AIR INSPIRÉ AIR EXPIRÉ
Oxygène 20,9 16,108
Azote 79,052 79,052
Acide carbonique . . 0,048 4,78
Vapeur d’eau. . . . variable à saturation
On voit qu’à chaque inspiration, l’homme et les animaux dépouillent l’air d’une partie de son oxy-
gène et le remplacent par une certaine quantité d'acide carbonique. Cette particularité explique l’usage des inhalations d’oxygène dans les affections respiratoires.
On rencontre aussi, dans l’air éliminé des poumons, une assez forte proportion de matière organique. C’est à elle que les chambres à coucher doivent leur odeur spéciale.
Enfin l’air expiré renferme encore tous les principes volatils dont le sang se débarrasse à son passage dans les vésicules pulmonaires. Ainsi, l’odeur si désagréable que les substances alliacées et les liqueurs alcooliques donnent à l’haleine ne vient pas de la gorge, ni de l’estomac, comme on le croit généralement, mais bien des poumons, après avoir passé des voies digestives dans le torrent circulatoire. C’est pourquoi il ne suffit pas de se rincer la bouche avec des aromates pour détruire ces odeurs.
Air confiné, effets de l’altération de l’air par la respiration. — Etant donné qu’un homme adulte exhale en une heure 15 à 20 litres d’acide carbonique et qu’une atmosphère qui contient huit à dix millièmes de ce gaz peut déterminer la mort, on conçoit que l’air d’un espace clos, dans lequel séjournent un certain nombre de personnes, devienne bientôt impropre à l’entretien de la vie; et J. -J. Rousseau a pu dire que « l’haleine de l’homme est mortelle à l'homme ». |V. Air, Encombrement .)
2° Modifications éprouvées par le sang. — Nous avons vu qu’en traversant les poumons, le sang veineux ou noir se débarrasse de l’acide carbonique qu’il renferme, et devient artériel ou rutilant en remplaçant ce gaz impropre à la vie par l’oxygène qu’il emprunte à l’air inspiré. Le changement du sang veineux en sang artériel s’opère avec une grande rapidité, puisque le sang fait soixantedix fois le tour du corps en une minute et passe par conséquent le même nombre de fois par les poumons. On remarquera que la circulation est beaucoup plus active que la respiration, puisque, dans le même espace de temps, l’homme ne fait que dix-huit mouvements inspiratoires. Mais, le volume d’air expiré ne représentant que le septième de la capacité des poumons, la nappe sanguine sera toujours en contact avec une quantité suffisante d’air.
Lorsqu’en traversant les poumons le sang n’a pu se débarrasser de IJacide carbonique qu’il contient, ce liquide retourne dans l’économie sans changer de couleur, et il devient incapable d’entretenir la vie. Il détermine alors des troubles fonctionnels qui produisent l 'asphyxie (V. ce mot).
Absorption pulmonaire. — En traversant les poumons, le sang ne prend pas à l’air seulement de l’oxygène, il absorbe aussi la plupard des substances étrangères qui s’y trouvent mélangées. Ainsi, c’est par les poumons que pénètrent dans l’économie les vapeurs des anesthésiques, les effluves paludéennes, les miasmes des maladies infectieuses; les gaz méphitiques, comme l'hydrogène carboné ou gaz d’éclairage et l’acide sulfhydrique qui se dégage des fosses d’aisance, les poussières toxiques, soit arsenicales comme celles des tentures vertes, soit plonibiques comme celles qui produisent l'intoxication saturnine chez les peintres. Lorsqu’on a séjourné seulement quelques instants dans un
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appartement fraîchement peint, les urines ont une odeur de violette qu’elles doivent à l’introduction de l’essence de térébenthine par les voies respiratoires. Enfin, c’est l’absorption de la nicotine par les poumons qui rend insalubre l’atmosphère des estaminets.
On utilise en médecine le pouvoir absorbant des poumons en administrant certaines substances médicamenteuses sous l'orme d’inhalations ou de fumigations.
Rôle de la respiration dans la production de la chaleur animale. — La source principale de cette chaleur est la combinaison de l’oxygène absorbé dans la respiration avec les éléments constitutifs de nos tissus. Cette oxygénation peut être assimilée à une véritable combustion, puisqu’elle consiste dans la transformation du carbone et de l’hydrogène de nos tissus en acide carbonique et en vapeur d’eau qui sont éliminés par les poumons. Ainsi l'homme peut être assimilé aune machine qui consomme une certaine quantité de combustible (8 à 10 grammes de charbon par heure) et qui, en échange, produit de la chaleur et du travail mécanique. Toujours simple dans ses conceptions, la nature se sert du même appareil, d’une part, pour introduire dans l’économie l’air de son principe vivifiant, l’oxygène qui doit activer les combustions organiques, de l’autre, pour expulser les produits de combustion qui en résultent, c'est-à-dire l’acide carbonique et la vapeur d’eau. On peut donc dire que la vie n'est qu’une combustion permanente, et les expressions poétiques « le flambeau de la vie, la vie s'éteint » correspondent à des vérités physiologiques.
La comparaison du corps de l'homme avec une machine à vapeur est d'autant plus juste que, chez l'homme, toute cause qui augmente l'apport de 1 oxygène dans l’organisme élève la température du corps, de même que dans la machine l’intensité de la vapeur est en rapport avec l’énergie du tirage, c’esl-à-oire de la quantité d’air introduite dans le foyer. C’est pourquoi toute accélération du pouls, ainsi qu’on l’observe dans la fièvre, se traduit par une élévation plus ou moins notable de la chaleur animale; de là le nom de pyrexie sous lequel on désigne encore la fièvre. Les exercices prolongés ou violents, comme la course, les efforts, produisent le même résultat en accélérant la circulation. Un thermomètre placé dans un muscle qui se contracte accuse toujours une élévation de température. ur G. Witkowski.
RESPONSABILITÉ DES ALIÉNÉS. — Médecine légale. — Législation. Code pénal. Art. 64. — 11 n’y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au moment de l’action, ou lorsqu’il a été contraint par une force à laquelle il n’a pu résister.
L’aliénation mentale n’entraîne pas seulement l’incapacité polilique et civile, elle est encore incompatible avec la liberté morale et motive une irresponsabilité des actes personnels que la législation pénale a reconnue dans l'article que nous venons de citer.
Mais jusqu’à quel point cette irresponsabilité doit-elle être admise en faveur de l’aliéné? Doit-on Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
admettre, avec Falret et la plupart des aliénistes, une irresponsabilité absolue, ou bien, comme le voudraient certains auteurs, une irresponsabilité partielle? Nous allons passer rapidement en revue chacune de ces théories.
I. Irresponsabilité absolue. — Cette doctrine a été défendue avec beaucoup de talent par Falret : « On ne s’imagine pas assez, dit cet auteur, les difficultés insurmontables que l’on rencontrerait dans la pratique si on laissait échapper ce principe fondamental pour lui substituer celui de la responsabilité partielle : un inculpé est fou ou ne l’est pas. Si, en l’observant attentivement, on arrive à se convaincre qu’il présente les caractères de l’état de raison, quel qu’ait été d’ailleurs chez lui l’entraînement de la passion ou des circonstances, on doit admettre qu’il était libre, qu’il aurait pu résister : par conséquent qu’il est coupable et condamnable pour l’acte auquel il s’est livré. Tout ce qu’on peut demander pour lui, c’est le bénéfice des circonstances atténuantes. Dans le cas opposé, au contraire, si le médecin expert arrive à constatér l’état de folie du sujet confié à son examen, quels que soient la forme ou le degré de cette folie, quelque apparence de liberté morale que cet individu ait conservé, il doit être considéré comme irresponsable, on doit l’absoudre comme malade. »
Cette doctrine est certainement la seule qui puisse être adoptée par le médecin et qui soit conforme aux vrais principes de la science, mais son application présente de grandes difficultés. Pour l’appliquer entièrement, il ne faudrait tenir aucun compte du degré et de la forme de la folie, et on se heurterait alors contre des préjugés insurmontables. Quel est donc l’avocat, le magistrat qui admettrait que le libre arbitre est entièrement détruit dans le début de la paralysie générale, dans l’épilepsie et dans l’imbécilité? Certaines formes d’aliénation mentale, très reconnaissables pour le médecin, ne le sont ni pour les juges ni pour les gens dir monde. Tardieu lui-même admet que la folie ne détruit pas toujours la liberté morale et la responsabilité, et n’enlève pas toujours au malade la conscience de certains actes coupables qu’il peut commettre. « J’ai bien des fois, dit-il, lait triompher la doctrine de la responsabilité limitée, et je suis assuré que j'ai mieux servi de cette façon et les vrais intérêts des accusés et la dignité de la médecine, dont les avis ne sont tenus en mépris que lorsqu’ils veulent s’imposer sans rais m et sans mesure. » Cette opinion représente en effet la tendance médico-légale de 1 époque; c’est une sorte de compromis entre la science et la justice; nous allons voir dans quelle mesure ce compromis peut être accepté pour sauvegarder à la fois les intérêts des malades et la dignité de la médecine et de la justice.
11. Irresponsabilité partielle. — Est-ce à dire, parce qu’on admet la responsabilité partielle de l’aliéné, qu’il faille que cette responsabilité soit graduée de telle sorte que, à chaque degré, réponde une pénalité en quelque sorte proportionnelle? Non, répond avec juste raison Daily, parce qu’un tel système est exactement celui que la loi pénale applique à tous les hommes, et qu'il serait essentiellement injuste de n’établir aucune diflé-
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rence entre celui qui est sain d’esprit et celui qui ne l’est pas.
Le système de l’irresponsabilité partielle tel qu’il est appliqué aujourd’hui est donc contraire aux principes de la justice, de la morale et de la science. Un aliéné reconnu partiellement responsable, ne doit pas subir une condamnation et être envoyé dans une prison au même titre qu’un délinquant ordinaire. Il y a dans la législation relative aux aliénés une lacune regrettable sur laquelle Legrand du Saulle a particulièrement insisté : « A côté des aliénés proprement dits, certains individus en proie à une idée fixe, à un délire léger, limité et très nettement circonscrit, à une névrose convulsive ou à des mouvements passionnels voisins de la folie, commettent fréquemment des actes dont ils ont à rendre compte à la justice du pays. La mesure de leur liberté morale ayant été restreinte au temps de l’action, les motifs d’excuse se puisent dans la cause et d’après les combats de l’agent avec lui-même; le bénéfice des circonstances atténuantes est invoqué et la répression est adoucie dans de justes proportions. Ces demi-malades vont en prison : jetés parmi les malfaiteurs, ils souffrent ou se pervertissent; heureux si, dans ce triste milieu, ils ne voient pas s’évanouir les dernières lueurs de leur intelligence. »
Il importe donc de créer pour les aliénés susceptibles de répondre dans une mesure restreinte de la moralité de leurs actes, non pas une juridiction spéciale qui les assimile à des criminels, mais des établissements spéciaux dans lesquels ils seraient l’objet d’une séquestration plus ou moins longue, selon leur état mental et la gravité des fautes commises. La législation anglaise nous fournit à ce sujet d’excellents exemples. Il y a en Grande- Bretagne des établissements spéciaux pour les aliénés criminels ( criminal lunaiic asylums); une certaine latitude est laissée soit au pouvoir judiciaire, qui peut prononcer l'acquittement, soit à l’administration de l’établissement où il convient de les envoyer, suivant la nature des faits dont ils sont les auteurs et la perversité de leurs instincts. L’aliéné criminel peut être rendu à sa famille ou à ses amis, mais à la condition toutefois que ceuxci prennent l’engagement sous caution de veiller à sa conduite et répondent des actes coupables qu’il pourrait commettre.
La nécessité de créer des asiles spéciaux pour les aliénés criminels s’impose aujourd’hui partout, et l’administration s’occupe sérieusement de la fondation d’établissements de ce genre. Mais nous pensons qu’il serait dangereux de permettre aux familles de retirer un aliéné criminel, même avec les garanties qu’exige la loi anglaise. Nous pensons, comme Bertrand, « que tout individu coupable d'un crime ou d’un délit, dont le renvoi aurait été demandé et ordonné pour aliénation mentale, soit par jugement, soit par une ordonnance de non lieu, devrait par cela même être réputé un aliéné dangereux et nécessairement séquestré dans un établissement public ou un établissement spécial, suivant les cas, au moins pendant un certain temps d'observation, sur l’ordre, soit du tribunal ou du juge, soit du parquet, soit d’une autorité publique,
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et la séquestration ne devrait cesser qu’avec le concours de l’autorité qui l’aurait ordonnée. »
Les questions de responsabilité partielle se présentent surtout dans ces états morbides qui, bien qu’engendrant parfois des impulsions irrésistibles, ne présentent pas d’une manière constante les caractères de la folie : tels sont l’alcoolisme, l’épilepsie, l'hystérie, etc.
III. Responsabilité civile. — Nous avons vu que l’aliéné n’est pas responsable des actes criminels, mais doit-il être dans l’obligation de réparer le dommage qu’il a pu causer à autrui ? La jurisprudence est loin d'être fixée sur ce point, qui a cependant une grande importance pratique. En général, on peut dire que l’on n’est responsable, même au point de vue civil, que du fait arrivé par sa faute, et que le fou, qui agit sans discernement, ne peut être responsable du dommage qu’il a causé. Cette doctrine a généralement dominé dans la jurisprudence, et la Cour de cassation a décidé (14 avril 1848) que « le fait de celui qui était en démence au temps de l’action n’est pas susceptible d’imputation et ne peut entraîner à sa charge ni responsabilité pénale, ni responsabilité civile. »
Malgré ces arrêts, nous persistons à croire, avec Tardieu, que l’aliéné ne saurait échapper à la responsabilité civile ni à l’obligation de réparer le dommage qui peut résulter de ses actes. S'il est impossible d’obtenir cette réparation du malade, on doit s’adresser à ceux qui ont mission de le surveiller et qui sont chargés de la gestion de sa fortune. L’aliéné, qu’il soit interdit ou non, doit être considéré comme un enfant, et les personnes qui ont qualité pour le surveiller doivent être responsables au même titre que les parents sont responsables du dommage causé par leurs enfants. Cette doctrine est admise en Angleterre, où les parents ou les amis d’un aliéné séquestré ne peuvent obtenir sa liberté qu’en se portant caution des actes qu’il peut commettre. Nous constatons du reste avec plaisir que la doctrine de l’irresponsabilité civile a été repoussée par plusieurs tribunaux français.
La cour de Montpellier a confirmé (31 mai 1866) un jugement de Narbonne qui accueillait une demande en dommages-intérêts formée contre un aliéné, « attendu que dans l’application des principes de la responsabilité civile, la loi ne tient aucun compte ni de la volonté ni de l’intention; que si l’inexpérience d’un insensé est excusable au point de vue de la responsabilité pénale, quand elle amène un fait dommageable à autrui, elle n’oblige pas moins son auteur à le réparer, ou par luimème, ou par ceux qui doivent veiller sur lui (V. Aliéné, Folie, Criminalité). D' a. Lutaud.
RESSERREMENT. — Mot souvent employé par le vulgaire comme synonyme de constipation (Y. ce mot). p. l.
RÉTENTION. — Expression employée en médecine pour désigner l’impossibilité plus ou moins complète dans laquelle se trouve un liquide ou un solide, de sortir d’une cavité ou réservoir dans lequel il ne devrait séjourner que momentanément)
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(l’est ainsi qu’on dit rétention du placenta (V. Placenta), rétention d’urine (V. Urine), p. l.
RÉTINE. — On donne ce nom en anatomie à la membrane la plus interne de l’œil, qui préside à la vision, sur laquelle vient se peindre l’image du monde extérieur. dette membrane placéeentre lachoroïde et le corps vitré, se continue en arrière, avec le nerf optique dont elle est l’épanouissement et sc prolonge, en avant jusqu’à la zone de Zinn avec laquelle elle se confond. Elle est grisâtre, molle et transparente, assez mince en avant, sur le pourtour de la zone de Zinn où son épaisseur est de 0""",1, et s’épaissit en arrière où elle acquiert 0",m,4. Sa face externe, convexe, répond à la membrane choroïde, mais sans lui adhérer, d’oii il ré-
Fig. Il JO. — Coupe antéro-postérieure de l’œil.
9.' Rétine. — 1. Sclérotique divisée, dont les lambeaux sont écartés. — 2. Coupe antéro-postérieure du cristallin. — 3. Coupe de l’iris. — 4. Canal de Schlemrn. — 5 Procès ciliaires choroïdicns. — 6, 6. Vasa vorticosa de la choroïde. — 7. Muscle ciliaire. — 8. Nerfs ciliaires. — 10. Corps vitré. — 11. Cristallin.
suite que les épanchements peuvent assez facilement s’accumuler entre ces deux membranes, d’où le décollement de la rétine qui détermine la perte de la vue. Sa face interne, concave, répond à la membrane hyaloïde, qui enveloppe le corps vitré également, sans lui adhérer.
Cette face interne présente : 1° la papille optique, qui correspond à l’entrée du nerf optique. Cette papille, placée à 3 millimètres en dedans de l’axe optique et à t millimètre au-dessous, consiste en un relief déprimé à son centre, placé au milieu d’une tache blanche de 2 millimètres de diamètre environ; de cette papille émergent les branches de l’artère centrale de la rétine; 2° la tache jaune, placée en dehors de la papille, ovalaire, à contours pâles, dont la partie centrale, déprimée à son centre, correspond exactement à l’axe optique, et a reçu le nom de fosse centrale de la rétine.
A sa partie antérieure, c’est-à-dire un peu en avant de l’équateur de l’œil, et à 6 millimètres en-
viron en arrière de la cornée, la rétine se continue avec la zone de Zinn; le point d’union de la rétine et de la zone de Zinn est marqué par une ligne festonnée qui correspond à l’engrenage de ces deux membranes.
La structure de la rétine est très compliquée : on
Fig. 1131. — Papille do la rétine avec la zone claire qui l’entoure (vue à l’ophthalmoscope).
distingue en effet à cette membrane six couches superposées qui sont, en procédant de l’extérieur vers l’intérieur, c’est-à-dire de la choroïde vers le corps vitré : 1° la couche des bâtonnets et des cônes; 2° la couche granuleuse externe; 3° la couche granuleuse interne; 4° la couche moléculaire ou des fibrilles; 5° la couche des ganglions; 6° la couche des fibres du nerf optique. Ces six couches, qui sont formées d’éléments nerveux, sont plongées dans une sorte de gangue formée par du tissu conjonctif.
Les vaisseaux de la rétine sont : 1° l’artère centrale de la rétine, branche, de l'artère ophlhalmique, qui plonge dans l’épaisseur du nerf optique à 1 centimètre environ en arrière du globe de l’œil, et, arrivée au niveau de la papille du nerf optique, se divise en deux branches, l’une ascendante, l’autre descendante, qui se divisent à leur tour en plusieurs branches qui se ramifient dans les couches les plus internes de la rétine; 2° les veines, au nombre de deux pour chaque artère, qui se réunissent en une veine unique dans l’épaisseur du nerf optique et se jettent dans la veine ophthalmiquc. La circulation de la rétine est indépendante de celle des autres membranes de l’œil.
Maladies de la rétine. — Hypertrophie de la rétine. — L’hypertrophie de la rétine s'observe chez les hypermétropes dont l’accommodation s’effectue avec effort, chez les gens qui restent longtemps exposés à une vive lumière, chez ceux qui sont sujets aux congestions encéphaliques, qui sont atteints de lésions cardiaques.
Ces personnes redoutent la lumière, et pour peu qu’elles s'appliquent à la lecture ou à un travail minutieux, elles éprouvent un sentiment de tension et de gêne dans l’œil, bien que leur acuité visuelle soit intacte.
L’ophthalmoscope montre que la rétine est plus
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rouge qu’à l’état normal ; très souvent, à moins que l’hyperhémie ne soit exclusivement artérielle, on aperçoit des veines dilatées et tortueuses.
Si l’hyperhémie se rattache à un trouble de la réfraction, on la corrigera par des verres appropriés. L’hyperhémie sera combattue par les dérivatifs sur le tube inteslinal et l’emploi des verres teintés, (bleu de cobalt ou fumée).
Ischémie de la rétine. — L’ischémie de la rétine est beaucoup plus rare. Elle se produit au moment de la syncope et au début des atlaques d’épilepsie; la tension du sang diminuant dans le système artériel, la tension intra-oculaire reste la même, elle presse donc fortement les artères rétiniennes et chasse le sang qu’elles renferment (V. Ischémie ).
Inflammation de la rétine. — (V. Rétinite .)
Hémorrhagie ou apoplexie de la rétine. — Les hémorrhagies s’observent surtout chez les gens atteints d’affections cardiaques ou chez les vieillards sujets aux congestions cérébrales.
Dans des cas plus rares elles succèdent à une diminution brusque de la pression intra-oculaire consécutive à une paracentèse ou à l’iridectomie.
Si le foyer hémorrhagique siège vers la tache jaune, la vision centrale est sérieusement atteinte; mais s'il occupe un point périphérique, il passe inaperçu, ou bien c’est par hasard que le malade s’aperçoit d’une lacune dans le champ de la vision.
A l’ophthalmoscope on aperçoit, le long des vaisseaux de la rétine, des petites taches rouges et allongées comme des flammèches; peu à peu le sang subit la transformation graisseuse et les taches deviennent blanchâtres, ou encore noirâtres par le fait de l’accumulation d’une certaine quantité de pigment.
Après avoir institué le traitement général le mieux approprié aux causes de l’hémorrhagie, on pourra venir en aide à la résorption du sang épanché par l’application de la sangsue d’Heurteloup (V. sangsue) et de légers dérivatifs sur le tube intestinal.
Décollement de la rétine. — On nomme ainsi la destruction de faibles adhérences qui unissent la rétine à la choroïde.
Ces décollements se rattachent, par ordre de fréquence :
1° A la myopie progressive (staphylôme postérieur) ;
2° Aux altérations du corps vitré, susceptibles de diminuer son volume;
3° Aux traumatismes déterminant des épanchements sanguins entre la rétine et la choroïde ;
4° Aux tumeurs de la choroïde et à celles développées sur la face profonde de la rétine.
Le décollement occupe d’ordinaire la demi-circonférence inférieure de la rétine, car le liquide séreux ou sanguin qui la soulève obéit à l’action de la pesanteur. Au bout d’un certain temps, la rétine décollée subil la dégénérescence graisseuse.
A 1 aide de l’ophthalmoscope on aperçoit une membrane ondoyante, d’un gris bleuâtre, régulière ou vallonnée, tremblotante sous l’influence des mouvements de l’œil. Cette tumeur occupe souvent la moitié inférieure de la rétine, qui est très rarement décollée autour du nerf optique.
Les vaisseaux rétiniens, soulevés par la saillie de la portion décollée, forment à ce niveau un coude très accentué; cà et là ils sont cachés par ses plis.
La vue est abolie dans tous les points décollés; ceux-ci occupant d’ordinaire la moitié inférieure de la rétine, le malade ne distinguera plus les objets situés dans la partie supérieure du champ visuel. L’obscurité s’accroît de plus en plus à mesure que la rétine subit la dégénérescence graisseuse.
Entre les points où la vue est abolie et ceux où elle est conservée existe une zone intermédiaire correspondant à cette partie de la rétine qui, sans être décollée, commence à se soulever. Le tiraillement de la rétine à ce niveau donne parfois lieu à des éclairs, à des étincelles lumineuses qui éblouissent le malade.
Souvent le décollement se complique d'opacités dans le corps vitré se traduisant par la sensation de nuages grisâtres, de points noirs. Il n’est pas jusqu’au cristallin qui ne devienne souvent opaque (cataracte qu’il serait bien inutile d’opérer).
Le début est souvent brusque, un nuage s’étend sur une partie du champ visuel qui est définitivement perdu.
Le décollement peut, suivant ses causes, rester stationnaire ou s’accroître. De Graefe aurait vu la résorption des liquides sous-rétiniens permettre à la rétine de se rapprocher de la choroïde. Cette guérison est très exceptionnelle.
Le traitement est souvent inefficace. On combattra les progrès du décollement par un repos absolu, les antiphlogistiques et les révulsifs. On a proposé la paracenthèse de la sclérotique et de la choroïde, de façon à évacuer le liquide épanfché entre cette membrane et la rétine; de Graefe l’évacue dans le corps vitré; mais ces opérations n'ont abouti qu’à des améliorations passagères.
D' Léon Moynac.
RÉTINITE. — On donne ce nom aux inflammations de la rétine. Ces inflammations présentent dans leurs causes, leurs sièges et leurs symptômes, des différences qui ont conduit à en distinguer plusieurs variétés :
1° La rétinite simple (séreuse, œdémateuse), caractérisée à la fois par une hyperhémie vasculaire et une transsudation séreuse qui ternit la transparence de la rétine;
2° La rétinite parenchymateuse, lésion plus profonde dans laquelle le tissu rétinien lui-mème est atteint d’hyperplasie et de sclérose, soit dans toute son étendue (rétinite diffuse), soit seulement autour des vaisseaux (rétinite péri-vasculaire);
3° La rétinite albuminurique, liée à l’albuminurie quelle qu’en soit la cause (mal de Bright, dégénérescence amyloïde des reins, etc.), caractérisée surtout par des plaques d’un blanc éclatant formant une auréole autour du nerf optique;
4° La rétinite diabétique, accident assez rare, donnant lieu à des lésions semblables aux précédentes, mais moins nombreuses et plus irrégulières;
5° La rétinite leucémique, variété encore plus
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