‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 230 sur 344 · REGI · texte numérisé non relu

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alibile sans engorger les voles quelles ont à parcourir.

Certains malades restent à la diète absolue pendant cinq, dix, vingt jours; puis, lorsque la fièvre est apaisée, le médecin commence à faire prendre une cuillerée chaque trois ou quatre heures d'un bouillon excessivement léger fait avec un petit morceau de veau ou le quart d’un jeune poulet, sans addition d’aucun autre ingrédient, de telle sorte qu’on a une tisane de viande plutôt qu’un véritable bouillon. Si le malade n’en éprouve pas de dérangement, on continue ainsi toutes les deH.x heures, puis toutes les heures ; le lendemain on fait préparer un bouillon plus fort, le surlendemain on fait ajouter une tranche de pain ou une pincée de tapioca et on augmente ainsi progressivement jusqu’à ce qu’on en soit arrivé aux aliments solides. En procédant par gradations successives, il n’y aura pas de rechute possible et le malade tendra lentement, mais d’une manière sûre, vers une guérison définitive.

Nous voyons tous les jours les convalescences de fièvres graves se compliquer de récidives mortelles par suite d’un écart trop notoire dans le régime des individus confiés à nos soins. Les diarrhées, les dysenteries sont entretenues des mois entiers par une alimentation intempestive. Le médecin, dans ses prescriptions, doit fixer à son malade le régime qu’il entend lui faire suivre. Celui-ci ne doit jamais s’en écarter sans en demander la permission à son docteur, car les substances les plus saines en apparence peuvent devenir en réalité, dans certaines conditions morbides, des substances nuisibles et dangereuses. Ainsi, le médecin ne manquera pas de dire à son malade s’il doit rester à la diète absolue ou à la diète relative, et, dans ce dernier cas, s’il doit prendre le bouillon par cuillerées ou par demi-bols, chaud ou froid, seul ou avec quelque tranche de pain ; il lui dira en même temps, s’il lui permet de prendre quelques cuillerées de vin, de manger quelques pruneaux, de sucer quelques tranches d’orange. Les aliments solides sont-ils permis? Le médecin spécifiera ceux auxquels le malade doit accorder la préférence. Doit-il prendre des potages maigres ou gras, des côtelettes saignantes ou bien cuites, des vins du pays ou des vins étrangers? Doit-il boire oui ou non du thé, du café, des liqueurs? Doit-il faire plus de repas qu’à l’ordinaire, etc. Toutes ces explications quoique un peu minutieuses, n’en sont pas moins, dans certains cas donnés, de la dernière importance, elles aideront incontestablement, si elles sont bien dirigées, à la terminaison favorable de l’affection morbide.

On ne s’attend pas, je pense, à trouver ici un paragraphe spécial sur le régime particulier à suivre dans chacune des trop nombreuses affections morbides qui affligent l’humanité. Dans les articles du dictionnaire consacré à ces diverses maladies, chaque fois que cela a été jugé à propos, une place a été réservée à la question du régime qui présente une importance si grande dans le traitement de certaines d’entre elles, telles que le diabète, la dyspepsie, la yravelle, l’obésité, etc. Nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur. & marc. Cambouuves.

RÉGION. — Mot employé par les anatomistes pour désigner une portion plus ou moins étendue du corps humain, limitée tantôt naturellement comme la région orbitaire, la région de l’aiselle, la région du creux poplité, etc., tantôt artificiellement par des lignes conventionnelles comme la région ombilicale, la région des hypochondres, etc., dont on étudie toutes les parties constituanfes ensemble ainsi que les rapports qu’elles ont entre elles. p. l.

RÈGLES. — Nom donné souvent à l’écoulement des menstrues (Y. ce mot). p.‘ l'.

RÉGLISSE. — La réglisse est une plante de la famille des légumineuses, qui croît dans le midi de l’Europe et dont la racine, brune à l’extérieur, jaune à l’intérieur, est d’une saveur sucrée des plus prononcée. Elle se présente dans le commerce sous la forme de bâtons d’un jaune pâle, de la grosseur du doigt, que les enfants sucent avec délices. Ces bâtons, en infusion ou en macération dans l’eau, servent à faire une tisane naturellement sucrée et très communément employée dans les hôpitaux de Paris. Réduits en poudre fine, il forment la matière inerte si souvent utilisée pour la confection des pilules. On en fait aussi un extrait sec, un suc épuré, des pâtes, des tablettes et des pastilles. Ces dernières préparations sont devenues des remèdes tout à fait populaires. Elles sont d’une utilité réelle dans les angines, les rhumes et les toux quinteuses. On les laisse fondre dans la bouche où elles font affluer une prodigieuse quantité de salive, sans produire d’arrière goût aigre et désagréable comme cela arrive à la suite des bonbons et de la plupart des sucreries. Dr Marc. Cambouuves.

RÉGURGITATION. — Nom donné à l’espèce de vomiturition naturelle, sans effort et sans secousse, qui fait que les aliments solides ou liquides remontent de l’estomac dans l'œsophage et la bouche dans les cas de trop grande réplétion de cet organe, dans certaines dyspepsies, dans le cancer de l’estomac, dans les rétrécissements de l’œsophage, dans les hernies étranglées, etc. p. L.

REIN. — Anatomie. — Les reins, que le vulgaire désigne souvent sous le nom de rognons, sont deux organes glanduleux préposés à la sécrétion de l’urine : situés profondément dans la cavité abdominale, de chaque côté de la colonne vertébrale, ils sont plongés dans une atmosphère cellulo-graisseuse (capsule adipeuse du rein) et maintenus dans cette situation par cette capsule et par leurs vaisseaux.

Les reins sont au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche. Le poids du rein est de 90 grammesen moyenne; il a 12 centimètres de long, 6 de large et 3 d’épaisseur. Sa couleur rappelle celle de la chair musculaire; il est dur et friable.

Rapports. — Le rein a la forme d’un haricot dont le hile est dirigé en dedans. Sa surface, lisse et unie chez l’adulte, est bosselée chez l’enfant, ce qui indique sa formation par plusieurs lobules.

Cette forme permet de lui considérer deux faces,

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l’une antérieure, l'autre postérieure; deux bords, l’un externe, l’autre interne, et deux extrémités (supérieure et inférieure).

Les rapports de la face antérieure diffèrent pour le rein droit et le rein gauche. A droite, elle répond au côlon ascendant; plus haut, à la face inférieure du foie et à la deuxième portion du duodénum. A gauche, elle répond au côlon descendant; plus haut à la grosse tubérosité de l’estomac, à la queue du pancréas et à l'extrémité inférieure de la rate.

La face postérieure, plus plane que l’antérieure, répond: en dedans, au muscle psoas, qui la sépare

Fig. 1128. — Coupe du rein.

4, I. Substance corticale. — 2,2. Substance médullaire (pyramides de Malpighi). — 3, 4. Papilles rénales. — 6. Grand calice ouvert afin de montrer les papilles rénales qui s’ouvrent dans sa cavité. — 6. Bassinet formé par la réunion des grands calices. — 7. Grand calice vnon ouvert) formé par la réunion de petits calices. — 8. Grand calice. — 9. Ouverture d'un grand calice. — 10. Tisseux adipeux occupant le hile du rein. — 11. Uretère.

de la colonne vertébrale; en dehors et en haut, au diaphragme, qui la sépare des deux dernières côtes; plus bas, au carré des lombes et aux branches supérieures du plexus lombaire.

L’extrémité supérieure est coiffée par la capsule surrénale.

Le bord externe est convexe. Le bord interne, concave, présente vers sa partie moyenne une profonde échancrure nommée hile; ce hile est occupé en avant par la veine rénale, au milieu par tarière rénale, en arrière par le bassinet, qui se continue en dehors du hile avec l’uretère et du côte du rein avec les calices (petits tubes membraneux qui embrassent les papilles rénales).

Le rein est entouré d’une couche de tissu cellulograisseux.

Structure du rein. — Lorsqu’on pratique sur le rein une coupe parallèle à ses faces, on voit, qu’au point de vue de l’aspect et de la couleur, cet organe présente des différences qui l’ont fuit considérer comme étant formé de deux substances: l'une, mé- Dictionnaihe populaire de Médecine usuelle.

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dullaire, avoisinant son hile; l’autre, corticale, formant sa périphérie.

La substance médullaire est disposée sous la tonne de pyramides {'pyramides de Malpighi) dont la base se dirige vers la périphérie de l’organe et dont le sommet fait saillie dans le hile sous la forme d’un bourgeon criblé d’orifices (15 à 20), ce bourgeon porte le nom de papille rénale.

Ces pyramides sont pâles et présentent un aspect fibreux.

La substance corticale occupe toute la périphérie du rein ; de plus, elle envoie entre les pyramides de la substance médullaire des prolongements nommés colonnes de Berlin.

Cette substance corticale est plus rouge, plus foncée que la substance médullaire ; elle présente un aspect grenu dû à une foule de points rouges appelés corpuscules de Malpighi (contenus dans des capsules désignées sous le nom de capsules de IV. Bowmanv) , que séparent des traînées fibreuses qui se continuent avec les fibres de la substance médullaire et qui portent le nom d e, pyramides de F erre in.

Tel est l'aspect de l’intérieur du rein; à l’aide du microscope on pénètre dans les détails intimes de sa structure, et pour nous guider dans sa description nous dirons qu’elle se compose: d’ampoules ou capsules ( corpuscules de Malpighi ), dans lesquelles pénètre une artériole qui déverse l’urine dans cette capsule; et d’un tube, tube urinifère , qui, après un trajet très compliqué, la déverse dans le calice par les orifices que présente la papille rénale.

Ainsi donc le rein se compose :

1° De capsules de Malpighi, laboratoires dans lesquels l’urine se sépare du sang ;

2° De tubes urinifères, par lesquels l’urine est portée hors du rein ;

3° De vaisseaux, dont les uns [artères), apportent aux corpuscules de Malpighi le sang chargé d’urine, et dont les autres (veines), ramènent dans la circulation générale le sang débarrassé de cette urine.

Nous allons décrire chacun de ces éléments.

1° Les corpuscules de Malpighi sont extrêmement nombreux (on en trouve cinq par millimètre cube), exclusivement placés dans la substance corticale ; ils ont la forme d’une ampoule présentant deux orifices situés aux deux extrémités de son diamètre transverse: l’un de ces orifices livre passage à deux artères, Tune qui y pénètre et l’autre qui en sort; l’autre orifice se continue avec le tube urinifère.

Celte ampoule est formée par une paroi très mince et renferme un réseau artériel intermédiaire à l’artère entrante et à l’artère sortante, et au milieu de ce réseau, un glomérule (appelé glomérule rénal), qui n’est autre chose qu’un peloton artériel.

2° Les tubes urinifères s'étendent des corpuscules de Malpighi jusqu’aux orifices que présentent les papilles rénales, leur trajet très compliqué les a fait artificiellement diviser en cinq parties toutes continues entre elles, mais qui paraissent avoir des propriétés distinctes ; ces cinq parties sont : t” les canaux contournés; 2° les canaux en anse de

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lien le ; 3" les canaux d'union ; 4° les canaux droits; •>° les canaux excréteurs communs ou papillaires.

•1° Les vaisseaux du rein sont les artères rénales et les veines rénales ; les nerfs viennent du plexus rénal.

Appareil excréteur du rein. — Il se compose

Fig. T 129.

Coupe du rein (figure demi-schématique du Dr Fort).

I. Veine rénale. — 2. Artère rénale. — 3. Uretère se continuant avec le bassinet ouvert. — 4. Surface coupée. — 5. Surface du rein. — 6. Surface corticale. — 7. Une pyramide de Malpighi avec ses artères. — 8. Mamelons des pyramides qui n'ont pas été divisées. — 9. Calice divisé embrassant un mamelon; les lignes blanches indiquent la section des calices et des bassinets. — 10. Branche de l'artère rénale entre deux pyramides.

— 11. Un glomérule de Malpighi grossi 40 fois. — 12. Vaisseaux du centre du glomérule. — 13. Vaisseau efférent du glomérule.

— 14. Réseau capillaire. — 15. Tube tortueux de la surface corticale grossi 20 fois. — 16. Flexuosités des tubes tortueux

— Quelques tubes tortueux grossis 40 fois. — 18. Plusieurs glornérules grossis de 10 à 20 fois. — 19. Tubes tortueux grosside 20 à 25 fois. — 20. Quelques tubes coupés.

de conduits destinés à transporter l'urine du rein dans la vessie, et il comprend : les calices, le bassinet et l 'uretère.

Les calices sont de petits cylindres membraneux qui, par une de leurs extrémités, s’implantent sur la base d’une papille, et, par l’autre, s'ouvrent dans une cavité plus grande nommée grand calice. 11 existe autant de calices que de papilles, c’est-àdire la ou 20, mais il n’y a que trois grands calices.

Le bassinet, formé par la réunion des trois

grands calices, est une poche membraneuse, placée dans le hile du rein, en arrière de l’artère et de la veine rénale. Aplati d’avant en arrière, il se continue avec un canal cylindrique étendu du bassi nel au bas-fond de la vessie, qu’on appelle {'uretère (V. ce mot).

Anomalies des reins. — On observe parfois des déplacements des reins; ces organes peuvent même devenir flottants dans la cavité abdominale; enfin dans certains cas il n’existe qu’un rein.

Reins déplacés. — Le rein déplacé peut être fixé dans sa position anormale; cette disposition ordinairement congénitale, n’offre qu’un simple intérêt anatomique et, n’est pour la personne qui en est atteinte l’objet d’aucun inconvénient.

Reins flottants. — Le rein droit se déplace bien plus fréquemment que le rein gauche (sur 91 cas, Ebstein a trouvé 65 fois le rein droit déplacé, 14 fois le rein gauche, 17 fois les deux reins) sans qu’on en sache le motif.

Le rein flottant forme une tumeur ovoïde, lisse, ferme, très sensible à la) pression, mobile au point de fuir sous le doigt. Lorsque le sujet est très maigre, il est possible de saisir la tumeur et de constater qu’elle représente exactement la forme du rein. Cette tumeur occupe les parties latérales de l’abdomen, le bord libre des côtes, etc.; elle est le siège d’une douleur souvent permanente, mais présentant des paroxysmes qui peuvent atteindre une violence extrême; cette douleur probablement occasionnée par le tiraillement du plexus rénal diminue ou disparait sous l’influence du repos au lit ; mais par sa persistance elle plonge les malades, dans un état d'hypochondrie ou d’hystérie. Parfois même surviennent des phénomènes d’étranglement caractérisés par une sensibilité extrême de l’organe déplacé, de la fièvre, des nausées et des vomissements, des urines épaisses, sédimenteuses et purulentes (Dietl). Ces phénomènes ont été attribués soit à la rotation du rein sur lui-mcme, et par suite à la compression de l’uretère, soit à une péritonite partielle, etc. Lorsqu’il se produit une péritonite partielle, le rein contracte parfois des adhérences qui le fixent en un point quelconque de l'abdomen. Le diagnostic du rein mobile s’établit sur la forme de la tumeur, sa mobilité, sa densité à la pression; au début, avant que son existence ait été constatée, on peut croire à une névralgie du plexus lombaire ou sacré, à une colique néphrétique, etc. Le traitement le plus rationnel du rein flottant consiste dans le repos et l’application d’un bandage destiné à refouler et à maintenir 'cet organe en place. Dans certains cas tout à fait exceptionnels, et alors seulement que la vie du malade est véritablement en danger, il faut procéder à l’extirpation du rein ou néphrotomie (V. ce mot).

Plaies des reins. — Le rein est, en arrière,

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directement appliqué sur la paroi postérieure de l'abdomen, tandis qu’en avant il est en rapport avec les intestins, le foie, le péritoine; il résulte de ces rapports qu’un instrument vulnérant peut, lorsqu’il traverse la région lombaire, produire une plaie simple du rein, tandis qu’en avant, celte plaie se complique de la blessure du péritoine et des intestins, et qu’au milieu des graves désordres engendrés par ces lésions multiples, il est difficile de faire la part qui revient à la blessure du rein.

Quoi qu’il en soit, une plaie des reins se traduit par des symptômes locaux et généraux.

Les symptômes locaux sont: 1° un écoulement de sang et d’urine par la plaie, d’autant plus abondant que la blessure aura intéressé de plus gros vaisseaux et que l’urètre aura perdu sa perméabilité; 2“ une hématurie, c’est-à-dire un pissement de sang, et souvent une rétention d’urine résultant de l’obstruction de l’urèthre par un caillot sanguin; une douleur vive dans la région rénale, douleur s’irradiant vers la région inguinale et s'accompagnant souvent de la rétraction du testicule.

Les symptômes généraux sont ceux des plaies pénétrantes de l’abdomen, syncopes, vomissements, refroidissement des extrémités, puis la température s'élève.

Souvent le malade est emporté par une hémorrhagie, une péritonite ou une infiltration d’urine. S’il traverse ces divers accidents, la suppuration s'établit et la plaie reste fistuleuse jusqu'à complète cicatrisation du rein.

Le malade sera soumis à un repos absolu; on prescrira des émissions sanguines et quelques laxatifs; s’il existe un corps étranger, il faut l’extraire, à moins que cette extraction ne présente de grandes difficultés; l’hémorrhagie est très difficile à combattre; s'il existe de la rétention d'urine, il faut pratiquer le cathétérisme; mais si les caillots oblitèrent le bassinet ou l’uretère, l’art est impuissant à les faire disparaître.

Contusions des reins. — A la suite de coups portés sur la région lombaire ou de chutes d’un lieu élevé, le rein peut être contusionné; mais il est difficile de diagnostiquer cette lésion d’une façon certaine, car les deux seuls caractères qui s’y rapportent sont la douleur rénale et l’hématurie; or le sang peut provenir des uretères et de la vessie aussi bien que du rein, et la douleur est un indice assez vague.

Quoi qu’il en soit, le pronostic, bien que subordonné au degré de la contusion, est fort sérieux; le malade peut être emporté par une hémorrhagie, une infiltration d'urine, une néphrite.

On prescrira le repos, les antiphlogistiques et les boissons adoucissantes.

Inflammation des reins. — (V. Néphrite, Pyélite.)

Calculs des reins. — (V. Gravelle.)

Kystes des reins. — Les reins sont assez fréquemment le siégé de kystes : les uns sont purement séreux, de petit volume, ils passent souvent inaperçus; d’autres sont des kystes hydatiques qui n’atteignent guère de grandes dimensions et n’olfrent que peu d’inconvénients. Enfin on a vu le rein tout entier ou plutôt quelques-unes de ses parties se dilater par .suite de l’obstacle apporté au

cours de l’urine : cette dilatation a reçu le nom (Y hydronéphrose.

Toutes les causes qui gênent la circulation de l’urine dans le rein peuvent engendrer l’hydronéphrose; tels sont les tumeurs du ventre, du bassin, les déplacements de l’utérus, les calculs, etc. Le volume de l’hydronéphrose est fort variable, lorsque tout le rein se dilate il peut acquérir des proportions énormes. Les parties de la glande en rapport avec le kyste sont plus ou moins atrophiées.

Le contenu du kyste est un liquide citrin renfermant souvent de l’urée, parfois l’albumine, du pus ou même un liquide noirâtre coloré par du sang.

Peu développée, la tumeur passe inaperçue, elle n'est reconnue que par le trouble qu'elle apporte aux fonctions des organes voisins lorsqu’elle a acquis un grand volume, dans ce cas elle a pu être confondue avec un kyste de l’ovaire.

L’hydronéphrose est parfaitement compatible avec la santé, à moins que par son volume elle ne détermine une atrophie considérable du rein.

Si son volume gênait les fonctions des organes voisins, il faudrait la ponctionner avec l’aspirateur Dieulafoy. Hors ce cas, il n’y a pas de traitement à tenter.

Cancer du rein. — Le cancer du rein est très rare, il est plutôt secondaire que primitif, sa forme la plus commune est l’encéphaloïde qui débute par des noyaux disséminés dans la substance corticale et finit par formerune tumeur bosselée, irrégulière.

Il peut passer assez longtemps inaperçu, mais il finit par se révéler : 1° par des symptômes de cachexie, amaigrissement, teinte jaune paille, thrombose, etc.; 2° par une tumeur rénale, qui est bosselée, irrégulière, dure, parfois ramollie en certains points, cette tumeur est immobile et ne suit p;is les mouvements du diaphragme; 3U par des altérations de l’urine dont les plus fréquentes sont l’hématurie et l’albuminurie. On a cru pouvoir trouver dans l’urine les cellules volumineuses, multinucléaires du cancer, mais l’observation ne justifie pas ces données théoriques; 4° la douleur est assez rare et souvent obscure.

Le traitement ne peut être que palliatif.

Abcès des reins et abcès périnéphrétiques. — On donne ce nom à l’inflammation suppurée du tissu cellulo-graisseux qui entoure le rein.

Ces abcès passent quelquefois inaperçus à leur début, tant à cause de leur rareté que de l’éclat des phénomènes concomitants qui appellent toute l’attention.

Les traumatismes, coups, chutes sur la région lombaire, longues courses à pied ou à cheval, l’impression d’un air froid et humide, peuvent occasionner ces abcès.

La néphrite et la pyélo-néphrite calculeuses en sont les causes habituelles. On se rend parfaitement compte de l’irritation que ces lésions rénales entretiennent dans le tissu cellulaire voisin et du développement d’une phlegmasie de voisinage. Enfin, lorsque les calices ou le bassinet ont été perforés par des calculs, le contact de l’urine développe un phlegmon des plus intenses et des plus graves :

On a vu ces abcès se développer à la suite de

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