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meil projette, pour ainsi dire, son ombre sur la veille. Nous connaissons tous des personnes chez qui les rêves se mêlent si intimement à la réalité, qu’elles n’osent jamais affirmer un fait quelconque, dans la crainte de l’avoir rêvé. Bail rapporte in extenso l’observation d’un homme intelligent, qui passait ainsi sa vie à raconter des récits mensonger et imaginaires. 11 rêvait qu'il avait à subir un concours, qu’il devait se battre en duel; puis il s’imaginait que ses rêves étaient la réalité et il en devenait le premier la dupe.
De semblables états mentaux atténuent singulièrement la responsabilité humaine. S’ils ne sont pas la folie, ils en sont tout au moins les contins ou les frontières. nr e. Monin.
RÉVEIL. — Nom donné au passage de l’état de sommeil à l’état de veille. p. l.
RÉVULSIF. — Qualificatif donné en thérapeutique aux agents hygiéniques,, pharmaceutiques ou chirurgicaux, à l’aide desquels on détermine la révulsion (V. ce mot). Les principaux révulsifs sont : la moutarde, les sinapismes, le papier Wlinzi, le papier Fayard, le tapsia Le Perdriel, l’emplâtre de poix de Bourgogne, le garou, la teinture d’iode, l’huile de croton, le tartre stibié, le vésicatoire Àlbespeyres, le séton, le cautère, la saignée, les sangsues, les ventouses, etc. (V. ces mots). p. l.
RÉVULSION. — On donne ce nom à l’action irritante locale produite par les agents révulsifs, dans le but de provoquer sur une partie voisine ou éloignée du premier mal, un autre état morbide dont l’influence soit de nature à guérir le mal primitif. Comme on le voit, la révulsion se rapproche singulièrement de la dérivation (V. ce mot), p. l.
RHAGADE. — (V. Fissure, Gerçure.)
RHÉOPHORE. — On donne ce nom en électrotherapie aux fils métalliques adaptés aux pôles d’une pile qui sont destinés à conduire les courants électriques, et aux divers instruments employés pour appliquer ces courants aux organes malades, et qu’on ajuste aux électrodes. p. l.
RHINITE. — (V. Coryza.)
RHINOPLASTIE. — Nom donné à cette partie de la médecine opératoire qui s’occupe de la réparation des pertes de substances et de la restauration du nez Auloplaslie). p. L.
RHOMBOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la région supérieure du dos et inférieure du cou, recouvert par le muscle trapèze, qui s'insère d’une part aux apophyses épineuses des quatre premières vertebres dorsales, et d’autre part au bord interne de l’omoplate qu'il fixe sur le thorax. Ce muscle tire aussi l’omoplate en haut et , en dedans. p. L.
RHONCHUS. — Mot latin employé dans le lan-
gage médical comme synonyme de râle (V. ce mot). p. p.
RHUBARBE. — La rhubarbe est une plante de la famille des Polygonées, originaire de la Chine. On la trouve en France à l'ombre des grands bois, on la cultive aussi dans les jardins. Sa tige cylindrique est rameuse au sommet ; ses feuilles très grandes, engainantes, sont divisées chacune en sept lobes très aigus; ses fleurs disposées en panicules sont très nombreuses, petites et jaunâtres; ses fruits sont secs, triangulaires, à angles membraneux; enfin, ses racines, les seules parties de la plante usitées, sont verticales, de la grosseur du bras, avec une coloration jaune plus ou moins prononcée.
Dans le commerce, on trouve la rhubarbe en morceaux différents de forme, de couleur, de densité, suivant la manière de la préparer et le pays qui la fournit. Voici, par ordre de valeur, les quatre variétés principales : la rhubarbe de Perse, la rhubarbe de Moscovie, la rhubarbe de Chine et la rhubarbe de France.
La composition chimique de la rhubarbe étrangère est très complexe. Outre la gomme, l’amidon, le ligneux, etc., propre à tous les végétaux, elle renferme un principe actif, la rhabar burine, qui lui donne une saveur amère, une huile volatile qui lui fournit une odeur peu agréable, du tannin qui la rend astringente et tonique, de l’oxalate de chaux qui augmente sa dureté, de la résine qui préside à ses vertus purgatives, enfin une matière cristalline jaune, désignée par Henry sous le nom d’acide chrysophanique, qui lui communique avec la résine et les sels des propriétés cathartiques évidentes.
Prise aux doses minimes de 20 centigrammes à 1 gramme par jour, à deux ou trois reprises différentes, elle augmente l’appétit, stimule les fonctions de l’estomac, régularise les évacuations alvines et redonne à tous nos organes de la tonicité. Le principe amer, aidé en cela d’autres principes moins importants, lui donne ces vertus toni-stomachiques reconnues très utiles par tous les praticiens. Des doses fortes de 2 à 4 grammes, en une seule fois, produisent une purgation lente et douce, sans coliques bien déterminées, ni dérangement notable.
Cette substance se donne à petites doses dans les mauvaises digestions, les pesanteurs d’estomac, les dyspepsies, les gastralgies atoniques; dans les diarrhées bilieuses, les entérites chroniques, les dysenteries rebelles chez les personnes anémiques, nerveuses ou hypocondriaques. On a recours a elle, comme agent purgatif, toutes les fois qu’il est nécessaire de provoquer des selles demi-fluides, fatiguant le moins possible l’estomac et les intestins. Elle n’est contre-indiquée que dans les états morbides inflammatoires ou pléthoriques et dans les constipations habituelles ; car l’administration prolongée de la rhubarbe (et c’est ainsi qu’on doit la prescrire lorsqu’on veut en obtenir une action curative certaine) finit bientôt par resserrer le ventre au lieu de le relâcher.
La rhubarbe se prescrit en poudre, comme sto-
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machique, aux doses de 20 centigrammes à 1 gramme avant les deux principaux repas. Elle se prescrit encore en poudre, comme purgative, aux doses de 2 à 6 grammes et de la même manière.
Dr Marc. Camboulives.
RHUMATISME. — Le rhumatisme est une affection générale et constitutionnelle. Ses manifestations affectent une prédilection bien marquée pour les séreuses articulaires. Le rhumatisme revêt deux formes différentes, selon qu’il existe à l’état aigu ou à l’état chronique. Ces deux formes diffèrent essentiellement. Nous étudierons donc: l°le rhumatisme aigu; 2° le rhumatisme chronique.
Rhumatisme aigu. — Le rhumatisme aigu estune affection de tous les âges; cependant c’est de 15 à 30 ans qu’on l’observe le plus souvent. On rencontre cette affection dans tous les climats et dans toutes les saisons ; mais elle est plus fréquente dans les climats tempérés, et, d’après Besnier, on l’observe surtout pendant l’été.
On a dit que le rhumatisme se rencontrait surtout chez les gens qui se livrent à des excès de table, à des excès vénériens ou qui mènent une vie trop sédentaire. Toutes ces causes essentiellement banales sont ici fort contestables. Il n’en est pas de même de l 'hérédité, dont tous les auteurs s’accordent à reconnaître l’influence. La cause occasionnelle la plus habituelle est l’action du froid, surtout du froid humide. Sur 52 cas, Bouillaud en trouve 38 qui reconnaissent celte cause. Tantôt le froid agit brusquement sur le corps couvert de sueur et le rhumatisme ne tarde pas à éclater, tantôt il agit d’une façon lente et continue, c’est le cas des individus habitant un endroit humide, une maison construite depuis peu ou un appartement nouvellement replâtré. D’après Verneuil, un traumatisme (entorse, luxation) peut être la cause d’un accès de rhumatisme.
Le début de cette affection est variable. Tantôt, on observe d’abord une fièvre intense et les douleurs n’apparaissent que douze ou vingt-quatre heures après, tantôt, au contraire, le malade éprouve pendant un ou deux jours des douleurs plus ou moins vives avant l'apparition de la fièvre. Le plus souvent les symptômes locaux et les symptômes généraux éclatent en même temps. La température s’élève rapidement jusqu’à 38, 39 et même 40". Le symptôme le plus constant est la douleur. Elle acquiert rapidement une intensité parfois excessive. Elle se montre d’abord, le plus souvent, dans le cou-de-pied, dans les genoux, puis dans les épaules, les poignets ou les coudes. Dans les cas légers, les grandes articulations sont seules atteintes, bans les attaques subaiguës, les articulations des vertèbres, des côtes, de la clavicule, les petites articulations des pieds et des mains peuvent se prendre. La douleur s’exaspère au moindre mouvement et, lorsque l'attaque s’est généralisée, le malade demeure immobile dans son lit, redoutant le moindre mouvement. Les douleurs augmentent souvent pendant la nuit, l’insomnie qui en résulte aggrave encore les soufirances du malade. Les jointures envahies se déforment, les plus superficielles sont le siège d’une tuméfaction spéciale (fluxion blanche
de Trousseau) bien apparente aux poignets et aux doigts. Celte tuméfaction est due à l'infiltration des tissus péri-arliculaires et à l’épanchement de synovie dans l’articulation. Au niveau des parties malades, la peau est chaude; elle conserve sa coloration normale ou présente au contraire une rougeur parfois très vive. Les articulations ne sont pas seules atteintes, le rhumatisme envahit souvent les tendons, les muscles, les bourses séreuses, le tissu cellulaire, etc. La fièvre persiste pendant toute la période d’état. Le pouls oscille entre 90 et 1 00. Les sueurs sont abondantes, elles exhalent une odeur aigre spéciale. Avec les douleurs, on voit apparaître souvent, sur les membres inférieurs, des plaques rouges, saillantes, irrégulières qui portent le nom d 'érrjthème noueux. Le rhumatisant a le visage pâle, ce qui s’explique par la production d’une anémie rapide. Le nombre des globules rouges peut tomber en quelques jours de 4,500,000 par millimètre cube à 2,000,000. 11 existe fréquemment des troubles digestifs.
La durée du rhumatisme aigu est extrêmement variable. Dans les cas peu intenses, sans complicacations, elle ne dépasse guère deux ou trois septénaires. Cependant la durée peut être plus longue. Parfois la douleur se d éplace, passe d’une articulation à une autre pour revenir sur une articulation qu’on croyait guérie. Enfin, lorsqu’il survient des complications, la durée peut dépasser cinq ou six semaines.
Le rhumatisme ne se localise pas seulement sur les séreuses articulaires, il envahit fréquemment les séreuses viscérales.
L 'endocardite, est la plus fréquente de toutes les complications. C’est à Bouillaud que revient l’honneur d’avoir démontré la fréquence de l’endocardite ou de la péricardite dans le rhumatisme. Il a noté cette complication dans la moitié des cas. On l’observe surtout lorsque le rhumatisme est violent et généralisé. Aussi doit-on surveiller le cœur avec le plus grand soin.
La pleurésie est assez fréquente. L’épanchement est plus ou moins abondant. Il présente ce signe particulier d’augmenter et de disparaître brusquement.
Le rhumatisme cérébral constitue la complication la plus redoutable. Sa marche est quelquefois foudroyante. Trousseau rapporte le cas suivant : Un homme alcoolique, atteint de rhumatisme articulaire, est brusquement pris de rhumatisme cérébral. Il s’élance hors de son lit en poussant des cris.
A peine est-il recouché qu’il s’affaisse : il était mort. Cedte forme, hâtons-nous de le dire, est exceptionnelle. Le plus souvent, cette complication est annoncée par des prodromes (céphalalgie, délire, hallucinations, température de 40 et 41°). Si l’on n’intervient pas énergiquement, le malade ne tarde pas à succomber. Quelquefois cette complication suit une marche chronique, le malade devient taciturne, maniaque et finit par guérir.
La fièvre, la douleur, le gonflement des articulations permettent de reconnaître facilement le rhumatisme. Dans certaines, affections (blennorrhagie, scarlatine), on observe des attaques rhumatismales désignées sous le nom de pseudo-rhumatisme.
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Dans ses formes légères, sans complications, le rhumatisme est une affection bénigne; mais il faut toujours surveiller les complications cardiaques qui sont si fréquentes, même chez les enfants, et qui souvent éclatent quelques années après l'attaque rhumatismale.
Quel est le traitement du rhumatisme articulaire aigu? — Le traitement du rhumatisme aigu comporte l’emploi de moyens hygiéniques d une médication locale et d’une médication générale.
1° Moyens hygiéniques. — Le froid étant une des causes les plus fréquentes de rhumatisme, on devra s’y soustraire autant que possible. On évitera donc les brusques variations de température, qui résultent souvent, de l'évaporation rapide des sueurs, en portant de la flanelle. On n'habitera pas des chambres humides et sombres. On couchera dans des draps bien secs. En un mot, on évitera soigneusement le froid et surtout l’humidité.
2° Médication locale. — Les moyens locaux consistent en révulsions, en frictions ou applications de topiques calmants, en injections souscutanées. L’application sur les articulations malades d emplâtres de thapsia Le Perdriel ou de vésicatoires Albesyeyres, suivant les cas, constitue la médication révulsive préconisée surtout par Lorain, Lasègue et Fernet. On a proposé, pour calmer les douleurs, un nombre considérable de pommades et d’onguents composés des substances lesplus diverses et souvent les plus étranges. Parmi ces formules, il en est peu qui méritent d'être rete- | nues (baume opodeldoch, de Fioraventi, baume
I Tranquille , liniments laudanisés et chloroformés, etc.). On a souvent recours aussi, pour cali mer les douleurs, aux applications de papier | Fayard et Blayn et de papier Wlinsi. Nous ne dii rons rien des injections sous-cutanées d'eau ordi- I naire ou d’une solution phéniquée essayées par üieulafoy, à l’exemple des allemands, parce qu’elles ne sont pas entrées dans la pratique.
3° Médication générale. — Diverses médications générales ont été conseillées dans le traitement I du rhumatisme articulaire aigu. Sydenham, Brous-
I sais et en dernier lieu Bouillaud ont vanté la médication antiphlogistique (saignées répétées et le tartre stibié), mais elle a été abandonnée, d'abord H parce qu’il n'est pas démontré qu’elle diminue la
I longueur et l’intensité de la maladie; puis, parce que, comme l’a fort bien prouvé Gubler, le rhumatisme est par lui-même une maladie anémiante. Une autre médication très vantée par Briquet,
Iet bon nombre de médecins, est la médication antifébrile qui consiste dans l'emploi du sulfate de quinine (capsules Pelletier) à la dose de 2 à ■ i grammes par jour. Sous l'influence de ce médi- | cannent, on voit presque toujours la douleur se | calmer et la fièvre diminuer d'intensité. 11 est un
(autre médicament plus récent, qui produit des effets merveilleux et a relégué la quinine au se- | coud plan, c’est le salicylate de soude. Dans le
Irluimatisme d’intensité moyenne, on doit administrer de 4 à 6 grammes par jour, si la fièvre et les douleurs persistent, on pourra donner jusqu’à 8 et | fü grammes. 11 est important d'avoir une solution I exactement dosée, nous recommanderons particu- DlCTIONN'AIRE populaire UE Médecine usuelle.
liôrement la solution Clin. On attribue à la médication salicylée les complications qui peuvent se produire dans le cours du rhumatisme. C’est une erreur, le salicylate de soude, administré même à haute dose, ne produit que des bourdonnements de tête, quelques vertiges, mais ces symptômes n’ont aucune gravité. On ne devra jamais admi uistrer de salicylate de soude à un malade atteint de néphrite parenchymateuse (V. ce mot). Dans les cas de rhumatisme musculaire (lumbago) on aura recours de préférence aux moyens locaux énumérés plus haut. Si les douleurs ne cèdent pas au salicylate de soude, on fera prendre de l’opium ou du chloral (chloral perlé Limousin). Dans les cas de rhumatisme cérébral, s’accompagnant d’une température de 40, 41° et au-dessus, on appliquera sans hésitation la méthode réfrigérante. Le malade sera placé dans un bain à 25 ou 30° qu’on refroidira en y ajoutant de l’eau à la température de la chambre. La durée du bain doit être environ de vingt minutes. 11 sera renouvelé chaque fois que la température remontera.
Rhumatisme chronique. — Le rhumatisme chronique diffère essentiellement du rhumatisme aigu. Le plus souvent il est chronique d’emblée. La plupart des causes qui ont été signalées plus haut se rencontrent dans l’étiologie du rhumatisme chronique. La plus importante est l’action prolongée du froid. Les pauvres sont plus fréquemment atteints que les riches. Les femmes y sont plus exposées que les hommes. C’est de 40 à 60 ans que s’observe surtout le rhumatisme chronique.
Cette affection se présente sous différentes formes : la plus importante est le rhumatisme noueux. Il nous faut citer aussi le rhumatisme chronique simple et le rhumatisme chronique des phalanges.
Rhumatisme noueux. — Les malades éprouvent d’abord des douleurs dans les petites articulations. A certains moments ces douleurs s’exaspèrent et on observe des déformations au niveau des articulations malades. Ces déformations caractéristiques sont dues au gonflement des têtes osseuses, aussi elles présentent une grande dureté et elles sont très persistantes. Le rhumatisme noueux envahit les articulations des pieds, les coudes, les épaules et parfois même finit par se généraliser. Dans les cas graves, ces déformations entraînent une impotence absolue. Le malade finit par succomber à une complication (péricardite, albuminurie, phthisie pulmonaire). Dans certains cas, les déformations s’arrêtent, diminuent même; mais elles ne disparaissent que rarement.
Rhumatisme chronique simple (arthrite sénile ). — Cette forme affecte surtout les grandes articulations (genou, hanche). Le début est chronique d’emblée ou succède à un rhumatisme aigu. Cette forme, souvent indolore, présente des poussées aiguës douloureuses. Les mouvements difficiles s’accompagnent souvent de craquements (arthrite sèche). D’autres fois, il existe des hydarth roses.
Rhumatisme chronique des phalanges ( Nodosités d’ Héberden) . — Cette forme, souvent confondue avec la goutte, est caractérisée par des douleurs au niveau des articulations des doigts. On observe parfois de la rougeur et du gonflement. Au niveau