‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 188 sur 344 · PH T · texte numérisé non relu

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chaque matin, boire le sang des animaux qu’on vient d'abattre. Otte médication n’a pas grande valeur. J’en dirai autant de la laitance de hareng saur et de l’escargot, remèdes très usités dans la campagne.

Ce qu’il faut au phthisique, dit Debove, ce n’est pas « l’alimentation qui entretient, mais la suralimentation qui modifie ». Malheureusement, l’anorexie constitue parfois un obstacle insurmontable contre lequel tous les efforts viennent s’échouer. A peine les aliments ont-il pénétré dans la bouche que le malade, saisit d’un dégoût invincible, les rejette aussitôt. Aujourd'hui l'alimentation artificielle, grâce à la méthode Debove, nous permet de lutter avec succès contre l’anorexie. Après avoir introduit dans l’estomac le tube de Faucher (V. Suralimentation), Debove verse le mélange alimentaire. Ce mélange se compose de viande crue ou mieux de poudre de viande (100 à 200 gr.), de 4 ou 5 œufs et d’un litre de lait. Plus tard, lorsque l’anorexie a disparu, les malades arrivent à prendre sans dédégoût de la poudre de viande [poudre de Catillon) délayée dans du lait et aromatisés avec une essence quelconque. On peut faire prendre ainsi, en quatre ou cinq fois, dans les vingt-quatre heures, une quantité de poudre de viande représentant un kilogramme de viande. La suralimentation est indiquée chez tous les phthisiques qui ont peu de fièvre et dont les lésions pulmonaires ne sont pas trop profondes.

Bon nombre de médecins préfèrent avoir recours aux préparations de peptones (peptone pepsique de Chapoleaut, peptone Catillon, peptone pancréatique Defresne, etc.), qui nourrissent les malades sans leur occasionner aucune fatigue de l’estomac ni de l’intestin.

De l'influence des climats. — Lorsque la phthisie pulmonaire n’est encore qu’à l’état de menace, ou que les lésions ne sont qu’à leur déçut, on chni'iia des stations à altitude élevée, comme les plateaux de la Suisse ou du Tyrot. Un a établi, a Saint-M iritz, une station des plus tl lissantes. La température m lyonne de limer est de —7° Cotte station ne peut convenir qu'aux phthisiques dont l’affection suit une marche essentiellement chronique. Les phthisiques, atteints de lésions déjà avancées, choisiront, au contraire, les stations de plaine, où la température ne subisse pas de brusques var allons. Parmi ces stations, nous citerons l’Algérie, Cannes, Menton, Nice, ilyeres, Pau, etc. La phthisie compliquée de liev re et d’hémoptysies se trouvera mieux des climats doux et pluvieux comme Pise et Madère.

L 'hydrothérapie est indiquée par certains auteurs comme un excellent moyen thérapeutique. Mais il faut être réservé dans l’emploi des douches. Il vaut mieux avoir recours aux bains tièdes qui, d’après Lasègue, diminuent les sueurs nocturnes, excitent l’appetit et calment l’agitation nerveuse de certains phthisiques.

On a longtemps discuté l’influence de l'air maritime sur la phthisie. Si l’ulilite des voyages sur mer est contestable, il faut reconnaître q e l’air m iri il est un excitant des fonctions digestives et que, par suite, il peut exercer une inlluence favorable.

De l’hygiéne domestique. — Quel que soit le climat, le phthisique choisira une demeure exposée à une bonne orientation. Sa chambre à coucher doit être spacieuse et surtout bien aérée. Il évitera ces alcôves, soigneusement entourées de tentures et d épais rideaux où, dit Peter, il est interdit à l’air d’entrer comme à l’espérance, et où l’odeur vireuse de l’opium, celle des tisanes et les émanations fétides des sueurs, des crachats et des déjections, constituent un ensemble horriblement repoussant.

Le phthisique doit éviter avec soin de se refroidir; il portera des gilets de flanelle, se couvrira soigneusement le cou et les épaules. Ses vêtements seront larges afin que la respiration soit aussi aisée que possible.

Le phthisique doit-il se marier? — On comprend

aisément toutes les raisons qui doivent empêcher le phthisique de se marier. Qui n’a pas vu, autour de soi, de ces unions malheureuses où l’un des conjoints, atteint de phthisie, transmet à l’autre le mal auquel ils succomberont tous deux? Les exemples de transmission matrimoniale sont en effet, très fréquents. Les uns y voient le résultat de la contagion, les autres invoquent, pour expliquer ces faits, les peines morales et physiques, le chagrin et les longues veilles imposées par la maladie de l’un des époux. Enfin si la phthisie survient après le mariage, du jour où elle sera reconnue, les deux époux devront éviter de partager le même lit; car, si l’on refuse d’admettre la contagion, il faut reconnaître que les sueurs profuses du malade, sa toux incessante, l’air souillé par le contact répété de ses poumous ulcérés, constituent des conditions hygiéniques déplorables pour la personne qui cohabite avec un phthisique.

Enfin, il est un dernier point qu’il ne faut pas oublier dans le traitement de la phthisie : c’est de soutenir le moral du malade. Le plus souvent on n’aura qu’à l'entretenir dans les illusions qu’il se lait. Mais, il an iveru parfois que le ma heureux phtliis que, qui a vu tomber autour d1 lui la plupart de ses parents, se sentant frappé du même mal, redoute le même sort. C’est alors qu’on devra s’efforcer de le consoler en le trompant.

Dr Louis Thomas.

PHTHISIE LARYNGÉE. — La phthisie laryngée e-t une des nianil’esialions les plus fréquentes de la phthisie pulmonaire. D’après Ileinze, on la rencontre trente fois ?ur cent ca> de phthisie.

On peut distinguer deux phases dans l'évolution anatomique de cette affection. La première est caractérisée par la production de granulations tuberculeuses, la seconde par la fonte de ces granulations qui donnent naissance à des ulcérations n’avant aucune tendance à se cicatriser. Dans cette seconde période, ce n’est pas seulement la muqueuse qui s’ulcère, mais les ligaments, les muscles, les cartilages se détruisent: le larynx tout enli r semble envahi par la suppuration.

Pendant la première période les symptômes sont peu accusés. Ils consistent surtout en un enrouement pei sistant, plus accentué à la suite d une fatigue ou d’une vive émotion et pouvant aller

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