‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 223 sur 344 · RAI · texte numérisé non relu

RAI

A la fin de 1885 et dans le courant de 1886, Pasleur, pensant qu'on pouvait par des inoculations successives avec des virus d'atténuation décroissante, rendre l’homme mordu par un animal enragé, réfractaire comme le chien, avant la fin de la période d’incubation, de telle sorte que l’individu mordu est complètement vacciné avant que le virus introduit par la morsure ait pu achever son évolution dans l'organisme; Pasteur, dis-je, a mis en pratique ce système de vaccinations préventives et curatives. S’il faut en croire ses statistiques, les succès auraient été très nombreux; toutefois il y a eu plusieurs morts parmi les individus mordus qui ont été soumis à son traitement. Le temps qui est un grand maître, nous dira d’une façon définitive ce qu’il faut penser de l’application de la méthode de celui qu’on appelle déjà « le bienfaiteur de l’humanité. »

Qu’on nous permette en terminant cet article, déjà long, une simple réflexion. Pourquoi, au lieu de s’occuper avec tant d'acharnement de conjurer et de guérir la rage qui, après tout, occasionne à peine 30 morts par an, en France, M. Pasteur ne s’occupe-t-il pas d’appliquer sa méthode d’atténuation et de proplylaxie à la fièvre typhoïde, qui tue plus de 20,000 français par an, ou à la tuberculose qui, dans le même temps, ne nous en enlève pas moins de 100,000! Le jour où il aurait vaincu un de ces deux terribles fléaux, il justifierait pleinement ce titre superbe de « bienfaiteur de l’humanité. »

D' Léon Moynac.

RAIE. — La raie est un poisson de mer plat, cartilagineux, sans écailles, enduit sur toute sa surface d’une mucosité gluante, dont la chair, d’un blanc rosé, partagée en longs faisceaux, est coriace, dure, filandreuse, d’une saveur peu délicate, mais très nourrissante, car elle contient plus d’azote que la viande. La raie se mange frite, à la mayonnaise, à la sauce blanche, mais surtout au beurre noir. Comme le dit avec raison Fonssagrives, elle ne convient qu’aux gens bien portants; fraîche elle est dure; ramollie par le faisandage, elle a l’inconvénient des viandes arrivées à cet état. p. l.

RAIFORT. — Le raifort sauvage, appelé aussi cran de Bretagne , est une plante de la famille des Crucifères qui pousse naturellement sur le bord des ruisseaux dans les contrées humides de la France, principalement en Bretagne, dont la racine cylindrique, longue de 30 à 50 centimètres, d’une grosseur variable entre celle d’un doigt et celle du bras, épaisse, charnue, jaunâtre à l’extérieur, blanche à l’intérieur, est la seule partie usitée en médecine. Elle a une saveur piquante, âcre et amère, une odeur vive et pénétrante qui irrite la muqueuse du nez et provoque le larmoiement. Lorsqu’on l’applique sur la peau, elle l’irrite, et va jusqu’à produire la vésication. Administrée à l’intérieur, elle excite une salivation abondante, produit dans l’estomac une très vive sensation de chaleur et provoque une transpiration et une diurèse abondantes. Le raifort est donc un stimulant sudorifique et diurétique. De plus, comme il con-

tient du soufre, il est encore anticatarrhal. Enfin, il est un de nos meilleurs antiscorbutiques, et à ce titre il fait la base du sirop de ce nom. Le raifort a été utilisé dans les hydropisies liées à une affection des reins, dans les rhumatismes et la goutte chroniques. On l’a aussi conseillé dans le catarrhe pulmonaire chronique et dans la phthisie au début. Mais c’est surtout contre le lymphatisme, le rachitisme et la scrofule qu’il est formellement indiqué. La meilleure préparation de Raifort est, sans contredit, le sirop de raifort iodé de Grimault (V. Griniault). Dr Paul Labarthe.

RAIPONCE. — La raiponce est une plante potagère de la famille des Campanulacées, dont les feuilles vertes et la racine blanche, qui passent pour rafraîchissantes en même temps qu’apéritives, se mangent en salade. p. l.

RAISIN. — Le raisin est le fruit de la vigne. 11 sert à faire le vin (V. ce mot), et s’emploie comme aliment et comme médicament.

Comme aliment, le raisin se mange frais et desséché. Le raisin frais constitue un fruit très recherché à cause de son goût et de sa saveur agréables, de ses qualités nourrissantes et de sa facile digestion. Toutes les variétés de raisin peuvent se manger, mais certaines variétés, telles que le .chasselas, le muscat, le malaga, le mozac, le malvoisie, etc., sont plus recherchées que les autres. La composition du raisin varie nécessairement suivant la variété. Toutefois, chaque raisin contient de 70 à 80 p. 100 d’eau, de 12 à 25 p. 100 de sucre, de 1 à 2 p. 100 de matières azotées, de la gomme, du mucilage, des matières grasses colorantes, du tannin, des acides tartrique et malique, du tartrate de potasse, du sulfate et de l’oxyde de fer. Le raisin frais donne de la dysenterie et des gastrites lorsqu’on le mange vert et pas mur. Mais lorsqu’on le mange à l’état de maturité parfaite, il est très sain, très rafraîchissant et savoureux. Si on avale les pellicules et les pépins, qui sont réfractaires à la digestion, et qu’on retrouve dans les selles, il produit de la diarrhée. Si, au contraire, on les rejette, il amène souvent un peu de constipation.

Le raisin sec ne perd pas ses propriétés nutritives, mais il se digère souvent difficilement à cause de la plus grande quantité de sucre qu’il contient, de la consistance de sa pulpe et de la presque impossibilité de séparer la peau et les pépins. Les trois principales espèces de raisins que l’on fait sécher sont : le raisin de malaga, le raisin de corynthe et le raisin de caisse fabriqué en Provence. Le raisin de malaga est le plus estimé. Les raisins secs font partie de ce dessert si connu à Paris et appelé les quatre mendiants, qui se composent de raisins secs, de figues, d’amandes et de noisettes. Ils entrent aussi dans la confection des pâtisseries connues sous le nom de babas et de plum-buddings. Enfin, associés aux jujubes, aux figues, aux dattes, ils servent à la confection d’une tisane pectorale très usitée : la tisane des quatre fruits.

Cure de raisins. — En thérapeutique on utilise le raisin frais parfaitement mur, pour faire ce qu’on appelle la cure de raisins. Celle-ci consiste à faire un

UAL

Page 1