‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 311 sur 344 · Rectum — 7. Vessie · texte numérisé non relu

Rectum — 7. Vessie

lement continu de l’urine qui traverse la vessie sans s’y arrêter, de sorte que cet organe est toujours vide. Cette variété d’incontinence est produite par toutes les causes qui empêchent l’occlu- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

sion du col de la vessie, telles que la présence d’un calcul, d’un fongtis, d’un polype, la destruction du sphincter par des ulcérations tuberculeuses ou cancéreuses. Dans quelques cas, l’incontinence est due à certaines lésions traumatiques du col consécutives à des opérations chirurgicales, telles que la taille ou la lithotritie.

3° L’incontinence nocturne désignée aussi sous les noms d’ incontinence infantile ou essentielle, commence généralement vers l’âge de 4 ou 5 ans et peut se prolonger jusqu’à 20 ans, quelquefois même au delà. Elle se produit surtout pendant la nuit : les enfants urinent à plein jet, dans leur lit, sans en avoir conscience et sans se réveiller. Dans le jour, les urines peuvent être retenues, mais les malades sont obligés de satisfaire le besoin aussitôt qu’ils le ressentent, sous peine d'uriner en partie dans leurs vêtements. Les causes de cette affection sont peu connues; Trousseau la regardait comme une névrose, Guyon l’attribue à l’atonie du col. Elle est souvent héréditaire.

Le traitement de l’incontinence par regorgement se confond avec celui de la rétention (V. ce mot). Dans l’mconlinence vraie, la plupart des moyens thérapeutiques sont impuissants à produire la guérison; cependant l’électricité en applications locales a donné un certain nombre de succès. Le plus

Fig. 1-221. — Urinai de jour et de nuit pour homme.

souvent les malades se résignent à un moyen palliatif qui consiste dans l’emploi d’un urinai, appareil en caoutchouc, destiné à recueillir l’urine, qui entoure exactement le haut de la verge et se prolonge dans le pantalon sous forme d'un sac long et étroit. Cet appareil très convenable chez l’homme est d’une application très difficile chez la femme. L’incontinence nocturne constitue une infirmité

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désagréable contre laquelle on a employé un grand nombre de moyens. On conseillera aux enfants de retenir longtemps leurs urines pendant le jour afin d’augmenter la tolérance de leur vessie, on les réveillera la nuit pour les faire uriner. Trousseau recommande l’extrait de belladone à la dose de 1 centigramme jusqu’à 10 et 15 centigrammes par jour, et, dans les cas d’atonie du col, le sirop de sulfate de strychnine en commençant par 1 milligramme de principe actif par jour. Le bromure de potassium est indiqué chez les enfants très nerveux. L’électricité locale a donné récemment d’heureux résultats; ce procédé consiste à introduire un des réophores jusqu’au niveau de la partie membraneuse de l'urèthre et à appliquer l’autre audessus du pubis. Enfin l’hydrothérapie et en particulier les douches froides sur la région du périnée, constituent d’utiles adjuvants.

Infiltration d’urine. — On désigne sous ce nom l’épanchement dans le tissu cellulaire de l’urine sortie des conduits qu’elle parcourt à l’état normal. Cet accident peut se produire sur tous les points de l’appareil urinaire (reins, bassinet, uretères, vessie, urèthre). Les ruptures et les plaies de la vessie s’accompagnent presque toujours d’une infiltration d’urine qui entraîne des accidents locaux et généraux si graves qu’ils aboutissent généralement à la mort.

L'infiltration d’urine reconnaît le plus souvent pour cause une rupture de l’urèthre consécutive à un rétrécissement. Voillemier a démontré qu’en arrière de chaque rétrécissement l’urine dilatait peu à peu le canal et formait une poche dont les parois enflammées et parfois rétrécies pouvaient se rompre sous l’influence des efforts énergiques auxquels le malade se livre pour vider sa vessie.

Au moment où se produit la perforation, le malade accuse une sensation de soulagement. L’envie d’uriner cesse brusquement et l’on voit s’affaisser peu à peu la saillie que formait dans la région hypogastrique la vessie distendue par l’urine. Bientôt le périnée devient le siège d’un empâtement et d’une tuméfaction qui s’accroît rapidement et envahit le scrotum, la verge et quelquefois les parois du tronc; dans quelques cas les bourses acquièrent le volume d’une tête de fœtus.

L’œdème, qui était au début mou et indolent, ne tarde pas à devenir douloureux et à présenter une rénitence semblable à celle d’un phlegmon. La peau, tendue, luisante et d’un rouge cuivré, se couvre de taches violacées, puis noirâtres, au niveau desquelles se forment des escharres qui se détachent en produisant de vastes ulcérations laissant écouler un mélange de pus, d’urine et de lambeaux de tissu cellulaire sphacelé, répandant une odeur extrêmement fétide. On observe en même temps des symptômes généraux graves: au moment où se produit l’infiltration, le malade est saisi d’un frisson violent, prolongé, suivi d’une température élevée et s’accompagnant de sueurs abondantes et fétides, le pouls est petit, serré et la langue est desséchée. Lorsque l’infiltration d’urine est abondante, si l'on n’intervient pas rapidement, la diarrhée s’établit, la fièvre hectique s’allume et le

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malade ne tarde pas à succomber, épuisé par l’abondance de la suppuration.

L’infiltration d’urine est plus grave chez les individus atteints déjà d’atfeclions urinaires que chez les sujets jeunes et vigoureux chez lesquels elle résulte d'un traumatisme de l’urèthre.

La première des indications consiste à pratiquer des incisions profondes et multiples sur toutes les parties où la rougeur et l’œdème indiquent la présence de l’épanchement, afin de donner issue à l’urine infiltrée, puis on fera dans toutes les ouvertures des injections avec des liquides antiseptiques.

On instituera en même temps un traitement général tonique et reconstituant. Sous l’influence de ce traitement, surtout si l’on intervient dès le début de l'affection, on ne tardera pas à voir, dans un grand nombre de cas, les symptômes généraux céder rapidement. On favorisera l’élimination et la réparation des parties frappées de gangrène par l’application de pansements antiseptiques. Enfin, on devra chercher à rétablir le cours normal de l’urine en introduisant dans la vessie une sonde en caoutchouc ou en gomme élastique qu’on laissera à demeure et dont on augmentera progressivement le calibre. Dans le cas où on ne réussirait pas à introduire la sonde, on ne devra pas hésiter à recourir à l’uréthrotomie externe, afin d’éviter la formation d’une fistule urinaire.

Rétention d’urine. — Cette affection est caractérisée par l’impossibilité dans laquelle se trouve le malade de vider naturellement par l’urèthre le contenu de sa vessie. La rétention d’urine est le plus souvent symptomatique d’une lésion de l’appareil urinaire, cependant on la rencontre aussi chez des individus indemnes de toute affection urinaire.

La rétention d’urine peut être produite par un grand nombre de causes. Nous les diviserons en deux classes principales : 1° rétention par paralysie de la vessie ; 2° rétention par obstacles à l'issue de l'urine.

1° Rétention par paralysie de la vessie. — On l’observe fréquemment dans certaines affections ^ cérébrales ou médullaires, telles que les luxations et les fractures de la colonne vertébrale, le mal de Pott, l’hystérie, etc.; dans les fièvres graves infectieuses, telles que la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, l’érysipèle, et dans la péritonite.

2° Rétention par obstacles a l’issue de l’urine.

— Elle peut être produite par des calculs, des corps étrangers, des caillots sanguins siégeant dans la cavité du col de la vessie ou de l’urèthre, mais elle s’observe surtout chez les individus atteints de rétrécissements du canal de l’urèthre et chez les prostatiques, où elle est due à la saillie formée par la prostrate hypertrophiée.

La rétention peut aussi être produite par des obstacles situés en dehors du col de la vessie ou du canal de l’urèthre, mais comprimant ces organes; ces obstacles se rencontrent surtout chez la femme, tels sont les néoplasmes de l’utérus (cancers, myomes, etc.), la grossesse, le tamponnement vagi- , nal, etc. Enfin, on a observé des cas de rétention à la suite de lésions traumatiques de la vessie et du canal de l’urèthre.

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La rétention d’urine peut être complète ou incomplète; dans le premier cas, le malade, malgré tous ses efforts, ne peut expulser une seule goutte d’urine, tandis que dans le second cas, il réussit à chasser une partie du contenu de la vessie. Les symptômes diffèrent selon que la rétention est complète ou incomplète.

Dans la rétention complète, le malade éprouve des besoins d’uriner fréquents, mais malgré les efforts énergiques auxquels il se livre, il ne peut réussir à expulser une seule goutte d’urine. Les envies, de plus en plus fréquentes, deviennent bientôt continuelles. Le malade accuse d'abord une sensation de plénitude et de pesanteur au périnée, puis il ressent des douleurs sourdes, parfois très intenses, au niveau de la région hypogastrique, douleurs s’irradiant en arrière, jusque dans les reins, et, en avant, jusqu'à l’extrémité de la verge. Dès lors le malade est en proie à l’anxiété la plus profonde: les douleurs deviennent intolérables, elles lui arrachent tantôt des plaintes sourdes, tantôt des cris furieux; c’est en vain qu’il cherche, dans les positions les plus étranges, quelque soulagement à son mal. La vessie distendue outre mesure, forme une tumeur ovoïde, male, douloureuse au toucher, et remontant quelquefois jusqu’au niveau de l’ombilic.

Dans certains cas, l’urine soumise à une forte pression par les parois de la vessie, finit par forcer l’obstacle et s’écoule au dehors goutte à goutte; c’est Y incontinence par regorgement (V. ce mot). Mais dans d’autres cas, la rétention complète persiste, et, si l’on n’intervient pas, le malade est pris d’une fièvre intense avec délire, de nausées, de vo missements, il tombe dans un calme profond qui aboutit bientôt à la mort.

Dans la rétention incomplète, les symptômes sont tout différents; elle peut persister pendant de longues années, à l'insu du malade, elle ne se traduit que par des envies fréquentes d’uriner, surtout pendant la nuit. Dans certains cas, les besoins d’uriner deviennent de plus en plus fréquents et exigent des efforts énergiques de la part du malade. Si on examine alors la région hypogastrique, on constate qu’elle est le siège d’une tumeur volumineuse formée par la vessie distendue. Si l’on pratique le cathétérisme, même lorsque le malade vient d’uriner, on réussit à retirer 200 ou 300 grammes d’urine.

Cette variété de rétention s’observe surtout chez les vieillards qui sont fréquemment atteints d’hypertrophie de la prostate.

La rétention d’urine est très rare chez la femme, ce qui lient à la brièveté de son canal, à sa grande dilatabilité qui empêche la production des rétrécissements et à l’absence de la prostate.

Dans le traitement de la rétention d’urine, la première indication consiste à évacuer l’urine contenue dans la vessie. S’il s’agit d’une rétention consécutive à une lésion des centres nerveux ou à une fièvre grave, on pratiquera le cathétérisme avec une sonde molle en caoutchouc. Chez les prostatiques, on se servira également d’une sonde molle en caoutchouc, maison ne devra pas évacuer complètement le contenu de la vessie, sous peine de

déterminer des accidents graves, tels que des hémorrhagies, parfois mortelles, de la cystite, des accidents fébriles et des symptômes d’intoxication urineuse. On préviendra ces accidents en injectant dans la vessie, après chaque cathétérisme, des solutions tièdes d’eau boriquée à 4 p. 100 et on les combattra, s’ils se manifestent, en administrant à l’intérieur du sulfate de quinine ou du salicylate de soude. On pourra donner également, pour prévenir la décomposition des urines dans la vessie, du borate de soude à la dose de 4 grammes par jour; enfin, on soumettra les malades à un régime fortifiant. Chez les rétrécis, on cherchera à introduire, non plus une sonde, mais une bougie fine, qu’on laissera à demeure et le long de laquelle l’urine pourra s’écouler lentement, mais d’une façon continue. Si l’incontinence s’accompagnait de phénomènes inflammatoires, on aurait recours aux grands bains, aux lavements laudanisés et à l’opium. Enfin, s’il existait un rétrécissement absolument infranchissable, il ne faudrait pas hésiter, en cas de rétention complète, a pratiquer la ponction de la vessie avec l’appareil aspirateur de Dieulafoy. Ces ponctions se pratiquent généralement au niveau de la région hypogastrique; elles sont absolument inoffensives et peuvent être répétées plusieurs fois. Dr Paul Labarthe.

URINEDX (empoisonnement). — On désigne sous le nom d’empoisonnement urineux un ensemble d’accidents spéciaux, s’observant chez les individus atteints de lésions des voies urinaires et qui sont surtout caractérisés par des accès fébriles. L’empoisnnnemenf urineux s’observe chez les malades atteints d’affections chroniques de l’appareil urinaire telles que les rétrécissements de l’urèthre, les hypertrophies de la prostate, les calculs de la vessie. Chez ces malades, les accidents ne se manifestent qu’à partir du moment où ils ne peuvent plus vider complètement leur vessie. 11 en est de même dans la cystite chronique où la stagnation de l’urine provoque l’apparition des symptômes de l’intoxication urineuse. Le plus souvent, les malades jouissent d’une période d’immunité plus ou moins longue, puis les accidents fébriles éclatent brusquement à la suite d’une intervention chirurgicale telle que l’uréthrotomie interne, la dilatation d’un rétrécissement uréthral, quelquefois même le cathétérisme évacuateur, surtout s’il a été pratiqué maladroitement.

L’intoxication urineuse revêt des formes différentes : elle peut être aiguë ou chronique.

For. UE aigue. — Cette forme présente elle-même deux types différents, caractérisés, l’un par un accès fébrile franc, l’autre par des accès répétés et irréguliers ou par un état de fièvre presque continu avec exacerbations plus ou moins accusées. L'accès franc présente trois stades semblables à ceux qui caractérisent l'accès de fièvre paludéenne; le malade éprouve d’abord une sensation de malaise et de courbature, puis le frisson apparaît, quelquefois léger, le plus souvent inlensp, s’accompagnant de tremblement généralisé et de claquement des dents. Après une durée variable, le frisson est suivi d’un stade de chaleur, avec sécheresse de la peau, puis

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survient enfin le slade de sueur; le malade est couvert d’une sueur abondante et il éprouve une sensation de calme et de bien-être relatifs. Dans la forme bénigne, l’accès franc dure quelques heures et ne se renouvelle pas. Dans le second type de la forme aiguë, les trois stades (frisson, chaleur, sueur) sont mal proportionnés; le frisson est généralement intense et prolongé, le stade de sueur à peine prononcé. On observe souvent des vomissements, delà diarrhée, de la congestion pulmonaire, des douleurs au niveau de la région lombaire; la langue est sèche, la salive acide et la muqueuse buccale est souvent, le siège de muguet. On rencontre parfois des foyers de suppuration dans les muscles et dans certaines articulations (genou, épaule, etc.). Cette forme présente une durée variable, s’étendant parfois jusqu'à vingt jours; elle se termine fréquemment par la mort.

Foume chuonique. — Cette forme, tantôt consécutive à la forme aiguë, tantôt spontanée, est caractérisée par un état fébrile, peu intense, mais continu; l’intoxication urineuse se manifeste, non plus par des accès de fièvre comme dans la forme aiguë, mais par des troubles digestifs et par un état général grave. La langue est recouverte d'un enduit épais, la bouche est pâteuse, l’appétit disparaît, les malades présentent une grande répugnance pour la viande, les digestions sont difficiles et l'amaigrissement s’accentue de plus en plus. Le malade n’accuse pas de douleurs vives, mais il se plaint d’une sensation de courbature et de lassitude extrêmes; sa peau présente une teinte jaune semblable à celle qu’on remarque chez les ictériques. Il s'atlaihlit de plus en plus et tombé dans un profond marasme.

La forme chronique a une durée indéterminée et aboutit fréquemment à un dénouement fatal.

L’empoisonnement urineux est dû, pour ies uns, à la pénétration de l’urine dans les vaisseaux, tandis que, pour les autres, il est produit par sa rétention consécutive à une lésion rénale (néphrite interstitielle). Nous pensons que ces deux causes ne s'excluent pas et que, dans un certain nombre de cas, elles agissent ensemble pour déterminer ies symptômes de l’empoisonnement urineux.

Dans la forme aiguë, le traitement consiste à favoriser la sudation en administrant des tisanes sudorifiques (bourrache, thé, jaborandi, etc.) et en donnant du sulfate de quinine à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme par jour. S'il existe des troubles digestifs, on soumettra le malade au régime lacté. Dans la forme chronique, on évitera la stagnation de l’urine dans la vessie et surtout sa décomposition en pratiquant des injections d’eau boriquée à 2 p. 100. On soutiendra les forces du malade et on combattra les progrès de l’intoxication urineuse par un régime tonique, par l’extrait de quinquina a la dose de 4 à 6 grammes par jour. Enfin on aura recours au traitement chirurgical toutes les fois qu’on pourra supprimer ainsi la cause de l’intoxication urineuse. Dr Paul Labafithe.

URIQÜE. — Nom donné par les chimistes à un acide que l’on rencontre dans l’urine normale de l'homme et en petite quantité, dans le sang, l/acide

urique se présente sous la forme de petits cristaux d’un rouge pâle, inodores et insipides. Il est très peu soluble dans l’eau et se dépose souvent au fond du vase. Il augmente de quantité chez les arthritiques, chez les goutteux et chez les individus soumis à une alimentation fortement azotée; il diminue chez les anémiques, les chlorotiques et les individus débilités par une affection grave. Il se combine avec la plupart des bases pour former des urales et constitue chez le goutteux des dépôts articulaires désignés sous le nom de tophus. Enfin, il existe en très grande quantité dans l’urine des individus atteints de gravelle, et il est fréquemment l’origine de la pierre dans la vessie. p. l.

URTICAIRE. — L’urticaire est une affection caractérisée par une éruption papuleuse, s’accompagnant d’une démangeaison intense.

Cette affection ne présente pas de siège d’élection. Sur le corps, elle affecte la forme d’élevures papuleuses, plus ou moins saillantes, abords nettement circonscrits, présentant une zone périphérique rouge rosée et une zone centrale décolorée. Les papules sont tantôt isolées, tantôt fusionnées et revêtent dans ce cas l’aspect de larges placards de forme irrégulière, atteignant jusqu'à 15 centimètres de long sur 10 de large (urticaire géante). Elle s'accompagne généralement d’un prurit intruse. A la paume des mains et à la plante des pieds, l’clevure est peu considérable, la teinte moins rosée, mais il existe une sensation de prurit et do chaleur insupportables. L'urticaire s’observe aussi sur les muqueuses, dans la bouche et dans le pharynx oit elle détermine des stomatites et des angines éphémères. On la rencontre aussi sur les organes génitaux.

L’urticaire est une affection essentiellement mobile, son évolution est très rapide ; elle dure généralement quelques heures, parfois quelques minutes seulement, rarement plus de deux ou trois jours. Mais elle est très sujette aux récidives, et les poussées se succèdent quelquefois rapidement pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Cette dernière forme à laquelle on adonné le nom d’urticaire chronique, s’observe surtout chez les vieillards atteints de lésions rénales.

Les causes de l’urticaire sont nombreuses: on les divise en externes et internes. Parmi les causes externes nous signalerons le contact des orties, les piqûres ou le contact de certains animaux tels que les punaises, les puces, les chenilles, les moustics, les méduses, etc. Parmi les causes internes il faut citer l’ingestion de certains aliments; charcuterie, poissons, mollusques, crustacés, asperges, fraises, vin blanc, café, etc. Quelques médicaments tels que le copahu, le cubèbe, la térébenthine, le chloral, l’iodure et le bromure peuvent déterminer une éruption d'urticaire. Enfin les émotions morales, la colère et la frayeur peuvent donner naissance à un urticaire passager.

L’urticaire débute souvent par des signes d’empoisonnement ou d’indigestion; elle s’accompagne de frissons plus ou moins violents et la température varie entre 38 et 40 degrés. Elle atteint de préférence les goutteux et les arthritiques.

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Dans le cas d’intoxication, on commencera par administrer un vomitif. Le traitement local consiste à calmer les démangeaisons à l’aide de lotions au chloral à 2 pour 100, au bromure de potassium à 5 pour 1 no, à l’eau chloroformée à 2 pour 1,000, et à l’aiile de poudres isolantes (oxyde de zinc, poudre d’amidon, sous-nitrate de bismuth, acide salicylique). On s’abstiendra de prendre des bains, surtout des bains froids qui, chez certaines personnes, sulfis' nt à provoquer une éruption d’urticaire. On a conseillé l’aconitine à la dose de 2 ou 3 granules de 1/4 de milligramme par jour. Enfin on recommandera l’usage du lait et des eaux alcalines telles que Vichy, Saint-Galmier (lîadoit), etc.

Dr Louis Thomas.

ÜSSAT eadx minérales D’). — Ussat est un village de l'Ariege, situé entre Foix et T.trascon, dans une riante 'allée dominée par des montagnes granitiques complète ment dénudées, qui possède des eaux minérales bicarbonatées calciques et sulfatées calciques faibles, d’une température de 38 degrés, qu’on utdise en boissons, en bains et en douches contre un certain nombre d’affections utérines (leucorrhée, aménorrhée, dysménorrhée, ulcérations du col, etc.), contre la chorée, l’hystérie et les névropathies hystériques, enfin contre les phlegmasies du tube digestif et des organes urinaires. p. l.

lomistes à une artère qui naît de l’aorte, chemine dans l’épaisseur du ligament large et se termine sur les parties latérales de l’utérus en s’anastomosant avec les artères vaginale et utérine. p. l.

UTÉRUS. — Anatomie. — L’utérus ou matrice est un organe creux musculaire, situé chez la femme dans le bassin entre la vessie en avant et le rectum en arrière. Cet organe placé au-dessus du vagin forme avec ce conduit un angle obtus ouvert en avant.

On a comparé assez justement l’utérus à une poire creuse dont la grosse extrémité serait en haut et la petite en bas. Eu effet dans sa partie inférieure, environ à l’union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs, l’utérus se rétrécit et forme une portion arrondie, allongée séparée du reste de l’organe par un rétrécissement peu marqué à l’exté-

Fig. 1225. — Bassin de la femme (coupe antéro-postérieure].

1. Coupe du sacrum. — 2. Symphyse du pubis. — 3. Rectum. — 4. Utérus. — 5. Trompe utérine. — fi. Ovaire. — 7, Ligament rond. — 8. Lèvre postérieure du col de l'utérus. — 9. Cul-desac péritonéal utéro-rectal (on voit qu’il tapisse le quart supérieur de la paroi postérieure du vagin). — 10. Vagin. — 11. Cul-de-sac péritonéal utéro-vésical. —12. Cavité vésicale.

— 13. Canal de l’urèthre. — 14. Clitoris. — 15. Petites lèvres.

— IG. Grandes lèvres.

rieur et netlement indiqué à l’intérieur où il porte des noms spéciaux. 11 résulte de cette disposition qu’on a divi>é l'utérus pour l’éludier en deux portions: l’une plus volumineuse et située au-dessus de la seconde s’appelle corps de l’utérus, l’autre plus petite et située au-dessous de la première prend le nom de col.

I.e corps de l’utérus a une forme triangulaire chez la femme vierge, et est plus arrondi chez celle

UTÉRINE. — Nom donné par les anatomistes à une artère de l’utérus et à deux conduits appelés trompes qui vont de l’utérus aux ovaires.

L’artère mérine, qui naît de l’artère iliaque interne, est située entre les deux lames des ligaments larges; elle se dirige d’abord vers le col de l’utérus, puis remonte le long des bords de cet organe en lui abandonnant un grand nombre de rameaux.

Lps trompes utérines, appelées aussi trompes de Fallope, sont deux conduits membraneux, su nés dans l’épaisseur des ligaments larges, qui s’insèrent aux angles supérieurs du corps de l’utérus, en arrière des ligament- ronds, puis se dirigent transversalement vers l'ovaire au niveau duquel ils se terminent par un renflement évasé, à bords découpés en festons, auquel on donne le nom de pavillon, qui est destiné à s’appliquer sur l’ovaire. Les trompes sont percées, dans toute leur étendue, d’un canal étroit qui vient s’ouvrir dans l’utérus au niveau des angles supérieurs. Elles sont constituées : 1“ par une tuniqe musculaire formée de fibres superfici lies longitudinales et de fibres profondes circulaires; 2° par une membrane muqueuse revêtue d’un épithélium à cils vibratiles. Les trompes sont destinées a conduire les spermatozoïdes aux ovaires et à amener l’ovule dans la cavité utérine (V. FécoiiUatiori). P. l.

UTÉRO-OVARIENNE. — Nom donné par les ana-

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qui a déjà eu des enfants. On lui considère une surface externe divisée en face antérieure, face postérieure. Deux bords latéraux, un bord supérieur ou fond, et trois angles dont deux supérieurs et un inférieur.. Sa face antérieure répond à la vessie dont

Fig. 1226. — Organes génitaux internes de la femme.

V. Vagin. — U. Corps de l'utérus. — C. Partie antérieure du col de l’utérus. — 0. Ovaires. — T. Trompes utérines — P. Pavillons des trompes utérines. — R. Ligaments larges. — L. Ligaments ronds;

celle du col forme une partie rétrécie, qu’on appelle isthme de l’utérus ou orifice interne.

Le col utérin, dont la forme varie selon qu’on examine une femme vierge, une qui n’a eu que peu d’enfants, ou bien celle qui en a eu beaucoup, se présente comme un cône, un cylindre ou un barillet, d’une longueur de 2 à 4 centimètres suivant les cas. On reconnaît au col deux surfaces, une externe et une interne ou cavité. La surface externe donne insertion au vagin et on appelle portion intra-vaginale du col la partie de cet organe qui est placée audessous de cette insertion et se trouve libre dans le vagin.

Quant aux deux extrémités, l’une, supérieure, se confond avec le corps de l’utérus en se fixant à l’angle inférieur du corps de cet organe, l’autre, inférieure, se présente sous la forme d’une portion arrondie plus ou moins allongée, percée à son extrémité d’une ouverture linéaire transversale chez la vierge, et plus ou moins arrondie ou lacérée chez la multipare. On a donné à cette ouverture le nom d’orifice externe du col et à la portion arrondie de cette extrémité cervicale le nom de museau de tanche. Celte disposition trans-

elle est séparée par un repli du péritoine, sa face postérieure au rectum dont elle est également séparée par le péritoine qui la tapisse entièrement. Les bords latéraux laissent pénétrer dans l’organe les vaisseaux qui lui parviennent par les ligaments larges (V. ce mot). Le bord supérieur qui est rectiligne avant toute conception et qui s’encurve au contraire avec une convexité supérieure chez la multipare, répond aux anses intestinales qui reposent sur lui et y laissent souvent leur empreinte. Quant aux angles, les deux supérieurs donnent attache en avant aux ligaments rond<, en arrière aux ligaments de ['ovaire et entre ces deux organes aux trompes de Falhpe; l’angle inférieur répond au col de l’utérus.

La cavité du corps de l’utérus est également triangulaire, mais les bords de ce triangle sont curvilignes avec convexité tournée en dedans, si bien que, chez la femme vierge, la cavité utérine est en quelque sorte réduite à un canal médian qui se bifurque vers le tiers supérieur en deux branches se dirigeant chacune vers l’un des angles supérieurs de l’organe. On divise aussi celle cavité en face antérieure et face postérieure, toutes deux muqueuses, convexes en dedans,' en trois bords, deux latéraux et un supérieur, qui ont cette forme curviligne dont nous venons de parler, et en trois angles dont les deux supérieurs aux orifices des trompes et l'angle inférieur qui sépare la cavité du corps de

versale de l’orifice externe a fait donner le nom de lèpres aux deux parties du museau de tanche situées en avant et en arrière de cet orifice. On a ainsi une lèvre antérieure et une lèvre postérieure.

Fig. 1227. Fig. 1228.

Fig 1227. — Coupe transversale d’un utérus vierge. — A. Cavité du col et arbre de vie. — C. Cavité du corps. — 0. Isthme séparant le corps du col. — S. Tissu propre.

Fig 1228. — Corps transversal d'un utérus de femme ayant eu des enfants. — A. Cavité du col et arbre de vie. — C. Cavité du corps. — 0. Isthme séparant le corps du col. — S. Tissu propre.

La cavité du col est fusiforme. Elle est tapissée par une muqueuse et on y observe en avant et en arrière de nombreux replis obliques qui par-

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et

lent d'une saillie longitudinale auxquels on a donné le nom A'arbre de vie ou feuille de fougère.

Le volume de l’utérus varie selon qu on examine l'organe d’une fille vierge ou celui d’une multipare. Chez la première il a en moyenne les dimensions suivantes: Longueur 60 millimètres, largeur 38 millimètres, épaisseur 22 millimètres. Chez la multipare on trouve en moyenne d’après Sappey : longueur 68 millimètres, largeur 43 millimètres, épaisseur 26 millimètres. Chez les filles vierges la longueur du col est un peu plus grande que celle du corps. C’est l’inverse qu’on observe chez les femmes qui ont déjà eu des enfants.

Le poids de l'utérus est d'environ 32 à 42 grammes chez les vierges et de 48 à 53 grammes chez les multipares.

Structure. — Nous avons dit que l’utérus était un organe musculaire. Ses parois sont formées par trois couches défibrés musculaires: l’une externe où les fibres longitudinales dominent, l’autre interne où l’on observe surtout des fibres circulaires une troisième, moyenne, où les faisceaux musculaires affectent une disposition sinueuse qui permet aux divers faisceaux d’entourer les orifices des vaisseaux qui parcourent les parois utérines et de constituer ainsi autour de ces vaisseaux de véritables sphincters. Cette disposition est fort importante et fait comprendre comment la contraction des fibres musculaires utérines peut, en oblitérant les canaux vasculaires, empêcher à un moment donné des hémorrhagies fort graves.

La surface externe de l’utérus est recouverte en partie par le péritoine; sa face interne ou cavité est tapissée par une membrane muqueuse qui s'exfolie en partie à chaque menstruation et qui forme pendant la grossesse la caduque ou troisième membrane, la plus externe de Yœuf[\. ces mots.)

Le col est recouvert extérieurement pour la partie qui est intra-vaginale par une muqueuse semblable à la muqueuse vaginale, et la cavité est recouverte également d’une muqueuse qui ne devient jamais caduque. On peut apercevoir à la loupe sur cette muqueuse, dans le fond des sillons de l'arbre de vie, les orifices de nombreuses glandes qui viennent déverser à la surface internede cet organe un mucus plus ou moins abondant.

Anomalies. — Les anomalies de l’utérus sont nombreuses; les principales sont : l’absence totale, le dédoublement et le cloisonnement.

Physiologie. — L’utérus est l’organe essentiellement destiné à recevoir l’œuf fécondé, à le conserver, à favoriser son développement et finalement à l'expulser quand le temps normal est arrivé. Pour cela l'utérus a été doué de certaines propriétés qui lui permettent d'accomplir le rôle dont la nature l'a chargé.

Cet organe n’a qu’une sensibilité très obtuse, à l'état de vacuité, comme on peut s’en rendre compte en plaçant un fer rouge sur le col de la matrice, ce qui, dans un grand nombre de cas est à peine ressenti par la femme. Le corps de l’organe ne paraît pas non plus doué d’une sensibilité bien dé-

veloppée, et cependant quand on introduit un hystéromètre dans la matrice il est rare qu’on ne développe pas une certaine douleur surtout au au moment ou la sonde utérine franchit l’orifice interne. Quelquefois même ce simple sondage dé-

Fig. 1229.

Fig. 1229. — Utérus de femme vierge, vu par sa face antérieure. — M. Portion vaginale du col. — U. Isthme utérin séparant le col du corps. — P. Corps de l’utérus. — T. Trompes utérines ou de Fallope. — V. Vagin.

Fig. 1230. — Utérus d'une femme qui a eu des enfants. — M. Museau de tanche. — 0. Isthme utérin séparant le corps du col. — T. T. Trompes utérines ou de Fallope. — V. Vagin.

termine chez des femmes nerveuses des crises plus ou moins violentes. Mais quand l'utérus est malade, il devient très sensible et les douleurs ressenties dans la métrite en sont une preuve évidente. Cet or'gane peut également être le point de départ de douleurs névralgiques ou rhumatismales très intenses. Pendant la grossesse, la sensibilité de l’organe augmente certainement, puisque chez quelques femmes les simples mouvements du fœtus sont très douloureux, mais cependant la sensibilité n’est que très rarement exagérée. Quand elle le devient, c’est qu’il s’ajoute à la grossesse un certain degré de métrite, et il n'est pas rare de voir alors l’avortement être la conséquence de cet état morbide.

L’utérus est irritable, et c’est à cette propriété qu’il doit de se contracter quand on le palpe un peu fortement à travers la paroi abdominale ou quand on l’excite par la présence d’un corps étranger mis en contact du col utérin ou mieux encore introduit dans le col. Il semble que le point le plus irritable est l'orifice interne ou isthme de l’utérus, et c’est sur cette propriété que sont basées une grande partie des méthodes employées pour provoquer l’accouchement avant le terme, quand besoin est.

Cet organe est extensible ; cela ressort de la différence qu’il présente dans son volume dans l’état de vacuité et pendant la grossesse. Mais il ne faut pas croire qu’il s’amincit en se distendant, car il n’est pas rare de trouver aux parois utérines, au terme de l’accouchement, une épaisseur au moins aussi grande que celle qu’elles présentent à l’état de vacuité.

U TE

UTÉ

Mais la propriété la plus importante de l’utérus c’est la coniractil'té. De même que les autres organes creux, le cœur, la vessie, l’estomac, l'intestin, l’utérus met en jeu ses filtres musculaires et cet organe se resserre sur les corps contenus dans sa cavité. Les contractions de l’utérus sont intermittentes et irrégulières. Elles ne sont pas rythmées comme celle du cœur. De plus, elles ne sont pas toujours semblables les unes aux aulres. Il peut y en avoir deux ou plusieurs successivement assez faibles suivies elles-mêmes p ir une autre très violente. Les contractions utérines existent même sur l’utérus en état de vacuité, on s’en rend très bien compte chez certaines femmes au moment de leurs règles; elles sont même, à ce moment, fort douloureuses (V. Dysménorrhée). Mais c’est surtout pendant la grossesse et l’ accouchement que l’utérus se contracte le plus manifestement (V. ces mots).

L’excitabilité, chez quelques femmes, détermine facilement des contractions utérines (V. Avortement). Chez d’autres, l’utérus est, au contraire, si peu sensible, que l’on a les plus grandes difficultés à déterminer des contractions, alors qu'il est nécessaire de provoquer l’accouchement avant terme.

line autre propriété de l’utérus, distincte de la contractilité, c’est la rêt > actilité. C’est grâce à celte propriété que l’utérus reste toujours appliqué contre les corps contenus dans son intérieur, comme l'œuf; et c’est encore à la rétraclilité que cet organe doit de pouvoir revenir sur lui-même après l’accouchement : mouvement très important, car c’est grâce à lui que sont évilées les hémorrhagies qui arriveraient infailliblement sans cela après l’accouchement et la délivrance Mais cette rélractilité ne se produit que si l’utérus est encore susceptible de se contracter; c’est pourquoi, dans les hémorrhagies po^t partum , on dit que l’utérus est inerte, et pour le faire rétracter, on emploie tous les moyens connus pour solliciter sa contractilité. Je n’insiste pas d avantage (V. Accouchement, Avortemen >, Délivrance, etc.).

Inflammation de l’utérus. — |V. Mê ri’e.)

Déplacements de l'utérus. — L’utérus peut être dévié de sa situation normale et se trouver soit en haut, soit sur le côté de l’excavation pelvienne, soit rejeté en bas contre l’orifice vulvaire, ou saillant même hors de cet orifice.

L’élévation de l’utérus est un phénomène extrêmement rare, et cette disposition est, ou bien congénitale et due à la brièveté des ligaments suspenseurs de l’organe, ou bien acquise et produite par la présence de tumeurs abdominales ou pelviennes qui s’insinuent au-dessous de l'utérus et repoussent cet organe vers le détroit supérieur Ceci s’observe fréquemment dans les kystes ovariques, les tumeurs fibreuses utérines, l'hém itocèle rétro-utérine et les grosi-e-ses extra-utérines qui se développent dans le cul-de-^ac recto-utérin, etc.

Les déplacements latéraux de l’utérus, sont comme dans le cas précédent, symptomatiques d’un état pathologique particulier qu’il est assez souvent difficile de reconnaître. Quant au traitement de ces deux modes de déplacements (verticaux et latéraux), on comprend facilement qu’il sera celui-là même de la cause qui a produit la dévia-

tion, c’est-à-dire du kyste de la tumeur, de l’hématocèle, etc...

Les déplacements en bas de la matrice ont été divisés en trois espèces, selon le degré même de cette modification de rapports. Il y a Va haïsse ment la démérité et la chute qui s’appliquent: le premier ou la perte des rapports normaux, l'ulérus étant descendu dans l’excavation pelvienne au point que son col est en contact avec le plancher du bassin. Dans le deuxième degré, le col utérin fait, hernie à la vulve et enfin dans le troisième ou chute de l’utérus, cet organe est plus ou moins sorti hors des organes génitaux externes et une plus ou moins grande partie de lui-même pend entre les cuisses de la femme.

L’abaissement de la matrice est souvent le résultat d’uu effort plus ou moins vio ent ou d’une chute ou d’une commotion extérieure quelconque; mais il faut encore admettre une certaine p ^disposition antérieure Si les ligaments s ispenseurs de l’organe avaient conservé leur inégalé et leur résistance, si les tissus environnants ne s'étaient pas ramollis pour des raisons diverses, si le plancher du bassin, le périnée, l’orifice vulvaire n’avaient pas eux-mêmes subi des distensions ou des déchirures plus ou moins étendues, la chute de la matrice ne se serait probablement pas produite sous l'influence du seul effort musculaire. Un peut donc

Fig. 1“231.

Descente ou prolapsus de l’utérus, avec allongement de la portion vaginale du col de l’utérus Taisant saillie au dehors.

dire que le déplacement de la matrice par en bas n’arrive que chez des femmes à chairs flasques dont les ligaments ont été distendus outre mesure et même rompus à la suite d’accouchements fréquents et qui présentent en outre des déchirures plus ou moins profondes du périnée.

L’abaissement de la matrice peut se faire brusquement ou graduellement. Il peut arriver que chez des femmes disposées à cet accident, une

cause extérieure produise immédiatement la sortie de la matrice hors de la vulve. Mais cette forme de l’abaissement est presque toujours précédée du premier degré que nous avons indiqué. Dans des cas plus nombreux, on peut en quelque sorte suivre les divers degrés de l'abaissement et constater d’année en année une aggravation de cet état jusqu’à ce que la chute soit complète.

Le traitement variera naturellement selon le degré d’abaissement et aussi selon l’état d’intégrité de la vulve et du périnée. Quand ces derniers sont intacts, on peut tenter de maintenir l’utérus simplement abaissé ou même faisant légèrement hernie à la vulve, avec des pessaires appropriés. Parmi les plus simples nous citerons une simple éponge fine imbibée d’un liquide antiseptique et légèrement astringent, que la femme retire tous les soirs en se couchant. On peut employer de même un tampon de ouate recouvert de glycérine. Puis viennent les pessaires en anneau, en gimblette, ou en 8 de chiffre, soit en caoutchouc, soit en aluminium. Tous ces appareils prennent leur point d’appui sur le plancher et les parties latérales du bassin. Mais quand le périnée a été largement déchiré, il faut des pessaires plus volumineux qui s’appuyent ou sur les branches ischo-pubiennes ou sur un coussin périnéal maintenu lui-mcme en place par une ceinture pelvienne; mais ces moyens contentifs sont difficiles à maintenir en place, gênent la marche et les malades demandent un soulagement plus efficace. On pratique alors une sorte de périnéorhaphie plus étendue, nommée êpisioraphie. Dans cette opération, outre que l’on reconstitue le périnée lacéré, on provoque la soudure des trois quarts inférieurs des grandes lèvres. On peut encore obtenir une diminution du calibre du vagin en provoquant la réunion après avivement des parois latérales de ce conduit. C’est ce qu’on appelle le cloisonnement du vagin.

Déviations de l'utérus. — L'utérus peut encore subir diverses modifications de position. Ainsi, on peut voir cet organe s’incliner davantage en avant, son fond tombant en quelque sorte sur la symphyse pubienne, ou au contraire en arrière, le fond de l’organe se mettant en rapport avec le rectum et le col venant s’appuyer derrière la symphyse pubienne. On a donné à la première de ces déviations le nom de antéversion , à la seconde celui de rétroversion. 1/utérus peut encore s’incliner vers l’un des côtés du bassin et constituer un troisième genre de déviation, la latéroversion. 11 n’est pas rare d’observer ce dernier déplacement concurremment avec Lun des deux autres. De ces divers déplacements les deux premiers, l’antéversion et la rétroversion simples ou compliquées de latéroversion, sontbeaucoup plus fréquents que les latéroversions simples.

L’antéversion qui n’est que l’exagération de l’inclinaison normale de l’utérus est la plus observée des deux déviations. 11 est assez difficile d’indiquer les causes de ces déplacements et tout en faisant entrer en ligne de compte le poids des intestins, la constipation habituelle, la présence d’un fibrome dans la paroi antérieure de l’organe, la brièveté des ligaments utéro-sacrés, l’esprit ne Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

se déclare pas complètement satisfait. Mais il est rare que cette déviation produise des troubles bien considérables ; souvent les femmes se plaignent d’envies fréquentes d’uriner et de points douloureux situés sur les côtés dans les régions iliaques. De plus ces diverses sensations pénibles disparaîtraient par le décubitus dorsal.

La rétroversion, dont les causes ne sont guère plus connues, enlraîne avec elle des troubles plus prononcés, parmi lesquels il faut citer la difficulté dans la miction produite par la pression qu’exerce le col sur le canal de l’urèthre en arrière de la symphyse pubienne, la sensation d’un poids en arrière sur le rectum, déterminant de fréquentes et inutiles envies d’aller à la garde-robe, les douleurs éprouvées par le cahot des voitures et par le seul fait de s’asseoir sur un meuble un peu dur. Dans ces deux cas les femmes éprouvent la sensation d’un poids qui serait poussé en haut dans le bassin. Le repos au lit chez ces femmes n’amène aucun soulagement des douleurs qu’elles accusent de tous côtés.

Dans les latéroversions, les phénomènes nerveux dominent, à moins que cette situation ne vienne s’ajouter à l’une des deux autres déviations dont je viens de parler et dont on retrouve alors les divers symptômes.

Le diagnostic de ces déplacements doit se faire par le toucher vaginal combiné avec le palper abdominal et même le toucher rectal.

Le traitement de ces déviations, on peut le dire, est difficile et souvent même inefficace. Dans l’antéversion, on peut se contenter d’une ceinture hypogastrique qui repousse le fond de la matrice dans le milieu du bassin et qui surtout soulève le paquet intestinal, soulageant aussi l’utérus du po’ids qu’il supporterait sans cela. On peut y ajouter des tampons de ouate glycérinés placés en arrière du col et destinés à ramener celui-ci en avant, ou encore, certains pessaires en forme d’anneaux avec une courbe postérieure particulière et qui remplissent le même but.

Dans les rétroversions on doit toujours tâcher de les réduire sans violence. Cela peut se faire soit avec le doigt aidé de la sonde utérine ou d’un ballon à air placé en arrière dans le rectum. Dans les cas où l’utérus a contracté des adhérences, il faut bien se garder de les détruire, mais il faut laisser l’utérus dans la place qu’il occupe et se contenter de traiter les symptômes qui sont le plus généralement des phénomènes nerveux ou congestifs. J'ai eu personnellement à me louer de l’emploi du cautère actuel dans de semblables circonstances.

Flexions de l’utérus. — Elles sont caractérisées par ce fait que l’utérus au lieu de conserver un axe longitudinal à peu près rectiligne, se courbe sur lui-même soit en avant, soit en arrière, soit sur le côté. Nous aurons alors une anté/lexion, une rétroflexion , ou une latéroflexion. Ces états qui compliquent souvent les déplacements que nous avons étudiés plus haut, ont à peu près les mêmes symptômes de douleurs nerveuses, de troubles généraux et locaux. Leur diagnostic se fait également à l’aide des recherches combinées du

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