‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 234 sur 344 · REV · texte numérisé non relu

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rare, liée à la leucocythémie : l'accumulation des globules blancs donnerait aux vaisseaux un aspect nuageux et à la rétine une teinte jaune orangé;

6° La réfinite syphilitique, accident de transition entre les secondaires et les tertiaires, assez rare d’ailleurs et se compliquant d'opacités du corps vitré qui donnent au fond de l’œil une teinte d’un gris bleuâtre;

7° La rétinite ■pigmentaire , dans laquelle une quantité variable de pigment noir s’accumule le long des vaisseaux rétiniens, progressant des parties équatoriales vers le centre, au point de voiler complètement la rétine.

Le nom même de certaines variétés indique leur origine, telles sont: la rétinite albuminurique, surtout fréquente dans la dégénérescence amyloïde des reins; les rétinites diabétique et leucémique, fort rares; et enfin la rétinite syphilitique dont l’existpnce n’est pas certaine ou, en tout cas, n’est pas indépendante d’altérations semblables de la choroïle, de l'iris et du corps vitré.

Les causes des rétinites séreuse et parenchymateuse nous échappent à peu près complètement; on a accusé une trop vive lumière, les veilles prolongées, etc.

Quant à la rétinite pigmentaire, c’est souvent une lésion congénitale, héréditaire, coïncidant avec l’idiotie, la surdi-mutité, etc ; on la vue frapper des enfants issus de consanguins.

L’examen à l’ophthalmoscope montre des lésions locales différentes suivant les variétés.

Dans la rétinite séreuse , la rétine a perdu sa transparence, elle est grisâtre par le fait d’une infiltration séreuse, cette teinte est surtout prononcée autour du nerf optique, qui devient moins distinct.

Dans la rétinite parenchymateuse, outre l’hyperhémie et l’œdème, on observe des opacités blanchâtres ou jaunâtres disposées sous forme de plaques régulières, de stries, masquant une partie des vaisseaux; parfois ces opacités accompagnent très régulièrement les vaisseaux.

Dans la rétinite albuminurique, l’hyperhémie et les hémorrhagies sont fréquentes, car souvent les vaisseaux rétiniens ont subi la dégénérescence amyloïde. On observe, et ceci est caractéristique, des plaques d’un blanc éclatant formant une aréole au nerf optique, elles sont souvent mouchetées de rouge par de petites hémorrhagies. Autour de la tache jaune, les taches blanches ont un aspect étoilé.

Dans la rétinite diabétique, on trouve les mêmes altérations, seulement les plaques graisseuses sont rares et disséminées sans ordre, au lieu de former un cercle autour du nerf optique, une étoile autour de la tache jaune.

Dans la rétinite pigmentaire, on aperçoit une série de points noirs, disposés sous forme d'étoiles, de taches, à la manière des ostéoplastes; ils ne se réunissent point en amas, mais sont disséminés sur le trajet des vaisseaux.

Quant aux troubles fonctionnels, ils diffèrent I aussi suivant la variété de rétinite observée.

Dans les rétinites séreuse et parenchymateuse, la vue s’affaiblit graduellement, phénomène très remarquable lorsque l’éclairage diminue : les objets

n apparaissent qu’à travers un nuage, ils sont déformes, plus petits ou plus grands; le champ visuel se rétrécit, il peut présenter quelques lacunes.

Ces deux formes de rétinite ont une marche des plus lentes, la première n’est sauvent qu’un acheminement vers la seconde. Lorsque les altérations sont peu avancées on peut espérer leur guérison, mais lorsque la rétine est infiltrée d’exsudats étendus, ses éléments finissent par s’atrophier et la vue est presque abolie.

Dans les rétinites albuminurique, diabétique, les troubles fonctionnels consistent en mouches volantes,lacunes dans le champ visuel, strabisme, etc.

Très souvent les deux yeux sont atteints; la marche de cette rétinite est très irrégulière, il est fort rare d’observer une cécité complète; tant que les éléments rétiniens ne sont pas détruits, on assiste à de grandes alternatives d’amélioration et de récidive.

Quant à la rétinite syphilitique, souvent indépendante de toute éruption cutanée, elle coexiste avec des altérations du corps vitré et de la choroïde, qui obscurcissent notablement la vue; elle est très sujette à récidiver.

Enfin, la rétinite pigmentaire est souvent double et congénitale, elle frappe encore les enfants ou même les gens adultes. Son symptôme capital est. Y héméralopie (V. ce mot).

Quel doit être le traitement des rétinites? Les rétinites symptomatiques (albuminurie, syphilis), réclament un traitement général approprié. Quant aux autres variétés, il faut chercher, mais souvent sans beaucoup de succès, à enrayer leur marche, soit par les révulsifs sur le tube digestif, soit par la sangsue d’Iieurteloup (V. Sangsues ), soit par des modificateurs généraux tels que l’iodure de potassium et le mercure. On évitera de plus tout ce qui peut congestionner l’œil, et on ordonnera l’emploi de lunettes bleu de cobalt. Dr Léon Moynac.

RETOUR (âge de). — (V. Ménaupose.)

RÉTRACTION. — Nom donnéàl’action, purement passive, en vertu de laquelle une partie (peau, muscle, artère, poumon, etc.), en vertu de l’élasticité dont elle jouit, revient sur elle-même et, par suite, perd une partie de ses dimensions normales, p. l.

RÉTRÉCISSEMENT. — Mot employé dans le langage médical pour désigner le resserrement, et par suite la diminution, congénitale ou accidentelle, de la grandeur d’une cavité ou du calibre d’un canal. C’est ainsi qu’on dit : rétrécissememt de l’œsophage (V. Œsophage), rétrécissement de l’urèthre (V. Urèthre), etc. P. L.

RÉTROVERSION. — Nom donné à un état particulier de l’utérus, dans lequel le fond de cet organe est incliné en arrière et pèse sur le rectum, tandis que le col est incliné en avant et pèse sur la vessie (V. Utérus). P. L.

RÉUNION. — (V. Cicatrisation, Plaie, Suture).

REVACCINATION. — (V. Vaccination.)

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RÉVALESCIÈRE. — La « douce révalescière »,ce comble du cliarlalanisme, que les fabricants vendent effrontément 12 francs le kilo, n’est qu'un simple mélange de farine de lentilles, 3; farine de maïs, \ ; farine do pois, 1 ; farine d’orge, 1 ; additionné d’un peu de sel. p. l.

RÊVE. — Le rêve consiste en un ensemble mobile, variable et rapide, le plus souvent confus, fantastique et incohérent, de tableaux et de sensations, qui rappellent, dans un désordre plus ou moins complet, des faits déjà connus, des circonstances déjà traversées. Dans les rêves, l’imagination est vivement surexcitée, pendant que la mémoire disparaît le plus souvent et que le bon sens fait naufrage. Un bruit insolite, la soif, la faim, le froid, le chaud, l’abus du café et du thé, etc., agissent souvent pour produire des songes, généralement en rapport avec la cause. Lorsqu’on se couche sur le côté gauche, le foie et les viscères pèsent sur le diaphragme, gênent le cœur et les poumons, et produisent les rêves les plus pénibles et les plus bizarres.

Il est bien certain que les rêves ne sont pas toujours des associations désordonnés d’idées. Les impressions des sens, vue, odorat, peau, oreilles, iniluent singulièrement sur les rêves. Scherner cite le fait amusant d'un jeune homme, qui murmurait son nom à l’oreille d’une maîtresse cruelle, pendant qu’elle dormait. Elle s'habitua ainsi à rêver de lui, et les sentiments de la dame changèrent du tout au tout à l’égard du jeune homme. Un homme rêve qu’il est paralysé, aveugle, et sou rêve se réalise quelques jours après. La crainte de la mort prochaine caractérise également les songes des sujets atteints de maladie de cœur. Des rêves d’incendie et de sang précèdent souvent, tout le monde peut le remarquer, les états congestifs et les hémorragies. Les prodromes ordinaires de la fièvre typhoïde sont marqués par des rêves tristes, semés dans un sommeil rare. La méningite a des rêves douloureux et effrayants : « Maman on me coupe! » Voilà le type du rêve chez un pauvre enfant, qui succombe, quelques jours après, à cette odieuse maladie.

Le caractère des individus est souvent mis à nu dans les songes. Le gourmand rêve noces et festins; l’avare, pièces d’or et billets de banque; l’ambitieux, décorations et places. De plus, les préoccupations de la « lutte pour la vie » se réflètent généralement dans les rêves : le professeur rêve qu’il ne sait pas son cours; le comédien, qu’il a oublié son rôle; le médecin, qu’il a omis des visites.

La douleur physique agit dans la production de certains rêves; un individu qui souffre d’une angine rêve qu’on l’étrangle ou qu’on le pend; Descartes, piqué par une puce au sein gauche, rêve qu’on lui perce le cœur d’un poignard; Alfred Maury reçoit sur son cou la patère de son lit et rêve qu’on le guillotine pendant la Terreur ; un savant (dont le nom nous échappe) rêve qu’une vipère le mord au mollet droit ; le lendemain apparaissent a cet endroit les premiers signes d’un anthrax mortel.

Dans les maladies, le rêve est souvent un symptôme que le médecin étudie utilement. L’explosion de la rage est précédée de rêves affreux. Dans la chlorose et l’anémie, les rêves sont gais et agréables; les malades entendent le murmure des ruisseaux, le chant des tourterelles, etc. L’illustre Longet attribue ces rêves aux bruits que fait le sang des chlorotiques en circulant dans les artères de leur cerveau. Dans les maladies de cœur, les rêves sont ordinairement remplis d’angoisses et de terreur, et fréquemment interrompus par des réveils en sursaut. Dans l’alcoolisme, les rêves, souvent continués par des hallucinations, offrent en général le caractère professionnel, c’est-à-dire qu’ils sont en rapport intime et caractéristique avec les occupations journalières du malade. Les alcooliques voient souvent aussi en songe des animaux noirs, informes, dégoûtants; des rats, des serpents; ils voient anssi des lumières; de l'eau qui coule; ils ont la sensation du vide. Ces rêves sont suivis chez eux d’un réveil plein d’horreur et d’anxiété; en dehors des rêves l’insomnie est complète chez eux. . ,

Notre éminent maître, Moreau (de Tours), aimait à comparer le rêve à une folie passagère, et, inversement la folie était le rêve de l’homme éveillé. Le rêve succède souvent à une excitation corporelle ou mentale excessive. D'après Ribot, il existerait un centre cérébral de volition, tout comme il existe un centre de langage dans la troisième circonvolution du lobe frontal. Ce centre serait paralysé dans le rêve. S’il est quelque chose d’oblitéré dans le songe, à coup sur c’est le sens moral. Nous commettons, en rêve, les forfaits et les crimes les plus affreux sans jamais éprouver une lueur de remords. Chacun, du reste, a sa manière de rêver comme sa manière d’être, et le songe existe non seulement chez l’homme, mais encore chez toutes les bêtes un peu civilisées (chiens de chasse).

Un ingénieux savant, le docteur Delaunay, a rendu compte à la Société de biologie de ses investigations sur les rêves, dont voici le résumé succinct. Quand on ne rêve pas d’habitude, il suffit pour rêver, de dormir la tête couverte. Si l’on se couvre le front d’une plaque d’ouate, les rêves perdent leur caractère incohérent et désordonné pour revêtir une allure intelligente. Si l’on se couche la tète basse, on rêve ; si c’est sur le dos, les rêves sont sensoriels, colorés, mouvementés, lascifs (congestion du cervelet et de la partie postérieure de l’encéphale). Les rêves que l’on fait couché sur la partie droite du cerveau sont illogiques, absurdes, puérils, menteurs; sur le cerveau gauche, ils sont plus intelligents et touchent à des faits récents; enfin les discours y jouent fréquemment un rôle (on sait que la faculté de langage ou de coordination de la parole a son siège localisé dans la troisième circonvolution cérébrale du lobe frontal du côté gauche.

Et maintenant, chers lecteurs, essayez et contrôlez. C’est facile et peu coûteux.

Le professeur Bail a décrit, sous le nom de Rêves ■prolongés , un singulier et, parait-il, assez fréquent état physiologique, au moment où le som-

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