‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 3 sur 344 · I-IAL · texte numérisé non relu

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chronique et présente quelquefois des gangrènes partielles des parois, la bronchite chronique, la trachéite, les laryngites, la carie des cartilages du larynx, toutes lésions s’accompagnent d’une sécrétion muco-purulente plus ou moins abondante. Dans toutes ces lésions, la sécrétion morbide donne naissance à des émanations plus ou moins fétides qui se mêlent aux produits de la sécrétion gazeuse du poumon.

A la partie supérieure des voies aériennes, les cavités buccale et nasale sont le point de départ fréquent de la fétidité de l'haleine.

Le corvsa chronique avec suppuration, la carie des os qui forment les parois des fosses nasales exhalent une odeur extrêmement fétide qu’on désigne sous le nom de panais ou à’ozène. C’est généralement des personnes affectées d’ozène que le vulgaire dit qu’elles « tuent les mouches à quinze pas». Il est certain que le voisinage de ces personnes est insupportable.

En dehors des maladies, la cavité buccale est peut-être le point où l’haleine contracte le plus fréquemment de l’aigreur ou de la fétidité. On reconnaît que celle-ci vient de la cavité buccale à ce que les produits de la sécrétion du poumon passant par les fosses nasales n’ont aucune odeur. Mais lorsque la bouche s’ouvre pour livrer passage aux produits gazeux, aussitôt l’haleine acquiert de la fétidité. Celle-ci est due quelquefois à la- carie dentaire, mais le plus souvent à la putréfaction de matières organiques, animales principalement, qui ont séjourné entre les dents et qui ont subi un commencement de fermentation ammoniacale. Les cellules épithéliales macérées, le mucus et la salive altérés par l'air, de même que l’enduit pâteux qui se forme aulour de la couronne des dents, concourent à augmenter la fétidité de l’haleine. Cette fétidité est surtout prononcée le matin, lorsque la fermentation buccale s’est faite pendant toule la nuit. La muqueuse buccale est alors acide.

Dans les cas où l'haleine prend sa fétidité dans la cavité buccale, cette fétidité disparaît au moment du repas et pendant un certain temps après, parce que les causes de la fétidité sont précipitées dans l’estomac avec les aliments.

Je dirai, puisque j’en ai l’occasion, qu’il n’y a rien à tenter pour combattre la fétidité de l’haleine lorsque celle-ci dépend de lésions des voies aériennes ou du poumon. Lorsque la cause vient du sang, il n’y a qu'à surveiller l’alimentation et à ne point ingérer des substances dont les principes volatils peuvent donner à l’haleine une odeur désagréable. Quant à la fétidité buccale de l’haleine, des soins hygiéniques la préviennent ; il suffit de débarrasser les intervalles des dents des parcelles de matière animale qui y sont restées après le repas, et de donner à la bouche, après chaque repas, les soins que son hygiène réclame, c’est-à-dire avoir recours aux gargarismes acidulés, aux pastilles de Dethan au chlorate de potasse ; aux pastilles de Vigier au borate de soude; aux pastilles de menthe anglaise, de cachou, etc.

Si l'haleine de l’enfant est rarement fétide, s’il est agréable de prendre un baiser sur les lèvres roses d’un baby, c’est que les tissus sont jeunes,

c’est que les muqueuses ne sont pas encore usées. Les vieux tissus, les vieilles parois des cavités aérienne et buccale sont couvertes de détritus, les glandes rejettent de vieux produits de sécrétion qui s’altèrent au contact de l’air. On peut considérer comme exceptionnelle une haleine sans odeur après 45 ans.

L’haleine des grands fumeurs est rarement exempte d’odeur, et l’origine de celle-ci est toujours dans la bouche. Est-elle due à un dépôt quelconque par la fumée de tabac ? C’est probable.

L’estomac n’a aucune influence sur l’odeur de l’haleine, comme quelques personnes se l’imaginent. 11 est vrai que de temps en temps l’estomac peut se débarrasser de gaz odorants, mais ceux-ci traversent l’œsophage et ne sortent pas en même temps que les produits de sécrétion pulmonaire.

Il ne faudrait pas croire, à l’exemple de certaines personnes, qu’on peut empêcher l’odeur de l’ail, ou d’une autre substance odorante absorbée, en mâchant certaines plantes, comme l’oseille. Il faudrait, pour détruire l’odeur, faire absorber à l’intestin une substance qui détruirait dans le sang le principe volatil de l’ail; mais on n’en connaît pas.

Dr J.-A. Fort.

HALLUCINATIONS. — Dans le langage ordinaire, on désigne volontiers sous le nom d’hallucinés les gens qui ont des visions; pour les hommes de science, le mot hallucination exprime une idée analogue, avec cette différence, toutefois, que le trouble peut porter non seulement sur la vue, mais sur un sens quelconque ou sur plusieurs à la fois.

Qu’on le remarque bien, d’ailleurs les hallucinés proprement dits voient des objets absents, entendent des bruits chimériques, tout aussi nettement que nous pouvons percevoir des objets ou des bruits réels. Interrogée par ces juges sur la question de savoir si elle a vu saint Michel et ses anges carporaliter et realiter, Jeanne d’Arc répond : « Je les ai vus avec les yeux de mon corps tout comme je vous vois ». Comme on lui demande à quoi elle reconnaît le sexe des personnages qui lui apparaissent, elle dit sans hésiter : « ad voces ipsarum, au timbre de leur voix ». La pucelle a des hallucinations non seulement de la vue et de l’ouïe, mais encore du toucher : elle a senti sainte Catherine et sainte Marguerite, puisqu’elle les a embrassées toutes les deux : amplexata est ambas (Procès de Jeanne d’Arc, passim ).

Il ne s’agit donc pas de pures rêveries, comme le croient les gens du monde, d’images analogues à celles que l’on évoque, par exemple, en pensant à un être cher et absent. L’halluciné est absolument convaincu de la réalité du phénomène. Un physiologiste éminent, Burdach, qui a souffert de cette affection, disait : « On a dans l’œil la même sensation que si un objet extérieur se trouvait placé devant cet œil ouvert et vivant». Cela est si vrai, la sensation est si réelle, que les malheureuses hystériques qu’autrefois on brûlait par milliers comme sorcières, confessaient souvent, et de leur plein gré, leur prétendu crime. Elle avaient été au sabbat; elles avaient vu le diable, d’ordinaire, en

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