‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 225 sur 344 · RAT · texte numérisé non relu

RAT

rir et an progrès marqué comparativement à tous les autres modes connus d’administrer jusqu’à ce jour le copahu. »

Les explications données par le savant rapporteur de l’Académie concernant l’action isolante de l’enveloppe de gluten n’étaient que des explications présomptives; elles ne reposaient que sur une hypothèse, la seule admissible du reste, à savoir que les capsules au gluten ne font que se ramollir dans l’estomac et que c’est seulement dans l’intestin que le médicament est mis à nu. De nombreuses expériences physiologiques entreprises par Raquin et son savant collaborateur et successeur, notre éminent confrère le Dr Fumouze-Albespeyres, pharmacien, lauréat de l’Institut, ont démontré la réalité des explications de Parizet. Les capsules de Raquin ne font que se ramollir dans l’estomac sous l'action du suc gastrique qui n’attaque que leur superficie. D’autre part, jamais elles ne sont rejetées avec les résidus de la digestion. Elles subissent donc une digestion complète dans les intestins à la faveur du suc pancréatique. La capsule de gluten est donc une sorte d’enveloppe physiologique qui isole complètement le copahu, préserve la muqueuse stomacale du contact de celui-ci durant tout le temps de son séjour dans l’estomac, et le conduit jusque dans l’intestin grêle, où elle est dissoute, et le médicament mis à nu pour y subir, au contact du suc pancréatique et de la bile, les transformations qui en assurent l’absorption.

Dans le principe, Raquin ne fabriquait simplement que des capsules au copahu pur titré, en combinaison avec la magnésie nécessaire pour donner à ce médicament la consistance voulue pour pouvoir être enrobé avec le gluten. Ces capsules avaient déjà l’immense avantage de ne causer dans l’cstoinac aucune sensation désagréable, de ne donner lieu à aucune éructation et de ne laisser dans la bouche ni le goût, ni l’odeur désagréables du copahu. Mais cette odeur persistait dans les urines. Après de nombreux essais, Fumouze-Albespeyres est arrivé à la détruire, pour ainsi dire, à peu près complètement. Pour cela, il a combiné l’élément résineux du copahu avec la soude, combinaison qui se forme d’ailleurs, au sein même de l’organisme, toutes les fois que le copahu est administré à l’intérieur, et il a, doté la thérapeutique des capsules de Raquin au copahivate de soude. Ces capsules, outre tous les avantages que nous venons d’énumérer, jouissent en outre, d’une puissance d’action trois fois plus énergique que le copahu pur. Aussi, 3 à 6 capsules de copahivate de soude par jour, suffisent là où il faudrait avaler 9 à 18 capsules de copahu.

Outre les capsules de Raquin au copahu pur, et les capsules de Raquin au copahivate de soude, il existe encore des capsules de Raquin au cubèbe pur, au copahu combiné au cubèbe, ou au matico, ou au santal, ou au goudron, ou au sous-nitrate de bismuth; des capsules de Raquin au goudron pur, d’autres, enfin, à la térébenthine pure.

Nous n’avons pas à rappeler ici les indications thérapeutiques de ces diverses capsules, renvoyant pour cela le lecteur aux articles consacrés à ces divers médicaments. pr l.-Saint-Antonin.

RATANHIA. — Le ratanhia est la racine souterraine, rampante et rameuse du kraméria, arbuste de la fafnille des Polygalées, qui croît gm Pérou. C’est surtout l’écorce de cette racine, d’un rouge brun, qui est employée en médecine comme astringente, propriété qu’elle doit au tannin qu’elle renferme dans les proportions moyennes de 40 p. 100, à l’acide gallique et peut-être aussi à l’acide kramérique. Elle est dépourvue d’amertume, ce qui est un avantage lorsqu'on veut l’administrer à l’intérieur. Le ratanhia s’emploie avec succès à i'inté rieur dans les diarrhées chroniques, les hémorrhagies passives, sous forme d’extrait aqueux en pilules ou dans une potion. A l’extérieur, il sert à préparer des injections qu’on pratique dans les catarrhes utérins, dans les vaginites et dans la blennorrhagie; des lavements contre les fissures à l’anus, et des pommades ou des suppositoires contre les hémorrhoïdes. L’extrait s’administre à la dose quotidienne de 50 centigrammes à 5 grammes, suivant les cas. p. l.

RATE. — Anatomie. — La rate est une glande vasculaire sanguine d’un rouge violet plus ou moins foncé, située dans l’hypochondre gauche au-dessous du diaphragme et au-dessus du colon ascendant, au-dessus et au-devant du rein, entre le grand cul-de-sac de l’estomac et les cartilages des 9e, 10e et 11e côtes gauches. Elle a la forme d’un croissant à concavité droite reposant sur la grosse tubérosité de l’estomac. Sa consistance est peu considérable et son tissu, d’une couleur lie de vin foncée, se laisse facilement déchirer. Son poids moyen est de 200 grammes, sa longueur de 12 centimètres, sa largeur de 8 et son épaisseur de 3. Dans l’état normal, son extrémité inférieure ne doit pas dépasser le rebord des côtes.

La rate est constituée : 1“ par une enveloppe séreuse formée par le péritoine qui lui permet de glisser sur les organes voisins; 2° par une membrane fibreuse peu épaisse mais assez résistante, qui forme sa charpente et la divise en un grand nombre d’aréoles dans lesquelles se loge la pulpe splénique; 3° de la pulpe ou boue splénique, appelée encore parenchyme de la rate, qui se présente sous la forme d’une bouillie rougeâtre renfermant un nombre considérable de leucocythes de globules rouges du sang normaux ou altérés par leur séjour dans les aréoles. Dans le milieu de cette bouillie serpentent drs divisions artérielles et veineuses provenant de l'artère et de la veine spléniques, et des nerfs désignés sous le nom de plexus splénique.

Fonctions de la rate. — On n’a pu encore préciser d’une manière satisfaisante les fonctions de la rate. D’après le physiologiste Schiff, cette glande aurait une action indirecte sur la digestion. Elle fournirait au pancréas un ferment sans lequel le suc pancréatique serait privé d’une partie de son influence sur les aliments albuminoïdes, tout en conservant ses autres propriétés digestives. D’après d’autres physiologistes, la rate serait un organe formateur des globules blancs du sang. Quoi qu’il en soit, il y a un fait bien acquis, c’est que l’on peut enlever la rate à un individu sans que cette ablation entraîne aucun changement ultérieur dans la

Page 1