‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 259 sur 344 · SIG · texte numérisé non relu

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ment camphré on, d’après le docteur Coutenot, avec de l'huile de chénevis, qui jouirait de remarquables propriétés anti-laiteuses. On a également conseillé l’usage de certaines tisanes telles que l’inlusion de pervenche, la décoction de chiendent nitré, la décoction de canne de Provence.

Dans les cas où la mort subite de l’enfant force la mère à supprimer brusquement l'allaitement, il est utile de désemplir les seins à l’aide de la succion. Enfin, si la sécrétion lactée et l’engorgement des seins, persistent la nourrice devra se purger une ou deux fois, à huit jours d’intervalle, avec 60 grammes de citrate de magnésie, ou 30 grammes d’huile de ricin ou avec de l’eau de Rubinat.

Nous ne parlerons pas ici des nombreuses tisanes, dites anti-laiteuses, dont l’usage est si répandu à la campagne; ces moyens, d'une efficacité douteuse, servent surtout à calmer les craintes imaginaires d’un certain nombre de- femmes qui, imbues de vieux préjugés pieusement transmis d'àge en âge, ne redoutent rien tant que les dangers d'un lait répandu.

Enfin, comme après le sevrage, les nourrices présentent un certain degré d'anémie, due aux fatigues d’un allaitement plus ou moins prolongé, il convient de combattre cet état d’épuisement par des moyens appropriés. Nous conseillerons, avec Bouchut, le séjour à la campagne, aux bords de la mer. Le quinquina, l’arséniate de soude, les toniques et les ferrugineux seront employés avec SUCCès. Dr A.-L. Labarthe, père.

SIALAGOGDE. — Nom donné aux diverses substances alimentaires ou médicamenteuses qui ont la propriété de provoquer et d’augmenter la sécrétion de la salive. p. l.

SIALORRHÉE. — Synonyme de Saliualion (V. ce

mot). p. l.

SIBILANT. — Nom donné par les médecins à une variété de râle (Y. ce mot). p. l.

SIGMOÏDE. — N om donné par les anatomistes : 1° à certaines cavités en échancrures, dont ia forme rappelle celle de la lettre grecque ü (sigma), telles que les cavités articulaires de l’extrémité supérieure du cubitus (Y. Cubitus)-, 2° aux valvules ou replis, au nombre de trois, situés à l’origine de l’aorte et de l’artère pulmonaire (V. Cœur.) p. l.

SIGNE. — On donne, en pathologie, le nom de signe, à tout phénomène apparent ou caractère permettant de reconnaître la nature de la maladie. On distingue différentes sortes de signes: les signes diagnostics qui permettent de reconnaître la nature de l’afi’ection ; les signes pronostics qui servent à présager sa terminaison ; les signes sensibles qui sont ceux que nous apprécions à l’aide de nos sens; les signes fonctionnels dus à un trouble produit dans les fonctions d’un organe; les signes physiques résultant d'une altération d’un organe. Les Signes sont dits pathognomoniques quand ils permettent de reconnaître d’une manière certaine la nature de la maladie. Ainsi la mobilité anormale

dans les fractures, les crachats rouillés dans la pneumonie, les graviers dans la gravelle, sont des signes pathognomoniques. L’étude des signes constitue la séméiologie (V. ce mot). p. p.

SILICATE. — Nom donné par les chimistes aux sels résultant de la combinaison de l’acide silicique et d'une base. Le seul silicate employé en médecine est le silicate de potassium. Il se présente sous la forme d’un liquide grisâtre, gélatineux, sèche rapidement à l’air et acquiert une grande dureté. On s’en sert pour enduire les bandes de toile destinées à faire des appareils inamovibles que l’on applique autour des membres dont les os sont fracturés. p. l.

SILICE. — Nom donné par les chimistes à un oxyde métallique regardé généralement comme un acide (acide cilicique). C’est un corps très répandu dans la nature qui, à l’état pur, se présente sous forme d’une poussière fine et blanche, presque insoluble dans l’eau. La silice constitue le cristal de roche; elle entre dans la composition du silex ou pierre à fusil, de la pierre meulière, du grès, de l’agate, de l’opale, etc. Elle se combine avec les bases pour former des silicates. On utilise la silice dans l’industrie pour la fabrication des ciments, des verres et des poteries. Elle est inusitée en médecine, mais elle sert à filtrer les eaux. p. l.

SIMPLES. — Nom donné par le vulgaire aux plantes médicinales, et aussi à tout médicament végétal non composé. p. L.

SIMULATION. — Médecine légale. — Nom donné en médecine légale à l’action de simuler une maladie que l’on n'a pas. Une maladie simulée est donc celle que l’on feint d’avoir.

La simulation joue un grand rôle en médecine légale, dit Legrand Du Saulle. On simule une maladie pour exciter la compassion, pour s’affranchir des devoirs civils, comme ceux de tuteur, de témoin, de juré, pour éviter la responsabilité légale de certains délits ou de certains crimes.

Simulation devant les Conseils de révision. — La simulation joue également un grand rôle parmi les conscrits ; il ne se passe pas d’année où les conseils de révision n’en rencontrent un certain nombre qui simulent des maladies pour se soustraire au service militaire. Aussi croyons-nous devoir reproduire ici les articles de la loi du 27 juillet 1872, sur le recrutement militaire, qui visent la simulation ou la provocation d’une maladie dans le but de se soustraire au service militaire :

Législation. — Loi du 27 juillet 1872 sur le recrutement de l'armée. — Art. 63. — Tout homme qui est prévenu de s’être rendu impropre au service militaire, soit temporairement, soit d’une manière permanente, dans le but de se soustraire aux obligations imposées par la présente loi, est déféré aux tribunaux, soit sur la demande du Conseil de révision, soit d'office, et s'il est reconnu coupable, il est puni d’un emprisonnement d’un mois a un an.

Sont également déférés aux tribunaux et punis de la même peine les jeunes gens qui, dans l'intervalle de la clôture de la

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liste cantonale 'a leur mise en activité , se sont rendus coupables du même délit.

A l’expiration de leur peine, les uns et les autres sont mis a la disposition du ministre de la guerre pour le temps qu’ils doivent à l’r,tat, et peuvent être envoyés dans une compagnie de discipline.

La peine portée au présent article est prononcée contre les complices. Si les complices sont médecins, chirurgiens, officiers de santé ou pharmaciens, la durée de l’emprisonnement est de deux mois a deux ans, indépendamment d’une amende de 200 à 1,000 francs, qui peut être aussi prononcée et sans préjudice de peines plus graves, dans le cas prévu par le Code pénal.

Art. 04. — Ne compte pas pour les années de service exigées par la loi le temps pendant lequel un militaire a subi la peine de l’emprisonnement en vertu d’un jugement.

Code de justice militaire ( Loi du 9 juin 1857). — Art. 262. — Est puni d’un an a quatre ans d’emprisonnement tout médecin militaire qui, dans l’exercice de ses fonctions et pour favoriser quelqu’un, certifie faussement ou dissimule l’existence de maladies ou d'infirmités. 11 peut en outre être puni de la destitution. S’il est mû par des dons ou promesses, il est puni de la dégradation militaire. Les corrupteurs sont en ce cas puni de la même peine.

Instructions du Conseil de santé des armées du 27 février 1877. — Voici maintenant, d’après les instructions du Conseil de santé des armées, ce qu’il est important que les médecins et les soldats, sachent, relativement à l’examen médical des recrues, surtout au point de vue des maladies douteuses simulées ou provoquées.

Le médecin militaire doit toujours se tenir en garde contre la simulation de la part des jeunes gens appelés soumis à son examen devant le Conseil de révision et même des hommes sous les drapeaux qui cherchent ou à s’exempter d’un service, ou à obtenir une réforme.

Les règles suivantes peuvent guider le médecin dans l’appréciation des maladies simulées.

Une maladie ou une infirmité étant accusée par un appelé ou par un soldat, le médecin, doit avant tout, s’assurer si elle est de nature à être simulée; c’est le point de départ obligé de tout examen ultérieur. 11 fondera ses présomptions sur les rapports qui peuvent exister entre la maladie supposée et les conditions physiologiques, les occupations habituelles, l’habitation du sujet examiné, il dirigera ses interrogations et ses explorations dans le même sens.

Les maladies provoquées présentent rarement des signes qui puissent indiquer leur origine. Elles ne peuvent, en général, être reconnues que lorsqu’elles sont récentes : dans le cas douteux, le médecin rapprochera les caractères qu’elles présentent de l’état général du sujet, de ses conditions habituelles d’existence, et des motifs qui ont pu déterminer ses actes.

Lorsque l’infirmité ne révèle pas la réalité de son existence par des altérations qu’elle a pu apporter, soit à l’état de santé, soit à la conformation générale du sujet, et qu'il reste du doute dans son esprit, le médecin en fait part au Conseil de révision, qui peut prendre en considération les certificats des autorités locales, le témoignage des maires qui sont présents, celui des jeunes gens qui ont connu de près l’individu qui se dit impropre au service. Si ces attestations font défaut, ou que le mé-

decin ne se trouve pas suffisamment éclairé, il peut, sans se prononcer contre l’inaptitude, demander que la décision du Conseil soit remise pour lui permettre un examen plus complet.

Comme il importe de se tenir en garde contre la fraude, et que l’on ne saurait se livrer à des investigations trop scrupuleuses, c’est dans ces cas douteux et parfois très embarrassant, même pour les médecins les plus expérimentés, que le Conseil de révision pourrait user du droit de délai que lui accorde la loi, et autoriser le médecin qui assiste à ces opérations, à suspendre son appréciation jusqu’à un plus ample examen qui aurait lieu dans une séance spéciale, au chef-lieu du département, avant la clôture des opérations; et dans cette circon- stance le médecin pourrait obtenir de rechercher l’opinion, à titre consultatif, d’un autre médecin.

Ce mode de constatation offrirait en quelque sorte une double garantie aux intéressés et diminuerait d’autant la responsabilité morale du médecin expert.

Du reste, à leur arrivée au corps, les hommes appelés qui ont des infirmités ou des affections qui paraissent exagérées, provoquées ou simulées, sont présentés ultérieurement devant la commission spéciale de réforme, qui juge si leurs infirmités sont reconnues réelles et paraissent incompatibles avec le service militaire.

Affections le plus ordinairement alléguées, simulées ou provoquées devant les conseils de révision. — Les affections le plus souvent alléguées, simulées ou provoquées sont les suivantes : aliénation mentale sous toutes ses formes, la manie , la monomanie et la démence ; le ver lige, l’ épilepsie , la chorée, les spasmes, les convulsions, le somnambu- ' lisme, la nostalgie, la teigne faveuse, Y alopécie, la mentagre, le pemphigus, le psoriasis, la cyanose , les ulcères, les phlegmons, la fétidité de la transpiration cutanée, la paralysie de la paupière supérieure, le blépharospasme, le strabisme, la diplopie, la blépharite, la conjonctivite , la kératite, Y héméralopie, la myopie , la presbytie, Yarnbliopie, Yamaurose, la surdité, Yotorrhée, la surdi-mutilé, l 'épis- \ taxis, Yozène, les polypes du nez, la perte et destruction volontaire des dents, le bégayement, la mutilé , . Y aphonie, la fétidité de l'haleine, le goitre, le torti- < colis, Y asthme, Yémoplysie, la phthisie pulmonaire, j les palpitations, les varices (aggravées ou provo quées), la dysphagie, la dyspepsie, les vomissements | provoqués, Y hématémèse , la tympanite, Y engorgement des viscères abdominaux, les hémoi rhoïdes, la chute du rectum, la fistule de l'anus, Yhéma- i turie, les calculs urinaires, Y incontinence d'urine, j la spermatorrhée (alléguée), le varicocèle, Y hydrocèle, Ycmphysème du tissu cellulaire, du scrotum, les hernies, la cryptorchidie , la contracture des membres , les déviations du rachis, Y ankylosé, la claudication, la paralysie (hémiplégie, paraplégie), le tremblement musculaire , Y œdème des membres, le chevauchement des orteils, les orteils en marteau, Y ongle rentré dans les chairs, etc.; et parmi les maladies générales : la scrofule, la gly- j cosurie, Y ictère, l'embarras gastrique, un accès de fièvre intermittente , une exagération de faiblesse de constitution ou de débilité générale.

On a proposé l’emploidediversagenls, tels que les anesthésiques, pour déjouer la ruse et reconnaître la situation de certaines affections. Mais, tout en reconnaissant l’importance de cet élément de diagnostic, des motifs de haute convenance et les dangers qui y sont inhérents ne peuvent en autoriser l'usage devant les conseils de révision. On doit ne se servir que des procédés qui sont exempts de dangers, tels que l’exploration à l’aide d’instruments spéciaux : i’ophthalmoscope, l’échelle typographique, les verres gradués, l’optomèlre, le stéthoscope, les spéculums, les algalies, les sondes, etc.

l)r Paul Labarthe

SINAPISME. — On peut définir le sinapisme un cataplasme rubéfiant dont le principe actif est la farine de moutarde. Pour faire un sinapisme, on mélange 200 grammes environ de farine de moutarde avec de l’eau à 30 ou 40°. On peut appliquer des sinapismes sur toutes les parties du corps, sauf sur la face. On doit les laisser en place environ un quart d’heure ou une demi-heure. Ce temps est d'ailleurs variable et dépend de la sensibilité de la peau. Chez les malades qui ont perdu connaissance, on surveillera l’action des sinapismes avec soin; on les enlèveradès que la rougeur sera jugée suffisante. En aucun cas on ne doit les laisser plus d’une heure. Lorsque les sinapismes seront retirés, il faut laver la peau avec de l'eau tiède.

On a imaginé de préparer d’avance des sinapismes. Pour cela on a étalé une couche de farine de moutarde, privée de son huile, à la surface d’un papier épais préalablement enduit d’une solution de caoutchouc dans un mélange de pétrole et de sulfure de carbone. Ces sinapismes ont l’avantage de se conserver longtemps. Il suffit pour en taire usage, de les tremper dans l’eau froide ou tiède et de les appliquer sur la peau en les fixant à l’aide d’un mouchoir ou d’une serviette. Les sinapismes sont surtout employés comme révulsifs et comme dérivatifs; on s’en sert quelquefois dans le but de provoquer une excitation générale. r. L.

SINCIPUT. — Nom donné par les anatomistes au sommet de la tète, appelé aussi vertex. p. i,

SINUS. — Nom donné par les anatomistes à diverses cavités dont l’intérieur est plus évasé que l’entrée. Les sinus sont tantôt vasculaires comme les sinus de la dure-mère qui contiennent du sangveineux, tantôt limites par des parois osseuses comme le sinus maxillaire et le sinus frontal, p. l.

• SIPHON. — On donne ce nom à des appareils spéciaux destinés à la fabrication des eaux de table gazeuses. Ces appareils sont trop connus pour que nous en donnions ici une description détaillée.

Les eaux gazeuses fabriquées à l’aide des siphons, sont appelées eaux de sellz artificielles. Cette dénomination est tout à l’ait impropre, car les eaux de seltz naturelles des sources minérales du duché de Nassau, contiennent du sulfate de soude, du chlorure de sodium, des carbonates de soude, de chaux et de magnésie, tandis que l’eau de seltz artificielle est tout simplement de l’eau naturelle

ordinaire contenant une quantité plus ou moins forte d’acide carbonique.

Les eaux de seltz préparées d’avance, que l’industrie livre au public dans des siphons, ont plusieurs inconvénients, lion nombre de fabricants peu scrupuleux livrent en effet à la consommation, au grand détriment de la santé publique, des eaux fabriquées avec des eaux de rivières ou de petits cours d’eaux, la plupart du temps non filtrées, presque toujours impures, souillées par les infiltrations du sol des latrines, des égouts, par les résidus des fabriques, etc., qui peuvent, par suite avoir une influence énorme sur la production de la dysenterie, du choléra, etc. De plus, les siphons dans lesquels on les renferme ont souvent leur armature et leur tube central, qui, au lieu d’ètre en étain fin, sont faits d’un alliage contenant des proportions plus ou moins considérables de plomb, ce qui expose à des dangers d’empoisonnement par ce métal, dangers d’autant plus grands, dit avec raison le professeur Fonssagrives, qu,e l’eau de seltz, très chargée d’acide carbonique, dissout le plomb avec une certaine facilité. Enfin, l’usage de l’eau de selt/ trop chargée d’acide carbonique, sous une pression habituelle de 7 atmosphères, au lieu de stimuler l’estomac et de faciliter la digestion, amène comme le fait remarquer l’éminent professeur d’hygiène Bouchardat, « du météorisme, une distension exagérée de l’estomac, qui ne sont pas indifférents pour la santé. »

L’usage de l’eau de sellz du commerce, préparée • d’avance en siphons , est donc généralement mauvais et souvent dangereux. Lorsqu’on veut boire de l’eau de seltz, il vaut infiniment mieux la préparer soi-même quelques instants avant les repas. Pour cela on se servira d’appareils en verre avec armature en étain pur ou en nickel, et tube en verre, et on n’emploiera que de leau de source très pure et préalablement bien filtrée. On lait réagir de l’acide tartrique sur du bicarbonate de soude, isolés de l’eau, laquelle ne contient par conséquent que du gaz acide carbonique.

Les proportions pour un litre d’eau sont : 12 grammes d’acide tartrique et 16 grammes de bicarbonate •de soude. L’eau de seltz ainsi obtenue est loin d’être surchargée de gaz comme les siphons du commerce , et n’offre aucun des inconvénients que nous leur avons reprochés. Dr Paul Labarthe.

SIRÉNOMÈLE. — Nom

donné par les tératologistes à une variété de monstre caractérisé par la fusion des deux membres abdominaux terminés en moignon ou en pointe. r. L.

SIROP. — Les sirops sont des médicaments liquides, de consistance visqueuse, formés par une

Fig. 1159.

Monstre sirénomèle.

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