immédiatement après la pendaison, on n’observe d’abord aucun changement de couleur, mais lorsque la suspension remonte à plusieurs jours le sillon est brun, parcheminé, et limité par deux autres sillons bleuâtres ou violacés. En disséquant cette peau parcheminée on trouve le tissu cellulaire sous-jacent tassé et d’un aspect brillant et argentin. Les

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muscles sterno-mastoïdiens sont déprimés par le lien.

Cet état de la peau et du tissu cellulaire est le résultat de la dessiccation de la peau sous l’influence de l’air; ce sont des phénomènes purement physiques qui ne sauraient constituer un signe certain de la mort par pendaison. Ils ne sont pas constants, ne se manifestent pas immédiatement après la mort et peuvent être produits sur un cadavre par la constriction.

15. Signes internes. — Ce sont les plus importants et c’est surtout par l’examen des poumons et du cœur qu’on peut reconnaître les signes caractéristiques de la suspension.

La muqueuse du larynx et de la trachée présente une coloration rosée; l’écume est beaucoup moins fréquente que dans la strangulation et la suffocation, mais elle est plus épaisse et plus adhérente.

Les poumons sont engoués, emphysémateux sur certains points et présentent une coloration noirâtre sur les parties déclives; cette coloration résulte de la stase sanguine produite par les lois de la pesanteur. Le cerveau contient également du sang sur les parties déclives si la tête reposait sur le sol. La congestion de l’organe est presque constante.

Si la suspension a déterminé la mort par apoplexie, les deux ventricules du cœur contiennent du sang, le droit comme le gauche. Si la mort a eu lieu par asphyxie, les cavités gauches du cœur sont vides de sang, tandis que les cavités droites et les gros vaisseaux en contiennent en plus ou moins grande quantité. On n’a jamais observé d’ecchymoses sous-péricardiques; le sang est très fluide et l’on trouve rarement quelques caillots dans le cœur.

L'expert qui aura à se prononcer dans un cas où la pendaison aura donné lieu à des présomptions d’homicide cherchera d’abord à établir si la pendaison a eu lieu pendant la vie ; il notera la nature et la longueur du lien, la forme, le nombre et la direction des sillons, puis toutes les circonstances qui ont accompagné l’accident. Il importe de savoir que, s’il est possible d’étrangler un homme avec les mains, il est plus difficile de l’étrangler avec un lien et presque impossible de le pendre, sauf les enfants, les imbéciles et les gens paralysés. La pendaison homicide exige le concours de plusieurs individus : on doit donc supposer une lutte et rechercher les traces de la résistance opposée par la victime, telles qu’égratignures, ecchymoses, blessures, luxations, fractures des doigts, etc.

D' A. Lutaud.

PÉNIS. - (V. Verge.)

PENSÉE SAUVAGE. — La pensée sauvage, appelée aussi herbe de la Trinité , pensée tricolore, est une plante annuelle bien connue, de la famille des Violariées, que l’on trouve en grande abondance dans les champs où elle croît naturellement et qu’on cultive dans les jardins, dont les feuilles et les fleurs desséchées, douées d’une légère amertume, servent à préparer une infusion et un sirop

employés comme sudorifiques, antiscrofuleux et antiherpétique , et dont la racine est légèrement émétique à la dose de 2 à 4 grammes. p. l.

PEPSINE. — La pepsine est la matière organique du suc gastrique, sécrétée par les glandes à pepsine qui occupent toute la surface muqueuse de l’estomac, et dont le nombre est considérable. Elle joue un rôle fondamental dans l’acte complexe de la digestion (V. ce mot) et elle attaque les aliments azotés ou albuminoïdes, tels que viandes, œufs, poissons, gluten, caséine, etc., les dissout, les digère et les transforme en une substance soluble, assimilable appelée peptone (V. ce mot), qui est alors apte, après avoir subi l’action du suc pancréatique dans l’intestin, de se répandre dans la circulation par les veines et les tissus, pour y former le sang et la chair qui sont les sources de la vie.

Découverte parSchwann en 1836, la pepsine, qui occupe aujourd’hui une place des plus importantes dans le traitement des affections des voies digestives, n’a été introduite dans la thérapeutique qu’en 1834, époque où 1 éminent chimiste Boudault réussit, le premier, à l’isoler du suc gastrique de l’estomac des moutons, sous une forme à la fois | pratique et inaltérable. Le Dr Corvisart en fit aussitôt l’essai clinique, se fondant sur ce principe qu’un grand nombre de troubles de la digestion étant dus à l’insuffisance de sécrétion de la pepsine ou à son altération, il était rationnel de suppléer à la pepsine faisant défaut par la pepsine animale qui est en tous points identique a celle de j l’homme. Les travaux de Boudault et Corvisart furent couronnés par l’Institut.

La pepsine animale, extraite à l’état pur de 1 estomac des moutons, à l’aide de procédés spéciaux j très délicats, qu’il serait trop long d expliquer ici en détail, la pepsine animale, dis-je, se présente sous la forme d’une poudre blanc jaunâtre, visqueuse, d’une odeur forte de fromage, dune saveur nauséeuse amère, très soluble dans 1 eau, la ; glycérine, le vin et les liqueurs alcooliques faibles. | Elle est facilement altérable à l’air humide et ne se conserve indéfiniment que dans des flacons bouchés hermétiquement.

Elle possède au même degré que la pepsine con- . tenue dans le suc gastrique de l’homme, moyennant l’intervention d’un acide (acide chlorhydrique, lactique, tartrique, etc.), la propriété d’opérer la dissolution de la fibrine et des matières albuminoïdes (viande, bœuf, poisson , gluten, caséine). Chacun peut s’en assurer au moyen d'une expérience très facile. Il suffit de mettre de la pepsine en contact avec de la viande et de leau acidulée

Pensée sauvage.

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avec un des acides cités plus haut, à une température de 40° (température de l’estomac), pour voir la viande se digérer exactement comme cela arrive dans l’estomac. Même dans de l’eau à la température ordinaire et sans acide, la pepsine attaque la viande et la digère en partie.

La pepsine trouve donc son indication dans tous les cas où la sécrétion du suc gastrique et de son acide est diminuée, soit dans sa quantité, soit dans sa qualité, soit dans ses deux modes à la fois. Lorsque sa quantité est moindre, la pepsine et l’acide du suc gastrique deviennent insuffisants à opérer la dissolution des matières ingérées, et une partie des aliments passent dans le tube intestinal et dans les selles sans avoir reçu une élaboration complète. Lorsque c’est la qualité de la sécrétion gastrique qui est altérée, la digestion se ressent de l’insuffisance de l’un ou des deux éléments principaux qui manquent. Enfin, lorsque la quantité et la qualité de la sécrétion ne sont plus normales ou font presque complètement défaut, il n’y a plus de digestion possible et le sujet maigrit très rapidement et dépérit, malgré les quantités normales d’aliments qu’il avale chaque jour.

Bon nombre de médecins, ainsi que l’a fort judicieusement écrit notre collaborateur et ami Marc Camboulives, ne se pénètrent pas encore assez du rôle physiologique de la pepsine; ils prescrivent quand même des aliments à des estomacs qui ne peuvent les supporter , parce qu’ils ne renferment pas le ferment nécessaire à leur tranformation en nutriment s, pour parler le langage de Corvisart, c’est-à-dire en substances assimilables. Qu’arrive t-il alors? C’est que ces produits sont chassés au dehors par les vomissements ou par les selles sans avoir servi à la nutrition. Il est donc urgent, dans toutes les altérations de sécrétion du suc gastrique, de prescrire de la pepsine, si l’on veut que les aliments soient digérés et assimilés.

Les indications de la pepsine sont donc nettes et précises. Elle est souveraine contre les dyspepsies stomacales putrides. Elle convient admirablement aux individus dépourvus d’appétit, dégoûtés des aliments, qui digèrent mal, dont l'estomac gonfle, se ballonne et devient douloureux à la moindre pression; qui, en sortant de table sont disposés à la somnolence, à des congestions de la face, à des migraines violentes, accompagnées de renvois et de vomissements.

Elle doit être recommandée aux individus atteints de dyspepsie liée à un excès de travail, à des veilles prolongées, à une vie sédentaire, etc. Elle rend des services remarquables dans la dyspepsie des chlorotiques, des anémiques, des phthisiques, des diabétiques, des cancéreux, en régularisant les digestions, et en faisant supporter les toniques. On l'a vue aussi amener la cessation des vomissements incoercibles chez les femmes enceintes, lorsque ceux-ci tiennent à un défaut de sécrétion du suc gastrique. Barthez, et après lui presque tous les médecins qui s’occupent de pathologie infantile, l’ont administrée avec succès contre l’apepsie des entants. Entin la pepsine trouve son indication chez les individus convalescents d’une longue maladie, dont l’estomac rendu paresseux par une diète

prolongée, ne sécrète que difficilement et insuffisamment le suc gastrique.

La pepsine se dose à la dose de 50 à 75 centigrammes ou 1 gramme après chaque repas. Parmi les préparations de pepsine les plus recommandables et aussi les plus usitées, nous citerons d'abord la première en date, celle qui a servi à établir d’une façon indiscutable les précieuses propriétés de ce médicament, la pepsine Boudault (V. Boudault), pure ou mélangée d’amidon ( pepsine amylacée) qui s’administre en poudre, en vin, en élixir ou en pastilles; la pepsine Ch'ipotaut ( \.Çha potmd), enfermée, pure et sans mélange, dans de petites capsules gélatineuses dosées à 20 centigrammes; la pepsine Catülon (Y. Catillov), que ce pharmacien prépare sous forme d’élixir à la glycérine. On peut aussi, dans des cas spéciaux, avoir recourt à l'élixir eupeptique de Tizy, dans lequel la pepsine est associée aux deux autres ferments digestifs : la diastase et la pancréatine.

Dr Paul Labarthe.

PEPTONES. — Lehmann a donné le nom de peptone à un liquide qui est le résultat de la transformation, pendant la digestion, des aliments albuminoïdes par les sucs gastrique et pancréatique, et qui est destiné à être absorbé et à reconstituer et renouveler nos tissus. C’est là la peptone physiologique ou naturelle.

Beaucoup d’individus, par suite du défaut de sécrétion d’une quantité suffisante des sucs gastrique et pancréatique, ne peuvent arriver à opérer cette transformation des aliments albuminoïdes en peptones, et par suite ne se nourrissent plus qu’imparfaitement et dépérissent. A ces malades, pour les aider à digérer, on donne la pepsine et la pancréatine depuis qu’elles ont été introduites dans la thérapeutique, la première, par Boudault; la seconde, par Defresne. Mais, pepsine et pancréatine nécessitent encore une participation active de l’estomac et de l’intestin, et beaucoup de malades ne voulaient ou ne pouvaient pas se résoudre à avaler la quantité de substances nécessaires à l’alimentation.

C’est alors que, pensant aux peptones physiologiques, on se demanda s’il ne serait pas possible de fabriquer des peptones artificielles, jouissant des mêmes propriétés que les peptones physiologiques, qu’on administrerait aux malades et qui les nourriraient aussi bien, sans le concours actif des organes digestifs.

Passant de l’idée au fait, on fabriqua des peptones artificielles. En France, ces peptones sont de deux sortes: V&peplone pepsique et la peptone pancréatique.

La peptone pepsique est obtenue par le procédé suivant : on prend 1 kilogramme de viande de bœuf, débarrassée des parties grasses et tendineuses, et finement hachées que l'on met à digérer, à la température de 45 degrés, pendant 12 heures, avec 7 litres d’eau acidifiée par 20 grammes d'acide chlorhydrique pur et 5 grammes de pepsine pure digérant 2ü0 fois son poids de fibrine. Le mélange, d'abord à l’état de bouillie, se fluidifie peu à peu. Après 12 heures de digestion on filtre. La peptone

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ainsi obtenue a une couleur jaune foncé, une odeur légère et une saveur acidulé rappelant le bouillon.

La peptone pancréatique est obtenue à l’aide de la pancréatine, suc desséché du pancréas, et qui, dans l’intestin grêle est chargée de liquéfier le pain, d’émulsionner la graisse et de peptoniser la viande sans le secours de l’acide chlorhydrique, en un mot, de transformer tous les aliments qui ont échappé à l’action de l’estomac. Voici le procédé de Defresne : 11 prend 100 kilogrammes de viande de bœuf débarrassée des parties grasses et tendineuses, et finement hachée avec 3 parties d’eau tiède et 1 kilogramme de pancréatine. La viande change d’aspect, se désagrège et se dissout; on obtient ensuite par filtration un liquide savoureux, dont le goût rappelle le consommé.

Ces diverses peptones artificielles ont été l’objet d’expériences entreprises sur les animaux d’abord, puis sur l’homme, par Defresne, Potain, Catillon, Dujardin-Beaumets, Daremberg, Chapotaut, Pelletan, etc., pour ne parler que des français, qui ont nourri d’abord des animaux, pigeons chiens, etc., avec des peptones, et ont constaté qu’ils gagnaient en poids. Ce qui prouve pertinemment que l’organisme se nourrit et se reconstitue à l’aide des peptones artificielles sans le secours de l’estomac ni des intestins, ni des sucs digestifs. Ces messieurs ont ensuite essayé les peptones sur l’homme. J1 les ont administrées par la bouche chez certains malades, en lavement chez d’autres; et ces malades ont été nourris, ont augmenté de poids. Daremberg, entre autres, cite le cas d’un homme atteint de rétrécissement organique de l’œsophage ne permettant le passage d’aucun aliment, à qui il fit administrer chaque jour trois lavements depeptone précédés d’un petit lavement laudanisé, et qui vécut ainsi 14 mois, engraissant légèrement, marchant et écrivant. 11 est donc bien démontré que les peptones ont une grande puissance nutritive, qu’elles sont facilement absorbées, qu’elles assurent la nutrition avec augmentation du poids du corps et que le résultat est le même, soit qu’on les administre par la bouche, soit qu’on les donne en lavement.

On conçoit donc de quelle ressource sont les peptones en thérapeutique, et quels immenses services elles rendent aux malades atteints de gastrite chronique, de dyspepsie gastro-intestinale, d’entérite chronique, d’ulcère ou de cancer de l’estomac, de rétrécissement de l’œsophage, de phthisie, d'anémie profonde, d’épuisement prématuré.

Ajoutons, de plus, que d'ordinaire lorsque les organes digestifs sont fatigués, leur énergie se réveille sous l’influence des peptones, l’appétit réparait et la nutrition devient plus complète.

Les principales peplones employées sont la peptone Catillon et la peptone Chapotaut préparées avec la pepsine, et la peptone Defresne, préparée avec la pancréatine. Quant aux différentes formes sous lesquelles on les administre, et aux doses qui conviennent suivant les cas, nous prions le lecteur de se reporter aux articles consacrés à ces produits spéciaux (V. Catillon, Chapotaut, Defresne ).

Dr Paul Lababwüe.

PERCHE. — La perche est un poisson vert brun sur le dos qui est garni de piquants, avec de larges bandes verticales noirâtres, doré sur les flancs, à nageoires ventrales et anales rouges, tandis que la première nageoire dorsale a une marque noire, dont le poids ne dépasse guère 1 kilogramme 1/2 à 2 kilogrammes. Elle vit dans les eaux douces et est très commune dans les étangs, les lacs et les rivières, où elle se nourrit de vers, de têtards de grenouilles, et surtout de poissons plus petits qu’elle. Sa chair est blanche, tendre, ferme, d’une saveur délicate, très nourrissante, et se digère facilement. La perche des lacs et des rivières est de beaucoup préférable à celle des étangs, qui sent presque toujours la vase. La perche du Rhin est la pius estimée. Ce poisson se mange, suivant la grosseur, frit, grillé ou en court-bouillon. p. l.

PERCHLORDRE DE FER. — Le perchlorure de fer est un sel brunâtre, volatil, déliquescent, d’une saveur excessivement astringente , d’une solubilité très grande dans l’eau, l’alcool, l’éther. En médecine et en chirurgie, on ne se sert pas du perchlorure de fer à l’état solide à cause de sa trop facile altération. On en prépare des solutions aqueuses plus ou moins concentrées dont la plus forte marque 45 à 50° à l’aréomètre de Baumé, elle est meilleure comme cathérétique ou topique local sur les verrues, les cancroïdes, ou pour arrêter les hémorrhagies produites parles plaies, les piqûres de sangsues. Mais la solution que le Codex recommande et qui se trouve dans toutes les pharmacies ne dépasse pas 30° avec une densité de 1,26; cette solution normale, de couleur brun rougeâtre, sert de base à tous les médicaments au perchlorure de fer employés. Quelquefois pourtant il est bon de se servir d’un titre muins élevé, on ajoute alors de l’eau distillée en quantité suffisante pour faire descendre la solution à 25,20,15, jusqu’à 10° Baumé.

Appliquée avec une pinceau une ou deux fois par jour sur des chancres, des végétations, des tumeurs érectiles, des cancroïdes, la solution forte au perchlorure de fer constitue un excellent cathérétique capable de détruire rapidement les tumeurs morbides, de neutraliser sur place les virus infectants. Injectée dans les trajets fistuleux, portée sur les surfaces atteintes d’angine maligne, diphthéritique ou gangréneuse, la solution normale du Codex cicatrise les premiers, cautérise les secondes au point de momifier les pellicules couenneuses et les eschares, sans porter atteinte profondément aux parois vivantes. Appliquée sur une muqueuse, la solution aqueuse à 30 degrés y détermine une astriction considérable parfois suivie d’inflammation. Mise sur une plaie suppurante ou saignante, elle resserre les tissus, fait contracter les vaisseaux, neutralise le pus, coagule le sang épanché, s’oppose à l'infection putride et aux hémorrhagies capillaires. On emploie aussi le perchlorure de fer pour arrêter les piqûres de sangsues et les hémorrhagies externes produites par l’ouverture de quelques petits vaisseaux dont on ne peut faire la ligature ou la torsion. A cet effet, on trempe des boulettes de charpie dans du perchlorure, on les essuie ensuite en les pressant fortement entre deux

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ou trois plis de linge et on les applique sur la piqûre de sangsue ou la plaie, en les comprimant pendant un quart d’heure ou plus, si cela est nécessaire. On emploie aussi le perchlorure à l’extérieur dans certaines maladies de peau, telles que le psoriasis, le lichen, l’eczéma, le rupia, l’ecthyma, les ulcères syphilitiques ou scrofuleux, après la période aiguë, sous forme de pommade.

Perchlorure de fer 1, 2 ou 3 grammes.

Axonge 30 —

ou bien des lavages :

Perchlorure de fer 1, 2 ou 3 grammes.

Eau 30 —

On a aussi pratiqué des injections de perchlorure de fer dans les anévrysmes, les varices, les tumeurs érectiles pour en amener la guérison.

Introduite dans l’estomac, la solution normale de perchlorure de fer détermine sur la muqueuse une irritation caustique. Aussi ne l’emploie-t-on qu’étendu d'eau ou dans une potion. La dose moyenne par jour est de 1 à 3 et même 4 grammes pour les diverses affections hémorrhagiques internes, l’hémoptysie, la gastrorrhagie, la métrorrhagie, l’uréthrorrhagie, etc. D' marc. Camboulives.

PERCUSSION. — Nom donné à un mode spécial d’exploration employé en médecine, à l’aide duquel on peut reconnaître les lésions des organes placés dans les cavités profondes du corps, par les sons que rendent ces cavités lorsqu’on les percute. Découverte par Avenbrugger et mise en lumière au commencement de ce siècle par Corvisart, puis par le professeur Piorry, la percussion peut être immédiate ou médiate.

La percussion immédiate est celle que l’on pratique directement sur la surface de la région à explorer, à l’aide des quatre doigts de la main droite, réunis sur une seule ligne, le pouce étant placé dans l’état d’opposition à la réunion de la deuxième et de la troisième phalange de l’index. On frappe la partie à explorer avec la portion pulpeuse du bout des doigts, perpendiculairement, légèrement et en les relevant aussitôt après qu’ils ont porté.

La 'percussion médiate consiste à interposer un corps solide, de nature variable, mais bon conducteur du son, entre les doigts qui percutent et la partie percutée. On a souvent recours à un doigt de la main gauche, l’index ou le médius, appliqué à plat sur la surface à explorer, sur lequel on frappe avec la pulpe de l’extrémité des doigts de la main droite, comme dans la percussion immédiate. On se sert aussi d’une petite plaque d’ivoire appelée plessimètre (V. ce mot).

La percussion est surtout employée pour l’exploration de la poitrine, de l’abdomen et des organes renfermés dans ces cavités. Elle est un excellent adjuvant de Y auscultation (V. ce mot). On a plus souvent recours à la percussion médiate qu’à la percussion immédiate. Dr Paul Labarthe.

PERDRIX. — La perdrix, oiseau de la famille des Gallinacées, dont on connaît surtout deux variétés, la perdrix grise, commune dans toute la France, et

la perdrix rouge, plus grosse et plus estimée, qu’on rencontre dans l’Anjou, le Poitou, la Saintonge et la Gascogne, est un gibier très estimé que Te n sonel n’a pas craint d’appeler «la poésie des festins.» Sa chair, ferme mais tendre, délicate, d’un goût lin et d’un fumet agréable, constitue un aliment facile à digérer, lorsque la perdrix est jeune et qu’on la mange rôtie et non faisandée. Vieille, la perdrix devient dure, coriace, et beaucoup moins succulente. Elle peut alors faire un excellent bouillon, très agréable au goût, que certaines personnes préfèrent même au bouillon de poulet. La perdrix préparée en salmis, aux choux et en pâté, est d’une digestion difficile et ne convient pas aux individus atteints de dyspepsie. p. p.

PERFORANT (mal). — On donne ce nom à une destruction spontanée et lente (ulcère) du derme, marchant de la face superficielle à la face profonde, et siégeant presque uniquement au niveau des articulations métatarso-phalangiennes.

Le mal perforant se rencontre principalement chez les adultes. On ne connaît qu’un très petit nombre d’exemples de cette affection chez la femme; on a même longtemps nié son existence dans le sexe féminin. Elle paraît causée par la pression qu’exercent les chaussures sur les saillies osseuses, par le défaut de soins de propreté : en effet, on ne l’observe guère que chez les indigents. La cause prédisposante du mal perforant paraît être une lésion athéromateuse des artères, ce qui donnerait au mal perforant un certain rapport avec la gangrène sénile. Sans nier l’influence de cette dégénérescence des vaisseaux, le D1 Maurel, dans sa thèse

inaugurale sur Y anatomie et la physiologie pathologiques du mal perforant (Paris, 1871), insiste surtout sur les lésions osseuses des phalanges, qui accompagnent le mal plantaire, dans la grande majorité des cas. Quoi qu’il en soit, on peut dire que cette étiologie est encore fort obscure, et que de nouvelles recherches sont nécessaires avant qu’on puisse se prononcer sur ce point.

Le mal perforant débute par un épaississement de l’épiderme, un durillon; puis l’épiderme est soulevé par un liquide séro-sanguinolent , qu il

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laisse échapper au dehors ; la couche superficielle, étant ainsi détruite, laisse à nu le derme qui, rougeâtre, produisant une sécrétion continue de liquide puriforme, s’ulcère à son tour. L’ulcère, entouré par un bourrelet épidermique plus ou moins étendu, mais toujours dur et épais, est rouge, villeux. Si on l’explore au moyen du stylet, on ne cause pas de douleur; quelquefois, on rencontre au fond de l’ulcère un trajet fistuleux qui s’enfonce plus profondément; on reconnaît alors que les os sont malades; ils paraissent friables et se laissent facilement pénétrer par un instrument pointu.

Le mal persiste à cette période pendant un certain temps, qui est variable suivant les précautions prises par les malades. Mais il fait toujours des progrès, quel que soit son aspect extérieur, et ces progrès s’accomplissent surtout du côté des os et des articulations. Celles-ci sont ouvertes et deviennent fongueuses. Des cas semblables réclament nécessairement l’amputation.

Il ne faut pas confondre le mal perforant avec les eschares de la gangrène sénile qui se montrent dans quelques cas; cette dernière est souvent héréditaire, peut s’accompagner de la gangrène d’une partie ou de la totalité d’un orteil, et marche plus vite. L’ulcère syphilitique accompagne d’autres lésions syphilitiques ; ses bords sont nettement découpés; il guérit sous l’influence d’un traitement mercuriel.

Enfin, on peut être embarrassé par une fistule ayant succédé à l’inflammation d’une bourse séreuse. Ordinairement, cette dernière lésion ne s’accompagne pas de callosités.

Le pronostic de cette affection est assez grave, en raison de la fréquence des récidives et des moyens chirurgicaux auxquels on est souvent .obligé d’avoir recours.

Le traitement consiste à enlever le durillon, en intéressant un peu le derme en même temps; on cautérisé ensuite la plaie avec le nilrate d'argent ou le fer rouge. Les applications de teinture d’iode ont. donné de bons résultats. Pendant toute la durée du traitement, il est nécessaire que le malade garde le repos absolu au lit, et observe de grands soins de propreté. Nous avons vu que, lorsqu’il y a lésion des articulations, il faut amputer. Quand le mal perforant siège, comme cela est le plus fréquent, au niveau de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil, on enlève celui-ci, en réséquant, si elle parait malade, la tète du premier métatarsien. [>r J.-A. FonT.

PERFORATION. — Nom donné en pathologie à des ouvertures accidentelles consécutives à une lésion externe ou à une maladie interne des organes contenus dans les cavités thoracique et abdominale,

principalement le poumon, l’estomac et l’intestin. Une perforation est une complication toujours très grave, souvent mortelle. p. l.

PÉRICARDE. — Le péricarde est une sorte de sac membraneux clos recouvrant toutes les parois du cœur. Il recouvre aussi la portion antérieure et inférieure des vaisseaux qui en partent. Il

Fig. 1027.

Coupe (le la région pectorale destinée à montrer la disposition du péricarde, des plèvres et des poumons.

6. Péricarde. — 1. Poumon gauche, lobe supérieur. — 2. Poumon gauche, lobe inférieur. — 3. Poumon droit, lobe supérieur. — i. Poumon droit, lobe moyen. — 5. Poumon droit, lobe inférieur, — 7. Adossement des plèvres, médiastin antérieur. — 8. Veine cave supérieure. — 9. Veine sous-clavière gauche. — 10. Veine sous-clavière droite. — 11. Veine jugulaire interne droite. — 12. Veine jugulaire interne gauche. — 13. Carotide primitive droite. — 11. Corps thyroïde. — 15. Nerf diaphragmatique. — 16. Coupe du feuillet pleural gauche.

— 17. Coupe du feuillet pleural droit. — 18. Diaphragme.

— 19. Septième côte. — 20. Muscle transverse de l’abdomen .

— 21. Ligne blanche.

est formé, comme toutes les membranes séreuses, par deux feuillets : l’un pariétal, l’autre viscéral. Il est constitué par deux couches, l’une externe, l’aulrc interne. Cette dernière sécrète un liquide destiné à faciliter leur glissement (V. Cœur), p. l.

PÉRICARDITE. — On désigne sous ce nom l’in-

Dictionnaire polclaire de Médecine usuelle.

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