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scrotum, le prurit est parfois à peine sensible, qu’il est presque agréable; mais d’autres fois, au contraire, qu'il devient intolérable.
Quant au prurigo pudendi muliebris ou prurit vulvaire, tant qu’il est borné au pubis, aux parties extérieures des organes génitaux, la démangeaison n’est pas très intense ; mais lorsqu'il s’étend à l’intérieur du vagin et qu’il s’y fixe, il y a des accès répétés de prurit, souvent suivis de convulsions hystériques et même de nymphomanie. Enfin, le prurigo de la vulve peut être accompagné de leucorrhée, d’irritation chronique, et dans ces cas provoquer l’onanisme.
Dans le prurigo podicis ou prurit anal, on trouve la même série croissante des phénomènes prurigineux, c’est-à-dire qa’à la marge de l’anus, la démangeaison est d’abord supportable, elle revient par accès de plus en plus intenses ; et quand le mal, ayant dépassé le sphincter , pénètre dans l’intestin, il détermine des souffrances incomparablement plus déchirantes que partout ailleurs.
Sous le nom de prurigo pedicularis, Willan avait établi une variété de prurigo caractérisé par une invasion de poux sur la surface cutanée. Il est facile de comprendre que la présence de ces insectes puisse solliciter le soulèvement de quelques papules et occasionner une vive démangeaison ; mais il n’y a pas lieu pour cela d’élever au rang de variété un état morbide, que quelques soins de propreté peuvent si facilement faire disparaître.
Prurigo sans papules. — C’est le prurigo latent d’Alibcrt. Si cette variété, quoique existant, ne présente point de saillie, nous dirons seulement que cela tient à ce que la papille siège du prurigo se développe par la base aux dépens de la hauteur, car d’ailleurs, en l’absence de tout phénomène visible, la maladie ne laisse pas de s’accuser par de très vives démangeaisons.
Il en est de même du premier degré de la congestion de la papille, qui, à raison de son peu de vascularité, échappe à la vue ; mais cette congestion vient-elle à produire des papules, celles-ci se montrent larges et aplaties.
Enfin, lors même que les papules ne sont pas apparentes, on constate le plus souvent un endurcissement et une coloration brunâtre de la peau.
Il y a, au sujet du prurigo, un fait bien remarquable signalé par Hardy, c’est que lorsque cette maladie se trouve limitée au bas-ventre, aux parties génitales chez l'homme, et au mamelon chez la femme, on est à peu près certain d’avoir affaire à un cas de gale ; et qu’en conséquence, le prurigo, dans ces conditions de lieu, devient un moyen de diagnostic très précieux.
On trouve encore le prurigo à l’état de concomitance dans diverses maladies cutanées, telles que l'eczéma, le psoriasis, le pityriasis, certaines variétés de' l’herpès, et on l'observe également dans d’autres maladies non cutanées, telles que la chlorose, l’ictère, le diabète.
Quelles sont la marche, la durée et la terminaison du prurigo ? — Le prurigo à l’état aigu marche rapidement chez les jeunes enfants et les adultes, et principalement chez les femmes qui ont la peau fine et délicate.
Sa durée est généralement de quelques semaines.
S’il se présente sous la forme chronique, il peut durer des années, quels que soient les moyens thérapeutiques qu’on emploie pour le combattre. Dans la vieillesse, il se prolonge souvent autant que la vie.
Quelle que soit la durée du prurigo, on observe toujours dans son cours, des rémissions plus ou moins marquées.
Dans la forme aiguë, il peut se terminer sans laisser de traces, tandis que dans la forme chronique, s’il a persisté longtemps, surtout chez les vieillards, on voit se détacher quelques exfoliations épidermiques autour des papules, la peau prendre une teinte brunâtre et se couvrir de squames légères.
Quelles sont les maladies avec lesquelles on peut confondre le prurigo ? — Il n’y a que le
lichen et la gale qui puissent être confondus avec le prurigo (V. ces mots).
Quel est le pronostic du prurigo ? — Le prurigo non compliqué d’autres affections, ne compromet jamais l’existence. Il est toujours fâcheux chez les vieillards et chez les sujets de mauvaise constitution.
Par sa persistance et par l’extrême intensité du prurit, il jette à la longue les malades dans un épuisement irrémédiable.
Quelles sont les causes du prurigo? — Le jeune âge et une vieillesse avancée sont regardés comme des causes prédisposantes du prurigo.
Les hommes en sont plus fréquemment atteints que les femmes. Il se montre plus particulièrement dans les tempéraments lymphatico-nerveux, et chez les individus malpropres, ou épuisés par la débauche ou la misère.
La variété formicans existe indifféremment dans toutes les saisons, tandis que la variété mitis se montre de préférence à l’automne et au printemps.
Une irritation des voies digestives peut-elle, sans ij autre cause concomitante, occasionner un prurigo ? Quelques auteurs l’ont dit, sans cependant en avoir donné la preuve. Ce qui n’est pas douteux, c’est qu’un mauvais régime composé d’aliments épicés, de charcuterie, de certains poissons de mer, comme aus,si l’abus des liqueurs fortes, les impressions morales trop vives, l’hérédité, les dérangements de la menstruation, peuvent occasionner cette maladie.
Quel est le traitement du prurigo ? — C’est par des moyens à la fois locaux et généraux qu’on combat le prurigo.
Parmi les premiers on conseille les lotions avec l’alun, l’eau blanche, le sublimé, le chloroforme ou l'éther. L’opium, la belladone, l’oxyde de zinc, sont appliqués sous forme de pommade, ou mêlés à la glycérine, le coaltar saponiné de Le Beuf, etc. On emploie les bains sulfureux naturels ou préparés | avec le sulfureux Pouillet, les bains et aussi les douches.
Dans le prurigo partiel, on a recours à la cautérisation à l’azotate d’argent, et à d’autres agents irritants dont l’effet est de diminuer les démangeaisons devenues intolérables.
On trouve employés dans le traitement interne
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PRURIT. — Le prurit ou démangeaison est un symptôme commun à beaucoup de maladies de la peau, particulièrement au prurigo (V. ce mot). P. L.
PRUSSIQUE (ACIDE). — L'acide prussique n’est autre chose que l’acide cyanhydrique (V. ce mot.) p. l.
PSEUDARTHROSE. — Nom donné par les chirurgiens à la fausse articulation qui se forme entre les deux bouts d’un os fracturé, lorsque la consolidation de la fracture n’est pas opérée. p. l.
du prurigo, tous les mêmes moyens dont on se sert contre les maladies nerveuses, et ces moyens sont : l’opium, la belladone, l'aconit ( pilules de Moussette ), le bromure de potassium ( sirop de Laroze), le bromure de camphre ( dragées du Dr Clin), le datura stramonium, etc.; et lorsque la maladie est persistante on en revient aux préparations arsenicales.
Les malades qu’on envoie aux bains d'Aix, de Bigorre, La Bourboule, Cauterets, Saint-IIonoré, éprouvent dans le cours de leur traitement un vive poussée sur la périphérie du corps, ce qui contribue certainement à amener une sorte d’amélioration. Rappelons, cependant, que la poussée provoquée par les eaux minérales sulfureuses n’a j amais la même efficacité que cette poussée se localisant sur le lieu même où le mal existe. Dr Félix Rochard.
soulever de pesants fardeaux, etc. Elle débute par une douleur profonde, vive, continue, siégeant à la partie inférieure et latérale de l’abdomen, dans la région occupée par le muscle psoas, qui se fait également sentir dans les lombes. Cette douleur s’accompagne d’une sensation de pesanteur et d’engourdissement dans l’aine et la cuisse du même côté; elle s’augmente par la pression qui permet de reconnaître une tuméfaction se propageant jusqu’à l’aine. Le malade tient la cuisse du côté malade fléchie sur le bassin et portée dans la rotation en dehors, il ne peut l’étendre sans de vives souffrances. Au bout de quelques jours, le membre inférieur s’œdématie, la fièvre survient, accompagnée de troubles digestifs, enfin, un beau jour, on constate une tumeur fluctuante dans l’épaisseur
Fig. 1100.
Bassin revêtu de ses parties molles, moins la vessie, l’utérus et le rectum.
K, K. Muscle psoas. — A. Artère aorte. — B. Artère iliaque primitive du côté gauche. — C. Artère iliaque externe du côté gauche. — I). Artère iliaque interne ou hypogastrique. — E. Veine cave inférieure. — F. Veine iliaque primitive du côté gauche. — G. Veine iliaque externe du côté gauche. — H. Insertions des ligaments sacro-sciatiques sur le sacrum. — I. Angle sacro-vertébral. — J. Muscle carré des lombes. — L, L. Muscles iliaques. — M, M. Muscles obturateurs externes. — M. Arc inférieur du pubis. — P, P. Grands trochanters des fémurs. — R, R. Coupe des muscles de la paroi abdominale antérieure.
du muscle psoas iliaque à l’aine, au-dessus et audessous du ligament de Fallope. L’abcès s’ouvre
PSOAS. — Le psoas, appelé aussi psoas iliaque, est un muscle de la région antérieure du bassin, formé supérieurement de deuy parties distinctes; l’une ( portion psoas), qui s’étend le long delà face antérieure du corps des vertèbres lombaires; l’autre ( portion iliaque), qui est logée dans la fosse iliaque interne : en dehors du bassin, ces deux portions se réunissent et vont s’implanter sur la partie de l’extrémité supérieure du fémur appelée petit trochanter. Ce muscle s’insère en haut pour la portion psoas, à la base des apophyses transverses de la dernière vertèbre dorsale et des quatre premières vertèbres lombaires et sur les disques fibreux intervertébraux correspondants; par la portion iliaque, à toute la fosse iliaque interne jusqu’à la lèvre interne de la crête iliaque; par sa partie inférieure, il s’insère sur le petit trochanter. Le psoas est fléchisseur de la cuisse sur le bassin, adducteur et rotateur de la cuisse en dehors. Enfin, lorsque le fémur est fixe, il fléchit le bassin sur les cuisses (V. fig. 1100). p. L.
PSOlTE ou PSOITIS. — Nom donné par les chirurgiens à l’inflammation du muscle psoas suivie de suppuration. Cette maladie s’observe à la suite découches, à la suite d’une contusion lombaire, de longues marches forcées, de violents efforts pour
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ordinairement dans le pli de l’aine et donne issue à un pus sanieux et fétide.
La psoïte est une maladie grave qui, d’ordinaire, emporte le malade. Cependant on compte plusieurs cas de guérison. Son traitement doit être prompt et énergique. Dès les premiers symptômes, il faut avoir recours aux saignées générales, aux sangsues, aux grands bains tièdes et prolongés, aux frictions avec l’onguent mercuriel, aux vésicatoires Albespeyres sur le trajet du psoas, etc. Souvent, malgré l'emploi de ces divers moyens antiphlogistiques, on n’arrive pas à empêcher la formation du pus. Dès que les signes annonçant cette formation apparaissent, il faut donner issue au liquide purulent, en pratiquant une ouverture dans le point le plus déclive, puis drainer et laver le foyer de l’abcès avec des injections iodées et antiseptiques, et donner au malade des aliments et des médicaments toniques et reconstituants.
Dr Paul Labarthe.
PSORIASIS. — Le psoriasis, qui en raison de sa fréquence, vient immédiatement après l’eczéma, est une maladie superficielle de la peau, non contagieuse, sans fièvre, essentiellement chronique; elle est caractérisée par des squames sèches, d’un brillant argentin, plus ou moins imbriquées, les plus profondes très adhérentes à la peau, les plus superficielles tombant et se reproduisant sans cesse. Ces squames recouvrent des surfaces variables de forme et d’étendue, et qui sont d’un rouge foncé, se rapprochant le plus souvent d'une teinte rouge orange.
Quels sont les symptômes du psoriasis? — Nous mettons en tête des symptômes du psoriasis les trois suivants : squames d’un blanc argenté, rougeur de la peau sous les squames, épaississement de cet organe, parce qu’en effet, ce sont là les caractères saisissants et qui ne manquent jamais dans cette maladie.
Le psoriasis débute par de petites élevures rouges, solides, et par conséquent bien différentes des vésicules ou des vésico-pustules de l’eczéma; ces élevures sont d’abord papuleuses, de la forme et de la grosseur d’une tète d’épingle. Elles ne tardent pas à se couvrir d’une écaille mince, luisante, et de cet aspect argentin que nous avons déjà signalé. Ce point initial et d’autres qui s’y joignent s’étendent de plus en plus en conservant une forme orbiculaire, et après s’être présentés successivement sous les diamètres d’un pois, d’une pièce de 50 centimes, ils acquièrent à la (in celui d’une pièce de 2 francs.
Ces squames sont très adhérentes au point sur lequel elles reposent ; et si on les en arrache, il n’est pas rare de voir sortir quelques gouttes de sang vers le point dénudé. Cette adhérence est le cas le plus général, mais il peut arriver aussi, suivant la forme et l’époque de la maladie, que les squames les plus superficielles se détachent d’ellesmèmes, et parsèment le lit des malades de leurs débris.
Quant à la rougeur , quelquefois difficile à observer lorsque les squames s’étalent largement, elle est très apparente après la chute de ces squa-
mes, et prend une nuance rouge orangée plus ou moins foncée; d ailleurs elle est brusquement arrêtée et sans teinte intermédiaire sur toute la limite qui sépare la peau malade de la peau saine. C’est aussi sur cette limite que l’injection vasculaire est. plus prononcée; on la voit toujours diminuer en allant de la circonférence au centre, et il n’est pas rare que celui-ci conserve la blancheur primitive ou qu il la retrouve aussitôt que la marche vers la guérison se prononce.
Nous tenons ici à constater une ligne de démarcation entre la partie des tissus devenus malades, et leur partie restée saine, parce que c’est un des caractères les plus significatifs du psoriasis; néanmoins dans certains cas, on a signalé la présence d un cercle érythémateux, s’étendant au delà de la limite squameuse; mais ces cas ne peuvent être qu une de ces exceptions qui confirment la règle.
Quant aux squames, bien caractérisées par leur nuance nacrée, elles se présentent sous des formes différentes; tantôt superposées, tantôt imbriquées, tantôt minces et tantôt d’une épaisseur considérable; dans ce dernier cas, elles se fendent facilement et présentent des crevasses, des fissures. On les voit aussi tomber spontanément et tout d’une pièce, lorsqu’elles sont parvenues à un certain degré d’épaisseur, ou bien s’exfolier en couches épidermiques superficielles.
Ce n’est que très exceptionnellement que le prurit se manifeste dans le cours du psoriasis.
Variétés de forme du psoriasis. — Il existe plusieurs variétés de psoriasis quant à sa forme.
Le psoriasis yuttata se présente sous la forme de taches blanches, arrondies, faisant saillie au-dessus du niveau de la peau, et ressemblant parfaitement à des taches de bougie. Ces taches ou plaques squameuses, si on les gratte avec l’ongle, laissent tomber une poussière analogue à celle qu’on obtient en grattant des taches de bougie; elles apparaissent surtout à la partie postérieure de l’avanl-bras, vers le coude; à la partie antérieure et externe des jambes, vers le genou ; on les voit aussi sur le dos, l’abdomen, les membres et même sur le visage. Ces taches ne dépassent pas généralement la dimension d’une pièce de 1 franc ; elles n’ont bien souvent que la grosseur d’une tète d’épingle, alors Devergie en fait une nouvelle variété, psoriasis punctata.
Lorsqu’elles sont plus volumineuses et qu’elles représentent la forme parfaitement arrondie d’une pièce de monnaie, il en fait une autre variété, psoriasis nummulaire.
Dans le psoriasis circinata, la squame conserve sa blancheur caractéristique; mais cette variété affecte une forme plus ou moins arrondie, dont le centre est toujours sain; ce sont tantôt des cercles réguliers et complets, tantôt des segments de cercle seulement, ou bien encore la forme d’un fer à cheval.
Dans le psoriasis gyrata, les plaques s’allongent en ligne droite ou en cordon sinueux qui enveloppe souvent le tour entier d’un membre ou du tronc.
Le psoriasis diffusa forme des plaques très irrégulières et d’étendue variables; elles ont une dispo-
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sition à s’accroître, et surtout à se multiplier, de telle sorte que plusieurs groupes se réunissant entre eux, il en résulte que de larges surfaces du corps ou la plus grande partie d’un membre en peuvent être entièrement envahies.
On voit fréquemment ces diverses variétés coïncider et se succéder ; ainsi de petites plaques du psoriasis gultata, au lieu de se présenter comme à l’ordinaire sous la forme d’un semis, peuvent se ranger circulai'rement, en laissant les parties de la peau entièrement saines entre leurs intervalles.
D’autres fois ce sera la plaque presque circulaire ou demi-circulaire du psoriasis circinata qui se substituera à la plaque arrondie du psoriasis nummulaire , dont le centre a fait un pas vers la guérison, tandis que la circonférence reste encore malade.
L’étude particulière de chacune de ces formes, comme aussi de leur mélange et de leur succession peut intéresser les classificateurs, mais elle laisse le médecin praticien assez indifférent; et véritablement celui-ci n’aurait rien à en retirer, si l’on n’avait remarqué que parmi toutes ces variétés, le psoriasis circinata est celui dont la guérison est la plus facile, et qu’au contraire le psoriasis diffusa, est celui qui se montre le plus rebelle au traitement.
Variétés de psoriasis suivant le siège. — Le psoriasis présente certains caractères particuliers suivant l’organe sur lequel il siège.
Le psoriasis du cuir chevelu affecte surtout la forme guttata; et comme ici les squames sont brisées en exfoliations furfuracées, on est exposé, faute d’un examen attentif à le confondre avec le pityriasis; l’éventualité de la chute des cheveux n’est pas rare dans ce cas ; mais comme le bulbe pileux n’est pas détruit, ceux-ci ne manquent pas de repousser. Il ne se distingue des autres psoriasis que par un moindre développement des squames.
Lorsque le psoriasis occupe les paupières et les angles oculaires, ces parties sont gonflées, les cils et les sourcils sont exposés à tomber, et il s’ensuit fréquemment une inflammation de la conjonctive chez les enfants; il peut aussi se fixer exclusivement sur cette membrane sans que la peau de la face participe à la maladie.
Aux lèvres, le psoriasis occupe ordinairement sur la peau voisine de l’ouverture de la bouche un cercle de quelques millimètres de diamètre. L’épithélium du bord rentrant des lèvres est épaissi, et le bord cutané extérieur devient le point aboutissant de sillons et de lignes froncées d’un aspect très désagréable.
Le psoriasis des membres est de beaucoup le plus fréquent; il se montre quatre-vingt-quinze fois sur cent, et presque constamment sous les formes gultuta, circinata ou diffusa. Le point de départ et d’élection du psoriasis est toujours placé aux coudes et aux genoux, mais il n’est pas rare sous la forme diffusa de le voir couvrir la totalité d’un membre.
Le psoriasis plantaire et palmaire débute parfois sous une forme bénigne. Une petite écaille épidermique apparaît dans le creux de la main, à peine
le malade peut-il l’apercevoir, sa largeur n’est que de quelques millimètres; mais, quoique peu remarquable, cette écaille dure ou du moins se renouvelle pendant douze à quinze ans, sans qu’elle ait acquis une dimension beaucoup plus grande que celle d’un centime.
Si l’attaque est à la fois forte et brusque, elle envahit en quelques semaines toute la face palmaire. Les squames sont épaisses et larges, contrairement à ce qui se voit dans les autres variétés. Le psoriasis palmaire n’atteint que la surface interne de la main; la face dorsale restant toujours intacte ; les parties malades sont recouvertes alors de fissures profondes, d’où découle une sérosité qui forme des croûtes superficielles. L’extrcme incommodité de cette maladie vient de ce que la moindre pression d’un corps dur occasionne l’écoulement du sang des fissures. Tous ces mêmes symptômes se représentent à la plante des pieds, et naturellement avec un degré encore plus grand d’incommodité.
Les ongles attaqués par le psoriasis présentent des rainures profondes qui en détruisent le poli, leur donnant un aspect inégal; lorsque l’ongle tombe, il est remplacé par une croûte écailleuse.
On admet encore une variété sous le nom de psoriasis général; mais celle-ci semble être le dernier degré du diffusa, et porte à son plus haut point, le corps est tellement couvert de squames, qu’il semble qu’un squame unique l’enveloppe tout entier.
Enfin, dans le psoriasis inveterata, toute la peau est indurée; les gerçures, les fentes, sont longues, profondes et croisées en sens divers. Les squames sont remarquablement épaisses et rudes. Arrivés à cet état, les malades, contrairement à la règle ordinaire, s’amaigrissent, perdent leur force et la souplesse de leurs mouvements; les orteils se roidissent, les doigts deviennent anguleux et fléchissent vers le creux de la main sans qu’on puisse les redresser. Il y a alors un affaissement de toute l’économie, accompagné de troubles sympathiques dans les fondions digestives, respiratoires ou circulatoires.
Quelles sont la marche et la terminaison du
psoriasis? — Le développement du psoriasis est toujours très lent. Le sujet qui est atteint de cette maladie peut en rester affecté, non seulement pendant une longue période d’années, mais pendant toute une vie d’une durée ordinaire. Ainsi Cazenave a vu un malade qui, malgré les traitements les plus énergiques, a gardé un psoriasis pendant quarantecinq ans sans interruption. Malgré la ténacité de cette maladie et sa tendance aux récidives, il est certain qu’on parvient presque toujours à la longue par obtenir la guérison. Quelquefois même, dit Cazenave, après une première chute de squames, soit spontanée, soit provoquée, la sécrétion morbide de l’épiderme ne se produit plus et la peau reprend immédiatement son caractère naturel. Voici néanmoins ce qui arrive le plus souvent : les premières squames sont épaisses et fort adhérentes, celles qui leur succèdent le sont moins, et en troisième lieu elles sont très fines, très fragiles, et ce n'est guère qu’après la chute de ces dernières que la sécrétion morbide se tarit et la guérison se prononce.
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Quelles sont les maladies avec lesquelles on peut confondre le psoriasis? — Les maladies qu’on dit pouvoir être confondues avec le psoriasis, sont surtout l’eczéma, le pityriasis, le lichen et 1 herpès circiné (V. ces mots).
Quel est le pronostic du psoriasis? — Le psoriasis ne présente pas par lui-même de danger. On le voit subsister pendant des années sans altérer la santé générale. Mais la gravité consiste dans sa durée, ses récidives, son étendue, et dans le chagrin qu’occasionne l’aspect repoussant de cette maladie.
Quelles sont les causes du psoriasis? — Les causes du psoriasis sont prédisposantes et occasionnelles :
Les causes prédisposantes résident dans le tempérament, le sexe, l’âge, les saisons, l’hérédité. Le psoriasis se rencontre surtout dans le tempérament sanguin, c’est ce qui explique que cette maladie est moins fréquente chez la femme que chez l’homme. 11 est aussi tout naturel que ce soit à l’âge adulte où le tempérament sanguin est le plus développé, que le psoriasis se manifeste. Aussi est-il rare chez l’enfant, et ne se rencontre-t-il que très exceptionnellement, passé l'âge de trente à quarante ans. Les saisons de l’été et de l’hiver paraissent exercer une influence bien marquée sur le développement du psoriasis. On reconnaît que l’hérédité peut être aussi la cause prédisposante de cette maladie. Nous dirons avec Bateman que les psoriasis héréditaires sont les plus rebelles.
Les causes occasionnelles ou déterminantes sont les irritations indirectes ou directes, l’usage habituel des viandes salées, du gibier, une nourriture trop azotée, les boissons alcooliques, le café, les veilles, les émotions morales, une frayeur vive; l’impression brusque ou prolongée du froid et de l’humidité; enfin l’action des poussières irritantes, des substances âcres et corrosives.
Quel est le traitement du psoriasis? — Le psoriasis se présentant toujours à l’état chronique, les praticiens l’attaquent généralement par des excitants locaux et généraux.
Parmi les topiques, on emploie habituellement l’iodure de soufre, le proto-iodure de mercure, le goudron, le coaltar saponiné Le Bœuf, l’huile de cade, l’acide pyrogallique, les bains sulfureux, préparés avec le sulfureux Pouillet (les eaux de Cauterets, Bigorre, Ax, etc.), les bains alcalins, les bains de vapeur, les bains de sublimé.
A l’intérieur, les médicaments qui ont paru être les plus efficaces sont : les composés arsenicaux, l’arséniate de fer, les eaux de La Bourboule, etc.
En même temps on conseille diverses tisanes sudorifiques avec le gaïae, la salsepareille, la saponaire, ou des tisanes simplement amères.
Quant au régime, il devra être modéré. Les malades éviteront les irritations indirectes où directes, l’usage habituel de viandes salées, du gibier, une nourriture trop substantielle et trop azotée, les boissons alcooliques, le café. Ils éviteront aussi les émotions morales pénibles, une frayeur vive; l’impression brusque et prolongée du froid et de l’humidité; enfin l’action des poussières irritantes, des substances âcres et corrosives.
Enfin, le médecin s’efforcera de remplir les indi-
cations fournies par l’état général, et de traiter l’anémie, le lymphatisme, ou l’arthritisme (V. ces mots), suivant que les malades atteints de psoriasis seront anémiques, lymphatiques ou sous la dépendance de la diathèse arthritique, m félix rochard.
PTÉRYGION. — On appelle ainsi une plaque de forme triangulaire, à base tournée vers un des angles de l’orbite, généralement le grand angle, à sommet correspondant à la circonférence ou au centre de la cornée, et constituée par l’épaississement d’une portion de la conjonctive oculaire plus ou moins vascularisée ( \.Jig . 1101). Dans le plus grand nombre des cas, le ptérygion occupe la moitié interne, parfois la moitié externe du globe; rarement chaque côté de l’œil; exceptionnellement les quatre points cardinaux de l’organe.
Le ptérygion n’offre pas toujours le même aspect, et sous ce rapport il en existe quatre formes : le ptérygion membraneux constitué par une membrane triangulaire, grisâtre, demi-transparente, privée de vaisseaux apparents, étendue sur la conjonctive et la cornée en forme d’ongle ou d’aile de mouche; le ptérygion vasculaire qui reçoit un certain nombre de vaisseaux, et présente un aspect opaque et rougeâtre; le ptérygion charnu, dans lequel la vascularisation est telle que la membrane présente un aspect musculaire; le ptérygion adipeux, considéré comme le résultat d'une dégénérescence de la seconde forme.
Les causes du ptérygion sont obscures. Les uns admeltentl’influence d'inflammations de la conjonctive; les autres rejettent cette opinion. L’influence des lésions traumatiques de la paupière, de la conjonctive, est douteuse. Le ptérygion est très fréquent dans certains pays, notammnent à Madère, où un dixième des paysans et des bateliers de l'île en sont atteints. Les ouvriers qui exploitent les carrières de chaux et de pierres paraissent fréquemment atteints de ptérygion, ce que l’on explique par l’action que la chaux et la poussière exercent sur la conjonctive.
L’examen histologique du ptérygion fait reconnaître que cette affection est constituée par un hypertrophie simple de la conjonctive et du tissu cellulaire subjacent. On a cherché à rendre compte de la forme triangulaire, ou plutôt trapézoïdale du ptérygion, en invoquant la disposition que présentent les vaisseaux de la conjonctive.
Le ptérygion se présente sous la forme d’une membrane d’épaisseur variable, plus ou moins riche en vaisseaux, étendue à la suface de la conjonctive scléroticale, et prolongée plus ou moins sur la cornée, où elle se termine brusquement par un bord ou un sommet épaissi qui en quelque ressemblance avec une expansion aponévrotique ou tendineuse. Le ptérygion est facile à distinguer du pannus dans lequel les vaisseaux s’éparpillent sur les divers point de la cornée, sous forme de réseau et ne forment pas, dans leur ensemble, une figure triangulaire; d’autres néoplasmes de la conjonctive, parce que le ptérygion ‘ peut toujours être saisi facilement avec un pince et écarté de la sclérotique et de la cornée, tandis que les néoplasmes de la conjonctive lui adhèrent intimement. Cesnéo-
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plasmes ont de la tendance à gagner les parties profondes, tandis que le ptérygion demeure toujours limité à la surface de la muqueuse oculaire. Abandonné à lui-même, le ptérygion peut rester stationnaire pendant des années. Il est rare qu’il guérisse spontanément. Quelle qu'en soit la forme, toute la portion de cornée envahie est perdue pour la vision.
On a employé contre le ptérygion divers topiques : collyres astringents , solution de nitrate d’argent,
Fig. 1101. — Ligature du ptérygion.
laudanum, acétate de plomb réduit en poudre fine. Il y a peu à compter sur cette médication.
Le traitement chirurgical comporte un grand nombre de procédés.
L 'excision du ptérygion, après l’avoir disséqué, a l'inconvénient, lorsque la base du mal se continue jusqu’au grand angle de l’orbite, de produire une cicatrice qui maintient l’œil invariablement fixé en dedans. Dans le but d’obtenir une cicatrisation isolee
Fig. 1102. — Excision du ptérygion.
des lèvres de la perte de substance, j’ai essayé d’appliquer au ptérygion l’un des traitements imaginés pour le symblépharon, c’est-à dire d’embrasser cette membrane par deux ligatures, dont l’une, la plus rapprochée de la cornée, est très fortement serrée, tandis que l’autre, celle qui est le plus près du grand angle, est moins serrée. J’espérais, à l’aide de cet artifice faire tomber la portion étranglée en deux temps, d’abord du côté de la cornée, puis du côté du grand angle. Cette tentative a échoué; après la chute des deux ligatures, il s’est formé une bride épaisse et dure qui a porté le globe fortement en dedans.
L 'extirpation se pratique de la manière suivante : le malade est couché, les paupières convenablement écartées par un aide ; le sujet porte l’œil en dehors ou en dedans, d’après la situation occupée par la production morbide. On saisit le ptérygion, à la partie moyenne, avec une pince à griffes, de façon à l’éloigner de la sclérotique; puis avec des ciseaux courbes, on excise le pli qu’on a formé. S’il reste quelques portions de la membrane, on les extirpe de la même manière.
J’ai dit plus haut que ce procédé avait l’inconvénient de produire à sa suite un symblépharon. On a cherché à prévenir ce résultat en mettant à exécution un autre procédé dit par dérivation : on dissèque le ptérygion, et on en fixe le sommet dans une plaie faite à la conjonctive au voisinage de la production morbide.
Un procédé plus simple et plus sûr dans ses résultats, pour prévenir le symblépharon consécutif,
Fig. 1103.
Suture de la conjonctive après l’excision du ptérygion.
consiste à enlever une partie du ptérygion par dissection et à réunir ensuite les lèvres de la perte de substance, dans le sens transversal, par quelques points de suture simple. cr Fano.
PTÉRYGOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à deux apophyses qui se détachent de la face inférieure de la base des grandes ailes de l’os sphénoïde (V. ce mot). p. l.
PTÉRYGOIDIEN. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles, à une artère et à un nerf.
Les muscles ptérygoïdiens, situés à la face interne de la mâchoire inférieure, sont l’un interne et l’autre externe. ■ — Le pléry goidien interne allongé, quadrilatère, s’insère d’une part sur la fosse ptérygoïde formée par les apophyses ptérygoïdes de l’os sphénoïde, d’autres part sur la face interne de la branche montante du maxillaire inférieur. 11 élève le maxillaire inférieur et lui imprime un léger mouvement de latéralité très favorable au broiement des aliments. — Le ptérygoïdien externe, court et épais, de forme pyramidale, s’insère d’une part sur toute la face externe de la fosse ptérygoïde, d’autre part, sur la partie inférieure du col du condyle du maxillaire inférieur et sur le ligament inlerarticulaire. 11 porte en avant la mâchoire inférieure, et est le principal agent du broiement des aliments.
L’artére ptérygoïdienne , est une des branches descendantes de l’artère maxillaire interne, dont les rameaux se distribuent aux muscles ptérygoïdiens.
PTO
PUD
Le nerf ptérygoïdien est une brandie collatérale I interne très grêle du nerf maxillaire inférieur qui |
Fig. 110-1.
6. Muscle ptérygoïdien externe composé de deux faisceaux qui se portent horizontalement de la face externe de l'apophyse zygomatique à la parüe antérieure du col du condyle du maxillaire inférieur. Le muscle ptérygoïdien externe recouvre la partie supérieure du ptérygoïdien interne, dont les libres descendent vers la face interne de la branche du maxillaire, où elles s’insèrent. — t. Nerf lingual. — 2. Nerf buccal. — 3. Nerf dentaire inférieur. — 3'. Nerf mentonuier. — 4. Nerf auriculotemporal. — 5. Muscle temporal, dont on a enlevé la partie inférieure qui s’insère sur l’apophyse coronoïde de l’os maxillaire inférieur. — 7. Nerf facial.
qu'ils ne sont pas éliminés peuvent, en s’accumulant dans l’organisme, déterminer une autoinfection. p l.
PTOSIS. — (V. Blépharoplose.)
PTYALINE. — Nom donné à une matière organique fermentescible contenue dans la salive (V. ce mot). p. l.
PTYALISME. — (V. Salivation.)
PUBERTÉ. — On donne le nom de puberté à l’ap parition dans les deux sexes de la faculté procréatrice on, mieux, à la série des phénomènes d’accroissement qui accompagnent la première maturation et chute d’un ovule chez les filles, et la première production des spermatozoïdes chez les garçons (Littré et Robin). La puberté s’établit de 11 à 14 ans pour les filles, et de 13 à 15 ans pour les garçons. Indépendamment de l’apparition de la menstruation, on observe chez les filles, comme autres signes de la puberté, le dévelopement progressif des seins, dont le mamelon devient un peu saillant et dont l'auréole prend une teinte rouge brun; l’arrondissement des hanches, l’accentuation du mont de Vénus sur lequel se montrent des poils, qui, rares et courts d’abord, s’allongent et frisent peu à peu. Chez les garçons, concurremment avec l’apparition des spermatozoïdes dans la liqueur séminale, on observe une augmentation de volume des testicules et de la verge ; de plus, la voix se transforme et, de perçante qu’elle était, devient rauque et enrouée par moments, plus grave et plus uniforme. p. l.
PUBIS. — Noms donné par les anatomistes à la partie médiane et antérieure du bassin, formée par la partie pubienne de chacun des deux os iliaques (V. Bassin, Iliaque). p. L.
se rend directement au muscle ptérygoïdien interne. Dr Paul Labarthe.
PTOMAÏNE. Nom donné par Selmi à des alcaloïdes, généralement crislallisables, découverts par lui en 1872 dans les cadavres à l’état de décomposition, dont les uns ne sont pas vénéneux, tandis que les autres le sont à un très haut degré, et ont sur l’économie une action physiologique à peu près analogue à celle de la conicine, de la codéine et du curare. Les ptomaïnes, ainsi que cela résulte des expériences du professeur Gauthier et de Selmi, prennent naissance aux dépens des substances albuminoïdes lorsque celles-ci sont putrifiées; aussi peut-on les rencontrer dans une foule de circonstances. C'est à elles qu’on attribue les empoisonnements par la charcuterie, les viandes de conserve altérées, les fromages, etc. D'après d'autres expériences du professeur Gauthier, les ptomaïnes peuvent aussi se développer dans certaines secrétions et excrétions normales, telles que la salive, l'urine, etc., sous l’influence de la vie des ferments et des tissus; d’après ce même expérimentateur, ces produits de la désassimilation des tissus lors- Dictionnaire populaire., le Médecine usuelle.
PUDEUR (outrages publics a la). — Médecine légale. — Et d'abord voici l’article du Code pénal qui concerne les individus coupables d’outrages publics à la pudeur :
Législation. — Code pénal , art. 330. — Toute personne qui aura commis un outrage public à Ja pudeur sera punie d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 16 à 200 francs.
On doit entendre par outrage public à la pudeur, tout acte, fait ou geste attentatoire à la pudeur, commis dans un lieu public ou accessible au public. « Ainsi, un homme ou une femme marchant nus dans la rue, un homme ou une femme se livrant séparément et publiquement à des attouchements honteux, un homme et une femme se faisant publiquement des attouchements, voilà autant d'actes dans lesquels il y a outrage à la pudeur. » (Devergie.)
L’outrage à la pudeur n’a donc pas besoin pour être commis du concours des deux sexes. 11 existe également lorsque les actes incriminés n’ont pas été commis en présence de témoins, mais par le seul fait que le lieu était accessible au public, lorsque les auteurs des actes se sont exposés par vo-