‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 308 sur 344 · U UE · texte numérisé non relu

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surtout s’il est compliqué de phagédénisme. L’urine et le sperme sortent par l’orifice cutané de la fistule et, si cette ouverture présente une certaine largeur, le méat ne donne issue à aucun liquide; dans certains cas, la portion de l’urèthre située entre l’orifice interne de la fistule et le méat s’oblitère complètement.

Dans le cas où il existe un rétrécissement, la première indication consiste à pratiquer la dilatation. On évitera le passage de l’urine par les fistules en pratiquant le cathétérisme, ou même en laissant une sonde à demeure. On cherchera à obtenir l'occlusion de la fistule en pratiquant des cautérisations avec le nitrate d’argent, l’acide nitrique, la teinture d’iode ou mieux avec le thermocautère. On pourra tenter la réunion au moyen de sutures, après un avivement préalable. Enfin dans les fistules péniennes, l’autoplastie constitue une excellente méthode.

Spasme de l’urèthre. — Cette affection, produite par la contraction des fibres musculaires de l’urèthre, est caractérisée par une diminution du calibre de ce canal.

Le plus souvent, le spasme de l’urèthre est consécutif à un rétrécissement, mais il reconnaît aussi un grand nombre d’autres causes, telles que l’étroitesse du prépuce, l'atrésie du méat urinaire, les corps étrangers de la portion antérieure de l’urèthre, la blennorrhagie aiguë, les excès de masturbation, etc. Une violente émotion morale peut déterminer un spasme passager Le spasme de l’urèthre peut aussi dépendre d’affections siégeant dans les organes voisins: telles que l’orchite, la névralgie du testicule, l’accumulation de matières fécales dans le rectum, les hémorroïdes, les fissures anales, l'ataxie. Enfin, dans certains nombres de cas, cette affection peut résulter de l’action du froid.

Le spasme détermine une diminution du calibre de l’urèthre qui, parfois, s’oppose complètement à 1 introduction de tout espèce d’instrument et peut même empêcher la miction. Cet état spasmodique peut persister pendant un temps (dus ou moins long, mais il n’est jamais permanent, ce qui le distingue du rétrécissement. 11 s’accompagne généi râlement de douleurs plus ou moins vives.

Le traitement dépend de la cause qui détermine ! l’apparition du spasme; si c’est un rétrécissement, on aura recours à la dilatation. On a conseillé les ! bains, les cataplasmes sur le périnée, les lavements I additionnés de 15 à 20 gouttes de laudanum, le i bromure de potassium ou le bromure de camphre.

Névralgie de l'urèthre. — La névralgie de l’urè- I thre est caractérisée par une exagération de la | sensibilité de la muqueuse de l urelhre.

Presque toutes les affections de l’urèthre peuvent déterminer l’apparition de la névralgie. En général, cette affection accompagne le spasme de l urèlhre I et reconnaît les mêmes causes; cependant elle peut I se manifester dans d’autres états pathologiques I tels que : les affections de la prostate, du col de la vessie et les calculs vésicaux. La névralgie de l’u- I rèthre s'accompagne d’une douleur plus ou moins I vive, généralement sourde et profonde, dont le siège I et l'intensité sont très variables qui r> vêt quelque I fois la forme intermittente. Elle est justifiable des

mêmes moyens thérapeutiques que le spasme (passage répété de bougies, lavements laudanisés, bromures de potassium et de camphre, etc.). Dans la névralgie à forme intermittente, on aura recours à l’emploi du sulfate de quinine. d> Paul Labarthe.

Ex-médecin des vénériens militaires et du Dispensaire de salubrité, Professeur de Syphiligraphie et de Chirurgie urinaire à l’École pratique de la Faculté.

URÉTHRITE. — (V. Blennorrhagie.)

URÊTHROTOME. — URÉTHROTOMIE. — L 'uré- Ihrotome est un instrument de chirurgie destiné h pratiquer l’incision de l’urèthre atteint de rétrécissement, dans le but de rétablir le calibre normal de ce canal. Cette opération a reçu le nom d 'urélhrotomie; celle ci peut être interne ou e:rterne, suivant que le chirurgien pratique l’incision du rétrécissement de dedans en dehors ou de dehors en dedans.

L’uréthrotomie interne se pratique à l’aide de luréthrotome. 11 existe plusieurs variétés d’uréthrotomes. Le plus connu, celui auquel on a le plus généralement recours est l’uréihrotome de Maisonneuve.

Il se compose d’un cathéter métallique courbe, de 1 à 3 millimètres de diamètre, long de 30 centimètres, creusé dans toute sa longueur d’une cannelure qui, placée sur la face concave, permetde faire l’incision sur la paroi supérieure du canal, qui est celle que l’on choisit de préférence dans la grande généralité des cas.

Dans la rainure

de ce conducteur s’engage une lame à forme triangulaire dont le sommet est mousse et dont les pans inclinés sont tranchants, portée par un mince mandrin métallique, dont l’extrémité externe est terminée par un bouton. A l'extrémité externe du cathéter cannele, du côté opposé à la cannelure, se trouve un anneau qui lui sert de manche. A l’extrémité interne se trouve un pas de vis sur lequel vient s'articuler une bougie filiforme très souple,

Uréthrotomie de Maisonneuve pour l'uréthrotomie interne.

au moyen de l’embout métallique qui est fixé solidement à son extrémité. Enfin, une sonde, ouverte à ses deux extrémités, d’un calibre intérieur en rapport avec le diamètre de la lame qui sert à faire l'incision, complète l’instrument. Maisonneuve a fait construire trois lames ayant: l’une, 9 millimètres; l’autre, 8 millimètres et la troisième, 7 millimètres de largeur, de façon à pouvoir satisfaire à toutes les indications de l’uréthrotomie.

Cette description de l’uréthrotome de Maisonneuve fait deviner comment les parties rétrécies de l'urèthre sont incisées : c’est en poussant la lame jusqu’à l’extrémité interne de la cannelure du cathéter, préalablement introduit dans le canal.

Voici maintenant comment s’exécute l’uréthrotomie interne. Le malade ayant été purgé la veille et ayant avalé le matin même de l’opération 50 à 75 centigrammes de sulfate de quinine, en vue d’un accès de fièvre possible après l’opération, on le fait placer sur son lit ou sur un fauteuil mécanique comme pour le cathétérisme {X . ce mot). Le chirurgien, après s’être assuré du parfait état de l’instrument et de son bon fonctionnement, fait l’opération qui peut se décomposer en quatre temps : dans le premier, il introduit la bougie conductrice dans le canal, lui fait traverser le rétrécissement et la pousse jusque dans la vessie; dans le second, il visse sur elle le cathéter cannelé et le pousse à son tour dans le canal jusqu’à ce que son extrémité interne franchisse le col de la vessie et pénètre dans cette cavité; dans le troisième il place la lame dans la rainure du cathéter, la pousse à l’aide du mandrin, jusqu’au niveau du rétrécissement, lui fait franchir le rétrécissement qu'elle incise, puis retire la lame; dans le quatrième temps, il retire le cathéter jusqu’à ce que la bougie conductrice soit amenée au dehors du canal sur une étendue de quelques centimètres; il dévisse alors le cathéter de l’armature de la bougie et lui substitue une longue tige métallique sur laquelle il fait glisser la sonde à bout coupé, préalablement huilée, et la pousse jusque dans la vessie, et la laisse à demeure de 24 à 48 heures. L’opération se termine en enlevant en même temps la tige métallique et la bougie conductrice.

Telle est en peu de mots l’uréthrotomie interne. On comprend que, dans un ouvrage comme celui-ci, nous ne nous étendions pas d’avantage sur les divers temps de celte opération. Disons seulement qu’elle nécessite de la part du chirurgien beaucou p (l’adresse, de prudence, de douceur et de patience. Ajoutons qu’elle est généralement peu douloureuse, que l’hémorrhagie primitive ou immédiate est insignifiante, que les hémorrhagies consécutives sont rares, ainsi que l’infiltration d’urine et lesabcèsurineux. L'accident le plus fréquent est la fièvre, contre laquelle on administrera le sulfate de quinine.

Au bout de vingt-quatre heures ou mieux de quarante- huit heures, on retire la sonde à demeure et on reste pendant dix à douze jours sans toucher au canal, de façon à laisser à la surface de la section intra-uréthrale le temps de se cicatriser. Mais il faut forcer le malade à garder le lit pendant les cinq ou six premiers jours qui suivent l’opération.

Après dix à douze jours, on commence à prati-

quer la dilatation lente et progressive d'après lesrègles indiquées dans la partie de l’article Urèthre (V. ce mot) consacrée à cette méthode de traitement des rétrécissements, afin d’assouplir les parois du canal, d'en régulariser le calibre et de maintenir au malade le bénéfice de l’opération.

L’uréthrotomie interne ne doit jamais être érigée en méthode générale de traitement des rétrécissements; elle constitue une méthode d’exception et on ne doit pas y avoir recours que dans les cas où un rétrécissement a résisté à la dilatation lente, ou lorsque les complications locales ou générales contre-indiquent le traitement par la dilatation lente et progressive, c’est-à-dire lorsqu’il y a infiltration d’urine, abcès urineux, fistules urinaires, ou accidents d’empoisonnement urineux.

L’uréthrotomie externe consiste à faire l’incision du rétrécissement de dehors en dedans, après avoir disséqué les parties molles couche par couche. C’est une véritable boutonnière de l’urèthre. Elle se pratique avec, ou sans conducteur, c’est-àdire avec ou sans un cathéter cannelé à sa face inférieure, introduit dans l’urèthre jusque dans la vessie, et qui sert de guide et de plan résistant à l’opérateur.

L’uréthrotomie externe est une opération tout à fait exceptionnelle, à laquelle on ne doit avoir recours que dans les cas de rétrécissements absolument infranchissables, et, dans ces cas, on pratique naturellement l’uréthrotomie sans conducteur. Dr Paul Labarthe.

URIAGE (eaux minérales d'). — Uriage est une petite ville de l’Isère, située à 13 kilomètres de Grenoble, dans une vallée pittoresque, au pied du versant oriental des Alpes dauphinoises, qui possède des eaux minérales chlorurées sodiques et sulfatées calciques et sodiques, utilisées, dans un établissement des plus beaux et des plus complets, en boisson, en bains et en douches, contre le lymphatisme, la scrofule et leurs diverses manifestations; contre les rhumatismes, les névralgies, les catarrhes des voies respiratoires, l’eczéma, l’impétigo, etc. P. L.

URINAIRE (appareil). — On donne le nom d’appareil urinaire ou de voies urinaires, à l’ensemble des organes qui président à la sécrétion de l’urine et à son émission : reins, uretères, vessie, urèthre (V. ces mots). p. l.

URINAIRE (sécrétion). — (V. Urine.)

URINATION. — Sy nonyme de miction (V. ce mot). P- L.

URINE. — De tous les liquides destinés à être expulsés de l’économie le plus important et le plus intéressant à tous les points de vue est sans contredit l’urine.

L’examen scrupuleux de ce liquide, la recherche et le dosage de ses divers principes constitue pour le praticien un des éléments les plus sûrs du diagnostic.

Une véritable révolution s’est opérée sur ce point

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