‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 228 sur 344 · REG · texte numérisé non relu

REG

qui font métier de réduire les entorses, les luxations et les fractures. Ce sont ordinairement des forgerons, des maréchaux-ferrants ou des marchands de vin. En attendant que tombe enfin la crédulité des gens du peuple et aussi des personnes appartenant aux classes instruites et éclairées, nous ne pouvons que demander aux tribunaux la rigoureuse application de la loi sur l’exercice illégal de la médecine à ces charlatans éhontés, invariablement aussi dépourvus de diplôme que de la moindre notion d'anatomie et de physiologie, qui ont estropié cent fois plus de malheureux qu’ils n’en ont guéri. p. L.

moins vive, que la marche et l’équitation exaspèrent, par un suintement plus ou moins épais et abondant d’un liquide glaireux, jaunâtre, souvent mélangé de stries sanguinolentes; de plus, les malades éprouvent du ténesme rectal, des envies fréquentes d’aller à la garde-robe, de la cuisson et une sensation de pesanteur au niveau de l’anus. Des lavements à l’eau de guimauve, des cataplasmes, des bains de siège, le repos horizontal, une alimentation rafraîchissante, suffisent généralement pour faire disparaître cette inflammation en quelques jours. p. l.

RECTUM. — Anatomie. — Le rectum est la dernière portion du gros intestin qui commence à l’S iliaque du côlon (V. ce mot) et va jusqu’à l’orifice anal (Y. Anus ) où il se termine. Il s’étend de la symphyse sacro-iliaque gauche à l’anus et est situé dans le petit bassin au devant du sacrum et du coccyx.

RECETTE. — Synonyme de formule (V. ce mot).

RECHUTE. — On donne ce nom en médecine à la réapparition d’une maladie qui paraissait être en voie de disparition et qui était déjà parvenue à la période de convalescence. Parmi les affections les plus sujettes aux rechutes, nous citerons la fièvre typhoïde , la variole , etc.

RECRUDESCENCE. — On donne ce nom à la réapparition, pendant le cours d’une maladie, avec une nouvelle intensité, de certains symptômes qui avaient subi une rémission , ou même avaient cessé momentanément. p. l.

RECT1TE. — On donne ce nom à l'inflammation du rectum. Celte inflammation s’observe à la suite d’une constipation opiniâtre, à la suite de l’administration plusieurs fois répétée de purgatifs drastiques; elle s’observe aussi chez des individus atteints de tumeurs hémorrhoïdales. Cette inflammation est caractérisée par une douleur plus ou

Fig. 1124. — Bassin de l’homme {coupe antéro-postérieure, suivant sa ligne médiane). — 2. Rectum. — 1. Vessie. — 3. Anus. - 4. Vésicule séminale. — 5. Prostate. — 6. Portion prostatique de l’urèthre. — 7. Bulbe de l’urèthre. — 8. Gland. — 9. Fosse naviculaire.

Sa longueur est, en moyenne, de 20 centimètres. Sa cavité est toujours fermée, comme celle de l’œsophage et celle de l’urèthre, à moins qu’il ne contienne des matières fécales. 11 décrit dans son trajet des courbures latérales et des courbures antéro-postérieures.

Il décrit deux courbures antéro-postérieures : une concave en avant, moulée sur celle du sacrum ; une autre concave en arrière, embrassant le coccyx par sa concavité. Des deux courbures latérales, la supérieure, plus marquée, est concave à gauche ; l’inférieure, située à la partie inférieure du sacrum et peu marquée, présente une concavité droite.

Les diamètres du rectum se réduisent à peu de chose lorsque cet intestin est vide; il peut ne pas

RÉCIDIVE. — On donne ce nom en médecine à la réitération d’une maladie qui avait été complètement guérie, à une époque plus ou moins éloignée, qui souvent se compte par années. Il ne faut donc pas confondre, comme on le fait souvent, récidive avec rechute (V. Rechute ). p. l.

RECONSTITUANT.— On donne ce nom à tous les médicaments, aliments et moyens hygiéniques qui jouissent de la propriété de rendre la nutrition et l’assimilation meilleures, de reconstituer J’économie en apportant au sang appauvri les matériaux qui lui manquent et en facilitant et précipitant le mouvement de rénovation organique. Tous les analeptiques, les préparations de fer, de quinquina, de chaux, l’huile de foie de morue, les peptones, les aliments azotés, l’hydrothérapie, les bains de mer, les eaux minérales, la gymnastique, etc., sont des reconstituants. P. l

REC

REC

dépasser alors le calibre de l’intestin grêle; mare lorsqu'il se dilate par suite de l’accumulation des matières fécales, il déplace les organes voisins.

On considère au rectum deux portions : une portion supérieure ou péritonéale et une portion inférieure.

1° Portion supérieure ou péritonéale. — Cette portion, qui comprend la plus grande partie de la première courbure antéropostérieure du rectum, est en rapport, en avant, avec le péritoine qui la sépare de la vessie chez l’homme, de l’utérus et du vagin chez la femme. Le péritoine forme là un cul-de-sac, plus spacieux chez l’homme, dans lequel viennent s’accumuler les anses intestinales.

Sur le côtés, il est en rapport aussi avec le péritoine, qui remonte insensiblement jusqu’à la partie postérieure, où il s’adosse à lui-même pour former le méso-rectum. En arrière, il est en rapport avec le sacrum, l’artère sacrée moyenne, et lorsqu’il est fortement dilaté, avec le muscle pyramidal et le plexus sacré.

2° Portion inférieure. — Ses rapports varient chez l’homme et chez la femme.

Chez l’homme, la portion inférieure du rectum est en rapport, en avant et en bas, avec le bas-fond de la vessie, les vésicules séminales, la prostate et une partie de la portion musculeuse de l’urèthre; en arrière, avec le sommet du sacrum, la face antérieure et la pointe du coccyx; sur les côtés et de haut en bas, avec le tissu cellulaire sous-péritonéal et le muscle releveur de l’anus qui sépare le rectum de la fosse ischio-rectale. La partie la plus inférieure du rectum est entourée par le sphincter externe dé l’anus (V. Périnée).

Chez la femme, le rectum est en rapport, en avant, avec le vagin, dans une grande partie de son étendue, où il constitue la cloison recto-vaginale ; en arrière, avec le sacrum et le coccyx; sur les côtés, avec le muscle releveur de l’anus qui sépare le rectum de la fosse ischio-rectale.

Le rectum, comme le gros intestin, est formé d’une tunique musculaire, d’une tunique cellulaire et d’une tunique muqueuse (Y. Intestin). Ses artères, ses veines et ses nerfs portent le nom d ’hémorrhcïdaux (Y. ce mot).

C’est dans le rectum que les matières fécales, résidu de la digestion, s’accumulent et par leur poids font naître cette sensation spéciale à laquelle on donne le nom de besoin de la défécation (V. Défécation).

Vices de conformation du rectum. — Les vices de conformation du rectum, comme ceux de l’anus se rencontrent fréquemment. Ce sont les rétrécissements, V imperforation, l'absence partielle ou totale. Les rétrécissements congénitaux du rectum coïncident toujours avec des rétrécissements de l’anus. Cette affection et l’imperforation incomplète coïncident la plupart du temps. On combat ce vice de conformation par la dilatation et par l’incision.

Dictionnaire polilaire de Médecine usuelle.

L’absence du rectum est totale ou partielle : dans ce dernier cas, l’intestin descend à une distance souvent peu considérable de l’anus; il existe, entre son extrémité inférieure et son orifice, un espace plus ou moins étendu, comblé par des tissus cellulo-adipeux ou fibreux; le rectum se termine par conséquent en cul-de-sac. Quelquefois, ses fibres

Fig. 112o — Bassin do la femme (coupe antéro-postérieure suivant la ligne médiane). — 3. Rectum. — 1. Coupe du sacrum

— 2. Symphyse du pubis — 4. Utérus. — 5. Trompe utérine. — G. Ovaire. — 7. Ligament rond. — 8 Lèvre postérieure du co’ de l’utérus. — 9. Cul-de-sac péritonéal utéro-rcctal (on voit qu'il tapisse le quart supérieur de la paroi postérieure du vagin). — 10. Vagin. — 11. Cul-de-sac péritonéal utéro-vésicat.

— 12. Cavité vésicale. — 13. Canal de l’urèthre. — 1-i. Clitoris.

— lb. Petites lèvres. — 16. Grandes lèvres.

longitudinales se réunissent en bas et forment un cordon qui va se fixer aux parties voisines. La hauteur à laquelle finit l’intestin est très variable. Dans un cas cité par Holmes, il se terminait au niveau de la partie moyenne du sacrum.

L’absence totale du sacrum coïncide ordinairement avec l’anus contre-nature congénital. Celui-ci peut s’ouvrir à l’ombilic, à la région sus-pubienne, à la région inguinale, dans la vessie, dans l’urèthre, dans le vagin. Dans ces cas il est évident que le chirurgien n’a rien à faire, au moins la plupart du temps. Lorsque l’absence du rectum ne s’accompagne pas d’anus contre-nature, il faut en pratiquer un. Pour cela on peut ouvrir l’intestin dons la fosse iliaque ou dans la région lombaire gauche (V. Anus).

Corps étrangers dans le rectum. On a trouvé dans le rectum des corps étrangers de nature et de forme bien diverses. Les uns y avaient été introduits directement par suite d’une singulière aberra-

REC

REC

tion : boules d’ivoire, poivrière, pilon de mortier, chopes, queues de rochon, flacon d’eau de Cologne, chevilles de huis, clous dits vis à couchette, fourchette, boîte d'allumettes, morceau de pieu, morceaux de pierre, pelolles de flanelle, etc. Les autres avaient été avalés par la bouche, et après avoir traversé l’estomac et les intestins, s’étaient arrêtés dans le rectum : couteaux fermés, escargots avec leur coquille, coquilles de noix, noyaux de pêche et d’abricots, cailloux, clous, petit couvercle de fer-blanc, osselets, boules de matières fécales endurcies, etc.

Tout corps étranger dans le rectum gêne le cours des matières fécales et développe autour de lui une inflammation plus ou moins intense. Il détermine de plus une sensation de pesanteur dans le rectum, une envie d’aller à la selle; le malade est constipé; lorsque le corps étranger n’occupe qu’une partie du rectum, les matières fécales peuvent sortir sous forme de diarrhée. Dans bon nombre de cas, il se forme des abcès pelviens, des fistules, des péritonites très graves et parfois mortelles.

La présence d’un corps étranger dans le rectum, surtout lorsqu’il a été introduit par l’anus, est d’autant plus facile à reconnaître que la plupart des malades affligés en font l’aveu, mais il est des cas où le corps étranger reste longtemps méconnu ; parfois son existence est révélée par l’impossibilité dans laquelle se trouve le malade de prendre un lavement. Le meilleur moyen d’arriver à reconnaître l’existence d’un corps étranger consiste à pratiquer le loucher rectal.

Aussitôt sa présence constatée, il faut procéder à son extraction qui se pratique par des moyens qui varient suivant la forme, le volume et la situation du corps étranger : on peut employer les doigts, des pinces, une curette, un forceps, etc.

Cancer du rectum. — Le cancer du rectum se développe tantôt primitivement dans cet organe, tantôt consécutivement à une affection cancéreuse des organes voisins. Très rare chez l’homme, le cancer consécutif est plus fréquent chez la femme à cause du voisinage de l’utérus qui en est si souvent affecté.

La production morbide peut se montrer sous trois formes principales. Tantôt ce sont de véritables tumeurs, faisant saillie dans le rectum, et nettement limitées; elles ont été appelées polypes cancéreux. Tantôt ce sont des plaques indurées, disséminées autour de l’intestin. Dans une troisième variété, le mal semble envahir une plus ou moins grande étendue du rectum sans qu'on puisse nettement définir ses limites; il s'infiltre en quelque sorte entre les tuniques : c’est le cancer diffus.

Au microscope, on reconnaît à la tumenr les caractères anatomiques de l’encéphaloïde, du squirrhe, du cancer colloïde ou de l’épilhélioma. Ces quatre espèces ont été observées; la première et la dernière se rencontrent plus fréquemment.

L’épilhélioma débute ordinairement par l’extrémité inférieure du rectum, par l’anus. 11 est rare que cet orifice, et même que les parties qui l’environnent, ne soient pas le siège d’une induration profonde.

L’encéphaloïde naît dans le tissu cellulaire sousmuqueux; il refoule d’abord la muqueuse en dedans, la tunique musculaire en dehors. La première ne tarde pas à s’ulcérer; les fibres musculaires peuvent être amincies ou hypertrophiées.

Le volume de la tumeur est très variable; il en est de même de son siège et de la hauteur de son point d’implantation. Est-elle plus fréquente en haut ou en bas, en avant ou en arrière? Il serait bien difficile d'être affirmatif sur ces questions.

11 n’est pas rare de voir le cancer, lorsqu'il a acquis un certain développement, faire saillie à l’extérieur.

Le rectum est ordinairement dévié; son calibre est rétréci. Ce rétrécissement s’observe surtout lorsque la maladie affecte la forme de plaques cancéreuses annulaires : on a alors affaire à un véritable cancer atrophique. Il existe, au-dessus de la lésion, une dilatation dans laquelle s'accumulent les matières fécales.

La maladie peut se propager aux organes voisins : vessie, utérus, vagin. De même que le cancer consécutif est plus fréquent chez la femme que chez l'homme, de même chez elle la propagation secondaire du rectum aux parties adjacentes s’observe plus souvent.

Le cancer du rectum se manifeste par des symptômes fonctionnels et par des signes physiques.

a. Troubles fonctionnels. — Le rétrécissement de l'intestin, soit par le resserrement et l’épaississement de ses parois, soit par la présence d’une tumeur volumineuse dans sa cavité, rend la défécation difficile. Cette constipation, qui est constante au début, peut cesser brusquement à une époque plus avancée, puis se montrer de nouveau. Ces sortes de débâcles sont dues au ramollissement d’une partie de la tumeur, qui est éliminée et laisse momentanément le passage libre. On peut observer tous les degrés, depuis une rétention complète, jusqu’à l’incontinence des matières fécales.

11 s'écoule par l’anus un liquide sanieux, sanguinolent, très fétide, mêlé de débris cancéreux ; souvent il y a de véritables hémorrhagies.

Les douleurs sont ordinairement très vives; elles présentent quelquefois des périodes alternatives d'exacerbation et de rémission.

b. Signes physiques. — On reconnaîtra la tumeur par le palper abdominal, et surtout par le toucher rectal. L’emploi des sondes, du spéculum uni, est très douloureux et n’a aucune utilité. Le doigt reconnaîtra mieux que n’importe quel instrument explorateur, la présence d’une tumeur, sa consistance, l’état lisse ou bosselé de sa surface, sa hauteur dans le rectum. Il faut se rappeler qu’il est quelquefois très difficile d’atteindre le siège du mal.

Toutes les fois que la tumeur fera issue par l’anus, l’examen de celte région permettra presque toujours d’établir à première vue le diagnostic. Il en sera de même lorsque cet orifice lui-même sera malade ; il sera facile de constater l’induration de ses bords, leur ulcération, etc.

Chez la femme, le toucher vaginal ne doit jamais être négligé. Il permet souvent de s’assurer de la

REC

REC

hauteur du mal, alors que l’exploration du rectum est trop difficile ou douloureuse.

La marche du cancer du rectum est continue; l’épithélioma parcourt ses périodes avec plus de lenteur que les autres variétés. Quoi qu’il en soit, la terminaison est toujours la même : c’est la mort qui survient fatalement, soit par les progrès de la cachexie, dont les malades présentent rapidement tous les symptômes généraux, soit par hémorrhagie, soit enfin par la perforation ou la rupture du rectum, qui s’accompagne d'une péritonite suraiguë ou d’abcès stercoraux, selon la hauteur à laquelle se fait la rupture.

Le cancer du rectum, pourrait être confondu avec un rétrécissement, des hémorrhoïdes, des polypes (V. ces mots dans le courant de l’article).

Le cancer du rectum ne se développe, en général, que dans un âge assez avancé; il est très rare au-dessous de trente ans. Les causes sont absolument inconnues. Nous savons seulement qu’il peut être consécutif à celui d’un organe voisin, ce qui le rend peut-être un peu plus fréquent chez la femme.

Cette affection entraîne toujours la mort. Les opérations tentées pour la guérir demeurent presque toujours palliatives; au bout d’un temps plus ou moins long, la récidive a lieu.

La dilatation du rectum et la cautérisation ne donnent que des résultats incomplets. La première, en augmentant le calibre de l’intestin, favorise l’issue des matières, c’est son seul avantage. La seconde est insuffisante pour détruire une tumeur cancéreuse un peu étendue.

La ligature peut être appliquée lorsque la tumeur ne remonte pas très haut, ce qui permet de l’attirer complètement au dehors. On enserre la masse morbide dans une anse de fil, qui doit être placée sur les parties saines; quand le fil est serré on coupe au-dessous de la ligature.

L’extirpation permet d’atteindre des tumeurs

Fig. 1126. — Extirpation de l'extrémité^ inférieure du rectum par la méthode de ligature de Récamier.

A. Anus. — B, B. — Points où les deux chefs d'un même fil traversent l’intestin pour venir se renouer ensemble aux points C, C.

trop haut placées pour que le moyen précédent leur soit applicable. Cette opération expose à de grands dangers. En effet, lorsqu’on a enlevé toute la portion malade du rectum, le bout supérieur de l’intestin se rétracte, remonte du côté du bassin; les matières fécales peuvent s’infiltrer dans la plaie, dans le tissu cellulaire péri-rectal, et donner lieu à des abcès stercoraux.

Une péritonite peut aussi être causée par cette extirpation, lors même qu'on n’a pas lésé directement le péritoine pendant l’opération, lésion qui

peut se montrer cependant, si l’on porte trop haut l’instrument tranchant.

Rétrécissement du rectum. — Les rétrécissement accidentels du rectum, les seuls dont nous ayons à nous occuper dans cet article, présentent, au point de vue de leurs caractères anatomiques, de nombreuses variétés.

Leur forme est tantôt celle d’une valvule occupant une plus ou moins grande étendue de la circonférence de l'intestin, tantôt celle d’un véritable diaphragme annulaire, percé d’un orifice central. Souvent ils revêtent l’aspect d’un canal cylindroïde. 11 n’existe, en général, qu’un seul rétrécissement.

Leur calibre peut permettre l’introduction du doigt, ou laisser passera peine un stylet. Entre ces deux extrêmes, on observe tous les degrés intermédiaires.

Leur siège n’est pas moins variable; cependant on peut dire, d’une manière générale, qu’ils occupent l’extrémité inférieure du rectum. Il est rare qu’ils remontent assez haut pour n 'être pas accessibles au doigt. Leur hauteur au-dessus de l’orifice anal est presque toujours inférieure à 6 centimètres.

Les tuniques du rectum sont épaissies, indurées. Cela s’observe surtout dans les rétrécissements consécutifs à une inflammation. Au-dessus de la coarctation, l’intestin est distendu et forme une vaste ampoule dans laquelle s’accumulent les matières fécales. La muqueuse, sur ce point, est rouge, ramollie, quelquefois ulcérée. Des adhérences peuvent s’établir entre le rectum et les organes voisins; des communications anormales peuvent en être la conséquence.

Les causes les plus fréquentes sont la redite et la syphilis. La redite détermine, dans l’épaisseur des tuniques intestinales, un dépôt de matière plastique qui, par sa rétractilité, resserre le calibre du rectum. La syphilis agit non comme maladie constitutionnelle, mais par les lésions locales qu’elle est susceptible de produire du côté du rectum. Une blennorrhagie anale causera le rétrécissement du rectum, comme une chaude-pisse occasionne celui de l’urèthre; un chancre, une ulcération, laisseront à leur suite un tissu de cicatrice qui deviendra la cause du rétrécissement.

Il est évident que le rectum peut être comprimé par des tumeurs, cancéreuses ou autres, siégeant en dehors de lui ou dans sa cavité. Mais la compression qu’elles exercent sur cet organe ne saurait être considérée comme un véritable rétrécissement.

Les symptômes sont ceux d’une rétention plus ou moins complète des matières fécales. Au début, les malades sont simplement constipés; ils facilitent les garde-robes par drs purgatifs ou des lavements répétés. Peu à peu, la défécation exige plus d’efforts; les matières, lorsqu’elles sont consistantes, sont allongées, filiformes; elles portent l’empreinte du canal étroit qu’elles viennent de traverser. Enfin, à une époque plus avancée, elles s’accumulent au-dessus de l’obstacle, où elles forment quelquefois une véritable tumeur qui peut être reconnue parle palper abdominal.

Le besoin de défécation se fait sentir fréquem-

liEG

REC

ment, mais il ne peut être satisfait, et il ne s'écoule <le l’intestin que quelques mucosités sanguinolentes, d'autant plus abondantes que la muqueuse est le siège d’une plus vive irritation.

Lorsque l’obstruction est complète, on voit apparaître les symptômes graves qui caractérisent l’occlusion intestinale : ballonnement du ventre, vomissements, petitesse du pouls, pâleur et anxiété de la face, etc.

Le rétrécissement du rectum a une marche lente. Il est difficile de fixer sa durée, même approximativement. Il présente, à cet égard, suivant les individus, de grandes variétés.

Abandonné à lui-même, il détermine presque fatalement la mort, soit par le seul fait de la rétention des matières, soit par une rupture de l’intestin, qui détermine des abcès stercoraux ou une péritonite suraiguë.

C’est par le toucher qu’on reconnaît l’existence d’un rétrécissement du rectum. Le doigt permet de constater la hauteur, la forme, l’étendue du rétrécissement. Le spéculum uni cause de vives douleurs et rend peu de services. Dans les cas difficiles, on peut employer l’instrument imaginé par Laugier, qui consiste en un petit sac de baudruche placé à l’extrémité d’une sonde. On introduit celle-ci

dans l’intestin, et lorsqu’elle a franchi le rétrécissement, on insuffle le sac de baudruche qui est arrêté au niveau de l’obstacle, lorsqu’on le retire.

Il est impossible de confondre un rétrécissement avec un cancer, un polype, des hémorrhoïdes. Toutes ces affections sont caractérisées par des tumeurs qui font absolument défaut dans le rétrécissement.

On peut se convaincre facilement, d’après ce que nous venons de dire, de la gravité du pronostic. Il faut donc chercher, par tous les moyens possibles, à rendre à l’intestin son calibre normal.

La cautérisation n’a encore été que rarement employée. 11 est difficile de comprendre qu’elle puisse, à elle seule, détruire le rétrécissement, si on ne la combine à une autre méthode.

La dilatation se fait au moyen de mèches, de canules ou de sondes introduites dans le rectum, et dont on augmente progressivement la grosseur. On peut aussi la pratiquer au moyen de deux doigts qu’on enfonce dans l’intestin jusqu’à ce

Dilatateur mécanique pour la dilatation forcée du rectum.

A. B. Instrument fermé. —

B. C. Instrument ouvert.

qu’on ait atteint le niveau du rétrécissement, et qu’on écarte ensuite brusquement. C’est un procédé de dilatation forcée, identique à celui que l’on emploie dans le traitement de la fissure à l’anus. On peut aussi avoir recours aux dilatateurs mécaniques, avec lesquels on obtient une dilatation brusque. Ces appareils ne sont guère à recommander.

L’incision a donné de bons résultats, mais elle doit être faite avec précaution. En effet, s’il est nécessaire d’inciser toute l’épaisseur de la partie indurée, il faut prendre garde de dépasser ses limites : on s’exposerait à l’issue des matières fécales dans le tissu cellulaire péri-rectal, avec toutes ses conséquences.

On réserve la création d’un anus artificiel pour les cas où il est impossible d’attaquer directement le rétrécissement, où les accidents causés par la rétentions des matières menacent les jours du malade.

Tumeurs hémorrhoïdales. — (V. Hémorrhoïdes.)

Polypes du rectum. — Le rectum est le point du canal intestinal où les polypes se développent le plus souvent. Cependant, c’est encore une affection assez rare : de là vient qu’on peut facilement la confondre avec des maladies plus souvent observées dans la pratique, telles que cancer, chute du rectum, hémorrhoïdes. Elle a cependant des symptômes propres, qui s’observent, surtout lorsque la tumeur a acquis un certain développement, et qui doivent alors, surtout à l'exploration physique, empêcher de la confondre avec aucune autre maladie de la même région.

Les causes de cette affection sont fort obscures. Stollz (de Strasbourg), qui les a bien étudiées, admet que la chute du rectum y prédispose. Il est difficile d’avoir à cet égard une opinion bien arrêtée ; ce qui est certain, c’est que les polypes du rectum sont fréquents surtout chez les enfants.

Il importe de faire ici une distinction importante, sinon absolue : les polypes muqueux sont surtout une affection de l’enfance; les polypes fibreux surviennent chez les adultes. Ces derniers sont d’ailleurs d’une grande rareté. Nous décrirons à part les deux variétés.

Polypes muqueux. — Ces tumeurs siègent dans le rectum, ordinairement au-dessus du sphincter ; il est rare qu'elles occupent une situation très élevée. Elles sont le plus souvent unigues; quelquefois cependant il y en a plusieurs. Les polypes se présentent sous l’aspect de tumeurs," tantôt arrondies ou aplaties, tantôt bilobées. Ils ont une couleur rouge, rappelant celle de la muqueuse rectale, à laquelle ils adhèrent par un pédicule plus ou moins long, grêle et blanchâtre, s’implantant à 2 ou 3 centimètres au-dessus de la marge de l’anus. Ils ne dépassent guère le volume d’une noisette, d’une amande.

Polypes fibreux. — Il est difficile de préciser le siège le plus fréquent de ces derniers, à cause de leur rareté; généralement, ils sont situés assez bas, comme les précédents; quelques-uns cependant occupent la partie supérieure de l’ampoule rectale, au-dessus ou au niveau du cul-de-sac péritonéal. Leur structure est celle de tous les polypes fibreux.

REC

REC

Les polypes muqueux s’annoncent par les symptômes suivants : au début, avant que le polype fasse saillie à l’extérieur, les enfants rendent un peu de sang en allant à la selle ; ils ont des épreintes, des démangeaisons, des douleurs plus ou moins vives, enfin de véritables hémorrhagies rectales, qui peuvent se répéter souvent et amener une anémie très grave.

Si l’on examine l’enfant lorsqu’il vient d'aller à la selle, on aperçoit bientôt une petite tumeur rouge, saignante, faisant saillie hors de l’anus, et tenant évidemment par un pédicule qui ne se continue pas directement avec les téguments de la marge de l'anus.

Si le polype n’est pas sorti, il faut, pour reconnaître sa présence , introduire profondément le doigt dans le rectum, et explorer sa surface interne en faisant glisser le doigt de haut en bas ; on rencontre alors le polype, qui glisse sous le doigt comme un noyau de cerise, et son pédicule dont il est facile de déterminer le point d’implantation qui a lieu le plus souvent sur la paroi postérieure de l'intestin.

Les polypes fibreux qui, avons-nous dit, ne se montrent guère que chez les adultes, ont un début très obscur, d’autant plus que leur rareté empêche te chirurgien d’y songer tout d'abord.

Les symptômes qui les annoncent sont ceux d'une tumeur occupant le petit bassin, et comprimant progressivement, de manière à les gêner dans leurs fonctions, les organes qui l'environnent. Ainsi, on constate de la pesanteur au périnée, quelques douleurs dans la défécation, de la constipation, des >elles sanguinolentes; quelquefois aussi un peu de dysurie; les jnatières fécales peuvent présenter une canelure indiquant qu’un corps résistant leur a imprimé une dépression pendant qu'elles traversaient le rectum.

11 est quelquefois difficile, à cette période, de trouver la tumeur par l’exploration directe ; cependant le doigt peut la reconnaître et sentir qu’elle est encore sensible, et ne se détache pas de la paroi rectale. Elle n’offre pas de bosselures aussi nombreuses et une surface aussi facilement saignante que la plupart des cancroïdes de cette région.

Plus tard, et quelquefois longtemps après le début, car le développement de celte maladie peut être très lent, le polype se pédiculise,. et commence à faire saillie hors- de l’anus à chaque défécation. Alqrs la douleur, les épreîntes, la constipation redoublent d'intensité',, et peuvent conduire le malade à un état d’épuisement et^de cachexie plus ou moins grave.

Lorsque la tumeur est sortie, on lui trouve une surface plus ou moins rouge, saignante, tomenteuse; son volume varie de celui d'une noix à celui d’une pomme. Le doigt peut la circonscrire, et déterminer avec plus ou moins de précision le point d'implantation sur lequel il faudra agir pour extirper la tumeur.

Le pronostic des polypes muqueux n’est pas grave. Souvent, lorsque leur pédicule est très mince, ils se détachent et disparaissent spontanément; d’autres fois, le pédicule se rompt pendant l’exploration du chirurgien. Les polypes fibreux des

adultes, par les accidents que nous avons énumérés, sont d’un pronostic plus fâcheux.

Après avoir administré un lavement, pour faire apparaître la tumeur, on peut l’extirper :

1° Par arrachement, à laide des doigts ou d’une pince, lorsque le pédicule est très mince et ne présente qu’une résistance insignifiante;

2° Par section simple avec des ciseaux; mais l’écoulement sanguin peut être dans ce cas abondant;

3° Par ligature; le polype tombe alors aussitôt, ou bien le pédicule ne se rompt qu’un peu plus tard.

On peut enfin pratiquer l’excision au-dessous de la ligature.

Pour les polypes fibreux dont le pédicule est épais et dense, on peut être obligé d’employer l’écraseur linéaire; mais, lorsque la tumeur est peu pédiculée, et qu’elle est située assez haut, il faut craindre d’intéresser toute l’épaisseur de la paroi rectale, et même le cul-de-sac du péritoine, dont la blessure causerait inévitablement une péritonite suraiguë.

Chute du rectum. — On désigne sous le nom de chute du rectum le prolapsus de la muqueuse de cet intestin à travers l’orifice. Elle se montre souvent chez les enfants.

Parmi ses causes prédisposantes, il y en a une qui tient à la structure même du rectum : c’est la laxité du tissu cellulaire sous-muqueux, qui permet le plissement et le glissement facile de la muqueuse sur la tunique musculaire sous-jacente. Cette disposition est tellement prononcée chez certains animaux, chez le cheval, par exemple, que chaque défécation s’accompagne chez lui d’une véritable chute du rectum. Une autre cause prédisposante, qu’on observe surtout dans l’enfance, consiste dans la faiblesse du sphincter et des muscles releveurs de l’anus.

Les causes occasionnelles sont toutes celles qui tendent à exagérer le déplacement normal de la muqueuse dans l’acte de la défécation : efforts d’expulsion chez les sujets constipés; fréquence des selles dans la dysenterie, dans la diarrhée; hémorrhoïdes, tumeurs diverses entraînant la muqueuse par leurs poids.

La tumeur formée par la muqueuse herniée se montre, au début seulement, au moment desselles; elle est molle, rouge, plissée; elle représente un bourrelet plus ou moins volumineux, percé d’un orifice à son .centre, et continu par sa circonférence avec le pourtour de l’anus.

A mesure que la membrane interne s'habitue, pour ainsi dire, à s’échapper ainsi à chaque défécation, la difficulté que le malade éprouve à la contenir dans l’intervalle des selles devient de plus en plus grande, à tel point que le déplacement devient souvent permanent.

La tumeur, exposée aux frottements, à toutes les violences extérieures, peut s'enflammer et devenir très douloureuse. La constriction qu’exerce sur son pédicule le sphincter anal, y détermine une congestion sanguine ; c’est dans des cas semblables qu’on la voit s’étrangler et devenir complètement irréductible.

Il suffit de se rappeler que la chute du rectum

REC

RÉF

forme une tumeur circulaire, percée d’un orifice à son centre, et continue par sa circonférence avec la muqueuse de la marge de l’anus, pour ne pas la confondre avec des hémorrhoïdes internes procidentes.

L’invagination du rectum, qui consiste dans le renversement de toutes les tuniques de cet intestin, présente, au premier abord, des caractères qui pourraient la faire prendre pour une chute du rectum. Mais, dans l’invagination, ia circonférence de la tumeur ne s’unit jamais à celle de l’orifice anal; il y a simple contiguïté, et l’on peut faire pénétrer le doigt dans le sillon circulaire qui les sépare de l’anus.

Le pronostic est variable : peu grave quand la chute du rectum est récente, et facilement réductible, il le devient à mesure que la maladie date d’une époque plus reculée. Il faut donc la traiter de bonne heure.

On réduit la tumeur, puis on cherche à prévenir

Appareil pour contenir la chute du rectum.

sa reproduction par la compression, les astringents. On a employé, dans le même but, la strychnine et l’électricité. On a aussi recours à un appareil ou bandage spécial muni d’une pelote en émail qui contient le prolapsus rectal. Lorsque ces moyens ont échoué, il faut avoir recours à l’intervention chirurgicale.

La cautérisation se pratique avec le fer rouge, comme si l'on avait affaire à des tumeurs hémorrhoïdales. Il est bon de traverser préalablement la partie malade avec des fils qui servent à la maintenir au dehors pendant l’opération.

La ligature consiste à embrasser la tumeur dans quelques anses de fil qui sont fortement serrées. On attend la chute des parties mortifiées. On peut appliquer ici le procédé dit de Luke. Employé contre les tumeurs érectiles (V. Érectile).

Signalons encore l’excision partielle, et l'excision des plis rayonnés de l’anus, pratiquée par Dupuy- ^ren> Dr J. -A. Fort.

RÉCURRENT. — Nom donné par les anatomistes : 1“ à deux branches collatérales de l’artère cubitale (Y* ce mot) qui sont l’une antérieure, l’autre postérieure; 2° à deux branches collatérales de l’artère radiale (\. ce mot), qui sont également l’une antérieure, 1 autre postérieure; 3° à une toute petite artère fournie par l’artère tibiale antérieure (V. ce mot); 4° à un nerf, branche du pneumogas-

trique, qui va aux muscles du larynx et qu’on appelle plus souvent nerf laryngé (V. ce mot)J p. l.

REDRESSEMENT. — Nom donné en chirurgie à une opération qui a pour but de redresser et de replacer dans sa situation normale un organe dévié : colonne vertébrale, dents, membres, utérus, etc. p. l.

RÉDUCTION. — Nom donné en chirurgie à une opération qui a pour but de remettre en place les os fracturés ou luxés (V. Fracture, Luxation ), de faire rentrer les intestins herniés dans la cavité abdominale (V. Hernie). p. l.

RÉFLEXE. — Qualificatif donné par les physiologistes aux mouvements involontaires qui succèdent à une impression non sentie, c’est-à-dire pour la production desquels le cerveau et la volonté n’ont pas besoin d’intervenir. Ces mouvements sont sous la dépendance de la moelle épinière, et quelques-uns même, sous la simple dépendance d’un ganglion nerveux. Parmi les mouvements réflexes les plus fréquents, nous citerons le clignement d’yeux, la contraction et la dilatation de la pupille, etc. p. l.

RÉFLEXION. — Nom donné par les physiciens à un phénomène qui se produit lorsqu’un rayon lumineux tombe sur une surface polie qui ne se laisse que peu ou point traverser, telle qu’une glace, une lame métallique, par exemple; ce rayon se réfléchit, c’est-à-dire qu’il est en quelque sorte repoussé par la surface réfléchissante et revient en avant de cette surface en subissant un-changement de direction. L’angle formé par la première direction du rayon lumineux avec la surface sur laquelle il se réfléchit s’appelle angle d’incidence ; l’angle formé par la nouvelle direction du rayon lumineux avec cette même surface s’appelle angle de réflexion. L’angle de réflexion est égal à l’angle d’incidence. P. L.

RÉFRACTION. — Nom donné en physique optique à un phénomène qui se produit lorsqu’un rayon lumineux franchit la surface de séparation de deux milieux transparents de nature différente : ce rayon change de direction. Le rayon qui s’étend jusqu à la surface de séparation a reçu le nom de rayon incident; le rayon qui s’étend au delà de la surface de séparation a reçu le nom de rayon réfracté. L’angle formé par le rayon incident avec la normale à la surface de séparation, au point de passage du rayon lumineux d’un milieu dans l’autre, s’appelle angle d'incidence; l’angle formé par le rayon réfracté avec la normale à la surface de séparation, au point de passage du rayon lumineux d’un milieu dans l’autre, s'appelle angle réfracté. Si le rayon réfracté se rapproche de la normale, le deuxieme milieu est dit plus réfringent que le premier; il est dit moins réfringent dans le cas contraire. Le rayon réfracté reste dans le plan déterminé par le rayon incident et par la normale ; ce plan est appelé plan d’incidence. Pour les mêmes milieux, le sinus de l’angle d’incidence et le sinus

Page 1