‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 218 sur 344 · OUI · texte numérisé non relu

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heure dans l’urine, c’est qu’il est absorbé très vite et qu’il passe dans le torrent circulatoire quelques minutes à peine après son ingestion; puisque, d’un autre côté, l’observation clinique nous apprend que le quinisme arrive à son maximum d’intensité deux ou trois heures après l’introduction du sel dans les premières voies et qu’il cesse dans le délai de deux ou trois heures au plus; il en résulte que l’action moyenne réelle du sulfaie de quinine est de trois à quatre heures, six heures au plus après l'emploi de fortes doses. Or, 25 centigrammes donnent généralement des phénomènes physiologiques passablement intenses. 50 centigrammes sont parfois nécessaires, mais toujours suffisants pour obtenir le résultat désiré. En conséquence, on ne devra pas administrera la fois moins de 25. ni plus de 50 centigrammes de sulfate de quinine toutes les quatre heures. D’après cela, on conçoit qu’en donnant le remède de demi-heure à une heure avant l’accès comme dans la méthode romaine, on n’aura aucune influence sur lui; il en sera de même si l’on cesse son administration six heures avant le retour du paroxysme fébrile, comme cela arrive quelquefois dans la méthode française : les fièvres tierces et surtout les fievres quartes en sont des exemples frappants.

En définitive, le sulfate de quinine doit se donner dans les fièvres intermittentes simples a la dose de 50 centigrammes à 1 gramme 50 en quatre doses régulièrement espacées de quatre en quatre heures et disposées de façon à ce que la dernière prise précède de deux ou trois heures seulement le retour du paroxysme. En procédant de la sorte, le premier accès est simplement retardé, le second retardé et diminué, le troisième effacé ou nul. 11 n'en faut pas moins continuer pendant quelques jours le sulfate à des doses de plus en plus faibles. Dans les fievres intermittentes bénignes, 50 centigrammes suffisent pour couper un accès fébrile; dans les fievres pernicieuses des climats chauds et marécageux, il est utile d’élever la dose à 1, 2, 3 et 4 grammes, d’administrer tout de suite 60 centigrammes à la fois sans attendre le moment favorable, car il n’y a pas de temps à perdre et le pis qui puisse arriver dans ces circonstances, c’est de n’oblcnir aucun résultat avantageux de ce traitement hâtif, qui, dans quelques cas particuliers, peut mettre un terme à des accidents terribles.

Le sulfate de quinine étant un remède souverainement efficace contre les maladies fébriles ou non fébriles à forme périodique et principalement contre les lièvres intermittentes, il rend aussi des services toutes les fois qu’il y a inflammation, fièvre, chaleur, par ses vertus sédatives et hyposthénisantes, connue à la suite de plaies traumatiques, de fièvres congestives graves, de phlegmasies intenses, mais alors on ne doit jamais dépasser la dose de 1 gramme à t gramme 50 par jour par prises suffisamment nombreuses et suffisamment espacées. C’est le vrai moyen d'avoir en lui un excellent fébrifuge.

Si l’on recherche, au contraire, son action tonique, et il est rarement employé comme tel, les préparations de quinquina lui étant de beaucoup supérieures sous ce rapport, l'on doit se contenter de

faibles doses de 10 à 50 centigrammes en plusieurs fois dans le courant de la journée, l'on peut en retirer parfois des avantages contre les cachexies, les diathèses, les convalescences interminables, dans toutes les affections chroniques, en un mot, où persiste constamment un léger mouvement fébrile.

Terminons en disant que le sulfate de quinine s’administre par toutes les voies usitées : par la bouche, en lavements et par les méthodes hypodermiques et endermiques.

A l’intérieur, il se prend en poudre dans du miel ou des confitures, dans un cachet médicamenteux Limousin , dans une capsule Le Huby, sous la forme pilulaire, ou mieux, ce qui est encore le moyen le plus commode, sous forme de capsules Pelletier. En lavement, il se prend dissous dans de l’eau acidulée et étendu dans une petite quantité d’inlusion pour un quart de lavement que le malade doit s’efforcer à garder le plus longtemps possible. Dans tous les cas il faut toujours donner la préférence au sulfate acide de quinine sur le sulfate neutre, comme plus soluble dans l’eau, plus facilement dissous dans le suc gastrique, plus promptement absorbé et plus actif dans ses effets.

A l’extérieur, les injections sous-cutanées de sulfate de quinine s’emploient contre les rhumatismes, les névralgies, les fievres intermittentes, lorsque le mauvais état des voies digestives ne permet pas d'introduire ce sel par la bouche ou par le rectum. La prudence dans leur administration invite à procéder par petites doses, de crainte qu’il ne survienne des désordres inflammatoires consécutifs. J'en dirai de même de l’emploi de la méthode endermique qui consiste à déposer sur la plaie d’un vésicatoire le sulfate de quinine en dissolution, parce que sous cette forme il n’occasionne qu’un léger picotement et peu d’irritation locale.

Falsifications du sulfate de quinine. — Le sulfate de quinine, vu son prix très elevé, a été l’objet d’une foule de falsifications. Ainsi on l'a falsifié par des mélanges de sulfate de chaux, de plâtre, de sulfate de soude, d’acide borique, de sucre, d’amidon, etc. Les fabriques allemandes, italiennes et américaines, entre autres, délivrent tous les jours des sulfates de quinine absolument impurs, qui contiennent de plus ou moins grandes proportions de quinoidine et de cinchonine. 11 n’y aqu’un moyen d’éviter ces fraudes, c'est de n’employer que le sulfate de quinine sortant de la fabrique de Pelletier, fauteur même de la découverte de ce précieux produit, qui, dirigée après lui par Delondre et Levaillant, est aujourd’hui la propriété du savant chimiste Armel De Lisle. Le sulfate de quinine Pelletier, dit des trois cachets, est reconnu et proclamé sans conteste, par les médecins et les chimistes de tous les pays comme le seul absolument pur de tout mélange. Dr Marc. Camboulives.

QüINIQüE. — Nom donné à un acide qui se trouve dans le quinquina et qu’on obtient généralement comme produit secondaire de la fabrication de la quinine. 11 n’est pas usité. p. l.

QUINIUM. — Nom donné à un extrait alcoolique

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de quinquina à la chaux titrée, qui doit renfermer le tiers de son poids de quinine et de cinchonine, mais qui les renferme rarement. p. l.

QÜ1N0ÎDINE. — La quinoïdine est une substance complexe, mal définie, qu’on retire des résidus du quinquina qui a servi à préparer le sulfate de quinine et que Hurdel, de Vierzon, a essayé contre les fièvres intermittentes qui régnent en Sologne. p. L.

QUINQUINA. — Le quinquina est l’écorce du tronc et des branches de divers arbres exotiques qui appartiennent tous au genre Cinchona, de la famille des Rubiacées, et sont originaires de l’Amérique

Fig. H U. — Quinquina calisaya extrémité d'un rameau fleuri).

méridionale (du IVroul, aujourd’hui également cultivés dans les Indes sur une grande échelle. Ce sont des arbres de 4 à 5 mètres de hauteur, à écorce crevassée, à feuilles opposées, persistantes, à fleurs roses colorantes et à fruits capsulaires.

L'introduction des ecorces du quinquina dans la médecine européenne remonte à peine à la première moitié du XVII* siècle fl 640). Lors de son voyage dans le nouveau continent, Joseph de Jussieu nous a fait connaître que ce sont les habitants d un village des environs de Loxa qui ont les premiers utilise les propriétés fébrifuges de cette plante. Quelques années plus tard, l’épouse du comte d’LI Cinchon, vice-roi du Pérou, ayant été guérie par le quinquina d'une fièvre intermittente opiniâtre, lit apporter en Espagne une grande provision de celte écorce en poudre, et la distribua au public, sous le nom de poudre d* la Comles-e; puis, les Jésuites de Lima en donnèrent a leur tour aux malades, et en envoyèrent à Rome et au cardinal de Lugo, d'où résultèrent pour celte poudre les litres différents de puudie des Jésuiles, poudre Cardinale.

Sous ces différentes dénominations, cette poudre jouit pendant quelque temps d'une vogue extraordinaire, à tei point, que les écorces manquèrent et que les négociants péruviens les mêlèrent à d’autres écorces de mauvaise qualité. 11 n'en fallut pas davantage pour taire tomber le quinquina dans la défaveur et le discrédit. Les détracteurs y mirent

même un acharnement inouï. Les médecins et les facultés qui voulurent en faire usage devinrent l’objet de nombreuses persécutions. Le grand nom seul de Sydenham le remit en honneur, et, en 1679, un empirique anglais du nom de Talbot, qui n’ignorait pas sans doute les travaux du maître, ayant guéri Louis XIV d’une fièvre intermittente à l’aide d’une teinture vineuse de quinquina, le roi lui acheta le secret 48,OoO livres, et le fit publier par son ordre un remède public. A dater de ce moment, la vogue du quinquina reprit un nouvel essor. La Condamine, Ruiz et Pavon, de Humbolt, et, dans notre siècle, Weddel, Delondre, Howard, nous ont fait connaître l’étude botanique des divers quinquinas; Pelletier et Caventou, Bouchardat, Briquet, leur étude chimique et physiologique; Sydenham,

Fig. 1115. — Quinquina calisaya.

A. Fleur coupée verticalement. — B. Fruit. — C. Grappe de fruits.

Bretonneau, Trousseau, Gubler, leur grande importance en thérapeutique.

On ne connaît pas encore exactement le nombre des arbres à quinquina. Les auteurs en décrivent une quarantaine d’espèces, classées, d’après leur aspect extérieur, leur composition et leurs propriétés distinctes, en trois sortes essentiellement officinales, qui sont: le quinquina gri.t,ie quinquina jaune et le quinquina rouqr. Le gris présente dés écorces minces, petites, grisâtres, enroulées, plus astringentes qu’amères, contenant beaucoup de tannin et de cinchonine, mais peu de quinine. Le j iune a des écorces épaisses, fibreuses, plates, plus amères qu’astringentes, très riches en quinine, et pauvres en tannin et en cinchonine C’est le meilleur de tous les quinquinas. La couleur de sa poudre varie du jaune fauve au jaune orange. Le rouge, intermédiaire aux deux autres, offre des écorces de moyenne épaisseur, d’un rouge plus ou moins vif, aussi astringentes qu’ameres, avec des proportions égales de quinine, de cinchonine et de tannin.

En résumé, est-il nécessaire d’obtenir des effets anlipériodiques au plus haut degré et sous le moindre volume du médicament, c’est au quinquina calisaya ou jaune royal qu’il faut avoir recours. A-t-on besoin, au contraire, d’une action tonique accompagnée d'un certain degré d’astringence, le quinquina gris lui sera préféré. Enfin dans les cas où l'action fébrifuge, l’action astringente et l’action tonique doivent être exigées au même degré, il parait évident que le quinquina rouge satisfera mieux que les autres à cette triple exigence.

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Voici la composition organique que Pelletier et Caventou assignent aux quinquinas, savoir : quinine, quinicine, quinoïdine, cinchonine, cinchonicine, cinchonidine, aricine, acides quinique, quinovique, quinotannique, rouge cinchonique, matière colorante jaune, matière grasse verte, amidon, gomme et sels.

Effets. — Introduit à faible dose dans les voies digestives, ce médicament stimule l’appétit, facilite la digestion, tonifie la muqueuse gastrique sans causer de la constipation, ni de la diarrhée consécutive. Puis, il est lentement absorbé et passe dans la circulation générale où il imprime à nos organes épuisés de diverses manières un sentiment de bienêtre des plus marqués. Sous son influence, la fibrine et l'albumine augmentent dans le sang, la circulation est plus forte, plus régulière, la température plus élevée, la chaleur animale plus intense; les fonctions du système nerveux se régularisent, les appareils de la vie organique s’harmonisent pour agir tous d’un commun accord et contribuer à la parfaite régularité de l’ensemble.

11 n’en sera pas de môme des doses élevées qui se comporteront d’une tout autre manière. Ainsi, parvenues dans l’estomac, elles l’irriteront au point de produire d’abord de la constipation, laquelle pourra se changer dans la suite en une diarrhée plus ou moins persistante. Dans le torrent circulatoire, elles diminueront le mouvement fébrile, abaisseront la température, calmeront la chaleur, deviendront en un mot des sédatifs du système nerveux et des hyposthénisants du muscle cardiaque.

Des doses toxiques produiront de la céphalalgie, des vertiges, de la somnolence, de la stupeur, le collapsus, le coma et la mort.

En d’autres termes, de faibles doses feront du quinquina un tonique astringent de premier ordre, grâce à l’action prédominante de la cinchonine, du tannin et des matières extractives qu’il renferme; tandis que de fortes doses contiendront une grande quantité de quinine et le rendront à la fois un puissant sédatif et un bon fébrifuge.

Mais ce n’est pas tout, le quinquina employé en applications topiques détermine en outre un resserrement des tissus, une contraction des capillaires sanguins capable de dégorger les surfaces ulcérées et de neutraliser les matières putrides qui en découlent.

Usages. — D'après ce court exposé physiologique, l’action thérapeutique du quinquina est facile à comprendre. Ce médicament, en effet, donné dans des proportions modérées est un de ceux qui sont les plus employés de la matière médicale, et, sans contredit, celui qui nous rend tous les jours les plus signalés services dans les conditions morbides les plus variées. Il n’est pas de cachexies, de dyscrasies, d’appauvrissements du sang, anémie ou chlorose, de convalescences longues et pénibles où Ion n ait recours à ce précieux tonique. Toutes les diathèses : tuberculose, cancer, syphilis, scrolule, dartres, scorbut, en retirent les meilleurs effets. Les constitutions délabrées par les excès de travail, les veilles prolongées, les affections chroniques, trouvent dans le quinquina le meilleur

moyen de relever les forces, de redonner à l’organisme sa vitalité première. Les maladies aiguës les plus graves parvenues à la dernière période de l’adynamie trouvent encore dans cet agent un moyen de prolonger l’existence jusqu’à l’établissement d’une crise salutaire sur laquelle on n’osait plus compter. Il ne faut pas s’étonner, d’après cela, que ce médicament soit universellement employé, comme tonique, par tous les praticiens.

Son administration, comme fébrifuge, est loin de s’être attirée une approbation aussi générale. Tandis que les uns recommandent les préparations de quinquina, le plus grand nombre accordent la préférence au sulfate de quinine, c’est-à-dire à son alcaloïde. Dans le premier cas, il faut donner le quinquina calisaya soit en poudre, soit en extrait alcoolique, soit en résine, mais toujours à haute dose, ce n’est qu’à ces conditions qu’on triomphe des maladies fébriles ou non fébriles à forme périodique; dans le second cas, le sulfate de quinine se prescrira d’après les indications qui sont formulées à l’article où il est traité de ce sel.

Puisque le quinquina réduit la vascularité des tissus et les raffermit, il sera encore utilisé toniquement avec avantage sur les ulcères fongueux, les plaies atoniques, gangrenées, les eschares du sacrum, etc.

Le quinquina s’administre de différentes façons : en tisane, en poudre, sous forme d’extrait, de teinture, de sirop et de vin.

Trois sortes de tisanes au quinquina peuvent être prescrites, ce sont : la macération à froid, l’infusion dans l’eau bouillante et la décoction. La macération et l’infusion absorbent le tannin, mais ne dissolvent qu’une très petite partie des principes actifs contenus dans l’écorce; la décoction, au contraire, dissout la majeure portion des principes fébrifuges qui la rendent trouble par le refroidissement. En conséquence, les deux premières auront des propriétés toniques astringentes manifestes, pendant que la dernière sera principalement fébrifuge. Ces trois préparations de quinquina par l’eau sont souvent employées à l’intérieur. L’usage externe en retire aussi son profit en lavements, injections, lotions et fomentations toniques antiseptiques.

La poudre de quinquina se donne à l’intérieur : à faible dose (20 centigrammes à 2 grammes), comme tonique, à haute dose (de 4 à 20 grammes), comme fébrifuge, dans du miel, dans une capsule Le Huby, dans un cachet médicamenteux Limousin, etc. À l’extérieur, elle sert à saupoudrer les plaies atones, les eschares du sacrum par ses vertus à la fois absorbantes, antiseptiques, astringentes et toniques.

On range les extraits de quinquina sous trois espèces qui diffèrent par leur composition et leurs propriétés. L 'extrait sec et l 'extrait mou gris ou extrait aqueux sont pauvres en alcaloïdes et sont comme tels d’excellents toniques, aussi il ne faut pas leur demander l’énergie qui est réservée aux extraits purement alcooliques pour combattre les fièvres intermittentes. L 'extrait alcoolique de quinquina calisaya contient une très notable proportion d’alcaloïdes qui le placent au premier rang

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des préparations fébrifuges. L’extrait mou ou aqueux et l’extrait alcoolique se donnent principalement en potions, juleps et pilules.

Parmi les teintures de quinquina les unes sont simples, les autres composées. La teinture simple la plus usitée est la teinture alcoolique, elle se donne soit en potion, soit dans du vin ou du café. Klle peut se prescrire encore en gargarismes, injections, liniments, fomentations ou comme dentifrice.

Le vin de quinquina du Codex se prépare de la manière suivante : on verse 60 grammes d’alcool sur 30 grammes de quinquina jaune calisaya concassé, puis on laisse en contact dans un vase fermé pendant 24 heures; on ajoute un litre de vin rouge, on laisse macérer pendant 10 jours en agitant de temps en temps; on passe, on exprime et on filtre. Si l’on emploie pour la fabrication de ce vin les vins de Madère, de Malaga, d’Alicante, en un mot des vins très alcooliques, il n’est pas besoin de mouiller d'abord le quinquina avec

de l’alcool. On peut préparer le vin de quinquina instantanément : il suffit pour cela de verser dans un litre de vin 30 grammes d’extrait fluide de quinquina jaune. Le vin de quinquina se prend à la dose quotidienne de 60 à 123 grammes.

Quant au sirop de quinquina il est beaucoup moins usité et s’administre à la dose de 20 à 100 grammes par jour.

Parmi les préparations spéciales de quinquina les plus appréciées et les plus usitées, nous citerons le vin de Séguin , le quina Rocher , etc.; parmi les spécialités les plus recommandables dans la composition desquelles entre le quinquina, nous signalerons le vin de Bellini, Yélixir de Gigon, le sirop de Grimault, les pilules du 0e Labarthe, etc. (V. ces mots). Dr Marc. Camboulives.

QDINTE. — Nom donné par les médecins aux accès de toux qui durent un certain temps (V. Toux). p. l.

RABIQUE. — On donne le nom de virus rabique au virus de la rage (V. Ragé). P. L.

RABUTEAU (dragées, élixir et sirop). — Les dragées, l’elixir et le sirop Rabuteau sont trois produits spéciaux à base de protochlorure de fer (Y. ce mot), qui ont très rapidement pris une des premières places parmi les préparations ferrugineuses les plus usitées dans les hôpitaux et dans la clientèle civile, en France et à l’étranger.

Voici comment notre éminent confrère le Dr Rabuteau, dont les nombreux et remarquables travaux sur la thérapeutique ont été couronnés par l'Institut, a été poussé à ciéer ces trois produits.

A la suite de ses belles recherches sur le suc gastrique, communiquées à l’Académie des sciences en 1871 et 1874, qui ont confirmé ce fait, déjà constaté par notre grand chimiste Wurtz, que le principal acide du suc gastrique est l’acide chlorhydrique, fait contesté jusqu’alors, mais aujourd’hui généralement admis, Rabuteau se livra à des expériences sur les animaux et sur l'homme, avec les principaux ferrugineux, afin de savoir comment le fer est absorbé, et arriva à cette conclusion que les principaux sels de fer insolubles, avant de pouvoir être absorbés, sont dissous dans l’estomac et transformés en protochlorure de fer au contact de l'acide chlorhydrique existant dans le suc gastrique, et ne peuvent être assimilés que dans cet état. Il eut alors l’idée, absolument rationnelle de chercher une préparation présentant le fer sous la forme qu’il doit revêtir en dernière analyse pour pénétrer dans l’économie et y être assimilé, et qui puisse traverser l’estomac sans rien distraire des qualités essentielles du suc gastrique et -ans exiger de celui-ci le travail d’une décomposition plus ou moins complète suivant chaque individu. Le protochlorure de fer ou fer Rabuteau, fut cette préparation.

Inutile, d’après ce qui précède, de dire que le fer Rabuteau, toujours d’une pureté absolue, est parfaitement toléré, qu’il ne fatigue nullement l’estomac, qu’il ne produit ni constipation, ni diarrhée,

et que ses effets sont remarquablement rapides et toujours constants dans les divers états morbides qui réclament l’emploi des ferrugineux.

Le fer Rabuteau est d’pne administration facile, puisqu’il est présenté sous trois formes : dragées, élixir et sirop, admirablement préparés par le !)■ Clin, pharmacien, ancien interne des hôpitaux, lauréat de la faculté de Paris.

Les dragées sont de petites pilules recouvertes de sucre, contenant chacune 2 centigrammes et demi de fer; elles se prennent à la dose quotidienne de 4, 6 et quelque fois 8, la moitié à chacun des deux principaux repas. L 'élixir est très agréable au goût, très limpide, et joint à l’action du fer les effets toniques et aromatiques de l’écorce d'orange qui entre dans sa composition; il se prend à la dose d’un verre à liqueur à chaque repas. Quant au sirop, il est destiné aux enfants qui le prennent avec plaisir à cause de son goût agréable, aromatique et légèrement sucré; il se donne à la dose d’une cuillerée à dessert à chaque repas. Dr L. Saint-Antonin.

RACAHOUT. — Le racahout des Arabes est un mélange de salep, de glands doux torréfiés et pulvérisés, de farine de riz, de fécule de pommes de terre, de vanille et de sucre, qui se mange préparé au lait ou à l’eau. p. l.

RACHIALGIE. — Nom donué à une douleur siégeant le long de la colonne vertébrale ou rachis, que l’on rencontre dans un grand nombre de maladies différentes : méningite spinale, myélite, carie des vertèbres, mal de Pott, maladies fébriles, rhumatismes, maladies utérines, etc. Le traitement de la rachialgie consiste surtout à attaquer la maladie qui la détermine. p. L.

RACHIDIEN. — Nom donné par les anatomistes : 1“ au bulbe (V. ce mot); 2° au canal formé par le rachis ou colonne vertébrale (V. ce mot); 3° aux nerfs qui naissent de la moelle (V. ce mot) ; 4° aux veines de la colonnej vertébrale qui forment des

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plexus dont l’ensemble constitue une véritable cage vasculaire qui renferme la moelle épinière et les méninges. P. p.

RACHIS. — (V. Colonne vertébrale.)

RACHITIQUE. — Nom par lequel on désigne les individus atteints de rachitisme (V. ce mot), p. l.

RACHITISME. — Maladie de la première enfance, le rachitisme consiste en un trouble de nutrition du tissu osseux dont les conséquences principales sont l’incurvation des os et le gonflement de leurs extrémités.

Quelles sont les causes du rachitisme? — Le rachitisme peut être congénital, mais il se développe surtout au moment de la première dentition, soit vers la fin de la première année, soit au commencement de la seconde; très exceptionnellement il peut survenir soit avant, soit après cet âge. Le sexe et le tempérament sont sans influence sur sa production, une alimentation insuffisante ou vicieuse en est la cause principale. L’alimentation vicieuse, dit Trousseau, est celle qui arrive hors de son temps, c’est par exemple l'alimentation par la viande avant que l’enfant ait dépassé l’âge de teter. Jules Guérin a rendu des chiens nouveaux-nés rachitiques en les nourrissant de viande.

Le rachitisme est plus fréquent dans les pays froids et humides, tels que la Hollande et l’Angleterre.

Quelle est l’évolution du rachitisme? — L’évolution du rachitisme peut être divisée en trois périodes :

lre période , dite d'épanchement. — Les os ont à peu près conservé leur forme, mais toutes leurs aréoles, si nombreuses dans le tissu spongieux, tous les interstices et le périoste lui-mêine sont infiltrés d’une matière sanguine noirâtre comparable à de la gelée de groseille. Cette matière se détache facilement sous un filet d’eau.

2e période, de ramollissement et de déformation

— Cette deuxième période est caractérisée par le gonflement des épiphyses (extrémités osseuses) et l’incurvation des diaphyses (corps des os longs). Si l’on pratique une coupe sur les parties gonflee, on voit qu’elles sont formées par une trame osseuse dont les mailles, fines comme de la dentelle, sont occupées par la matière rougeâtre dont nous avons parlé; ce tissu ressemble à celui d’une éponge. De plus le corps de l’os est ramolli au point de se laisser incurver.

3* période, de consomption ou de réorganisation.

— Si la malade continue à progresser, les aréoles s’agrandissent, les cloisons qui les séparent se détruisent, l’os a perdu toute consistance, il n’est plus recouvert que par une coque mince et fragile. Desséchés, ces os se font remarquer par leur aspect poreux et friable.

Dans le cas de guérison, la matière rougeâtre se résorbe, elle est remplacée par un tissu osseux compact qui se dépose dans les cloisons, les épaissit au point de faire disparaître les aréoles, l’os devient alors dur, lourd, compact comme de l’ivoire.

Les phénomènes que nous venons de décrire se Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

passent seulement au niveau des extrémités osseuses ; quant au reste du squelette dont l’ossification naturelle s’effectue, il acquiert la structure et le volume du tissu normal, mais non sa consistance, car il est privé de sels calcaires, phosphate et carbonate de chaux, aussi est-il incapable de remplir ses fonctions, il s’incurve et se déforme.

Quels sont les symptômes du rachitisme? — On peut distinguer trois périodes dans l’évolution du rachitisme : 1° une période d'incubation; 2° de déformations ; 3° de terminaisons.

1° Période d'incubation. — Elle comprend l’ensemble des phénomènes que présente l’enfant rachitique avant que le squelette ne soit déformé. Cet enfant devient triste, apathique, son ventre se gonfle, il est pris de diarrhée, son urine présente de nombreux sédiments de phosphate et de carbonate de chaux, la peau est ardente, le pouls fréquent, Ja fièvre presque continue, à tout propos surviennent des sueurs profuses. L’enfant présente bientôt l’aspect d’un petit vieillard à la peau ridée et fanée. Cette période peut passer inaperçue tant elle est courte et légère, ou bien au contraire durer plusieurs mois.

2° Période de déformations. — Jules Guérin avait posé en principe que les déformations se produisent toujours de bas en haut, cela est vrai pour le rachitisme qui frappe les adultes ou les enfants qui ont déjà marché, car les membres inférieurs ramollis ne peuvent supporter le poids du corps ; mais, chez l’enfant du premier âge, qui n’a pas encore marché, la déformation commence par le thorax, car la poitrine n’a pas une résistance suffisante pour lutter contre la pression atmosphérique.

Cela dit, nous étudierons les déformations en procédant de haut en bas; elles se produisent suivant une loi que l’on pourrait formuler ainsi : les os rachitiques ramollis s’incurvent dans le sens des tractions ou des pressions auxquelles ils sont soumis.

La tête est volumineuse et aplatie, le front bombé, les fontanelles, très écartées, ne s’ossifient que tardivement; cette disposition permet au cerveau de se développer avec promptitude, c’est ce qui explique l’intelligence précoce des enfants rachitiques. La dentition est extrêmement influencée par le rachitisme, elle est retardée, s’arrête si elle est commencée, et les dents déjà venues noircissent et tombent.

La poitrine ressemble à celle d’un oiseau ; elle est aplatie latéralement, bombée en avant, l’aplatissement commence à la deuxième côte et se termine à la neuvième; en effet la première côte est protégée par la clavicule et les dernières sont déjetées en dehors par les viscères abdominaux toujours très développés. Non seulement les côtes ne possèdent pas leur courbure naturelle, mais encore leur extrémité sternale se renfle. Ces nodosités superposées ont reçu le nom de chapelet ra hitigue.

Les courbures de la colonne vertébrale sont exagérées, mais il est fort rare qu’il existe des déviations latérales.

Les omoplates sont gonflées.

Le ventre est fort gros, car le foie et la rate sont

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hypertrophiés avec ou sans dégénérescence amyloïde, et les organes digestifs sont habituellement distendus par des gaz.

Le bassin est toujours déformé, et, chez, les pe-

Fig. Il IG.

Squelette déformé par le rachitisme qui a infléchi la colonne vertébrale. L’abaissement de la taille tient à l’incurvation de la colonne vertébrale. Les membres inférieurs sont réguliers, ils paraissent trop longs, le bassin est normalement conformé, l'accouchement possible dans les conditions ordinaires, malgré des apparences défavorables.

tites tilles, et: fait a une haute importance, car cette difformité persistera et rendra les accouchements

Fig. 1118.

Squelette déformé par le rachitisme. L'abaissement de la taille tient à l’incurvation des membres inférieurs. Le bassin est vicié, l’accouchement difficile ou impossible.

dans ses courbures, mais l’avant-bras est toujours incurvé vers sa face palmaire. Les cuisses recourbées forment un arc de cercle à concavité dirigée un peu en dedans et un peu en arrière, il semble que le muscle grand adducteur ait exercé une traction sur ses deux points d’insertion; si l’enfant n’a pas marché, les jambes sont incurvées dans le même sens que les cuisses, aussi les membres inférieurs lorment-ils une large parenthèse (Trousseau). Mais si l’enfant a marché, l’incurvation des jambes s’effectue en sens inverse, c'est-à-dire en dehors, de telle sorte que les genoux se rapprochent et que les individus sont cagneux.

Les rachitiques sont très fréquemment atteints de

■Fig. 1117. — bassin déformé par le rachitisme.

dangereux ou impossibles. Les os iliaques épaissis paraissent avoir éprouvé un mouvement de bascule

qui rapproche les ischions l’un de l’autre et rétrécit le petit bassin, tandis que les fosses iliaques sont aplaties, déjetées en dehors et que le grand bassin est ainsi élargi. Le poids des viscères abdominaux et la pression des fémurs expliquent ce fait.

Les articulations sont noueuses; en raison du gonflement des épiphyses, il semble qu’au-dessus et au dessous des jointures les membres aient été vigoureusement serrés, d’où le nom d’enfants noués. Le bras ne présente rien de fixe

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