‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 256 sur 344 · SEP · texte numérisé non relu

SEP

résultat de l’activité des sens. Toute sensation exige pour se produire, trois actes élémentaires : l'impression , la transmissio7i et la perception. L’impression est transmise par les nerfs aux centres nerveux où s’accomplit la perception. On distingue les sensations vraies et les sensations fausses. Les premières sont produites par un objet rcel. les seconds résultant d’une affection de l'organe des sens ou des nerfs servant à transmettre l’impression, ou des centres nerveux qui la reçoit. C’est ainsi que certaines affections de l'oreille, par exemple, produisent des bourdonnements, et certaines maladies de l’œil donnant lieu à de fausses sensations lumineuses, etc. P. L.

SENSIBILITÉ. — On désigne sous le nom de sensibilité la propriété que présentent certains éléments anatomiques qui, après avoir reçu une impression, la transmettent au centre nerveux où se produit la perception. Ces éléments anatomiques sont les extrémités nerveuses ou papilles nerveuses. La sensibilité est une propriété qui n’existe que chez les animaux. Elle présente des degrés differents selon les diverses parties du corps. La peau et particulièrement celle des extrémités des doigts présente une sensibilité très développée tandis que le. cerveau est insensible. p. l.

SEPTICÉMIE. — On donne le nom de septicémie ou d 'infection putride aiguë à un ensemble de phénomènes généraux graves, rappelant ceux de la fièvre typhoïde et produits par la pénétration dans l’organisme de principes septiques provenant d’une plaie.

La septicémie peut être aiguë ou chronique.

Septicémie aiguë. — Pour un certain nombre de chirurgiens (Gosselin, Vcrneuil), la septicémie aiguë ne serait qu’une fièvre traumatique grave.

Que la septicémie soit aiguë ou chronique, la pathogénie est la même: les éléments anatomiques de la plaie se décomposent et engendrent un poison dontla pénétration dans l’organisme détermine les accidents désignés sous le nom de septicémie. La septicémie s’observe surtout lorsqu’il existe des clapiers anfractueux dans lesquels le pus séjourne et se décompose, à la suite de lésions osseuses, de plaies contuscs, de plaies par armes à feu, de brûlures, etc.

C’est ici le lieu de parler de l’influence capitale que joue dans la pathogénic de la septicémie et des maladies virulentes la pénétration dans le sang de germes infectieux microscopiques, désignés sous les noms de bactéries, vibrions ou microbes.

Ces microbes se présentent sous diverses aspects: ce sont en général des bâtonnets cylindriques, longs de 6 à 12 millièmes de millimètre, des points disposés en chapelets, etc.

Les travaux de Davaine, Coltz, Feltz, Pasteur, ont démontré la présence de ces microbes dans le sang des animaux morts de maladies infectieuses, et aujourd’hui on admet que la septicémie des plaies est engendrée par des germes infectieux ou microbes qui, tenus en suspension dans les mauvais lieux arrivent sur la plaie soit par l’air, soit par les

pièces de pansements, les mains des chirurgiens, les instruments, etc., s’y développent, pénètrent dans le sang et produisent la septicémie.

La vérité de cette hypothèse est prouvée : 1“ par l’absence de la septicémie dans les bons milieux (c’est-à-dire en province); 2° par l’action préservatrice qu’exerce le pansement de Lister qui a précisément pour but de détruire ces microbes et de préserver la plaie de leur contact.

Le cadavre des blessés emportés par une septicémie aiguë se décompose très rapidement, parfois même avant la mort (gangrène foudroyante).

Le sang est noir, poisseux, on y a renconté des bactéries (Davaine), des globules crénelés.

Les viscères (rate, poumons, foie, intestin) sont congestionnés à divers degrés.

Les séreuses (péricarde, plèvre) sont souvent enflammées.

Le caractère anatomique le plus tranché entre la septicémie et l’infection purulente, c’est l’absence d’abcès métastatiques dans la première.

Le début de la septicémie ressemble à celui de la fièvre traumatique, mais les frissons sont plus fréquents, la température s’élève davantage, elle peut atteindre 41 degrés, et au lieu de s’abaisser rapidement, elle persiste avec de légères rémissions matinales.

Le malade présente un état typhoïde : fièvre continue, pouls dur et fréquent (100 pulsations et plus), soif vive, langue chargée, fuligineuse, parfois nausées, vomissements et diarrhée, il est abattu, il souffre de la tète et présente souvent du subdelirium.

La plaie est blafarde, sanieuse, elle est fréquemment le point de départ de lymphangite, d’érysipèle, d’hémorrhagies en nappe, de phlegmons.

Cet état dure de dix à quinze jours, la prostration devient de plus en plus grande et le malade succombe dans le corna; mais l’issue n’est pas- constamment fatale.

La septicémie se distinguera de la fièvre traumatique par sa persistance et sa gravité; la formation d’un abcès, une lymphangite, une phlébite, un érysipèle et même une pleurésie, une pneumonie, etc., produisent des symptômes généraux semblables à ceux de la septicémie ; mais la constatation de l’altération locale éclairera le diagnostic (V. Infection purulente ).

On préviendra le développement de la septicémie en plaçant le malade dans de bonnes conditions hygiéniques, en surveillant avec soin la plaie et en prévenant par des pansements antiseptiques la décomposition putride de ses éléments.

La septicémie développée, on administrera au malade un régime tonique, du sulfate de quinine, on détergera la plaie avec soin, on la débridera si le pus ne s’écoule pas librement, et même on la cautérisera au fer rouge afin de tarir la source du poison.

Septicémie chronique. — (Y. Infection putride .1

Dr Léon Moynac.

SEPTIQUE. — On désigne sous ce nom des matières en voie de putréfaction ou capables de la produire. P. L.

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