‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 232 sur 344 · REN · texte numérisé non relu

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8 centigrammes de fer en parfaite dissolution, et on n’en trouvera aucune parcelle déposées sur les parois des bouteilles, comme cela arrive pour la plupart des eaux ferrugineuses. Cela tient à ce que le fer y est combiné avec l’acide carbonique, ce qui n’existerait pas si Renlaigue ne contenait pas un excès d'acide carbonique. Cela tient encore à ce que les bicarbonates à bases sodiques sont plus fixes que les bicarbonates à bases calciques.

L’acide carbonique, outre qu’il tient le fer en dissolution dans l’eau, conserve celle-ci. De plus, comme l’a si justement écrit Pétrequin dans son Traité des Eaux minérales, « il enlève aux eaux la saveur saline, alcaline ou martiale qu’elles auraient sans lui; il leur transmet un goût agréable qui plaît et les fait rechercher même pour l’usage de la table. »

On sait que les matières organiques contenues dans les eaux minérales en amènent la décomposition et provoquent la décomposition des sels de fer. Renlaigue en a de simples traces, et, de plus, elle contient par litre 6 centigr. de silice. Or, on sait, depuis les travaux de Rabuteau et Papillon, confirmés par Dumas, de l’Institut, que la silice occupe le premier rang parmi les substances antiputrides et antifermentescibles.

Donc, sécurité absolue au point de vue de la conservation de l’eau de Renlaigue transportée qui ne subit aucune décomposition, ne donne aucun dépôt et dans laquelle, ainsi que le dit Mialhe dans son rapport, «le fer se maintient facilement en dissolution.»

Tout le monde sait que «le fer est le réparateur du sang » selon l’aphorisme aussi court que précis de Trousseau, et que l’acide carbonique, comme le dit fort bien Durand- Fardel, est eupeptique et stimulant de l'activité digestive, enfin que les alcalins activent les sécrétions gastrique et rénale, ainsi que l’ont démontré Claude Rernard et Blondelot.

D’après ce qui précède, il est aisé de reconnaître que l’eau de Renlaigue agit de la façon la plus efficace : l" dans les affections caractérisées par une faiblesse générale de l’organisme, suite d’altération ou d’insuffisance de l’hématose (anémie, chlorose, aménorrhée, dysménorrhée, leucorrhée, grossesse, convalescence des maladies aiguës, etc.); 2" dans les affections du tube digestif, résultant soit d’un vice de secrétion des muqueuses de l’estomac, soit d’une diminution des mouvements péristaltiques de cet organe, soit d'une hyperesthésie stomacale (anorexie, appétit capricieux, digestions lentes et douloureuses, dyspepsies, pyrosis, gastralgie, entéralgie, constipation habituelle, catarrhes gastriques et intestinaux, etc.).

L’eau de Renlaigue exerce aussi une action manifeste sur les urines des dyspeptiques et des gastralgiques, qui offrent toujours, soit un excès de phosphate ou de mucus, soit un dépôt urique, et chez lesquels on renconlre souvent de la cystalgie. Enfin, grâce à son action modificatrice des produits de la muqueuse urinaire, nous voyons tous les ans un certain nombre de malades atteints de pyélites simples, blennorrhagiques ou rhumatismales, de catarrhe vésical léger ou de blennorrhées

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anciennes, retirer de grands avantages de l’usage de l’eau de Renlaigue. Dr Paul Labarthe.

RENVOI. — (V. Éructation .)

RÉPERCUSSION. — On donne ce nom en médecine à la disparition brusque d’une maladie, sous l’influence de certains médicaments topiques et à la réapparition de cette maladie sur une autre partie du corps plus ou moins éloignée de celle où elle siégeait tout d’abord. p. l.

RÉPLÉTION. — (V. Pléthore.)

REPRODUCTION. — (V. Génération.)

RÉSECTION. — Nom donné par les chirurgiens à une opération qui se pratique sur les os et qui consiste à en enlever une portion ou la totalité, mais en ayant soin de conserver les segments de membre qui font suite aux os réséqués. La résection peut se faire sur le corps de l’os, c’est-à-dire dans sa continuité, ou sur les extrémités articulaires, c’est-à-dire dans sa contiguïté.

Pour pratiquer une résection, il faut : lu diviser les parties molles ; 2° détacher le périoste ; 3° sectionner l’os.

On divise les parties molles au moyen d’incisions que l’on doit toujours faire sur le côté de la région opposée aux vaisseaux et aux nerfs les plus importants, et au point de cette région où l’os se trouve le plus rapproché de la peau. Ces incisions peuvent être longitudinales, ou en forme de T; dans tous les cas, on doit les faire aussi peu profondes que possible, et se servir surtout des doigts pour séparer les parties molles et écarter les muscles afin d’arriver jusqu’à l’os.

On détache le périoste et on le conserve afin d’être assuré de la régénération de l’os. Cette partie de l’opération est de beaucoup la plus délicate ; elle se pratique à l’aide de rugines de formes et de dimensions variables suivant le volume de l’os et la portion de celui-ci sur laquelle on opère.

Quant à la section de l’os, on la pratique avec des instruments variables suivant la région du squelette : scies rigides ou à chaînes, sécateurs, pinces coupantes, marteaux, ciseaux, etc.

L’opération terminée, on place le membre dans une gouttière, en ayant bien soin de lui donner la position où il rendrait le plus de services à l’opéré si la guérison se faisait par ankylosé. Inutile d ajouter que les précautions à prendre avant et après les résections sont les mêmes que celles que l’on prend avant et après les amputations.

Les nécroses, les tumeurs des os, les fractures comminutives, les ostéites périarticulaires compliquant une synovile fongueuse, les cals difformes, etc., sont les principales affections dans lesquelles on a recours aux résections.

Dr Paul Labarthe.

RÉSINE. — Les résines sont des produits végétaux solides, secs, rudes au toucher, fusibles parla chaleur, ce qui les distingue des gommes, sans devenir jamais parfaitement fluides, ce qui les diffé-

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rencie des corps gras, elles sont inflammables, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther» le chloroforme, les huiles fixes et volatiles ; leur odeur forte, empyreumatique est due à l’huile volatile qu’elles renferment; leur couleur est variable, cependant elle sont généralement jaunes, cassantes, plus pesantes que l’eau.

Les résines sont fournies par un grand nombre de plantes des pays chauds; les familles des Thébinthacées et des Conifères sont celles où ces produits s’y trouvent en plus grande quantité. Quelques-unes exsudent spontanément, d’autres découlent par des incisions multiples pratiquées au tronc des arbres. Toutes doivent être purifiées avant de les faire servir aux usages médicaux, telles sont les poix, les térébenthines, les goudrons, les gommes-résines fétides, etc. Il en est d’autres qui sont préparées dans le laboratoire du pharmacien. A cet effet, on épuise les substances contenant les résines par l’alcool rectifié, on distille aux trois quarts, on mêle au résidu un volume égal d’eau distillée, on recueille le dépôt résineux qui se forme, on le lave dans l’eau chaude, on le met dans des assiettes et on laisse à l’étuve jusqu’à ce qu’il soit devenu sec et cassant. Ainsi se préparent les résines de jalap, de scammonée, de turbith, etc.

En général, les résines sont stimulantes, quelques-unes sont purgatives. Elles se donnent en poudre, rarement seules à cause de leur insolubilité et de leur âcreté, le plus souvent en émulsion, en sirop ou en pilules. Elles forment la base des onguents; elles servent à des fumigations balsamiques. Les plus employées d’entre elles sont la térébenthine, le goudron, la poix de Bourgogne , etc. (V. ces mots). Dr Marc. Cambouliyes.

RÉSOLUTIF. — Qualificatif donné à un certain nombre de médicaments qui jouissent de la propriété de déterminer la fonte ou résolution graduelle des engorgements produits par l’épanchement de sérosité ou de sang dans les tissus en favorisant la résorption de ces liquides. Parmi les principaux résolutifs nous citerons le mercure, l’iode, l’iodure de plomb, l’iodure de potassium, l’acétate de plomb, l’emplâtre de Vigo, l’arsenic, les alcalins, la saignée, l’électricité, le massage, etc. p. l.

RÉSOLUTION. — Nom donné en médecine à un mode de terminaison des maladies qui consiste dans le retour à l’état normal par une sorte de rétroversion caractérisée parla diminution des symptômes, et la disparition graduelle de l’inflammation sans que la suppuration se soit établie.

On appelle résolution des membres l’état particulier dans lequel ils se trouvent pendant le cours de certaines maladies graves, telles que l’asphyxie, les paralysies partielles, etc., et qui fait que les contractions musculaires cessant, ils retombent par leur propre poids lorsqu’on les soulève, les malades étant incapables d’opposer la moindre résistance. P. l.

RÉSORCINE. — La résorcine est un phénol, succédané de l’acide phénique, que l’on obtient par la fusion de certaines gommes-résines (galbanum,

assa fœtida, gomme ammoniaque, etc.) avec la potasse et que l’on peut aussi préparer par synthèse. Cette nouvelle substance, découverte par Hlasiwetz et Barth, se présente sous la forme de cristaux incolores, prenant au contact de l’air une teinte légèrement rougeâtre, d’une saveur désagréable, amère et sucrée, sans odeur phénique, très soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Elle jouit de propriétés antipyrétiques, antiseptiques et antiputrides.

Comme antipyrétique, elle a été employée en Allemagne en 1877 par Andeer et Lichthein, et en France en 1880 par Dujardin-Beaumetz et Desnos, contre le rhumatisme articulaire aigu et contre la fièvre thyphoïde. Pour obtenir un abaissement notable de la température, il faut l’administrer à dose massive de 6 à 10 grammes par jour en trois fois. Mais l'effet est peu durable, de plus on observe rapidement des phénomènes toxiques, aussi son usage à l’intérieur a-t-il été vite abandonné.

Comme antiputride et antiseptique, la résorcine constitue un médicament précieux pour le traitement des plaies de mauvaise nature, les chancres, etc. On l’emploie en solution aqueuse à 5 p. 100. Dr Paul Labarthe.

RÉSORPTION. — La résorption n’est autre chose que l’absorption, mais l’absorption qui s’opère sur des gaz ou des liquides épanchés dans les cavités closes naturelles de notre corps ou dans des cavités accidentelles, ou encore dans les espaces interstitiels de nos tissus. p. L.

RESPIRATEUR. — On donne ce nom à de petits appareils que l’on applique sur la bouche et qui sont destinés à tamiser l’air qu’on respire. Ils sont généralement formés de deux plaques de fils métalliques tressés, entre lesquelles est interposé soit une couche d’ouate simple, soit une couche d’ouate mélangée de charbon porphyrisé, ou imbibée d’une solution médicamenteuse. Les personnes exposées aux bronchites graves, les ouvriers employés dans certaines industries (tailleurs de pierre, aiguiseurs, fabricants de lime, etc.), en font ou devraient en faire usage. P. L.

RESPIRATION. — On donne ce nom en physiologie à l’ensemble des fonctions des organes respiratoires qui ont pour but de transformer le sang veineux en sang artériel au moyen de l’oxygène de l’air atmosphérique.

Les actes respiratoires sont de deux ordres: les uns mécaniques et les autres chimiques. Les premiers comprennent les mouvements qui font circuler l’air dans les poumons. Les autres président aux échanges qui s’opèrent à l’intérieur de ces organes, entre les gaz du sang et ceux de l’atmosphère.

I. — Actes mécaniques de l'appareil respiratoire. — Les mouvements respiratoires peuvent être comparés à ceux qu’exécute un soufflet dont on écarte et rapproche successivement les branches; ils consistent, en effet, dans la dilatation et le resserrement alternatifs du thorax sous l’influence de certains groupes musculaires.

L’entrée de l’air dans les poumons constitue

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1 inspiration, et sa sortie de ces organes l’expiration. La vie commence par la première et se termine par la seconde. Mourir et expirer sont deux mots synonymes dans toutes les langues, comme vivre et respirer.

t" Inspiration. — L’inspiration s’effectue sous l'influence d’une sensation impérieuse qui provoque le besoin de respirer; elle résulte de la dilatation de la poitrine. Cette dilatation est déterminée d’un côté par l’élévation des côtes, qui entraînent le sternum, et de l’autre par l’abaissement du diaphragme, qui refoule en avant et en bas les viscères abdominaux. En même temps que la poitrine se dilate, l’air pénètre dans les poumons par un mécanisme analogue à celui qui précipite l’eau dans un corps de pompe dont on élève le piston.

Le mouvement d’élévation des côtes est produit presque exclusivement par les contractions du diaphragme. Ce muscle concourt alors à élever et à écarter les côtes et par suite à augmenter les diamètres transversal et antéro-postérieur du thorax. Mous venons de voir que c’est encore le diaphragme qui, en s’abaissant, agrandit le diamètre vertical de la cavité thoracique.

D’autres muscles, dits inspirateurs, contribuent également h l’agrandissement de la poitrine, mais leur intervention ne se manifeste que dans les inspirations profondes : tels sont les petits pectoraux, les scalènes et les sterno cléido-masloïdiens.

La dilatation de la poitrine pendant l’inspiration présente, suivant l’àge et le sexe, des modifications assez importantes pour justifier la division des différents modes respiratoires en trois types principaux. Ces types sont dits abdominal , coslomj trieur et costo-supériew, selon que l’agrandissement de la poitrine se traduit par le soulèvement du ventre, le mouvement des côtes inférieures ou celui des côtes supérieures. Le premier type appartient à l’enfance, le deuxième à l’àge adulte et le dernier au sexe féminin.

Le soulèvement de la partie supérieure de la poitrine chez la femme, apparaît surtout au théâtre, chez une Iragédienne ou une cantatrice. Ce mode respiratoire n'est pas, comme on l’a dit, la conséquence de l’usage du corset, mais il est en rapport avec les fonctions physiologiques propres au sexe féminin. C’est encore cette particularité qui rend la présence d’une tumeur ou d’un épanchemeut dans la cavité abdominale moins douloureuse chez la femme que chez l’homme.

On peut, par la volonté ou par l’habitude, modifier son propre type respiratoire. Ainsi les chanteurs s’efforcent d’acquérir le type abdominal, parce que c’est celui qui donne à la capacité thoracique la plus grande amplitude.

2° Expiration. — L’inspiration ne peut se produire sans l’exercice d’un certain nombre d’agents musculaires ; elle est donc essentiellement active. L expiration, au contraire, n’est qu’un simple phénomène passif, qui résulte du retour des côtes, du diaphragme et des poumons, à leur situation normale. C’est en vertu de leur élasticité que les poumons reviennent sur eux-mêmes et chassent au dehors 1 air qui s’y était introduit pendant l’inspiration. Il n’y a que pour les expirations forcées

que 1 on doit faire intervenir l’action de certains muscles dits expirateurs, qui rétrécissent la capacité du thorax et compriment indirectement les poumons, afin d’en extraire la plus grande quantité d air possible. Les plus importants de ces muscles sont: les intercostaux, d’après Longet; le triangulaire du sternum, dont la fatigue produit la douleur sternale que l’on ressent à la suite d’une longue course; le grand et le petit obliques de l’abdomen; le grand pectoral, quia pu déterminer une fracture delà clavicule pendant un violent éternuement chez un individu qui se coiffait.

Fréquence et rhythme des mouvements respiratoires. — Diverses circonstances influent sur la fréquence des mouvements respiratoires, l’âge par exemple : ainsi le nouveau-né respire 44 fois par minute, tandis que l’adulte ne respire que 18 fois dans le même temps.

L’exercice musculaire, les émotions morales et les affections pulmonaires accélèrentla respiration; le sommeil, au contraire la ralentit; la syncope et l’asphyxie la suspendent.

11 est possible, avec l’habitude, de prolonger la durée des mouvements respiratoires, ainsi que le prouve l’exemple des plongeurs, des chanteurs et des joueurs d’instruments à vent.

Quelles que soient les modificalions que subisse la fréquence des mouvements respiratoires, leur rhythme est à peu près invariable : l’expiration, étant un phénomène passif, s’effectue toujours avec plus de lenteur que l’inspiration. Cette disposition est favorable à l’acte de la parole qui ne peut s’effectuer que dans le second temps de la respiration.

De la capacité respiratoire. — Chez un adulte la quantité d’air introduite et expulsée par les poumons, à chaque mouvement respiratoire , représente un volume environ sept fois moindre que celui de la capacité totale de ces organes. En effet, l’air qui pénètre dans la poitrine à chaque inspiration n’est que d’un demi-litre environ, et la quantité d’air expiré est sensiblement égale à celle de l’air inspiré.

Les poumons ne fonctionnent pas avec la même énergie dans toutes leurs parties. Ainsi leur sommet respire plus simplement que leur base, et la dilatation complète de celle-ci n’a lieu que dans les respirations forcées. C’est sans doute à cette activité fonctionnelle du sommet des poumons qu’il faut attribuer la fréquence de la phthisie dans cette région.

Les modifications de la capacité respiratoire sont subordonnées à l’àge, au sexe et à la nature des affections pulmonaires.

Bruits de la respiration. — En appliquant l’oreille sur la poitrine, on entend aux deux temps de la respiration un bruit doux et moelleux, qui est déterminé par le frottement de l’air sur les parois des bronches et par le déplissement des vésicules pulmonaires. Ce bruit normal a reçu le nom de murmure vésiculaire, et l’acte par lequel on apprécie sa nature constitue Y auscultation.

Des différents actes physiologiques placés sous

LA DÉPENDANCE DES AGENTS MÉCANIQUES DE LA RESPIRA- TION. — La plupart de ces actes rentrent dans le

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domaine des actions réflexes, c’est-à-dire qu’ils s’exécutent en dehors de la volonté. Les plus importants sont : le phénomène de l’effort, le soupir, le bâillement , le hoquet, Yélernuement, le sanglot et le rire (Y. ces mots).

II. — Actes chimiques de la respiration. — L’analyse chimique démontre qu’à son entrée dans les poumons par l’artère pulmonaire, le sang renferme une forte proportion d’eau et d’acide carbonique, auxquels il doit sa fluidité et sa coloration noirâtre, tandis qu’à sa sortie par les veines pulmonaires, il contient une grande quantité d’oxygène qui lui donne sa coloration rouge et le rend propre à l’entretien de la vie. A son passage dans l’appareil respiratoire, le sang s'est donc débarrassé de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique qu’il contenait, et il les a remplacés par de l’oxygène. Or, en analysant l’air qui sort des poumons au moment de l’expiration, on observe que précisément il est moins riche en oxygène, mais plus chargé de vapeur d’eau et d’acide carbonique. On remarque, en outre, que la quantité d’oxygène disparue est justement égale à celle que renferment les deux autres produits. 11 est alors évident que c’est sous l’influence de la respiration, et par suite des échanges gazeux de l’air et du sang, que s’accomplit le phénomène de l'hématose, c’est-à-dire la transformation du sang noir en sang rouge.

Ces échanges s’opèrent dans le réseau vasculaire qui tapisse les vésicules pulmonaires et dont nous avons évalué la surface à environ 150 mètres carrés.

En résumé, les phénomènes chimiques de la respiration peuvent être compris dans cette formule : absorption d’oxvgène et exhalation d’acide carbonique ; formule inverse de celle qui régit la respiration des parties vertes des plantes, c’est-à-dire absorption d’acide carbonique et exhalation d’oxygène. Il existe, comme on le voit, un antagonisme salutaire entre le règne animal et le règne végétal; l’homme fournit à la plante l’acide carbonique qui lui est indispensable, et celle-ci lui donne en échange l’oxygène qui est son principe vivifiant. Cet échange ne s’effectue que sous l’influence de la lumière; à l’obscurité, au contraire, toutes les parties vertes des plantes exhalent de l’acide carbonique et absorbent de l’oxygène. C’est ce-qui explique pourquoi les plantes d’appartement, inoffensives dans le jour, sont nuisibles à la santé pendant la nuit.

De ce qui précède, il ressort que les actes chimiques de la respiration comprennent : 1° les modifications éprouvées par l’air introduit dans les poumons; 2° celles que subit le sang qui traverse ces organes.

1° Modification de l’air expiré. — Le tableau suivant donne la composition exacte en volume de l’air inspiré et expiré :

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