‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 333 sur 344 · VII · texte numérisé non relu

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cédés réellement pratiques pour le dit traitement des matières excrémentitielles.

1° La fabrication de la poudrette et des engrais qui s’effectue dans les dépotoirs (type voirie de Bondy) ;

2° La production des sulfates d’ammoniaque, dans les usines de Billancourt, de Puteaux, etc., (usines qui pourraient remédierïauxfnombreux inconvénients qu'elles occasionnent aux populations environnantes, en traitant les matières en vases hermétiquement clos);

3° L’épuration sur de vastes surfaces de terrains arides et sablonneux;

4° L’utilisation agricole sur des champs de culture, comme cela se pratique journellement dans la presqu'île de Gennevilliers. Par l'irrigation dirigée sur un sol perméable, les eaux d’égouts deviennent non seulement inoffensives, mais encore productives et fertilisantes.

Nous ne signalerons que pour mémoire le projet grandiose du canal à la mer , comme moyen d’assainissement de la Seine et de la Capitale. Sa réalisation ne sera possible et désirable, que le jour où l’on aura la certitude de pouvoir déverser sur de vastes plaines de culture parcourues par le canal, les eaux d’égouts de la grande agglomération parisienne, sans modifier en rien les éléments de fertilisation qu’elles renferment , et qu’il serait aussi illogique que. barbare, de confier en pure perte aux flots de l’Océan.

Ce dernier procédé qui date de temps immémorial à l’état d'empirisme, et qui a été sanctionné parla chimie agricole moderne, constitue en réalité la solution de l’avenir.

Les premiers essais de Gennevilliers, sous l’inspiration et la surveillance de deux éminents ingénieurs, Mille et Alf. lJurand-Claye, datent du mois de juin 1 869.

Les eaux d’égouts de la Ville, élevées à l’usine de Clichy, à l’aide de pompes centrifuges spéciales, sont refoulées dans des conduites métalliques qui gagnent la plaine de la presqu’île. La répartition sur ce sol (couche d'alluvion de 7 à 10 mètres d’épaisseur, recouverte d’une mince couche de terre végétale), se pratique à l’aide de raies séparées par des billons, des rigoles d’imbibition, devrais colmatages.

Au point de vue de la salubrité, comme au point de vue économique, les résultats de l’opération, véritable exploitation pratique, sont des plus satisfaisants: des terres sans valeur agricole, situées entre le village de Gennevilliers et la Seine, ont été transformées en terrains maraîchers. Les légumes sont excellents et vendus, avec faveur, survie carreau des Halles. Un village dit les Grésillons , s’est créé au milieu des terrains irrigués, et l’état sanitaire y est excellent.

« L’expérience a parlé, dirons-nous avec Alf. Durand-Claye, et le puissant et merveilleux instrument d’assainissement que nous offre le sol, les plantes, a définitivement montré sa supériorité sur les procédés bâtards d’épuration mécanique ou chimique. »

En résumé, grâce aux procédés fournis par la science moderne , les substances qui portaient

atteinte à la santé publique ont été transformées en source de richesse agricole; non seulement le mal a disparu, mais il est devenu une source féconde de bien.

L’hygiène des populations a été une fois de plus sauvegardée : l’agriculture a recueilli des profits incalculables, et la grande loi naturelle de la restitution a reçu la plus éclatante des satisfactions.

Projet de règlement relatif à l’assainissement de Paris. — Dans les premiers jours du mois de mars 1887,1e Conseil municipal de Paris, après plusieurs séances de discussions sérieuses, a adopté le projet de règlement relatif à l’assainissement de la capitale qui lui avait été soumis par la Commission technique supérieure, dite de l’assainissement de Paris. Ce règlement comprend les mesures à prendre dans l’intérieur des immeubles, pour le meilleur mode d’évacuation des matières de vidanges, depuis la maison jusqu’à une destination indéterminée qui fera l’objet d’autres études.

En raison de la longueur de ce document, nous nous bornerons à transcrire ici les dispositions principales qui, rigoureusement appliquées, assureront désormais l’hygiène et la salubrité de la maison et de la rue.

Article premier. — Dans toute maison à construire, il devra y avoir un cabinet d’aisances par appartement, par logement, ou par série de trois chambres louées séparément.

Art. 2. — Tout cabinet d’aisances devra être muni de réservoirs ou d’appareils branchés sur la canalisation, permettant de fournir dans ce cabinet une quantité de 10 litres d'eau au minimum, par personne et par jour.

Art. 3. — L’eau ainsi livrée dans les cabinets d’aisances devra arriver dans les cuvettes de manière a former une chasse suffisamment vigoureuse. (Les systèmes d appareils seront examinés et reçus par le service d’assainissement de Paris.)

Art. 4. — Toute cuvette de cabinet d’aisances sera munie d’un appareil formant fermeture hydraulique et permanente.

Art. 6. — 11 sera placé une inflexion syphoïde formant fermeture hydraulique à l’origine supérieure de chacun des tuyaux d’eaux ménagères.

Art. 7. — Les tuvaux de descente des eaux pluviales seront munis d’obturateurs interceptant toute communication directe avec l’atmosphère. Les tuyaux devront être aérés d’une manière continue.

Art. 8, 9 et 11. — Diamètre des conduites et tuyaux; leurs dispositions jusqu’au faîtage, et jusqu’au branchement; tracé des tuyaux secondaires.

Art. 10. — La projection des corps solides, débris de cuisine, de vaisselle, etc., dans les conduites d’eaux ménagères et pluviales, ainsi que dans les cuvettes des cabinets d aisances est formellement interdite.

Art. 12. — L’évacuation des matières de vidange pourra être faite, soit directement à l’égout, soit par tout autre système de canalisation spéciale accepté par le Conseil municipal.

Art. 13, 14, 13, 16, 17, 18, 19 et 20. — Dispositions, diamètres et composition des tuyaux d’évacuation dans le système de l’écoulement direct a l’égout; installation des siphons formant fermeture hermétique; conditions techniques du branchement avec l’intérieur de l’immeuble.

Art. 21 à 23. — Délais accordés aux propriétaires pour sc mettre en règle.

Art. 24. — Redevances que les propriétaires paieront pour curage et entretien des égouts ou des conduites spéciales après suppression des fosses fixes. (Taxe de 60 fr. par tuyau de chute.)

Un projet de délibération conforme aux indications précé-

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