‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 332 sur 344 · VII · texte numérisé non relu

VII

après cinq années de fonctionnement « de l’amélioration sensible de l’état sanitaire de Memphis, naguère l'une des villes les plus insalubres de l’Union. (Rapport des Ingénieurs délégués par le Gouvernement central de Washington.)

Si, après la description, impartiale et fidèle, de

Tig. 1268. — Bassin de chasse automatique; arrivée de l'eau; siphon hydraulique en communication avec l’égout.

ces trois systèmes d’assainissement, nos lecteurs nous adressaient ce point d’interrogation, mais quel est à votre avis le meilleur des trois?

Nous répondrions, sans hésiter, avec la Commission supérieure technique de l'assainissement de Paris (dont nous avions l’honneur de faire partiel; dans la situation actuelle des égouts de la Capitale, aucun des trois systèmes, malgré les avantages

Fig. 1269. — Coupe horizontale du siphon annulaire automatique de Rogers Field.

incontestables qni les caractérisent, ne peut recevoir une application géw ra isée à tous les quartiers et arrondissements. Toutefois, le plus facilement et le plus promptement généralisable, c'est encore le système du « tout à l'égout », ou pour mieux dire, du « tout ]>ar i égout ».

Nous ne nous attarderons pas a démontrer les heureux résultats obtenus, sur Rabaissement du taux de la morbidité et delà morfalilé dans les villes d’Europe et d’Amérique, actuellement pourvues d’un bon système de vidanges, car les statistiques médicales de Londres, de Bruxelles, de Dantzig, de Breslau, de Erancfort-sur-Ie-Mein, sont là pour mettre en pleine lumière ce grand fait hygiénique et sanilaire. L’exemple le plus frappant nous est fourni par la ville de Berlin. En 1871, sa mortalité s’élevait au chiffre énorme de 3(J décès pour 1,000 habitants. En 1885, après les travaux d’assainissement

qui y ont été exécutés, d'après les principes sanitaires exposés plus haut, le taux de mortalité oscille entre “26 et 28 p. 1000 !

Et pour ce qui concerne, plus spécialement, l’assainissement de la maison, en rapport avec la maladie et la mort, quels chiffres plus éloquents que ceux-ci :

1 maison atteinte sur 40 maisons canalisées.

' — — 0 — non canalisées.

I cas de mort — 137 — canalisées.

1 — — 43 — non canalisées.

Si maintenant, au lieu d’envisager des capitales de construction et de date déjà anciennes, nous arrêtions notre pensée sur ces villes de date récente des Etats-Unis, sortant de terre comme par enchantement. nous ne pourrions réprimer aisément nos sentiments d’admiration.

Voici la ville de Pullman, dans minois, que nous avons présentée aux lecteurs du Journal d'Hygiène comme « une ville sanitaire modèle ». La première maison y a été occupée le 1er janvier 1881 . et au 1er juillet 1885, la population y atteignait 8,500 habitants (moitié autochtones américains, moitié émigrants allemands et suéuois.)

Les développements de la ville se sont accomplis sur des plans étudiés à l’avance, avec un système d'égouts à double canalisation (système Waring),o! utilisai ion agricole des eaux d'égouls sur une ferme modèle de 57 hectares, située à 5 kilomètres.

Le premier fait à noter dans letude de la morbidité de celte ville récente, c’est l’absence complète des affections de nature malarique. Les travaux de drainage et d’assain ssement ayant précédé l’agglomération de ses habitants, les germes, ou émanations délétères, que pouvaient contenir ces terrains vierges se sont trouvés lefhargisés ou détruits sur place.

Le second fait, très important aussi, et qui tient jusqu’à un certain point du merveilleux, c’est le taux excessivement bas de la mortalité de la ville de Pullman.

Cette mortalité moyenne est représentée par le chiffre de 7 décès pour 1,000 habitants.

Le taux moyen de mortalité annuelle pour les villes des Etats-Unis, oscille autour du chiffre de 21 p. 1 ,000 habitants.

Voila donc, en résumé, un exemple frappant des magnifiques résultats obtenus par l’application intelligente, et régulière, des vrais principes de la science sanitaire.

Pour compléter cet article, après avoir étudié les conditions des matières de vidanges, au sortir de la maison, et dans leur parcours souterrain a travers la ville, il nous reste à les considérer au terme de leur circulation, aux lieux de transformation de destruction et d’utilisation.

Disons de suite que tous les procédés, mécaniques ou chimiques, employés au traitement des eaux d’égouts, ceux-là même qui avaient réussi dans les laboratoires des écoles, ont échoué lors qu’ils ont été appliqués, sur une vaste échelle, dans le grand laboratoire de la nature.

Actuellement à Paris, il n’existe que quatre pro-

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