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usage méthodique et gradué du raisin comme aliment principal pendant un laps de temps suffisant pour produire dans l’économie d’importantes modifications. On commence par 500 grammes à 1 kilogramme, et on arrive progressivement à la dose de 3, 4 et 5 kilogrammes par jour. Le meilleur raisin est sans contredit le chasselas. Il faut avoir soin de rejeter les pépins et la peau, ^'alimentation doit être réglée et les repas modérés ; quant à l’exercice, il favorise très heureusement les bons effets de la cure de raisins. Sous l’influence de cette cure, l’état général s’améliore, l’appétit augmente, la digestion s'accomplit plus facilement et plus promptement, les urines sont plus abondantes et deviennent neutres ou alcalines; chez certains individus il se produit de la diarrhée tandis que chez d’autres elle est guérie par l’usage des raisins. Les principales affections dans lesquelles on peut faire utilement usage de la cure de raisins sont l’anémie, la chlorose, la dyspepsie, la constipation habituelle, certaines diarrhées chroniques, les affections chroniques du foie, les coliques biliaires, les calculs hépatiques, le catarrhe vésical, la gravelle urique, la goutte, la bronchite chronique, la phthisie pulmonaire.
Je ne sais vraiment pas pourquoi on s’obstine à aller faire des cures de raisins en Allemagne ou en Suisse, alors qu’on peut les faire si facilement en France, dans toutes les régions où pousse la vigne, et même à Paris où abondent chaque jour sur le marché, pendant plus de trois mois, d’excellents raisins de toutes sortes, sans compter les chasselas de Fontainebleau, les meilleurs de tous, sans contredit, pour la cure de raisins. or Paul Labarthe.
RALE. — Les râles sont des bruits anormaux, engendrés par divers obstacles apportés à la pénétration de l’air dans les vésicules pulmonaires; ils se mêlent au bruit respiratoire, l’obscurcissent ou le remplacent.
Les râles se divisent en deux groupes : 1° les râles secs ou sonores liés à un rétrécissement partiel des voies aériennes; 2° les râles humides ou bullaires produits par le déplacement de mucosités occupant divers points des voies aériennes.
1° Râles secs ou sonores. — Le rétrécissement des voies aériennes qui les engendre est produit tantôt par un épaississement de la muqueuse, tantôt par la présence de mucosités très adhérentes.
Les râles secs, vibrants ou sonores se présentent avec des variétés de son difficiles à décrire, mais que l’on peut cependant rattacher à deux groupes: 1° les râles sibilants ; 2° les râles ronflants.
1“ Le râle sibilant, comparable à un sifflement aigu ou à un gazouillement, se passe probablement dans les dernières divisions bronchiques et même dans les vésicules pulmonaires.
2° Le râle ronflant, plus grave, plus sourd, comparable au son de la basse ou au ronflement d’un homme endormi, se passe dans les bronches d’un plus fort calibre.
Les râles secs s’entendent dans les deux temps de la respiration ou dans un seul, ils se rattachent presque constamment à la bronchite aiguë, surtout a cette première période de la bronchite dans
laquelle la muqueuse est gonflée ou tapissée par des mucosités très adhérentes; on les entend dans l’emphysème, la tuberculose, la pneumonie; mais comme ces lésions s’accompagnent constamment de bronchite, ce n’est pas à elles, c’est à la bronchite qu’il convient de rapporter la plupart des râles secs que l’on entend dans ces cas.
2° Râles humides ou bullaires. — Engendrés par la présence d’exsudats, de mucosités ou de liquides dans les voies aériennes, les râles humides présentent trois variétés principales : 1° le râle crépitant, 2" le râle sous-crépitant ou muqueux, 3° le râle caverneux ou gargouillement.
1° Râle crépitant. — Le râle crépitant est formé d’une multitude de bulles fines, sèches, égales, éclatant par bouffées et produisant un bruit analogue à celui du sel que l’on projette sur des charbons ardents ou d’une mèche de cheveux que l’on froisse à l’oreille; il ne s’entend que dans l’inspiration, et il est rare que chez l’enfant et le vieillard il se présente avec le même degré de finesse que chez l’adulte.
Le râle crépitant s’entend dans la première période de la pneumonie, alors que l’exsudât tapisse les alvéoles, mais n’est pas encore coagulé.
Le râle crépitant est à peu près pathognomonique de la pneumonie à la première période; il s’entend cependant dans l'œdème du poumon, la bronchite capillaire et l’apoplexie pulmonaire, mais jamais dans ces maladies il n’offre la sécheresse remarquable du râle crépitant de la pneumonie.
2° Râle sous-crépitant [muqueux, humide). — Formés par des bulles inégales, humides et plus ou moins grosses, les râles muqueux produisent un bruit analogue à celui que l’on détermine en soufflant avec un chalumeau dans de l’eau de savon; ils s’entendent dans les deux temps de la respiration ou dans un seul; la toux et l’expectoration les modifient souvent, les font paraître ou disparaître; ils coincïdent souvent avec des râles secs et ils leur succèdent fréquemment.
Les râles humides se rattachent au déplacement, par la colonne d’air qui pénètre dans le poumon et qui en sort, des mucosités ou des liquides contenus, dans les bronches.
De toutes les maladies qui les provoquent, les plus fréquentes sont les bronchites et la tuberculose. Or, si les bulles grosses et nombreuses à la base du poumon diminuent et disparaissent à mesure que l’on s’élève vers son sommet, il y a lieu à une bronchite; mais si les bulles s’entendent au sommet du poumon, dans les deux côtés et surtout d’un seul, si elles diminuent et disparaissent vers la base, on peut diagnostiquer des tubercules ramollis.
3° Râle caverneux. — Gargouillement , — Formé par de très grosses bulles, en général peu nombreuses, ce râle est uni à la respiration; il s’entend dans les deux temps de la respiration et il est produit par le passage de l’air à travers le liquide d’une caverne.
Le râle caverneux indique l’existence d’une excavation pulmonaire presque constamment rattachée à la fonte et à l’élimination des tubercules, beaucoup plus rarement à un abcès, à un foyer gangréneux,.
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à un épanchement pleurétique circonscrit et ouvert clans les bronches, à la dilatation bronchique ou ampoule. * Dr Léon Moynac.
RAMOLLISSEMENT. — On donne ce nom en médecine d’une manière plus particulière à une maladie du cerveau (V. Cerveau [ramollissement du]).
RAPHÈ. — Nom donné par les anatomistes à certaines lignes ou arêtes saillantes, semblables à une couture, que l’on trouve sur la ligne médiane de certaines régions ou de certains organes tels que le périnée, le scrotum. On donne aussi le nom de raphé aux deux lignes saillantes qui vont de la partie antérieure à la partie postérieure de la surface du corps calleux du cerveau (V. Cerveau ). p. l.
RAPPORT MÉDICO-LÉGAL. — Le rapport est un acte officiel rédigé sur la réquisition de l'autorité et après serment. 11 diffère du certificat parce que tous les médecins n’ont pas qualité pour le faire : il faut toujours une délégation judiciaire pour rapporter. Le certificat n’a qu’une importance secondaire aux yeux de la justice, tandis que le rapport est considéré par les magistrats comme un jugement porté sur les faits qu’ils ne peuvent apprécier.
On distingue les rapports judiciaires et les rapports administratifs. Les premiers ont pour but d'éclairer la justice dans les affaires criminelles; les seconds se rapportent généralement à des questions d’hvgiène et de salubrité publique.
Il y a encore les rapports d 'estimation, qui ont pour objet de décider si les honoraires réclamés par un médecin ou les notes d’un pharmacien ne sont pas susceptibles de réduction.
Sous la dénomination de rapports officieux, Devergie désigne ceux que tout médecin ou chirurgien doit adresser à la justice lorsqu'il a été appelé à donner des soins à une personne dont la maladie ou les blessures lui paraissent être le résultat d’un crime ou d’un délit. L’article 30 du Code d’instruction criminelle est en effet très explicite sur ce point.
Art. 30. — Toute personne qui aura été témoin d’un attentat contre la sûreté publique, soit contre la vie ou la propriété d'un individu, sera pareillement tenue d'en donner avis au procureur de la République, soit du lieu du crime ou délit, soit du lieu où le prévenu pourra être trouvé.
Devergie fait justement remarquer qu’aucune sanction pénale n’est attachée à cet article, et que son exécution est soumise dans bien des cas à l’appréciation consciencieuse que fait des circonstances le médecin qui se trouve dans cette situation.
Un rapport se compose en général de quatre parties : 1° le protocole ou formule d'usage ; 2° l’exposition ou description des faits ; 3° la discussion ou le raisonnement ; 4° les conclusions.
Le protocole contient généralement cinq parties: a, la désignation du médecin rapporteur, avec titres et qualités, l’indication de la demeure; b, l’indication et la nature de la réquisition ;c, la date comprenant
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le jour, l'heure et le lieu; d, l’indication du serment prêté; e, l’indication des personnes présentes et surtout du magistrat commis pour assister à l’expertise.
L’exposition comprend tout ce que l’expert a observé ( quod visum et repertum ).
Dans la discussion l’expert insiste sur les points qui lui paraissent avoir de l'importance; il s'efforce d’établir par des caractères précis la nature des faits observés.
Les conclusions qui résument l’ensemble du rapport doivent être aussi claires et aussi courtes que possible. Dr A. lutaud.
RAQUIN (capsdles DE). — Les capsules de Raquin répandues dans le monde entier depuis un demisiècle, sont des capsules à enveloppe de gluten pur, introduites dans la thérapeutique par Raquin. C’est en entendant les plaintes des malades forcés de prendre du copahu, que ce pharmacien, désormais célèbre, se demanda si on ne pourrait pas arriver à enfermer ce médicament dans une enveloppe complètement isolante mais soluble. On sait en effet, que le copahu pris en potion, en émulsion, en pilules, ou même en capsules gélatineuses, produit dans l’estomac une sensation de chaleur très pénible, et qu’il occasionne après son ingestion des éructations en laissant dans la bouche un goût extrêmement désagréable et communiquant à i’haleine une odeur caractéristique. Raquin chercha donc, et après plusieurs années d’essais et de tentatives, il arriva à son but et, en 1837, il présenta à l’Académie de médecine du copahu enrobé dans une mince couche de gluten pur, sous forme de capsules, qu’il appela naturellement, capsules de Raquin, et affirma que ce procédé d’enrobage, très mince et imperméable, facilitait singulièrement l’administration de ce médicament, en masquant son odeur et sa saveur désagréables, et permettait en outre, de conserver le médicament sans altération pendant plusieurs années, en interceptant toujours son odeur et sa saveur.
L’Académie nomma une commission composée de Roullay, Planche, Cullerier, Guéneau de Mussy et Parizet et approuva à l’unanimité le rapport rédigé par Parizet, dont voici les passages les plus saillants :
« Les capsules de Raquin sont en général ingérées avec facilité.
« Elles ne causent en général dans l’estomac aucune sensation désagréable; elles ne donnent lieu à aucune éructation. Il est probable qu’elles ne font que se ramollir dans l’estomac, et que c’est seulement dans l’intestin que le médicament est mis à nu.
« Quelque mince que soit l’enveloppe de gluten, elle est complètement imperméable et reste telle pendant un temps indéfini.
« Les capsules gélatineuses occasionnent souvent des renvois désagréables, les capsules glutineuses de Raquin n’en ont jamais causé dans tous les essais qui ont été tentés.
« D’après tous ces faits, votre commission n’hésite pas à vous présenter les capsules de gluten comme un service important rendu à l’art de gué-
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