JULEP SIMPLE
Sirop simple 30 grammes.
Eau distillée de fleur d’oranger. . 20 —
Eau distillée 100 —
Mêlez.
2° JÜLEP GOMMEUX.
Poudre de gomme • .. . 10 grammes.
Sirop simple 30 —
Eau distillée de fleur d’oranger . . 10 —
Eau distillée 100 —
Triturez dans un mortier la gomme avec le mélange de sirop et d’eau de fleur d’oranger, et ajoutez l’eau distillée.
3° JÜLEP DIACODÉ.
Poudre de gomme 10 grammes.
Sirop diacode 30 —
Eau distillée de fleur d’oranger. . 10 —
Eau distillée 100 —
Ce julep diacodé, appelé souvent 'potion calmante, se prépare comme le julep gommeux. p. l.
JUMEAUX. — Nom donné par les anatomistes à deux muscles de la région postérieure superficielle de la jambe, le jumeau interne et le jumeau externe. Ces deux muscles épais, volumineux, séparés en haut, réunis en bas, contribuent avec le soléaire à former la saillie du mollet et sont situés un de chaque côté de la ligne médiane de celui-ci.
Le jumeau interne, qui est le plus volumineux, s’arrête en haut à la partie postérieure, supérieure et interne du condyle interne du fémur, en arrière du tubercule d'insertion du troisième adducteur, en bas, à la face postérieure du tendon d’Achille.
Le jumeau externe s’insère, en haut, à la partie postérieure et supérieure du condyle externe du fémur, au-dessus du muscle poplité ; en bas, ses
fibres vont s’implanter sur une large aponévrose aplatie et de là au tendon d’Achille.
Ces muscles sont recouverts par la peau et l’aponévrose jambière. Ils recouvrent par leur face antérieure le poplité, le plantaire grêle et le so-
Fig. 688. — Région postérieure de la jambe.
A, A'. Muscles jumeaux interne et externe. — B. Muscle long fléchisseur commun des orteils. — C. Tendon du muscle jambier postérieur. — D. Malléole interne du tibia. — E. Tendon d’Achille. — F. Insertion du tendon d’Achille au calcanéum. — G. Muscle court péronier latéral. — H. Muscle soléaire.
léaire. Ils sont extenseurs du pied sur la jambe, c’est-à-dire qu’ils agissent, par le tendon d’Achille sur le calcanéum ou os du talon, de façon à élever celui-ci et à faire què l’individu, s’il est debout, repose sur la pointe du pied, autrement dit sur les orteils. Dans cette position, ils sont fortement contractés et durs. Les jumeaux sont aussi fléchisseurs de la jambe sur la cuisse, lorsque le pied est libre.
Les muscles jumeaux interne et externe et le soléaire ont été considérés comme un seul muscle et décrits par plusieurs anatomistes sous le nom de triceps crural. Dr Paul Labarthe.
JUSQUIAME NOIRE. — Lajusquiame noire est une plante annuelle, très commune en France ; on la
Fig. 687.
Jujube (coupe du fruit).
JUS
JUS
trouve dans les champs en friche, sur les bords des chemins et au voisinage des habitations. Elle présente une tige cylindrique, couverte de poils, des feuilles alternes, profondément découpées sur les bords, des tleurs jaunâtres avec des stries d’un rouge vineux, des fruits disposés sous forme de capsules allongées, à deux loges s’ouvrant par le sommet, des graines nombreuses et grisâtres. L’o-
Fig. 68‘J.
Jusquiame noire (tige fleurie et graine).
deur de cette plante est fétide et nauséeuse, sa saveur est âcre et désagréable. Son principe actif est Yhyosciamine (V. ce mot).
La jusquiame possède l'action thérapeutique de la belladone et du datura stramonium oustramoine, seulement il faut des doses deux fois plus grandes que celles de la belladone et trois lois fois plus grandes que celles de la stramoine pour produire les mêmes effets. Déterminer peu d’hypnotisme,
beaucoup d’agitation, de délire, d'hallucinations, telles sont les propriétés toxiques communes à ces trois solanées vireuses; il en est une autre bien différente qui concerne l’immunité complète des herbivores à l’égard de ces trois poisons si dangereux pour l’espèce humaine quand ils ne sont pas maniés avec discernement.
Comme scs deux congénères, la jusquiame s’emploie en qualité de calmant, anodin et antipasmodique, dans un certain nombre de circonstances où l’opium est préjudiciable, notamment chez les enfants et les sujets affaiblis ou atteints d’hypérémie encéphalique. Elle se prend sous forme de poudre, d’infusion, d’extrait ou de teinture. Les feuilles sont, d’après le Codex, les seules parties de la plante qui doivent être employées, à l'exclusion des semences, des tiges et des racines. L’utilité de la jusquiame est reconnue dans la chorée hystérique, les spasmes, les névralgies, les névroses et toutes les fois qu’il est nécessaire de combattre l’élément douleur. L’extrait, plus usité que les autres modes d’administration de la jusquiame, entre dans les pilules de Méglin en proportions égales avec la valériane et l’oxyde de zinc; les feuilles entrent dans le baume tranquille et l 'onguent populéum, les semences dans les pilules de cynoglosse.
A l’extérieur, l’huile de jusquiame est d’un usage excessivement fréquent en onctions ou frictions contre toutes sortes de douleurs rhumastismales ou névralgiques. Elle s’emploie tantôt seule, tantôt mêlée au laudanum, à l’huile de camomille camphrée, au chloroforme, etc. L’emplâtre de jusquiame opiacé avec un gramme de poudre d’opium, la toile sédative avec 50 grammes d’extrait de jusquiame étendu sur un morceau de sparadrap, sont deux topiques utiles contre les points douloureux névralgiques ou autres.
Dr Marc. Camboulives.
KAIRINE. — La kairine est une substance dérivée, comme le quinine, de la quinoléine, obtenue par Fischer, en 1881, en traitant la quinoléine par l’acide sulfurique. Elle s’emploie sous la forme de chlorhydrate de kairine, poudre cristalline d’un gris jaunâtre, très soluble dans l’eau, d’un goût salin, à saveur chaude, amère et aromatique. A la dosede lsr50, elle ne produitaucun effet sur l’homme sain et abaisse la température chez les individus atteints de fièvre. Cet abaissement de température qui varie de 1 à 3 degrés, suivant qu’on administre 0,30 centigrammes à 1 gramme, se produit une demi-heure environ après l’ingestion, et s’accompagne souvent de sueurs abondantes. Si on ne continue pas à donner le médicament à la même dose, toutes les deux heures, la fièvre remonte rapidement et cette ascension s'accompagne d’un frisson.
La kairine, qui est d’ailleurs bien tolérée, s’élimine en partie du moins par les reins, et, sous son influence, les urines se colorent en vert foncé, 25 minutes environ après son ingestion.
Les premières recherches sur ce nouveau médicament fébrifuge ont été faites par le Dr Filehen d’Erlangen, qui l’a introduit dans la thérapeutique en 1883. Ce médecin l’a employé avec succès dans la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, la septicémie, la pneumonie aiguë, la tuberculose. Les résultats obtenus depuis par plusieurs médecins, entre autres, Drasche, de Vienne, Guttmann, Riégel, Knipping, Gottlieb Merkel, Hallopeau, etc., sont confirmatifs de ceux annoncés par Filehen, et ce dernier n’hésite pas à déclarer que la kairine est, de tous les agents antiseptiques, le plus puissant et le plus rapide. Une expérience plus longue nous dira si l’optimisme du médecin d’Erlangen n’est pas exagéré. Dr Paul labarthe.
KAMALA. — Le kamala est une poussière rouge qui se trouve dans les glandes qui recouvrent les fruits du croton Philippinensis, arbre de la famille des Euphorbiacées, originaire de l’Inde, et que les médecins anglais ont préconisé comme très efficace contre le tænia à la dose de 2 à 12 grammes, p. L.
KARABÊ (sirop de). — Le sirop de karabé n’est que du sirop d’opium additionné, par 100 grammes, de 50 centigrammes d’esprit de succin. p. l.
KAVA. — Le kava, appelé aussi kava-kava, kawa-kawa, ava-ava, piper methyslicum, est une plante de la famille des pipéracées, originaire des îles de l’Océanie (Wallis, Taïti, Société, Marquises, Samoa, Tonga, Uvéa, etc), qui sert à préparer une liqueur#très répandue dans ces pays, et que l’on emploie depuis quelques années comme diurétique et antiblennorrhagique.
Sa tige, haute de 4 à 5 mètres, lisse, sarmenteuse, cylindrique, légèrement flexueuse et terminée par des rameaux herbacés, présente une certaine ressemblance avec les jeunes pousses du figuier de France. Ses feuilles, membraneuses, à pétioles engainants, larges et étalées, profondément échangées à leur base, légèrement acuminées et subarrondies au sommet, présentent de 11 à 13 nervures saillantes, partant toutes de la base de le nervure médiane. A environ 2 centimètres de la base de chaque feuille, le pétiole se dilate et forme une gaine amplexioante verte ou violacée. Vue à l’œil nu, leur surface paraît lisse, mais examinée avec une lentille grossissante, on remarque que les nervures sont couvertes de petits poils, tandis que ceux-ci sont plus courts et plus clairsemés sur le reste de la feuille. Les fleurs sont dioïques et réunies en chatons axillaires nus et allongés. Les fruits sont des baies.
Enfin, la racine, la partie la plus importante de la plante, puisque c’est la seule employée en médecine avec la base extrême des branches, est grande, irrégulière, légèrement tordue, et présente sur son pourtour, plusieurs radicules, disposées symétriquement qui se terminent par des radicelles nombreuses finement déliées. Fraîche, elle est d’une couleur gris verdâtre, et son poids qui est ordinairement de 2 kilos environ, peut s’élever jusqu’à 5 et 6; sèche, elle perd la moitié de son poids; extérieurement, elle est d’une couleur gris foncé et a une écorce très mince. Si on l’enlève, on voit un
KAV
KAY
tissu ligneux d'une texture légère et spongieuse, toute la partie centrale est molle et cellulaire.
C’est un de nos médecins de marine les plus distingués, mon excellent compatriote, ami et collaborateur le D‘ Edouard Dupouy, qui, à son retour d’un voyage en Océanie, en 1876, où il eut l’occasion d'employer le kava sur de nombreux marins de son équipage atteints de chaudepisse, publia un premier mémoire intitulé: Le Kava contre la blennorrhagie, dans lequel il mit nettement en relief les
Fig. 690. — Kava (tige).
propriétés antiblennorrhagiques du’kava, signalées par Cook, décrite par Kuzent, confirmées par le Dr O Rorke, les professeurs Quatrefages et Fonssa-
grives.
La racine de kava mâchée a un goût légèrement âcre, aromatique et astringent; elle détermine rapidement une augmentation de la salive. « Si on boit la liqueur de kava, qui s'obtient en faisant simplement macérer pendant quelques minutes dans l’eau froide la racine râpée, dans la proportion de 1 gramme de poudre pour 100 grammes d’eau, vingt minutes après la première 'prise de kava, dit le Dr Dupouy dans ce travail, survient un besoin pressant d’uriner. La quantité des urines est très forte. S'il y avait douleur pendant les mictions précédentes, elle disparaît et on éprouve une sensation de bien-être en urinant; si les urines étaient
chargées et colorées, elles deviennent limpides et presque aussi claires que de l’eau.
« Après plusieurs prises de kava, nous fûmes frappés de la modification survenue dans l’état de nos vénériens. Les douleurs pendant la miction cessèrent complètement, l’écoulement diminua de jour en jour, et au bout d’une période de temps variant de huit à douze jours, tous nos vénériens furent guéris , malgré les conditions déplorables d’hygiène dans lesquelles nous nous trouvions ,
Fig. 691. — Kava (racine).
après notre naufrage, échoués sur une île sans ressources. »
Et il conclut :
« Le kava est un diurétique puissant et un antiblennorrhagique par excellence. 11 ne dérange en rien les fonctions digestives, il ne produit ni diarrhée, ni constipation; chez les personnes dont l’estomac est délicat, il offre comme avantage d’être bu avec plaisir, de stimuler l’appétit, de ne causer aucun dérangement, ni aucun dégoût. »
Le D‘ Dupouy, venu à Paris aussitôt après son retour en France, apporta du kava à mon regretté maître et ami Gubler, à qui je le présentai. L’éminent professeur de thérapeutique essaya le kava ; les résultats obtenus dépassèrent ses espérances, ainsi qu’il est facile de s’en convaincre par les pas-
KAY
sages suivants extraits de son remarquable travail Sur les propriétés blennoslatiques et physiologiques du kava.
« Il n’est plus permis de douter de la puissance curative du kava, non seulement contre les blennorrhées uréthrales ou les leucorrhées vaginales, mais encore et peut-être principalement dans les cas d’uréthrites aiguës. J’ai moi-même eu l’occasion de vérifier cette efficacité chez des sujets placés dans mon service à l’hôpital Beaujon et chez mes clients de la ville. »
Et, après avoir cité des observations personnelles, il ajoute que chez ses malades:
« Le kava donna lieu dès le premier jour à un accroissement considérable de la diurèse aqueuse, à la sédation rapide de la douleur, ainsi que de l’éréthisme inflammatoire ; et, consécutivement à une diminution progressive de l’écoulement, qui perdit bientôt sa consistance et sa coloration verdâtre pour devenir jaune et presque fluide.
« Ajoutons que le remède était trouvé presque agréable, et qu’il n'occasionnait ni pesanteur d’estomac, ni renvois, ni aucun symptôme d’intolérance de la part des voies digestives.
«A nos yeux ce fait est des plus démonstratifs ; il prouve, non seulement l’efficacité du kava contre la blennorrhagie, mais encore son opportunité dans les formes les plus violentes et dans la période la plus aiguë du mal ; il montre la parfaite tolérance de l’estomac pour ce remède.
Expliquant ensuite la théorie de cette action du kava, Gubler termine son travail par les conclusions suivantes :
« Le kava jouit du pouvoir de modérer l’état inflammatoire des organes génito-urinaires, et de réduire ou de supprimer le catarrhe muco-purulent de la muqueuse uréthro-vésicale.
« L’emploi du kava est d’autant plus recommandable que ce remède aromatique n’est nullement déplaisant et que son usage ne donne lieu à aucun trouble digestif. »
Dans un nouveau travail beaucoup plus important que le premier, intitulé : Le Kava et ses propriétés blennostaliques, publié en 1878, Dupouy résume ses recherches par les conclusions suivantes :
« Le kava a une action fort puissante sur la diurèse aqueuse et peut se placer parmi les diurétiques les plus efficaces. Il est d’une grande efficacité dans les cas de blennorrhagies aiguës en calmant l’état inflammatoire, en faisant disparaître la douleur pendant la miction, lorsqu’il y a dysurie, et en supprimant le catarrhe muco-purulent de la muqueuse urétro-vésicale à la faveur d’une action à la fois diuréthique et antiblennorrhagique. Il a sur les divers agents antiblennorrhagiquesles avantages marqués de ne produire ni diarrhée, ni constipation, d’être pris avec plaisir, d’augmenter l’appétit, de calmer et de faire disparaître la douleur pendant la miction, de changer complètement la nature de l’écoulement, et d’amener la guérison en un laps de temps très court. »
Vivement intéressé par les résultats obtenus par mon ami Dupouy et par le professeur Gubler, j’expérimentai aussi le kava, et voici, résumées en quelques lignes, les résultats de mes observations
KAY
personnelles qui ont été faites, je puis le dire, sur une vaste échelle.
Le kava est légèrement âcre, aromatique et astringent. Lorsqu’on en a mâché pendant quelques instants, il augmente la sécrétion salivaire et laisse après lui ce qu’on appelle « bonne bouche.
Il stimule l’estomac et l’impressionne à la façon des amers, mais je n’ai jamais observé ni renvois, ni nausées, ni douleurs épigastriques pendant et après son administration.
Dans aucun cas, chez un malade soumis au kava, je n’ai eu à constater ni coliques, ni diarrhée, ni constipation.
Le kava n’exerce aucune action sur la peau ni sur les glandes sudoripares.
Le kava est un diurétique remarquable et prompt. Sous son influence la sécrétion urinaire est augmentée dans de notables proportions. Les urines sont claires, limpides, et ne dégagent aucune odeur anormale, comme celles des malades qui absorbent du copahu, du cubèbe ou du santal. Dès le second jour, la miction n'est plus douloureuse et s’accompagne au contraire d'une sensation de bien-être.
Le kava est un antiblennorrhagique puissant et sur. Sous son influence l’état inflammatoire diminue ; la sécrétion muco-purulente du canal de l’urèthre se modifie très rapidement, se tarit et se trouve bientôt réduite à un léger suintement presque incolore qui disparaît au bout de très peu de temps.
Les effets antiblennorrhagiques du kava sont d’autant plus rapides et manifestes que la chaudepisse est dans sa période inflammatoire la plus aiguë ; tandis que le copahu, le cubèbe et le santal, avalés pendant cette même période, aggravent la maladie et ne peuvent exercer une action efficace sur l’écoulement que lorsqu’on les administre après la fin de la période aiguë dont la durée varie de huit à vingt jours.
La durée de la chaudepisse traitée par le kava est donc abrégée d’autant.
Le kava aurait, d’après Kuzent, une action spéciale sur le sens génital, et ceux qui en prennent penseraient beaucoup aux femmes. Avec Dupouy et le professeur Gubler, je m’inscris en faux contre cette assertion; pas plus qu’eux je n’ai observé rien de semblable, et mes malades interrogés m’ont répondu n’avoir pas remarqué que leur sommeil eut été agrémenté de rêves anacréontiques accompagnés d’érections, pendant qu’ils étaient soumis au kava, au contraire. Au lieu donc de provoquer l’éréthisme génital, le kava le diminue et peut donc être rangé parmi les anaphrodisiaques faibles.
Depuis les publications de Dupouy et. de Gubler et depuis mes expériences, le kava a été essayé en Allemagne, en Angleterre, en Amérique, au Brésil, etc., etc. Pour ne pas encombrer cet article déjà trop long, je me contenterai de citer l’opinion de quelques confrères seulement.
Les docteurs Siddal, Switzer, French, le professeur Edward Miller, les docteurs Baird, de Moscou, Boardman, de Polo, W. Semple, Blackerby, etc., I ont publié dans divers recueils (New préparations,
The lancet, Thérapeutic Gazette, 1879-1882) plu-
KAY
IvÉR
sieurs observations de blennorrhagies aiguës, de cystites guéries très rapidement par le kava.
Le docteur Frensch a employé le kava « avec succès dans toute espèce d’inflammation purulente des voies urinaires; dans les blennorrhagies entre autres, et dans la cystite » (Deulsch Médi. Wochenscher, 1881).
Le son côté, le docteur Leighton Kestevcn écrit : « Le kava exerce une action exceptionnellement favorable sur les organes génito-urinaires, son emploi réussit très bien dans le traitement de la gonorrhée et de la cystite chronique, et son efficacité est supérieure à celle de tous les médicaments que j’ai employés jusqu’à ce jour » (The pratitionner, 1882).
Un journal très répandu en Autriche, le Médizinisch-Chirurgisches Central-Blalt, passant en revue les nouveaux médicaments envoyés à l’exposition internationale de Vienne écrit, en parlant du Kava : « Le kava, originaire des îles de l’océan Pacifique, y est employé depuis longtemps dans le traitement des blennorrhagies. Il est très efficace. Vingt minutes après la première dose, survient une forte envie d’uriner, l’urine est abondante, claire, incolore et sans odeur. La douleur de la miction disparaît et fait place à un sentiment de bien-être.
Le kava est aussi un tonique amer. Il est agréable à prendre, stimule l’appétit, ne dérange pas la digestion, et ne provoque ni diarrhée ni constipation ».
Le professeur Féris, de l’École de médecine de Brest, parlant du kava, a écrit: « Le kava a sur les divers agents blennostatiques les avantages de ne produire ni constipation, ni diarrhée, d’être pris avec plaisir, d’augmenter l’appétit et d’amener la guérison des urèthrites aiguës et chroniques avec une rapidité extraordinaire. » ( La matière médicale exotique).
Quant à l'action thérapeutique du kava, elle est due à une oléo-résine et à une substance neutre cristallisable appelée kavaïne ou méthisticine.
Avec le concours éclairé d’un jeune pharmacien M. Fr. Rocher, j'ai pu isoler les principes actifs de la plante et, une fois obtenus séparément, je les ai combinés à nouveau dans des proportions convenables, et j’ai fait préparer de petites pilules de Kava Labarthe , contenant chacune 15 centigrammes d’extrait hydro-alcoolique de racine kava et 10 centigrammes de poudre. Ces pilules sont dragéifiées par un enrobage de sucre.
Dupouy et Cubler, dans leurs premiers essais, administraient le kava à la dose de 6 à 8 grammes de racine râpée macérée pendant quelques minutes dans 6 à 800 grammes d’eau froide.
Les Américains font usage de l'extrait liquide, à la dose de 20 à 40 gouttes dans un verre d’eau deux ou trois fois par jour.
L'extrait mou hvdro-alcoolique qui fait la base de mes pilules est, sans contredit, bien préférable, car sous cette forme, le médicament peut se doser toujours très exactement, et le malade peut le manier et l’avaler très facilement. La dose quotidienne des pilules de kava varie, selon les cas, de G à 12 ou 15 par jour, en trois fois (V. Blennorrhagie et Cystite). D' Paul Labarthe,
KÉLOTOMIE. — Nom donné à l’opération de la hernie étranglée (V. ce mot). p. L.
KÉRATITE. — On désigne sous le nom de kératites les inflammations de la cornée. Elles jouent un grand rôle dans la production d’une foule de lésions: les ulcères, les taches, les perforations de la cornée ; le pantins, le kératocèle, les staphylômes, etc.
La kératite se montre à tous les âges, mais elle diminue de fréquence à mesure qu’on s’éloigne du moment de la naissance. Le sexe féminin y est plus exposé que le sexe masculin. Toutes les professions en sont tributaires. Le tempérament lympathique et surtout la diathèse strumeuse sont des prédispositions avérées. Les maladies éruptives, notamment la variole, sont souvent compliquées de cette affection. Le rôle attribué à la syphilis héréditaire est sujet à contestation. 11 en est de même pour la goutte et le scorbut. Les troubles de l’innervation paraissent avoir une influence, soit qu’il s’agisse simplement d’une surrexcitalion cérébrale, soit qu’il y ait une lésion du nerf trijumeau.
Les lésions traumatiques de la cornée, les corps étrangers implantés dans cette membrane, le frot-
JB
Fig. 692.
Kératite consécutive à des granulations. — B. Granulations. — a, a, a. Vaisseaux de la conjonctive passant sur la cornée. — D. Anastomoses des vaisseaux.
tentent contre la cornée de cils déviés ( trichiasis ), sont souvent suivis d’une phlegmasie plus ou moins intense. Chez les sujets atteints de granulations de la conjonctive, la kératite est une complication commune.
La cause la plus fréquente de la kératite est l’action sur l’œil d’un courant d’air froid et humide. La forme ulcéreuse du mal est souvent le résultat de mauvaises conditions hygiéniques, d’une nourriture insuffisante, du manque d’air et d’exercice, de l’habitation dans un lieu humide et malsain, d’excès de tous genres, de l’exercice immodéré des yeux sur de petits objets, de l’exposition des organes au calorique rayonnant des foyers ou à une lumière très vive.
La kératite se développe d’emblée sur la cornée elle-même, auquel cas elle est dite primitive; ou bien elle est la conséquence de la propagation à la cornée d’une hypérémie de la conjonctive, auquel cas elle appelée consécutive. Cette dernière forme est commune chez les petits enfants.
La kératite se présente sous des formes variées, constituant autant de variétés distinctes :
KÉR
KÉR
lre Variété. — Kératite exulcéreuse. — La conjonctive scléroticale est injectée à un degré modéré On y distingue un plan vasculaire superficiel ou artériel, de figure radiée ou en réseau, se divisant tout près de la cornée, en une foule de ramifications, formant autour de la circonférence de cette membrane, un petit cercle d’environ un millimètre de large. Quelques-uns de ces vaisseaux anticipent sur la cornée. Le plan vasculaire profond est constitué par des vaisseaux, couleur lie de vin, qui se terminent aussi à une petite distance de la circonférence de la cornée, par une foule de ramifications ténues qui ne dépassent par la cornée elle-même. Cette membrane a conservé sa transparence et son poli, sauf sur certains points ; à la circonférence, ce qui est plus fréquent; ou au centre, où elle présente un état légèrement rugueux qui n’est le plus souvent visible que lorsqu’on examine l’œil de profil, et qui résulte d’une destruction, par places, de l’épithélium cornéal. En général, il n’existe ni photophobie, ni larmoiement ; la vision reste bonne.
2' Variété. — Kératite piilycténulaire. — On la désigne aussi sous le nom de kératite pustuleuse,
Fig. 693.
Kératite conjonctivale pustuleuse.— s, J, c, d. Pustules delà cornée et vaisseaux se rendant aux pustules.
et fort improprement sous le nom d’ophthalmie scrofuleuse, attendu que cette forme de kératite se développe très souvent sur des sujets qui n’ont aucun des attributs de la scrofule. Elle est caractérisée par le soulèvement de l’épithélium de la cornée, à des places circonscrites, par de la lym-
Kératite vésiculeuse ou pustuleuse. — a, a, a. Pustules sur la conjonctive et sur la limbe de la cornée. — B, B. Vaisseaux développés autour des pustules.
phe plastique, d’où la formation de petites protubérances qui ressemblent à des phlyctènes ou à des pustules. Cette variété se rencontre surtout dans l’enfance et la jeunesse.
Elle est caractérisée par les symptômes suivants : sur une portion limitée de la conjonctive scléro-
ticale existe une plaque vasculaire serrée, de forme triangulaire, à base tournée du côté du cul-de-sac conjonctival, à sommet aboutissant au point de réunion de la sclérotique et de la cornée. Au niveau du sommet de la plaque existe une petite saillie de couleur blanchâtre, située généralement sur la circonférence même de la cornée. Quelquefois il existe plusieurs plaques vaculaires semblables, chacune d’elles se terminant par une phlyctène sur la cornée.
Contrairement à l’opinion exprimée par plusieurs ophthalmologistes, cette forme de kératite ne s’accompagne que rarement de photophobie et de larmoiement.
3e Variété. — Kératite vasculo-plastique. — La conjonctive scléroticale est injectée à un degré plus ou moins intense. Parfois les vaisseaux de la conjonctive scléroticale forment, autour de la circonférence de la cornée, un cercle vasculaire constitué par une foule de ramifications anastomosées ensemble. Quelques-uns des vaisseaux appartenant au plan superficiel ou artériel de l’injection scléroticale anticipent sur la circonférence de la cornée, ou même, s’étendant plus loin, couvrent cette membrane, jusqu’au centre, de nombreuses ramifications. Celles-ci aboutissent généralement à un ou plusieurs épanchements plastiques, ou s’arrêtent à une certaine distance de ces derniers. Quelquefois il existe une suffusion comprenant la totalité de la cornée qui offre une teinte nébuleuse pu une coloration blanche bleuâtre. Il existe souvent, mais non toujours, de la photophobie .et du larmoiement.
4° Variété. Kératite ulcéreuse. Ulcères de la cornée. — Il existe une injection de la conjonctive scléroticale, partielle ou générale. La circonférence de la cornée est parfois entourée, dans la totalité ou dans une partie de son étendue, par un cercle radié. La cornée elle-même est ou n’est pas vascularisée. Quelquefois les vaisseaux arrivent jusqu’aux ulcérations. Celles-ci sont plus communes à la circonférence que sur les autres parties de la cornée.
Les ulcérations de la cornée sont formées par des dépressions plus ou moins profondes, c’est-àdire par des pertes de substance de la membrane. Pour bien les apprécier, il faut examiner la cornée de profil et non de face. La forme en est variable : elles sont allongées et semi-lunaires, comme si on avait donné un coup d’ongle; de là cette dénomination d’ulcères en coups d'ongle; d’autres, de forme circulaire, ont moins d’étendue à la partie profonde que superficiellement (ulcères cupuliformes). Tant que l’ulcère est à la période detat ou de progrès, il pré-ente , lorsqu’on l’examine de profil, un aspect rpgueux et terne Après la cicatrisation, la surface ulcérée reprend un aspect poli et brillant dù à la reproduction de la couche épithéliale. Si l’ulcération est bornée aux couches les plus superficielles de la cornée, la surface de celleçi reprend sa configuration normale; si, au contraire, l’ulcération a détruit une portion un peu épaisse des lamelles de la cornée, la perte de substance ne se sépare pas, et il reste une dépression plus ou moins profonde qui, au premier abord, en