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Le début brusque consiste en une dyspnée avec oppression extrême et une violente douleur de côté. — La dyspnée est due à la suppression brusque d’un poumon qui s’affaisse aussitôt que l’air a pénétré dans la plèvre. La douleur résulte de la perforation et de l’inflammation suraiguë de la plèvre.
Le début lent est celui du pneumothorax consécutif à une pleurésie chronique; il n’y a alors ni douleur, car la plèvre était déjà enflammée, ni dyspnée subite, car le poumon était déjà comprimé par l’épanchement, et l’accès de l’air n’a guère changé sa condition.
Souvent le côté malade est dilaté et reste immobile pendant l’inspiration; mais cette dilatation peut être empêchée par des adhérences pleurales. Du côté malade, les vibrations thoraciques ne sont pas transmises.
La percussion donne une sonorité tympanique dans les deux tiers supérieurs du thorax (là où se trouve l’air) et de la matité dans le tiers inférieur où se trouve le liquide. Parfois, en auscultant la région postérieure de la poitrine, tandis qu’une percute la partie antérieure, on entend un bruit d’airain signalé par Trousseau.
L’auscultation dénote une absence du murmure vésiculaire, ce qui constraste avec l’exagération de la sonorité ; par contre, on entend des bruits morbides auxquels la couche d'air accumulée dans la plèvre donne un timbre spécial; ainsi, la respiration, la toux et la voix raisonnent comme dans une amphore, d’où le nom d 'amphorique, qu’on leur a donné. De plus, on entend le tintement métallique, c’est un bruit argentin semblable à celui que produit un grain de plomb tombant dans une coupe de métal; il est parfois intermittent : on l’a expliqué soit par la chute d’une goutte de liquide tombant du sommet de la cavité sur la collection liquide accumulée dans les parties déclives, soit au contraire par une bulle d’air qui viendrait éclater à sa surface, soit enfin par divers râles dont l’air renforcerait le timbre.
On peut produire encore la succussion hippocratique, bruit de glouglou que l’on obtient en imprimant une secousse au malade, qui en a d’ailleurs conscience.
A ces symptômes viennent se joindre, bien entendu, ceux de la maladie qui a occasionné le pneumothorax.
La marche du pneumothorax est subordonnée à sa cause; il ajoute une complication ^fâcheuse à la maladie préexistante. Ainsi le pneumothorax traumatique, celui qui se rattache à l’ouverture d’un abcès, à une tuberculose peu avancée peut guérir. Les cas de mort subite par dyspnée sont fort rares.
Le traitement est celui de la pleurésie purulente (V. ce mot). Dr Léon Moynac.
POCHE DES EAUX. — Nom donné par les accoucheurs à la saillie que les membranes de l’œuf, décollées de la matrice et chassées par les contractions de cet organe, au moment de l’accouchement, font à travers l’orifice du col utérin (V. Accouchement, Œuf). P l. '
PODAGRE. — Vieux mot encore usité comme synonyme de goutte (V. ce mot). p. l.
PODOPHYLLE. — La podophylle est une plante herbacée, vivace, de la famille des Berbéridées, voisine des Renonculacées, très commune aux États- Unis d’Amérique où elle croît dans les lieux humides. La racine, de la grosseur d’une plume à écrire, d’une odeur faible et d’une saveur âcre, est la seule partie de la plante usitée en médecine. Elle doit ses vertus purgatives à un principe actif résineux qu’on en a extrait et qu’on a désigné sous les noms de podophylline ou de podophyllin. Elle renferme, en outre, une substance amère, de l’amidon et divers autres produits. Lorsqu’elle est pure, la podophylline se présente sous l’aspect d’écailles brillantes, solubles dans l’alcool, l’éther, moins dans l’eau bouillante et pas du tout dans l’eau froide pure ou acidulée.
Ingérée aux doses de
50 centigr. à 1 gramme, la poudre de la racine de podophylle provoque des évacuations alvines d’autant plus copieuses qu’on a affaire à des sujets à tempéraments plus bilieux. Le podophyllin produit les mêmes effets aux doses de 2 à 10 centigrammes; mais si l’on dépasse ces proportions, c’est-à-dire si l’on donne 2 grammes de podophylle ou 20 centigrammes de podophyllin, alors on observe des vomissements, des coliques, des superpurgations, en un mot tous les symptômes d’empoisonnement produits par les drastiques. Du reste, la podophylle et le podophyllin agiraient, d’après les physiologistes, de la même manière que le jalap, la scammonée et l’aloès. En effet, de même que l’action de ces derniers est très lente .et ne s’opère qu’au bout de douze heures environ, de même il faut que les premiers se trouvent en contact avec la bile et le fluide pancréatique pour se dissoudre et produire leurs effets dans le tube intestinal.
Depuis longtemps avantageusement connu en Amérique et en Angleterre, la podophylle a été vulgarisée en France par Coirre. Grâce à ses travaux et à ceux de Constantin Paul et de Gérard Marchand, nous avons appris que ce médicament produit des selles semi-liquides, le plus souvent moulées; normales au point de vue de la consistance et de la couleur, sans amener de superpurgation, ni de constipation consécutive pourvu que l’on procède par doses modérées. Pour cela, on prend une pilule de podophylle le soir en se couchant et le lendemain, à l’heure choisie, on se présente à la selle.
51 l’on n’obtient aucun résultat, on prend la seconde fois deux pilules, on peut même aller jusqu’à trois, quatre, etc., ce qui est fort rare à moins que la podophylle soit de mauvaise qualité. En. employant les pilules de podophylle Coirre (V. Coirre), on est toujours sûr d’avoir un excellent produit et l’on peut compter sur des eftets constants.
La podophylle est un excellent remède contre la
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constipation habituelle produite soit par le défaut de sécrétion suffisante de la muqueuse, ou par la paresse des fibres musculaires intestinales si fréquente chez les anémiques et les cachectiques, soit par la paralysie du sphincter anal, si commune chez les personnes atteintes d’hémorrhagies ou de ramollissements encéphalo-médullaires.
Elle agit encore efficacement contre les maladies du foie en débarrassant cet organe de l’excès de bile qu’il contient dans les hypertrophies, l’ictère, la cirrhose, etc. Enfin, elle est employée avec succès à la cure des hémorrhoïdes.
En définitive, la podophylle est un bon médicament qui possède à la fois, à la manière de la rhubarbe, des propriétés purgatives et toniques, il ne laisse pas après lui de constipation consécutive et produit les mêmes effets, aux mêmes doses, pendant longtemps. Dr Marc. Camboulives.
POÊLES. — I .es poêles sont des appareils de chauffage alimentés le plus souvent par le charbon de terre, la tourbe ou le coke, et dont l'usage se répand chaque jour davantage. On se sert d a poêles fixes ou de poêles mobiles.
Les poêles fixes sont en fonte ou en faïence. Les poêles en fonte ont l'avantage d’utiliser jusqu’à 85 ou 00 p. 100 de la chaleur produite, mais ils présentent plusieurs inconvénients. Ils s’échauffent et rougissent très rapidement et se refroidissent très vite. De plus, ils dessèchent l’air ambiant (on y remédie en faisant évaporer de l’eau dans l’appartement), ils produisent de l’odeur par la destruction des matières organiques qui adhèrent à l’extérieur des parties surchauffées. Enfin, et c’est là un grave reproche, ils produisent de l’oxyde de carbone, gaz non seulement irrespirable, mais délétère. C’est au passage de l’oxvde de carbone sur la fonte rougie que bon nombre de médecins attribuent les violents maux de tête, les vertiges et les syncopes, observés chez les individus vivant dans des pièces chauffées par ces poêles.
Les poêles en faïence , composés presque tous ; d'un four en brique garni de terre à poêle et revêtu de carreaux en faïence, sont préférables. S’ils sont plus longs à s’échauffer, ils donnent une chaleur plus douce, se maintiennent plus longtemps à une température moyenne, sans donner les coups de feu des poêles en fonte. De plus, ils ne dégagent pas j d’odeur et ne produisent pas d’oxyde de carbone.
Les poêles mobiles sont devenus d’un usage excessivement fréquent, malgré les accidents d’asphyxie et même de mort, occasionnés par leur emploi. C’est pour toutes les personnes qui font usage de ces poêles mobiles, dits poêles américains, que nous reproduisons l’instruction suivante, émanant du Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine, et publiée par la Préfecture de police.
Avis relatif au chauffage des habitations. — Les combustibles destinés au chauffage et a la cuisson des aliments ne doivent être brûlés que dans des cheminées, poêles et fourneaux qui ont une communication directe avec l’air extérieur, même lorsque le combustible ne donne pas de | fumée. Le coke, la braise et les diverses sortes de charbon, j qui se trouvent dans ce dernier cas, sont considérés a tort,
| par beaucoup de personnes, comme pouvant être brûlés
impunément a découvert dans une chambre abritée. C’est là un des vieux préjugés les plus fâcheux ; il donne lieu, tous les jours, aux accidents les plus graves, quelquefois même il devient cause de mort. Aussi doit-on proscrire l’usage des poêles et des calorifères portatifs de tout genre qui n’ont pas de tuyaux d'échappement au dehors. Les gaz qui sont produits pendant la combustion par ces moyens de chauffage, et qui se répandent dans l’appartement, sont beaucoup plus nuisibles que la fumée de bois.
Il ne suffit pas que les poêles portatifs soient munis d’un bout de tuyau destiné à être simplement engagé sous la cheminée de la pièce à chauffer. Il faut que cette cheminée ait un tirage convenable.
Il importe, pour l’emploi de semblables appareils, de vérifier préalablement l’état de ce tirage, par exemple a l’aide de papier enflammé. Si l’ouverture momentanée d’une communication avec l’extérieur ne lui donne pas l’activité nécessaire, on fera directement un peu plus de feu dans la cheminée avant d’y adapter le poêle, ou au moins avant d’abandonner ce poêle à lui-même. Il sera bon, d’ailleurs, dans le même cas, de tenir le poêle un certain temps en grande marche (avec la plus grande ouverture du régulateur).
On prendra scrupuleusement ces précautions chaque fois que l’on déplacera un poêle mobile.
Le poêle mobile devra être surveillé constamment, surtout s’il est en petite marche (le régulateur donnant la plus petite issue au gaz de la combustion) ; alors, surtout, la pièce où il est placé recevra régulièrement du dehors l’air nécessaire à son assainissement en même temps qu’à l’entretien de la combustion, sans qu’on cherche à faire des emprunts à des pièces voisines à raison de la dépendance qui peut exister entre les cheminées de ces pièces sous le rapport du tirage ; si une pièce voisine a un chauffage propre, son foyer pourrait déterminer un appel en sens inverse. Pour une raison semblable, lorsque l’on transporte un poêle d'une pièce à une autre voisine, on devra éviter de laisser une communication ouverte entre ces deux pièces.
On se tiendra en garde, principalement daus les cas où le poêle est en petite marche, contre les perturbations atmosphériques qui pourraient venir paralyser le tirage et même déterminer un refoulement de gaz à l’intérieur de la pièce.
Lorsque les produits de la combustion doivent être portés au dehors par un tuyau spécial fixe auquel s’adapte celui du poêle mobile, il est essentiel que la hauteur, la section, et les dispositions de ce tuyau lui assurent un tirage convenable.
A moins de dispositions exceptionnelles, qui assurent le tirage d’une manière absolument certaine on s’abstiendra de laisser séjourner un poêle mobile, la nuit, dans une chambre à coucher, surtout un poêle en petite marche : il faut toujours sc méfier de la fermeture partielle d’un régulateur placé sur le tuyau d’un appareil de chauffage.
On ne saurait trop s’élever contre la pratique dangereuse de fermer complètement la clef d’un poêle ou la trappe intérieure d'une cheminée qui contient encore de la braise allumée. C’est là une des causes d’asphyxie les plus communes. On conserve, il est vrai, la chaleur dans la chambre; mais c’est aux dépens de la santé et quelquefois de la vie.
Nous ne saurions trop insister sur la nécessité qu’il y a de se conformer très rigoureusement à ces prescriptions, si l’on veut se mettre sérieusement à l’abri des accidents. Dr Paul Labarthe.
POIGNET. — Anatomie. — La région du poignet, intermédiaire à l’avant-bras et à la main, est artificiellement limitée par deux lignes passant, l une au-dessus du talon de la main (relief des régions thénar et hypothénar), l’autre à deux travers de doigt au-dessous.
Le poignet est aplati d’avant en arrière; on peut le subdiviser en deux régions, l’une antérieure et l’autre postérieure.
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Région antérieure. — Lisse et unie, parcourue par quelques veines sous- cutanées, elle présente deux ou trois plis dirigés transversalement, mais sans applications pratiques.
La peau est fine, glabre, adhérente aux parties profondes.
La couche sous-culanée est réduite à une mince lamelle celluleuse, adhérente aux parties voisines et dépourvue de graisse; c’est à cela qu’est dù ce bracelet que l’on observe chez les personnes grasses et surtout chez les enfants. Dans cette couche se trouvent des réseaux veineux.
L 'aponévrose est la continuation de celle de l’avant-bras, mais, en ce point, de même que cela a lieu au cou-de-pied, elle est notablement épaissie par l’adjonction de fibres transversales; ces fibres, destinées à maintenir les tendons, sont décrites sous le nom de ligaments annulaires antérieur et postérieur.
Le ligament annulaire antérieur s’implante sur les bords de la vaste gouttière que présente la face antérieure des os du carpe, c’est-à-dire sur le pisiforme et l’os crochu en dedans et sur le scaphoïde et le trapèze en dehors, il convertit ainsi en un canal la gouttière carpienne; en haut, il se continue avec l’aponévrose anlibrachiale, en bas, avec l'aponévrose palmaire; le tendon du palmaire grêle passe au-devant de lui et sa face profonde est tapissée par une vaste synoviale qui entoure les tendons fléchisseurs.
Au-dessous de l’aponévrose se trouvent des tendons, des vaisseaux et des nerfs à peu près disposés sur trois couches.
lre couche. — Elle présente, de dehors en dedans : 1” le tendon du long supinateur (enfermé dans une gaine spéciale), qui s’insère sur la base de l'apophyse styloïde du radius; 2° le tendon du grand palmaire, qui va gagner la gouttière du scaphoïde et du trapèze pour se fixer au deuxième métacarpien ; 3° l’artère radiale, qui longe le bord interne du long supinateur et, après avoir fourni la radiopalmaire, s’incline en dehors, passe au-dessous du tendon du long supinateur et gagne le côté externe du poignet; 4° le nerf cubital et l’artère cubitale; et, enfin, 5° le tendon du muscle cubital antérieur qui, pourvu d’une gaine spéciale, s’insère au pisiforme.
2' couche. — Elle se compose du nerf médian et des tendons du fléchisseur superficiel.
3' couche. — Elle se compose : 1° en dehors, du tendon du long fléchisseur du pouce, entouré d’une gaine synoviale spéciale, mais qui communique souvent avec celle des fléchisseurs; 2° en dedans, des tendons du fléchisseur profond des doigts, enveloppés dans une vaste synoviale qui leur est commune avec les tendons du fléchisseur superficiel.
Région postérieure. — La peau est plus épaisse, couverte de poils et peu adhérente.
La couche sous-culanée renferme un réseau veineux et parfois, sur les côtés, deux petites bourses séreuses correspondant aux apophyses styloïdes du radius et du cubitus.
Le ligament annulaire postérieur ressemble à l’antérieur, mais il est beaucoup plus étendu que
lui, ses extrémités se fixent sur le radius et le cubitus; de sa face profonde partent plusieurs cloisons fibreuses qui vont perpendiculairement s’insérer sur les crêtes de la face postérieure du radius et forment ainsi autant de loges ostéo-fibreuses pour les tendons de cette région.
En procédant de dehors en dedans, on trouve :
f° Les tendons du long abducteur et du court extenseur du pouce, placé sur le côté externe du radius ;
2° Les tendons des deux radiaux, logés dans la première gouttière de la face postérieure du radius et s’écartant bientôt pour s’insérer à l’extrémité postérieure du deuxième et du troisième métacarpien ;
3° Le tendon du long extenseur du pouce, logé dans la petite dépression que présente cette crête de la face postérieure du radius qui sépare la gouttière des radiaux de celle des extenseurs : ce tendon se dirige obliquement en dehors et forme ainsi avec les tendons du long abducteur et du court extenseur du pouce un espace triangulaire (tabatière anatomique) que remplit un tissu graisseux blanchâtre et que croise obliquement l’artère radiale dans son trajet vers le sommet du premier interosseux, où elle s’enfonce pour devenir palmaire;
4° Les tendons de l’extenseur propre de l’index et de l’extenseur commun des doigts;
5° Le tendon de l’extenseur propre du petit doigt;
6° Tout à fait en dedans, le tendon du cubital postérieur, placé dans la rainure de la face postérieure du cubitus qui le conduit jusqu’à l’extrémité postérieure du cinquième métacarpien, où il s’insère.
Toutes ces gaines sont isolées et tapissées par des synoviales distinctes, qui remontent à 2 ou 3 centimètres au-dessus du ligament annulaire et descendent jusqu’au niveau des métacarpiens.
Le squelette du poignet est formé par les extrémités inférieures du radius et du cubitus et par les os du carpe. Le radius et le cubitus s’articulent ensemble d’une part et forment l’articulation radiocubitale inférieure; d’autre part le radius s’articule avec le carpe et forme l’articulation radio-carpienne; enfin les os du carpe s’articulent entre eux.
V articulation radio-cubitale inférieure se fait entre la petite cavité sigmoïde dont la concavité regarde en dedans, et la partie externe de la tête arrondie du cubitus. Les moyens d'union sont : un ligament antérieur, un ligament postérieur et un ligament interarticulaire appelé ligament triangulaire. La synoviale tapisse toute l’articulation. Ses mouvements sont au nombre de deux : la pronation et la sapination, et dans ces mouvements l’extrémité inférieure du radius tourne autour de la tête du cubitus comme autour d’une axe immobile. La rotation se produit en avant dans la pronation et en arrière dans la supination.
L’articulation radio-car pienne se fait t°du côté de l’avant-bras par une surface articulaire concave, une sorte de cavité glénoïde formée par la face articulaire de l’extrémité inférieure du radius et par la face inférieure du ligament triangulaire de l’articulation radio-cubitale inférieure; 2° du côté du carpe par trois os de la première rangée, le sca-
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phoïde, le semi-lunaire et le pyramidal qui se réunissent pour former un condyle brisé, tout en étant séparés par des interstices qui laissent passer les prolongements de la synoviale. Les moyens d’union sont quatre ligaments, un antérieur, un postérieur et deux latéraux. Les mouvements sont au nombre de quatre : flexion, extension, adduction, abduction.
Les articulations du carpe comprennent : Y articulation médio-carpienne et les articulations des os du carpe entre eux (V. Carpe).
Luxations du poignet. — Depuis les temps les plus reculés jusqu’au commencement de ce siècle, les luxations du poignet étaient non seulement admises sans la moindre contestation, mais encore jugées très fréquentes. Dupuytren renversa complètement ces idées, en démontrant que les prétendues luxations du poignet n’étaient autre chose que des fractures de l’extrémité inférieure du radius.
Les luxations du poignet sont aussi rares que jadis on les croyait fréquentes; cependant on possède quelques observations authentiques qui permettent d’admettre deux variétés de luxation du poignet : l’une en avant, l’autre en arrière.
Les luxations en avant ont été plus souvent observées, ce sont, en réalité, le radius et le cubitus qui glissent au-dessous des os du carpe, de telle sorte que le poignet vient se placer en arrière d’eux, tous les ligaments sont rompus; le carpe fait en arrière une saillie considérable terminée brusquement du côté de l’avant-bras; en avant au contraire, les deux os de l’avant-bras forment une saillie tout aussi considérable, les doigts sont à demi fléchis sur la main, mais les dernières phalanges sont étendues.
Cette luxation présente donc un certain nombre de caractères qui appartiennent aux fractures de l’extrémité inférieure du radius; mais elle est tellement rare, qu’en clinique vous pouvez n’y point songer; si, par un hasard tout à fait exceptionnel, vous rencontrez une luxation du poignet, vous la reconnaîtrez au relief bien plus accentué que présentent les os déplacés, à ce que les apophyses styloïdes se trouvent sur le même niveau, etc. Le même traitement serait applicable : réduire la difformité et appliquer l’appareil employé dans les fractures du radius.
La luxation en arrière est inverse de la précédente, le radius et le cubitus proéminent sur la face dorsale des os du carpe, par conséquent cette luxation ne saurait être confondue avec une fracture de l’extrémité inférieure du radius. Le poignet présente en arrière un relief abrupt formé par le radius et le cubitus, en avant c’est le carpe qui forme une saillie considérable. Dans les quelques observations qui ont été publiées, la luxation se compliquait de fractures diverses; dans les cas de Guyon, il y avait en même temps diastasis de l’articulation radio-cubitale inférieure.
La réduction des luxations du poignet parait avoir été facile. Dr Leon Moynac.
POILS. — I -es poils sont des productions épidermiques filiformes et élastiques implantées dans une dépression du derme appelée follicule pileux. Le Dictionnaire popclaire de Médecine usuelle.
fond de cette cavité est occupé par une saillie mamelonnée dit papille pileuse qui est l’organe producteur des poils. Ceux-ci enlevés, cette papille persiste dans le follicule et donne naissance à des poils de nouvelle formation : tant que la papille existe, les poils peuvent repousser. Il ne suffit donc
Fig. 1080. — Coupe d’un follicule pileux.
1. Portion médullaire du poil. — 2. Épiderme du poil. — 3. Couche épidermique extérieure du follicule. — i. Couche épidermique interne du follicule. — 5. Liseré amorphe du follicule. — 0. Couche épidermique corticale du poil. — 7. Papille. — 8. Couches dermiques du follicule.
pas d’épiler une partie du corps pour y faire disparaître à jamais les poils qu’elle contient.
Les parois des follicules pileux sont tapissées de cellules épidermiques qui se continuent avec celles de la peau; aussi est-il possible, à la suite d’une longue macération, d’enlever la couche épidermique de la tête avec tous les cheveux qu’elle porte.
Sur les parois de ces follicules on voit s’ouvrir les orifices des glandes sébacées qui déversent dans ces cavités le produit de leur sécrétion. C’est à la couche profonde de ces follicules que s’insèrent les muscles lisses, dont l’autre extrémité se fixe audessous de l’épiderme. Les contractions de ces muscles rapprochent le fond du follicule de la surface cutanée et déterminent de petites saillies qui donnent à la peau l’aspect de la « chair de poule. »
Formes variées des poils et leur distribution à la surface du corps. — Liiez l’homme, les poils sont appelés selon la région qu’ils occupent : cheveux, barbe, cils, sourcils, moustaches ou vibrisses (V. ces mots), ces derniers sont ceux qui se trouvent à l’entrée des narines.
Les poils recouvrent toute la surface du corps, à l’exception de la paume des mains et de la plante des pieds. Ces régions sont dépourvues de poils parce qu’ils s’opposeraient aux actes de préhension et de locomotion : on sait que, dans le langage vulgaire, « il a un poil dans la main » se dit d’un paresseux.
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Le plus souvent, les poils de la surface du corps sont réduits à l’état rudimentaire et prennent le nom de duvet; mais il est des individus, comme Esaü, chez lesquels ces poils sont très apparents.
Quoi qu’en dise l’adage ancien : « Homo pilo sus fortis », il ne faut pas croire que le développement du système pileux est toujours signe de vigueur; les phthisiques, par exemple, sont souvent très velus. C’est sans doute sur cette erreur que repose la légende de Samson, dont toute la force résidait, comme on dit, dans la chevelure.
Les cheveux acquièrent chez les femmes une longueur plus grande que chez les hommes; et il n’est pas rare de voir dans le sexe féminin des chevelures descendre jusqu’aux mollets. Quant aux « femmes à barbes », elles constituent l’exception.
Propriétés physiques des poils. — Considérés sous le rapport de leur direction, les poils peuvent être lisses, ondoyants, frisés ou crépus; ces derniers s’observent surtout dans la race nègre. Aristote voyait, on ne sait pourquoi, dans les cheveux plats un signe de pusillanimité et de poltronnerie; or Napoléon Ier, qui a fait ses preuves, présentait cette particularité.
Les poils, comme toutes les productions épidermiques, sont hygrométriques : ils s’allongent et se gonflent sous l’influence de l’humidité. On a mis à profit cette propriété des cheveux dans la construction des instruments dits hygromètres, qui servent à mesurer le degré d’humidité atmosphérique.
Ils jouissent aussi d’une certaine élasticité qui, à la suite de tractions répétées, leur permet de s’allonger d’un cinquième et même d’un quart de leur longueur. Après la mort, ils perdent leur élasticité et deviennent secs et cassants; aussi les cheveux de mort sont-ils peu employés dans la confection des coiffures postiches.
Leur résistance est assez considérable pour qu’il soit possible de se suspendre par les cheveux, ainsi qu’il advint à Absalon. On sait que Brunehaut, reine d’Austrasie, fut, par ordre de Clotaire II, attachée à la queue d’un cheval indompté.
Les cheveux ainsi que les poils sont susceptibles, par le frottement, de dégager de l’électricité. C’est pourquoi, lorsqu’on passe la main sur le pelage d’un chat ou d'un chien, on voit dans l’obscurité se dégager des étincelles électriques. On croit généralement que c’est à cette propriété que les peaux de chats doivent de guérir les douleurs ; mais il est plus probable que leur efficacité vient de la chaleur qu’elles conservent sur la région affectée.
Couleur des poils. — Les nuances de coloration des poils peuvent se réduire à quatre couleurs principales : le noir, le blond, le rouge de feu et le blanc.
Les émotions morales peuvent changer en un jour la couleur des cheveux.
A l aide de certaines préparations chimiques, on peut changer la couleur des cheveux, mais ce n’est qu’au détriment de la vitalité du cuir chevelu (V. Teinture).
Ceux qui, par coquetterie, enlèvent les cheveux blancs dès leur apparition agissent contre leur but; l’irritation produite en multiplie au contraire
le nombre : c’est le moyen qu’emploient les maquignons pour agrandir les taches blanches sur le front des chevaux.
Composition chimique des poils. — Les cheveux
renferment dans leur constitutiondela graisse provenant des glandes sébacées adjacentes et de l’oxyde de fer fournis par le sang.
Certains auteurs ont pensé qu’une longue chevelure déterminait l’anémie à cause de la grande quantité d’oxyde de fer que les cheveux soustraient aux globules sanguins.
Étant donnée la composition chimique des poils, le moyen le plus rationnel de remédier à l’alopécie
Fig. 1081.
Coupe d'un cil et de ses follicules pileux (grossissement 220).
1. Substance médullaire. — 2. Substance corticale. — 3. Gaine
interne du poil, épithélium du follicule. — 5. Paroi du follicule.
— 6. Derme. — 7. Giande sébacée.
est de fournir aux cheveux de la graisse et du fer en faisant usage de pommades et de préparations ferrugineuses.
Les alcalis ont la propriété de ramollir et même de dissoudre les poils; de là l’emploi du savon pour faciliter le glissement du rasoir. Les corps gras assouplissent aussi les poils; c’est pourquoi, dans les hôpitaux, on se sert, pour le même usagp, de cérat à la place de savon.
Texture des poils. — Au point de vue de leur structure, les poils sont des cylindres creux, constitués par une gaine épidermique et un canal central. Ce canal renferme un tissu médullaire {fig. lOfcl), qui est formé de cellules colorées par des granulations pigmentaires. Quand on arrache un cheveu, on trouve à sa racine un renflement, le bulbe pileux, composé d’un amas de cellules blanchâtres, de consistance molle.
Les poils sont recouverts extérieurement d’écaillcs transparentes imbriquées à la façon des tuiles d’un toit. Cette disposition facilite la progression du cuir chevelu.
Les poils, comme toutes les productions épidermiques, sont dépourvus de nerfs, et la douleur
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qu on éprouvé en les arrachant vient du tiraille-
ment des filets nerveux qi pileuses.
Le renouvellement des
Follicule pileux avec ses glandes sébacées et ses libres musculaires lisses.
1,2. Poil logé dans le follicule pileux. — 3. Gaine interne de la racine du poil. — 1. Extrémité profonde du follicule.
i se rendent aux papilles
poils se fait d’une façon analogue à celui des dents : le poil de nouvelle formation repousse l’ancien et prend sa place dans le môme follicule.
Usages des poils. —
Les poils ont pour principal usage de faciliter les fonctions de la peau, en s'opposant à 1 introduction des poussières dans les pertuis qui s’ouvrent à sa surface.
Les moustaches et les vibrisses du nez tamisent l'air qui pénètre dans les fosses nasales ; les cils, les sourcils et les poils situés à l’entrée du conduit auditif jouent le même rôle vis-à-vis des appareils de la vision et de l'audition, enfin, les cheveux protègent le crâne contre les influences atmosphériques
D' G. WlTKOWSKI.