SUT
à se retirer, et son bord inférieur se plaçant sous le testicule occasionne une gène considérable et s’écarte absolument du but auquel il est destiné. La striction produite par les sous-cuisses pendant la marche est facilement évitée par un modèle spécial dfl à MM. Léon et Jules Rainai. Ce suspensoir.
Fig. liai.
Suspensoir à ceinture élastique, à poche tricotée à jour et à sous-cuisses.
ainsi que les sous-cuisses, est en tricot très extensible; la forme de la poche est disposée de façon à contenir les testicules sans avoir besoin d’exercer une forte traction. Ce suspensoir, dans lequel il n'entre aucune partie d’élastique, se lave très facilement. La poche est fixée à la ceinture au moyen de boutons, ce qui permet de l’élever ou de la baisser à volonté suivant le plus ou moins de relâchement des parties.
On fait des poches de différents modèles. Dans les suspensoirs sans sous-cuisses, la poche est fixée à la ceinture au moyen de trois agrafes et leg souscuisses sont remplacés par une bordure en tissu élastique. C’est cette variété dont font principalement usage ies cavaliers, pour soutenir le scrotum et prévenir les contusions ou le froissement du
testicule par le pom- Painau mn...- meau ou par tout au-
tre point de la selle.
La poche de ce suspensoir est en tricot; sa capacité est proportionnée au volume des parties qu’il doit contenir ; l’élasticité du tricot lui permet de s’adapter à la forme des parties et de suivre leurs mouvements d’expansion ou de resserrement. Dans d'autres suspensoirs, la bordure de tissu élastique de la poche est remplacée par une coulisse; une fois appliqué, il suffit simplement de tirer les deux cordons pour que le scrotum soit convenablement maintenu.
Le suspensoir est usité par beaucoup de personnes qui, sans avoir aucune affection du scrotum ou des testicules, ont presque toujours les bourses flasques et pendantes. 11 est indispensable aux individus atteints d’orchite, de varicocèle, d’hydrocèle, d’hématocèle, et, en général, d’une tumeur quelconque du testicule. p. L.
SUS-PDBIEN. — Nom donné par les anatomistes à la région qui est située au-dessus du pubis, p. l.
SUS-SCAPULAIRE. — Nom donné par les anatomististes à la région supérieure de l’épaule, p. i.
Fig. 1188. — Poche de suspensoir en tricot et à coulisse.
SUTURE. — Un désigne sous le nom de suture une opération chirurgicale qui a pour but de rapprocher les lèvres d’une plaie fraîchement divisée et de les maintenir en contact pour amener leur réunion.
Pour pratiquer une suture, il faut avoir : 1° des aiguilles droites ou courbes, de dimensions différentes, à la fois piquantes et tranchantes; 2° une pince pour saisir les aiguilles et les faire pénétrer dans les tissus; 3° des fils qui peuvent être en soie, en chanvre, en crin ou en métal ; 4° des épingles en acier, longues et fines.
On a imaginé un grand nombre de sutures différentes; nous ne parlerons ici que des sutures qu’on pratique le plus habituellement et qui sont les suivantes : 1° la suture à points séparés; 2° la suture enchevillée', 3° la suture entortillée.
Suture à points séparés. — Pour pratiquer cette suture, on prépare autant de fils qu’on veut faire de
Fig. 1187. — Suture à points séparés.
points, chaque fil est passé dans une aiguille, droite ou courbe, selon la région où l’on opère. On fait pénétrer chaque aiguille à 5 ou 6 millimètres environ de la lèvre droite de la plaie et on l’enfonce dans les tissus de façon à la faire ressortir à la même distance de la lèvre gauche. Lorsque tous les fils sont passés, on les noue séparément de façon à maintenir exactement au contact les lèvres de la plaie.
Suture enchevillée. — Cette suture n’est qu’une variété de la précédente; elle en diffère en ce que
Fig. 1188. — Suture enchevillée.
le fil, au lieu d’être simple est passé en double. Il en résulte qu’on a d’un côté de la plaie une anse et de l’autre les deux extrémités du fil. On fait glisser sous les anses un petit cylindre [cheville) formé par un bout de sonde, par une tige de plume ou par un rouleau de diachylon, puis, de l’autre côté de la plaie, on place une autre cheville sur laquelle on noue les extrémités de chaque fil. Cette suture a l'avantage d’exercer une pression égale sur tous les
SYM
SYM
points; on l’emploie surtout dans les cas de plaie profonde.
Suture entortillée. — La suture entortillée se pratique àl’aide d’épingles qu’on enfonce comme on le ferait d’une aiguille à suture. Ces épingles doivent être placées symétriquement et à un centimètre
environ de distance; on dispose ensuite d# la manière suivante un long fil ciré : on enroule ce fil autour de l’épingle supérieure en lui faisant décrire plusieurs tours en huit de chiffre, on recommence la même manœuvre autour de l’épingle située immédiatement au-dessous, et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les épingles soient entourées. On peut aussi pratiquer cette suture, comme les deux précédentes, avec les fils métalliques. Dr Paul Labarthe.
SYCOSIS. — (V. Teigne.)
SYMBLÉPHARON. — Nom donné par les oculistes à l’adhérence entre la conjonctive palpébrale et la conjonctive bulbaire. Cette adhérence peut être partielle ou totale.
Dans le premier cas il peut n’exister qu’une simple bride, dans le second, le cul-de-sac a complètement disparu. Cet état est généralement la suite de brûlures ou d’ulcérations: il peut accompagner la xérophthalmie. Le pronostic est d'autant plus grave que la lésion est plus étendue.
Le seul traitement à diriger contre le symblépharon est le traitement opératoire, et il devient obligatoire lorsque les adhérences recouvrent une partie de la cornée et troublent la vue. S’il s’agit d’une simple bride étendue de la paupière à la conjonctive bulbaire, on applique sur elle une ligature très serrée qui la divisera peu à peu. La séparation étant obtenue, on enlève la partie de la bride qui était adhérente à la conjonctive bulbaire où à la cornée, et l’on ferme la plaie par quelques points de suture, s’il y a lieu.
Dans le symblépharon complet, on ne peut se borner à ce procédé. Ln moyen ingénieux consiste
à disséquer la surface bulbaire jusqu’au fond du cul-de-sac conjonctival, en coupant le lambeau aussi près que possible de la cornée. On traverse alors le sommet de ce lambeau avec un fil muni d'une aiguille à chaque extrémité. Chaque aiguille passant de dedans en dehors, vient traverser la pau-
Fig. 1191.
Opération du symblépharon. — Suture de la conjonctive.
pière près du rebord orbitaire; les extrémités du fil sont nouées ensemble sur un petit rouleau de diachylon qui les empêchera de couper la peau. La surface cutisée de ce lambeau est ainsi en rapport avec la plaie de la conjonctive bulbaire. Celle-ci est fermée par des points de suture. On a proposé de combler cette plaie avec un lambeau pris sur une partie voisine de la conjonctive du malade ou sur la conjonctive d'un lapin. Les résultats donnés par cette opération sont généralement très beaux dans les jours qui suivent, mais plus tard, malheureusement, ils deviennent trop souvent illusoires, sauf dans les cas où l’autoplastie a bien réussi. Dr A. Chevallereau.
SYMPATHIQUE (grand). — Les anatomistes donnent le nom de nerf grand sympathique à l’ensemble du système nerveux ganglionnaire, formé par un double cordon nerveux, situé dans l’intérieur des cavités splanchniques, l’un à droite, l’autre à gauche, le long de la colonne vertébrale, s’étendant de la tête au coccyx, et offrant sur son trajet des ganglions très nombreux, auxquels aboutissent des racines venant du système nerveux cérébro-spinal, et qui envoient des branches aux divers organes de la tête, du thorax, de l’abdomen et du bassin.
Certains auteurs, en raison de sa situation, divisent le grand sympathique en quatre portions : 1° la portion cervicale; 2° la portion thoracique ; 3° la portion abdominale ; 4° la portion pelvienne. Pour nous, envisageant le grand sympathique dans son ensemble, nous dirons qu’il présente : t° un tronc; 2° des racines; 3° des branches.
Tronc du grand sympathique. — Le tronc du grand sympathique est formé par un double cordon étendu de chaque côté de la colonne vertébrale, depuis la base du crâne jusqu’à la pointe du coccyx, qui présente, à des distances à peu près régulières, une série de renflements ganglionnaires, appelés ganglions nerveux, dont le nombre est, sauf au cou, égal à celui des nerfs rachidiens avec lesquels ils sont en rapport; ainsi, il en existe douze dorsaux,
Fig. 1190.
Symblépharon de la paupière inférieure.
A. Contour de la cornée recouvert par la paupière.
S YM
SYM
cinq lombaires, six sacrés; mais, à la région cervicale, ces ganglions se réunissent entre eux pour n’en former que trois, ou même deux, plus volumineux, désignés sous le nom de ganglions cervicaux.
Racines du grand sympathique. — On donne le nom de racines du grand sympathique, aux filets nerveux qui viennent, comme les racines des autres nerfs, de la moelle et du bulbe, s’accolent aux racines antérieures des nerfs crâniens et rachidiens, traversent avec eux les trous de conjugaison, puis les abandonnent pour se diviser en deux filets, dont l’un, ascendant, va se jeter dans le ganglion du grand sympathique qui est au-dessus, tandis que l’autre, descendant, se porte au ganglion qui est au-dessous. Chaque ganglion sympathique a donc deux racines, sauf au cou, où les ganglions étant réunis en deux ou trois groupes, chacun d’eux possède trois ou quatre racines.
Branches du grand sympathique. —
Les branches du grand sympathique naissent, des ganglions de ce nerf et se portent aux différents organes. Les unes s’adossent aux artères, les suivent dans leurs trajets, leurs divisions et leur distribution, et forment, par leurs anastomoses, des plexus qui portent le nom des artères qu’ils accompagnent; les autres se portent, par un trajet assez direct, dans les viscères cervicaux, thoraciques, abdominaux et pelviens, et forment, au niveau de ces viscères auxquels elles se distribuent, des plexus nerveux qui portent ordinairement le nom du viscère auquel ils sont destinés. Toutes ces branches réunies constituent la plus grande partie des nerfs vaso-moteurs (V. ce mot).
Structure du grand sympathique. —
Le grand sympathique a une structure semblable à celle des autres parties du système nerveux.
Fonctions du grand sympathique. —
Bichat et les physiologistes de son temps considéraient le grand sympathique comme un système nerveux spécial, entièrement indépendant du système nerveux cérébro-spinal. Depuis les expériences de Claude Bernard, les physiologistes contemporains admettent que le grand sympathique ne forme pas un système indépendant, mais qu’il tire son principe d’action du système nerveux cérébro-spinal. Toutefois, on ne possède encore que des notions incomplètes et limitées sur ses fonctions spéciales.
Le grand sympathique renferme des éléments sensibles, mais il ne jouit à l’état normal que d’une sensibilité très obtuse qu’on ne peut éveiller qu’à l’aide d’excitations répétées. Cette sensibilité, sous l'influence de certains états pathologiques, peut s’exagérer et donner lieu à de vives douleurs comme dans les coliques intestinales ou dans la Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
péritonite. Le grand sympathique est un conducteur d incitations motrices; il préside à la contraction des fibres musculaires lisses et par suite à
Fig. 1192. — Montrant la chaîne du grand sympathique et le nerf pneumogastrique gauche.
22. Chaîne du grand sympathique. — 8". Ganglion cervical du grand sympathique. — 1. Crochet attirant en avant le corps thyroïde. — 2 Trachée. — 3. Poumon gauche attiré en avant.
— 4 Diaphragme. — 5, 18. Nerf pneumogastrique appliqué sur l’œsophage. — 6. Estomac. — 7. Aorte. — 8. Portion cervicale du nerf pneumogastrique. — 8', 16. Plexus pulmonaire
— 9. Plexus gaugliforme du pneumogastrique. — 11 Ner glosso-pharyngien. — 12. Nerf laryngé supérieur. — 13. Plexus pharyngien. - 14. Nerf récurrent du côté gauche (la ligne du n“ 14 se poursuit en blanc jusqu’au plexus pharyngien). — 13. Nerf récurrent. — 16. Plexus pulmonaire. — 17. Hameaux du pneumogastrique étalés sur la face antérieure de l’estomac. — 19. Filets du pneumogastrique se rendant au foie.
celle des organes qui en renferment et qui ne sont pas soumis à l’influence de la volonté. C'est ainsi qu'il détermine les contractions péristaltiques qui
SYN
SYN
Ç)8fi
sc produisent dans l’intestin pendant la digestion. La vessie, les uretères, les vésicules séminales, l’utérus et les trompes sont également soumis à l’influence motrice de ce nerf. Il exerce une action sur les mouvements du cœur et semble présider aux mouvements rythmiques de cet organe. Enfin, le grand sympathique produit la dilatation et la contraction des artères par l’action motrice qu’il exerce sur les fibres lisses de la tunique musculaire de ces vaisseaux. p. l.
SYMPHYSE. — Synonyme d'amphy arthrose (\ .ce mot). p. l.
SYMPTOME. — On désigne sous le nom de symptôme toute modification survenant dans le fonctionnement de nos organes. On distingue les symptômes locaux et les symptômes généraux. Les premiers sont ceux qu’on observe dans le point malade ; les seconds consistent dans un trouble général de l’économie : la fièvre est un symptôme général qui accompagne un grand nombre d’affections. L'ensemble des symptômes permet de faire le diagnostic d’une maladie et leur gravité permet d’établir le pronostic. p. l.
SYNARTHROSE. — (V. Articulation .)
SYNCHISIS. — Non donné à une affection douloureuse du globe oculaire caractérisée par le ramollissement du corps vitré. On distingue deux sortes de svnchisis: 1° le synchisis simple, dans lequel le corps vitré reste transparent, mais présente une consistance analogue à la glycérine; 2° le synchisis étincelant, dans lequel le corps vitré renferme des petits cristaux de cholestérine semblables à une multitude de paillettes brillantes. Les causes du synchisis sont peu connues, on les observe dans certaines choroïdites et à la suite de l’opération de la cataracte par abaissement. On ne connaît pas de traitement propre à combattre cette affection, p. l.
SYNCOPE. — La syncope est un état morbide qui consiste en une suspension plus ou moins complète du sentiment, du mouvement, de la circulation et de la respiration.
La syncope survient brusquement, ou elle est précédée pendant quelques instants de malaise, d’anxiété, de tintements d’oreilles, de vertige, de nausées, etc. La face pâlit, se couvre d’une sueur visqueuse, les lèvres se décolorent, la station est difficile; bientôt la perte de connaissance est complète, l’individu tombe, la respiration s’arrête, son pouls cesse de battre, le choc du cœur est inappréciable, ses bruits sont très faibles ou ne peuvent même être entendus, l’individu est dans un état de mort apparente.
11 y a un point qui a été vivement discuté. Dans la syncope, les battements du cœur sont complètement suspendus ou sont-ils seulement beaucoup plus rares et beaucoup plus faibles? Cette dernière opinion est la plus probable, la plus acceptée; mais on ne doit pas oublier que Parrot a cité des cas de syncope avec retour à la vie, dans lesquels l’auscultation la plus minutieuse n’a pu entendre
le moindre bruit du cœur, pendant un temps plus ou moins long.
La syncope ne se prolonge guère au delà de quelques secondes ou, au plus, de quelques minutes, puis elle se dissipe graduellement, la respiration se rétablit, les yeux s’ouvrent, la face se colore, les idées d’abord un peu vagues reprennent leur netteté, le malade se sent brisé, courbaturé.
La syncope peut se reproduire presque immédiatement ou à des intervalles plus ou moins longs; dans d’autres cas, elle ne reparaît plus: différences naturellement en rapport avec la diversité de ses
causes.
Par quel mécanisme se produit la syncope? —
La syncope paraît être produite par une anémie cérébrale. Ainsi les gens affaiblis qui ont longtemps gardé le lit tombent en défaillance lorsqu’ils se lèvent; d’une autre part, faites étendre, la tête touchant terre et les bras élevés, un individu qui se trouve mal et souvent la défaillance se dissipe; en effet, la station verticale gène l’afflux du sang artériel vers le cerveau, tandis que la position horizontale le favorise. Deux opinions ont été émises sur son point de départ :
l,c opinion. — La syncope commence par le cœur; elle est produite par un arrêt momentané de ses contractions, le cerveau ne fonctionne pas parce que le cœur cesse de lui envoyer du sang (Bichat, Grisolle).
2e opinion. — La syncope commence par le cerveau et l’arrêt de la circulation est consécutif (Piorry, Bouchut, etc.).
L’étroite solidarité établie entre le cœur et l’encéphale par les nombreuses connexions qui les unissent rend fort difficile la solution de ce problème.
Sous quelles influences se produit la syncope?
— \° Influences émotives ou nerveuses. — Les impressions morales ou sensorielles capables de produire la syncope sont aussi nombreuses que variées (elles ne peuvent d’ailleurs déterminer la syncope que chez les personnes qui y sont prédisposées); ce sont les vives émotions de plaisir, de peine, de terreur, la vue de divers objets (sang, rats, etc.), le contact de certains corps.
Dans cette classe doivent se ranger les syncopes consécutives à de vives douleurs ou se produisant dans le cours de certaines névroses (hystérie, etc.).
2° Anémie cérébrale. — Toutes les circonstances capables de déterminer l’anémie cérébrale sont des causes de syncope. Nous citerons les hémorrhagies, la ponction d’une ascite, d’un kyste de l’ovaire, la thoracentèse, l’application de la ventouse Junod ; dans ces diverses circonstances l’équilibre sanguin est brusquement rompu, car le sang, affluant en grande abondance dans des régions où quelques instants auparavant il arrivait avec peine, abandonne l’encéphale.
L’anémie cérébrale et par suite la syncope peuvent encore être la conséquence de diverses lésions organiques : ainsila syncope est fréquente dans les épanchements péricardiques, dans les myocardites, dans les maladies organiques du cœur, surtout dans l’insuffisance aortique, dans les lésions des gros
SYN
SYN
vaisseaux, dans les embolies ; ici la gène ou plutôt l’insuffisance de la circulation cérébrale est la conséquence mécanique de la faiblesse de l’impulsion cardiaque.
Il est une forme de fièvre intermittente désignée sous le nom de syncopale en raison des syncopes fréquentes qu’elle occasionne; cette forme est rare, et c’est à peine si, même dans les pays marécageux, on peut en reconnaître assez rapidement la nature pour la combattre par le sulfate de quinine.
La syncope peut se produire par action réflexe à l’occasion de vers intestinaux, de lésions organiques de divers viscères, à la suite de flux intestinaux très abondants, etc.
Quel est le pronostic de la syncope ? — Il se basera moins sur sa durée et ses retours plus ou moins fréquents, que sur le degré de résistance vitale du malade et la gravité de l’affection dont il est atteint. N’oublions pas que, dans certaines circonstances, la syncope est une circonstance heureuse: ainsi dans les hémorrhagies artérielles, elle suspend l'écoulement du sang et permet à un caillot obturateur de se former; elle favorise la réduction des luxations en plaçant les muscles dans une résolution complète, etc.
Avec quoi peut-on confondre la syncope ? — La syncope peut être confondue avec l’apoplexie. Dans l’apoplexie, l'intelligence et le mouvement sont supprimés, mais la persistance intégrale de la respiration et de la circulation distingue nettement cet état de la syncope.
Lorsque la syncope se prolonge, il n’est pas facile de reconnaître si la mort est apparente ou réelle; cependant, lorsqu’il n’y a que syncope, une auscultation attentive révèle la persistance des bruits du cœur, très affaiblis il est vrai, mais encore appréciables. Alors même qu’on ne les entendrait pas, il ne faudrait pas perdre trop promptement l’espoir, car on a pu rappeler à la vie des individus chez lesquels ces bruits avaient cessé d’être perçus pendant plusieurs minutes.
Dans la syncope la température axillaire reste normale, tandis que dans la mort la température baisse d’heure en heure.
Quel est le traitement de la syncope? — L’indication principale consiste à favoriser l’afflux du sang vers le cerveau ; dans ce but, on placera le malade dans la position horizontale, c’est-à-dire qu’on l’étendra par terre en élevant ses bras. En même temps, on facilitera la circulation en délaçant les vêtements, en projetant sur la face de l’eau froide pure ou additionnée de quelque vinaigre excitant (eau de Cologne, etc.); on fera respirer des sels anglais, des odeurs fortes, etc.
Si la syncope se prolonge au point de devenir inquiétante, il faut placer dans la bouche quelques gouttes d’un liquide excitant, comme l'acélated’ammoniaque, donner un lavement stimulant avec du sel ou du vinaigre, faire avaler un verre d’eau froide et’pratiquer la respiration artificielle.
D' Léon Moynac.
SYNÉCHIE. — On désigne sous ce nom une affection caractérisée par des adhérences de l’iris. On distingue deux variétés : la synéchie antérieure
dans laquelle l’iris adhère à la cornée transparente et la synéchie postérieure dans laquelle l’iris adhère à la capsule du cristallin. La première variété s observe à la suite des perforations de la cornée; elle est la plus fréquente, elle s’accompagne de photophobie, de larmoiement et de douleurs. La seconde variété est consécutive à une inflammation de 1 iris. La pupille présente une déformation qui devient surtout sensible si l’on pratique des instillations d’atropine dans l’œil; on voit alors les parties adhérentes rester fixes, tandis que les autres se dilatent. Le traitement consiste à détruire ces’ adhérences. P L>
SYNOQUE (fièvre). — On désigne sous le nom de fièvre synoque ou de fièvre éphémère prolongée, une affection qui consiste essentiellement en un accès fébrile et qui se termine par le retour à la santé. Cette affection débute généralement par un léger frisson, elle s’accompagne de courbature, de céphalalgie, de soif, quelquefois même d’un peu de délire. Elle dure en moyenne un ou deux jours, dans quelques cas cependant elle se prolonge pendant cinq ou six jours. Elle s’observe surtout chez les enfants et les jeunes gens, et elle reconnaît pour cause l’aclion de la chaleur, les excès de toutes sortes , et en particulier l’influence du printemps.
Le traitement consiste dans le repos au lit, la diète, quelques sudorifiques, surtout au début, et du sulfate de quinine si la température est trop élevée. p. l.
SYNOVIALE. — Nom donne par les anatomistes à trois variétés de membranes séreuses qui sont : 1" les synoviales articulaires ; 2" les synoviales tendineuses; 3° les synoviales sous-cutanées appelées aussi bourses séreuses.
1° Synoviales articulaires. — Ce sont des membranes séreuses qui tapissent la surface interne des articulations mobiles et qui sécrètent la synovie (V. ce mot). Elles n’occupent point toute l’étendue de l’articulation et en cela elle diffèrent des grandes séreuses; les surfaces articulaires en sont dépourvues. Elles se continuent avec la circonférence des cartilages articulaires; par leur surface externe elles sont en rapport avec les ligaments auxquels elles adhèrent, quelquefois avec des tendons, et presque toujours avec le périoste avant d’atteindre les cartilages articulaires. Les synoviales sont composées de deux couches : l’une externe, formée de tissu conjonctif condensé, de vaisseaux et de nerfs; l’autre interne, formée d’épithelium. Elles présentent deux espèces de prolongements, les uns passent par des ouvertures situées au milieu des ligaments, pour faciliter le glissement des tendons, comme on l’observe à l’épaule pour le glissement des tendons du muscle sous-scapulaire et de la longue portion du biceps; les autres plus nombreux et plus déliés flottent dans la cavité articulaire sous le nom de franges synoviales.
2° Synoviales tendineuses. — Elles sont toutes dépourvues d’épithélium et ne sont pas formées par une membrane propre et isolable. Leur liquide, qui n’est point un produit de sécrétion, est fourni
SYP
SYP
par exhalation des vaisseaux qui rampent dans l’épaisseur de la paroi.
Les synoviales tendineuses sont situées au niveau des tendons qui sont le siège de frottements étendus. Elles sont d’autant plus spacieuses que les mouvements sont plus marqués. Les unes entourent complètement le tendon, on les appelle séreuses tendineuses engainantes ou vaginales; et on nomme vésiculaires celles qui sont aplaties en forme de vésicules au-dessous des tendons plats.
Les premières se rencontrent autour de la plupart des tendons du poignet, du genou, des malléoles, etc. On rencontre les séreuses vésiculaires entre les tendons du muscle grand dorsal et du muscle grand rond, entre la tubérosité bicipitale et le tendon du biceps, au-dessous du tendon du muscle moyen fessier, etc.
3° Synoviales sous-cutanées. — Les synoviales sous-cutanées, appelées aussi bourses séreuses ou bourses muqueuses, sont des cavités situées dans le tissu cellulaire sous-cutané et destinées à faciliter le glissement de la peau dans les régions où elles existent. Ce ne sont pas des membranes séreuses, mais bien des surfaces. Les frottements en déterminent la formation; voici comment : par suite des mouvements de la peau, le tissu cellulaire souscutané devient plus lâche à ce niveau, et peu à peu les cloisons du tissu cellulaire, qui limitent les aréoles de ce tissu, finissent par céder et se déchirent.
On divise les bourses séreuses: l°en bourses normales ; telles sont les bourses qu’on trouve au devant de la rotule, à l’olécràne, sur les malléoles, etc.; 2° en bourses pathologiques, comme celles qui se développent sous l’influence du frottement à la surface d'une tumeur ou d’une hernie pressée par un bandage; 3° en bourses professionnelles, ce sont celles qui se développent en certains points soumis à des frottements répétés; elles s’observent chez les tailleurs, chez les frotteurs, chez les cordonniers, chez les couvreurs, etc. nr j.-a. fort.
SYNOVIE. — On désigne sous ce nom un liquide visqueux, filant, d’une couleur blanchâtre, qui est sécrété par les membranes synoviales et qui est destiné à favoriser le glissement des surfaces articulations pendant l’exécution des différents mouvements. La synovie contient pour 1000 partie : eau, 928; chlorure de sodium et carbonate de soude, 6; phosphate de chaux, 1,50; synovine, 64; des corps gras et des matières organiques. La synovine est la matière qui rend la synovie visqueuse. Les mouvements augmentent la sécrétion de la synovie. P. L.
SYPHILIS. — La syphilis, appelée aussi mal napolitain, mal Français, vérole, etc., est une maladie virulente qui ne se développe pas spontanément, mais se transmet par contact ou hérédité.
On ne s’accorde pas sur l'étymologie du mot syphilis. D’après Frascator, il vient du nom du berger Syphilus qui, ayant outragé le Soleil, fut puni par celte maladie; pour d'autres, ce mot est formé de crùç, pourceau, et <piXeïv, aimer (amour immonde).
On ne s’entend pas davantage sur son origine.
Pour les uns, la syphilis a existé de tout temps, et ils appuient leur opinion sur des passages d’Arétée, de Galien, d’Oribase,de Martial, de Paul d’Égine, etc., dans lesquels, sous les noms les plus divers, la syphilis se trouve dépeinte d’une façon frappante. C’est l’opinion la plus acceptée.
Pour d’autres, la syphilis date du XV' siècle. Originaire d'Amérique, elle a été importée en Europe par les compagnons de Christophe Colomb; ou bien, quoique datant d’une époque antérieure, c’est seulement au XVe siècle qu’elle aurait pris un caractère épidémique et que se seraient manifestés les accidents constitutionnels (Simon, Rollet).
Pathogénie. — De même que les autres virus, le virus syphilitique ne peut être reconnu que par ses effets; il ne présente aucun caractère chimique ou histologique spécial.
Ce virus, sécrété par le chancre induré et les manifestations secondaires de la syphilis (plaques muqueuses, etc.), ne peut donner la syphilis qu’à la condition d’être mis en contact avec une surface légèrement éraillée, ou peut-être d’être simplement déposé sur des muqueuses à épithélium très délicat, comme la vulve, le gland, le prépuce, etc.; mais ceci n’est qu’une hypothèse.
La syphilis, une fois contractée, imprime à l’organisme un état spécial et diathésique, qui se traduit par des manifestations variées pouvant se montrer à des époques très éloignées du moment de la contagion, par l'impossibilité de contracter un nouveau chancre, etc.
La gravité de la syphilis varie beaucoup : 1° suivant les climats; ainsi les climats chauds exerceraient sur elle une bonne influence (Lagneau, Follin); 2° suivant les tempéraments : la syphilis aurait plus de prise sur les gens lymphatiques et scrofuleux, etc.; 3" suivant la façon dont aurait déjà été combattu le virus : ainsi la syphilis contractée dans les républiques espagnoles, où l’on a horreur du mercure, détermine des accidents très graves, etc.
L’évolution de la syphilis peut être exposée ainsi :
A. Le chancre induré, se manifestant de quinze jours à un mois après la contamination (coït ou contact avec une syphilitique) et dans le point où elle a eu lieu, chancre s’accompagnant d’un adénite polyganglionnaire indolente et sans suppuration.
B. Les accidents généraux constitutionnels, indiquant que tout l’organisme est infecté, et se manifestant à des époques plus ou moins éloignées, ce qui les a fait distinguer en accidents secondaires et tertiaires (le chancre est l’accident primitif) :
1° Les accidents secondaires se manifestent six semaines environ après le chancre; ils consistent en : fièvre dite syphilitique, roséole, plaques muqueuses, syphilides, iritis, etc.
2° Les accidents tertiaires, dont l’époque d’apparition n’a rien de fixe (de un à vingt ans et plus après le chancre), consistent en gommes, lésions osseuses, lésions viscérales, etc.
Hunter et Ricord ont fait remarquer avec juste raison que la syphilis marche de la périphérie du corps vers ses parties centrales; à ses débuts, elle frappe la peau et les muqueuses, plus tard le tissu cellulaire, les muscles, les os, et en dernier les viscères.
SYP
SYP
Letude de la syphilis doit donc se diviser en trois parties :
A. Le chancre infectant ou accidents primitif;
B. Les accidents secondaires;