‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 258 sur 344 · SEY · texte numérisé non relu

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ulcères qui guérissent d'un côté, tandis qu’ils s’étendent du côté opposé. Us sont étroits, longs et sinueux. Les ulcères syphilitiques affectent souvent la forme serpigineuse. t>. l.

SERRE-FINE. — Nom donné par le professeur agrégé Vidal de Cassis, inventeur, à une petite pince à pression continue, faite avec un fil d'argent et munie de petites griffes. Les branches des serres-fines sont croisées et leurs mors s’écartent lorsqu’on presse sur leur partie moyenne. Les serres-fines sont destinées à rapprocher et à maintenir en contact les lèvres d’une plaie, en vue d’en obtenir la cicatrisation rapide. On ne doit pas les laisser appliquées au delà de vingtquatre à quarante-huit heures, la pression continue qu’elles exercent pouvant entraîner la gangrène de la peau. p. L.

SERRE-NŒUD. — Instrument de chirurgie destiné à obtenir graduellement la section des tissus et à éviter ainsi les hémorrhagies. Il se compose de deux petits tubes dans lesquels passe un fil qui forme une anse à la partie supérieure de l’instrument. La striction s'obtient en faisant un nœud ou une torsion si le fil est métallique. p. L.

SÉRUM. — On désigne sous ce nom le liquide qui reste après la coagulation de la fibrine du sang (V. ce mol), ou de la caséine du lait (V. ce

mot.) P. l.

SÉASMOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à de petits os courts qui se développent dans l’épaisseur des tendons et dont on ignore encore les usages. On trouve des os sésamoïdes. au niveau des articulations des orteils et du pouce. La rotule peut être considérée comme un os sésamoïde volumineux. P. L.

SÉTON. — Longue mèche de charpie, de coton ou de toile, que l’on passe à travers la peau et le tissu cellulaire pour entretenir un exutoire. Pour pratiquer un séton, on prend entre les doigts un large pli de la peau et on le traverse à la base avec un bistouri sur lequel on fait ensuite glisser un portemèche. On peut encore inciser la peau avec l'aiguille à séton. La mèche doit être enduite d’un corps gras. Tous les jours on enlève la partie de la mèche souillée. Autrefois on posait des sétons pour obtenir la guérison des affections les plus diverses, on ne s’en sert plus guère aujourd'hui qu’à titre de révulsifs et on les applique surtout à la nuque pour combattre certaines affections cérébrales chroniques. r. l.

SEVRAGE. — On désigne sous ce nom l’acte par lequel on supprime à l’enfant le sein de sa mère ou de sa nourrice pour lui donner soit du lait de vache, soit d’autres aliments.

Le sevrage peut s’effectuer de deux manières : brusquement ou graduellement. D'une manière générale il vaut mieux sevrer l’enfant graduellement Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

et l’habituer peu à peu aux aliments dont il doit faire usage pendant le cours de sa vie. Le sevrage est donc une période de transition entre deux alimentations différentes, période souvent critique pour les jeunes enfants, si l’on ne sait pas ménager convenablement la transition et choisir le moment opportun.

Du sevrage prématuré. — Certains médecins ne craignent pas de conseiller le sevrage aussitôt après l’apparition des dents incisives. Cette pratique détestable porte un grave préjudice à la santé de l’enfant; on voit, en effet, la mortalité chez les enfants sevrés prématurément atteindre 80 p. 100. Les dangers qu’entraîne le sevrage trop hâtif sont d'autant plus difficiles à combattre que les premiers symptômes sont de nature à tromper l’attention des parents. Pendant les premiers jours, l'enfant privé de lait et nourri de substances féculentes parait se porter à merveille, mais bientôt, dit le docteur J. Simon, son sommeil se trouble, il pousse des cris plaintifs, son ventre se distend de plus en plus, ses selles sont odorantes, grumeleuses. L’enfant diminue de poids, ou tout au moins cesse d’augmenter. Des troubles gastro-intestinaux apparaissent, la dyspepsie, la diarrhée, un amaigrissement rapide surviennent.

Les parents commencent alors à s’inquiéter; un grand nombre d’entre eux cherche à lutter contre cet amaigrissement progressif et pensent fortifier leurs enfants en leur donnant du jus de viande, du vin, etc., alimentation funeste qui aboutit rapidement à l’athrepsie ou au rachitisme. Certaines circonstances, telle qu’une maladie grave de la mère ou de la nourrice, peuvent cependant nécessiter un sevrage hâtif, dans ce cas on doit avoir recours à l’allaitement artificiel (V. Allaitement).

Du sevrage tardif. — 11 ne faut cependant pas continuer trop longtemps l’allaitement, un sevrage trop tardif n’est pas exempt d'inconvénients : il rend les enfants pâles, bouffis et anémiques; on comprend qu'il arrive un âge où l’enfant a besoin d'aliments plus substantiels. Il ne faut donc fins imiter cette mère dont Daffos, médecin deU hôpital des enfants, rapporte l’histoire. Cette dame, redoutant de sevrer son fils, continuait à l’allaiter. Un jour qu’elle appelait cet enfant, alors âgé de trois ans, pour lui donner à téter, il lui répondit : « Ma foi, maman, je n’en veux plus. »

A quel âge doit-on sevrer les enfants ? — Il est difficile de répondre à cette question par un chiffre. Les avis sont d’ailleurs partagés. Certains médecins sont partisans de l’allaitement jusqu'à l’âge de deux ans, c’est-à-dire au moment où l'apparition de la vingtième dent vient compléter la première dentition, d'autres sont d’avis qu’on peut sevrer l’enfant vers le septième et le huitième mois.

Quant à nous, nous pensons avec Archambault, Bouchot, Tarnier, J. Simon, Dé Soyre, et le plus grand nombre des médecins, que le sevrage doit avoir lieu du douzième au dix-huitième mois environ. On doit, d’ailleurs, tenir compte des conditions dans lesquelles se trouve l’enfant. La première condition c’est que l’enfant soit bien portant; s’il est chétif, atteint d'une affection chronique.

Fig. Ü58.

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l'allaitement peut être continué plus longtemps. D’une manière générale on doit attendre que la dentition soit, sinon complète, du moins fort avancée, surtout chez certains enfants lorsque l’évolution dentaire s'accompagne d’accidents plus ou moins graves. On devra encore retarder l’époque du sevrage en cas d’épidémie sévissant sur les enfants du premier âge. On doit profiter pour sevrer les enfants, dit Bouchut, d’un de ces moments de repos qui existent dans la sortie de leurs dents et ne supprimer l’allaitement qu’après l’apparition des canines; il ne reste plus à percer que les quatre dernières molaires qui viennent ordinairement avec une grande facilité et qui permettent de broyer les aliments destinés à remplacer le lait maternel.

Pendant quelle saison faut-il sevrer? — On s’est préoccupé, et avec raison, de l’époque où il convient de sevrer. Sur cette question les opinions diffèrent : Cazeaux préfère l'été parce qu’on peut, ditil, en cette saison, sortir les enfants et leur procurer ainsi des distractions; Trousseau, au contraire, indique l’hiver.

Nous nous rangeons à l’avis de l’illustre médecin des enfants et nous pensons qu’on ne doit pas, à moins de nécessité absolue, sevrer pendant les grandes chaleurs à cause des affections intestinales qui sont alors si fréquentes et parfois si graves chez les enfants. C’est une saison souvent fatale pour les jeunes enfants et pendant laquelle on doit leur conserver l’allaitement comme une précieuse ressource. Il faut choisir le commencement du printemps, la fin de l’automne ou l’hiver, c’est-àdire une époque où l’on est le moins exposé aux brusques changements de température.

Du sevrage progressif. — En somme, le sevrage doit être progressif. Avant de sevrer un enfant, il est nécessaire de l’habituer à prendre des aliments qui remplaceront plus tard le lait maternel. Jusqu’à six mois, l’alimentation se composera de lait et seulement de lait; à partir de six mois, on donnera à l’enfant, une fois, puis deux fois par jour, delà bouillie préparée soit avec la farine lactée de Nestlé, recommandée par Monod, Meyer, Gallois, Parrot, Archambault, etc., soit avec la farine Morton, préconisée par de Pietra Santa, Brochard, Bouchut, etc., soit encore avec la semouline , qui, elle aussi, réunit l’adhésion de nombreux médecins. Ces produits spéciaux, agréables au goût, et pris avec plaisir par les enfants, sont bien préférables aux soupes maigres, aux panades, etc. A un an, le lait entre encore pour la plus large part dans l’alimentation de l’enfant. On y ajoutera chaque jour un œuf, du bouillon de poulet, des potages gras au tapioca ou à l’arow-root. Dès le seizième mois, on essaiera de lui donner de temps en temps, du jus de viande, du poisson, des viandes hachées et un peu d’eau rougie; mais on lui interdira encore les légumes verts et les fruits. A partir de deux ans, époque à laquelle la dentition est généralement complète, les enfants se nourrissent de substances de plus en plus nutritives. J. Simon conseille de leur faire prendre alors quatre petits repas par jour : le matin on leur donnera une bouillie ou une soupe; vers onze heures, un potage, un œuf, un peu de viande en purée; à trois heures,

une tasse de lait; e soir, vers six ou sept heures, un potage gras ou maigre. On ne saurait trop insister sur l’importance de régler l’heure des repas.

Comment doit-on opérer le sevrage? — Lorsque l’enfant se trouve dans les conditions voulues et que le moment du sevrage est arrivé, on doit commencer par cesser l’allaitement de la nuit; on habitue l’enfant à prendre du lait de vache ou une petite bouillie avec de la farine lactée de Nestlé , de la Farine Morton ou de la semouline. Quand il est suffisamment accoutumé à ces aliments, on cesse alors complètement de lui donner à téter et on le confie pendant quelques jours à une nourrice sèche. Souvent, il s’agite, il crie, mais il faut savoir lui résister et, au bout de peu de jours, il est complètement déshabitué du sein. Lorsque le sevrage est opéré par la nourrice elle-même, il arrive que certains enfants s’attachent obstinément au sein de leur nourrice et refusent toute nourriture. Dans ce cas il suffit d’étendre sur le mamelon une solution d’aloès, de gentiane ou de quelque substance amère, mais inoffensive, dont la saveur désagréable dégoûte l’enfant et l’éloigne pour toujours du sein de sa nourrice.

Quels sont les accidents du sevrage ? — Le sevrage constitue une période pendant laquelle les enfants sont fréquemment atteints de troubles digestifs. Ces troubles sont dûs à l’inflammation des voies digestives résultant de l'ingestion d’aliments trop substantiels ou de l’usage des gâteaux et des pâtisseries qu’il faut absolument proscrire de l’alimentation des enfants. Les troubles digestifs produits sous l’influence du sevrage se présentent avec les mêmes symptômes que ceux qu’on observe dans les autres périodes de la première enfance et sont justiciables des mêmes moyens thérapeutiques. Certains enfants commencent par refuser obstinément les aliments qu'on leur présente; il faut savoir leur résister et, on ne tarde pas à les voir accepter des aliments qu’ils repoussaient tout d’abord. Enfin, il existe chez quelques enfants, dit Lorain, une sensibilité précoce qui rend dangereux l’éloignement de la nourrice et les expose ainsi à une tristesse, à des cris, à un état de marasme qui peut se terminer fatalement. Sans nier, d’une façon absolue, l’existence de cas semblables, nous pensons qu’ils sont beaucoup plus rares qu’on a voulu le dire.

Quels soins faut il donner aux nourrices après le sevrage ? — Aussitôt après le sevrage, les seins deviennent généralement le siège d’un engorgement douloureux, donnent lieu à un écoulement de lait plus ou moins abondant et qui persiste pendant un temps variable. Quelques femmes perdent l’appétit et présentent un léger mouvement fébrile. Ce n’est que dans des cas exceptionnels que la sécrétion lactée cesse en même temps que l’allaitement. La nourrice doit, aussitôt après le sevrage, diminuer graduellement la quantité d’aliments et de boissons quelle prenait habituellement. L’engorgement douloureux des seins peut donner lieu a des abcès. Pour éviter cette complication, la nourrice devra recouvrir ses seins d’une feuille d'ouate, les maintenir élevés et y exercer, à l’aide de bandages, une certaine compression. On a recommandé de pratiquer des onctions sur les seins avec un lini-

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