‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 252 sur 344 · SEI · texte numérisé non relu

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deau épais les arcades sourcilières, de crainte que quelques gouttes du liquide ne glissent dans les yeux. p. l.

SÉDIMENT. — Nom donné aux dépôts qui se forment par la précipitation des substances solides ou liquides qui existent en suspension ou en dissolution dans un liquide, et spécialement dans l’ urine. p. l.

SÉGUIN (vin de). — Le vin de Séguin, dont l’introduction dans la thérapeutique remonte aux premières années du siècle, et qui acquit rapidement une réputation universelle, est une préparation, due au savant pharmacien chimiste G. Séguin, faite avec du vin blanc sec et riche en alcool, contenant, à l’état de dissolution parfaite et constante, tous les alcaloïdes ou principes actifs du quinquina. Depuis cette époque, le vin de Séguin se maintient toujours au premier rang parmi les produits de même ordre et sa réputation n’a pu être amoindrie par la découverte du sulfate de quinine, preuve incontestable de sa puissante valeur thérapeutique comme fébrifuge et comme tonique, qui réalise les vœux des médecins et des malades.

Ce n’est pas du premier coup que G. Séguin est arrivé à préparer le vin auquel il a donné son nom. U s’est livré à de nombreux essais et à de nombreuses recherches, avant de trouver la meilleure formule. 11 a essayé comme dissolvants des principes de quinquina les vins rouges, les vins blancs sucrés et les vins blancs secs, dépourvus de toute matière colorante et sucrée, et il est arrivé à établir les faits suivants confirmés par le professeur Lémery :

1° Les vins rouges épuisent très bien le quinquina, mais ils forment avec lui des tannates, qui, suivant l’expression juste de Bouchardat, sont un contre-sens en thérapeutique ; 2° les vins sucrés doivent être considérés comme des dissolvants inférieurs des alcaloïdes du quinquina, ils n’en dissolvent qu’une très faible quantité; 3° les vins blancs secs et généreux, c’est-à-dire alcooliques, sont les dissolvants naturels du quinquina : le tannin particulier qu'ils contiennent, bien différent du tannin des \ins rouges, favorise la dissolution des principes toniques et fébrifuges du quinquina, au lieu de se combiner avec les alcaloïdes pour les précipiter à l’état insoluble, comme cela arrive pour le tannin et la matière colorante des vins rouges et des vins sucrés.

Comme conclusion logique, G. Séguin adopta pour faire son vin, les vins blancs secs et alcooliques dépourvus de matière colorante et de sucre, comme le madère, et dès 1806, il soumit sa préparation à l'appréciation de la Société Royale de médecine, devenue plus tard l'Académie de médecine, qui, après analyses et expériences multiples d'une commission spéciale, déclara: « lu que le vin fébrifuge de Séguin remplace avec avantage toutes les préparations de quinquina; 2° que sa préparation, toujours constante, procure toujours les mêmes effets, ce qu'on ne peut attendre des espèces variées de quinquina. Us engagent les médecins à faire usage de ce remède, dans tous les cas où ils croiraient devoir employer les préparations de quinquina. »

Près de cinquante ans plus tard, en 1852, dans son Formulaire magistral qui est aujourd’hui à sa vingt-cinquième édition, le professeur Bouchardat, membre de 1 Académie de médecine, écrivait à propos du vin de Séguin: « Ce vin contient tous les principes actifs du quinquina et se conserve indéfiniment; il est d une administration facile. Je l’ai employé très souvent comme fébrifuge et avec un succès constant. Il est surtout très utile pour empêcher le retour des fièvres intermittentes sujettes à récidive (100 gram. par jour). C’est un tonique très puissant, à la dose de 20 gram., avant le repas, il facilite la digestion. »

Cette opinion de Bouchardat a été confirmée de tous les points par une foule de professeurs, de médecins des hôpitaux et de praticiens, entre autre par Briquet, le savant médecin de la Charité, membre de l’Académie de médecine, dans son remarquable Traité du quinquina, où il déclare que « les sels de quinine se maintiennent en solution parfaite dans le vin de Séguin et que cette préparation constitue un des meilleurs fébrifuges ».

Levin de Séguin agit comme fébrifuge et comme tonique. Si son action fébrifuge est moins rapide que celle du sulfate de quinine, elle est aussi certaine; et de plus, cette préparation a le sérieux avantage de ne pas irriter les voies digestives. Comme tonique, il fortifie les organes digestifs, stimule l’appétit, facilite la digestion et ranime les forces générales.

En vertu de son action fébrifuge, il est indiqué dans les fièvres intermittentes, les fièvres continues, adynamiques ou malignes, les fièvres pernicieuses, la fièvre typhoïde, dans les diarrhées consécutives aux dysenteries, dans le choléra, etc.

Comme tonique, il trouve son application dans la convalescence des maladies aiguës, dont il abrège sensiblement la durée, dans l’anémie, la chlorose et leurs conséquences: névrose, migraine, névralgies, leucorrhée, inappétence, dyspepsie, etc.

Le vin de Séguin, à la mort de son inventeur, a été préparé pendant plusieurs années par il. J. Lefort, de l’Académie de médecine; il l’est aujourd'hui par son successeur, M. Suran, ancien interne des hôpitaux, un des pharmaciens les plus estimés de Paris. Ce vin est d’une amertume franche et nette, mais qui devient bientôt agréable. Cette amertume, du reste, est la preuve absolue de la richesse de la préparation en alcaloïdes du quinquina. La dose quotidienne comme fébrifuge varie de 6 à 12 cuillerées à soupe en plusieurs fois, et cette dose doit être continuée pendant plusieurs jours après la disparition de la fièvre. Comme tonique, un demi-verre à bordeaux avant chacun des principaux repas suffit. Dr L. Saint-Antonin?

SEIGLE. — Le seigle est une des céréales les plus employées dans l’alimentation des classes pauvres pour lesquelles le froment est trop cher. On en consomme beaucoup dans les campagnes de Belgique, de Hollande, de Prusse, de Russie, et dans certaines contrées de la France.

Voici d'après Payen, la composition immédiate du

seigle :

Amidon 67.65

Matières azotées 12.50

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