‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 216 sur 344 · QUE · texte numérisé non relu

QUE

QUA

Avant de clore cet article sommaire, nous rappellerons les paroles de Jules Guérin dans un mémorable débat à l’Académie de médecine :

« Les quarantaines et les cordons sanitaires sont des institutions caduques, qu’il faut supprimer, et qui seront remplacées par des mesures plus sérieuses, plus sûres et plus efficaces. »

Nous même, dans un article du Journal d'hygiène du 23 avril 1883, à propos de la quarantaine infligée au navire qui ramenait mourant, de Madagascar, le vaillant amiral Pierre, nous écrivions :

« Il faut avoir le courage de le dire, ce ne sont plus là des précautions sanitaires, c’est de la barbarie digne d'un autre âge. Si les populations méditerranéennes sont affolées par la peur, un gouvernement intelligent et fort ne doit ni respecter, ni surtout encourager de pareils sentiments de pusillanimité. » D' P. DE Pietra-Saxta.

QUASSIA AMARA. — T.e quassia amara , appelé aussi b ns de Surinam, bois amer, est un arbre de la famille des Rutacées, originaire de la Guyane,

Fig. 1113. — Quassia amant.

dont la racine ligneuse nous arrive en cylindres de 3 à 4 centimètres de diamètre; elle est grisâtre, tachetée en dehors, d’un blanc jaunâtre en dedans, inodore et d’une saveur excessivement amère. Nous trouvons cette racine dans les pharmacies réduite à l’état de copeaux jaunes, minces, poreux, très amers. Celte amertume est duc à un principe particulier appelé par Thompson quasine (V. ce mot) A part cette substance immédiate, le quassia amara ne contient ni tannin, ni acide gallique; il se rapproche par sa composition de la gentiane et de lu petite centaurée, dont il offre d’ailleurs des analogies physiologiques et thérapeutiques marquées.

En effet, pris à haute dose, ce médicament ne produit ni constipation, ni vomissements, ni diarrhée, il ne détermine en un mot aucune irritation générale ou locale quelconque, ce qui ne l’empêche pas d’être tonique, apéritif et stomachique. Il facilite l’appétit, régularise les fonctions gastriques et a l’avantage de pouvoir être prescrit à des doses considérables sans occasionner le moindre dérangement du cùté des voies digestives. Le seul inconvénient qu il pubse avoir, c’est de posséder une Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

amertume si intense que certaines personnes éprouvent à le prendre une répugnance invincible.

Il se prescrit dans les anorexies, dans les dyspepsies atoniques survenant à la suite de convalescences pénibles, exemptes d’inflammation du tube digestif. Il est encore utile dans les affections scrofuleuses, scorbutiques, dans les diarrhées chroniques apyrétiques, les dyssenteries invétérées et contre les vomissements spasmodiques.

On emploie ordinairement la macération des copeaux à froid. L’infusion et la décoction sont peu employées; il en est de même de la poudre, de la teinture, de l’extrait et du vin. Quelques personnes se servent tout simplement d’un gobelet de bois de quassia, plein d’eau ou de vin, qu’on vide au bout de quelques minutes et qu’on remplit de nouveau pour le vider un quart d’heure à une heure plus tard. Mais il est bien préférable d’avoir recours à la quassine, son principe actif (V. Quassine. Dr Marc Camuoulives.

QUASSINE. — La quassine est le principe actif de la Quassia amara. Elle est amorphe ou cristallisée, mais sous ces deux formes elle produit les mêmes effets, si ce n’est que la seconde est dix fois plus active.

A dose modérée (2 à 10 centigrammes pour la quassine amorphe, 2 à 10 milligrammes pour la quassine cristallisée), ce principe active et augmente lasécrétion des glandes salivaires, du foie et des reins ; il éveille l’action des fibres musculaires de l’appareil digestif, du canal excréteur de la bile, de l’appareil uro-p détique, augmente la sécrétion des muqueuses et facilite l’excrétion des sécrétions normales. Chez les individus malades, il réveille l’appétit, reconstitue les forces, facilite les excrétions normales, rend la défécation plus facile et hâte l’expulsion des calculs rénaux et du foie.

A dose plus élevée mu-dessus de 15 centigrammes pour la quassine amorphe et de 15 milligrammes pour la quassine cristallisée), ce produit détermine des effets toxiques d’autant plus accentués que la dose est plus.élevée : brftlure de l’estomac, de 1 isthme du gosier striction de la gorge, pyrosis, céphalgie frontale, nausées vomissements, diarrhée, mictions fréquentes, crampes dans les jambes, etc.

La quassine constitue un bon médicament qui trouve son indication dans l inappétence, les digestions lentes, les dyspepsies alonique et flatulente, la constipation occasionnée par le défaut de contraction des fibres musculaires de l’intestin, les diarrhées, les coliques hépatiques et népliétiques, enfin dans l’anémie et les convalescences.

La quassine amorphe, connue sous le nom de Quassme F’ émin' (V. Fréminf ), est celle dont on fait le plus généralement usage. Dr Paul labarthe.

QUÉBRACHO. — Le québraclio est une écorce fournie pnri'usiniospermaquebracho, arbre de la famille des Aposeinées, originaire de la République Argentine, où il est connu sous le nom de Q iebraclw blmc. Celle écorce, d’une coloration rouge brunâtre à l’intérieur, douée d’une saveur amère très prononcée et d’un goût 1res désagréable, contient, d’après les recherches faites, eu 1881, par Franz Ren-

Page 1