‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 269 sur 344 · STO · texte numérisé non relu

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STÉTHOSCOPE. — Nom donné à un instrument en bois, composé d’un cylindre creux, d'une longueur de 15 centimètres environ, terminé à sa partie inférieure par une ouverture évasée en forme de cornet, et a sa partie supérieure par une plaque arrondie, perpendiculaire à son axe. Le stéthoscope est employé en médecine pour pratiquer l’auscultation. Lorsqu’on veut en faire usage, on place la partie inférieure sur la région que l’on veut ausculter, tandis que l’oreille est appliquée sur la plaque de la partie supérieure (V. Auscultation). p. l.

STIBIÉ (tartre). — (V. Émétique).

STIMULANT. — On donne, en thérapeutique, le nom de stimulant à des médicaments qui ont la propriété d'exciter plus ou moins promptement, et d’une manière manifeste les divers systèmes de l’économie. Les médicaments stimulants se divisent en diffusibles et non diffusibles.

Les stimulants diffusibles ont une action prompte et de courte durée, ce sont les camphres, les éthers, les vins, les alcools et les liqueurs. Ils agissent si rapidement et si fortement sur le cerveau qu'il suffit parfois de doses moyennes pour amener la congestion sanguine vers la tête et un état morbide particulier désigné sous le nom d’ivresse.

Les stimulants diffusibles ont une action plus lente, mais toujours plus durable. Ils n’agissent jamais aussi fortement sur l’encéphale et ne provoquent point, même à de hautes doses, l’état d’ivresse que je viens de mentionner. Ils sont excessivement nombreux. Leur indication est marquée toutes les fois que l’organisme affaibli par une maladie quelconque a besoin d’un excitant pour relever les forces abattues. Les principaux sont: l’anis, l’angélique, le fenouil, la coriandre, la mélisse, la menthe, l’hysope, la germandrée, le lierre terrestre, la sauge, le romarin, le thym, le raifort, le cresson, la camomille, l’arnica, la vanille, le gingembre, la muscade, le girofle, la cannelle, le phosphore et ses composés, le piment, la myrrhe, le café, le thé, le coca, le cacao, l’oxygène, etc. (V. ces mots. ) p. l.

STOMACHIQUE. — On donne le nom de stomachique à certains médicaments qui jouissent de la propriété d'exciter l’action digestive de l’estomac. Parmi ces médicaments, les plus usités sont : le quinquina, la gentiane, la centaurée, elc. p. l.

STOMATITE. — On donne le nom.de stomatite à l’inflammation de la muqueuse buccale. On en décrit généralement plusieurs espèces : 1° la Stomatite érythémateuse ; 2° la Stomalite aphteuse; 3° la Stomatite crémeuse; 4° la Stomatite mercurielle ; 5° la Stomatite ulcèro-membraneuse ; 6° la Stomatite gangréneuse.

1° Stomatite érythémateuse. — C’est la plus simple et la plus fréquente. On l’observe à tout âge. Elle reconnaît, le plus souvent, pour causes : la dentition, la carie dentaire, les dents artificielles, l’ingestion de liquides trop chauds ou trop froids, l’abus du tabac, une alimentation trop épicée. Elle est un symptôme habituel des troubles digestifs.

La stomatite peut se limiter aux gencives {gingivite), au voile du palais ( palatite ), à la langue (glossite). Elle s’annonce par de la chaleur, de la sécheresse et de la douleur, surtout pendant la mastication. La muqueuse est rouge, les papilles et les glandes sont tuméfiées; elle est le siège d’érosions très douloureuses. Le rebord alvéolaire des gencives est souvent ulcéré.

La stomatite érythémateuse est généralement de courte durée, mais les récidives sont fréquentes.

Les soins de propreté constituent la partie la plus importante du traitement. On se servira, en outre, de collutoires à l’alun, au borax et au chlorate de potasse, on fera usage des pastilles de Dethan au chlorate de potasse, des pastilles de Palangié au chlorate de potasse et au goudron, des pastilles Vigier au borate de soude, etc.

2° Stomatite aphteuse.— (V. Aphte.)

3° Stomatite crémeuse. — (V. Muguet.)

4° Stomatite mercurielle. — Elle débute généralement, d’après Ricord, près de la dernière molaire du côté où dort le malade. Ce dernier accuse d’abord un goût métallique, accompagné d’une abondante salivation ( salivation mercurielle). La gencive présente un liseré rouge, tuméfié, saignant. Les dents sont déchaussées et ébranlées. L’haleine devient extrêmement fétide. La langue et les joues se tuméfient, s’ulcèrent, elles portent l’empreinte des dents. L’inflammation s’étend aux ganglions lymphatiques et aux glandes salivaires. La salive s’écoule jour et nuit, la fièvre s'allume, la diarrhée survient, le malade s’anémie rapidement. (V. Mercure.)

Dès le début de la salivation, il faut soustraire le malade aux causes qui la produisent et calmer l’inflammation par les gargarismes émollients. Mais les véritables spécifiques de cette affection sont le chlorate de potasse à la dose de 6 à 8 grammes par jour et le borate de soude, en gargarisme, ou bien sous forme de pastilles ( pastilles Dethan, pastilles Palangié, pastilles de Yigier, etc.).

Stomatite ulcéro-membraneuse. — Elle est caractérisée par des ulcérations occupant généralement un seul côté de la bouche, le côté gauche. Elles siègent aux gencives, aux joues, aux lèvres, quelquefois à la langue ou aux amygdales. Les ulcérations débutent par une plaque violacée qui s’ulcère bientôt. L’ulcération est irrégulière, son fond est recouvert d’une membrane grisâtre. La douleur est vive et rend la mastication impossible. L’haleine est d’une fétidité repoussante. Il existe de la salivation. On observe aussi de la fièvre et des troubles gastro-intestinaux et nerveux.

La stomatite ulcéro-membraneuse se dévoloppe de préférence chez les enfants scrofuleux et chez les adultes affaiblis. Abandonnée à elle-même, elle peut durer des mois ; elle guérit, sous l’influence d'un traitement approprié en une huitaine de jours.

6° Stomatite gangréneuse. — Cette affection se ^■encontre surtout chez les enfants de trois a cinq ans. Elle est consécutive à la rougeole, à une pneumonie, à la lièvre typhoïde, à la scarlatine, au mal de Pott, etc...

Elle débute, d’une façon insidieuse, par une phlyctène sur la muqueuse de la joue. Cette phlvc-

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tène se rompt, donne lieu à un écoulement de sérosité roussàtre et se transforme en un ulcère qui gagne rapidement en profondeur et en étendue. Quelquefois cet ulcère se cicatrise, mais le plus souvent il s’étend, la joue est transformée en une vaste plaie par où s’écoule du pus sanieux et fétide. La gangrène envahit les paupières et les lèvres. Les os de la face sont frappés de nécrose. La mort survient généralement, du huitième au quinzième jour. Les cas de guérison sont rares et le malade conserve d’horribles cicatrices.

Le traitement consiste à circonscrire le progrès de la gangrène par des incisions au thermo-cautère et à soutenir les forces du malade à l’aide de toniques. Dr Louis Thomas.

STRABISME. — A l’état normal, les axes optiques des deux yeux convergent vers le point visé et l’image de cet objet se fait dans chaque œil au niveau du pôle postérieur. On dit, au contraire, qu’il y a strabisme lorsque les deux yeux ne regardent pas à la fois le même point et lorsque l’image de l’objet visé, se dessinant au pôle postérieur de l’un des yeux, ira se former dans l’autre œil dans un point plus ou moins éloigné du pôle.

Le strabisme est dit interne ou convergent lorsque la cornée de l’œil dévié regarde en dedans

Fig. 1180. — Strabisme convergent de l'œil gauche.

(fig. 1180) ; il est dit interne ou divergent lorsque la cornée de l’œil regarde en dehors.

Le strabisme peut n'être qu 'apparent; chez certaines personnes, en effet, la disposition delà cornée est telle que les axes optiques semblent diverger alors qu’en réalité tous deux se réunissent au niveau du. point visé ; cette disposition se voit surtout chez les hypermétropes.

Le strabisme peut être fixe, offrant toujours la même intensité; il peut aussi être variable quant à son degré et quant aux époques; il est dit intermittent ou périodique. Dans le strabisme fixe ou permanent, la déviation de l’un des axes optiques par rapport à l’autre, est toujours le même, quelle que soit la direction du regard. L’œil dévié se redresse lorsqu’on le force à fixer l’objet en plaçant la même main devant l’autre œil. Si l’on observe ce dernier derrière la main qui le couvre, on le voit suivre d’un mouvement associé le redressement de l’autre; ce mouvement associé est ce qu’on appelle la déviation secondaire, son degré est exactement le même que celui du strabisme primitif.

La déviation peut varier d’après la position du regard; c’est alors le strabisme à angle variable dans lequel la déviation, nulle pour certaines positions de l’objet fixé, apparaît au contraire lorsqu'on porte l’objet dans certaine direction et aug-

mente avec la distance qu’on lui fait parcourir dans cette direction. Cette dernière forme est très spéciale, l’affection est alors d’origine nerveuse et il s’agit d’une contraction ou d’une paralysie. Dans ce cas le strabisme s’accompagne de diplopie; le malade voit les images doubles, d’où les attitudes bizarres qu’il donne à sa tête pour essayer de se débarrasser de cette diplopie.

Dans le strabisme vrai, permanent, il n’y a pas de doubles images. Les axes optiques des deux yeux font entre eux constamment le même angle. C’est toujours le même axe secondaire qui, dans l’œil dévié, est en rapport avec l’axe optique de l’œil sain. L’image dessinée dans l’œil dévié n’est point perçue; le malade s'habitue à ne point le voir, il en fait abstraction. Si au contraire on couvre l’œil sain, cette image apparaît, et c’est alors que l’œil dévié se redresse pour fixer l’objet.

Cette latitude de neutraliser l’image dans l’œil dévié amène presque toujours à sa suite l'affaiblissement graduel delà sensibilité de cet organe, c’està-dire de l’amblyopie; au bout d’un certain temps, l'œil devient presque complètement amaurotique. 11 importe donc de soigner dès le début les yeux strabiques pour ne pas leur laisser le temps de devenir mauvais d'une façon définitive.

Une forme de strabisme assez commune est le strabisme alternant, dans lequel le malade présente indifféremment un strabisme de l’œil droit ou de l’œil gauche. Cette forme offre ce grand avantage que les deux yeux restent à peu près également bons.

Dans le strabisme permanent, encore appelé concomitant, parce que l’œil dévié accompagne toujours l’œil sain de ses mouvements associés; il faut attribuer le plus souvent la cause prédisposante de la déviation à un défaut d’équilibre entre les muscles qui servent à mouvoir le globe de l’œil; mais, d’autre part, toutes les causes qui rendent la vision binoculaire difficile ou impossible, permettront au globe oculaire de suivre l’action du muscle le plus vigoureux. Cela se voit, par exemple, dans le cas où, pendant l’enfance, l’un des yeux est quelque temps couvert d’un bandeau par suite d’une ophthalmie quelconque, dans les cas de taies de la cornée, de cataracte congénitale, etc., dans les paralysies musculaires.

On a, d’autre part, signalé le rapport qui existe entre la forme du strabisme et les anomalies de la réfraction. Ainsi, Donders a montré que le plus souvent les malades atteints de strabisme convergent étaient des hypermétropes, tandis que les myopes étaient généralement atteints de strabisme divergent; cela s’explique par le fait que les hypermétropes sont forcés de s’accommoder pour toutes les distances et, comme les efforts d’accommodation entraînent toujours en même temps des efforts de convergence, les axes optiques se croisent à une distance plus rapprochée que l'objet; pour éviter les doubles images, l’hypermétrope laisse un de ses yeux se dévier en dedans et fixe avec l’autre seulement. Au contraire, la myopie forte oblige les malades à faire converger leurs yeux sur des objets très rapprochés; il en résulte une grande fatigue pour les muscles droits internes,

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aussi l’un d’eux abandonne bientôt la partie et laisse l'œil se dévier en dehors.

Pour remédier au strabisme, le chirurgien possède plusieurs moyens : l’emploi des louchettes, l'emploi des prismes, les lunettes, l’exclusion de j l'œil sain pour forcer l'œil slrabique à fonctionner, enfin le traitement opératoire.

On appelle louchettes des coquilles placées devant l’orbite, portant à leur centre un petit orifice et dont le but est d’obliger l'œil dévié à se mettre en rapport avec la pupille artificielle ainsi créée; on espère ainsi faire recouvrer à l’œil strabique des i mouvements synergiques à ceux de l’œil sain;

mais ces louchettes ne donnent aucun résultat et, i actuellement, on ne les emploie plus que pour confirmer et améliorer les résultats donnés par l’opération du strabisme,

L’exclusion de l’œil sain au moyen d’un bandeau ou d'un verre dépoli, n’exerce aucune influence sur la déviation. Son but est d’améliorer la vision l de l’œil slrabique et de rendre plus certains les rci sultats donnés ensuite par l’opération.

Le traitement par les prismes ne peut être employé que lorsqu’il est possible de provoquer chez les malades la vision binoculaire; de plus, il faut I beaucoup de temps pour arriver à des résultats très incertains.

Le strabisme convergent étant causé par des i efforts d’accommodation et de convergence, il était h naturel de songer à le traiter par l’atropine ou la duboïsine, qui suppriment l'accommodation, et

i par les lunettes convexes qui permettent cependant ;| aux malades de lire à des distances rapprochées.

' En effet, ce traitement réussit assez souvent chez I les enfants jeunes, à croissance rapide et chez les- | quels l'œil strabique possède encore une certaine

ii acuité visuelle; mais lorsqu’au bout d’un mois ou six semaines on n’a pas obtenu un résultat nette-

ii ment appréciable, il faut recourir à l’opération du strabisme, appelée strabotomie.

L’opération du strabisme est d’ailleurs tellement l! bien réglée aujourd’hui, qu’elle ne donne lieu à | aucun accident et qu’elle amène presque toujours j les meilleurs résultats. Les instruments nécessaires i| sont un écarteur de paupières, une pince à fixation, J une paire de ciseaux courbes et deux crochets ; mousses à strabisme.

Le premier temps de l’opération consiste à sec- ,j tionner la conjonctive au niveau du muscle dont

Fig. 1181.

Opération du strabisme, section de la conjonctive.

, l'action est prépondérante et vers lequel l’œil est

dévié ( fig . |18t) par exemple au niveau du muscle droit interne dans le cas de strabisme convergent. On passe ensuite les ciseaux sous la conjonctive de manière il détacher les adhérences qui unissent cette membrane et le tendon qu’il s'agit de déplacer. Dans le deuxième temps, on introduit le crochet entre la conjonctive et le tendon du muscle de manière à isoler et à soulever celui-ci. Le troisième temps consiste à sectionner le tendon du muscle avec la pointe mousse des ciseaux

Opération du strabisme, section du tendon.

[fig. 1182). Enfin, dans le quatrième temps, on s’assure que ce détachement est bien complet, car il suffirait de laisser quelques fibres tendineuses, même périphériques, pour empêcher le résultat de l’opération.

Le strabisme ayant une intensité plus ou moins grande, il faut, avant l’opération, mesurer l’étendue

de la déviation au moyen du strabomètre [fig. 1 1 83). On a, en effet, divers moyens d’augmenter ou de diminuer l’effet de la strabotomie ; ces moyens consistent dans l’étendue du débridement des adhérences cellulaires qui relient le muscle au globe oculaire, dans l'emploi de la suture conjonctivale

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