POR
POT
graisse qu’on emploie pour les divers usages de la cuisine est plus lourde que le beurre.
D’une manière générale la viande de porc ne convient pas aux estomacs délicats et paresseux, aux gastralgiques, aux dyspeptiques, aux personnes dont la vie est sédentaire. Seuls peuvent en manger impunément, les individus robustes, gratifiés d’un estomac vigoureux et qui ont une vie active et mouvementée quant aux exercices du corps.
Quant au cochon de lait, dont Horace régalait ses amis, sa chair, gélatineuse comme celles de tous jeunes animaux, est plus particulièrement lourde et d’un digestion difficile.
11 ne faut pas oublier que le porc est sujet à deux maladies parasitaires : la ladrerie et la trichinose, qui peuvent se transmettre à l’homme par le seul fait que celui-ci mange la chair d’un animal malade (V. Ladrerie et Trichinose). Il ne faut pas oublier non plus que les diverses préparations de charcuterie sont sujettes à des altérations spontanées, consistant dans la production de végétaux cryptogamiques analogues à celui de la moisissure, qui naissent à la surface des parties gélatineuses, lorsqu’on les laisse au contact de l’air chaud et humide. Ollivier, d’Angers, Barruel, le professeur Chevalier et d’autres médecins ont observé plusieurs cas d’empoisonnement produits par l’absorption de de charcuterie altérée. Dr Paul labarthe.
PORRIGO. — (V. Teigne.)
PORNIC (bains de mer de). — Pornic est un gros bourg de 1500 habitants, situé dans le département de la Charente-Inférieure, à 22 kilomètres de Paimbœuf, au fond d’une anse profonde bordée de hautes falaises, qui possède une belle plage à fond de sable, un établissement de bains et un casino. P. L.
PORT-EN-BESSIN (bains de mer de). — Port-en- Bessin est une petite ville de 2500 habitants, située dans le Calvados, à 8 kilomètres de Bayeux, qui possède une plage très rocailleuse. p. l.
PORTRIEDX (bains de mer de). — Portrieux est un petit bourg de 1000 habitants, situé sur le bord de la Manche, dans le département des Côtes-du-Nord, k 18 kilomètres de Saint-Brieuc, qui possède une très belle plage. C’est à Portrieux que se réunissent tous les ans les navires de la baie de Saint-Brieuc, au moment de leur départ pour la pêche de Terre- Neuve. P. L.
PORTE. — On donne ce nom à une grosse veine qui naît au niveau de l’extrémité droite du pancréas, en avant de la colonne vertébrale, à gauche de la veine cave inférieure. Elle est formée par la réunion a angle aigu de trois veines : la veine splénique, la petite et la grande veine mésentérique (V. ces mots), qui correspondent aux deux artères mésentériques et à l’artère splénique : cette réunion constitue ce qu’on appelle le tronc de la veine porte qui se dirige obliquement en haut et à droite, en croisant à angle aigu la veine cave inférieure;
après un trajet de 6 à 8 centimètres de bas en haut et de gauche à droite, elle arrive au sillon transverse du foie et se dirige en deux branches allant, horizontalement, l’une au lobe droit, l’autre au lobe gauche du foie, où elles se distribuent en se ramifiant à la manière d’une artère, pour se continuer, par les capillaires des lobules, avec les origines des veines hépatiques.
La veine porte verse dans le foie le sang de toute la portion sous-diaphragmatique du tube digestif et de ses annexes. Ce sang qu’elle porte au foie est un sang mélangé de chyle (V. ce mot), qui doit y être élaboré, et qui doit fournir à la formation du sucre et, selon quelques physiologistes, à la sécrétion de la bile. Du foie, le sang de la veine porte passe dans les veines sus-hépatiques, puis dans la veine cave inférieure ou point où celle-ci traverse le bord postérieur du foie. 4 p. l.
POSITIVISME. — Le positivisme est une méthode philosophique « en opposition avec les philosophies théologique et métaphysique, et justement en raison de' l’impuissance où elles ont été de donner jamais la démonstration de leurs principes, renonce à toute recherche de l’absolu, quelque forme qu’il prenne, soit par rapport à l’origine des choses, soit par rapport à leur fin ou but; elle est donc toujours relative. Distinguant les connaissances abstraites des connaissances concrètes (les premières sont seules du domaine de la philosophie), elle range tout le savoir humain sous six chefs ou sciences qui se suivent et s’enchaînent : 1° la mathématique, la plus ancienne de toutes et la plus simple; 2° et 3° la physique, qui comprend Gastronomie et la physique proprement dite, toutes deux dépendantes des mathématiques; 4° la chimie, qui dépend de la physique; 5° la biologie, qui dépend de la chimie surtout, et aussi de la physique; 6° la sociologie (V. ce mot), ou science sociale, ou histoire, qui dépend de la biologie. Tel est, disent Littré et Robin ( Dict.de Médecine, édit, de 1866), le vaste ensemble trouvé par Auguste Comte, ensemble qui, par soi seul, est pour l’esprit, l’enseignement le plus fécond et la méthode la plus sûre. La sociologie, sixième science, lui doit aussi ses premiers fondements, et ce n’est, en effet, qu’après l’avoir créée, que, ayant pu construire le sycle entier de la science, il a pu construire celui des idées générales ou philosophie. »
POTASSE. — La potasse ou hydrate de potasse comprend la potasse pure ou potasse à l'alcool et la potasse impure ou potasse à la chaux ou pierre à cautères ou potasse caustique. La première fuse trop facilement et désorganise les tissus dans une trop vaste étendue pour être de quelque utilité pratique. La seconde produit par sa déliquescence et son action éminemment corrosive une eschare qui est encore deux ou trois fois plus grande que le morceau lenticulaire dont on s’est servi. Elle n’en est pas moins utile à l’établissement de fonlicules, à l’ouverture de kystes du foie ou d’abcès de la fosse iliaque. Mais il faut surveiller avec attention ses effets topiques, de crainte qu’elle n’entraîne après elle des accidents fâcheux. Sa force
POT
POT
est épuisée au bout de 5 à 6 heures de contact. On retire l’appareil, on incise crucialement la partie mortifiée, on remet au fond de la plaie un nouveau grain de potasse et l’on continue ainsi jusqu’à ce qu'on soit parvenu à ouvrir l’abdomen et à obtenir une inflammation adhésive du péritoine.
Autrefois on n’employait pour ces sortes d’opérations que la potasse caustique. Frappés, depuis, de la lenteur de ses effets accompagnés de vives souffrances et de l’irrégularité de son eschare, les praticiens l’ont remplacée par une poudre formée d’un mélange de 5 parties de potasse à la chaux avec six parties de chaux vive qu’ils ont désignée sous le nom de poudre de Vienne. Celte poudre réunit toutes les conditions d’un escharotique puissant, rapide et exempt d’inconvénients. Pour s’en servir, on la délaye dans quelques gouttes d’alcool de manière à en former une pâte molle, appelée pâle de Vienne ; on applique cette pâte absolument comme le morceau lenticulaire de potasse caustique, l’elfet est produit dans l’espace de dix minutes à un quart d’heure, la partie mortifiée tombe au bout d’une douzaine de jours sans complications, pourvu qu’on n’ait pas mis une couche de pâte qui dépasse la dimension d’une pièce de cinq centimes. Avec cette pâte, on perce les abcès froids et les kystes hydatiques, on établit des fonticules sur les points d’élection pour modifier la crase du sang, on trouve des cautères sur la poitrine des sujets catarrheux ou tuberculeux ainsi que le long de la colonne vertébrale dans les maladies de la moelle et des vertèbres.
La poudre de Vienne ne pouvant remplir toutes les indications, Filhos a eu l’heureuse idée de fondre au feu et de solidifier dans des tubes de plomb un mélange de cinq parties de potasse pour une partie de chaux vive de manière à obtenir un crayon aussi maniable que le crayon de nitrate d’argent. Ce caustique a pris le nom de caustique Filhos et rend des services là où la poudre de Vienne ne peut être d'aucune utilité. Ainsi, il sert à escharifier le col de l’utérus, à brûler les végétations, à cautériser les cancroïdes, à réprimer les bourgeons charnus exubérants, etc.
Carbonate de potasse. — Le carbonate de potasse, différemment désigné par les noms de carbonate neutre, sous-carbonate, potasse du commerce , sel de tartre, s’obtient soit par lixiviation des cendres de la plupart des végétaux, ce qui donne j les potasses du commerce désignées, selon les provenances, sous les noms de potasses d’Amérique, i de Ilussic ou des Vosges; soit par simple calcina- ! tion de la crème de tartre, ce qui produit, une | espèce plus pure et spécialement réservée à l’usage pharmaceutique. Ce dernier carbonate est blanc, pulvérulent, d’une saveur âcre et caustique, très déliquescent à l'air et par conséquent très soluble i dans l'eau ; il est, en outre, insoluble dans l’alcool j et verdit fortement le sirop de violettes.
Les propriétés physiologiques et thérapeutiques du sous-carbonate de potasse diffèrent un peu de celles de sa base. En effet, tandis que celle -ci est un puissant caustique, celui-là ne peut faire l’office que d’excitant local. Aussi les bains, lotions, injections, pédiluves et pommades devront être préparés
avec ce dernier agent et non avec la potasse pure- De même pour l’usage interne, le sous-carbonate devrait être préféré s’il n’avait, lui aussi, l’inconvénient d’irriter un peu trop les voies digestives, cela n’a pas empêché certains expérimentateurs de le donner à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme dilué dans une grande quantité d’eau comme diurétique, lithontriptique et modificateur de la nutrition.
Pour en revenir à son usage externe, nous devons faire remarquer que la lotion alcaline titrée de 1 pour 8 à 1 pour 20 est utile dans le pityriasis, le lichen, le prurigo, l’acné, l’eczéma, le prurit des parties génitales ; que le pédiluve alcalin préparé avec 125 grammes pour suffisante quantité d’eau chaude est un révulsif hygiénique précieux, un anti-herpétique local utile contre les affections cutanées lichénoïdes ; enfin que la pommade alcaline contenant 10 grammes de potasse du commerce pour 40 grammes d’axonge rend des services en onctions journalières contre la teigne, les affections papuleuses ou squameuses.
Sesqui-carbonate de potasse. — On désigne par le nom de sesqui-carbonate de potasse un sel blanc, soluble dans l’eau, dont les propriétés chimiques , physiologiques et thérapeutiques sont intermédiaires à celles du carbonate neutre et. du bicarbonate. 11 pourrait remplacer le premier de ces sels dans toutes les prescriptions du même ordre.
Bicarbonate de potasse. — Le bicarbonate de potasse, bicarbonate potassiqué, carbonate saturé de potasse (KO, 2 CO2) est un sel blanc, disposé en cristaux prismatiques rhomboïdaux, inaltérables à l’air, d’une saveur alcaline sans âcreté, soluble dans quatre parties d’eau froide; sa dissolution soumise à l’ébullition dégage de l’acide carbonique et donne du sesqui-carbonate qui reste dissous. Si l’ébullition est très longtemps prolongée, le sel perd des quantités croissantes d’acide carbonique et finit par se transformer en carbonate neutre. D’où il s’ensuit que le bicarbonate est moins irritant que le sesqui-carbonate, lequel, à son tour, l’est moins que le carbonate neutre et la potasse. En d’autres termes le bicarbonate de potasse est le moins irritant des sels potassiques alcalins et le seul que l’on doive affecter aux usages médicaux internes. Ses applications à la thérapeutique sont, malgré cela, assez restreintes, parce que dans la généralité des prescriptions on lui préfère le bicarbonate de soude comme moins énergique et plus facile à supporter. Dr Marc. Cahboulives.
POTASSIUM. — Le potassium, découvert par Ilumphry Davy, en 1807, est un métal d'une couleur blanc argent, mou à la température ordinaire, qui s’oxyde facilement à l’air en se convertissant en potasse, et qui décompose l’eau en s’emparant de son oxygène avec un développement de chaleur tel que l’hydrogène qui se dégage s’enflamme à l’air et brûle avec une flamme violette. Le potassium est inusité en médecine à l’état de métal, mais deux de ses composés, le bromure de potassium et 1 ’iodure de potassium (V. ces mots), sont très employés. P. L.
POU
POU
POTENTIEL. — Nom donné à une variété de cautère (V. ce mot). P. l.
POTION. — On donne ce nom à une préparation pharmaceutique magistrale liquide, destinée à l’usage interne. Les potions sont composées d’un véhicule aqueux (eaux distillées, infusés, décodés), à la dose de 80 à 120 grammes, et d’un édulcorant (sirop, mellite, etc.), à la dose de 10 à 40 grammes, dans lesquels on peut dissoudre, délayer ou suspendre divers principes médicamenteux (extraits, teintures, poudres, sels). La quantité moyenne d’une potion est de 150 grammes, c’est-à-dire dix cuillères à soupe environ. Une potion se prend par cuillerées d’heure en heure, ou à des intervalles plus ou moins éloignés.
On distingue trois genres de potions : les juleps, les loochs (V. ces mots) et les potions proprement dites. Celles-ci sont toutes les préparations de ce groupe qui ne sont ni des loochs ni des juleps. Deux cas peuvent se présenter : ou les substances qu’on a à mélanger sont facilement solubles, ou elles ne le sont pas. Si les substances sont facilement solubles, il suffit de les mettre ensemble dans un même flacon, de les remuer pour en obtenir une solution complète et en former un tout homogène, doué de propriétés sui generis. Si elles sont difficilement solubles et troublent par cela même le transparent de la potion, comme les résines, les gommes résines, les teintures alcooliques ou éthérées, les huiles fixes ou essentielles, les poudrée, les extraits, on les traite différemment.
Les premières s’émulsionnent avec un jaune d’œuf, de la gomme arabique ou de la gomme adragante, avec de la gelée d’amidon, de la décoction de graines de lin, de racines de guimauve. Les poudres, préalablement réduites en une poussière impalpable, se triturent avec le sirop avant de mettre les autres principes constituants. Les extraits, les électuaires, les conserves se délayent par simple trituration dans un mortier, en ajoutant peu à peu les liquides jusqu’à, ce que leur désagrégation soit complète. Les matières volatiles se versent les dernières au moment de boucher.
Les potions sont d’un usage excessivement fréquent. Il n’est pas de maladie aiguë ou chronique d’une certaine durée où l’on n’en prescrive un certain nombre. Ce sont des préparations magistrales qui conviennent à toutes sortes de médications et l’on formule ainsi suivant les cas des potions antispasmodiques, toniques, fébrifuges, emménagogues, astringentes, etc.
D' Mauc. Camboulives.
POTIRON. — (V. Courge.)
P0TT (MAL DE). — (V. Vertébral.)
POU. — Le pou est un insecte parasite, ovipare, qui se développe avec une rapidité telle, que les œufs sont éclos au bout de six jours, et que dix-huit jours après leur naissance, les petits peuvent se reproduire. Trois espèces vivent en parasites sur le corps de l’homme : le pou de la tête, le pou du corps et le pou du pubis, vulgairement appelé morpion.
Les poux de la tête s’observent surtout chez les enfants malpropres atteints de maladies du cuir chevelu, chez les convalescents de maladies graves,
Fig. 1086. Fig. 1087.
Pou de la tête. Pou du pubis.
chez certains individus cachectiques ; les poux peuvent se multiplier à l’infini, envahir tout le corps et déterminer diverses éruptions (maladie pédiculaire) . Les poux ne peuvent en aucune circonstance se développer spontanément, mais il est certain que les conditions dont nous venons de parler favorisent beaucoup leur multiplication.
Coupez les cheveux, faites des lotions savonneuses, saupoudrez les parties atteintes avec de la graine de persil pulvérisée; ou enfin faites des onctions avec l’onguent mercuriel.
Les poux de corps sont détruits par quelques bains sulfureux.
Les poux du pubis ou morpions occupent les poils du pubis, parfois ceux de l’aisselle et dç la barbe, ils déterminent des plaques rouges et une vive démangeaison; on les tue très facilement avec l’onguent napolitain, l’huile de pétrole, une solution de sublimé, etc. ' Dr Léon moynac.
POUCE. — (V. Doigts.)
POUDRES. — On donne le nom de poudres aux matières pulvérulentes que l’on obtient en réduisant certaines substances médicamenteuses solides en particules plus ou moins ténues. Elles sont fournies par les trois règnes de la nature et se préparent par différents procédés qu’il est inutile d’exposer ici.
Les poudres sont en nombre incalculable; elles se divisent en deux grandes sections : les poudres simples et les poudres composées. Les poudres simples ne comprennent qu’une seule substance; les poudres composées sont formées de deux ou de plusieurs substances réunies.
11 ne faut pas préparer de trop grandes quantités de poudres à la fois parce qu’il est reconnu que les substances se conservent mieux en entier que lorsqu’elles ont été réduites en poussière. Dans ce dernier état, elles attirent facilement l’humidité de l’air et se décomposent avec une facilité extrême. Aussi est-il indiqué de les conserver dans des vases bien secs, bien fermés, exposés à l’abri des rayons lumineux ou des excès de température.
11 n’est pas de médicament plus souvent employé que les poudres, il n’en est pas non plus dont la
POU
POU
médecine retire de meilleurs effets. On les prescrit habituellement en paquets, seules, ou mêlées avec une substance inerte lorsqu’elles sont très actives et qu’elles s’ordonnent en très faible quantité. On les fait prendre avant, au commencement ou après les repas, suspendues dans un véhicule, tel que l’eau, le lait, le vin, une tisane, une eau distillée, incorporées dans du miel, du sirop, des confitures, ou enveloppées dans une tranche de soupe, du pain azyme, un pruneau, un grain de raisin; ou encore enfermées dans les capsules LeHuby ou les cachets médicamenteux de Limousin (V. ces mots), sans compter que, mêlées à d’autres substances, elles servent à composer des potions, des électuaires, des mixtures, des pilules, des dragées et une foule d’autres produits médicamenteux.
La dose à laquelle on les administre varie beaucoup; elle peut être comprise entre un milligramme jusqu’à un et plusieurs grammes par jour. Tout ce qu’on peut en dire de plus général, c’est que leur activité est en rapport avec la substance qui les fournit. Les poudres destinées à l’usage externe sont utilisées : tantôt telles quelles, en applications topiques sur les plaies, en inhalations par la bouche ou les narines, en insufflations dans les yeux, les fosses nasales, le canal de l'urèthre, le vagin, etc.; tantôt sous forme de solutés, de pâtes, de cataplasmes, etc. Dr Marc Camboulives.
POUDRES (OUVRIERS EMPLOYÉS A LA FABRICATION OU A la manipulation des). — Hygiène professionnelle. — On sait que la poudre de guerre, la poudre de chasse et la poudre de mine sont formées par un mélange en proportions variables, de nitrate de potasse ou salpêtre, de soufre distillé en masse, et de charbon de bois finement pulvérisé. Ces trois matières sont d’abord préparées chacune séparément pour être amenées au degré de finesse voulue avant d’être réunies dans un mélange qui subira encore certaines manipulations, comme le pilonnage, le séchage, le criblage et le lissage, avant d’arriver au dernier degré de perfectionnement cherché pour chaque espèce de poudre.
11 n’y a pour les ouvriers qui se livrent à la fabrication de la poudre aucun autre danger que celui de l’explosion. Je ne parle pas ici des précautions que prendront les ouvriers chargés soit de la distillation du soufre, soit de la carbonisation du bois qui doit fournir un charbon sec, très léger, très friable, à cassure nette et lisse. Les premiers devront surtout éviter l’aspiration des vapeurs d’acides sulfureux, les seconds se tenir en garde contre les accumulations d’oxyde de carbone.
Pour mettre à l’abri des explosions les ateliers où se fabrique la poudre, ils doivent être construits d’une certaine façon. Ils ne doivent pas contenir de fer, au moins d’une manière apparente, ni aucune substance qui, par un choc, pourrait déterterminer la production d’une étincelle. Les ouvriers ne doivent avoir sur eux ni allumettes, ni couteau, ni boucles en acier. Ils doivent, avant d’entrer dans les ateliers, retirer leurs chaussures et mettre des sandales ou des chaussons de lisière. Les chambres de travail seront largement aérées, et refroidies par des aspersions d’eau sur les planchers et sur les Dictionnaire polulaire de Médeclne usuelle.
toitures. Les rayons du soleil devront être arrêtés par des rideaux d’une épaisseur convenable.
Quand la poudre préparée est destinée au chargement de cartouches, la quantité de poudre est divisée en petites fractions et distribuée à des ouvriers dans des bâtiments isolés les uns des autres, de manière qu’une explosion survenant dans l’un d’eux, se trouve limitée, par suite de la petite quantité de poudre mise en manipulation, et que l’incendie qui suit presque infailliblement cet accident ne se propage pas aux autres ateliers.
Les précautions que prendront les ouvriers dans le travail des poudres de guerre, de chasse ou de mine, sont encore plus nécessaires pour les hommes qui travaillent aux poudres essentiellement explosives, comme le fulminate de mercure, le fulmi-coton, le picrate de potasse, etc. Ces substances sont bien autrement dangereuses à manier que les poudres de guerre. Elles détonent avec la plus grande facilité non seulement sous l’influence d’une étincelle, mais un choc, un frottement même à peine sensible, et pour quelques-unes des modifications intimes, encore mal connues, qui se produisent spontanément dans le corps même, suffisent pour en déterminer l’explosion.
Les artificiers devront, dans la préparation de leurs pièces, se soumettre aux précautions que nous avons indiquées plus haut et les exagérer même si c’est possible, car ils ont à la fois à manier les fulminates et la poudre proprement dite. Nous n’avons pas à insister sur les dangers inhérents à la préparation du fulminate de mercure et sur les vapeurs délétères d’éther cyanhydrique qui se dégagent pendant cette fabrication, car l’artificier reçoit le fulminate tout préparé, il n’a plus qu’à le mettre en usage. C’est principalement sur l’extrême division des produits et sur l’isolement des ateliers ne contenant chacun qu’un très petit nombre de personnes qu’il faudra insister. Il existe à cet égard un grand nombre d’ordonnances de police que chaque entrepreneur devra connaître et auxquelles il lui faudra se soumettre rigoureusement, et dont nous ne rappellerons que les titres et les dates, à cause de leur longueur:
1’ Ordonnance du roi relative à la fabrication et au débit des poudres détonantes et fulminantes (25 juin 1823);
2° Prescriptions du Conseil de salubrité relatives aux poudres fulminantes (1835);
3° Ordonnance du roi portant règlement sur les fabriques de fulminate de mercure, amorces fulminantes, etc. (31 octobre 1836);
4° Ordonnance de police concernant la conservation -et la vente des capsules et autres préparations détonantes (21 mai 1838);
5° Arrêté concernant les dépôts des poudres des mines pour le service des carrières (8 juillet 1839);
6° Loi du 18 juin 1870 ;
7° Extrait du décret du 12 août 1874, divisant en deux catégories les matières pouvant être cause d’explosion ou d’incendie;
8° Arrêté ministériel concernant le transport des matières dangereuses par le chemin de fer (1er décembre 1874);
9* Décret qui prescrit les mesures à prendre pour
POU
POU
le transport par eau des marchandises dangereuses (31 juillet 1875);
10° Loi relative à la poudre dynamite (8 mars 1875);
11° Décret portant règlement d’administration publique pour l’exécution delà loi du 8 mars 1875, relative à la dynamite (24 août 1875);
12° Instruction du Conseil général des mines sur les précautions relatives h l’emmagasinement et à l’emploi de la dynamite;
13° Décret concernant les huiles de pétrole, de schiste, essences et autres hydrocarbures (19 mai 1873);
14° Ordonnances concernant les incendies (15 septembre 1875);
15° Instruction du Conseil d’hygiène et de salubrité concernant les tuyaux de fumée (9 avril 1875).
Dr Paul Labarthe.
PODDRETTE (fabriques de). — Hygiène industrielle. — Les fabriques de poudrette sont rangées dans la première classe des industries insalubres, à cause des dégagements abondants de gaz ammoniac et d’hydrogène sulfuré, des écoulements d’eaux, de résidus insalubres qui corrompent les sources, altèrent les cours d’eau et les rivières, enfin, à cause des odeurs fort incommodes qu’elles dégagent et qui se répandent au loin.
Voici, résumées d’après Bunel, les prescriptions les plus habituelles auxquelles doivent se soumettre les fabricants de poudrette ;
1° Désinfecter les matières aussitôt leur arrivée à la fabrique;
2° Traiter de suite pour la fabrication des sels ammoniacaux les liquides ou eaux vannes plus ou moins séparées des matières solides dans le travail des fosses fixes, de manière à les laisser séjourner le moins possible dans les réservoirs où elles sont provisoirement reçues;
3° Opérer la séparation des matières liquides et des matières solides au moyen d’une décantation méthodique dans des bassins construits en matériaux imperméables, disposés dans des hangars clos et surmontés de hautes cheminées d’aération ;
4° Opérer dans des étuves fermées, chauffées par la chaleur perdue des eaux provenant du traitement chimique, la dessiccation des matières et résidus divers disposés dans les opérations pour amener ces matières au degré de consistance nécessaire à leur conversion en poudrette;
5° Déposer, avant leur conversion en poudrette, les produits solides dits rachèvement de la vidange des fosses fixes ordinaires et ceux provenant des fosses a système diviseur dans des tranchées ou bassins étroits entourés de digues absorbantes, épaisses, qui seront entretenues avec soin et recouvertes d’une couche de matières absorbantes de composition analogues à celle des digues, sur une épaisseur suffisante pour empêcher les émanations au dehors ;
6° Transvaser les liquides des bassins aux appareils distillatoires au moyen de pompes, ainsi que les liquides résiduaires sortant de l’appareil distillatoire, pour les envoyer aux filtres destinés à la séparation des matières solides ;
7° Ramener sous les grilles des foyers les gaz et
les vapeurs non fixés dans le récipient saturateur et non concentrés dans le réfrigérateur;
8° Elever à 30 ou 40 mètres la cheminée de la fabrique de sels ammoniacaux et y diriger les buées des étuves;
9° Ne laisser séjourner aucune voiture ni instrument de vidange en dehors de la fabrique;
10° Avoir l’eau en abondance pour faciliter le lavage des voitures, tinettes, etc.;
1 1° Conduire souterrainement à l’égout ou à la rivière les eaux de lavage;
12° Clore l’établissement de murs et l’entourer d’arbres. Dr Paul Labarthe.
PODGUES (EAUX minérales de). — Pougues, station du chemin de fer de Lyon, à 4 heures de Paris, est un chef-lieu de canton du département de la Nièvre, situé à 13 kilomètres de Nevers, dans la riche et spacieuse vallée de la Loire. Ses eaux minérales , bicarbonatées calciques froides déjà connues des Romains, furent très fréquentées aux XVIIe et XVIIIe siècles et voient leur vogue grandir chaque année.
D’après l’analyse la plus récente, faite en 1884 au laboratoire de l’École des Mines, par l’ingénieur en chef Carnot, la source Saint-Léger, don* la température et de 12°, contient un peu plus de 2 grammes d'acide carbonique et l6r,70 de bicarbonate de chaux par litre. On y trouve aussi une petite quantité de fer à l’état de bicarbonate de protoxyde de fer, de la magnésie, de l’arsenic, de la lithine et de l’iode. Limpides, incolores, sans odeur, d’une saveur fraîche, aigrelette et piquante, qui les rend très agréables à boire, les eaux de Pougues sont employées en boissons, en bains et en douches. La base du traitement est la boisson comme pour toutes les eaux alcalines froides; les bains de baignoire ou de piscine et les douches froides ou chaudes, générales ou locales, qui constituent le traitement externe, peuvent être considérés comme les adjuvants de la médication interne. On administre aussi à Pougues les douches d’acide carbonique. L’établissement thermal a été admirablement organisé, et son directeur, notre excellent ami Jéramec, a apporté dans son aménagement hydrothérapique tout l’art et toute la science que l’on était en droit d’attendre de l’ancien élève de l’École polytechnique, qui fut un des organisateurs du pavillon des eaux minérales à l’Exposition universelle de 1878.
Les eaux de Pougues prises en boisson (la source Saint-Léger est exclusivement affectée à cet usage) sont sédatives, digestives, toniques et reconstituantes. Leur premier effet physiologique est de réveiller l’appétit, d’exciter les fonctions de l’appareil gastro-intestinal et par suite de rendre la digestion plus prompte et moins laborieuse. Elles ont de plus une action toute spéciale sur l’appareil urinaire, dont elles augmentent les sécrétions et les excrétions. Elles rendent les urines alcalines et entraînent avec elles, au dehors, les différents dépôts pathologiques, sables, graviers, muco-pus, qui peuvent se trouver dans le rein ou dans la vessie. Enfin, grâce au fer qu’elles contiennent, les eaux de Pougues n’ont pas, même par un usage pro-
POU
POU
longé, l’action anémiante des eaux bicarbonatées sodiques signalée par Trousseau; elles exercent au contraire une action tonique qui se manifeste par l’augmentation des globules rouges du sang et évitent, grâce à la présence de la magnésie, l’effet de constipation consécutif à l’usage des martiales fortes. Trousseau a donc eu raison lorsqu'il a dit que les eaux de Pougues étaient les seules eaux alcalines reconstituantes.
Les indications des eaux de Pougues découlent de leur minéralisation et de leur action physiologique. Elles sont employées avec succès dans les troubles de la digestion, dans les gastralgies, dans les dyspepsies purement nerveuses, c’est-à-dire dans les dyspepsies qui ne sont point des manifestations des diathèses herpétique et rhumatismale; mais, par cela seul qu’elles agissent dans la diathèse urique, elles s’adressent aussi aux dyspepsies acides et goutteuses.
En leur qualité d’eaux alcalines, elles agissent d’une façon très remarquable contre toutes les manifestations de la diathèse urique, gravelle, colique néphrétique, calculs urinaires, cystite chronique, catarrhe vésical, etc. Dans la gravelle rouge ou urique, non seulement elles éliminent le sable emmagasiné dans les anfractuosités de l'appareil urinaire, mais encore, elles préviennent la formation ultérieure des dépôts calcaires, et par suite, naturellement, les douleurs si atroces des coliques néphrétiques. Dans le catarrhe vésical, elles modifient avantageusement les sécrétions de la muqueuse vésicale. « 11 n’est pas facile d’obtenir à Vichy, d’après mon expérience personnelle, dit Durand-Fardel , une guérison proprement dite du catarrhe vésical, aussi ai-je l’habitude, quand les résultats favorables ont été obtenus à Vichy, de conseiller un complément de traitement à Pougues.
Sous l’influence des eaux de Pougues, les congestions chroniques ou engorgements du foie, de même que les coliques hépatiques sont toujours améliorées, si non guéries.
Les eaux ont aussi une action très marquée sur le diabète. « Sous leur influence dit le professeur agrégé Lécorché, dans son Traité du diabète, on voit rapidement se produire une diminution et même une disparition de la glycosurie, une diminution de la polyurie, en même temps qu’on constate un arrêt de l’amaigrissement, parfois un retour a un état d’embonpoint relatif et enfin un retrait du foie. »
Enfin, la chaux et le fer qu’elles contiennent les rendent précieuses au point de vue de la reconstitution de l’organisme dans les cas d’anémie, de chlorose et dans les affections leucorrhéiques et dysménorrhéiques qui, si souvent, accompagnent cet état chez la femme.
Telles sont les principales indications des eaux de Pougues, celles sur lesquelles — chose peu commune — se trouvent absolument d’accord les professeurs et les médecins des hôpitaux les plus éminents: Trousseau, Tardieu, Grisolles, Bouchardut, Gubler, Germain Sée, Jaccoud, Péter, Bazin, Guéneau de Mussy, Bouchut, Dujardin-Beaumetz, Gallard, Durand-Fardel, Lécorché, Desnos, Martineau, etc.,
ainsi qu’il est facile de s’en assurer en lisant, leurs ouvrages.
Rappelons en terminant, que, en raison de leur composition chimique, de leur température originelle, de leur richesse en acide carbonique et des précautions minutieuses prises pour leur embouteillage et leur expédition, les eaux de Pougues se transportent et se conservent parfaitement. Ce qui permet aux malades qui ne peuvent se rendre à cette station, de faire leur cure à domicile, et à ceux qui reviennent de Pougues, d’avoir recours ses eaux dans l’intervalle d’une cure à l’autre.
Dr Paul Labarthe.
PODILLET (SULFUREUX). — Le sulfureux Pouillet est un produit spécial, à base de sulfure de calcium, qui donne une eau sulfureuse entièrement semblable aux eaux minérales sulfureuses naturelles et d’une conservation indéfinie, dont nous sommes redevables à Pouillet, l’illustre professeur de chimie du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris. Ce savant ayant remarqué, alors qu’il était directeur d’une source sulfureuse bien connue, que ces eaux s’altéraient très rapidement loin de la source parsuite de la décomposition au contact de l’air de l’élément sulfureux qu’elles contiennent, et devenaient inertes, ce savant fit plusieurs analyses complètes de ces éléments, et parvint ensuite à reproduire par synthèse le minéral complexe qui, dans l’intérieur de la terre, rend sulfureuse l’eau qui le baigne. Avant lui, de nombreux essais dans ce sens avaient été tentés par divers chimistes, mais tous étaient restés infructueux. Le premier il réussit à doter la thérapeutique d’un produit nettement défini, toujours identique dans sa composition, d’une conservation indéfinie, qui permet de fabriquer instantanément une eau sulfureuse artificielle en tout semblable à l’eau minérale naturelle puisée à la source même et produisant des effets identiques.
Aussitôt découvert, le sulfureux Pouillet fut expérimenté dans les hôpitaux civils de Paris, à l’Hôtel- Dieu, à Saint-Louis, aux Enfants-Malades, etc., par les professeurs Jobert de Lamballe et Richet, de l’Institut, par Bazin, Giraldès, etc., puis dans les hôpitaux militaires, et les résultats furent si remarquables que le produit nouveau, soumis au jugement de l’Académie de Médecine, reçut l’approbation de la savante Compagnie, après le rapport de Robinet, l’un de ses membres.
On lit dans ce rapport : « 50 centigrammes de cette poudre (sulfureux Pouillet) projetés dans un litre d’eau, donnent une eau sulfureuse qu’il est impossible de distinguer au goût des eaux sulfureuses naturelles. Cette eau artificielle, essayée dans plusieurs hôpitaux de Paris par d’honorables praticiens, a paru réunir toutes les propriétés qu'on recherche dans les eaux sulfureuses. Elle a été parfaitement supportée par les malades. Le Conseil de Santé des armées a fait essayer les eaux préparées avec la poudre de M. Pouillet, et en a autorisé l’emploi dans les hôpitaux militaires. Les membres de votre Commission ont répété eux-mêmes ces expériences et se sont assurés, d’une part, que la dose indiquée donnait une bonne eau sulfureuse, et,
POU
POU
de l’autre, que cette poudre se conservait très bien. » Et plus loin : « La Commission n’ignore pas qu’il a été fait diverses tentatives pour obtenir un résultat analogue, mais ces tentatives n’ont rien produit d’utile ni de pratique. Aujourd’hui l’usage des eaux sulfureuses artificielles est extrêmement restreint, ce qui paraît fâcheux. Nous espérons que la grande facilité qui résultera de l’emploi du sulfureux Pouillet étendra l’usage d'un médicament précieux à tant de titres, et qui manque souvent au praticien. »
Nousn’ajouteronsrienàcette appréciation del’Académie de médecine. Nous rappellerons seulement les principales indications du sulfureux Pouillet.
A l’intérieur, ce produit est souvent ordonné avec succès, à la dose de 12 centigrammes chaque matin dans un demi-verre de lait sucré ou d’eau tiède, dans la bronchite aiguë, dans la bronchite chronique catarrhale, dans l’asthme humide, pour aider les bronches à chasser les mucosités qui les obstruent, dans la laryngite, dans l’angine glanduleuse, avec voix dure, rauque, éraillée, basse, phénomènes si fréquents chez les chanteurs, les prédicateurs, les avocats, les professeurs, les fumeurs, etc.; dans la coqueluche. 11 est un des plus sûrs moyens de calmer la toux, d’empêcher les rhumes de dégénérer en bronchite chronique. Enfin, il est employé avec succès dans la phthisie, et la raison d’être des cures obtenues par cet agent, c’est que le bacille de la tuberculose (qui depuis les travaux de Robert Koch est caractéristique des maladies de poitrine), ne peut vivre dans l’eau sulfureuse obtenue avec le sulfureux Pouillet.
A l’extérieur, le sulfureux Pouillet, sous forme de bains, est indiqué dans le lymphatisme, la scrofule et les diverses manifestations de ces deux diathèses. 11 produit d’excellents effets dans les rhumatismes chroniques, et dans la goutte atonique. Il a aussi une action très favorable dans le traitement de la syphilis secondaire et tertiaire, en activant la nutrition qui, en détruisant plus vite la matière vivante contaminée, accélère l’élimination du virus syphilitique.
Enfin, le sulfureux Pouillet est souvent prescrit par les médecins dans certaines maladies de la peau, notamment dans les diverses manifestations de la diathèse herpétique, sous forme de bains et de boisson.
Le sulfureux Pouillet est préparé sous deux formes spéciales, correspondant à son usage interne et externe, la première pour boisson, la seconde pour bains. Le sulfureux pour boisson s’emploie de la manière suivante : on verse le contenu de la petite mesure (12 centigrammes) qui accompagne la poudre, dans un verre d’eau ou de lait chaud sucré ou non, on remue avec une baguette de bois, et au bout de cinq minutes on boit. Le sulfureux pour bain est versé dans l’eau de la baignoire qui est au degré de chaleur voulue, on agite simplement l’eau et, au bout d’un instant, le bain est préparé.
Rappelons en terminant que, outre les avantages déjà signalés, le sulfureux Pouillet en a encore deux à son actif: il présente sur les eaux minérales une économie considérable, et il rend la cure hydrominérale sulfureuse possible en toute saison
et à domicile, ce qu’apprécient vivement les personnes qui ne peuvent pas aller aux eaux, soit à cause de leurs occupations, soit pour des raisons budgétaires. D-c. Sarran.
POULET. — Les poulets, poules, poulardes, chapons, sont des oiseaux de basse-cour, qui tiennent une place importante dans notre alimentation, ont une chair blanche, nourrissante et de digestion facile, lorsqu’ils ne sont pas trop gras et mangés sautés ou rôtis, sans truffes. Ils conviennent à tous les estomacs et sont recherchés avec raison des convalescents. p. i.
POULS. — Le pouls est ce mouvementée dilatation imprimé à l’arbre artériel par l’ondée sanguine qu’y projette la contraction des ventricules du cœur.
Le pouls coïncide donc avec la systole ventriculaire, le choc de la pointe, le premier bruit ou le premier temps, ou pour parler plus exactement, il les suit, mais de si près, que ce n’est guère que sur les artères très éloignées du cœur que l’on peut apprécier un intervalle entre la pulsation et la contraction cardiaque.
Manière d’examiner le pouls. — Pour examiner le pouls, vous appliquez la pulpe de l’index, du médius et de l’annulaire sur l’artère radiale, au voisinage du poignet; là, en effet, cette artère est très superficielle et elle repose sur un plan résistant qui en facilite la compression; la main du malade est légèrement fléchie, son bras repose sur un point d’appui; vous explorez son pouls à diverses reprises, car l’émotion causée par votre présence et votre examen suffisent pour accélérer les contractions du cœur et, par conséquent, augmenter le nombre des pulsations.
Avec un peu d'habitude, on apprécie aisément le nombre des pulsations pendant un temps donné; mais, pour plus d’exaclitude, on peut compter ces pulsations avec une montre a seconde.
Pouls normal. — Le pouls normal présente, quant à sa fréquence, des variétés relatives :
1° A l'âge. — Chez les enfants nouveau-nés, le pouls est très fréquent, il bat environ 130 pulsations à la minute, de six mois à un an, 120 pulsations, puis cette fréquence diminue graduellement; à l’époque de la puberté, le nombre des pulsations est de 70 à 80, dans l’âge adulte de 60 à 70, dans la vieillesse de 70 à 80, à peu près comme à l’époque de la puberté.
2° Au sexe. — Le pouls est plus fréquent chez la femme que chez l’homme (de 10 à 14 pulsations par minute).
3° Variétés individuelles. — Il est des personnes chez lesquelles le nombre des pulsations s’éloigne beaucoup de la moyenne physiologique et cela sans qu’elles en éprouvent le moindre inconvénient : chez les unes ce nombre est très diminué, il atteint à peine 40 pulsations par minute (tel était, au dire de Rochoux,le pouls de l’empereur Napoléon), chez d’autres, au contraire, il dépasse 100 pulsations.
4° Influences diverses. — Le nombre des pulsations peut, chez la même personne, diminuer ou augmenter sous une foule d’influences : il diminue
POU
POU
pendant le repos, le sommeil, la diète, l’état de convalescence, à la suite de pertes sanguines, de sécrétions exagérées; il augmente sous l’influence de l’émotion, du mouvement, de l’ingestion des aliments, de la grossesse, etc.
La taille du sujet, elle-même, exerce une influence sur le nombre des pulsations, ainsi ce nombre diminue à mesure que la taille s’élève; ceci est vrai non seulement pour l’homme, mais dans toute lasérie animale. Outre la fréquence des battements, lepouls présente bien d'autres caractères , il est large, fort, dur, plein, ou, au contraire, petit, serré, faible, mou, dépressible, filiforme , etc. On conçoit combien il était difficile d’apprécier les nuances qui séparent l’état physiologique de l’état morbide, jusqu’au jour où Marey découvrit le sphygmograpke (V. ce mot) qui permet d'enregistrer toutes les qualités du pouls.
Voici la figure donnée par le sphygmographe qui retrace les diverses qualités du pouls normal.
Le pouls intermittent et irrégulier se rattache souvent à une lésion organique du cœur : si le cœur est intact, il faut songer à une affection nerveuse; si cette irrégularité survient dans le cours d’une affection fébrile, si le pouls est en même temps fréquent, petit et faible, il devient un signe de mort prochaine.
D'ailleurs, dans toutes les maladies autres que les lésions organiques du cœur et des artères, le pouls ne présente pas de caractères pathognomoniques, il fournit seulement des indications très utiles à rapprocher des autres signes.
Au contraire, dans les lésions du cœur et des gros vaisseaux, ce tracé présente des caractères de la plus haute valeur. d> Léon moynac.
POUMONS. — Anatomie. — Les poumons sont les principaux organes de la respiration. Enveloppés par les plèvres (V. ce mot), sauf au niveau de
Fig. 1088. — Pouls normal.
Le tracé de chaque pulsation se compose de trois parties : la ligne d’ascension, le sommet et la ligne de descente :
f° La ligne d’ascension correspond à l'afflux du sang dans l’artère et à la distension de ce vaisseau; plus la projection est rapide et énergique, plus cette ligne se rapproche de la verticale ;
2° Le sommet ou plateau se produit dans ce court instant où l’artère distendue va revenir sur elle-même en vertu de son élasticité;
3° La ligne de descente correspond au retour de l’artère à ses dimensions premières; cette ligne de descente est oblique, car ce retour est graduel et n'a pas la brusquerie de l’expansion; de plus, on voit qu’elle est brisée et présente un ressaut, c’est que le mouvement de descente éprouve un temps d’arrêt occasionné par la difficulté qu’éprouve le sang à pénétrer dans le système capillaire.
Ce temps d’arrêt est désigné sous le nom de dicrotisme ; il n’est appréciable au doigt que lorsqu’il est exagéré, comme dans la fièvre typhoïde.
Pouls pathologique. — 11 est peu d’états morbides qui n’altèrent le pouls, au moins dans quelquesuns de ses caractères; ainsi :
Sa fréquence est accrue dans toutes les maladies fébriles, et, pendant longtemps, c’est presque exclusivement sur ce caractère qu’on a basé le diagnostic de l’état fébrile.
Elle est diminuée dans un grand nombre d’affections cérébrales (surtout dans les états comateux), parfois dans les maladies organiques du cœur, mais surtout après l’administration de la digitale.
Fig. 1089. — Coupe de la région pectorale destinée (démontrer la disposition des poumons, des plèvres et du péricarde.
1, 2, 3, 4, 5. Poumons. — 6, 7. Cœur enfermé dans le péricarde. — 8. Veine cave supérieure formée par la réunion de deux troncs veineux brachio-céphaliques. — 9, 10. Tronc veineux brachio-céphalique. — 11,12. Veines jugulaires internes - 13. Artère carotide primitive. — 14. Corps thyroïde. — 13. Nerf phrénique — 16, 17. Coupe des plèvres — 18. Face supérieure du diaphragme. — 19. Côtes. — 20. Muscle transverse.de l’abdomen. — 21. Ligne blanche.
leur racine, ils sont au nombre de deux : l’un droit, l’autre gauche; ils occupent la cavité thora-
POU
POU
cique, séparés l’un et l’autre par les organes du médiastin et reposent sur le diaphragme.
Leur volume présente : 1° des variétés individuelles que l’on peut très exactement apprécier par les dimensions du thorax; 2° des différences avec la quantité d’air qu’ils renferment.
Deux poumons de capacité ordinaire renferment à la fin de l'inspiration 4 litres de gaz, et à la fin de l’expiration 3 litres et demi : ainsi donc une respiration ordinaire met en mouvement un demi-litre de gaz.
Le poumon droit est plus volumineux que le poumon gauche.
Poids. — Il faut distinguer au poumon un poids absolu et un poids spécifique.
Le poils absolu, naturellement très variable, a été évalué, en moyenne, chez l’homme, à 1200 grammes; chez la femme à 950 grammes; et chez le fœtus à terme qui n’a pas respiré, à 62 grammes.
Le poids spécifique des poumons est de 0,490; il est donc inférieur à celui de l’eau. Le poumon placé dans l’eau surnage; cette légèreté est due à la présence de l’air dans les vésicules pulmonaires; en effet, chez l’enfant qui n’a pas respiré le poumon est plus lourd que l’eau, il plonge dans ce liquide.
Couleur. — D’un blanc rosé chez l’enfant, grisâtre ou ardoisé chez l’adulte, le poumon présente, à partir de quarante ans, une foule de petites taches noirâtres, dues à la présence de granulations pigmentaires qui s’accumulent dans les interstices des lobules.
Consistance et élasticité. — Le poumon est mou, spongieux ; sa consistance se rapproche de celle d’une éponge; il cède sous la pression du doigt, en produisant une crépitatioa particulière due à la déchirure de quelques alvéoles produite par le passage de l’air de l’un dans l’autre, pour reprendre sa forme dès que cesse la pression ; mais en même temps le poumon est très résistant; ainsi par les insufflations les plus énergiques, c’est à peine si l’on^parvient à faire éclater quelques vésicules.
Il est aussi très élastique, et cette élasticité est sa propriété fondamentale, car elle lui permet de suivre la dilatation du thorax et de revenir sur luimême lorsque les forces actives de l’inspiration ont cessé d’agir.
Forme et rapports des poumons. — Le poumon a la forme d'un cône aplati latéralement et dont la face interne est excavée pour loger le cœur. Cette forme permet de lui considérer deux faces , l’une externe, l’autre interne, une base, un sommet , et deux bords, l’un antérieur, l’autre postérieur.
La face externe est convexe, lisse; elle répond aux côtes et aux espaces intercostaux dont elle est séparée par les deux feuillets de la plèvre.
Cette face est parcourue par une scissure, oblique de haut en bas et d’arrière en avant; simple pour le poumon gauche qu’elle divise en deux lobes, elle se bifurque sur le poumon droit qu’elle divise en trois lobes.
La face interne, concave, présente vers sa partie moyenne, à l’union de ses deux tiers antérieurs
avec son tiers postérieur, un ensemble de tuyaux et de vaisseaux qui porte le nom de racine des poumons. Cette racine est formée : 1° parla bronche; 2° par une branche de l'artère pulmonaire placée à sa partie antéro-supérieure ; 3° par deux veines pulmonaires placées à sa partie antéro-inférieure; 4° par des vaisseaux et ganglions lymphatiques disséminés sur son pourtour; 5° enfin par \eplexus
Fig. 1090. — Principaux rapports des poumons.
(Organes thoraciques vus par leur face antérieure).
1. Os hyoïde. — 2. Trachée. — 3. Ventricule droit du cœur. — 4. Ventricule gauche du cœur. — 5. Artère pulmonaire se divisant en deux branches, la branche gauche est visible, tandis que la branche droite est masquée par l’artère aorte derrière laquelle elle passe. — 6. Crosse de l’aorte. — 7. Tronc brachiocéphalique embrassé par le nerf récurrent (15') et se divisant en deux artères, l’artère sous-clavière (8) et l’artère carotide primitive (9). — 10. Veine cave supérieure. — 11, 12 Poumons attirés en dehors. — 13. 14. Nerf pneumogastrique. — 15. 15'. Nerf récurrent. - 16. Corps thyroïde. — 17. Muscle scalène antérieur. — 18. Canal artériel. - 19. Ganglion de Wrisberg. — 20. Artère thyroïdienne supérieure. — 21 Muscle crico-thyroïdien. — 23. Muscle thyro-hyoïdien.
pulmonaire appliqué sur sa partie postérieure. La plèvre enveloppe cette racine.
Cette face interne répond aux organes contenus dans le médiastin, c’est-à-dire, en avant, au péricarde et au cœur, au nerf phrénique appliqué sur le péricarde; en arrière, à la veine azygos; à gauche, à l’aorte thoracique; à droite, à la veine cave supérieure, etc.
La base est profondément échancrée pour se mouler sur le diaphragme ; elle est limitée par deux bords: l’un, interne, concave, répond à l’angle formé par la fusion du péricarde avec le diaphragme ; l’autre, externe, convexe, est une petite languette qui s’insinue dans l’angle formé par le diaphragme et les côtes, mais habituellement il ne descend pas jusqu’au sinus costo-diaphragmatique. Il descend plus ou moins bas suivant l’état de dilatation du poumon.
POU
POU
Le sommet est arrondi et répond à la première côte qu’il déborde de plus d'un centimètre; il répond, en dedans, à l’artère sous-clavière.
Le bord antérieur, très mince, présente : à gauche, une échancrure qui correspond à la pointe du cœur ; à droite, deux échancrures moins marquées.
Le bord postérieur, plus gros, vertical et arrondi, se loge dans la gouttière costo-vertébrale et répond à la chaîne du grand sympathique.
Structure des poumons. — Le poumon se compose : A. de lobules pulmonaires; B. de divisions bronchiques ; C.
de vaisseaux.
A. Lobules pulmonaires. — Ce sont de petites cavités dont l’ensemble constitue le poumon; elles ont à peu près la forme de pyramides dont la base correspond à la surface du poumon, et dont le sommet, dirigé vers son centre, se continue avec une division terminale des bronches. C’est dans ces lobules que s’effectuent les échanges gazeux qui constituent la respiration.
Leur volume est d’environ 1 centimètre cube.
Le lobule pulmonaire peut être condidéré comme
sente : t" des cloisons incomplètes qui circonscrivent des loges nommées infundibula ; 2° des dèpres-
Fig. 1091 — Principaux rapports des poumons.
[ (Organes thoraciques vus par leur face postérieure).
Fig. 1092. — Lobule pulmonaire (d’après Robin).
A. Lobule grossi. — I. Origine du ramuscule bronchique qui se jette dans le lobule. — 2. 3. 6. Groupes de tubes terminés en culs-de-sac arrondis (vésicules). — A. Vésicules greffées le long du canalicule principal. — 5. Culs-de-sac (vésicules) terminaux des canalicules respirateurs.
B. Lobule de grosseur vraie. — 1. Canalicule. — 2, 3. 4. Parois du lobule.
une dilatation des divisions terminales des bronches; mais, afin d’offrir aux échanges gazeux une surface plus étendue, la cavité de ce lobule pré-
I. Face postérieure de] la trachée. —2. Face postérieure de la bronche droite. — 3. Face postérieure de la bronche gauche. — 4. Face postérieure de l'oreillette gauche du coeur dans laquelle se rendent les veines pulmonaires gauches (5) et droites (6). - 7. Branches gauches de l’artère pulmonaire. — 8. Crosse de l’aorte au moment où elle croise la bronche gauche pour s'appliquer sur le côté gauche de la colonne vertébrale. — 10, 10\ Veine cave supérieure. — lt. Embouchure de la veine cave inférieure dans l’oreillette droite du coeur. — 12, 12’. Face postérieure des ventricules du coeur.
sions hémisphériques , en cul-de-sac, sur toutes les parois de ces infundibula, dépressions désignées sous le nom de vésicules pulmonaires.
Les vésicules pulmonaires n’étant que des dépressions creusées sur les parois du lobule pulmonaire et de ses cloisons, leur structure est la même que celle du lobule; elles se composent : 1° d’une membrane fondamentale , mince, parsemée de noyaux et continue avec la gaîne fibreuse des bronches; 2° d’un épithélium.
Dans les parois de ces vésicules se ramifie le réseau capillaire formé par les divisions terminales de l’artère pulmonaire et les radicules originelles des veines pulmonaires, réseau dont les parois n’ont guère qu’un millième de millimètre d’épaisseur afin de se prêter aux échanges gazeux qui constituent 1 hématose.
Les lobules sont séparés les uns des autres par une couche de tissu conjonctif, uni à des fibres élastiques; on y trouve aussi des granulations pigmentaires, d’autant plus nombreuses que le sujet est plus âgé.
Fig. 1093.
Un lobule pulmonaire.
1,1. Cavité du lobule.— 2,2. Infundibula.
POU
POU
B. Divisions 'bronchiques. — En pénétrant dans l’épaisseur des poumons, les bronches se divisent et se subdivisent un grand nombre de fois, et finalement se terminent par de petits conduits qui aboutissent aux lobules pulmonaires.
Dans ces divisions successives, les parois des divisions bronchiques présentent de grandes modifications de structure; pour les exposer avec clarté, on peut :
t° Grouper les divisions bronchiques en quatre ordres (1", 2*, 3' et 4' division bronchique);
2° Étudier dans chacun de ces ordres les modifications subies par les diverses parties constituantes des grosses bronches (gaine fibreuse, cerceaux cartilagineux, fibres musculaires et élastiques, glandes et épithélium).
1° Divisions bronchiques du •premier ordre. — Leur structure est la même que celle des bronches, c’est-à-dire qu’elles possèdent une gaine fibreuse, renfermant des cerceaux cartilagineux réguliers, des fibres musculaires et des fibres élastiques disposées sur la partie postérieure de cette gaine et de de ses cerceaux, des glandes, et un épithélium vibratile stratifié.
2° Divisions bronchiques du deuxième ordre. — La gaine fibreuse ne renferme plus que des fragments de cerceaux cartilagineux irrégulièrement disséminés sur toute sa circonférence; ses fibres musculaires et élastiques forment un cercle presque complet, il existe encore des glandes, mais leur épithélium est vibratile simple au lieu d’être stratifié.
3° Divisions bronchiques du troisième ordre. — La gaine fibreuse ne renferme plus de noyaux cartilagineux, les fibres musculaires et élastiques forment un cylindre complétai n’y a plus de glandes et l’épithélium est encore vibratile et simple,
4° Divisions bronchiques terminales. —
Elles présentent la même structure que les divisions bronchiques du troisième ordre, mais elles en diffèrent en ce que l’épithélium est devenu pavimenteux au lieu d’être vibratile.
C. Vaisseaux du poumon. — Les vaisseaux du poumon sont de deux ordres : les uns destinés à la nutrition de l’organe (vaisseaux bronchiques), les autres sont destinés à l’hématose (vaisseaux pulmonaires).
Vaisseaux bronchiques. — Les artères bronchiques accolées à la partie postérieure et inférieure des bronches pénètrent avec elles dans les poumons et les accompagnent dans toute l’étendue de leur distribution. Elles fournissent des vaisseaux à toutes les parties constituantes du poumon, c’est-àdire à toutes les divisions bronchiques, aux parois de 1 artère pulmonaire et des veines ( vasa vasorum) et au tissu conjonctif.
Les veines bronchiques proviennent des grosses divisions bronchiques et du tissu conjonctif.
Vaisseaux pulmonaires . — L’artère pulmonaire s’accole, de chaque côté, à la bronche correspondante, pénètre avec elle dans le poumon, se divise comme elle, et l’accompagne dans toute l’étendue
Fig. 1094.
Conformation extérieure, organisation intérieure et structure du poumon.
[Figure demi-schématique du Dr Fort).
1. Scissure inférieure du poumon, —2. Surface extérieure, lignes polygonales limitant les lobules secondaires. — 3. Face médiastine du poumon. — 4. Bronche. — 5. Artère pulmonaire.
— 6. L’une des veines pulmonaires. — 7. Nerfs pulmonaires.
— 8 Lobules secondaires aux extrémités des divisions bronchiques. — 9. Surface extérieure de deux lobules primitifs considérablement grossis. — 10. Autre lobule grossi pour montrer les cellules épithéliales. — 11. Autre lobule grossi pour montrer les cloisons et les vésicules pulmonaires qu’elles séparent. — 12. Autre lobule grossi pour montrer le réseau capillaire supposé vu au microscope. Entre ces lobules grossis on voit des mamelons formés par des lobules de dimensions normales.
de sa distribution pour se rendre au lobule pulmonaire. Elle forme à la périphérie de chaque lobule un réseau dont les mailles se ramifient dans les parois des vésicules pulmonaires.
POU
POU
Les veines pulmonaires proviennent : 1° du réseau capillaire des vésicules pulmonaires; 2° du réseau capillaire des petites bronches. Nées de cette double origine, les veines pulmonaires se réunissent en rameaux et branches qui, à leur sortie du poumon, forment de chaque côté deux troncs qui vont se jeter dans l’oreillette gauche et portent le nom de veines pulmonaires.
Nerfs du poumon. — Les nerfs du poumon proviennent du plexus pulmonaire, formé lui-même par le nerf grand sympathique et le nerf pneumogastrique; appliqués sur les divisions bronchiques, ils pénètrent avec elles dans les poumons et se distribuent à leur tunique muqueuse et musculeuse.
Lymphatiques du poumon. — Les vaisseaux lymphatiques du poumon sont disposés en deux réseaux, l’un superficiel, l’autre profond. Le premier, placé dans le tissu cellulaire sous-pleural, est très riche et donne naissance à des troncs qui s’enfoncent dans l’épaisseur des poumons. Le second embrasse le lobule pulmonaire et ses divisions et donne naissance à des troncs qui se joignent aux précédents pour sortir du poumon au niveau du hile; là, ils se jettent dans les ganglions pulmonaires placés autour du hile et dans les ganglions bronchiques placés autour des bronches.
Fonctions du poumon. — (V. Respiration .)
Contusions et déchirures du poumon. — Dans des cas très rares, le poumon peut être contusionné et déchiré par une violence extérieure, sans qu’il y ait ni perforation des téguments, ni même fracture de côtes.
L’élasticité du poumon semblerait devoir le mettre à l'abri d’un semblable accident, mais il faut remarquer que, dans l'effort, la glotte se ferme, maintient l’air dans les poumons, et ceux-ci, distendus, ne peuvent fuir la compression de la cage thoracique; pour qu’une contusion du thorax puisse déterminer une contusion du poumon, il faut donc que celui-ci soit distendu par un effort, et c’est cet effort que fait instinctivement le blessé au moment de l’accident.
Toutefois, les contusions et déchirures du poumon s’observent bien plus souvent dans les cas de plaies pénétrantes, de fractures de côtes.
La contusion peut exister à divers degrés : 1° Tantôt c’est une simple infiltration sanguine avec ecchymose sous-pleurale; 2" tantôt ce sont de petits foyers sanguins, disséminés au milieu de l’infiltration; 3° tantôt, enfin, le poumon est déchiré, broyé et creusé de vastes foyers sanguins.
La plèvre est intacte ou déchirée; dans les deux cas, il existe de l’emphysème. Les parois du thorax peuvent être intactes, ce sont ces cas que nous étudions ici ; mais il faut rappeler que la contusion du poumon se présente avec les mêmes caractères lorsqu’elle coexiste avec une fracture de côte ou un délabrement plus ou moins étendu des parois thoraciques.
La contusion du poumon se traduit par des signes fonctionnels et physiques dont l’intensité très variable est naturellement en rapport avec le degré de la contusion.
Est-elle légère’ Le blessé éprouve une douleur au niveau du point contus, il respire avec peine et Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
souvent crache un peu de sang, on constate, au niveau de la lésion, de la submatité et une absence du murmure vésiculaire.
Deux ou trois jours après l’accident, il se déclare, très souvent du moins, une pleurésie ou une pneumonie ; c’est par ces complications, ainsi que par l’hémoptysie et la submatité, que l’on peut diagnostiquer la contusion du poumon.
E>t-elle grave? Les symptômes sont bien plus accentués, la douleur est vive, la dyspnée très pénible, le pouls petit, fréquent; il se produit ordinairement une hémoptysie abondante et un emphysème qui débute par la base du cou pour s’étendre plus ou moins.
La matité est très nette, cependant si une déchirure de la plèvre a permis l’accès de l’air dans sa cavité, le pneumothorax se traduit par une résonnance tympanique, etc.; si la plèvre est restée intacte, on entend du gargouillement, du souffle.
Dans les deux cas, le blessé peut guérir, mais il succombe souvent, peu de temps après; il est alors emporté par la pneumonie, la gangrène pulmonaire, etc.
Le traitement consiste tout d’abord à chercher à combattre l’affaissement du blessé, à arrêter l’hé morrhagie par l’usage des boissons cordiales, des frictions excitantes, par la ligature des membres, l’application de la ventouse de Junod, la glace, etc. La seconde indication consiste à diminuer la réaction inflammatoire par la saignée, etc.
Plaies du poumon. — La plupart des plaies pénétrantes de poitrine déterminent des blessures du poumon (on sait que ces plaies sont souvent la conséquence de fractures de côtes sans solution de continuité des téguments); lorsque la plaie n’est point profonde, elle ne rencontre pas de vaisseaux volumineux, mais elle a d'autant plus la chance d’atteindre de gros vaisseaux qu’elle se rapproche davantage du hile du poumon.
Quoi qu’il en soit, la blessure du poumon détermine l’issue de l’air qu’il contient ou du sang qui circule dans ses parois. Le sang fait irruption dans les bronches et le malade Te rejette par la bouche, soit à flots, soit par simples crachats; cette hémoptysie, qui peut être foudroyante ou très légère, est un des meilleurs symptômes des plaies du poumon ; au début, le sang est rutilant, mais bientôt les crachats deviennent d'un brun foncé, souvent visqueux et adhérents, ce qui est l’indice d’une pneumonie traumatique, complication fréquente des plaies du poumon ; le sang s’infiltre encore dans le poumon, s’accumule dans la plèvre et s’écoule au dehors par la plaie du thorax, mais seulement au moment de l’expiration; ce sang mêlé avec l’air forme une mousse spumeuse plus ou moins abondante.
De plus, le poumon, obéissant à sa rétractilité, s’affaisse en chassant l’air que renferment ses vésicules; cet air s’accumule dans la plèvre avec le sang, ou s’infiltre dans les parois thoraciques en produisant de l’emphysème.
La marche de cette lésion dépend à la fois des complications et de l’étendue de la plaie du poumon : si elle est large et profonde, le malade peut mourir presque immédiatement, suffoqué par le
POU
POU
sang qui fait irruption dans les bronches; si elle est étroite, tout peut se borner à quelques crachats sanglants et à un léger emphysème au pourtour de la plaie. En're ces deux extrêmes, on peut rencontrer bien des degrés.
Si la plaie est dépourvue de complications, on procédera à son occlusion avec un peu de taffetas Marinier recouvert de collodion; on cherchera par le repos l’immobilisation des côtes, par les saignées et les purgatifs, à prévenir ou à modérer la pneumonie si fréquente en ces cas.
Inflammation du poumon. — (V. Pneumonie.)
Tubercules du poumon. — (V. Phthisie pulmonaire. )
Emphysème du poumon. — (V. Emphysème .)
Congestion des poumons. — La congestion pulmonaire est très fréquente, ce qui s’explique par la richesse vasculaire du poumon et ses connexions avec le cœur. Elle peut être active ou passive : la première est un appel de sang occasionné par l’irritation du poumon; la deuxième est la conséquence d’une gêne circulatoire.
Congestion active. — Fréquentes de vingt à quarante ans chez les gens prédisposés aux tubercules ou en ayant déjà, ces congestions se terminent souvent par des hémoptysies. Les causes sont : l’inhalation des vapeurs irritantes, un excercice vocal prolongé, un changement brusque de température, l’impression subite du froid ou de la chaleur (dans les brûlures la congestion pulmonaire accompagne celle du tube digestif), la suppression d’une hémorrahgie habituelle; enfin, lorsqu’une partie du poumon est malade, la suractivité fonctionnelle des parties voisines les prédispose à des congestions.
Congestion passii'e. — Elle résulte d’un trouble dans l’appareil hydraulique que représente le cœur (toutes les maladies de cet organe peuvent la produire). Dans les maladies chroniques, la faiblesse des contractions cardiaques jointe au décubitus dorsal prolongé congestionne les poumons.
La congestion pulmonaire brusque et généralisée peut tuer par asphyxie et par arrêt du cœur; si au contraire elle est partielle, elle peut passer complètement inaperçue : tels sont les deux extrêmes.
D’ordinaire la congestion se traduit par un sentiment de chaleur, de gêne et d’oppression dans la poitrine, le malade tousse, rejette quelques crachats visqueux, parfois striés de sang.
Le son est un peu affaibli, les vibrations thoraciques conservées; l’auscultation révèle une diminution du murmure respiratoire qui peut devenir légèrement soufflant; parfois quelques rfiles muqueux très fins, ce qui indique qu’une exhalation s’est faite dans les vésicules pulmonaires.
La congestion occupe presque toujours le bord postérieur et la base des poumons qu’elle dilate (Woillez).
La fièvre peut manquer complètement, c’est ce qui a lieu dans les congestions passives ; lorsqu’elle existe, elle est d’ailleurs très modérée.
Quel doit être le traitement de la congestion du poumon? Chez les sujets vigoureux, la saignée, les applications de ventouses scarifiées, rendront de grands services, diminueront l’oppression, il en
sera de même des vomitifs et des purgatifs drastiques. Chez les sujets faibles il faudra au contraire revenir aux toniques. Les diurétiques et les drastiques seront employés pour combattre l’œdème.
Hémorrhagie du poumon ou apoplexie pulmonaire. — C’est l'infiltration ou l’épanchement de sang dans le tissu du poumon. Le mot apoplexie est impropre, mais il est consacré par l’usage.
Les hémorrhagies du poumon peuvent se produire sous trois influences : par obstacle à la circulation pulmonaire, par altération des vaisseaux par altération du sang.
1° Obstacle à la circulation pulmonaire. — L’apoplexie est presque toujours le symptôme d’une lésion organique du cœur et surtout de l’orifice mitral; le simple affaiblissement des contractions de cet organe lié à la dégénérescence graisseuse ou encore à l’asphyxie par empoisonnement ou par défaut d’air respirable (Tardieu) peut aussi la produire. Dans ces dernières années on a fait jouer à l’oblitération de l’artère pulmonaire par embolie ou thrombose un assez grand rôle dans la pathogénie de l’hémorrhagie pulmonaire (Duguet).
2° Altérations vasculaires. — Citons les plaies du poumon, les coups portés sur la poitrine, les altérations de l’aorte, celles de l’artère pulmonaire.
3“ Altération du sang. — On a observé des hémorrhagies pulmonaires dans le cours des maladies pestilentielles (fièvre jaune, fièvres éruptives, typhus, scorbut, purpura, etc.) chez les hémophiles.
Enfin l’impression du froid, l’ivresse, la suppression d’un flux sanguin habituel, en ont été quelquefois les causes.
On peut rencontrer à l’autopsie des foyers hémorrhagiques dont rien n’a révélé pendant la vie la formation et l’existence : la maladie était latente; par contre, la mort peut être foudroyante, le sang jaillit à flots par la bouche et par le nez, ou bien il s’accumule dans le poumon et le malade meurt asphyxié; mais la plupart des cas se placent entre ces deux termes extrêmes.
Les symptômes sont : la dyspnée, l'oppression et la toux ; des hémoptysies et des signes physiques.
1" La dyspnée, l 'oppression, la toux, la douleur thoracique , sont des symptômes probablement constants; leur intensité varie avec l’étendue et le nombre des foyers hémorrhagiques.
2° L 'hémoptysie est le symptôme le plus caractéristique; elle est formée d’un sang noir, rendu en petite quantité à la fois, mais dont le rejet se continue pendant plusieurs jours ou même plusieurs semaines. Kappelons que l’hémoptysie peut être foudroyante ou qu’elle peut manquer complètement.
3° Signes physiques. — Lorsque les noyaux sont petits et enfouis dans le poumon (ce qui est très fréquent), ilsnese traduirontpar aucun signe physique. Lorsqu’ils sont volumineux et superficiels, ils déterminent à leur niveau une matité circonscrite et l’absence du bruit respiratoire et, sur leur pourtour, du souffle, de la bronchophonie et souvent des râles humides (muqueux et sous-crépitants).
La marche de l’hémorrhagie est fort variable; il
POU
PUU
est rare de voir le malade succomoer rapidement; souvent l'apoplexie n’est qu’un épisode dans le cours d’une affection cardiaque. Cependant les complications sont assez fréquentes : c’est une pneumonie fibrineuse qui se développe sur le pourtour du foyer et se traduit par la fièvre, les crachats rouillés et le râle crépitant, c’est la gangrène à odeur caractéristique, c’est une pleurésie avec pneumothorax lorsque le foyer s’cst ouvert dans la plèvre. Enfin, les noyaux hémorrhagiques peuvent, à la longue, déterminer la production d’une pneumonie caséeuse.
S’il n’y a pas d’hémoptysie, l’hémorrhagie pulmonaire sera souvent méconnue. Cependant, une dyspnée, une oppression subite survenant dans le cours d’une affection cardiaque, sans que cet organe offre de nouveaux désordres, peut faire croire k une apoplexie pulmonaire; les présomptions seront bien plus fortes si l’on constate les signes physiques indiqués plus haut.
Une hémoptysie de sang noir, peu abondante mais persistante, survenue dans le cours d’une maladie de cœur, indique presque certainement une apoplexie pulmonaire.
Quel doit êlre le traitement de l’hémorrhagie du poumon ? Si l’individu est vigoureux et l’hémorrhagie forte, il faut pratiquer immédiatement une saignée. Dans tous les cas, on pourra employer les révulsifs (large vésicatoire Albespeyres sur la poitrine), les boissons glacées, une potion avec 15 à 20 gouttes de perchlorure de fer, Veau de Lechelle,
1 à 2 grammes d’extrait de ratanhia dans un julep, etc.
L’état du cœur doit surtout fixer l’attention ; il réclame souvent l’emploi de la digitale (digitaline
IHoinolle et Q éve m*) pour régulariser les contractions, des diurétiques et des purgatifs drastiques pour diminuer la tension sanguine.
Gangrène des poumons. — La gangrène des poumons est une mortification du tissu pulmonaire ; elle peut être circonscrite, c’est à-dire n’occuper qu'une partie de l’organe, ou diffuse et étendue à presque tout un lobe (Laennec). Cette dernière forme est peu commune.
C’est une maladie rare, pouvant être observée à tout âge ; ses causes sont assez nombreuses, mais elles ne peuvent déterminer la gangrène que sur les organismes profondément débilités. Ainsi la gangrène s’observe:
1° Vers le déclin de certaines maladies qui altèrent profondément le sang: typhus, fièvres éruptives, surtout rougeole, diabète, mal de Bright.
2° Comme application de lésions pulmonaires. Ainsi, les foyers d'apoplexie pulmonaire, les parois des cavernes tuberculeuses, la muqueuse qui tapisse les bronches dilatées, peuvent se gangrener. L’introduction dans les bronches de corps étrangers, de vapeurs ou de gaz irritants, peut déterminer la gangrène : elle est fréquente chez les aliénés. On l’a vu survenir à la suite de l’oblitération des artères bronchiques.
Les débuts sont d'autant plus obscurs que la gangrené est une maladie secondaire. Une dépression subite et considérable des forces, la grande élévation de température, spéciale aux maladies
putrides, sont les seuls symptômes qui puissent la faire soupçonner ; mais on ne la reconnaît qu’au moment où l’haleine prend une odeur fétide. Elle est alors caractérisée par quatre ordres de signes : t° haleine fétide ; 2° crachats spéciaux; 3° signes physiques ; 4" symptômes de dépression.
1° Haleine fétide. — C’est le premier symptôme de la gangrène, il est pathognomonique. Cette fétidité, que l’on a comparée à l’odeur de la pourriture et des macérations anatomiques, est vraiment plus repoussante encore, elle suffit pour infecter toute une salle d’hôpital ; les malades éprouvent une saveur horrible dans la bouche ; mais ils ne ressentent dans le poumon qu’une douleur vague et peu intense.
2° Crachats spéciaux. — Il survient une toux assez fréquente, et, après quelques quintes plus ou moins pénibles, le malade rejette des crachats noirs, verdâtres ou rougeâtres; quelquefois ces crachats sont rendus en assez grande abondance pour constituer une vomique, ils sont formés par le tissu pulmonaire gangrené. Lorsqu’on les laisse reposer, on les voit se diviser en plusieurs couches; à la surface ils sont muqueux, au-dessous transparents et séreux, et, au fond du vase, se trouve un détritus noirâtre dans lequel on voit des fibres gj élastiques, indices de la destruction du tissu pulmonaire, des cellules, des cristaux, des champignons, etc. Souvent surviennent des hémoptysies plus ou moins graves.
3° Signes physiques. — Percussion. — Elle donne de la matité au niveau des parties gangrenées, à moins pourtant qu’elles ne soient profondément placées et séparées de la paroi thoracique par une lame de poumon sain.
Aus' uttation. — Lorsque les parties gangrenées ne sont point éliminées, à leur niveau le bruit respiratoire manque; mais sur tout leur pourtour on entend des râles sous-crépitants, du souffle et de la bronchophonie, phénomènes qui se rattachent à la congestion , à l’œdème pulmonaire et à la vibration de l’air dans les bronches voisines du foyer.
Après l’élimination des parties mortifiées, il se forme une caverne qui se révèle par ses signes habituels, gargouillement et pectoriloquie.
4° Signes de dépression. — [/affaiblissement et la prostration du malade sont extrêmes.
La marche de la maladie est très rapide ; en fort peu de temps le malade s’affaiblit beaucoup; les traits de son visage sont très altérés; la fièvre est intense (T. 41°); son corps se couvre d’une sueur visqueuse ; la prostration devient extrême, et il peut succomber en quelques jours (de six à dix).
La mort est parfois produite par une hémorrhagie foudroyante, par un pneumothorax consécutif à l’ouverture de la plèvre, etc...
La gangrène diffuse tue invariablement ; la mort est également la terminaison habituelle de la gangrène circonscrite, mais la gangrené des extrémités bronchiques survenue dans le cours d’un catarrhe chronique est loin de présenter une semblable gravité.
Le traitement présente trois indications: t° Soutenir les forces par l’emploi du vin, de l’alcool, des préparations de quinquina.
POU
POU
2° Combattre la fétidité par l’usage de chlorures désinfectants: on peut prescrire soit 8 à 10 grammes de chlorure de chaux ou de soude dans un litre de macération de quinquina ; soit 4 à 6 grammes de liqueur de Labarraque (hypochlorite de soude liquide) dans une potion ; soit des inhalations de térébenthine; on placera près du malade des vases remplis de chlorure de chaux sec.
3° Calmer les douleurs par les préparations opiacées.
Cancer du poumon. — Le cancer du poumon peut être primitif, ce qui est fort rare, ou consécutif à une tumeur de même nature siégeant dans un autre organe, surtout dans le sein; ses causes sont inconnues.
L’encéphaloïde est la forme presque exclusivement observée. Il peut être en masse ou diffus ; dans le premier cas, il peut envahir tout un lobe et le transformer en une masse dont l’aspect, dit Graves, ressemble à celui d’un cerveau macéré; toute trace du tissu pulmonaire a disparu. Dans la forme diffuse, on trouve des noyaux d’un blanc jaunâtre disséminés souvent dans les deux poumons et mêlés à de petits kystes remplis de sérosité jaunâtre. Très souvent les organes voisins et les ganglions sont envahis, et la mort arrive avant que l’encéphaloïde ne soit ramolli.
Quelle que soit sa forme, le cancer se traduit par un certain nombre de symptômes communs : le malade tousse, il maigrit, ses ganglions cervicaux s’engorgent, il n’a pas de fièvre, rejette souvent des crachats opaques ou couleur de gelée de groseille, a des hémoptysies, de la dyspnée, la teinte jaunepaille caractéristique est assez rare, enfin il peut survenir des coagulations dans diverses veines.
Les signes physiques propres à la forme diffuse sont des noyaux de matité assez bien circonscrits et disséminés dans divers points du thorax ; à leur niveau on entend des bruits de souffle parfois très bruyants ; l’absence de ramollissement pourra les distinguer des tubercules, mais souvent leur nature ne sera indiquée que par un cancer siégeant dans un autre organe.
Lorsque le cancer forme tumeur, il se traduit par de la matité, l’exagération des vibrations vocales , du souffle et de la bronchophonie; plus, des symptômes de voisinage, résultant de la compression ou destruction des organes thoraciques. Ainsi l’irritation de la plèvre détermine des adhérences ou un léger épanchement; la compression des veines caves produit l’œdème du cou ou des membres inférieurs, etc.
Le cœur peut être déplacé et ses battements transmis à l’oreille avec une perfection qui pourrait faire croire à un anévrysme de l’aorte, d’autant plus volontiers qu’il peut s’y joindre des bruits de souffle résultant de compressions diverses, mais il n’y aura jamais de claquement membraneux.
Le cancer peut durer une ou plusieurs années. La mort est fatale et le traitement ne saurait être que palliatif. Dr Léon Moynac.
POURPIER. — Le pourpier est une plante annuelle de la famille des Portulacées, herbacée, |
charnue, à suc mucilagineux, douée d’une saveur fade, que l’on mange en salade, mais qui est indigeste et qui jouit de propriétés légèrement diurétiques dues au nitrate de potasse qu’elle contient, mais qu’on utilise rarement. p. l.
POURRITURE D’HOPITAL. — La pourriture d’hôpital est un accident primitivement local, qui consiste dans la destruction des bourgeons charnus des surfaces suppurantes. On l’observe surtout chez les malades débilités et le plus souvent dans les salles d’hôpital où il y a encombrement.
On en distingue deux formes : l’ulcéreuse et la pulpeuse.
La forme ulcéreuse consiste dans l’apparition de petites ulcérations irrégulières qui se développent sur les bourgeons charnus et qui ne tardent pas à se réunir. Elles succèdent à la rupture d’une vésicule ou d’une phlyctène qui précède toujours leur apparition. Ces ulcérations, qui peuvent n’affecter qu’une partie de la plaie, sont recouvertes d’une couche grisâtre et déterminent de vives douleurs.
La forme pulpeuse est caractérisée par le développement d’une matière grise analogue à une fausse membrane. Les bourgeons charnus se ramollissent, saignent et se détruisent. Le sang se mélange à la matière grisâtre qui recouvre la plaie et lui donne l’apparence d’un caillot étalé; on a alors la forme pulpeuse dite hémorrhagique.
Dans ces deux formes, la surface de la plaie, se ramollit, les parties voisines se tuméfient et deviennent douleureuses. On voit souvent l’ulcération gagner rapidement en surface et en profondeur, au point de détruire des vaisseaux d'un volume considérable.
En même temps, les malades tombent dans un état de prostration extrême , qui peut faire des progrès jusqu’à la mort.
Le traitement prophylactique de la pourriture d’hôpital consiste à placer le malade dans de bonnes conditions hygiéniques, et à surveiller avec soin l’état des plaies. Il faut encore isoler les malades, parce que la pourriture d’hôpital est souvent épidémique et peut se transmettre par les mains, les instruments ou les pièces de pansement.
Si le malade se trouve placé au centre d’un foyer épidémique, il sera utile de préserver la plaie en faisant l’occlusion au moyen d’un morceau de baudruche. Ce moyen a donné de bons résultats à Broca.
Le traitement curatif est général et local. Contre l’état général, on dirige ordinairement une médication tonique et reconstituante; les moyens locaux sont des excitants à divers degrés. On s’est bien trouvé de la glycérine, du jus de citron, des acides chlorhydrique et acétique étendus, de la teinture d’iode. On a eu recours aussi aux caustiques; mais, de tous ces moyens, il n’en est aucun qui offre autant de garantie d succès que le fer rouge.
l)r J.-A. Fort.
POURVILLE (bains de mer de). — Pourville est un charmant petit bourg de la Seine-Inférienre, situé à 3 kilomètres de Dieppe, qui possède une petite plage et un casino très fréquentés. p. L.
PRE
PRE
POUSSÉE. — On donne ce nom, en médecine, à des éruptions qui se produisent sur la peau, tantôt spontanément dans le cours de certaines maladies, tantôt dans le cours ou à la suite de certains traitements spéciaux (cure thermale, cure mercurielle, cure à l’iodure de potassium, etc.). On donne aussi le nom de poussée aiguë à une augmentation brusque d’intensité qui se produit dans le cours d’une maladie, principalement d’une maladie de peau. p. l.
PRÉCIPITÉ BLANC. — Le précipité blanc n’est autre chose que le protochlorure de mercure (V. Mercure). p. l.
PRÉCIPITÉ ROUGE. — Le précipité rouge n’est
aulre chose que le bioxyde de mercure (V. Mercure). p. L.
PRÉDISPOSITION. — La prédisposition est cet état particulier de l’organisme qui fait qu'un individu est plus apte qu’un autre à contracter certaines maladies. p. l.
PRÉPUCE. — (V. Verge.)
PRESBYTIE. — On appelle ainsi l’état de la vision chez les sujets avancés en âge. Les traits en sont caractéristiques et bien connus : difficulté ou même impossibilité de lire des caractères imprimés de grandeur ordinaire, à la distance habituelle, celle de 30 cenlimètres, faculté d’exécuter cette lecture en plaçant, devant les yeux, des verres convexes d’un foyer déterminé; nécessité pour voir nettement des caractères imprimés, même plus gros que les caractères de grandeur ordinaire, d’éloigner la page à une distance plus ou moins supérieure à 30 centimètres; obligation, en tous cas, pour lire, d’avoir un grand éclairage, surtout à la lumière artificielle; enfin, fatigue prompte à la vision pendant la lecture.
11 ne faut pas confondre la presbytie avec l’hypermétropie (V. ce mot). Dans l’hypermétropie, le sujet distingue de grands caractères d’imprimerie à une aussi grande distance au moins qu’un œil normal ; il distingue même nettement de très grands caractères d’imprimerie à une distance plus éloignée qu’un œil normal; tandis que les petits objets, les petites lettres, ne sont pas vus à une courte distance, à moins qu’il n’arme ses yeux de verres convexes d’une force appropriée. Dans la presbytie, le sujet ne distingue pas de gros caractères d’imprimerie à une distance un peu éloignée, ce n’est qu’à l’aide de verres convexes plus ou moins forts qu’il lit des caractères d’imprimerie ordinaires, à la distance de la vision distincte ordinaire.
L’hypermétrope peut exercer longtemps ses yeux sans fatigue, à la condition de corriger le trouble de la réfaction avec des verres appropriés. Le presbyte ne trouve pas de lunettes qui lui permettent d'appliquer la vue pendant longtemps sur des objets de petites dimensions. L’hypermétrope n’a besoin que d’une lumière modérée pour bien voir; il faut une plus grande somme de lumière au presbyte.
L’œil d’un presbyte diffère de l’œil d’un sujet jeune, doué d’une vision normale, non seulement sous le rapport anatomique, mais sous le rapport physiologique. Sous le rapport anatomique, l’œil du presbyte présente une courbure moins forte de la cornée et du cristallin, une diminution probable de la densité de l’humeur aqueuse et de l’humeur vitrée; un raccourcissement probable aussi de l’axe antéro-postérieur de l’œil, d’où résulte physiquement, que l’œil du presbyte possède un pouvoir réfractif moins énergique que celui des sujets jeunes.
Sous le rapport physiologique, l’œil du presbyte diffère de celui des jeunes sujets, en ce que chez le premier, la sensibilité propre de la rétine est bien moindre que chez les seconds. On peut s’en convaincre en expérimentant sur les deux ordres de sujets; en recherchant chez chacun d’eux ce que j'ai appelé l’étendue en longueur de la vision distincte, c’est-à-dire les limites maxima et minïma entre lesquelles un objet de grandeur déterminée est vu par un jeune sujet et par un presbyte. Une lettre de l’alphabet, de la grandeur par exemple de deux centimètres, est vue nettement par l’œil d’un jeune sujet à des distances rapprochées et éloignées, bien plus considérables que chez un presbyte.
Une autre preuve de celte diminution de la sensibilité de la rétine chez le presbyte, c’est que ce dernier voit moins nettement les objets éloignés qu’un jeune sujet doué d’un œil normal.
Lorsqu’on examine un grand nombre de presbytes, on reconnaît non seulement que tous ne distinguent nettement les objets éloignés qu’à une distance moins grande que les sujets jeunes doués d’une vue normale, mais encore : 1° que chez un certain nombre d’entre eux, la vision pour les objets éloignés s’améliore par l’usage de verres concaves; 2° que chez d’autres, la vision pour les objets éloignés est améliorée par des verres convexes ; 3° que chez d’autres encore elle n’est pas améliorée; mais, au contraire, rendue plus confuse par des verres soient concaves, soient convexes.
Bien que la presbytie appartienne généralement aux vieillards, on rencontre parfois des gens très avancés en âge, ayant conservé une énergie visuelle aussi marquée que dans la jeunesse, pouvant lire sans adjonction de verres convexes et distinguer nettement des objets éloignés. 11 en est de l’œil comme des autres organes de l’économie: certains vieillards ont conservé la plénitude des fonctions de l’appareil de la vision, en même temps que la plénitude des fonctions des autres sens, et des facultés sensitive, motrice, intellectuelle. Par contre, il est des adultes dont la vision subit une détérioration qui les met de niveau avec des gens beaucoup plus âgés. Cette presbytie prématurée est la conséquence de ce que la sensibilité de la rétine a été épuisée par des travaux excessifs des yeux. On la rencontre chez les couturières , les brodeuses, qui passent parfois jusqu’à seize heures par jour à travailler à l’aiguille et chez les gens du monde qui ont pris l’habitude de passer une partie des nuits à lire dans leur lit, avec un éclairage insuffisant.
PRE
PRE
Le traitement de la presbytie découle des laits exposés dans les paragraphes précédents : corriger l’état de la réfraction de l’œil, fortifier la sensibilité de la rétine.
On remplit la première indication en faisant porter aux presbytes, pour voir de près, c'est-àdire pour lire, écrire, travailler à l’aiguille, des verres convexes d’un numéro approprié. On recherchera si la vision pour les objets éloignés est améliorée par des verres convexes ou des verres concaves, et, suivant le résultat de cet examen on conseillera l’un ou l’autre genre de verres.
Pour fortifier la sensibilité de la rétine, on recommande des embrocations sur l’orbite avec un Uniment stimulant (baume de Fioraventi et alcoolat de lavande). Dans tous les cas, un exercice modéré des yeux, le travail avec un bon éclairage, sont de toute nécessité. Dr Fano.
PRÉSENTATION. — On emploie ce terme en obstétrique pour désigner la partie fœtale qui s’avance la première au moment de l’accouchement, à la condition toutefois que cette partie de l’enfant soit assez volumineuse pour occuper toute Faire du détroit supérieur du bassin. Ainsi on dit présenlation du sommet, présentation de la face, présentation du siège, présentation de l’épaule.
On appelle position le rapport d’un point de repère pris sur cette partie fœtale qui constitue la présentation avec les différents points du détroit supérieur (V. Accouchement .) Dr A. de Soyre.
PRESTE (eaüx minérales de la.) — La Preste est un village pittoresque des Pyrénées-Orientales, situé à 20 kilomètres d’Amélie-les-Bains, à 1100 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, dans une vallée qu’arrose le Tech, petite rivière torrentueuse et à l’entrée d’une petite vallée latérale, qui possède des eaux minérales sulfurées-alcalines-sodiques.
Ces eaux proviennent de plusieurs sources qui fournissent par 24 heures près de 18,000 hectolitres d’une eau claire, remarquablement limpide, légèrement acidulée, nullement désagréable au goût, et sont captées dans l’établissement même. Cet établissement très vaste et très confortable a été complètement métamorphosé depuis 1883, parles soins de son intelligent et habile propriétaire, M. Faure, qui Fa doté de tout l’arsenal de l’hydrothérapie scientifique moderne et en a fait véritablement un établissement de premier ordre, dans lequel les eaux sont utilisées en bains, en douches, en inflations, mais surtout en boisson.
Les eaux de La Preste sont réputées depuis longtemps pour guérir les affections des voies urinaires. Dès 1714, le professeur Coste les désignait comme « très favorables dans les coliques néphrétiques et l’affection calculeuse. » En 1748, Sauveur Masvezi les déclare « très efficaces dans les affections graveleuses des reins et de la vessie. » En 1755, le professeur Marcé les recommande « dans les coliques néphrétiques, les affections graveleuses des reins et de la vessie ». Aussi depuis cette époque, les affections graveleuses des reins et de la vessie et l’ensemble des maladies urinaires, ont pris la première place parmi les maladies traitées à La Preste.
En 1833, le professeur Anglada, de Montpellier, analyse les eaux de la Preste et cite dans son Traité des eaux minérales des Pyrénées-Orientales, les observations de Bordeu, Mascagni, Home, Robiquet, etc., et constate les bons effets des eaux alcalines sultureuses de La Preste dans le traitement de certaines affections ou maladies des voies urinaires. Au nombre des maladies de ce genre, accessibles à celte influence curative, sans préjudice cependant des autres maladies auxquelles l’usage des eaux de La Preste peut convenir, ces auteurs placent : « Les catarrhes chroniques de la vessie, les inflammations lentes des organes urinaires avec suppuration, les attaques de gravelle et ces diathèses lithiques qui, variables par la nature de leurs produits, donnent lieu à la formation de sédiments, de graviers et même de calculs.
Depuis cette époque, ces heureux effets se trouvant proclamés par le Dr Ferrand, en 1850, dans sa thèse, parle médecin principal Auberge, en 1861, dans une monographie remarquable, et par Bourdon , Durand-Fardel , Roubaud , Le Bret , Barrault, etc., dans leurs ouvrages classiques d’hydrologie.
Moi-mème, dans mon ouvrage Les Eaux minérales et Ps Bains de merde France (Paris, Reinwald, 1873), j’écrivais à propos des eaux de La Preste : « Elles sont surtout employées en boisson, et exercent une action remarquable sur les maladies des voies urinaires; elles augmentent la sécrétion des reins dans de notables proportions et ramènent à l’état alcalin les urines acides. Aussi conviennentelles d’une manière toute particulière aux individus atteints de gravelle phosphatique, de catarrhe vésical, de ténesme vésical et de cystite chronique. Dans ces deux derniers cas, elles sont supérieures aux eaux bicarbonatées sodiques fortes. »
J’ai été heureux de voir mon regretté ami, l’éminent spécialiste Mallez, dont personne ne contestera la haute compétence en pathologie urinaire, s’exprimer sur les eaux de La Preste à peu près dans les mêmes termes que moi.
« Elles sont manifestement diurétiques, dit-il, même prises en petite quantité, et elles sont très vantées dans les catarrhes vésicaux, la gravelle et les dépôts phosphatiques. Les malades que nous avons eu l’occasion d’y envoyer rentraient précisément dans ces cas, et ils ont retiré d’une saison à La Preste les plus grands bénéfices. Leur spécialisation me semble devoir s'établir contre les phosphaturies et les précipitations pour des causes diverses des phosphates ammoniaco-magnésiens sur un point du conduit ou du réservoir de l’urine. Elles sont mieux tolérées que les bicabornatées sodiques et elles calment très bien les états douloureux de la vessie et les ardeurs qui accompagnent le catarrhe vésical. »
De son côté, le professeur Armand de Fleury, de la Faculté de médecine de Bordeaux, dans son étude sur les eaux de La Preste, publiée en 1882, s’exprime à peu près comme Mallez et moi : « L’eau de La Preste, dit-il, favorise singulièrement, on dirait presque électivement, la dissolution et l’expulsion des produits accumulés de l’acide urique dans l’organisme; elle modifie plus qu’aucune autre le mi-
PKI