VAG
ovaires. On y remédie par des pessaires appropriés ou par une épisiorrhaphie complémentaire d’une périnécorrhaphie généralement obligatoire.
Kystes et polypes du vagin. — Le vagin peut être le siège de kystes séreux dont le développement est quelquefois assez considérable pour gêner le coït ou l’accouchement. Leur ponction est facile, et leur guérison s’obtient par une large incision de la paroi suivie d’une cautérisation de la cavité ou d’un simple tamponnement.
On rencontre aussi, mais rarement, des polypes fibreux et des polypes muqueux qui prennent naissance sur les parois du vagin, et auxquels on applique le traitement ordinaire de ces sortes de production.
Corps étrangers du vagin. — On trouve assez souvent dans le vagin des corps étrangers de natures diverses. Ce sont ou des pessaires laissés en place depuis plusieurs années et qui se sont en quelque sorte incrustés dans les parois de ce canal, à la suite d’un travail inflammatoire, au point qu’on a de grandes difficultés à les extraire, ou des corps qui ont pénétré accidentellement et qui ont déterminé des désordres plus ou moins considérables : hémorrhagies, inflammation, écoulements purulents et putrides, fistules rectale ou vésicale, tissus cicatriciels, brides transversales ou longitudinales, etc. Leur extraction nécessite souvent beaucoup de temps et des opérations chirurgicales variées. Enfin, on trouve encore dans le vagin des objets introduits et abandonnés à la suite de masturbation. Ces corps, d’un volume plus ou moins considérable, ont presque toujours une forme cylindrique. Parmi ceux qui ont été trouvés le plus fréquemment, nous signalerons, les étuis à aiguilles, qui s’ouvrent même assez souvent pendant les manœuvres et laissent échapper leur contenu dont la recherche n’est pas toujours facile, les verres de lampes, ou les verres à boire, qui se cassent et dont les morceaux déterminent des lésions assez graves, etc. m a. de soyre.
VAGINALE. — Nom donné par les anatomistes aux artères du vagin et à la membrane séreuse qui enveloppe le testicule (V. Scrotum). L’artère vaginale, branche de l’hypogastrique, se porte sur les côtés du vagin, dans les parois duquel elle se ramifie. p. l.
VAGINISME. — Le vaginisme est une sorte de sensibilité et d’irritabilité du vagin et du sphincter de la vulve telle, que la seule sensation d’un corps étranger, l’idée même que ce corps va être introduit, suffit pour déterminer une contraction j spasmodique du vagin et du sphincter vulvaire si forte qu’il est impossible de la vaincre sans le se- I cours de l’anesthésie. J’ajoute que, même profondément endormies par le chloroforme, j’ai vu de jeunes femmes atteintes de cette affection opposer encore une résistance énergique à la simple introduction du doigt dans le vagin.
Celte contraction peut être passagère, intermittente, n’avoir lieu même que lorsqu’il est question I d’un objet quelconque dans le vagin, ou exister ij d’une façon continue, permanente. On l’observe Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
beaucoup plus souvent chez les jeunes femmes nulli pares que chez celles qui ont déjà eu des enfants, quoique le vaginisme ait été signalé plusieurs fois chez ces dernières.
On a attribué le vaginisme à la présence d’altérations diverses de la muqueuse vaginale ou vulvaire, à l’existence d’érosions, d’ulcérations siégeant à la fourchette, de fissures à l’entrée du vagin, etc. Mais si le vaginisme s’observe dans quelques-uns de ces cas, il faut bien dire que d’autrefois, la femme étant anesthésiée, on n’a rien pu remarquer qui expliquât cette hypertrophie vulvaire. Mais il faut ajouter que celte affection se rencontre de préférence chez les personnes hystériques et rhumatisantes.
Le traitement du vaginisme est simple. Si l’on a observé quelque lésion qu’on puisse accuser de déterminer cette contracture, il faut faire disparaître cette cause et dans tous les autres cas beaucoup plus fréquents où l’on n’a rien trouvé d’insolite, c’est à la dilatation brusque avec déchirure de l’anneau vulvaire, par les doigts, qu’il faut s’adresser, comme pour le traitement de la fissure à l’anus.
La malade sera préalablement anesthésiée.
Toutes les tentatives de dilatation graduelle avec des dilatateurs en métal, en bois, en verre ou en caoutchouc, ne m’ont jamais donné de résultats sérieux dans les cas de vaginisme prononcé.
Dr A. de Soyre.
VAGINITE. — La vaginite est l’inflammation de la muqueuse du vagin. Cette affection peut être aiguë ou chronique.
On divise la vaginite en simple, blennorrhagique et granuleuse.
1° La vaginite simple qui est le résultat d’une irritation produite soit par la malpropreté, l’abus du coït, la masturbation, la présence d’un corps étranger, l’emploi d’injections trop irritantes, etc., se guérit facilement par la suppression de la cause qui a donné naissance à l’inflammation, l’usage de bains de siège et d’injections tièdes et émollientes ; si on ne prend pas ces précautions, la vaginite passe à l’état chronique et donne naissance à un pus mélangé de mucosités et de produits épithéliaux qui baigne constamment les organes génitaux. Un des inconvénients de celte vaginite chronique est de déterminer des ulcérations, des érosions et un prurit vulvaire extrêmement désagréable.
2° La vaginite blennorrhagique est malheureusement trop fréquente, elle s’accompagne presque toujours d’uréthrite et de vulvite. Elle est caractérisée par la tuméfaction de la muqueuse, de la douleur, une chaleur plus ou moins vive, de la rougeur et la présence d'un muco-pus qui baigne tout l’intérieur du canal vaginal et séjourne dans les sillons que nous y avons décrit. Ce muco-pus, contrairement aux autres sécrétions vaginales, une réaction alcaline, et l’examen au microscope permet d’y reconnaître la présence des Gonococci de Neiner.
Il n’est pas rare d’observer l’engorgement concomitant des ganglions de l’aine qui peut se terminer par résolution ou par suppuration (V. Bubon).