‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 341 sur 344 · TOK A Y · texte numérisé non relu

TOK A Y

Vin de Banyuls très vieux 22 litres

Infusion de brou de noix 1/4 —

— d’iris de Florence 1/4 —

Esprit de framboises 1/2 —

Sirop de raisin a 33° 11/4 —

Alcool à 83° 1 —

Opérez également comme pour le Madère.

Vins mousseux. — Imitations. — La Bourgogne

et la Touraine produisent des vins mousseux, mais aucun d’eux ne présente les qualités du Champagne. C’est dans les environs de Reims et d’Epernay que se trouvent les coteaux les plus renommés pour la production des vins de champagne. Le département de la Marne en produit, à lui seul, environ 450,000 hectolitres, sur lesquels on expédie à l’étranger de 15 à 16 millions de bouteilles. Depuis longtemps, la consommation du vin de champagne a pris, en France et à l’étranger, fine telle extension, que les vins récoltés en Champagne sont loin de suffire; aussi les fabricants viennent chercher dans les pays environnants la plus grande partie du vin qui leur est nécessaire.

On fabrique aujourd’hui des vins dits de Champagne avec les vins blancs de Lorraine, de Bourgogne, de la Côte-d’Or, de l’Anjou, etc. On se sert

VIN

même de piquettes de raisins secs ou de poiré. On clarifie les vins blancs, servant à la fabrication du Champagne avec du tannin, de la gélatine et de l’alun; on les sucre, puis on les fait fermenter en bouteilles. On pratique le dégorgement comme pour le vin de Champagne. Ces vins sont vendus généralement sous le nom de Tisane.

Les vins mousseux de Saumur, d'Arbois, de Limoux, de Bergerac, etc., se préparent avec des vins de différents crus auxquels on fait subir la seconde fermentation en bouteilles, avec ou sans addition de sucre.

Depuis quelques années, certains fabricants se livrent aune imitation grossière qui consiste à mettre en bouteilles, comme de l’eau gazeuse, des vins blancs non mousseux chargés d’acide carbonique à l’aide d’appareils spéciaux.

Inutile de dire que ces vins fabriqués sont loin de présenter la qualité et la légèreté des vins de champagne. Dr Paul Labarthe

VINS MÉDICINAUX. — Les vins médicinaux sont des médicaments officinaux liquides qui résultent de l’action dissolvante du vin sur une ou plusieurs substances organiques ou inorganiques. Four préparer ces vins, il ne faut se servir que de vins de nature et de qualités supérieures. On emploie, suivant les indications, les vins rouges, les vins blancs ou les vins de liqueur. Les vins médicinaux peuvent se préparer par solution, par macération, par mixtion ou par les teintures alcooliques. La solution consiste à mettre dans le vin un corps complètement soluble (sel, extrait ou teinture) et à filtrer aussitôt après. C’est le procédé le plus simple et le plus rapide. La macération consiste à introduire dans le vin, contenu dans un vase, les substances grossièrement pulvérisées au préalable, à boucher le vase hermétiquement, et à laisser macérer le tout pendant 8 ou 10 jours, en ayant soin d’agiter de temps à autre, puis à passer le liquide par expression et à filtrer. Ce procédé est applicable au plus grand nombre de cas. Quant aux teintures alcooliques, elles permettent de préparer spontanément les vins médicinaux. Il suffit de verser 30 à 60 grammes de teinture par litre de vin. Mais les teintures ont l’inconvénient de ne pas représenter exactement tous les principes actifs des plantes employées, car ils ne contiennent que ceux qui sont solubles dans l’alcool. Disons, pour finir, que les vins médicinaux sont simples ou composés, suivant qu’une seule ou plusieurs substances entrent dans leur composition. Les vins les plus généralement employés sont à base de quinquina , de colombo, de coca, de cacao, de lacto-phosphale de chaux, etc. (V. ces mots.) r. l.

VINAIGRE. — V. (Acétique [acide J.)

VINAIGRE DE PENNÉS. — Ce vinaigre, inventé par le pharmacien aussi laborieux que modeste qui a déjà doté la thérapeutique et l’hygiène des bains de Pennés (V. ce mot), est un produit spécial composé d’acide salicylique, d’acétate d’alumine, d’alcoolés d’eucalyptus, de lavande, de benjoin et de verveine, et d’acide acétique à 8", associés d’après

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une formule parfaitement conçue, de façon à combiner dans les meilleures proportions les propriétés particulières de chacun de ces produits, propriétés que nous rappellerons en quelques mots, renvoyant pour plus de détails à l’article spécial consacré à chacun d’eux dans le Dictionnaire.

L’acide salicylique est à la fois un antiseptique puissant, un antiputride et un désinfectant très énergique. L’acétate d’alumine est antiseptique et astringent. L’eucalyptus joint à des propriétés désinfectantes et antiseptiques remarquables une odeur suave aromatique. La lavande jouit également d’une odeur forte, pénétrante et très agréable; elle jouit de plus de vertus excitantes et résolutives. Tout le monde connaît l’odeur exquise du benjoin due à l’acide benzoïque, et aucun médecin n’ignore ses sérieuses propriétés antiseptiques. Quant à la verveine, indépendamment de son parfum recherché, elle possède des propriétés stimulantes. Enfin l’acide acétique agit comme caustique, modificateur et cicatrisant.

Le vinaigre de Pennés, d’après sa composition, est donc désinfectant, antiputride, antiseptique, stimulant, cicatrisant et hygiénique.

11 a été employé avec succès et recommandé par les professeurs et les chirurgiens des hôpitaux Richet et Verneuil, de l’Institut, Trélat, Lefort, Marc Sée, Nicaise, Perrier, Pozzi, Gillette, Terrillon, Lucas- Championnière, de Saint-Germain, etc., comme pansement antiseptique des plaies superficielles et profondes accidentelles, des plaies d’amputations, des plaies scrofuleuses avec clapiers et foyers anfractueux; comme stimulant et cicatrisant des plaies et des ulcères atoniques; comme antiputride et désinfectant des plaies odorantes ou putrides, des plaies gangréneuses, des cancers ulcérés, dont il fait disparaître, pour ainsi dire instantanément, l’odeur horrible et repoussante pour les malades et pour ceux qui les approchent. Dans ces divers cas, il s’emploie à la dose de 1 partie de vinaigre pour 4, 6 ou 10 parties d’eau suivant les cas.

Les professeurs Laboulbène, Cornil, Grancher, Potain, Bail, les médecins des hôpitaux Landrieux, Martineau, Siredey, Dujardin-Beaumetz, Cadet-Gassicourt, D'Heilly, Huchard, Sevestre, Labadie-Lagrave, etc., l’ont expérimenté et prôné dans le traitement externe des maladies contagieuses et virulentes, telles que la fièvre typhoïde, la rougeole, la scarlatine, la variole, etc., soit en pulvérisation, soit en lotions sur le corps, étendu de 5 à 8 fois son volume d’eau selon les cas.

Labadie-Lagrave, en particulier, après l'avoir longtemps et largement employé, alors qu’il était chargé du service spécial des varioleux h l’hôpital Saint-Louis, a écrit ceci : «Le vinaigre de Pennés a réalisé dans nos mains les brillantes espérances que sa composition chimique nous avait permis de concevoir. Employé sous forme de pulvérisation, le jet de vapeur antiseptique, dirigé sur la face et sur les téguments, facilite singulièrement le détachement des croûtes que laissent après elles les pustules varioliques, et masque l’odeur parfois si repoussante qu’exhale le corps des malades. C’est surtout dans les phases consécutives de la variole, et principalement dans celles de la dessiccation, que

DlCriO.NN.URE P3PDL.VIRS DE MÉDECINE USUELLE

cette pulvérisation rend les plus grands services. A l’action produite par tout jet de vapeur sur les croûtes, se joint en effet l’action qui s’exerce sur les surfaces sous-jacentes dont la cicatrisation est manifestement hâtée. Les malades aiment cette pulvérisation et la réclament. L’odeur du vinaigre antiseptique de Pennés est agréable et fine. Ces pulvérisations commencées de bonne heure, dès le 10e ou le 12e jour d’une variole cohérente, et surtout dirigées sur le visage des varioleux, sont répétées 4 ou 5 fois dans la journée ; elles détournent les malades du grattage en calmant les démangeaisons, et effacent, en favorisant la cicatrisation, les hideux stigmates (marques gravées) que la maladie laisse si souvent après elle. »

Jules Simon, médecin de l’hôpital des Enfants, dit que « le vinaigre de Pennés étendu de deux tiers d’eau, lui a rendu de véritables services, dans la diphthérie, en attouchements dans la gorge ».

Le professeur Courty, de Montpellier, Descroisilles, Audhouy, médecins des hôpitaux, LucaS- Championnière, Chéron, etc., ont constaté les excellents effets de ce produit chez les femmes en couche, dans les maladies puerpérales et bon nombre de maladies des femmes, en injections et lavages intra-utérins contre les lochies fétides, en irrigations vaginales contre les ulcérations da col, et surtout dans le traitement des leucorrhées (fleure blanches), contre lesquelles on ne saurait trop le recommander.

Guibout, médecin de l’hôpital Saint-Louis, a fait un large emploi du vinaigre de Pennés contre les maladies de peau et le considère «commeun topique de grande valeur, toutes les fois qu’une dermatose ne présente aucun caractère inflammatoire, comme le prurigo, le lichen, le prurit scrotal, ou bien quand cette affection est arrivée à sa période de déclin, ayant perdu son cachet phlegmasique primitif, comme l’eczéma à sa quatrième période.» Guibout l’emploie en applications, coupé avec parties égales, doubles, triples, quadruples et même quintuples d'eau, suivant les cas; il imbibe de ce mélange des compresses de toile, en plusieurs doubles, qu’il applique sur les parties malades, et dont il renouvelle l’imbibition aussi souvent que cela est nécessaire.

Martineau, Pozzi, Mauriac, Labarthe, l’ont appliqué au pansement des chancres simples, des chancres phagédéniques, des végétations et des plaques muqueuses, et en ont retiré de très bons effets, en l'employant pur ou coupé d’eau par moitié, par tiers ou par quart, selon les cas. Inutile d’ajouter qu’on peut l’employer de la même manière contre les morsures et piqûres venimeuses.

Beaucoup de personnes se servent de vinaigre de Pennés étendu d’eau comme dentifrice, et nombre de dames l’utilisent pour leur toilette intime quotidienne. Rappelons enfin que le vinaigre de Pennés est un excellent liquide pour l’embaumement des cadavres (V. Embaume ment).

Pour terminer, ajoutons que, au point de vue hygiénique, le vinaigre de Pennés étendu d’eau et en pulvérisation, désinfecte très rapidement et neutralise les émanations des salles d’hôpital et des chambres de malades, et qu’on peut encore l’utili-

mo

vio

ser pour assainir l’air dans les lieux d’aisances, les navires, les ateliers et toutes les salles où se trouvent réunies, pendant un certain temps, un grand nombre de personnes. nr p.-l. Saint-Antonin.

VIOL. — Médecine légale. — Et d’abord voici les articles du Code pénal qui concernent les individus coupables de viol :

Législation. — Code pc'nal. — Art. 332. — Quiconque aura commis le crime de viol, sera puni des travaux forcés a temps. Si le crime a été commis sur la personne d’un enfant au-dessous de l’âge de 13 ans accomplis, le coupable subira le maximum de la peine des travaux forcés à temps.

Art. 333. — Si les coupables sont les ascendants de la personne sur laquelle a été commis l'attentat, s’ils sont de la classe de ceux qui ont autorité sur elle, s’ils sont ses instituteurs ou ses serviteurs k gages, ou serviteurs à gages des personnes ci-dessus désignées, s’ils sont fonctionnaires ou si le coupable, quel qu’il soit, a été aidé dans son crime par une ou plusieurs personnes, la peine sera celle des travaux forcés a perpétuité dans les cas prévus par l’article précédent.

Qu est- ce que le viol? — Le viol est l’acte par lequel un homme abuse d’une femme avec violence, que celte femme soit vierge ou déflorée. — Par violence la loi entend non seulement l’usage de la force physique, mais aussi l’emploi des substances anesthésiques et narcotiques capables de produire momentanément la résolution musculaire et de priver la femme de ses moyens de résistance. La possession d'une femme sans son consentement, que celte possession ait lieu par ruse ou par violence, tombe sous l’application de l’article 332. Un individu qui s’introduirait clandestinement dans le lit d’une femme et se substituerait au mari se rendrait coupable de viol. (Arrêt de la cour de cassation du 25 juin 1857.)

Le caractère distinctif du viol et de l’attentat a été posé d’une manière très nette par Tardieu :

« L’intromission complète avec ou sans défloraison, caractérise le viol; la non intromission est propre au simple attentat. »

Cette distinction a été admise par la plupart des tribunaux étrangers. En Angleterre et en Écosse, la loi contre le viol n’est appliquée que lorsque l’intromission a été complète; lorsque l’experiise médicale démontre que l’entrée du vagin n’a pas été forcée, le cas est considéré comme un simple attentat, quelles que soient les circonstances qui l’aient accompagné.

La législation prussienne concernant le viol est assez obscure. Le Code pénal ne parle pas même du viol proprement dit, il signale simplement « les actes impudiques ayant pour but la satisfaction du désir sexuel. » Il ne faut donc pas trop s’étonner d’entendre Casper affirmer que, sur 136 cas de viol,

99 avaient été commis sur des enfants âgés de deux ans et demi à douze ans. Il est évident que la plupart des cas doivent être rapportés à des attentats à la pudeur.

Défloration. — L’absence de l’hymen (V. Hymen), est le signe caractéristique de la défloration. Il est quelquefois important de connaître l’époque à laquelle la défloration a eu lieu, et l’examen des organes génitaux peut fournir à cet égard des données utiles. Si la défloration est récente, on trouve les bords de la déchirure hyménéale saignants et fran- <

; et les parties molles environnantes sont le siège d'une inflammation en général assez légère. Ces phénomènes persistent pendant un temps très court, au bout duquel il est presque impossible de distinguer si la défloration est récente ou ancienne. Nous reviendrons un peu plus loin sur cette question, lorsque nous étudierons les désordres produits par la destruction de l’hymen dans les cas de viol.

On sait que la défloration est presque toujours accompagnée d’un écoulement sanguin ; on connaît également l’importance accordée dans tous les temps à ce signe, et les soupçons plus ou moins justifiés auxquels son absence à donné et donne encore lieu. Rappelons seulement que, d’après la loi de Moïse, lorsque ce signe manquait, la jeune fille était punie de mort.

Comme le fait spirituellement remarquer le professeur lourdes, la facilité de la fraude tempérait sans doute la rigueur de la loi.

Traces de violence et affections locales pouvant se rencontrer à la suite du viol et des attentats à la pudeur. — La défloration est le signe caractéristique du viol. C’est donc sur ce point que l’expert portera tout d’abord ses investigations. Il aura à constater: 1° l’absence ou la présence de la membrane ; 2° l’état des lambeaux et les traces de cicatrisation.

Sur 197 viols observés par Tardieu, la défloration complète a été rencontrée 155 fois et la défloration incomplète 42 fois. Cette série d’observations a démontré d’une manière manifeste l’influence de l'âge. La défloration complète, rare chez les enfants, s’est montrée plus fréquemment à mesure qu’on approchait de l’âge de 20 ans.

Les lambeaux de l’hymen peuvent se présenter sous des aspects variables qui tiennent à l’étendue et à la forme qu’avait cette membrane avant sa déchirure. Le plus souvent la rupture s’opère de haut en bas, de manière à laisser deux lambeaux, un de chaque côté de l’entrée du vagin. Cette disposition correspondrait à la forme labiale de l’hymen. Dans d’autres circonstances, la déchirure laisserait après elle trois et même quatre lambeaux, ce qui aurait lieu lorsque l’hymen affecte la forme semilunaire ou diaphragmatique.

Les lambeaux peuvent persister des mois et même des années sans subir de rétraction notable, si l’acte qui a produit la déchirure n’est pas suivi d’un commerce sexuel régulier. Dans le cas contraire, ils disparaissent et sont remplacés par les caroncules myrtiformes. Dans quelques cas, ils forment à l’entrée du vagin une espèce de bourrelet ou de repli muqueux.

La cicatrisation de l’hymen peut fournir des indices importants en indiquant la date plus ou moins récente du crime. La durée de cette période de cicatrisation a donc été, ajuste titre, l’objet des recherches des auteurs. Devergie et Orfila ont prétendu que toute trace de cicatrisation disparaissait au bout de deux ou trois jours; mais Toulmouche et Tardieu, se fondant sur des recherches plus récentes et plus pratiques, assurent que cette cicatrisation s’opère dans l’espace de huit ou dix jours.

La déchirure de l’hymen donne lieu à une plaie contuse dont la constatation est facile si l’examen

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a eu lieu immédiatement après l'attentat. L'inflammation et la suppuration qui accompagnent la formation de cette plaie peuvent, dans certains cas, en retarder la cicatrisation d’une manière notable.

Chez une enfant de sept ans qui fut apportée à Hicks, à Guys hospital , une demi-heure après avoir subi les violences d’un garçon de 16 ans, la déchirure de l’hymen avait donné lieu à une hémorrhagie tellement abondante que la chemise de la victime était saturée de sang. Le coupable fut examiné une heure plus tard par Ilicks et S. Taylor, et on ne put découvrir ni sur ses parties génitales, ni sur ses vêtements, la moindre tache desang. S’il n’avait été pris en flagrant délit et gardé à vue depuis l’accomplissement du crime, ce fait aurait pu fournir une preuve de non culpabilité. Il est probable que, dans ce cas, l’hémorrhagie n’est survenue que quelques instants après la rupture de la membrane et lorsque le coupable avait cessé ses tentatives. Un cas analogue est cité parle docteur Sawyer.

Les autres traces de violences ou maladies que nous avons encore à signaler sont le plus souvent communes au viol et aux attentats à la pudeur. Parmi celles-ci nous citerons l’inflammation et l’irritation vulvaires, la déformation de la vulve et les maladies vénériennes.

Inflammation de la vulve. — Dans un bon nombre de cas, et surtout chez les enfants, on voit se développer très rapidement une inflammation vulvaire assez intense. Les grandes et les petites lèvres, ainsi que l'entrée du vagin, présentent des érosions superficielles et quelquefois de véritables ecchymoses qui, dans ce cas, ne doivent pas être considérées comme la conséquence de l’inflammation, mais doivent reconnaître comme cause directe les violences exercées sur les parties.

Cette inflammation vulvaire est bientôt suivie d’un écoulement, d’un jaune verdâtre, et assez abondant pour agglutiner les lèvres de la vulve en se desséchant.

11 est malheureusement difficile, dans beaucoup de cas, de distinguer l’inflammation et la suppuration vulvaires, suites de l’attentat à la pudeur, de la simple inflammation catarrhale que l’on observe assez fréquemment chez les enfants. Il est encore plus difficile de la distinguer de l’inflammation blennorrhagique. Néanmoins, il est rare que les inflammations se rapportant à des causes étrangères au viol présentent cette rapidité dans le début, ces excoriations, ce gonflement et ces douleurs vives qui sont le propre de l’inflammation par violence directe.

Le diagnostic différentiel de l’inflammation blennorrhagique d’avec l’inflammation qui nous occupe, quoi qu’étant très difficile, a moins d’importance qu’on ne serait tenté de le croire, puisque, chez les enfants, ces affections se rapportent toutes deux à des attentats à la pudeur.

Tardieu, dont l’autorité est d’un si grand poids en matière semblable, affirme que les frottements exercés sur les parties génitales d’une petite fille par un homme sain peuvent produire une inflammation aussi intense et aussi purulente que les approches d'un individu atteint d’une affection blennorrhagique. 11 dit, cependant, de concert avec

Ricord, que dans l’inflammation non spécifique, l’écoulement n’a en général pour siège que l’entrée du vagin, tandis que dans l’inflammation blennorrhagique il a pour siège les orifices du vagin et de l’urèthre.

L’inflammation vulvaire dont nous venons de parler manque dans beaucoup de cas. Le plus souvent, il n’existe qu’une simple irritation de la vulve, caractérisée par du gonflement et de la rougeur. Mais les désordres inflammatoires causés par le viol peuvent quelquefois acquérir une gravité extraordinaire et même causer la mort. Colles a publié un cas dans lequel la consommation du viol, chez un enfant de huit ans, a été suivie d’une péritonite mortelle. Les traces de violences sur les parties génitales externes n’étaient pas très considérables, mais l’orifice vaginal et le vagin luimême étaient le siège d’une notable inflammation. L’examen post morlem fit découvrir une lacération étendue de la paroi postérieure du vagin à son point de réunion avec l’utérus. Le coupable a avoué son crime.

Déformation de la vulve. — Les traces de violence que nous venons de décrire sont évidemment la suite d’un acte brusque et plus ou moins isolé; mais il est un autre genre de signes que le médecin est souvent appelé à constater, et qui révèlent, non pas le viol proprement dit, mais une série d’actes attentatoires à la pudeur. Nous voulons parler de la déformation caractéristique de la vulve, signalée par Toulmouche et si bien décrite par Tardieu.

« 11 est, dit cet auteur, un grand nombre de cas qui ne s’élèvent pas à moins de 74 sur 224 observations d’attentats, dans lesquels le répétition plus ou moins fréquente des mêmes actes a déterminé une déformation lente et graduelle des parties et a laissé une empreinte tout à fait caractéristique. »

Les faits de ce genre s’observent surtout chez des filles très jeunes. On comprend aisément que, chez celles-ci, l’étroitesse des parties s’oppose à l’intromission complète, il se forme à l’entrée du vagin un infundibulum capable seulement de recevoir l’extrémité du membre viril. L'hymen est le plus souvent refoulé en arrière sans présenter de déchirure; mais il est quelquefois rétracté et offre alors la forme d’un bourrelet circulaire laissant béante l’ouverture du vagin.

Toutes les parties qui composent la vulve concourent à la formation de cet infundilubum dont les dimensions peuvent varier en largeur et en profondeur, suivant les circonstances qui l’ont produit.

Chez les filles d’un âge plus avancé, l’évasement delà vulve peut être considérable sans nécessiter la rupture de l’hymen. C’est ce qui explique les cas de grossesse sans défloraison. Tardieu a vu une fille de 41 ans qui avait subi les fréquentes approches d'un homme et chez laquelle on trouvait la déformation caractéristique qui nous occupe.

Maladies vénériennes communiquées à la suite d'un attentat à la pudeur ou d un viol. — Les trois maladies vénériennes : blennorrhagie, chancre simple et syphilis peuvent se rencontrer dans l’ordre de fréquence habituel. Nous avons parlé, à propos

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de l’inflammation vulvaire, des signes qui peuvent faire distinguer la blennorrhagie de l’inflammation simple. Quant à la syphilis et au chancre simple, nous pensons qu’il est inutile de retracer ici les si gnes par lesquels ils se manifestent. Nous dirons seulement que les érosions et les déchirures qu’on observe souvent à la suite du viol peuvent faciliter la contagion et diminuer la durée de l’incubation.

Signes tirés de l'inspection du linge. — Taches de sperme et de sang. — Le médecin appelé à la constatation d’un viol ne doit jamais négliger d’inspecter soigneusement le linge que portait la victime au moment de l’attentat.

On peut y trouver des taches de sang, de sperme, de mucus, etc. D’après Devergie, les taches de sperme sont presque exclusivement situées à la partie antérieure de la chemise, tandis que les taches produites par l’écoulement sanguin se trouvent à la partie postérieure. Cela peut être vrai dans un grand nombre de cas, mais on ne saurait admettre que la présence du sperme à la partie antérieure ou postérieure de la chemise puisse avoir une grande importance.

Le muco-pus sécrété à la surface des organes sexuels de la femme peut également laisser sur le linge des taches dont la nature sera étudiée avec soin au point de vue microscopique et chimique.

Conduite d’un médecin légiste appelé à la constatation d'un viol ou d’un attentat à la pudeur. — Le médecin appelé par l’autorité judiciaire à constater un viol ou un attentat à la pudeur devra prendre quelques précautions qu’il n’est pas inutile de rappeler ici.

Les convenances exigent que l’examen ait lieu en présence d’un ou deux témoins qu’il faut autant que possible choisir parmi les parents de la personne à examiner. 11 sera également utile, avant de procéder à la constatation et de questionner les parents, d’interroger la victime en particulier. La netteté des réponses, la clarté et la simplicité du récit, seront autant d’indices précieux pour le médecin légiste, surtout s’il s’agit d’une enfant. On pourra voir ensuite si son récit concorde avec celui des parents et par là reconnaître si elle obéit à de coupables suggestions. Dans tous les cas, ces questions seront faites avec pru.dence et circonspection et sans laisser échapper aucun indice de curiosité indiscrète.

Une importante précaution est de placer la personne dans une bonne position pour l’examen qui pourrait, en se prolongeant, devenir fatiguant pour la victime et pour l’expert. La personne sera placée sur le bord d’un lit, dans un endroit éclairé. 11 arrive souvent que la pudeur, la crainte ou la douleur rendent l’examen très difficile, mais on vient à bout de ces difficultés en procédant avec lenteur et ménagements.

Après avoir signalé les traces de violence qui peuvent exister dans le voisinage des parties génitales, on décrira successivement les organes. Les grandes et les petites lèvres seront écartées avec soin pour découvrir l’hymen. Si cette membrane existe, on indiquera sa forme et ses dimensions; si elle a été déchirée, on décrira l’état de ses lambeaux, ainsi que les plaies et traces de cicatrisation qu’elle aura pu laisser. On n’oubliera pas la des-

cription détaillée des ulcérations, ecchymoses, écoulements et autres particularités morbides qui pourront se rencontrer sur les organes génitaux, tant internes qu’externes.

Si l’examen révèle au médecin des habitudes d’onanisme ou de débauche, il devra le constater avec soin. Chez les enfants qui s’adonnent à la masturbation, on trouve souvent le clitoris et les petites lèvres très développés et l’ensemble des parties sexuelles présente un développement qui contraste avec l’àge et la constitution du sujet. Mais on comprend facilement que les constatations de ce genre doivent être faites avec circonspection et réserve.

Il ne faudra pas oublier, si la chose est possible, de se faire présenter la chemise que portait la victime au moment de l’attentat et celles quelle aura portées depuis. On mettra en réserve les pièces de linge qui présenteraient des taches, afin qu’il puisse être procédé ultérieurement à une analyse.

Le médecin doit s’arranger de manière à faire sa visite à une heure où il ne sera pas attendu, afin de déjouer tout préparatif capable de l’induire en erreur. Il doit éviter, autant que possible, de procéder pendant l’époque menstruelle; mais, s’il a été contraint d’agir ainsi, il devra renouveler sa visite quelques jours après.

Si la personne se refuse obstinément à tout examen, la conduite du médecin se bornera, après les observations d’usage, à prendre acte de refus.

Il pourra êlre utile d’examiner le lieu ou le crime a été commis; mais on suivra dans ce cas les indications de l’autorité judiciaire.

Examen de l’inculpé. — Dans beaucoup de cas, le médecin est requis pour procéder à l’examen de l’individu accusé de viol ou d’attentat à la pudeur.

Tantôt il faudra s’enquérir de l’état moral de l’accusé, tantôt la justice désirera connaître l’état de ses forces physiques pour les comparer à celles de la victime. Dans d'autres cas, l’examen pourra porter sur la forme et les dimensions du membre viril. Enfin, dans quelques circonstances beaucoup plus rares, l’expert sera appelé à constater l’existence de dispositions naturelles ou morbides, telles que hernies, hypospadias, etc., invoquées par l’accusé comme cause d’impuissance.

La constatation de certains signes remarqués par la victime sur le corps de l’inculpé pendant l’attentat peut éclairer la justice. Tardieu a observé chez deux individus accusés de viol, la présence d’une tumeur érectile et une disposition particulière des poils du pubis, signes invoqués par leurs accusatrices comme témoignage de la véracité ue leurs dépositions.

Enfin l’examen, pour être complet, devra comprendre les traces de lutte, telles que morsures, égratignures, contusions, ainsi que la présence de maladies vénériennes. d> a. Lutaud.

VIOLETTE. — Nom donné par les botanistes à une plante annuelle bien connue, de la famille des Violacées, très commune dans les bois, les haies, les buissons, où elle croît naturellement et qu’on cultive dans les jardins. La principale espèce utilisée en médecine est la violette odorante, dont les fleurs desséchées servent à préparer une infusion et un

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