‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 217 sur 344 · QUE · texte numérisé non relu

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zoldt, d’Erlangen, une matière colorante, du tannin ■et divers alcaloïdes, entre autres l’aspidospermine et la québrachine, auxquelles seraient dues ses propriétés thérapeutiques. Usité au Brésil comme tonique, fébrifuge et antiasthmatique, le québracho, administré sous forme d’extrait, a donné entre les mains de Penzoldt, Kranth, Picot, Berthold, Laquer, Berkhart, H. Smith, de bons résultats dans l’asthme, l’emphysème, la pneumonie catarrhale et les maladies du cœur. Ce médicament a pour principal effet de faire disparaître la dyspnée. Mais d’après les recherches de Huchard et Eloy, l’usage de l’extrait de québracho expose à des accidents toxiques et à des échecs thérapeutiques, parce que les alcaloïdes qui entrent dans sa composition et qu'ils ont expérimentés séparément, sont très différents et pour ainsi dire antagonistes par leurs propriétés. Du reste le québracho n’est pas entré dans la thérapeutique courante. Dr Paul Labarthe.

QÜÉVENNE (fer). — Le fer Quévenne, dont le professeur Bouchardat a dit, dans son Formulaire magistrat, qu’il « est la meilleure peut-être des préparations ferrugineuses » et qu’ont prôné Andral, Chomel, Cruveilher, Piorry, Gubler, Grancher, etc., est du fer réduit par /’ hydrogène (V. ce mot), c’est-à-dire du fer à l’état pur, débarrassé de ses oxydes, privé de soufre, d’arsenic, de phosphore, de cuivre, de carbone, de silice, d’alcali, etc., et amené chimiquement dans un état de division moléculaire tel, qu’au contact des sucs digestifs, il est facilement absorbé, au fur et à mesure de sa dissolution, sous la forme la plus favorable à l’assimilation, c’est-à-dire à l'état naissant. 11 se présente sous la forme d’une poussière très tine, d’un beau gris ardoisé, couleur qui est celle du fer à l’état pur et complètement réduit, tandis que le fer réduit du commerce est d’un noir tirant sur le brun, nuance due à la quantité parfois considérable des mélanges cités plus haut qu’il renferme.

Son introduction dans la thérapeutique date de 1840, époque à laquelle s’inspirant de ce passage de Sydenham, le premier qui nous a appris à guérir l’anémie par le fer : « une longue suite d’observations m’ont convaincu que le fer, dans son état de plus grande simplicité, dans son état métallique, agit bien plus vite et plus efficacement que de quelque manière qu’il ait été préparé », Quévenne, pharmacien en chef de l’hôpital de la Gharité s’appliqua à la recherche d’un procédé de préparation qui permit de présenter au malade le fer sous une forme simple et aussi élémentaire que possible, mais en même temps dans des conditions de pureté et de division que le pilon et la lime étaient impuissants à donner. Nous ne reviendrons pas sur le procédé employé par l’éminent chimiste, il a été décrit à l’article publia au fer réduit (V. ce mot). En 1854 il publia dans les Archives de physiologie, de thérapeutique et d'hygiène , un long mémoire bourré d’expériences et d’observations, couronné par l’Académie de médecine, dans lequel il démontra les avantages du ter Quevenne d’une façon si péremptoire que cette Société donna en même temps l’approbation à ce

produit et que, peu de temps après, un arrêté du ministre ordonna d'insérer le fer Quévenne au recueil des remèdes officinaux.

Les avantages du fer Quévenne ont été parfaitement résumés par le professeur Bouchardat. D’après cet éminent thérapeutiste, ces avantages seraient : « 1° d’être dans un état de division extrême, ce qui le rend facilement attaquable par les acides du suc gastrique dans lequel il se dissout d’une manière lente et graduée, et auquel il cède, à poids égal, plus de fer que n’importe quel autre ferrugineux, en même temps qu’il donne lieu à la formation de sels au minimum d’oxydation; 2° d’agir à doses très petites; 3° d’avoir moins de disposition que les sels de fer, à exercer sur les tissus organiques une action locale constrictive; 4° d’être dépourvu de celle saveur d’encre que possèdent les préparations ferrugineuses à un degré proportionné à leur solubilité, de telle sorte qu’on peut le donner aux personnes les plus difficiles. » (Bouchardat. Formulaire magistral, 24' édition, Paris, 1883.)

Le fer Quévenne s’administre sous deux formes : 1° en nature, à l’aide d’une petite cuiller-mesure qui permet au malade de mesurer lui-même les doses; 2° en petites dragées, composées simplement de fer et de sucre et renfermant chacune 5 centigrammes de fer. Il doit être pris, par parties égales, au commencement des deux principaux repas, dans une cuillerée de potage ou tout autre aliment, pourvu qu’il ne soit pas acide. D’après le professeur Gubler, il suffit d’en donner 5 à 10 centigrammes deux fois par jour. Dr c. Sahran.

QUILLAJA SAPONARIA. — Le quillaja saponaria, quillais savoneux, est un grand arbre très connu à Panama, au Pérou, au Chili et au Brésil, dont l'écorce, connue sous le nom d’écorce de Panama est usitée dans l’induslrie, en pharmacie et en thérapeutique. Dans l’industrie, on en fait un grand usage pour le nettoyage des étoffes de laine et de soie. En pharmacie, on utilise la propriété que lui donne la saponine qu’elle contient en grande quantité, de former, en solution étendue d’eau, des émulsions permanentes avec les résines et les gommes résines, propriété que l’éminent chimiste Le Beuf, de Bayonne, a eu la très heureuse idée d’utiliser pour émulsionner le coaltar et doter la thérapeutique de son excellent coaltar saponiné Le Beuf, (V. ce mot). L’écorce du panama prise en infusion jouit de propriétés diurétiques ; mâchée, elle augmente la salivation ; prise en poudre, elle agit comme sternutatoire. Enfin, en 1885, le Dr R. Robert, de Strasbourg, après des expériences répétées suivies de succès, a conseillé l’écorce de panama comme expectorant dans l’emphysème et la bronchite chronique. 11 l’administre en décoction de 5 grammes pour 200 grammes d’eau, par cuillère à bouche pour les adultes, et par cuillère à dessert pour les enfants. Dr Paul Labarthe.

QUINA. — • Synonyme de Quinquina (V. ce mol).

QUININE. — La quinine est le principal alcaloïde des quinquinas dont la découverte est due à Pelletier et Caventou, et remonte à l’année 1820. Elle se

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présenti* sous la forme d'une substance blanche, poreuse, friable, d’une saveur très amère, très faiblement soluble dans l’eau froide, très soluble au contraire dans l’alcool, l’éther et le chloroforme. Cette quinine désignée sous le nom de quinine pure, quinine précipitée, se donne rarement à l’état libre, à cause de l’excès d’irritation qu’elle concentre dans nos organes. On a généralement recours au sulfate de quinine, combinaison de la quinine avec l’acide sulfurique.

Sulfate de quinine. — La quinine forme avec l’acide sulfurique deux sels importants : un sulfate neutre et un sulfate acide ou bisulfate. Le sulfate neutre de quinine se présente sous l’aspect de petites houppes cristallisées blanches, très légères, douées d’une amertume considérable, formées par des aiguilles soyeuses et feutrées; il s’effleurit rapidement à l’air et tombe en poussière en perdant une partie de son eau de cristallisation. Sa conservation doit s’opérer, pour ce motif, dans des vases bien bouchés, à l’abri de la lumière qui le jaunirait. Il est soluble dans 74 parties d’eau froide, dans 30 parties d’eau bouillante et dans 60 parties d’alcool absolu froid. Il est presque insoluble dans l’éther. Calciné,

11 ne laisse aucun résidu. L’addition d’une petite quantité d’acide sulfurique augmente beaucoup sa solubilité; il se forme alors un sulfate acide. Ce sel est plus amer que le sulfate de cinchonine et a des propriétés fébrifuges plus marquées. Son usage est généralement abandonné pour le sulfate acide qui est incomparablement plus soluble que le précédent, puisqu’il n’exige que 11 parties d’eau à 15° pour se dissoudre. Le sulfate acide ou bisulfate de quinine se présente sous forme de prismes rectangulaires blancs, très amers, tronqués ou terminés par des facettes. 11 s’obtient en ajoutant au sulfate neutre

12 p. 100 d’acide sulfurique dilué. Sa solubilité très grande dans l’eau en fait un remède précieux et le seul employé en médecine.

Effets. — L’action physiologique du sulfate de quinine varie suivant les effets qu’on veut produire.

Veut-on obtenir de ce sel une action tonique, il faut l’administrer aux faibles doses de 10 à 50 centigrammes en deux ou plusieurs prises régulièrement espacées dans le courant de la journée. Alors ce médicament, par son amertume légère, stimule la muqueuse gastrique, augmente l’appétit, régularise les fonctions digestives. Son absorption est très rapide, son passage dans le sang marqué par la force et la régularité du pouls, l’élévation de la température et de la chaleur animale ; son élimination en nature se fait au bout d’un quart d’heure à demi-heure par nos divers émonctoires et surtout par les voies urinaires.

A-t-on besoin d’administrer ce sel pour en retirer une action fébrifuge, sédative ou hyposlhénisante (et c’est dans ce dernier but qu’il rencontre ses plus fréquentes indications), il doit se donner aux doses elevées de 50 centigrammes à 2 grammes. Certaines personnes, dès les premières doses, se trouvent sous l’influence d’un certain degré d 'ivresse quinique marquée par de la céphalalgie, des étourdissements, l’affaiblissement de la vue, des bourdonnements d’oreille, la titubation, la dilatation pupillaire et un peu de délire .

Le plus grand nombre supportent des doses moyennes de sulfate de quinine sans en éprouver le moindre dérangement dans les fonctions organiques. On observe alors une rémission dans l’acuité des symptômes : le pouls se ralentit, diminue de force et de fréquence, les battements du cœur s’apaisent, les désordres nerveux se calment, la respiration devient plus facile, la chaleur animale diminue, la température s’abaisse, le volume exagéré de la rate tend à disparaître; puis le médicament s’élimine par l’urine, la sueur, les larmes, le lait et même la salive, qui en renferment des traces plus ou moins évidentes.

A doses trop fortes, de 3 à 5 grammes par jour, ce sel produit des effets toxiques par l’exagération des phénomènes anémiques indiqués ci-dessus. Ce sont de fortes convulsions, un délire intense, des tremblements continuels, bientôt suivis de somnolence, de stupeur, et d’un coma pouvant devenir promptement mortel.

Usages. — Il s’ensuit de ce résumé physiologique que le sulfate de quinine s’administre rationnellement à des doses modérées toutes les fois qu’il s’agit de réfréner les fluxions sanguines actives, de modérer la chaleur, de tempérer la fièvre. Aussi sa prescription est-elle indiquée dans le rhumatisme articulaire aigu, les accès de goutte inflammatoire, les congestions et les phlegmasies des centres nerveux, telles que : la méningite cérébrale, l’encéphalite, la myélite, la méningo-myélile, le délire congestif, l’hyperhémie du cerveau, les névralgies congestives de cet organe. Il est encore indiqué dans les névralgies dentaires, brachiales, ainsi que contre les accès de migraine, d’asthme, de dyspnée, de toux convulsive, de palpitations. C’est un médicament souvent héroïque contre la fièvre puerpérale, la fièvre typhoïde à forme cérébrale, la fièvre traumatique, le délire des blessés; en un mot, contre toutes les fièvres congestives avec exace’rbation.

Mais le véritable triomphe du sulfate de quinine réside dans son emploi contre les fièvres intermittentes, dans le traitement desquelles il a été considéré par la grande majorité des auteurs comme un spécifique souverain. En effet, il n’est pas de fièvres intermittente ou rémittente d’origine palustre que le sel quinique ne guérisse radicalement. Les fièvres pernicieuses seules et quelques fièvres saisonnisées résistent parfois à ses puissants effets.

Dans la manière d’administrer le sulfate de quinine, on suit généralement aujourd’hui la pratique du professeur Gubler, qui consiste à procéder par des doses de 25 centigrammes de sulfate de quinine répétées quatre ou cinq fois par jour à trois ou quatre heures d’intervalle jusqu’à cessation des phénomènes morbides et qui consiste, en outre, a continuer par des doses successivement décroissantes jusqu’à extermination complète des germes de la maladie. Ces doses sont toujours administrées de façon que la dernière se prenne deux ou trois heures avant le retour des phénomènes morbides. Cette tactique a sa raison d’être, comme nous allons le voir. En effet, puisque, d’un côté, le sulfate acide de quinine apparaît au bout d’une demi-

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